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  • il y a 2 jours
Elle aurait pu rester ingénieure dans l'aéronautique, mais une série télé l'a convaincue de se lancer en politique. D'abord conseillère municipale, Olga Givernet est devenue députée et ministre. Elle siège aujourd'hui au sein du groupe Renaissance à l'Assemblée.

Pourquoi s'engage-t-on en politique ? Comment tombe-t-on dans le grand chaudron de l'Assemblée ?
Chaque jour, Clément Méric, dans un entretien en tête à tête de 13 minutes, interroge un parlementaire sur les personnalités, les évènements - historiques ou personnels - qui l'ont conduit à choisir la vie publique.
Car on ne naît pas politique, on le devient !

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Transcription
00:00Elle aurait pu rester ingénieure dans l'aéronautique, mais une série télé l'a convaincue de se lancer en politique.
00:06D'abord conseillère municipale, mon invitée est devenue ensuite députée et même ministre.
00:10Elle siège aujourd'hui au sein du groupe Renaissance à l'Assemblée.
00:27Bonjour Olga Giverney.
00:28Bonjour.
00:29En octobre 2024, c'était deux semaines je crois à peu près après votre entrée au gouvernement, dans le gouvernement de Michel Barnier.
00:37Ce n'est pas la ministre qui s'est rendue à l'école polytechnique, mais c'est l'étudiante en master. On va voir ça en image.
00:44L'executive master m'a apporté d'abord un apprentissage, une remise à jour de mes connaissances technologiques et scientifiques.
01:04Elles sont importantes dans l'action et la mission que je mène aujourd'hui.
01:09Et puis elle m'a permis également d'accéder à une mission plus importante, celle de pouvoir être membre du gouvernement sur les sujets énergétiques.
01:16Et cela, ça n'a pas de prix.
01:17Alors, une ministre qui se retrouve sur les bancs de l'école, c'est surprenant. Est-ce que vos gardes du corps vous ont accompagné ce jour-là, le jour de la remise des diplômes ?
01:27Alors, pas le jour de la remise des diplômes, puisqu'on était déjà après ma sortie du gouvernement.
01:31Mais le jour où j'ai passé ma soutenance, effectivement, c'était au mois d'octobre.
01:35Et je me suis retrouvée au tableau à passer le dernier examen qui m'a permis d'obtenir cette exécutive master.
01:41Avec les gardes du corps dans la salle.
01:42Qui était effectivement dans la salle et mon équipe.
01:45Et ça a dû surprendre vos camarades de promotion d'avoir une ministre à leur côté.
01:49Évidemment, j'étais déjà députée et c'était important pour moi de continuer de la formation continue.
01:53Oui, parce que vous avez commencé cette formation. Vous étiez députée et en chemin, vous êtes devenue ministre.
01:58Et en chemin, je suis devenue ministre. J'étais sur la fin de cet exécutive master qui dure une année en parallèle de notre activité professionnelle.
02:07Puisque l'ensemble de mes camarades de classe étaient eux-mêmes soit dirigeants ou engagés par ailleurs.
02:13Qu'est-ce qui vous a motivé dans ce choix de reprendre un peu vos études en cours de carrière ?
02:18Alors l'objectif, comme je le dis dans la vidéo, c'est de pouvoir être à jour des questions technologiques et scientifiques.
02:23Je suis ingénieure, mais bon, vous voyez bien, les technologies évoluent très très vite.
02:28Je suis également membre de l'OPEX, l'Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques à l'Assemblée nationale.
02:34Ce qui nous nécessite un engagement évidemment politique, mais aussi de compréhension technique.
02:40Et donc je trouvais que c'était plutôt pertinent de pouvoir le mener.
02:43Est-ce qu'il y avait aussi cette idée qu'il faut se préparer à la suite, le jour où votre mandat de député prendra fin, retourner sur le marché du travail ?
02:51Alors oui, moi j'ai toujours pensé que le mandat politique, aussi long qu'il puisse être, pouvait aussi se terminer.
02:58C'est peut-être juste une parenthèse dans une carrière professionnelle.
03:02Et il faut pouvoir aussi retrouver du travail derrière.
03:04J'ai un certain nombre de collègues qui ont déjà passé le pas et l'objectif, c'est d'avoir toutes ces connaissances toujours à disposition.
03:13Le retour sur le marché du travail, il peut être compliqué pour des anciens députés ?
03:16Parce qu'on se dit que quand même, ça doit ouvrir des portes d'avoir fait de la politique, on a un réseau.
03:21Ça peut en ouvrir, mais ça peut aussi en fermer.
03:24Donc la question de revenir dans le privé est toujours un questionnement, effectivement.
03:30C'est-à-dire qu'il y a des anciens députés qui se retrouvent au chômage ?
03:32Qui se retrouvent au chômage, évidemment, comme tout un chacun, avec plusieurs mois, le temps de retrouver quelque chose qui puisse leur permettre de se relancer.
03:41Alors vous expliquez que ce diplôme vous a aidé à être nommé ministre délégué à l'énergie.
03:46Ce gouvernement, il n'a duré que trois mois.
03:49Est-ce que ça laisse vraiment le temps de prendre la mesure de ce que c'est qu'être ministre ? Trois mois ?
03:53Alors ça va très très vite.
03:54Quand on est parlementaire, on a déjà accès aux ministres, au cabinet ministériel.
03:58Donc on comprend comment ça fonctionne, mais vu de l'intérieur, effectivement, il faut monter son équipe très vite quand on sait que c'est assez instable.
04:06Et l'objectif, c'est de prendre tout de suite les sujets en main.
04:10Je travaillais déjà sur l'énergie à plusieurs titres.
04:13J'ai fait un rapport sur la sobriété énergétique.
04:15J'ai l'implantation de nouveaux réacteurs EPR2 sur mon département de l'Ain.
04:20Et par ailleurs, très engagé aussi sur tous les types de production énergétique.
04:25Donc au niveau technique, c'était plutôt acquis.
04:28En revanche, il faut créer ces liens avec l'ensemble des acteurs et faire avancer les sujets.
04:34Et est-ce que ce n'est pas un peu difficile de revenir à l'Assemblée quand on a goûté à une fonction exécutive ?
04:39C'est frustrant, surtout quand ça a duré aussi peu de temps.
04:42Et qu'il faut tout de suite passer la main, les dossiers comptent se poursuivre.
04:46Et on est toujours engagé, vous le savez.
04:48Mais effectivement, on peut se dire que pour faire de la politique, il vaut mieux avoir un peu de long terme.
04:54Alors pendant longtemps, vous n'êtes pas du tout intéressé à la politique.
04:58Vous avez commencé votre carrière dans l'aéronautique après un diplôme d'ingénieur en électronique et en informatique.
05:03Et à peine diplômée, vous avez décidé de partir en Nouvelle-Zélande. Pourquoi ?
05:07Oui, parce que c'était il y a plus de 20 ans.
05:09Parce qu'on n'avait pas un marché du travail aussi propice.
05:12À l'époque.
05:14Et donc, j'avais pris la décision de m'expatrier, aller voir comment ça se passait ailleurs.
05:20D'abord avec des petits boulots.
05:21Et puis, j'ai eu l'opportunité de trouver, avec la compagnie aérienne nationale, Air New Zealand, un travail dans mon domaine d'activité.
05:29Ingénieur, avionique, ça veut dire quoi ?
05:31Voilà. Avionique, ça veut dire les systèmes électroniques embarqués dans les avions.
05:35D'accord. Et trois ans après, vous êtes revenue en France.
05:37Alors là, on vous voit sur le tarmac en Nouvelle-Zélande.
05:40Avec mon équipe, oui.
05:41Trois ans après, vous êtes revenue en France.
05:43Vous avez trouvé un emploi à l'aéroport de Genève.
05:45Et c'est comme ça que vous vous êtes installée de l'autre côté de la frontière, dans l'Ain.
05:49Et à l'époque, la politique ne vous intéressait toujours pas ?
05:52Ben non, en fait.
05:53Je continuais mon travail.
05:55Et puis après, on s'installe.
05:57Je me suis mariée.
05:58J'ai eu des enfants et j'ai commencé à m'impliquer très localement sur des sujets, notamment à l'école.
06:05Quand on met un pied dedans, finalement, ça nous attrape et on a envie de faire plus pour les concitoyens.
06:11Le côté parents d'élèves qui vous a mis un peu un pied à l'étrier.
06:14Oui.
06:15Et puis alors, c'est surtout, si j'ai bien compris, une série télé, une série danoise.
06:20Oui.
06:20Borgen, qui est une série télé sur la politique.
06:25Et j'ai trouvé intéressant.
06:27Alors évidemment, elle est première ministre.
06:30Mais quand on voit, en fait, l'engagement que ça demande et puis le fait de pouvoir trouver des solutions,
06:36faire face aussi à des situations de crise nationale ou internationale, on a envie d'y participer.
06:43Donc ça a été le déclic, si on peut dire.
06:46Ça a été le déclic, oui.
06:46Donc vous vous êtes présentée au municipal sur la liste du maire de votre commune à Saint-Jean-y-Pouilly.
06:53Et à l'époque, vous étiez au Modem.
06:54Sauf qu'un an plus tard, au moment des régionales, vous vous êtes présentée sur la liste d'union de la gauche dans la région.
07:00Pourquoi ?
07:00Tout à fait.
07:01Et bien parce que mon engagement sur Saint-Jean-y-Pouilly était plutôt une tendance de gauche.
07:06Et puis moi, je ne voulais pas faire, même si je suis vraiment très centriste, je ne voulais pas faire de grand écart.
07:11Et donc, il y a eu cette opportunité de pouvoir m'engager auprès de Jean-Jacques Quéran sur les régionales.
07:19On a perdu, mais j'ai quand même été élue d'opposition, ce qui est une très bonne école de la politique quand on est élu d'opposition, surtout à la région.
07:26Alors, tout est allé très vite, parce qu'après, il y a eu, en 2016, donc un an après, législatif partiel.
07:312017, là, vous vous présentez sous les couleurs de La République en marche et vous êtes élue députée.
07:35Ça vous fait, j'ai compté, quatre élections.
07:37Vous vous êtes présentée à quatre élections en trois ans.
07:39Oui.
07:39Ça a été un coup de foudre, la politique ?
07:41Oui, écoutez, moi, j'adore rencontrer les gens sur les marchés, aller parler.
07:46Vous savez, quand on s'engage en premier lieu et qu'on n'a jamais fait de politique avant,
07:49le premier tract qu'on tend à quelqu'un, de manière publique, en fait, c'est un passage.
07:54Ce n'est pas si facile que ça.
07:56Et qu'est-ce qui vous a plu à ce point-là ?
07:57On s'affiche, parce qu'en fait, finalement, d'avoir des convictions, de vouloir trouver des solutions
08:03et de vouloir faire adhérer et rassembler des personnes autour de ces convictions.
08:07Donc, oui, j'aime les campagnes électorales, parce que je pense que c'est comme ça qu'on est au plus proche du public.
08:13Il faut trouver toujours des nouveaux formats.
08:15Il y a les marchés, bien sûr.
08:16Il y a les formats porte-à-porte.
08:18J'ai même fait des giret-débats de chez vous au moment des conférences que nous faisons.
08:24Donc, il faut trouver toujours des formats différents, pas que sur les réseaux sociaux, mais en direct avec les personnes aussi.
08:30Vous avez donc été élue à l'Assemblée en 2017.
08:32Comment se sont passés vos premiers pas à l'Assemblée ?
08:34Est-ce que ça ressemblait un peu à Bourgogne ?
08:37Alors, je ne dirais pas ça, plutôt une rentrée scolaire, en fait.
08:40On était tous là, tous nouveaux.
08:42C'est déceptif.
08:44Alors, non, ça veut dire qu'on va prendre en main des sujets, une organisation.
08:50Il a fallu qu'on comprenne aussi comment ça fonctionne.
08:54On était un peu quand même des petits nouveaux, il faut le voir, mais on était beaucoup dans ce cas-là.
08:59Et les intrigues, les coups-bas à la Bourgogne, ils sont arrivés un peu après, rapidement ?
09:03On ne les voit pas tout de suite, parce qu'on ne comprend pas tout de suite comment ça fonctionne.
09:08Est-ce qu'il y a vraiment des intrigues et des coups-bas où, oui, en fait, on veut faire passer nos sujets.
09:13Donc, il faut être parfois plus rapide que les autres, il faut se positionner.
09:17Et ça, on l'apprend au fur et à mesure.
09:18Moi, j'ai mis un peu de temps.
09:19Donc, c'est un vrai apprentissage que l'on fait.
09:23Un pied à Paris et un pied en circonscription.
09:26Vous avez travaillé sur des sujets très variés.
09:28Il y a eu la politique énergétique, la régulation des jeux d'argent.
09:31Et puis, les violences conjugales dans le cadre du Grenelle, qui a été organisé sur ce sujet.
09:36Alors, on parle souvent des victimes de violences conjugales.
09:38Et vous, vous avez choisi de mettre l'accent sur les auteurs de ces violences.
09:41Pourquoi ?
09:42Oui, parce que j'ai une situation un peu personnelle, puisque j'ai accueilli, il y a plus de 10 ans,
09:48des enfants qui avaient perdu leurs parents dans des circonstances de féminicide.
09:54Donc, c'est un sujet sur lequel j'ai voulu quand même travailler.
09:57Il y a beaucoup de choses qui sont faites sur les victimes.
09:59Et il faut poursuivre toujours ce soutien, notamment à libérer la parole.
10:04Mais il faut aussi se penser que 50% du problème, c'est les auteurs de violences conjugales.
10:08Et donc, si on ne les traite pas, d'une manière ou d'une autre,
10:11et si on pense juste qu'il faut les mettre en prison, on ne pourra pas garder tout le monde en prison,
10:14ça ne fonctionnera pas.
10:15Donc, c'est un travail que j'ai mené pour faire des propositions de prise en charge des auteurs,
10:19pour éviter la récidive et éviter d'aller jusqu'au coup fatal.
10:24Et cette histoire personnelle, vous en parlez très peu.
10:26Je crois que vous en avez parlé, une fois sur LCP et une fois dans un journal suisse.
10:31Pourquoi ?
10:32Parce que mon expérience personnelle vient enrichir, évidemment, les convictions que je peux avoir
10:39et les travaux que je mène.
10:42Mais je ne veux pas en faire un totem.
10:44D'abord, par respect pour l'entourage que j'ai.
10:46Et j'essaie de protéger aussi ma famille et mes proches.
10:50Cet engagement que j'ai eu il y a plus de dix ans a nourri, évidemment.
10:54Je me suis dit, en fait, un jour, il y a des gens qui ont besoin de nous, à titre personnel,
10:58et pourquoi ne pas le poursuivre à titre public, à travers la politique, oui.
11:05On va passer à notre quiz à présent, avec des phrases que je vais vous proposer,
11:08que vous allez devoir compléter.
11:09Rouler en voiturette sans permis sur l'autoroute, c'est ?
11:14Ce n'est pas encore possible.
11:17Mais vous le souhaitez ?
11:18Mais je le souhaite sur les voies rapides, pas sur l'autoroute.
11:20Ah, pas sur l'autoroute.
11:21Vous avez été caricaturé.
11:22Parce qu'on s'est un peu moqué de vous sur cette proposition de loi que vous avez portée
11:25et qui avait notamment une proposition sur les voiturettes.
11:28Oui, parce qu'il y a des voiturettes rapides qui montent jusqu'à 90 km heure
11:33et qui devraient pouvoir accéder typiquement aux périphériques ou à des voies rapides.
11:38Pas sur l'autoroute, il y a un différentiel trop important avec la vitesse qui est sur les autoroutes.
11:44Donc oui, ça a été caricaturé.
11:46Parce que votre texte de loi visait à alléger un peu le poids des véhicules.
11:50Oui, bien sûr.
11:51Pour des questions écologiques.
11:52Et on voit que ces voiturettes reviennent à la mode, notamment par les jeunes qui s'en saisissent.
11:56Entre piloter un planeur ou barrer un trimaran de compétition, je choisis.
12:03Ouh là, c'est difficile.
12:05Je vais dire le trimaran.
12:10Parce que ce sont deux de vos passions, une peut-être plus ancienne, je crois.
12:13Le planeur, vous avez un brevet de...
12:15Oui, j'ai un brevet de pilote planeur.
12:17Le brevet de pilote planeur, c'est ça.
12:18Que je fais quand j'étais étudiante.
12:20Alors c'est un peu la même chose.
12:21C'est de l'aérodynamisme.
12:23C'est un peu de la communion avec la nature également.
12:27J'ai une tendance en faveur de l'écologie et de l'environnement.
12:31Mais là, c'est difficile de choisir.
12:32La voile, vous êtes instructrice ?
12:34Alors j'ai été monitrice, effectivement.
12:36Et régulièrement, sur mon temps libre, je...
12:40Vous choisissez quoi ?
12:41Allez, la voile.
12:42La voile.
12:43Enfin, si Coluche était vivant ?
12:44Si Coluche était vivant, je crois qu'il débriderait quand même encore l'humour aujourd'hui.
12:55On ne peut plus dire tout ce qu'on voudrait dire par l'humour.
12:59Parce que je crois que c'est un de vos humoristes préférés.
13:01Ah, je ne le cite pas souvent.
13:05Mais effectivement, je crois qu'il a...
13:06Et il a même eu, à un moment donné, un engagement en politique.
13:09C'est vrai.
13:09Donc il a été attiré...
13:10Il n'est pas allé jusqu'au bout.
13:11Il a été attiré par le fait de pouvoir faire bouger les choses aussi.
13:14Merci beaucoup, Olga Giverney, d'être venu dans La Politique et moi.
13:17Merci.
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