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  • il y a 5 jours
À LA UNE / Crise internationale : êtes-vous inquiets ?

« On a commencé la semaine avec une forme d'escalade, des menaces d'invasions et des menaces tarifaires. Et nous sommes revenus à une situation qui me paraît beaucoup plus acceptable, même si nous restons vigilants » a déclaré Emmanuel Macron, jeudi 22 janvier 2026, à l'issue du forum économique de Davos. Avec la capture du Président vénézuélien par les Américains, le chantage de Donald Trump pour annexer le Groenland, ses menaces de surtaxes douanières à l'égard de certains pays européens, la suite de la guerre en Ukraine et les révoltes en Iran, ce début d'année 2026 est marqué par de fortes tensions diplomatiques, notamment entre les Etats-Unis et l'Union européenne. Après une forme d'escalade, Donald Trump a finalement adopté un ton plus conciliant au forum économique de Davos, déclarant renoncer à une intervention militaire au Groenland. Revenant sur les derniers événements, la Présidente de la Commission de l'Union européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré : « Nous avons suivi quatre principes clés : fermeté, ouverture, préparation et unité. Cette approche s'est avérée efficace, nous devons donc la maintenir à l'avenir ». De son côté, Emmanuel Macron, particulièrement ciblé par les attaques de Donald Trump, a renoncé à mettre en oeuvre le bouclier anti-coercition mais le président français prévient : ces instruments pourraient être remis sur la table en cas de nouvelles menaces. Janvier 2026 marque-t-il un tournant majeur et historique dans les relations transatlantiques ? Des citoyens posent leurs questions aux eurodéputés.

Invités :
- Emma Rafowicz, députée européenne socialiste,
- Laurence Farreng, députée européenne « Renew »,
- Pierre-Romain Thionnet, député européen « Rassemblement National »,
- Marjorie Paillon, journaliste spécialiste de la politique américaine.

C'est le nouveau grand rendez-vous d'actualité quotidien et citoyen de LCP
Parce que chaque voix compte, LCP donne toute sa place à la parole du citoyen. Les téléspectateurs interviennent chaque jour dans l'émission, tournée au coeur du Palais Bourbon.
Parce que chaque voix compte, l'émission incarnée par Adeline François, s'ancre dans les préoccupations quotidiennes des Français, tout en gardant l'exigence nécessaire pour décrypter et informer.
Experts, témoins et députés de toutes les sensibilités se succèdent sur le plateau en direct, faisant la part belle au débat contradictoire.

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00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP, c'est vendredi.
00:00:27Et puisque Chaque Voix Compte, vous le savez, c'est à vous que nous choisissons de donner la parole ce soir
00:00:32pour une émission consacrée aujourd'hui à cette folle semaine de crise internationale que nous venons de vivre.
00:00:38Certains parlent ce soir d'un moment Groenland.
00:00:41Et c'est l'avantage finalement, on sait tous désormais placer exactement le Groenland sur une carte du monde
00:00:47et même nommer sa capitale, Nook.
00:00:50Mais est-ce un moment de bascule pour nous, pour l'opinion, pour notre perception du monde
00:00:56dans cette vie où l'on n'a pas connu la guerre ?
00:00:58On en parle ce soir avec trois députés du Parlement européen.
00:01:02Laurence Farin, eurodéputée Renew,
00:01:05Emma Rapovitz, eurodéputée PS,
00:01:07et Pierre Romain-Tionnet, eurodéputée RN.
00:01:10Bonsoir à tous les trois.
00:01:12Et merci d'avoir accepté de vous prêter au jeu des questions-réponses avec notre public.
00:01:16Pour m'accompagner, je salue également Marjorie Payon.
00:01:20Bonsoir Marjorie.
00:01:21Je rappelle que vous êtes journaliste spécialiste de la politique américaine.
00:01:25On va parler de Donald Trump, de la place de la France et de l'Europe dans ce nouvel ordre mondial qui se dessine.
00:01:31Nous irons aussi mesurer l'inquiétude de ces entreprises qui commercent avec les Etats-Unis
00:01:36et qui s'interrogent sur leur avenir.
00:01:38Nous donnerons également la parole, puisque chaque voix compte, à des Américains qui vivent en France.
00:01:43Vous verrez, c'est très étonnant.
00:01:44Voilà pour le programme de ce soir.
00:01:46Alors, a priori, comme je dis souvent, parce que cette émission, c'est vous qui allez la faire.
00:01:50Je compte sur vous.
00:01:51Vous intervenez à tout moment pour échanger avec nos élus, pour partager vos expériences, vos doutes ou même vos craintes.
00:01:58Et chez vous, installez-vous confortablement, parce que chaque voix compte.
00:02:01C'est parti.
00:02:09Ah tiens, j'avais envie de commencer cette émission en vous posant à tous une question.
00:02:13On y va tout de suite.
00:02:14Quelle image retiendrez-vous de cette semaine qui vient de s'écouler ?
00:02:18Qui prend la parole ?
00:02:21Allez, un micro va circuler.
00:02:22Et puis, voilà, c'est parti.
00:02:25Et c'est Paul qui va parler.
00:02:28Une image de cette semaine.
00:02:29Bonjour à tous.
00:02:31Enfin, bonsoir plutôt.
00:02:31Moi, ce que je retiens, c'est vraiment la mobilisation des huit États européens face aux menaces de Trump qui ont eu lieu récemment.
00:02:42Parce que c'est rare.
00:02:46Ça devrait être normal, mais on est vraiment heureux que ça soit bien passé parce que ça a porté ses fruits.
00:02:52Et moi, je pense qu'on peut être fiers de notre Europe actuellement.
00:02:56Et c'est ce que je retiens vraiment de cette semaine en tout cas.
00:03:01Même s'il y a énormément de choses à dire.
00:03:03Mais ça tombe bien, on a une heure devant nous pour dire toutes ces choses.
00:03:06Mais je propose à une autre personne du public de nous dire l'image qu'il a envie de retenir de cette semaine.
00:03:13Eva, peut-être ? Riyad ?
00:03:15Alors, il faut prendre le micro.
00:03:17Il faut faire tourner le micro.
00:03:21Oui.
00:03:22Eva.
00:03:22Donc, bonjour à tous.
00:03:25Moi, je retiens, en fait, les lunettes de soleil.
00:03:30Alors, c'est marrant.
00:03:31Je sais déjà de qui vous allez parler.
00:03:33D'Emmanuel Macron.
00:03:34Mais parce qu'en fait, je trouve qu'il y a eu un double mouvement dans ces lunettes du soleil.
00:03:40Déjà, le fait qu'elles sont vraiment très, très visibles.
00:03:44Donc, on l'a vraiment vu sur la scène.
00:03:45Et aussi parce qu'il y a eu le commentaire de Donald Trump à propos de ces lunettes de soleil.
00:03:51What the hell is that ?
00:03:52Oui.
00:03:53Et je trouvais qu'il y avait le double mouvement, la volonté de s'affirmer de la part du président de la République, je trouve.
00:03:58Et en même temps, une modification un peu des relations.
00:04:02Parce qu'on a l'impression que, à un moment, on avait l'impression que Donald Trump et Emmanuel Macron s'entendaient bien.
00:04:10Et là, pour le coup, ça a l'air d'être un peu plus tendu.
00:04:13Oui.
00:04:14C'est marrant.
00:04:15Je vais me tourner vers vous, les eurodéputés.
00:04:17On parlait tout à l'heure du moment Groenland.
00:04:19En fait, c'est le moment aviateur.
00:04:21Ça vous a surpris, ce qui s'est passé autour d'Emmanuel Macron, de ses lunettes ?
00:04:25Et puis, finalement, de ce discours très fort à Davos, dont on va reparler, évidemment, dans un instant.
00:04:30Je ne sais pas, je vous pose la question, Laurence Farrand.
00:04:33Mais le fait, je ne sais pas si vous avez vu toutes les unes internationales.
00:04:39C'est l'outil diplomatique de la semaine.
00:04:41Et je veux dire, c'est un symbole.
00:04:42C'est un symbole qui a été fort.
00:04:44D'autant que ce sont des lunettes européennes et françaises.
00:04:46On peut le dire.
00:04:47Donc, ça veut dire beaucoup de choses en termes d'affirmation de la souveraineté,
00:04:51de la préférence européenne que nous portons.
00:04:53Et de cette volonté de sursaut, en fait, finalement.
00:04:57Puisque ça a un peu agrégé derrière toutes les énergies
00:05:01qui étaient déjà à l'œuvre avec la coalition des volontaires
00:05:04quand on a intervenu en Ukraine.
00:05:05Mais là, Davos, juste à ce moment où on est attaqué sur un territoire
00:05:11qui n'est pas européen, mais qui appartient au Danemark et qui est rattaché,
00:05:15avec ce mouvement très fort et cette conclusion par ce discours très fort de résistance,
00:05:21je pense que oui, tout ça, ça a été un moment Groenland,
00:05:24un moment aux lunettes aviateurs, mais européenne.
00:05:28Pierre-Romain Thionnet, même le Rassemblement national a vanté,
00:05:33a fait l'éloge du travail d'Emmanuel Macron à Davos et avec Bruxelles également.
00:05:39Vous avez été étonné de ce grand écart des soutiens qui vont de vous jusqu'à LFI ?
00:05:44Je crois qu'il y a certains moments internationaux
00:05:47où quand les intérêts français sont concernés, les intérêts de nos alliés,
00:05:51il faut savoir aussi évacuer la politique politicienne.
00:05:54En l'occurrence, on ne va pas prendre des positions inverses
00:05:56à celles que peut choisir la diplomatie française
00:05:58quand on estime qu'elle défend les intérêts de la France
00:06:00et qu'elle défend les intérêts aussi de nos alliés.
00:06:04Et il était essentiel que, je crois qu'on peut s'en réjouir aussi
00:06:06quand il y a des formes d'unanimité sur ces sujets-là.
00:06:09Je crois que c'était aussi une des réponses apportées à Donald Trump
00:06:12de croire qu'il ne pourra compter sur aucun soutien en France
00:06:15quand il mène cette politique vis-à-vis du Danemark et du Groenland.
00:06:18Emma Raffovit ?
00:06:19Je vous avoue être juste assez surprise des propos de notre collègue
00:06:23du Rassemblement national parce que, autant, moi je suis d'accord,
00:06:26il y avait une vraie fierté finalement de se dire
00:06:28enfin la France, finalement, elle parle un peu pour nous.
00:06:32Là, on se dit, on tient tête à Trump, on assume.
00:06:35On assume de dire que les États-Unis ne se comportent pas comme nos alliés,
00:06:37qu'ils ne sont plus nos alliés, mais je parle pour la famille socialiste,
00:06:43plus largement les démocrates au Parlement européen,
00:06:45c'est quelque chose qu'on attendait depuis longtemps.
00:06:47Finalement, on se réveille.
00:06:48Nous, notre liste aux élections européennes, elle s'appelait Réveiller l'Europe.
00:06:51Mais je suis surprise parce qu'au Parlement européen,
00:06:54nous, ce qu'on voit, c'est aussi beaucoup toute une famille
00:06:56de l'extrême droite européenne qui se comportent comme des soumis,
00:07:00comme des soumis face à Trump, comme des soumis face à Poutine.
00:07:03Et donc, moi, j'ai un peu l'impression de voir nos collègues
00:07:08au Parlement européen du Rassemblement national en ce moment
00:07:11faire une petite pirouette opportuniste,
00:07:13alors qu'ils sont, depuis des mois et des mois...
00:07:15Vous ne croyez pas à l'Union sacrée dans un moment aussi grave que celui-là ?
00:07:19En tout cas, moi, je n'oublie pas qu'il y a quelques mois,
00:07:22au Parlement européen, c'est le Rassemblement national
00:07:24qui proposait qu'Elon Musk reçoive le prix Sakharov,
00:07:29qui est le prix qui récompense les combattants des droits humains
00:07:31au Parlement européen, et je pense qu'on a besoin
00:07:34d'une petite explication de texte,
00:07:37parce que nous, en tant qu'Européens,
00:07:38je crois que c'est le moment du réveil,
00:07:40c'est le moment de se dire, en fait, on n'est pas destiné
00:07:42ni à la faiblesse, ni à la soumission,
00:07:45on est capable d'être fort, on est capable de choisir notre destin,
00:07:49mais c'est aussi le moment, peut-être, pour les citoyennes et les citoyens,
00:07:51de voir qui est honnête dans le positionnement démocratique.
00:07:55Et moi, je le crois aujourd'hui, il y a un affrontement.
00:07:57Il y a un affrontement entre celles et ceux
00:07:59qui se battent pour la démocratie, celles et ceux qui se battent
00:08:01pour les valeurs européennes,
00:08:03parce que ce n'est pas juste un continent et des frontières,
00:08:05c'est aussi des valeurs derrière,
00:08:07et celles et ceux qui, en fait, sont plutôt
00:08:09du côté de l'international réactionnaire.
00:08:12Marjorie Payon, de quoi les lunettes d'Emmanuel Macron
00:08:15sont-elles le nom ?
00:08:16Elles sont le nom, peut-être, d'une prise de front
00:08:19et d'un leadership d'Emmanuel Macron
00:08:21sur ce front des Européens qui, désormais,
00:08:23veulent mener la danse face à Donald Trump.
00:08:26C'est-à-dire qu'on a quand même eu l'impression
00:08:28que depuis un an, je vous rappelle que cette année,
00:08:31non seulement on a eu affaire à ce règlement de compte
00:08:33à Hockey Davos, mais surtout,
00:08:35on est arrivé au un nombre d'investiture
00:08:37de Donald Trump et J.D. Vance.
00:08:38Et finalement, pendant cette première année
00:08:40du second mandat de Donald Trump,
00:08:42on a eu affaire à plusieurs essais
00:08:44de discussions, de formes de dialogue.
00:08:47Le thème de dialogue de Davos cette année,
00:08:49c'était « a spirit of dialogue »,
00:08:51un esprit de dialogue.
00:08:52Donc vous voyez à quel point on a essayé
00:08:54de varier les registres encore une fois.
00:08:56On a essayé de jouer la camaraderie,
00:08:58on a essayé de jouer à la flatterie,
00:08:59on a porté des cadeaux parfois en plaqué or,
00:09:01parfois des solutions clés en main,
00:09:03notamment quand il s'agit de faire avancer
00:09:06le dossier en Ukraine.
00:09:08On a même été jusqu'à l'allégeance
00:09:10avec Viktor Orban qui a rejoint
00:09:12le Board of Peace, ce nouveau conseil de la paix
00:09:14imaginé par Donald Trump
00:09:16avec un milliard de dollars cash à déposer
00:09:18avant même de pouvoir y siéger.
00:09:20Finalement, on se rend compte que taper du poing
00:09:22sur la table, c'est tout ce qu'il nous reste
00:09:24pour pouvoir s'opposer.
00:09:25Donc ces lunettes,
00:09:26c'est celle de l'opposition à Donald Trump.
00:09:27Eh bien, on va revenir sur notamment
00:09:30ces images de Davos et cette semaine dingue
00:09:33qui vient de s'écouler.
00:09:35Le président américain a fini par reculer
00:09:37sur le Groenland, mais à quand la prochaine crise ?
00:09:40Récit de cette semaine avec Maïté Frémont.
00:09:42Hier soir, dans les couloirs de Bruxelles,
00:09:52les dirigeants européens reprennent leur souffle.
00:09:55On a commencé la semaine avec une forme d'escalade,
00:09:59des menaces, des menaces d'invasion
00:10:03et des menaces tarifaires.
00:10:04Et nous sommes revenus à une situation
00:10:06qui me paraît beaucoup plus acceptable.
00:10:07Parce qu'il faut l'avouer, la semaine n'a pas été
00:10:10un long fleuve tranquille.
00:10:12Lundi, Donald Trump fait du Donald Trump
00:10:15et tacle Emmanuel Macron.
00:10:17Personne ne veut de lui parce qu'il va bientôt
00:10:18quitter ses fonctions, donc vous savez,
00:10:20ce n'est pas grave.
00:10:21Ce que je vais faire, c'est que s'il se montre hostile,
00:10:24j'imposerai des droits de douane de 200%
00:10:26sur ses vins et ses champagnes.
00:10:28Et il se joindra à nous.
00:10:29Mais comme vous le savez,
00:10:30il ne sera plus en fonction dans quelques mois.
00:10:32Le président français puni
00:10:34pour avoir refusé de participer à son conseil.
00:10:38Cette dernière lubie du président américain.
00:10:41Et puis, parce que Donald Trump
00:10:43veut le Groenland et n'en démore pas.
00:10:45Alors, à Berlin, le ton du ministre de l'économie
00:10:48monte d'un coup.
00:10:49Du chantage entre des alliés de 250 ans,
00:10:51du chantage entre des amis,
00:10:53ce n'est évidemment pas acceptable.
00:10:56Paris menace d'utiliser le bazooka commercial,
00:10:59arme de rétorsion inédite contre les Etats-Unis.
00:11:03De son côté, le chef de l'OTAN, lui,
00:11:05tente la carte de l'apaisement.
00:11:07Bien sûr, je constate qu'il existe actuellement des tensions.
00:11:10Cela ne fait aucun doute.
00:11:11Mais je peux vous assurer que la seule façon d'y remédier
00:11:14est en fin de compte une diplomatie réfléchie.
00:11:17Mardi, le forum économique de Davos
00:11:19débute donc dans une ambiance un peu particulière.
00:11:23Dans les couloirs, Emmanuel Macron se défend.
00:11:26Nous, on a un allié, un ami,
00:11:28qui est le Danemark, quand il est attaqué.
00:11:30C'est normal qu'on soit là.
00:11:31On l'est dans un cadre totalement connu,
00:11:33totalement sincère, totalement transparent,
00:11:35contre personne.
00:11:36Et on ne doit pas être agressé ou attaqué.
00:11:38Donc on fait ça.
00:11:39Mais le lendemain, le président américain débarque lui aussi
00:11:42et se paye tour à tour pendant plus d'une heure.
00:11:45L'OTAN, l'Europe, ses dirigeants et le président français.
00:11:49Emmanuel Macron, je l'ai regardé hier
00:11:51avec ses belles lunettes de soleil.
00:11:53Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
00:11:55Il joue le dur à cuire.
00:11:56Donald Trump ou la diplomatie de l'humiliation.
00:12:02Les Européens suffoquent
00:12:04et le gouverneur de Californie, lui, encourage l'Europe.
00:12:08L'Union européenne devrait donc lui tenir tête
00:12:11et riposter avec fermeté.
00:12:12Il faut rendre coup pour coup Trump et Femme.
00:12:16Intimidation, tension
00:12:18et puis hier soir, une soudaine détente.
00:12:20Devant les journalistes, Donald Trump parade
00:12:24et vante un accord qu'il aurait conclu avec l'OTAN
00:12:26concernant le Groenland.
00:12:29À la clôture du Forum économique de Davos,
00:12:32Christine Lagarde, elle, tire un bilan de ce spectacle.
00:12:36Je pense que l'Europe a pas mal été dénigrée ces derniers jours.
00:12:39Mais au fond, c'est plutôt une bonne chose
00:12:40et nous devrions remercier ceux qui la dénigrent.
00:12:42Car je crois que cela nous a permis
00:12:44de prendre pleinement conscience
00:12:45de la nécessité d'être plus vigilants.
00:12:47L'Europe soulagée, mais loin d'être dupe,
00:12:50défiée comme rarement cette semaine.
00:12:54C'est l'histoire avec un grand H
00:12:56qui dira plus tard si janvier 2026
00:12:58a été vraiment un moment de bascule.
00:13:00Mais il y a une bascule qui s'opère avec certitude, Marjorie.
00:13:02C'est celle de l'opinion.
00:13:03Je voulais qu'on regarde ensemble ce sondage
00:13:05publié ce matin par Grand Continent
00:13:06qui montre à quel point
00:13:08les Etats-Unis ont changé de statut
00:13:10dans l'opinion européenne en un an
00:13:12de présidence Trump.
00:13:14Parce que ces Etats-Unis-là,
00:13:17on a tendance à dire qu'en général,
00:13:18il y a 24 heures de cycle d'actualité.
00:13:20Aujourd'hui, si on est par phase de 12 heures,
00:13:21encore, on peut réussir à maîtriser
00:13:23ou à comprendre la situation.
00:13:25Plus, ce serait trop.
00:13:26C'est compliqué.
00:13:27C'est-à-dire qu'on a, nous, journalistes,
00:13:30c'était le cas déjà sur la première administration Trump,
00:13:32ça l'est encore plus depuis, plus de 365 jours,
00:13:35cette idée de dire que
00:13:36« Flots of the Zone » nous envoyait des informations,
00:13:38nous submergeait dans flots d'informations
00:13:4024 heures sur 24,
00:13:42fait que, finalement,
00:13:44il va y avoir cette impression,
00:13:45vous savez, de ne pas pouvoir reprendre d'air.
00:13:46J'imagine que c'est un peu pareil aujourd'hui.
00:13:48Suffocant.
00:13:48Pour vous, citoyens européens
00:13:51et citoyennes françaises et françaises,
00:13:53en l'occurrence,
00:13:54on a cette impression
00:13:55d'être submergé d'infos,
00:13:57de suffoquer au fur et à mesure
00:13:58et d'avoir affaire
00:13:59à des Etats-Unis d'Amérique
00:14:01qu'on ne comprend plus,
00:14:03qu'on pensait être notre allié,
00:14:04qui deviennent notre ennemi frontal.
00:14:06Ces chiffres sont vraiment très impressionnants.
00:14:08Il y a notamment, dans le sondage du Grand Continent,
00:14:11ce euro-bazouka,
00:14:12il y a un clin d'œil,
00:14:13j'imagine aussi dans le titre du sondage,
00:14:15ce chiffre qui m'interpelle beaucoup,
00:14:1764% des Européens, désormais,
00:14:20estiment que la politique étrangère des Etats-Unis
00:14:22est synonyme de recolonisation et de prédation.
00:14:25On est vraiment arrivé à un moment
00:14:26où l'impérialisme américain
00:14:28se fait de plus en plus sentir.
00:14:30Riyad, est-ce que vous partagez
00:14:33les avis de ce sondage ?
00:14:3473% estiment que l'Union européenne
00:14:37ne doit plus compter que sur elle-même
00:14:39pour défendre son indépendance.
00:14:4051% qualifie Trump d'ennemi de l'Europe.
00:14:44L'année dernière,
00:14:45les chiffres étaient beaucoup plus bas
00:14:46et on sent qu'on est passé
00:14:47de la défiance à la peur.
00:14:49Vous, est-ce que ce qu'on vient de vivre,
00:14:51ça vous a fait peur ?
00:14:53Bonjour.
00:14:54Déjà, je pense que les événements récents,
00:14:57on peut en tirer une conclusion.
00:14:58Le seul allié de la France aujourd'hui,
00:15:01c'est l'Europe, c'est l'Union européenne.
00:15:03Bien sûr qu'il faut garder
00:15:05et avoir des partenariats
00:15:07que ce soit avec les Etats-Unis
00:15:10ou avec d'autres.
00:15:12Mais je pense que les événements récents
00:15:14nous disent une chose,
00:15:15c'est qu'il faut construire l'Europe
00:15:16avec notre binôme historique,
00:15:22la France et l'Allemagne.
00:15:24Et je pense qu'aujourd'hui,
00:15:27comme ça a été dit dans le reportage,
00:15:29il faut rendre coup pour coup.
00:15:30C'est malheureux,
00:15:32mais on est arrivé à un moment,
00:15:34on est au retour,
00:15:35comme beaucoup de médias le disent,
00:15:36des empires,
00:15:38avec d'une part les Etats-Unis,
00:15:40d'autre part la Russie
00:15:41ou encore la Chine.
00:15:42Donc aujourd'hui,
00:15:43je pense que
00:15:44il faut que tout le monde
00:15:46se mette d'accord
00:15:47sur un point essentiel,
00:15:49c'est que l'avenir,
00:15:51il ne se fera qu'avec l'Europe.
00:15:53Les Américains,
00:15:54ils parlent de wake-up call.
00:15:56Est-ce que pour l'Europe,
00:15:57la semaine qui vient de s'écouler,
00:16:00c'est un réveil
00:16:01qui finalement va faire du bien aussi ?
00:16:04Moi, je me tourne vers vous
00:16:05parce que vous,
00:16:05les députés européens,
00:16:06vous avez vécu cette séquence
00:16:08en étant quasiment
00:16:08aux premières loges,
00:16:09à Strasbourg,
00:16:10au Parlement européen.
00:16:11Il y a eu un débat mardi
00:16:12sur le Groenland
00:16:13et sur la réponse européenne
00:16:14à apporter aux menaces
00:16:15de Donald Trump.
00:16:16Moi, j'avais envie
00:16:17que vous me racontiez
00:16:17comment ça s'est passé
00:16:19dans les coulisses.
00:16:19Est-ce que tout de suite,
00:16:20vous avez tous pris la mesure
00:16:22de la gravité du moment ?
00:16:26Oui.
00:16:27Oui.
00:16:28Et la gravité,
00:16:29elle montait depuis un certain temps.
00:16:30C'est-à-dire qu'on vit
00:16:30au Parlement européen
00:16:32et donc dans cette instance
00:16:34démocratique européenne
00:16:35sous la menace
00:16:36et le chantage permanent
00:16:37des États-Unis,
00:16:38mais pas depuis une semaine,
00:16:40depuis des mois et des mois.
00:16:42C'est-à-dire que,
00:16:43tour à tour,
00:16:43on a eu les droits de douane
00:16:45avec cet accord commercial USUE
00:16:46que le Parlement européen
00:16:48a gelé cette semaine écoulée.
00:16:51Donc, on a fait notre...
00:16:52On a rempli notre mission.
00:16:53On rappelle qu'il s'agit
00:16:53d'un accord qui,
00:16:54initialement,
00:16:55devait réduire à 0%
00:16:57les droits de douane
00:16:58sur les produits importés
00:17:00des États-Unis en Europe.
00:17:01Pour 93 milliards,
00:17:02alors que les États-Unis
00:17:04nous imposaient 15% de droits.
00:17:07Depuis un an.
00:17:07Depuis un an.
00:17:08Donc, alors, c'est fini.
00:17:10Jusque-là, c'est gelé.
00:17:12Non, mais c'est gelé
00:17:13et c'est important.
00:17:14Et je pense que ça n'a pas été
00:17:15pour rien non plus
00:17:16dans le recul de Donald Trump
00:17:17sur le Groenland.
00:17:19On a dit
00:17:20instrument anti-coercition.
00:17:21Ça aussi, c'est venu
00:17:22de l'Union européenne.
00:17:25Plus le gel de cet accord.
00:17:27Quand on parle business
00:17:29à Donald Trump,
00:17:30tout d'un coup,
00:17:31il est beaucoup moins à l'aise.
00:17:34Et on n'en a pas parlé,
00:17:35mais les quelques troupes
00:17:36qui ont été déployées aussi
00:17:37au Groenland,
00:17:38ça voulait dire aussi
00:17:39des choses en termes militaires.
00:17:40Donc, on vit cette menace
00:17:42depuis des mois
00:17:44sur nos régulations numériques aussi.
00:17:46Alors, c'est vrai
00:17:47que mon voisin de gauche
00:17:50dit que c'est formidable,
00:17:51les États-Unis,
00:17:52cette liberté d'expression,
00:17:53formidable.
00:17:55Laissons-la gagner
00:17:56l'Union européenne.
00:17:57Ça veut dire l'entrée...
00:17:58Non, mais quand vous votez pas
00:18:00sur nos régulations numériques,
00:18:01ça veut dire ça.
00:18:02Ça veut dire laissons-la
00:18:03des informations.
00:18:04C'est ça,
00:18:04la liberté d'expression.
00:18:05On voit les dangers
00:18:06que ça représente.
00:18:07Donc, on est en train
00:18:08de se battre pied à pied
00:18:09pour défendre nos intérêts,
00:18:12nos lois,
00:18:12nos régulations,
00:18:13et notamment dans le fait
00:18:16de conforter la démocratie.
00:18:17Donc, on l'a vécu
00:18:18de manière folle,
00:18:19mais on était déjà
00:18:21bien échauffés, je dirais,
00:18:22sur le sujet.
00:18:23Je ne veux pas minimiser
00:18:23le rôle du Parlement européen
00:18:24cette semaine, bien évidemment,
00:18:26mais quand même,
00:18:26je pense que c'est plus
00:18:27la couleur des marchés
00:18:28qui ont fait battre
00:18:29Donald Trump.
00:18:30Il y a un mélange de tout,
00:18:31peut-être ?
00:18:32C'est un peu tout en même temps.
00:18:33Mais au moment où il est
00:18:35sur la scène de Davos
00:18:36et où il émet l'idée
00:18:37de retirer sa menace
00:18:39d'opérations militaires,
00:18:40les marchés qui étaient
00:18:41dans le rouge depuis 48 heures
00:18:42repartent dans le vert.
00:18:44Donc, il y a aussi
00:18:44beaucoup de ça.
00:18:46Par ailleurs,
00:18:47face aux menaces
00:18:48qui peuvent peser parfois
00:18:50et aux débats
00:18:50qui pèsent parfois
00:18:51sur la régulation numérique,
00:18:52on a déjà eu ce débat
00:18:53sur d'autres scènes
00:18:54avec un député ici,
00:18:56il y a quelque chose
00:18:57qui s'est passé à Noël,
00:18:58Joyeux Noël,
00:18:58qui est héros breton,
00:18:59qui s'est fait suspendre
00:19:00son droit de visa
00:19:01sur le sol américain
00:19:02en raison du DSA
00:19:04qui l'avait fait voter
00:19:05justement à vos institutions.
00:19:07C'est très intéressant
00:19:08parce que quand l'Europe
00:19:09dit le DSA,
00:19:11c'est tout ce qui est illégal
00:19:12dans la vraie vie.
00:19:12Le Digital Service Act.
00:19:14Tout ce qui est illégal
00:19:15dans la vraie vie
00:19:15est aussi illégal en ligne.
00:19:16Jusque-là,
00:19:17ça va plutôt dans le bon sens
00:19:18et ça tient du bon sens
00:19:19là aussi.
00:19:21L'Europe entend
00:19:21plus de contraintes,
00:19:22plus de régulations,
00:19:23c'est donc moins
00:19:24de désinformation possible,
00:19:27sauf que les Etats-Unis,
00:19:28sous cette administration Trump,
00:19:29entendent aujourd'hui
00:19:30plus de contraintes,
00:19:31c'est moins de liberté
00:19:32d'expression.
00:19:33Et c'est donc justement là
00:19:34qu'il y a un hiatus
00:19:34sur l'interprétation
00:19:36de ce qu'il y a aujourd'hui,
00:19:37freedom of speech,
00:19:38cette liberté d'expression
00:19:39qui visiblement
00:19:40est parfois géométrie variable.
00:19:42Emma Raffovitz.
00:19:42Je pense que ce moment,
00:19:44c'est une opportunité
00:19:45d'une certaine manière.
00:19:46Et c'est pour ça que moi,
00:19:47j'ai peut-être envie
00:19:47de vous partager
00:19:48mon optimisme.
00:19:50Alors ça va vous surprendre
00:19:51parce que c'est vrai
00:19:51qu'on a eu une semaine
00:19:52compliquée.
00:19:52On a le droit.
00:19:53Compliquée.
00:19:53Ce n'est pas un délit.
00:19:55Mais moi, je pense
00:19:56que c'est le moment
00:19:56de se dire
00:19:57construisons donc désormais
00:19:59notre défense européenne.
00:20:00Et notre défense européenne,
00:20:02ce n'est pas uniquement
00:20:03une histoire militaire.
00:20:05Ce n'est pas uniquement
00:20:05une histoire d'armée
00:20:06qu'on a prête
00:20:08pour aller sur le front,
00:20:09même si évidemment,
00:20:10notamment depuis l'invasion
00:20:11de l'Ukraine par la Russie,
00:20:13ce sujet,
00:20:14il est pour toutes et tous ici,
00:20:16je pense,
00:20:16un peu dans notre tête.
00:20:18Notre défense européenne,
00:20:19ça veut dire
00:20:19qu'est-ce qu'on a
00:20:20pour protéger
00:20:21notre démocratie,
00:20:22pour protéger finalement
00:20:23notre émancipation
00:20:25à toutes et tous,
00:20:26protéger notre système social,
00:20:28protéger notre agriculture.
00:20:30Et vous l'avez vu,
00:20:31on a aussi eu peut-être,
00:20:32vous l'avez vu peut-être,
00:20:33je ne sais pas,
00:20:33une victoire aussi
00:20:34cette semaine
00:20:35avec la saisine
00:20:37de la Cour de justice
00:20:38de l'Union européenne
00:20:39concernant le Mercosur.
00:20:41Pourquoi ?
00:20:41Parce qu'il y a aussi eu,
00:20:42et c'est lié à tout ça,
00:20:43un réveil de beaucoup
00:20:44de députés européens
00:20:45sur en fait,
00:20:47on doit penser désormais
00:20:48à notre souveraineté,
00:20:49à être souverain
00:20:50en tant qu'Européen.
00:20:51Parce que c'est au niveau européen
00:20:52que les choses,
00:20:53pour beaucoup d'entre elles,
00:20:55doivent se faire
00:20:55pour être puissants
00:20:56vis-à-vis des Etats-Unis,
00:20:57mais ça demande un réveil.
00:20:58Et donc, moi,
00:20:59mon souhait peut-être
00:21:00pour demain,
00:21:01et c'est là où j'aimerais
00:21:02peut-être savoir
00:21:03si vous êtes optimiste
00:21:04avec moi ou pas,
00:21:05c'est de se dire
00:21:06est-ce que le réveil,
00:21:07il va durer quelques jours ?
00:21:09Et finalement,
00:21:10on se dit
00:21:10qu'on a peut-être fait
00:21:12reculer Trump ou pas.
00:21:13Moi, je pense que,
00:21:15en réalité,
00:21:16on a besoin d'être fort
00:21:17et d'être réveillé
00:21:17sur la durée.
00:21:18On n'a pas besoin
00:21:19de se rendormir tout de suite.
00:21:20Moi, j'espère que,
00:21:21voilà,
00:21:21ce n'est pas le sursaut
00:21:22dans la nuit,
00:21:23mais que c'est un vrai réveil
00:21:24et que maintenant,
00:21:24on est prêt à aller
00:21:25sur le terrain,
00:21:26à se poser,
00:21:27à se dire,
00:21:28si on y croit,
00:21:28et moi,
00:21:29je suis assez d'accord
00:21:29avec Riyad,
00:21:30si on se dit
00:21:31le meilleur allié de l'Europe
00:21:32et de la France,
00:21:33pardon,
00:21:33le meilleur allié de la France,
00:21:34c'est l'Union européenne,
00:21:36c'est le couple franco-allemand,
00:21:37alors qu'on se dise
00:21:38très clairement
00:21:38qu'est-ce qu'on a à construire,
00:21:39qu'est-ce qu'on veut faire,
00:21:40qu'est-ce qu'on veut protéger.
00:21:41Mais moi,
00:21:42je suis complètement d'accord
00:21:43avec ce que vous avez dit.
00:21:44Je voudrais rebondir aussi
00:21:45sur l'intervention de Riyad
00:21:46et partager cette analyse-là,
00:21:48en effet,
00:21:49que l'Europe est comme encerclée
00:21:51par des empires
00:21:52à l'ouest,
00:21:53les États-Unis d'Amérique,
00:21:54où il y a plutôt
00:21:55une vassalisation technologique
00:21:57et militaire de l'Europe
00:21:58aux États-Unis.
00:21:59Il y a l'impérialisme russe
00:22:00à l'Est
00:22:00qui révise les frontières européennes
00:22:02et l'agenda de Vladimir Poutine
00:22:04est très incertain
00:22:05pour la suite.
00:22:06On sait qu'elle sort
00:22:07y réserve à l'Ukraine,
00:22:08mais il y a une grande incertitude
00:22:09aussi qui pèse
00:22:10à l'Est de l'Europe.
00:22:11Et il ne faut pas oublier,
00:22:12vous l'avez mentionné aussi,
00:22:13la Chine,
00:22:13puisqu'il y a un empire commercial
00:22:15qui inonde très largement
00:22:16le marché européen
00:22:17avec ses produits
00:22:18et en ce moment,
00:22:19ça pose d'énormes conséquences.
00:22:20On parle des droits
00:22:20de douane américains,
00:22:21mais il y a aussi
00:22:22l'enjeu du marché chinois
00:22:24qui fait beaucoup de mal
00:22:24à nos secteurs industriels.
00:22:27Mais je partage un optimisme,
00:22:28mais une inquiétude aussi,
00:22:30ce serait de se focaliser
00:22:31sur Donald Trump
00:22:31quand on parle
00:22:32des États-Unis d'Amérique.
00:22:33Pourquoi je dis ça ?
00:22:34Pas du tout pour exonérer
00:22:35Donald Trump,
00:22:36parce que le risque,
00:22:37c'est de se dire
00:22:37peut-être qu'une fois
00:22:38que Donald Trump
00:22:38se sera passé
00:22:39dans deux ans et demi,
00:22:40trois ans maintenant,
00:22:41on pourra reprendre
00:22:42les mêmes relations qu'avant,
00:22:44se soumettre encore
00:22:45aux États-Unis d'Amérique
00:22:45parce qu'on aimera mieux
00:22:46le nouveau président américain
00:22:47qui sera peut-être
00:22:48un démocrate
00:22:49ou quelqu'un qui parlera
00:22:50un autre langage
00:22:51sur les valeurs.
00:22:52Et le risque
00:22:53de tenir ce discours-là,
00:22:54de pointer seulement
00:22:55Donald Trump,
00:22:56c'est que le jour
00:22:57où c'est plus Donald Trump,
00:22:58finalement, l'Europe
00:22:58va se remettre à se soumettre
00:22:59aux États-Unis d'Amérique
00:23:00parce que ce serait
00:23:01quelqu'un qu'on préfère
00:23:03ou qui paraît moins brutal
00:23:04ou qui paraît moins absurde
00:23:06dans certaines déclarations,
00:23:07etc.
00:23:07Donc, ça, c'est le message
00:23:08que j'aurais envie de dire,
00:23:10c'est d'éviter
00:23:11de se focaliser
00:23:11sur Donald Trump
00:23:12et de prôner
00:23:14cette indépendance européenne
00:23:15vis-à-vis de n'importe
00:23:16quel président américain
00:23:17et de ne pas dépendre
00:23:18tous les quatre ans
00:23:18d'une élection américaine.
00:23:19Et si en 2018,
00:23:20le président américain
00:23:21s'appelle J.L. Vance
00:23:22ou Marco Rubio ?
00:23:24Eh bien, de la même manière,
00:23:25je pense que ce serait
00:23:26dans la continuité
00:23:26de Donald Trump
00:23:27assez largement,
00:23:28je pense que ce sont eux
00:23:29d'ailleurs qui dictent
00:23:30assez largement
00:23:30son idéologie
00:23:32et son politique étrangère,
00:23:33notamment J.D. Vance
00:23:34qui fait partie de ceux
00:23:35qui expliquent
00:23:36que l'Amérique
00:23:36doit avoir cet empire
00:23:38sur l'hémisphère occidental
00:23:39depuis le Chili
00:23:41jusqu'au Groenland.
00:23:43Donc, je pense que ce sera
00:23:43évidemment dans la continuité
00:23:44de Donald Trump
00:23:45et il faudra avoir les mêmes...
00:23:46Sauf que J.D. Vance
00:23:47fait aussi partie de ceux
00:23:48qui finalement
00:23:48se sentent plus proches
00:23:49d'un membre
00:23:50d'ultra-droite européenne
00:23:51que d'un démocrate américain.
00:23:53Si on regarde
00:23:54la stratégie de sécurité
00:23:55américaine
00:23:56en décembre 2025,
00:23:58vous avez raison,
00:23:58dans sa stratégie,
00:23:59il compte sur des partis
00:24:01patriotiques européens
00:24:02pour défendre
00:24:03les intérêts américains.
00:24:04Donc, il est dans votre sens
00:24:05ou pas ?
00:24:05C'est ce qu'ils espéraient,
00:24:07c'est ce qu'ils souhaitent
00:24:07et je crois que la réponse
00:24:09qu'on peut apporter aujourd'hui
00:24:10sur ce que fait...
00:24:11Déjà, ce qu'a fait
00:24:12Donald Trump au Venezuela
00:24:13ou le Rassemblement National
00:24:14à dénoncer
00:24:15l'intervention américaine
00:24:16contrairement au président
00:24:17de la République, par exemple,
00:24:18mais ce qu'il fait également
00:24:20au Groenland,
00:24:21on s'est montré très ferme
00:24:22et on a dit
00:24:22au effort,
00:24:23notre opposition
00:24:24à la remise en question
00:24:25de la souveraineté d'un allié
00:24:26et donc,
00:24:27J.D. Vance et Donald Trump,
00:24:29s'ils souhaitent avoir
00:24:29de bonnes relations
00:24:30avec l'Europe,
00:24:30je crois qu'il faut
00:24:31qu'ils s'y prennent autrement.
00:24:32Est-ce que Riyad peut passer
00:24:33le micro à Isdabel
00:24:34qui est juste derrière lui ?
00:24:36Non, merci.
00:24:37Oui, bonjour.
00:24:39La France n'a jamais été
00:24:40aussi forte
00:24:41que quand elle est
00:24:42au pied du mur.
00:24:43On a pu voir ça
00:24:44dans le sport, etc.
00:24:45Et je pense que cette semaine,
00:24:47on a compris
00:24:47que l'Europe,
00:24:48c'est les alliés, en fait.
00:24:52L'Union fait la force
00:24:53et je pense qu'on n'a plus besoin
00:24:56forcément de penser
00:24:57aux alliés
00:24:57comme les Etats-Unis,
00:24:59l'Europe.
00:25:00Si on se met tous ensemble,
00:25:01on est très très forts.
00:25:03Et ça, on l'oublie.
00:25:03Mais le fait qu'on dépende
00:25:03beaucoup des Etats-Unis,
00:25:04est-ce que c'est quelque chose
00:25:05qui vous parle ?
00:25:06Je pense à une de vos collègues
00:25:08au Parlement européen
00:25:09qui s'appelle Audrey Laluc
00:25:10et qui a alerté cette semaine
00:25:11sur la dépendance
00:25:12de l'Union européenne
00:25:13vis-à-vis, par exemple,
00:25:14des moyens de paiement.
00:25:15Visa, Mastercard,
00:25:17c'est américain.
00:25:18Et c'est ainsi
00:25:19que Donald Trump a pu,
00:25:20notamment,
00:25:21on parlait de Thierry Breton,
00:25:22mais Audrey Laluc
00:25:23cite l'exemple
00:25:24de Nicolas Guillou
00:25:24qui est un juge français
00:25:26de la Cour pénale internationale
00:25:27qui est sous le coup
00:25:29des sanctions de Donald Trump
00:25:30qui n'a plus accès
00:25:31à son ordinateur
00:25:32parce qu'il y a Microsoft
00:25:33à l'intérieur
00:25:34et qui n'a plus accès
00:25:35à ses moyens de paiement
00:25:36qui ont été désactivés.
00:25:37Donc, il vit
00:25:37comme un interdit bancaire
00:25:39avec de la monnaie.
00:25:40Est-ce que ça,
00:25:41ça fait partie
00:25:42de vos inquiétudes
00:25:43dans notre dépendance
00:25:44vis-à-vis de l'Amérique ?
00:25:47Oui, mais les choses
00:25:47vont changer.
00:25:48On a compris
00:25:49qu'il fallait changer.
00:25:50Il faut voir le verre
00:25:51à moitié plein
00:25:52et s'unir maintenant
00:25:53pour modifier la donne,
00:25:57je pense.
00:25:59On est unis,
00:26:01on est presque tous unis.
00:26:03Il y a, malgré tout,
00:26:05des États
00:26:06qui nous empêchent
00:26:07d'avancer.
00:26:07Alors, il y en a un
00:26:07qui s'appelle la Hongrie.
00:26:08Je me tourne vers vous
00:26:09parce que vous nous avez chanté
00:26:10les louanges de l'Europe.
00:26:11C'est vrai qu'on est quand même
00:26:12un peu surpris
00:26:12parce que la Hongrie,
00:26:14par exemple,
00:26:14est toujours...
00:26:14Victor Orban vote
00:26:16systématiquement
00:26:17contre tout soutien
00:26:18à l'Ukraine,
00:26:19il faut s'en rappeler.
00:26:20Donc, il y a une influence majeure.
00:26:22Je ne suis pas hongrois,
00:26:23ça ne vous aura pas échappé.
00:26:24Non, mais vous siéchez
00:26:24dans le même groupe
00:26:25au Parlement européen.
00:26:27Vous avez 11 députés
00:26:28en l'occurrence
00:26:28dans votre groupe
00:26:29pour 30 députés à Rennes.
00:26:30Voilà.
00:26:31Et donc, c'est quand même
00:26:32une force notable
00:26:34au sein du groupe
00:26:35des Patriotes.
00:26:36Donc, c'est important
00:26:36de savoir comment
00:26:37vous prenez les décisions.
00:26:37de redire parce que par rapport...
00:26:38Si on peut aller
00:26:38dans les groupes de chacun,
00:26:39on va trouver des choses
00:26:40assez extraordinaires aussi.
00:26:42Mais pas à ce stade.
00:26:44Donc, par rapport
00:26:45à ce que vous dites,
00:26:46oui, ce réveil
00:26:47fait partie aussi
00:26:48de notre autonomie,
00:26:49notre autonomie stratégique.
00:26:51Depuis 2017,
00:26:52Emmanuel Macron,
00:26:53discours de la Sorbonne,
00:26:54parle de ce sujet.
00:26:55Et ce sujet
00:26:56à quelques États membres près
00:26:57qui sont inféodés
00:26:59à des puissances externes
00:27:01et hostiles à l'Union européenne.
00:27:04Donald Trump a bien dit
00:27:05que l'Union européenne
00:27:06en l'État
00:27:07n'avait plus lieu d'être,
00:27:08qu'il fallait la détruire
00:27:09et revenir aux États.
00:27:10Donc, à part ces États membres
00:27:12qui sont illibéraux
00:27:14et qui vont dans ce sens,
00:27:16je crois qu'il y a...
00:27:18Attendez, excusez-moi.
00:27:19Je crois qu'il y a
00:27:20une prise de conscience majeure
00:27:21en effet sur notre souveraineté.
00:27:22On est en retard
00:27:23sur la...
00:27:23Comme vous l'avez dit,
00:27:24sur tout l'industriel numérique.
00:27:25Mais quand Aurore Laluc
00:27:26elle dit que ça peut arriver
00:27:27à tout le monde
00:27:28cette histoire de coupure
00:27:29des moyens de paiement...
00:27:30Elle a raison.
00:27:31Elle a raison.
00:27:31Aurore, elle a raison.
00:27:32C'est pour ça qu'on avance
00:27:34sur notamment la question
00:27:34de l'euro numérique.
00:27:35Elle travaille beaucoup dessus.
00:27:37Digital Wallet...
00:27:38Mais ça prendra des années.
00:27:39Mais là où...
00:27:39Attendez, là où quand même...
00:27:40Parce que le boulot
00:27:41d'Aurore Laluc
00:27:41au Parlement européen,
00:27:42il est honnêtement
00:27:43extrêmement sérieux.
00:27:45Il faut que chacun ici
00:27:46en prenne la mesure.
00:27:48Moi, je serais peut-être
00:27:49un peu plus critique
00:27:49sur, on va dire,
00:27:51l'état du réveil de chacun.
00:27:53Puisque aujourd'hui,
00:27:54moi, ce que je perçois quand même,
00:27:55c'est une commission européenne
00:27:56qui hésite encore
00:27:58sur la force de la réponse.
00:28:00Sur à quel point
00:28:01est-ce qu'on doit être ferme
00:28:02vis-à-vis de Donald Trump,
00:28:03vis-à-vis de Poutine ?
00:28:04L'Europe était prête
00:28:05à prendre des mesures
00:28:06anti-coercition,
00:28:07le fameux bazooka commercial
00:28:08mardi.
00:28:09Mais sauf que ce que disait
00:28:10Laurence Faring
00:28:10est aussi assez juste.
00:28:12Ça fait depuis des mois
00:28:13qu'on les voit,
00:28:14les menaces de Trump.
00:28:15Ça fait depuis des mois
00:28:16qu'on voit qu'Elon Musk
00:28:18menace aussi l'Union européenne
00:28:20concernant ses régulations
00:28:21sur les réseaux sociaux
00:28:22que vous évoquiez, madame.
00:28:23Ça fait des mois.
00:28:24Donc là, on se réveille
00:28:25un peu tardivement.
00:28:26Le réveil est là.
00:28:27Mais la réalité,
00:28:28c'est qu'il va falloir aussi
00:28:29rompre avec certains dogmes.
00:28:30Il va falloir assumer
00:28:32ce vrai choc de souveraineté
00:28:34européenne.
00:28:34Certains dogmes.
00:28:35Et c'est important.
00:28:36Moi, je pense qu'aujourd'hui,
00:28:38les traités de libre-échange,
00:28:39par exemple,
00:28:39qui sont trop souvent évoqués
00:28:42comme une évidence,
00:28:43ne doivent plus être considérés
00:28:44comme une évidence.
00:28:45On doit assumer
00:28:46d'avoir une préférence européenne
00:28:48pour les achats, par exemple,
00:28:49sur les marchés publics,
00:28:50en matière de défense,
00:28:51en matière d'infrastructures publiques.
00:28:53Cette préférence européenne,
00:28:54nous, on a appelé ça
00:28:55le « by European Act »
00:28:57pendant les élections européennes,
00:28:58ça a été pour certains perçu
00:29:00comme quelque chose
00:29:01de complètement absurde.
00:29:02Je pense qu'aujourd'hui,
00:29:03c'est le chemin qu'il faut prendre.
00:29:04Les entreprises françaises
00:29:05qui commercent avec les États-Unis
00:29:06sont évidemment sur leur garde.
00:29:08Elles aussi.
00:29:08Elles ont craint cette semaine
00:29:09une nouvelle hausse
00:29:11des frais de douane
00:29:12à laquelle Donald Trump
00:29:13a pour le moment renoncé.
00:29:15Pour le moment.
00:29:16Illustration ce soir dans l'Ain.
00:29:17On vous emmène
00:29:18au sein de l'usine Fermob.
00:29:20Alors, vous connaissez peut-être,
00:29:21c'est eux qui fabriquent
00:29:22les fameuses chaises
00:29:24du jardin du Luxembourg,
00:29:25des chaises d'enfer.
00:29:26C'est un reportage
00:29:27de Baptiste Gargui-Chartier
00:29:28et Mathieu Préau.
00:29:30À Troissé, dans l'Ain,
00:29:35la menace américaine
00:29:36fait l'objet
00:29:37de toutes les attentions
00:29:38chez Fermob.
00:29:39420 tables sur le cycle
00:29:40en cactus.
00:29:41Une entreprise de mobilier
00:29:43100% made in France.
00:29:45On est sur un ordre
00:29:46de grandeur
00:29:46d'à peu près 5000 produits
00:29:48qui vont sortir
00:29:48de notre chaîne
00:29:50ici tous les jours.
00:29:52Des chaises,
00:29:52des tables en acier galbée,
00:29:54un matériau lourdement frappé
00:29:55par une taxe de 50%
00:29:57aux États-Unis
00:29:58depuis l'été dernier.
00:29:59Un coup dur
00:30:00pour la société
00:30:01qui misait
00:30:02sur le marché américain.
00:30:04Le chiffre de 50%
00:30:06il est énorme.
00:30:07Ça freine
00:30:07notre plan d'évolution
00:30:09et ça nous oblige
00:30:10à être dans l'adaptation
00:30:11effectivement permanente.
00:30:13Les États-Unis
00:30:13représentent 10%
00:30:14du chiffre d'affaires
00:30:15non négligeable
00:30:16pour l'entreprise.
00:30:18Alors,
00:30:18parmi les 500 salariés,
00:30:20la versatilité
00:30:20de Donald Trump
00:30:21inquiète
00:30:22en des boussols certains.
00:30:24Tout le monde craint
00:30:26pour la sécurité financière
00:30:27de l'entreprise
00:30:28avec ses menaces.
00:30:31On fait confiance
00:30:32à la direction,
00:30:33ils vont prendre
00:30:33les bonnes décisions
00:30:34pour qu'il n'y ait pas
00:30:36de problème
00:30:37par rapport à ça.
00:30:38Pour éviter la contagion,
00:30:40l'entreprise a revu
00:30:40sa stratégie commerciale.
00:30:42Très basiquement,
00:30:44qu'est-ce qu'on a dû faire
00:30:44et qu'est-ce que beaucoup
00:30:45d'entreprises ont dû faire,
00:30:46c'est augmenter nos prix,
00:30:48rogner un petit peu
00:30:49sur nos marges.
00:30:50Par exemple,
00:30:51cette chaise bistro
00:30:52est passée
00:30:52de 120 à 140 dollars.
00:30:54Le patron cherche la parade
00:30:55et pour limiter
00:30:56les coûts de production,
00:30:57il envisage de sous-traiter
00:30:59la coloration des produits
00:31:00aux Etats-Unis.
00:31:01Au lieu qu'elle soit
00:31:02comme ça,
00:31:03peinte, terminée,
00:31:04on va l'envoyer
00:31:04ce qu'on appelle brut.
00:31:06Ça permettra
00:31:06d'envoyer des produits
00:31:07semi-finis,
00:31:09donc avec une valeur inférieure
00:31:11et donc de payer
00:31:11finalement proportionnellement
00:31:13des droits de douane
00:31:14plus limités.
00:31:15Si ces mesures
00:31:16ne sont pas suffisantes,
00:31:17l'entreprise
00:31:18pourrait sérieusement
00:31:19envisager
00:31:19de développer
00:31:20d'autres marchés
00:31:21dans d'autres pays.
00:31:24Alors,
00:31:25je vais me tourner
00:31:25vers Emmanuel.
00:31:26Bonsoir Emmanuel,
00:31:27si on veut bien
00:31:28donner un micro
00:31:29à Emmanuel.
00:31:30Je me tourne
00:31:31vers vous Emmanuel
00:31:31parce qu'il se trouve
00:31:32que vous dirigez
00:31:33la Fédération
00:31:33des entreprises de beauté,
00:31:34c'est le syndicat professionnel
00:31:36des fabricants
00:31:37de produits cosmétiques.
00:31:38Pour tout vous dire,
00:31:39j'espérais vaguement
00:31:40qu'il soit venu
00:31:40avec des cadeaux,
00:31:42des crèmes,
00:31:43des échantillons éventuellement.
00:31:45Le marché américain,
00:31:46ça représente quelle part
00:31:48pour les produits
00:31:48cosmétiques français
00:31:49aujourd'hui ?
00:31:49Le marché américain,
00:31:50déjà c'est le premier
00:31:51marché mondial
00:31:52pour les cosmétiques
00:31:53mais comme dans
00:31:53beaucoup de marchés aussi
00:31:55parce que c'est un marché
00:31:55très unifié.
00:31:56Et pour les exportations
00:31:57françaises,
00:31:58c'est un peu plus de 20%
00:31:59de nos exportations
00:32:00qui partent aux Etats-Unis.
00:32:01C'est le premier pays
00:32:01avec lequel on commerce.
00:32:02Alors,
00:32:02qu'est-ce qui se vend le mieux ?
00:32:04De grandes marques ?
00:32:05En termes de marques,
00:32:07c'est à peu près
00:32:07toute typologie de marques
00:32:08puisque c'est assez logique
00:32:09pour des jeunes marques françaises
00:32:10de se lancer rapidement
00:32:11aux Etats-Unis.
00:32:12Ce qu'on vend le plus
00:32:13c'est du parfum.
00:32:13La moitié de ce qu'on vend
00:32:14c'est du parfum.
00:32:15Un parfum français sur 5
00:32:15est acheté par un Américain.
00:32:17Et vous avez subi
00:32:19donc les frais de douane
00:32:20de 15% l'an dernier.
00:32:23Ça s'est senti très fort
00:32:24sur les ventes ?
00:32:24Oui,
00:32:25alors cette semaine
00:32:25pour nous,
00:32:26c'est aussi la semaine
00:32:27où on a les 10 premiers mois
00:32:29de l'export,
00:32:30les statistiques.
00:32:31Le bilan ?
00:32:31Le bilan des 10 premiers mois
00:32:33qui est souvent très proche
00:32:33du bilan annuel.
00:32:34Et là,
00:32:35on a déjà perdu 18%
00:32:37d'exportation vers les Etats-Unis.
00:32:39Donc c'est déjà
00:32:39un demi-milliard d'euros
00:32:40d'exportation perdus.
00:32:42Et ce qui fait qu'on sait déjà
00:32:43que pour l'année
00:32:46et pour toutes les destinations
00:32:47dans le monde,
00:32:48ça va être la première année
00:32:49depuis très très longtemps
00:32:49qu'on va être dans le négatif.
00:32:51C'est-à-dire qu'on ne va pas avoir
00:32:52de croissance de nos exports
00:32:53des industries cosmétiques.
00:32:54Alors on reste toujours
00:32:55grand exportateur,
00:32:56deuxième contributeur
00:32:57à la balance commerciale.
00:32:58Mais c'est très impactant
00:32:59pour nous.
00:33:01Et ce qu'il faut voir d'ailleurs
00:33:02c'est que des emplois,
00:33:03il y a 300 000 personnes
00:33:03en France qui travaillent
00:33:05du fait de l'industrie cosmétique.
00:33:07Et donc effectivement
00:33:08il y a une forme d'inquiétude
00:33:10par rapport à ce marché américain
00:33:11sachant qu'on espère
00:33:13qu'il y ait des solutions
00:33:14parce qu'il y a quand même
00:33:14un agenda de compétitivité
00:33:15au niveau européen
00:33:16et donc un marché unifié européen
00:33:18c'est pas mal.
00:33:18Mais quelles solutions
00:33:19vous espérez ?
00:33:20En fait il y a vraiment
00:33:22deux composantes pour nous
00:33:23parce que la guerre économique
00:33:24c'est avant tout
00:33:24une guerre commerciale.
00:33:25Donc c'était très bien
00:33:26présenté dans l'exemple
00:33:27c'est-à-dire
00:33:28s'il faut tenir les prix
00:33:30il faut gagner en compétitivité.
00:33:32Et une grande partie
00:33:32de la problématique
00:33:33de la compétitivité
00:33:33qu'il y a en Europe
00:33:34c'est lié aux réglementations
00:33:35soit fragmentations
00:33:36de réglementations européennes
00:33:37un étiquetage différent
00:33:38par exemple
00:33:39ce rouge à la veille
00:33:40va étiqueter différent
00:33:41dans chaque pays
00:33:41donc en fait
00:33:42ça nuit à notre compétitivité
00:33:44et après
00:33:45on a un certain nombre
00:33:46de réglementations
00:33:47européennes ou françaises
00:33:49qui sont vraiment
00:33:50très très lourdes
00:33:51notamment avec beaucoup
00:33:51de reporting.
00:33:52Donc ça c'est le premier point
00:33:53c'est si on peut gagner
00:33:54des points de compétitivité
00:33:55en Europe
00:33:56ça va aider nos entreprises.
00:33:58Pour qu'on comprenne bien
00:33:58quand vous dites
00:33:59le reporting
00:34:00en quoi ça pèse
00:34:01sur votre...
00:34:02C'est-à-dire que
00:34:03quand vous avez un labo
00:34:04d'innovation par exemple
00:34:05qui fait de l'innovation produit
00:34:06donc qui va créer
00:34:07un nouveau parfum
00:34:08on va prendre un autre exemple
00:34:09que le rouge à lèvres
00:34:10qui va créer un nouveau parfum
00:34:12aujourd'hui
00:34:13à peu près
00:34:13en Europe
00:34:14ça c'est une spécialité en Europe
00:34:15il y a à peu près 40%
00:34:16de la recherche d'innovation
00:34:17donc du temps des chercheurs
00:34:18qui sert uniquement
00:34:20à refaire le même produit
00:34:21mais pour être
00:34:22en fait
00:34:23compliant
00:34:24avec la réglementation européenne
00:34:25et donc ce qui fait
00:34:26qu'on a 40%
00:34:27d'innovation en moins
00:34:29donc on paye des chercheurs
00:34:30et on paye
00:34:30bien nos chercheurs
00:34:31on a des super chercheurs
00:34:32vraiment les meilleurs chercheurs au monde
00:34:33mais en fait
00:34:34presque la moitié de leur temps
00:34:35est justement
00:34:36et uniquement consacré
00:34:38à refaire les mêmes produits
00:34:39pour suivre
00:34:41certaines réglementations
00:34:42et...
00:34:43Mais aussi parce qu'il y a
00:34:43des réglementations
00:34:44qui nous protègent
00:34:45de substances
00:34:46donc sérigènes
00:34:48au hasard
00:34:48Exactement
00:34:49mais alors là-dessus
00:34:50il y a effectivement
00:34:51simplement
00:34:52la plupart de ces reformulations
00:34:54c'est qu'il n'y a aucun risque
00:34:55sur l'homme
00:34:56en fait on a une problématique
00:34:57je ne vais pas rentrer
00:34:58dans les détails très compliqués
00:34:59mais on a une réglementation
00:34:59européenne riche
00:35:01qui n'est pas articulée
00:35:01avec la réglementation cosmétique
00:35:02et donc on a des problématiques
00:35:04d'interdiction à peu près en permanence
00:35:05donc ça c'est le premier sujet
00:35:07de faire en sorte
00:35:08que notre recherche innovation
00:35:09délivre vraiment
00:35:11des innovations
00:35:11dont rêve le monde
00:35:13si on est leader mondial
00:35:14c'est parce que nos innovations
00:35:15elles font rêver
00:35:15et elles sont vraiment efficaces
00:35:17et le deuxième sujet
00:35:18c'est quand on a ces super produits
00:35:19donc on va essayer de les vendre
00:35:20mieux en Europe
00:35:21avec une Europe plus prospère
00:35:22mais surtout
00:35:23on va vouloir les exporter
00:35:24et donc
00:35:25on veut les exporter
00:35:26partout dans le monde
00:35:26donc aujourd'hui
00:35:27on vend partout dans le monde
00:35:28parce que tout le monde
00:35:29utilise des produits
00:35:30de beauté français
00:35:31il y a des pays par exemple
00:35:33qui ne peuvent pas
00:35:33consommer d'alcool
00:35:34les produits de beauté
00:35:35tout le monde les utilise
00:35:36donc en fait
00:35:37on n'a pas de limitation
00:35:37de marché mondial
00:35:38et donc c'est pour ça
00:35:39qu'on a un certain nombre
00:35:40d'accords de libre-échange
00:35:41et je ne veux pas parler
00:35:42du Mercosur
00:35:42qui n'était pas en plus
00:35:43un accord extraordinaire pour nous
00:35:44mais par exemple
00:35:45sur l'Inde
00:35:45il y a 70 millions
00:35:47d'Indiens
00:35:48et d'Indiennes
00:35:49qui peuvent acheter
00:35:50du jour au lendemain
00:35:50nos produits
00:35:5170 millions
00:35:51c'est la même taille
00:35:52que le marché français
00:35:53donc si on arrive
00:35:54à la fois
00:35:55gagner en compétitivité
00:35:56en ayant des réglementations
00:35:58qui soient beaucoup plus cohérentes
00:36:00tout en gardant
00:36:00tous les sujets
00:36:02de protection du consommateur
00:36:03et qu'on arrive
00:36:04à ouvrir des nouveaux marchés
00:36:05et l'Inde
00:36:05c'est vraiment
00:36:06un marché extraordinaire
00:36:08extraordinaire
00:36:09mais d'une certaine façon
00:36:09vous vous dites
00:36:10il faut se passer des Etats-Unis
00:36:11il faut se tourner
00:36:12vers d'autres marchés
00:36:12pas forcément
00:36:13parce que les Etats-Unis
00:36:14resteront toujours
00:36:15le leader mondial
00:36:15par contre ce qu'il faut
00:36:16c'est nous aider
00:36:17à nous diversifier
00:36:17parce qu'on restera
00:36:18toujours aux Etats-Unis
00:36:19on a des marques
00:36:20qui sont présentes
00:36:21depuis 200 ans
00:36:22aux Etats-Unis
00:36:22ils sont quasiment arrivés
00:36:23au moment de l'indépendance
00:36:24des Etats-Unis
00:36:25mais par contre
00:36:26on a besoin de se diversifier
00:36:27le monde est large
00:36:28et il y a beaucoup
00:36:29de pays
00:36:30où en fait
00:36:31les personnes rêvent
00:36:32d'acheter nos produits
00:36:33l'exemple
00:36:33si vous êtes dans un duty free
00:36:34dans un duty free
00:36:35de n'importe quel aéroport
00:36:36vous voyez qui achète nos produits
00:36:37vous voyez bien
00:36:37qu'il y a beaucoup de gens
00:36:38vous parlez de l'Inde
00:36:39mais je crois que vous avez
00:36:39face à vous
00:36:40trois eurodéputés
00:36:41qui sont dans la délégation
00:36:42avec l'Inde
00:36:43si je ne m'abuse
00:36:44les trois c'est vrai
00:36:45alors c'est tout à fait
00:36:47un hasard
00:36:47vraiment
00:36:52aujourd'hui c'est vrai
00:36:53qu'on est dans ce questionnement là
00:36:54comment finalement
00:36:55on arrive à être efficace
00:36:57à être performant
00:36:58d'un point de vue commercial
00:36:59et en même temps
00:37:00comment est-ce que
00:37:00finalement
00:37:01on ne baisse pas
00:37:03la qualité de nos normes
00:37:04ce qu'on expliquait tout à l'heure
00:37:05concernant les normes sociales
00:37:07environnementales
00:37:08les protections
00:37:08en matière de santé
00:37:09on a eu ce débat
00:37:10notamment c'est vrai
00:37:11autour du traité
00:37:13pardon du débat
00:37:14autour du Mercosur
00:37:15on l'a évidemment
00:37:16beaucoup centré
00:37:17autour de la question
00:37:18de l'agriculture
00:37:18mais en réalité
00:37:19ces questions là
00:37:20elles nous touchent
00:37:21un peu
00:37:21quels que soient
00:37:22les sujets commerciaux
00:37:23qu'est-ce qu'on fait rentrer
00:37:24chez nous
00:37:24comment est-ce qu'on exporte
00:37:26comment est-ce qu'à la fois
00:37:27on aide nos entreprises
00:37:28et comment est-ce que aussi
00:37:29on ne fait pas rentrer
00:37:31n'importe quoi chez nous
00:37:31on a aussi les débats
00:37:32en ce moment avec Chine
00:37:33vous avez vu
00:37:34et finalement on se dit
00:37:35mais comment est-ce qu'on fait
00:37:36pour faire rentrer des choses
00:37:37qui ne soient pas
00:37:38cancérigènes
00:37:39qui ne soient pas dangereuses
00:37:40pour nous
00:37:41je crois aujourd'hui
00:37:42qu'on a en effet
00:37:43besoin de se dire
00:37:44déjà que nos régulations
00:37:46c'est parfois
00:37:48une de nos plus grandes forces
00:37:49d'abord pour nous protéger
00:37:50pour protéger les citoyens
00:37:51et les citoyens
00:37:51pour protéger les consommateurs
00:37:53ensuite qu'il faut peut-être
00:37:55et ce que vous évoquiez
00:37:56sur les enjeux de simplification
00:37:58ils sont sans doute importants
00:38:00mais moi ce que je n'ai pas envie
00:38:01c'est qu'on rentre dans le piège
00:38:02où finalement
00:38:02on dit qu'on fait de la simplification
00:38:04mais que finalement
00:38:05on dérégule
00:38:05il faut qu'on trouve
00:38:06cet équilibre là
00:38:07aujourd'hui
00:38:08je vais être très honnête avec vous
00:38:09je ne suis pas persuadée
00:38:10qu'on l'a tout à fait trouvé
00:38:11on a besoin d'avancer là-dessus
00:38:12mais sans jamais
00:38:13que ça veuille dire
00:38:14de la baisse de qualité
00:38:14pour les gens
00:38:15et deuxième chose
00:38:17et je pense que typiquement
00:38:18vous parleriez avec des personnes
00:38:19qui travaillent dans les milieux
00:38:20des vins et spiritueux
00:38:22par exemple
00:38:22ces enjeux d'exportation
00:38:24aux Etats-Unis
00:38:24avec des très très hauts niveaux
00:38:26pour la douane
00:38:27c'est des choses
00:38:28qui ne sont pas tout à fait
00:38:29ils ont tremblé cette semaine
00:38:30les maisons de champagne
00:38:31notamment
00:38:32qui étaient menacées
00:38:33par des douanes à 200%
00:38:34ce que je crois sincèrement
00:38:35c'est que la clé
00:38:36pour tous les accords commerciaux
00:38:38tous les accords commerciaux
00:38:39c'est l'équilibre
00:38:40et c'est la justice
00:38:41il n'est pas acceptable
00:38:43aujourd'hui
00:38:44que finalement
00:38:45on se dise
00:38:45quand on fait un accord
00:38:46avec un pays
00:38:47d'une certaine manière
00:38:48on sacrifie nos agriculteurs
00:38:50parce qu'on a envie
00:38:51d'avantager le secteur
00:38:52de l'automobile
00:38:53il faut qu'on arrive
00:38:54tout le temps
00:38:54à créer des choses
00:38:55qui soient équilibrées
00:38:56parce que l'Europe
00:38:57elle est forte de ses valeurs
00:38:59elle est forte de ses emplois
00:39:00et de ses métiers
00:39:01de ses industries
00:39:02quelles qu'elles soient
00:39:03et ce que vous évoquez
00:39:04sur les cosmétiques
00:39:05vous avez raison
00:39:06c'est une fierté
00:39:06pour nous d'avoir tout ça
00:39:07c'est un patrimoine
00:39:08français et européen
00:39:10toutes ces entreprises
00:39:11donc nous l'objectif
00:39:12c'est évidemment
00:39:13que vous puissiez être
00:39:14encore plus florissant demain
00:39:15mais pour autant
00:39:17j'ai pas envie
00:39:18qu'on tombe dans le piège
00:39:19finalement
00:39:19de vous faire baisser
00:39:20en qualité
00:39:21parce qu'on se dirait
00:39:22que c'est ça le chemin
00:39:22de la simplification
00:39:23et de la même manière
00:39:25il faut qu'on arrive
00:39:25à construire
00:39:26des accords commerciaux
00:39:27qui soient équitables
00:39:28mais pour ça
00:39:29ça demande de la volonté politique
00:39:30parce que sincèrement
00:39:32moi ce que je vois aussi
00:39:33beaucoup à la tête
00:39:34de la commission européenne
00:39:35et parfois
00:39:36au parlement européen
00:39:37c'est qu'on se dit
00:39:38il y a le dogme
00:39:39de on doit faire
00:39:39plein de traités
00:39:40on doit faire
00:39:40des accords commerciaux
00:39:41etc.
00:39:42du coup parfois
00:39:42on les fait vite
00:39:43on les fait un peu
00:39:44n'importe comment
00:39:44on consulte pas assez
00:39:46réellement
00:39:46les entreprises
00:39:47on regarde pas
00:39:48les conséquences
00:39:48sur l'emploi
00:39:49on regarde pas
00:39:49les conséquences
00:39:50sur notre environnement
00:39:51on regarde pas
00:39:52les conséquences
00:39:53sur le social
00:39:54et sur finalement
00:39:55ce que ça veut dire
00:39:56pour les salaires
00:39:56pour tout ça
00:39:57moi j'ai envie
00:39:58qu'on se dise
00:39:58demain on est capable
00:39:59d'avoir encore
00:40:00des accords
00:40:01mais ils doivent être justes
00:40:03c'est ça aussi
00:40:03le choc de souveraineté
00:40:05européenne dont on parle
00:40:06c'est qu'il faut
00:40:07que les européens
00:40:08ils se disent
00:40:08l'Europe elle nous sert
00:40:09à quelque chose
00:40:10et c'est à la fois
00:40:11être riche
00:40:11et être puissant
00:40:12mais c'est aussi
00:40:13vivre dans un continent
00:40:14qui est juste
00:40:14il y a un autre secteur
00:40:15qui souffre en ce moment
00:40:16c'est l'humanitaire
00:40:17et vous teniez
00:40:18à être avec nous
00:40:18ce soir
00:40:19Kevin
00:40:20bonsoir Kevin
00:40:21alors vous dirigez
00:40:23l'ONG
00:40:23Solidarité Internationale
00:40:25d'abord
00:40:25est-ce que vous pouvez
00:40:26nous dire
00:40:26quelles sont vos missions
00:40:27bien sûr
00:40:28on intervient dans
00:40:2925 pays en crise
00:40:30ceux qui connaissent
00:40:32les crises les plus sévères
00:40:33et on vient
00:40:34dans l'accès à l'eau
00:40:36pour les personnes
00:40:36qui en sont dépourvues
00:40:37mais aussi sur les questions
00:40:38d'alimentaire
00:40:39la lutte contre les famines
00:40:40et l'habitat
00:40:41il y a pile un an
00:40:44Donald Trump
00:40:45a suspendu
00:40:46le financement
00:40:46américain
00:40:47de l'aide internationale
00:40:48avec quelles conséquences
00:40:50un an plus tard
00:40:51pour votre travail
00:40:52et sur vos missions
00:40:53alors il se trouve
00:40:54que les Etats-Unis
00:40:55avaient un rôle
00:40:55tout à fait prépondérant
00:40:56dans l'aide humanitaire mondiale
00:40:58qui couvrait pour plus de 40%
00:40:59des besoins mondiaux
00:41:00en financement
00:41:01et il y a pile un an
00:41:02effectivement
00:41:03Donald Trump
00:41:04a décidé
00:41:04de suspendre
00:41:06radicalement
00:41:06et d'un seul coup
00:41:07l'ensemble
00:41:08des mécanismes
00:41:09de soutien
00:41:10que les Etats-Unis
00:41:10avaient mis en place
00:41:11ça a été un choc majeur
00:41:13pour l'ensemble du secteur
00:41:14mais aussi
00:41:15et surtout
00:41:15pour les personnes
00:41:16qui dépendent
00:41:17de cette aide au quotidien
00:41:18pour leur propre survie
00:41:19nous on est présent
00:41:20dans des zones
00:41:20comme le Soudan
00:41:21comme Gaza
00:41:21comme l'Ukraine
00:41:22comme le Myanmar
00:41:23des endroits
00:41:24où la guerre
00:41:24elle frappe au quotidien
00:41:25et les personnes
00:41:27qui perdent tout
00:41:27du jour au lendemain
00:41:28du fait de ce conflit
00:41:29elles ont besoin
00:41:30d'un soutien
00:41:30d'un tiers
00:41:31d'un soutien international
00:41:32pour simplement
00:41:33pouvoir survivre
00:41:35La baisse de cette aide
00:41:36elle vous a conduit
00:41:37à arrêter
00:41:38certaines missions
00:41:39à ne plus aller
00:41:41sur certains terrains
00:41:42A date
00:41:42on a réussi
00:41:43à se maintenir
00:41:43dans nos 25 pays
00:41:44notamment parce que
00:41:46l'Union Européenne
00:41:47a été un acteur
00:41:48qui dans un certain
00:41:48nombre de pays
00:41:49a été en mesure
00:41:50de soutenir
00:41:51la continuité
00:41:51de nos opérations
00:41:52pour autant
00:41:53on a bien dû
00:41:53arrêter dans certaines
00:41:54des zones
00:41:55dans lesquelles on intervenait
00:41:56dans ces pays
00:41:56notamment celles
00:41:57où les Etats-Unis
00:41:58se sont complètement désengagés
00:41:59j'ai en tête par exemple
00:42:00l'Afghanistan
00:42:00encore le Yémen
00:42:01en tout on a calculé
00:42:02que rien que sur l'année 2025
00:42:04c'est 300 000 personnes
00:42:05qu'on a aidées en moins
00:42:06du fait du retrait américain
00:42:08Alors
00:42:09vous avez face à vous
00:42:103 euros députés
00:42:11vous venez de vanter
00:42:13justement
00:42:13les mérites
00:42:14de l'Union Européenne
00:42:15pour l'action humanitaire
00:42:17mais
00:42:17c'est un combat
00:42:18qu'il faut mener tous les jours
00:42:19est-ce que c'est un angle mort
00:42:21et est-ce qu'il s'est passé
00:42:21cette semaine
00:42:22ou vous a fait peur ?
00:42:24Justement
00:42:24c'était peut-être une question
00:42:25que j'avais envie de vous poser
00:42:26on est effectivement
00:42:28à un moment
00:42:28où on a le sentiment
00:42:29que l'ordre mondial
00:42:30qui était fondé
00:42:31sur un certain nombre de règles
00:42:32et qui était déjà
00:42:33l'objet de
00:42:34remise en question
00:42:35et peut-être
00:42:35d'application
00:42:36parfois inégale
00:42:38entre différentes zones du monde
00:42:39cet ordre
00:42:40il est en train de s'effriter
00:42:41et par ailleurs
00:42:42l'une de ses composantes
00:42:43que sont les Nations Unies
00:42:44fait l'objet d'attaque
00:42:45assez forte
00:42:45de la part
00:42:46d'un des acteurs clés
00:42:47de leur constitution
00:42:48on a beaucoup parlé
00:42:49jusqu'à présent
00:42:50de la partie
00:42:51je dirais
00:42:51souveraineté de l'Europe
00:42:52et la façon
00:42:52que l'Union Européenne
00:42:53peut venir en appui
00:42:54en soutien des Européens
00:42:55l'Union Européenne
00:42:56elle est aussi
00:42:57actrice
00:42:58au niveau de la scène mondiale
00:42:59et c'est un acteur clé
00:43:01aujourd'hui
00:43:01de l'aide humanitaire
00:43:02du fait du retrait américain
00:43:03elle est devenue
00:43:04le premier acteur mondial
00:43:05de l'humanitaire
00:43:06et l'humanitaire
00:43:07ça nous concerne tous
00:43:08puisque ce qui se passe
00:43:09aujourd'hui
00:43:09dans ces pays en crise
00:43:10pour les 240 millions
00:43:12de personnes
00:43:13qui ont besoin d'aide
00:43:14ça peut avoir
00:43:15des répercussions
00:43:16sur l'ensemble de la planète
00:43:17parce que si on n'est pas
00:43:18en soutien
00:43:18la déstabilisation
00:43:19elle s'étend
00:43:20et les problématiques
00:43:21qu'elles soient sanitaires
00:43:22ou de déplacements forcés
00:43:24concrètement
00:43:24elles vont toucher
00:43:25d'autres pays
00:43:25et donc aussi
00:43:26à un moment ou l'autre
00:43:27elles nous concernent
00:43:28en tant qu'Européens
00:43:28on est à un moment
00:43:30où l'Union Européenne
00:43:30commence à réfléchir
00:43:31au grand changement budgétaire
00:43:32qu'elle veut
00:43:33pour les prochaines années
00:43:34notamment dans une négociation
00:43:35qui je pense
00:43:36va beaucoup vous occuper
00:43:37qui est celle du cadre
00:43:38financier pluriannuel de l'UE
00:43:39et dans ce cadre-là
00:43:40la question du poids
00:43:42que l'Union Européenne
00:43:43veut donner
00:43:43à son pouvoir
00:43:44d'acteur humanitaire
00:43:45elle va être absolument clé
00:43:46et donc j'ai envie
00:43:47de vous demander
00:43:48est-ce que dans le regard
00:43:49que vous avez
00:43:49sur cet acteur clé
00:43:51de l'humanitaire
00:43:52et la façon
00:43:52dont l'Union Européenne
00:43:53peut faire que
00:43:54les règles
00:43:54de l'état de droit
00:43:56et les règles
00:43:56des principes humanitaires
00:43:57du droit international
00:43:58humanitaire
00:43:59qui pour nous
00:44:00doivent primer
00:44:01autour de la planète
00:44:01est-ce que c'est des choses
00:44:02que vous êtes prêts
00:44:02à défendre
00:44:03au sein de vos
00:44:04différentes responsabilités
00:44:05Alors je commence
00:44:08ce que vous dites
00:44:09c'est que ça participe
00:44:11à la création du chaos
00:44:12qu'a voulu Donald Trump
00:44:13c'est-à-dire
00:44:13on n'aide plus
00:44:14les plus pauvres
00:44:15parce qu'il n'y a pas
00:44:16de raison qui nous coûte cher
00:44:17c'est un principe
00:44:18d'inéquité totale
00:44:19qu'il a mis sur la table
00:44:21malheureusement
00:44:23ce prisme
00:44:23il est beaucoup repris
00:44:25par les populistes
00:44:26et l'extrême droite
00:44:27au sein même
00:44:27de l'Union Européenne
00:44:28pourquoi ?
00:44:29parce qu'on n'a pas
00:44:31à dépenser
00:44:32pour les pays en développement
00:44:33il n'y a pas de raison
00:44:35qu'on le fasse
00:44:35et d'ailleurs
00:44:36moi j'ai été très choquée
00:44:37au Parlement européen
00:44:39puisque nous avons voté
00:44:40il y a peu de temps
00:44:41une résolution
00:44:41sur l'aide au développement
00:44:42qui a été rejetée
00:44:44par la droite
00:44:44et l'extrême droite
00:44:45pourquoi ?
00:44:46parce que
00:44:46ça voulait dire
00:44:47tout d'un coup
00:44:49on allait dépenser
00:44:50notre argent
00:44:51pour eux là-bas
00:44:52voilà
00:44:52c'est affreux
00:44:53mais c'est comme ça
00:44:54on va donner la parole
00:44:55à la défense
00:44:55peut-être sur ce point
00:44:56non mais juste
00:44:57je voulais dire ça
00:44:57je voulais dire ça
00:44:58c'est parce que c'est important
00:44:59or en effet
00:45:01comme vous dites
00:45:01c'est la première solution
00:45:03pour à la fois aider
00:45:05ces pays
00:45:07et ces peuples
00:45:07qui en ont besoin
00:45:08pour intervenir
00:45:09sur des théâtres de guerre
00:45:10mais à la fois
00:45:11pour nous aussi
00:45:12résoudre certains problèmes
00:45:14tels que
00:45:14les problèmes migratoires
00:45:16les problèmes de santé
00:45:17avec
00:45:18on a vu
00:45:19ce qui nous a touchés
00:45:20pendant le Covid
00:45:21c'est-à-dire intervenir
00:45:22sur le regain
00:45:23on voit le retour
00:45:24du développement
00:45:26du HIV
00:45:26aujourd'hui
00:45:27qui avance
00:45:28de manière galopante
00:45:29tout ça
00:45:29c'est la santé globale
00:45:32c'est un équilibre
00:45:32global du monde
00:45:33là où l'Union Européenne
00:45:35doit absolument
00:45:35jouer toute sa place
00:45:37et je dirais
00:45:37jouer toute sa place
00:45:38alors vous dites
00:45:39les Etats-Unis
00:45:40ont choisi de couper
00:45:40mais choisi
00:45:41faire toute sa place
00:45:42par rapport
00:45:43à la Chine
00:45:45par exemple
00:45:45qui prend beaucoup
00:45:46d'influence
00:45:46en Afrique notamment
00:45:47et donc c'est aussi
00:45:48une question de souveraineté
00:45:49mais malheureusement
00:45:51c'est instruit
00:45:52de manière très défavorable
00:45:54par ces parties
00:45:57qui montent
00:45:57de droite
00:45:57et d'extrême droite
00:45:58parce que tout d'un coup
00:45:59on stigmatise l'autre
00:46:00Pierre Romain Thionnet
00:46:01je vais répondre à la fois
00:46:02à l'intervenant précédent
00:46:04et à monsieur
00:46:04très rapidement
00:46:05puisque ma collègue socialiste
00:46:07vous remercie
00:46:08pour votre témoignage
00:46:09mais en décembre dernier
00:46:10en plénière
00:46:10elle avait l'occasion
00:46:11de vous apporter un soutien
00:46:12parce qu'il y a eu
00:46:13la directive omnibus
00:46:14au Parlement européen
00:46:15qui visait justement
00:46:16à s'en prendre
00:46:19aux normes
00:46:20à la CSRD
00:46:21notamment aux normes
00:46:22de reporting
00:46:23à la question des seuils
00:46:24aussi chez les entreprises
00:46:25qui posent un certain nombre
00:46:26de problèmes
00:46:26lorsqu'on a atteint
00:46:27certains seuils
00:46:28on passe immédiatement
00:46:29dans des catégories supérieures
00:46:30plus difficiles
00:46:31en termes de normes
00:46:31etc.
00:46:32et le Parlement européen
00:46:33a voté
00:46:34une directive omnibus
00:46:35favorablement
00:46:36mon groupe l'a voté
00:46:37la droite l'a voté
00:46:37les deux représentants
00:46:39ici présentes
00:46:39ont voté contre
00:46:40puisque justement
00:46:41s'opposer
00:46:42à cet abaissement
00:46:43de certaines normes
00:46:44qui pèsent sur les entreprises
00:46:45je tenais à répondre
00:46:46puisqu'on explique
00:46:46qu'on empêche
00:46:47l'Union Européenne
00:46:48de fonctionner
00:46:49qu'on empêche
00:46:50cette puissance européenne
00:46:52en l'occurrence
00:46:52sur les aspects
00:46:53réindustrialisation
00:46:54puissance économique
00:46:55normes
00:46:56il y a une partie
00:46:57de l'hémicycle
00:46:58la gauche notamment
00:46:59qui refuse
00:46:59d'aller au soutien
00:47:01de nos entreprises
00:47:01sur ce sujet
00:47:02sur la question
00:47:03de l'aide internationale
00:47:04je ne voudrais vraiment pas
00:47:05qu'on caricature
00:47:06ce débat entre les gentils
00:47:07et les méchants
00:47:07je crois qu'évidemment
00:47:09personne ne remet en cause
00:47:10l'importance de l'aide humanitaire
00:47:12encore plus
00:47:12sur les théâtres de guerre
00:47:13je crois que ça
00:47:14c'est certainement pas
00:47:14une question de débat
00:47:15et le texte que vous évoquez
00:47:17n'allez certainement pas
00:47:18dans ce sens là
00:47:19en revanche
00:47:19nous ce qu'on considère
00:47:21bien sûr
00:47:21c'est qu'il y a
00:47:23sur certains aspects
00:47:24un gaspillage
00:47:25de l'argent public
00:47:25en termes à la fois
00:47:26de l'aide au développement
00:47:27vis-à-vis de certains pays
00:47:29qui ne font pas d'efforts
00:47:30vis-à-vis de nous
00:47:30notamment
00:47:31je pense à certains pays
00:47:33qui ne reprennent pas
00:47:34leurs ressortissants étrangers
00:47:35lorsqu'il y a des expulsions
00:47:37du territoire national
00:47:38donc je crois que ça peut être
00:47:39un levier justement
00:47:40de dissuasion
00:47:41et de discussion
00:47:42avec ces pays
00:47:43pour leur dire
00:47:44il y a un partenariat
00:47:45et notamment
00:47:46les textes qu'on vote
00:47:46au Parlement européen
00:47:47vis-à-vis sur les enjeux migratoires
00:47:49on peut bloquer
00:47:50l'aide au développement
00:47:51si de l'autre côté
00:47:52il n'y a pas aussi
00:47:52des échanges de bons procédés
00:47:54de ces pays
00:47:55envers les nôtres
00:47:55pour reprendre leurs ressortissants
00:47:57et un certain nombre aussi
00:47:58de gaspillage
00:47:59dans l'aide au développement
00:48:00c'est-à-dire que nous
00:48:01ce qu'on demande
00:48:01c'est de faire
00:48:02non pas un moratoire
00:48:03non pas de cesser toute aide
00:48:04mais de regarder
00:48:05et de mieux réguler
00:48:07parce qu'il y a un certain nombre
00:48:08d'associations
00:48:08qui sont parfois aidées
00:48:09sans vraiment regard
00:48:11sur la façon
00:48:12dont ces fonds sont utilisés
00:48:13il y a eu certaines polémiques
00:48:15notamment à Gaza
00:48:16alors nous
00:48:17nous ne sommes pas du tout
00:48:17favorables à supprimer
00:48:19l'aide humanitaire à Gaza
00:48:19mais il y a eu quand même
00:48:21des polémiques
00:48:21à certaines associations
00:48:22qui étaient en Palestine
00:48:24et à Gaza notamment
00:48:25où il y avait des liens aussi
00:48:26avec certains terroristes
00:48:27du Hamas
00:48:27voilà ce genre de choses
00:48:29qu'on veut faire
00:48:29c'est-à-dire
00:48:30faire un état des lieux
00:48:32de l'aide au développement
00:48:33qui peut être
00:48:34dépensé aujourd'hui
00:48:36et se dire
00:48:37là où il y a des abus
00:48:38et là où elles sont
00:48:38parfaitement légitimes
00:48:39donc il était à deux guerres
00:48:41l'Ukraine notamment
00:48:42je crois que là
00:48:42il n'y a pas de questions
00:48:43je ne suis pas certaine
00:48:44que ça vous mettra d'accord
00:48:44mais je vais vous donner
00:48:45le tableau justement
00:48:47de l'aide au développement
00:48:47américaine qui a été coupée
00:48:49Kevin vous le notiez
00:48:50USAID qui était vraiment
00:48:51l'organisme
00:48:52qui permettait aux ONG
00:48:54américaines de pouvoir
00:48:55venir en aide
00:48:56aux populations
00:48:57à l'étranger
00:48:58c'est donc l'aide au développement
00:48:59et humanitaire encore une fois
00:49:00les financements étaient
00:49:01purement et simplement coupés
00:49:02en effet il y a une résurgence
00:49:04du HIV aujourd'hui
00:49:05dans les endroits
00:49:06où les ONG américaines
00:49:08opéraient avant
00:49:09et tout ça a été fait
00:49:10pour l'administration Trump
00:49:12au nom de
00:49:12America First
00:49:13l'Amérique d'abord
00:49:14on trouvait que l'aide au développement
00:49:15ne permettait pas
00:49:16de pouvoir justifier
00:49:18ce fait de pouvoir
00:49:19défendre d'abord
00:49:20des intérêts américains
00:49:21résultat en effet
00:49:23il y a un soft power
00:49:23qui est perdu en Afrique
00:49:25en ce moment
00:49:25par les Etats-Unis
00:49:26au profit de la Chine
00:49:27et quand on s'interroge
00:49:30sur l'aide au développement
00:49:30je vais sortir de l'Union Européenne
00:49:32je vais aller regarder
00:49:33ce qui se passe du côté
00:49:33du Royaume-Uni
00:49:34Keir Sammer lui-même
00:49:36pour pouvoir financer
00:49:37l'augmentation du budget
00:49:39de défense
00:49:39du Royaume-Uni
00:49:40à hauteur
00:49:41de 2,7%
00:49:42du PIB
00:49:43d'ici 2027
00:49:44est allé couper
00:49:45dans quoi ?
00:49:46L'aide au développement
00:49:46donc ça veut dire
00:49:47que l'aide au développement
00:49:48devient une variable
00:49:49absolument
00:49:50et qu'on peut couper
00:49:51à tout moment
00:49:52en dépit
00:49:52en effet
00:49:53des équilibres
00:49:54de santé
00:49:54humanitaire
00:49:55et
00:49:56pardon de le dire
00:49:57encore une fois
00:49:57mais c'est vraiment
00:49:58du soft power
00:49:58c'est vraiment
00:49:59de l'influence
00:50:00positive
00:50:00qui peut être construite
00:50:01par les Etats
00:50:02et à un moment donné
00:50:03où les impérialismes
00:50:04jouent les uns
00:50:05contre les autres
00:50:05ça peut en effet
00:50:06être un élément
00:50:07Je voulais rebondir
00:50:08déjà pour dire
00:50:09pourquoi est-ce que
00:50:10finalement c'est important
00:50:11pour nous
00:50:11cette aide au développement
00:50:12pourquoi est-ce que
00:50:13c'est important
00:50:13de soutenir
00:50:14de continuer à soutenir
00:50:15ces organisations
00:50:17qui aujourd'hui
00:50:17font de l'aide humanitaire
00:50:18d'abord parce que
00:50:20tout à l'heure
00:50:20on parlait de défense européenne
00:50:21et que je disais
00:50:23pour avoir une défense
00:50:24européenne efficace
00:50:24il faut savoir
00:50:25ce qu'on défend
00:50:25et bien moi je pense
00:50:26qu'on défend aussi
00:50:27des valeurs
00:50:27on défend aussi des valeurs
00:50:29on défend une vision
00:50:30du monde
00:50:31qui est universaliste
00:50:32où on dit
00:50:33qu'un humain
00:50:34une vie
00:50:35ça vaut une vie
00:50:36que c'est pas normal
00:50:37que des enfants
00:50:39comme c'est le cas
00:50:39de beaucoup trop
00:50:40d'enfants dans le monde
00:50:41aujourd'hui
00:50:41soient condamnés
00:50:43à la famine
00:50:44qu'aujourd'hui
00:50:45il y a encore
00:50:45beaucoup de zones du monde
00:50:46où il n'y a pas
00:50:46d'accès à l'eau potable
00:50:47et ça je dirais
00:50:48que c'est la première raison
00:50:49pourquoi c'est important
00:50:50c'est une raison de valeur
00:50:51peut-être que ça ne convaincra
00:50:52pas tout le monde
00:50:53moi en partie
00:50:54ça me convainc en tout cas
00:50:55la deuxième raison
00:50:56c'est un peu celle
00:50:57que vous avez évoquée
00:50:58c'est une raison
00:50:58qu'on pourrait qualifier
00:50:59de cynique
00:51:00alors je pense
00:51:01qu'elle n'est pas que cynique
00:51:02parce que c'est aussi
00:51:03d'ailleurs une question
00:51:04de valeur
00:51:04quand finalement
00:51:05on disparaît
00:51:07quand nous ne sommes pas là
00:51:09quand ces organisations
00:51:10que vous représentez
00:51:11ne sont pas là
00:51:11la réalité c'est que
00:51:13la nature
00:51:13elle a horreur du vide
00:51:14elle a horreur du vide
00:51:16et quand c'est pas
00:51:17des organisations
00:51:17qui prônent
00:51:18des valeurs démocratiques
00:51:19qui sont présentes
00:51:20et bien ça devient
00:51:22des organisations
00:51:23qui portent
00:51:24des idées totalitaires
00:51:25ou parfois
00:51:26des intégristes religieux
00:51:28qui prennent
00:51:28cette place
00:51:29cette place là
00:51:29et moi je ne trouve
00:51:30pas ça satisfaisant
00:51:31je ne crois pas en ça
00:51:32ce n'est pas les valeurs
00:51:33auxquelles je crois
00:51:34et enfin
00:51:35j'ai envie de le dire ainsi
00:51:36parce que
00:51:37le sujet budgétaire
00:51:38ce n'est pas un petit sujet
00:51:39parce qu'évidemment
00:51:40en ce moment
00:51:41tout est une question
00:51:42de sous
00:51:42et donc de priorité
00:51:44qu'est-ce qu'on choisit
00:51:45de faire
00:51:45aujourd'hui typiquement
00:51:47pour la défense européenne
00:51:48et moi encore une fois
00:51:49j'y crois
00:51:50je crois à cette défense
00:51:51européenne
00:51:51je pense qu'il faut
00:51:52investir dans notre défense
00:51:53dans notre armée
00:51:53dans nos munitions
00:51:54on dit du coup
00:51:55où est-ce qu'on va
00:51:56trouver cet argent
00:51:57la facilité de certains
00:51:59qui portaient notamment
00:51:59à la droite
00:52:00de l'hémicycle
00:52:01au Parlement européen
00:52:02c'est de dire
00:52:03on va aller taper
00:52:03dans ce qu'on appelle
00:52:04les fonds de cohésion
00:52:06c'est-à-dire en fait
00:52:07l'argent qui va servir
00:52:08ensuite aux régions
00:52:08qui va servir
00:52:09de faire des investissements
00:52:10pour plein de choses
00:52:11des infrastructures
00:52:12le social etc
00:52:13moi je n'y crois pas
00:52:15parce qu'encore une fois
00:52:16je pense que
00:52:16si on veut défendre quelque chose
00:52:17il faut qu'on sache
00:52:17ce qu'on veut défendre
00:52:19et l'Europe
00:52:19pour moi elle n'a pas de sens
00:52:20si elle n'est pas sociale
00:52:21si elle n'est pas écologique
00:52:22si elle n'est pas tout ça
00:52:23et donc oui le sujet
00:52:24c'est l'argent
00:52:24et donc il faut plus de sous
00:52:26il faut des ressources propres
00:52:28c'est ce que nous
00:52:28on dit depuis longtemps
00:52:29alors il y a plein de moyens
00:52:30d'avoir des ressources propres
00:52:31il faut juste qu'on choisisse
00:52:32dans le rapport Draghi
00:52:33qui a fait beaucoup parler de lui
00:52:34on parlait de faire
00:52:35des emprunts communs
00:52:37on peut aussi dire
00:52:38qu'il faut taxer les plus riches
00:52:39nous c'est ce qu'on avait proposé
00:52:40avec les socialistes
00:52:42et franchement
00:52:43Laurence je sais qu'elle n'est pas
00:52:44forcément d'accord
00:52:45avec l'idée d'avoir
00:52:45de la taxation des plus riches
00:52:46mais la réalité elle est là
00:52:48c'est que si on veut vraiment
00:52:49pour les bons accords commerciaux
00:52:50et on est adversaire
00:52:53même si on arrive à se parler
00:52:54mais j'ai envie de le dire
00:52:55oui en effet
00:52:56ce serait hypocrite
00:52:57de dire qu'on veut plus de budget
00:52:58pour ça
00:52:59plus de budget pour ci
00:53:00qu'on veut conserver
00:53:01si en fait on ne dit pas aussi
00:53:02est-ce que réellement
00:53:03on veut plus de budget
00:53:03pour l'Union Européenne
00:53:04Noé
00:53:05je voudrais prendre la parole
00:53:06Noé
00:53:06je voudrais juste rebondir
00:53:07sur la question
00:53:09donc des Etats-Unis
00:53:10tout à l'heure
00:53:12vous l'avez même évoqué
00:53:13tout le monde l'a un petit peu
00:53:14évoqué sur ce plateau
00:53:15aujourd'hui
00:53:16c'est plus vraiment
00:53:17une question qu'on se pose
00:53:18si l'Europe veut se détacher
00:53:19aujourd'hui des Etats-Unis
00:53:20mais moi j'ai envie
00:53:22de vous poser
00:53:23une simple question
00:53:23est-ce qu'elle en a
00:53:24la capacité réellement
00:53:26vous qui êtes député européen
00:53:28est-ce que vous pouvez
00:53:28nous en parler de cela
00:53:30est-ce que
00:53:31c'est pas finalement
00:53:32un petit peu une utopie
00:53:33de vouloir se séparer
00:53:35comme ça
00:53:35d'un pays si fort
00:53:37dans le cadre international
00:53:39on ne veut pas se séparer
00:53:40on veut
00:53:41se faire entendre
00:53:43et se faire respecter
00:53:44or
00:53:45on l'a vu
00:53:46on est capable
00:53:47de faire reculer
00:53:48Donald Trump
00:53:49ne sera pas éternel
00:53:50peut-être
00:53:51on aura d'autres organisations
00:53:52mais il faut
00:53:52on a 450 millions
00:53:55de citoyens
00:53:56on est un marché
00:53:57très mûr
00:53:58riche
00:53:58c'est une zone riche
00:54:00du monde
00:54:00donc on ne peut pas
00:54:01s'en passer comme ça
00:54:02et on l'a vu
00:54:02avec le recul
00:54:03de Donald Trump
00:54:04sur le Groenland
00:54:04par ailleurs
00:54:05oui on a du retard
00:54:08mais on a des atouts
00:54:09on l'a vu tout à l'heure
00:54:10avec les entreprises
00:54:11que vous représentez
00:54:12que ce soit
00:54:12dans les domaines
00:54:13des industries d'excellence
00:54:15du luxe
00:54:16du prestige
00:54:16de l'agroalimentaire
00:54:17mais aussi
00:54:18en matière d'innovation
00:54:20on est à l'avant-poste
00:54:22on a maintenant
00:54:23des problèmes
00:54:24d'investissement
00:54:25donc c'est
00:54:26cette capacité
00:54:27à pouvoir réunir
00:54:28des investissements
00:54:28majeurs
00:54:29et on l'a vu
00:54:30rapport Draghi
00:54:30qui nous demande
00:54:31de mettre 800 milliards
00:54:32on est en retard
00:54:33il faut que les dirigeants
00:54:35européens
00:54:35prennent leurs responsabilités
00:54:37et peut-être
00:54:38que les égoïsmes
00:54:39vont disparaître
00:54:40pour qu'on puisse faire ça
00:54:41pour qu'on puisse
00:54:41investir en commun
00:54:42comme on l'a fait
00:54:44pendant le Covid
00:54:44et on a vu
00:54:45qu'on y arrivait
00:54:46ça veut dire parfois
00:54:47aussi réformer
00:54:48nos institutions européennes
00:54:49qui ne décident pas très vite
00:54:50et elles devraient pouvoir
00:54:51le faire beaucoup plus vite
00:54:52for sure
00:54:53comme dit Emmanuel Macron
00:54:55il faut avancer
00:54:56plus rapidement
00:54:57mais on a les atouts
00:54:59on a les atouts aussi
00:55:00en termes réglementaires
00:55:01alors pour revenir
00:55:02à la question de l'entreprise
00:55:03on avance sur un concept
00:55:06qui s'appelle
00:55:06le 28ème régime
00:55:07pour les entreprises
00:55:08qu'est-ce que ça veut dire
00:55:09ça veut dire qu'aujourd'hui
00:55:10on va créer un régime
00:55:11qui va s'adapter
00:55:12à l'ensemble
00:55:13de l'Union européenne
00:55:14quand on veut créer
00:55:15une entreprise
00:55:15une entreprise innovante
00:55:16ou non
00:55:17et se développer
00:55:18ou implémenter
00:55:19une innovation par exemple
00:55:20et ça ce sera
00:55:20un véritable atout
00:55:21une véritable accélération
00:55:23donc on a
00:55:24les capacités
00:55:25de recherche
00:55:26on a les capacités
00:55:27intellectuelles
00:55:28on a des industries
00:55:29d'excellence
00:55:30on a un terroir
00:55:31on a une culture
00:55:32et j'ai envie de rajouter
00:55:33et on a nous
00:55:34moi je m'interroge aussi
00:55:37sur quel rôle
00:55:38le citoyen peut jouer
00:55:39on parlait de soft power
00:55:40tout à l'heure
00:55:41il se trouve que cet été
00:55:41il y a une coupe du monde
00:55:42de football
00:55:43qui va se dérouler
00:55:43aux Etats-Unis
00:55:44on commence à sentir monter
00:55:46une petite musique
00:55:47d'un éventuel boycott
00:55:49moi je voulais savoir
00:55:51qui parmi vous
00:55:51est allé aux Etats-Unis
00:55:52ces derniers temps
00:55:53parce qu'il se trouve
00:55:54que les tours opérateurs
00:55:55viennent de publier
00:55:57hier des chiffres
00:55:58qui montrent
00:55:59que les voyages organisés
00:56:01de la France
00:56:01vers les Etats-Unis
00:56:02ont baissé l'an dernier
00:56:03de 15%
00:56:04et le patron des tours opérateurs
00:56:05dit indéniablement
00:56:06il y a un effet Trump
00:56:07et 28% de touristes européens
00:56:09je crois en tout
00:56:10sur la programmation
00:56:12des réservations
00:56:13pour l'été prochain
00:56:14en effet
00:56:14à mois constant
00:56:17l'année dernière
00:56:18à la même époque
00:56:18il y avait en effet
00:56:1930% de réservation en plus
00:56:21donc là on a 30%
00:56:21de réservation
00:56:22en moins pour cet été
00:56:23en effet
00:56:24coupe du monde FIFA
00:56:252026
00:56:26qui vont se dérouler
00:56:26dans 11 villes
00:56:27hautes américaines
00:56:29sur l'ensemble
00:56:29de cette coupe du monde
00:56:31il y a aussi le Canada
00:56:31il y a aussi le Mexique
00:56:33mais il y a de vraies
00:56:34questions qui se posent
00:56:35notamment dans la mesure
00:56:36où vous le savez
00:56:37Donald Trump
00:56:38menace d'invoquer
00:56:39ce qu'on appelle
00:56:40le Insurrection Act
00:56:41de 1807
00:56:42on va passer par un peu
00:56:43de constitution américaine
00:56:44de 1807
00:56:45c'est pour ça que vous êtes
00:56:46la marge
00:56:46pour finalement
00:56:48si j'utilise le langage
00:56:50Trumpien
00:56:51en la matière
00:56:52aller mater la rébellion
00:56:53démocrate
00:56:53dans des villes
00:56:54comme Minneapolis
00:56:55dans l'état du Minnesota
00:56:56pourquoi pas dans l'Oregon
00:56:58à Portland
00:56:58ou pourquoi pas
00:56:59comme il pourrait menacer
00:57:01de le faire
00:57:01en Californie
00:57:02chez Gavin Newsom
00:57:03c'est très compliqué
00:57:04ça veut dire que
00:57:04potentiellement
00:57:05on va se retrouver
00:57:06dans un moment
00:57:07où des villes hautes
00:57:08Los Angeles par exemple
00:57:09en étude
00:57:10on aurait un afflux
00:57:13de touristes
00:57:14et de supporters
00:57:14pour la coupe du monde
00:57:15confrontés à des situations
00:57:16délicates sur le terrain
00:57:18mais je voudrais faire
00:57:19un petit sondage parmi vous
00:57:20ça vous passe l'envie
00:57:21d'aller aux Etats-Unis
00:57:21dans les prochains mois
00:57:22parce qu'en plus
00:57:22il y a une inflation
00:57:23qui fait que
00:57:24le moindre verre de vin
00:57:25coûte 25 dollars
00:57:26ça veut dire que
00:57:27le déplacement
00:57:28pour des supporters
00:57:29de la coupe du monde
00:57:30va être extrêmement élevé
00:57:31mais réellement
00:57:32c'est un petit PE
00:57:33à l'achat
00:57:34qui veut prendre la parole
00:57:36sur ce thème
00:57:37plein de gens
00:57:39justement
00:57:41ça nous concerne
00:57:43nous
00:57:43en tant que membre
00:57:44de mon association
00:57:45GEMONU
00:57:46parce qu'on participe
00:57:47à un voyage
00:57:48à New York
00:57:50pour faire des simulations
00:57:51onusiennes
00:57:51et
00:57:52cette question des coûts
00:57:54et de l'inflation
00:57:55comme vous le mentionnez
00:57:56ça nous concerne
00:57:57je pense notamment
00:57:58juste à la demande
00:57:59ESTA
00:57:59qui a notamment
00:58:01augmenté
00:58:02c'est le document
00:58:03qu'il faut remplir
00:58:03avant d'aller aux Etats-Unis
00:58:04c'est ça
00:58:05et l'exemption de visa
00:58:06pour des raisons
00:58:06de séjour touristique
00:58:07exactement
00:58:07et pour nous étudiants
00:58:10certes on a l'école
00:58:11qui nous aide
00:58:11financièrement
00:58:13à participer à ce voyage
00:58:14mais vous avez ruiné
00:58:15l'école avec ce voyage
00:58:16en tout cas
00:58:18ça nous arrange
00:58:19et
00:58:20surtout
00:58:22les coûts
00:58:23pour ce voyage
00:58:25aux Etats-Unis
00:58:25qui est
00:58:26un peu
00:58:27déjà notre
00:58:27notre
00:58:30publicité pour l'assaut
00:58:31parce que c'est quand même
00:58:32assez exceptionnel
00:58:32de pouvoir faire ça
00:58:33vous avez une association
00:58:34où en fait
00:58:34vous faites
00:58:35des conseils de sécurité
00:58:36de l'ONU
00:58:37vous simulez
00:58:38c'est ça
00:58:38entre étudiants
00:58:39des conseils de sécurité
00:58:40de l'ONU
00:58:40alors vous vous êtes dit
00:58:41ce serait mieux
00:58:41de le faire sur place
00:58:42c'est ça
00:58:42c'est ce qu'on fait déjà
00:58:44depuis un certain temps
00:58:45d'ailleurs
00:58:465-6-7
00:58:46mais là ça coûte
00:58:46beaucoup plus cher qu'avant
00:58:47mais en tout cas
00:58:49oui
00:58:49les coûts
00:58:51pour la participation
00:58:52à cette simulation
00:58:53onusienne
00:58:53à New York
00:58:54ils ont explosé pour nous
00:58:55et pas seulement
00:58:56le coût du voyage
00:58:57mais le coût de la vie
00:58:57sur place en fait
00:58:58et ça
00:59:00peut nous poser
00:59:01question
00:59:02à peut-être
00:59:03changer nos destinations
00:59:04alors que c'était
00:59:06c'était pas du tout
00:59:08un sujet auparavant
00:59:09pour vous
00:59:10non voilà
00:59:10parce que c'était
00:59:11un des voyages
00:59:12sur lesquels on comptait
00:59:12énormément
00:59:13et qui nous
00:59:15fait aussi la réputation
00:59:16de notre association
00:59:17et donc
00:59:19oui forcément
00:59:20ça doit dissuader
00:59:21pas seulement nous
00:59:21mais tous les touristes
00:59:23qui souhaitent aller
00:59:24aux Etats-Unis
00:59:24et il y en a énormément
00:59:26c'est clair
00:59:28et je peux vous rejoindre
00:59:29qu'aujourd'hui
00:59:29pour plein de gens
00:59:30ça fait un peu peur
00:59:31en fait
00:59:31ce qui se passe aux Etats-Unis
00:59:32vous parliez du prix
00:59:33mais c'est quand même
00:59:35une démocratie
00:59:36qui est en train
00:59:36de s'effondrer
00:59:37là on a un peu
00:59:38l'impression
00:59:38d'un colosse
00:59:39au pied d'argile
00:59:39je pense que vous avez vu
00:59:41on n'a pas parlé
00:59:41des images de l'ice
00:59:42c'est ce que j'allais vous dire
00:59:43vous avez peut-être vu
00:59:44qu'un gamin de 5 ans
00:59:45qui a été
00:59:47mis en détention
00:59:49pour attirer son papa
00:59:50moi c'est des choses
00:59:52qui me choquent beaucoup
00:59:52et je le dis
00:59:53ça me choque d'autant plus
00:59:54que je pense que
00:59:55comme certains d'entre vous
00:59:56moi je suis d'une génération
00:59:57et j'ai quand même grandi
00:59:58avec une image
00:59:59des Etats-Unis
01:00:00j'exagérerais à peine
01:00:02en disant
01:00:02le fantasme
01:00:03à School Musical
01:00:04etc
01:00:05mais je veux dire
01:00:06on se dit quand même
01:00:07qu'on tombe un peu de haut
01:00:08et ça me fait vraiment
01:00:09de la peine
01:00:09alors certes
01:00:10on voit qu'il y a des
01:00:11poches de résistance
01:00:12nous on est là
01:00:13pour aussi les accompagner
01:00:15parce que
01:00:16en fait
01:00:16nous au Parlement européen
01:00:18et je tiens quand même
01:00:18à le dire
01:00:19on reçoit beaucoup
01:00:20d'Américains
01:00:21qui nous disent
01:00:22résister
01:00:22alors il n'y a même pas besoin
01:00:23d'aller jusqu'à Strasbourg
01:00:24figurez-vous
01:00:25nous on est allé rencontrer
01:00:26des Américains à Paris
01:00:27on voulait leur demander
01:00:28alors aussi bien des touristes
01:00:29que des Américains
01:00:29installés en France
01:00:31et vous allez les entendre
01:00:34dans ce reportage
01:00:34de Dario Borgogno
01:00:36et Eva Billion
01:00:37les clins d'oeil
01:00:41aux Etats-Unis
01:00:42sont partout dans la capitale
01:00:44symbole d'une histoire
01:00:45forte entre les deux pays
01:00:46pourtant
01:00:47compliqué de trouver
01:00:48un Américain
01:00:49pour s'exprimer
01:00:49sur son président
01:00:50et quand ils acceptent
01:00:52ils ont bien souvent
01:00:53cet avis
01:00:53c'est un dérangé
01:00:55un fou du roi
01:00:56il n'aurait pas dû
01:00:57être élu
01:00:58ni réélu
01:00:59maintenant c'est un danger
01:01:00pour tout le monde
01:01:00il représente un parti
01:01:02qui est déterminé
01:01:03à briser la paix
01:01:04et la coopération internationale
01:01:05tout le monde doit se préparer au pire
01:01:07un sentiment accentué récemment
01:01:10par les menaces du président
01:01:12sur le Groenland
01:01:13je pensais que l'époque
01:01:15de la colonisation
01:01:16était terminée
01:01:17mais il semblerait
01:01:20qu'on répète l'histoire
01:01:21d'une mauvaise manière
01:01:23je pense qu'il essaye
01:01:26de diviser le monde
01:01:27avec ses annonces
01:01:28de dernière minute
01:01:29comme avec le Groenland
01:01:30c'est pour ça
01:01:31que je suis venu étudier ici
01:01:32et pas en Amérique
01:01:33l'île de France
01:01:35compte plus de 17 000 étudiants américains
01:01:37compliqué pour eux
01:01:38d'être ici
01:01:38et de vivre à distance
01:01:40à travers leur famille
01:01:41les différents événements
01:01:42aux Etats-Unis
01:01:43c'est dur d'être à l'étranger
01:01:45avec cette situation géopolitique
01:01:47et cette année
01:01:47a été terrible pour nous
01:01:49avec tout ce qui s'est passé
01:01:50sur notre territoire
01:01:51avec ce néofascisme
01:01:52qui renaît
01:01:53largement critiqué
01:01:54par ces Américains
01:01:55vivant à Paris
01:01:56chez lui aussi
01:01:57Donald Trump
01:01:57perd en popularité
01:01:58il compte seulement
01:02:0043% d'opinions favorables
01:02:02après un an de mandat
01:02:03la statue de la liberté
01:02:05à Paris
01:02:06c'est terrible
01:02:06je ne sais pas vous
01:02:07mais en regardant le reportage
01:02:08je me disais
01:02:09mince ils ne vont pas pouvoir
01:02:09retourner aux Etats-Unis
01:02:10pourquoi ?
01:02:11parce que désormais
01:02:12même avec la procédure de l'ESTA
01:02:13dont vous parliez tout à l'heure
01:02:14il faut donner aux autorités américaines
01:02:17son historique
01:02:19des réseaux sociaux
01:02:20alors pour être tout à fait honnête
01:02:21et transparente
01:02:22avec l'administration Trump
01:02:23c'est une procédure
01:02:24qui ne date pas
01:02:24de l'administration Trump
01:02:25même pas de 2016
01:02:26mais qui date du Patriot Act
01:02:28passé après le 11 septembre
01:02:30sur le sol américain
01:02:31à l'époque il n'y avait pas Instagram
01:02:32non à l'époque il n'y avait pas Instagram
01:02:33mais il y avait quand même déjà
01:02:35des e-mails et des courriers électroniques
01:02:36et l'idée était en effet
01:02:39lorsqu'il y a un déplacement
01:02:40d'un citoyen étranger
01:02:41sur le sol américain
01:02:42de pouvoir avoir une traçabilité
01:02:44de ces activités
01:02:45et c'est une procédure
01:02:46que les administrations démocrates
01:02:48comme républicaines
01:02:48peuvent plus ou moins
01:02:50mettre en place
01:02:51en fonction des degrés
01:02:53de sécurité pour le pays
01:02:54il faut les accueillir
01:02:54les réfugiés politiques américains
01:02:56j'étais à Washington
01:02:57il y a quelques semaines
01:02:58avec la commission
01:02:59des libertés civiles
01:03:00dont je suis aussi membre
01:03:01on a pu aller à la rencontre
01:03:03de l'administration
01:03:03notamment de la justice américaine
01:03:05et moi j'ai été très claire
01:03:08mais comme l'ont été aussi
01:03:09certains de mes collègues
01:03:10nous ce qu'on défend
01:03:11c'est l'état de droit
01:03:12quand on voit des enfants
01:03:14être détenus
01:03:15quand on voit des citoyens américains
01:03:16être considérés
01:03:17comme d'une autre nationalité
01:03:18juste parce qu'ils ont
01:03:19une couleur de peau différente
01:03:20de celle qui est attendue
01:03:22par la police
01:03:22quand on voit aujourd'hui
01:03:24finalement tout ce qui est fait
01:03:27aux Etats-Unis
01:03:28par la police
01:03:28mais aussi ce qui est encouragé
01:03:30souvenez-vous
01:03:30de la suite
01:03:31de l'assassinat de Charlie Kerr
01:03:33qu'on a évidemment tous condamné
01:03:34aux Etats-Unis
01:03:35ce qui s'est passé
01:03:36ce qui s'est passé après
01:03:37où finalement
01:03:38on a eu l'administration de Trump
01:03:39qui pourtant adore
01:03:40la liberté d'expression
01:03:41qui est venue dire
01:03:42tous ceux qui ont parlé
01:03:43en mal de Charlie Kerr
01:03:44sur la réseau
01:03:44on va les condamner
01:03:45on leur a dit
01:03:45avec une grande fermeté
01:03:46que c'était impréable
01:03:47pour vous Pierre Romain Thionnet
01:03:48un dernier mot
01:03:49on a quasiment fini
01:03:50ça passe très vite
01:03:50il y a quand même
01:03:52une forme d'hystérisation
01:03:53là-dessus
01:03:53je crois qu'il y a aussi
01:03:54des mauvais perdants
01:03:55aux Etats-Unis d'Amérique
01:03:56les démocrates ont été battus
01:03:58il faut respecter aussi
01:04:00la démocratie
01:04:01c'est les urnes
01:04:01qui ont parlé
01:04:02aux Etats-Unis d'Amérique
01:04:02pour mettre Donald Trump
01:04:04au pouvoir
01:04:04alors qu'il y a des choses
01:04:05qui nous déplaisent
01:04:06notamment au point de vue
01:04:07international
01:04:07je crois que c'est très clair
01:04:08pour tout le monde
01:04:09qu'il puisse y avoir
01:04:10des dérives au sein des Etats-Unis
01:04:11c'est aussi très clair
01:04:13et documenté
01:04:14ensuite
01:04:14il faut parler de respect
01:04:16de l'état de droit
01:04:17je crois qu'on parlait
01:04:18de valeur tout à l'heure
01:04:18la démocratie
01:04:19le respect du choix du peuple
01:04:21c'est aussi une valeur
01:04:22la démocratie
01:04:25c'est pas que le vote
01:04:26au bout des élections
01:04:27de mid-term
01:04:28et ce qu'elle donne
01:04:29au mois de novembre prochain
01:04:30qui sera très importante
01:04:31pour la changer
01:04:31il y a un vrai risque
01:04:32Marjorie
01:04:32et on va s'arrêter
01:04:33on est en train
01:04:36vraiment de se poser
01:04:36des questions
01:04:37sur les conditions
01:04:37dans lesquelles pourront
01:04:38se passer les élections
01:04:39de mes mandats
01:04:40en novembre prochain
01:04:40encore une fois
01:04:41si l'Insurrection Act
01:04:43était invoqué
01:04:43quelques semaines
01:04:45ou quelques mois plus tôt
01:04:45et puis il y a aussi
01:04:46des procédures
01:04:47de redécoupage électorale
01:04:48que ce soit en Californie
01:04:49ou au Texas
01:04:50ça promet quelques émissions
01:04:51ça promet
01:04:52c'est sûr
01:04:53merci en tout cas
01:04:54à vous trois
01:04:55merci Marjorie
01:04:56et merci surtout
01:04:57à vous d'être venus
01:04:57ce soir
01:04:58rencontrer vos héros députés
01:05:00sur le plateau
01:05:01de chaque voix compte
01:05:02l'émission est rediffusée
01:05:03tout à l'heure
01:05:03à 23h30
01:05:04si vous souhaitez vous aussi
01:05:05faire partie du public
01:05:06et venir interroger
01:05:07chez vos élus
01:05:08vous flasher
01:05:09le QR code
01:05:09qui apparaît
01:05:10en ce moment même
01:05:10à l'écran
01:05:11lundi vous avez rendez-vous
01:05:13avec l'ami Francis Le Tellier
01:05:14pour l'indicé politique
01:05:15il recevra Laurent Panifou
01:05:16le ministre chargé des relations
01:05:17avec le Parlement
01:05:18nous on se retrouve mardi
01:05:19en direct à 19h30
01:05:20excellente soirée
01:05:22sur la vite
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