00:07On est spécialisés dans le nettoyage de teufs à domicile.
00:11Et ils peuvent appeler de n'importe où, genre de Sergi Bontoise.
00:15Imbécile, on fait déjà tout le 77.
00:17Et crois-moi, c'est pas mal.
00:21Au boulot.
00:23Les Anguilles, ça parle d'un jeune adolescent d'une vingtaine d'années, 25 environ, qui s'appelle Sprite.
00:28Son vrai nom, c'est Corentin Périer, mais tout le monde l'appelle Sprite.
00:31Et c'est un garçon assez proche de moi, en fait.
00:34D'ailleurs, c'est moi qui l'incarne.
00:35Et je me suis beaucoup inspiré d'une période de ma vie que j'ai vécue quand je suis rentré vivre chez mes parents, à Shell.
00:43Et que j'avais plus de travail, ni de copine, ni de rien du tout, en fait.
00:47Et Bézenville, ça raconte l'histoire d'un garçon comme ça.
00:50Quand je suis arrivée sur Paris, j'habitais Mont-de-la-Jolie.
00:53À chaque fois, je ratais le dernier train.
00:54Et un jour, je me suis acheté ce petit Bézenville.
00:57Et tous les jeudis, j'allais dans un bar et j'essayais de faire des rencontres.
01:00Et puis, je m'arrangeais pour dormir sur Paris.
01:02Toutes les représentations de la banlieue parisienne, elles sont très négatives.
01:07Elles parlent de sujets difficiles, souvent sur le mode du drame.
01:11Et moi, j'ai vécu dans une ville qui connaît aussi son lot de malheurs.
01:16Mais qui a, à côté, d'autres aspects, beaucoup plus...
01:19Je trouve qu'il fait parfois bon vivre.
01:21Il y a plein de gens sympas.
01:23Il y a des paysages très beaux que j'ai envie, moi, de mettre en valeur dans mes films.
01:26Et dont je trouve qu'on les montre assez peu, finalement, au cinéma.
01:30Moi, j'ai fait plusieurs films qui se passaient dans cet environnement-là.
01:33Parce que j'en suis originaire, je ne me vois pas raconter autre chose.
01:35Et je trouve extrêmement inspirant.
01:37Je raconte aussi une masculinité, je dirais, contemporaine, en tout cas, qui est assez calquée sur ce que moi j'ai pu vivre.
01:58Donc, au collège, j'étais plutôt l'intello de la classe.
02:02Je n'étais pas très viril, je n'étais pas très assuré.
02:04Plus tard, quand j'ai commencé à devenir adulte, je ne me retrouvais pas forcément dans les représentations un peu macho du don Juan qui va absolument séduire des filles et consommer l'acte sexuel.
02:16Je pense qu'on a besoin de tendresse.
02:18Et je pense que les garçons ont besoin de souffler un peu.
02:21Et là, il y a des personnages féminins très forts.
02:24Et de montrer des relations entre les garçons et les filles qui soient un peu hors des clichés sur les comédies romantiques déjà.
02:31Mais aussi de montrer des personnages féminins aussi différents.
02:34Je me suis beaucoup amusé, j'ai travaillé avec des actrices géniales, ce qui m'a aidé forcément.
02:38Mais c'était important pour moi de casser un peu les stéréotypes de genre, c'est sûr.
02:42Hello, ça te dit un petit verre.
02:45Salut !
02:46Euh, Corentin, c'est juste ça.
02:48Oui, ben après t'enchaînes, t'as déjà emballé une meuf.
02:50Alors moi j'ai eu la chance d'être entouré d'une belle troupe d'acteurs et d'actrices avec qui j'ai déjà travaillé et qui sont des amis.
03:00Notamment William Leipguil, qui j'ai fait plusieurs films.
03:02Sébastien Chassagne, ma chérie Mao Adam, Anaïd Rosam, Hervin Auréant ou Georges Pilgan Le Reader, qui sont des garçons que je connais depuis plus de dix ans et qui j'ai fait mes premiers courts-métrages autoproduits dans le jardin de mes parents.
03:15Et j'ai aussi eu la chance de pouvoir agrandir un peu ce cercle presque familial avec de nouvelles têtes, des acteurs, des actrices très établies, notamment Emmanuel Berco et Géraldine Pellas ou Michel Azanavissus, qui est plus connu comme réalisateur, mais qui est aussi un magnifique acteur.
03:34Je crois que vraiment tout mon casting est génial, franchement.
03:37Qu'est-ce que j'ai pu baiser grâce à ça ?
03:39Ouais, je crois que je préfère pas savoir.
03:40Non, mais tu préfères pas savoir, mais c'est comme ça que t'es né.
03:42J'ai l'impression que le ton de la comédie est intéressant pour réfléchir à des enjeux de société et pour même diffuser des messages ou des idées ou faire réfléchir autrement.
03:55C'est ce que j'essaye de faire et je me demande si parfois c'est pas même plus efficace, en fait, passer par la douceur, la tendresse, la bienveillance pour les personnages, même les personnages auxquels je suis très opposé dans ma vie personnelle.
04:11Moi, je profite de cet espace du film que je contrôle à peu près pour faire passer des choses.
04:15Alors, c'est politique, mais c'est tranquille encore.
04:20Mais je dirais que c'est une douceur radicale.
04:22Déjà, merci d'être venu voir ce film plutôt que les 30 autres films qu'il y a en même temps.
04:26Ça me touche.
04:27En vrai, moi, j'aime pas quand les gens font ça, mais il faut que je dise merci à plein de monde parce que je me sens hyper redevable d'être là ce soir.
04:37Alors moi, j'étais très fier d'être pris dans cette sélection, la semaine de la critique.
04:44Il y a quand même des cinéastes extraordinaires qui ont présenté leur film et je suis entouré de plein de jeunes réalisateurs, réalisatrices très, très, très talentueux.
04:52Je n'avais pas beaucoup d'attentes et en fait, le jour J, ça a beaucoup ri dans la salle.
04:58Il y a une vraie émotion aussi qui s'est créée.
05:00C'est tellement fou.
05:02Moi, je n'ai pas fait d'école, je n'ai pas fait d'études.
05:04Je ne connais personne dans le cinéma.
05:06Pendant des années, je me disais que je n'avais aucun talent, que c'était impossible que je puisse un jour faire un film.
05:10Là, de pouvoir le présenter ici, c'est un miracle.
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