Emmanuel Macron est au forum économique mondial de Davos, en Suisse, ce mardi. Il doit “présenter sa vision des grands enjeux économiques et géopolitiques actuels et détailler les priorités de la Présidence française du G7.”
00:00Business leaders, ladies and gentlemen, I'm extremely happy to be here, and it's great to be here as a financial consultant.
00:12C'est un plaisir d'être ici, nous sommes en période de paix et pourtant d'imprévisibilité.
00:26Essayons de voir ce que nous voulons dire ici en quelques minutes, mais pour être honnête, ce sont des moments d'instabilité d'un point de vue économique, d'un point de vue politique.
00:45Regardez où nous en sommes. Il y a un changement, un bouleversement énorme avec plus de violences, plus de guerres et des conflits qui sont devenus la norme et qui engendre de nouvelles demandes et de nouveaux besoins.
01:09Nous changeons également, nous passons à un monde sans loi, un monde où la loi n'est plus celle que nous connaissions, mais devient celle du plus fort.
01:27Et nous voyons des ambitions impériales refaire la surface, telles que les volontés russes. Nous rentrons dans la quatrième année de guerre sur l'Ukraine, mais également dans le Moyen-Orient et l'Afrique.
01:47C'est un monde où le multilatéralisme est affaibli.
01:56Et je pourrais continuer à ajouter énormément d'exemples d'organes internationaux qui se trouvent affaiblis également.
02:12Autrement dit, nous vivons une période inquiétante où les choses changent rapidement et les compétitions, la concurrence devient de plus en plus ardue, de plus en plus difficile,
02:29notamment avec les États-Unis qui demandent des concessions de plus en plus importantes et cherchent à affaiblir l'Europe, ainsi qu'une accumulation de douanes qui sont inacceptables,
02:46et surtout lorsqu'elles sont utilisées comme un levier pour obtenir une souveraineté.
02:55D'autres menacent portent atteinte à notre commerce et menacent le système international.
03:08Pour répondre à ces problèmes, nous avons besoin de plus de coopération, construire de nouvelles approches et une souveraineté stratégique et économique plus forte,
03:24notamment en Europe, qui pour moi est le cœur de mon discours.
03:29Et je veux proposer deux approches en ce sens.
03:35Tout d'abord, ne pas accepter passivement la loi du plus fort, car cela mène à une politique du plus fort, et une approche néocolonialisme n'est pas la réponse.
03:50En tant que chef de gouvernement et responsable d'entreprise, nous devrions prendre nos responsabilités.
03:59Et puis, ma deuxième position concerne une posture morale, qui consiste à condamner les actes brutaux,
04:12et l'Europe doit défendre le multilatéralisme qui sert nos intérêts, et les intérêts de tous ceux qui refusent de se soumettre à la force brute.
04:24Donc, d'un côté, plus de souveraineté, plus d'autonomie pour les Européens, et de l'autre côté, un multilatéralisme efficace,
04:36afin de donner des résultats via la coopération.
04:40Bien sûr, la France et l'Europe sont attachés à leur indépendance, attachés aux Nations Unies, et ce n'est pas une manière ancienne de penser le multilatéralisme.
04:56Non.
04:57N'oublions pas ce que nous avons appris à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, et restons engagés envers la collaboration.
05:06Et cet exercice mutuel que nous avons choisi de faire au Groenland, sans menacer quiconque, mais en venant soutenir le Danemark, est un exemple de multicollaboralisme.
05:25Nous souhaitons restaurer le G7, afin d'avoir des dialogues nous permettant des solutions collaboratives.
05:39C'est pourquoi nous devons véritablement regarder la situation en face, et comprendre les phénomènes qui nous ont menés à cette situation.
06:01Il y a une surconsommation aux Etats-Unis, des sous-investissements en Europe et un manque de concurrence, et en Chine, une surproduction.
06:19Et cela mène à un déséquilibre qui ne nous donne pas des résultats suffisants.
06:25Notre objectif au sein du G7, c'est de montrer que les pouvoirs principaux peuvent encore reconstruire l'économie.
06:41Coopérer ne consiste pas à accuser d'autres, mais prendre sa responsabilité et partager et contribuer aux solutions.
06:50C'est l'objectif de ce G7, qui consistera à établir ce cadre de coopération, afin de restaurer un équilibre et une convergence, grâce à un cadre multilatéral.
07:08Et puis, cela nous permettra de construire des ponts, notamment avec les pays émergents, les BRICS et les G20, puisque la fragmentation de ce monde ne nous permettra pas d'y arriver.
07:19Et donc, voici l'agenda que nous avons à l'esprit.
07:29L'Europe, pour sa part, doit répondre à ces problèmes, au manque de croissance, le manque de PIB par personne,
07:37et les trois piliers de notre stratégie, afin d'apporter plus de croissance, grâce à l'investissement et la protection.
07:49L'Europe est en retard en termes de concurrence et de compétitivité, et il faut faire face également à l'approche chinoise.
08:02Donc, tout d'abord, la protection. La protection ne veut pas dire protectionnisme.
08:06Non. Mais ne soyons pas naïfs. Il s'agit d'un marché unique ouvert à tous, sans vérifier notre champ.
08:17Alors que personne ne peut accéder au marché chinois.
08:21Donc, si on prend les Etats-Unis, eh bien, ils aiment la protection, et ils ont des éléments de protection.
08:33En Europe, nous sommes les seuls à ne pas protéger notre propre marché, alors que d'autres pays ne respectent pas notre marché.
08:45Donc, nous devons être plus réalistes si nous souhaitons protéger notre industrie chimique, nos industries en général,
08:53que ce soit automobiles ou autres, car véritablement, ils souffrent du manque de respect d'autres marchés, et de l'ouverture de notre marché.
09:10Et nous devons utiliser ces éléments de protection lorsque nous ne sommes pas respectés, notamment pour éviter la coercion.
09:20Et nous devons également mettre en place la préférence, le principe de préférence.
09:30Il n'y a pas de préférence européenne sur notre marché pour le moment.
09:35Nous la créons petit à petit, mais c'est vrai, et ce sont des décisions que nous devons prendre.
09:43Et nous sommes ravis d'être en train de les prendre, notamment avec l'Allemagne.
09:48Nous sommes en train de créer un cadre spécifique pour proposer une proposition dès 2026, dès cette année,
10:01afin de donner à tous les secteurs ce principe de préférence européenne, qui est une nécessité.
10:12Nous devons travailler également sur les imports, et notamment dans cette question de protection.
10:18L'Europe doit renforcer ses instruments de défense, des mesures miroirs, des standards,
10:28et améliorer la qualité ajoutée de la valeur aux investissements étrangères et internes.
10:36Et c'est clé avec la Chine.
10:40Nous avons besoin de plus d'investissements chinois en Europe, dans des secteurs clés,
10:46pour contribuer à notre croissance, pour transférer certaines connaissances et technologies.
10:55Parfois, nous n'avons pas les mêmes standards que ceux produits en Europe.
11:04Ce n'est pas une question de protectionnisme, c'est simplement restaurer un champ sûr pour nos industries.
11:17Les clauses morales, une préférence européenne, la protection, l'encouragement à la croissance,
11:25sont autant de stratégies clés qui protègent notre économie et protègent également les chaînes d'approvisionnement,
11:40notamment pour les puces, les semi-conducteurs, et respecter nos partenaires.
11:46Le deuxième pilier de l'économie européenne devrait être la simplification.
11:51Et lorsque je parle de simplification, nous pouvons parler de triple D,
12:00et nous l'avons simplifié ces derniers mois dans le secteur automobile,
12:05mais aussi chimique, banquier, tous ces secteurs doivent être simplifiés.
12:10Et parfois, cela consiste à se défaire de certaines régulations récentes qui ne sont pas synchrones avec le reste du monde.
12:23Et nous devons accélérer ainsi l'approfondissement du marché unique dans tous les secteurs,
12:28car tous les habitants d'Europe sont aussi des consommateurs qui devraient consommer sur leur marché unique.
12:38Et ce n'est pas le cas, surtout lorsque le marché est aussi complexe.
12:44Nous devons respecter la neutralité, la non-discrimination au sein de l'Union européenne.
12:50C'est un autre pilier, un autre point de simplification.
12:54Une approche neutre en termes de technologie et la non-discrimination.
13:01Nous discriminons depuis tellement longtemps.
13:07C'est contre-productif pour les Européens humains.
13:10Les entreprises ont un rôle à jouer, vous devez agir et clairement nous aider à identifier concrètement les lieux de simplification.
13:29Donc ce n'est pas seulement une question de dialogue, mais également de mise en place rapide et à l'échelle.
13:37Pour être plus compétitif et gagner en autonomie.
13:42Et cela passe par l'investissement et l'innovation.
13:46Nous devons investir bien plus.
13:47S'il y a un PIB par personne tellement différent entre l'Europe et les Etats-Unis,
13:5565% est dû à l'innovation.
14:00Et les Etats-Unis sont bien plus innovants grâce aux investissements privés et publics.
14:05Et donc lors de notre budget pour les années à venir, que nous négocions en ce moment même en Europe,
14:12nous devons investir plus dans les investissements tels que l'intelligence artificielle, la sécurité.
14:22Notre budget doit investir plus pour être plus crédible et accélérer cet ordre du jour.
14:31Et si vous regardez la situation, nous n'avons pas suffisamment d'investissements privés.
14:36Et c'est là l'un des principales différences que nous avons avec les Etats-Unis.
14:43En Europe, nous avons plus d'économies, bien plus qu'aux Etats-Unis d'ailleurs,
14:49qui sont investies dans des actions, mais en dehors de l'Europe.
14:53Et c'est pourquoi notre priorité doit être un programme de sécurité.
14:59Il est prêt, il faut accélérer sa mise en place.
15:03Et ensuite, les marchés des capitaux,
15:07afin d'avoir plus d'intégration et une plus grande simplification,
15:12afin d'avoir un marché unique, simple,
15:16et utiliser nos économies pour investir dans l'innovation et les actions en Europe.
15:27Cet agenda est aussi bien mondial qu'européen.
15:31Il doit être mis en place dans les mois à venir,
15:34car tout est une question d'accélération.
15:37Et la France s'engage à respecter cet ordre du jour, cet agenda.
15:42Et en même temps, notre objectif pour la France est de stabiliser nos résultats
15:48et notre approche macro,
15:51et de rester un pays attractif que nous avons toujours été.
15:56Nous sommes le pays le plus attractif d'Europe pendant ces six dernières années,
16:01et de consolider nos réformes et nos avantages principaux.
16:05Au-delà de ce cadre d'affaires,
16:11nous avons également une exportation d'énergie et d'électricité très importante.
16:20Nous sommes véritablement compétitifs.
16:23Nous avons des capacités de recherche et d'innovation très importantes,
16:28et nous avons l'un des écosystèmes les plus vifs
16:32en intelligence artificielle, énergie de transition et quantum.
16:36Et beaucoup de start-ups et d'unicornes et autres entreprises
16:42sont avec moi dans ma délégation aujourd'hui.
16:46Et au-delà de ça, et je m'arrêterai là,
16:49en plus des infrastructures de qualité dont nous disposons
16:52et du marché important,
16:53nous avons une capacité d'achat importante,
16:58mais nous avons également un endroit où la loi et la prédictabilité
17:04restent l'élément principal.
17:10Et je pense que c'est très peu estimé par les entreprises.
17:16Or, ce que vous pouvez faire en termes d'investissement et d'ambition,
17:21lorsque vous avez un espace comme l'Europe,
17:23qui est parfois trop lent, c'est sûr,
17:25et doit être réformé, certes,
17:28mais qui est prédictif, fidèle,
17:32et où vous savez que les règles du jeu sont celles de la loi,
17:40eh bien c'est un bon endroit pour investir.
17:43Et je pense que c'est un bon endroit pour aujourd'hui et pour demain.
17:47Donc nous nous engagerons en 2026
17:51à remplir et répondre aux différents points de cet agenda
17:58pour plus de coopération,
18:00et nous ferons tout notre possible
18:02pour avoir une Europe bien plus forte.
18:06Et également,
18:09instaurer les piliers que je viens de mentionner,
18:13nous appuyer dessus,
18:14avoir plus d'investissement et d'engagement
18:17dans la sécurité,
18:19car nous pensons,
18:22et ici, au centre, au cœur de ce continent,
18:26nous pensons que nous devons rechercher
18:29plus de croissance et plus de stabilité dans ce monde,
18:32mais nous préférons respecter
18:34la science
18:36à la brutalité.
18:40Nous préférons la loi
18:42à la loi des plus forts.
18:44Vous serez toujours bienvenus en France et en Europe.
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