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  • il y a 2 semaines
Enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, guerre en Ukraine, conflit israélo-palestinien, répressions violentes en Iran, menaces d'annexion du Groenland... Face aux crises politiques qui se multiplient à travers le monde, les députés insoumis et écologistes ont souhaité organiser un débat sur la place de la France à l'international. Une demande entendue par Sébastien Lecornu, donnant lieu à un débat dans un format inédit, sans vote. Retrouvez le meilleur des échanges entre les députés et le gouvernement.

La rédaction de LCP vous propose les morceaux choisis des séances publiques dans l'hémicycle et des séances de travaux ou des auditions en commissions.

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Transcription
00:00:00Bonjour à tous, très heureuse de vous retrouver sur LCP.
00:00:11Quel rôle pour la France dans la prévention et la résolution des crises politiques internationales ?
00:00:18C'est la question posée en séance publique à l'Assemblée ce lundi 19 janvier,
00:00:23puisqu'un débat est organisé par le gouvernement sur la situation politique internationale extrêmement tendue.
00:00:31Les sujets de préoccupation ne manquent pas, répression sanglante en Iran, guerre en Ukraine,
00:00:37capture de Nicolas Maduro emmené de force vers les Etats-Unis,
00:00:42ou encore menace sur le Groenland que le même Donald Trump veut annexer par tous les moyens.
00:00:48Alors devant ces dessins impérialistes, quelle place pour la France ?
00:00:53Est-ce que nous avons encore les moyens de notre puissance ?
00:00:56Rappelons que la France est membre permanente du Conseil de sécurité de l'ONU et qu'elle est une puissance nucléaire.
00:01:03Rendez-vous tout de suite dans l'hémicycle, on va écouter le gouvernement.
00:01:06On se retrouve dans un instant. La séance est ouverte sur LCP.
00:01:10L'année 2026 est ouverte avec fracas.
00:01:12Elle nous a fait entrer de plein pied dans un monde marqué par la brutalisation des relations internationales.
00:01:19Un monde où l'usage de la force redevient un instrument assumé de politique étrangère.
00:01:24Un monde où les règles patiemment construites sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale
00:01:29sont de plus en plus souvent contournées, relativisées et parfois même ouvertement bafouées.
00:01:36A l'aube du 3 janvier, une opération militaire menée par les Etats-Unis à Caracas
00:01:41a conduit à la capture et à l'exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro.
00:01:46Cet événement, spectaculaire par sa forme, est lourd de conséquences.
00:01:51Il appelle de notre part une parole claire, cohérente et responsable.
00:01:56La position de la France est d'abord une position de lucidité.
00:02:00Nicolas Maduro était un dictateur sans scrupules
00:02:03qui a confisqué les libertés fondamentales de son peuple,
00:02:06étouffé toute opposition politique,
00:02:08accaparé la rente pétrolière pour asseoir son pouvoir personnel,
00:02:13piétiné le processus électoral pour se maintenir en place.
00:02:18Cette réalité s'est imposée lors du scrutin présidentiel du 28 juillet 2024,
00:02:23dont les résultats n'ont jamais été rendus publics.
00:02:26Aucun procès verbal d'aucun bureau de vote.
00:02:30La France, avec constance, avait appelé à la transparence totale du processus électoral,
00:02:34seul à même de garantir la sincérité du scrutin et le respect de la volonté des électeurs.
00:02:42A l'issue de ce scrutin manipulé, la répression fut immédiate et violente.
00:02:47En quelques jours, près de 2500 personnes furent arrêtées et 27 perdirent la vie.
00:02:54Cette répression systématique, décidée au plus haut niveau de l'État,
00:02:58a conduit le bureau du procureur de la Cour pénale internationale
00:03:02à enquêter sur les crimes commis au Venezuela depuis 2014.
00:03:07Cette enquête vise aussi les allégations graves de crimes contre l'humanité
00:03:11concernant les faits survenus après l'élection de juillet 2024.
00:03:15Sans parler des conditions de détention indignes qui prévalaient dans les prisons vénézuéliennes.
00:03:22Symbole de ce système carcéral inhumain, la prison de Rodeo I à Zamora, dans l'est de Miranda,
00:03:29restera tristement célèbre pour avoir accueilli des dizaines de citoyens européens
00:03:34détenus arbitrairement, y compris l'un de nos compatriotes,
00:03:38que j'ai accueilli en novembre dernier sur le sol français après sa libération.
00:03:42Ces réalités disent beaucoup de la nature du régime.
00:03:47C'est la raison pour laquelle le président de la République a exprimé clairement
00:03:50la solidarité de la France avec le peuple vénézuélien,
00:03:54enfin débarrassé de la dictature de Nicolas Maduro.
00:03:58Notre voix est constante, elle est cohérente.
00:04:01Depuis des années, nous avons dénoncé la répression des voix dissidentes,
00:04:05les détentions arbitraires, les atteintes répétées à l'État de droit.
00:04:09Et nous en avons subi les conséquences, puisqu'en janvier 2025,
00:04:14la France a été visée par une mesure d'expulsion de la majorité de son personnel diplomatique à Caracas.
00:04:21En dix ans, près de huit millions de Vénézuéliennes et de Vénézuéliens ont quitté leur pays.
00:04:28Cet exode massif est le symptôme le plus implacable d'un échec patant sur le plan politique, économique et moral.
00:04:35« Aucun démocrate sincère ne peut pleurer le départ de Nicolas Maduro ».
00:04:42Dire la vérité sur la nature du régime déchu ne nous dispense pas de dire la vérité sur la méthode employée pour le faire tomber.
00:04:50La France a rappelé avec force que l'opération militaire menée à Caracas contrevenait aux principes fondamentaux du droit international.
00:04:59Elle a dérogé aux principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies et en particulier le respect de l'indépendance et de l'intégrité territoriale des États.
00:05:07Certes, l'usage de la force existe dans le droit international.
00:05:13La France l'a démontré elle-même récemment, il y a quelques semaines encore, lorsqu'elle a frappé avec ses moyens militaires des groupes terroristes en Syrie et notamment Daesh.
00:05:22Mais cet usage est strictement encadré.
00:05:25Dans un monde sans règles, la seule loi qui prévaut, c'est celle de la jungle.
00:05:29Mesdames et Messieurs les députés, un monde soumis à la loi du plus fort, la France s'y prépare.
00:05:36Nous nous y préparons.
00:05:38En nous réarmant sur le plan militaire pour garantir notre sécurité et celle de l'Europe,
00:05:43c'est le sens de l'effort budgétaire que nous avons engagé pour nos armées, porté par le Premier ministre et par la ministre des Armées.
00:05:50C'est le sens de la consolidation de notre base industrielle et technologique de défense.
00:05:55C'est le sens de l'autonomie stratégique que nous défendons avec ardeur auprès de nos partenaires européens.
00:06:03En nous réarmant sur le plan économique pour réduire nos dépendances stratégiques
00:06:07et échapper à la dépendance que nous avons laissée s'installer vis-à-vis d'autres régions du monde,
00:06:12en nous réarmant enfin moralement pour être prêts à résister à cette brutalité qui s'installe,
00:06:18résister à la tentation du renoncement et à l'esprit de défaite.
00:06:22La France ne peut se résoudre à la brutalisation du monde,
00:06:27c'est pourquoi elle continuera de défendre les principes qui fondent la paix et la stabilité internationale.
00:06:33Ces principes que les peuples du monde ont inscrits dans la charte des Nations unies le 26 juin 1945
00:06:38et qui sont les seuls à nous prémunir du fléau de la guerre.
00:06:43Nous avons rappelé cette position le 5 janvier dernier devant le Conseil de sécurité,
00:06:47car ce sont bien la paix et la sécurité internationale qui sont fragilisées par cette brutalité du monde.
00:06:54Nous vivons un paradoxe dangereux.
00:06:56Les puissances qui ont imaginé l'ordre international tel que nous le connaissons
00:07:00considèrent aujourd'hui qu'elles ont plus à gagner à le violer qu'à le protéger.
00:07:06Ce n'est pas notre conception et ça ne le sera jamais.
00:07:10Alors que faire ?
00:07:12D'abord sur place, notre priorité immédiate a été et demeure la protection de nos 2000 compatriotes présents au Venezuela.
00:07:20Malgré un retour relatif au calme, nous continuons de déconseiller formellement tout déplacement dans le pays.
00:07:26A travers ces six collectivités dans les Amériques, la France est un pays américain et caribéen.
00:07:33Cela renforce évidemment notre engagement pour la stabilité de la région.
00:07:38L'Europe et l'Amérique latine ont tout à gagner, à conjuguer leurs forces face au défi du siècle,
00:07:43la défense de l'ordre international fondé sur le droit, transition écologique et numérique,
00:07:48lutte contre les inégalités et contre la criminalité organisée.
00:07:52C'est dans cet esprit que je me suis rendu dans la région en novembre 2025 aux côtés du Président de la République
00:07:58pour renforcer nos partenariats stratégiques, la lutte contre le narcotrafic,
00:08:02priorité majeure pour notre sécurité intérieure comme pour la stabilité régionale.
00:08:08Au Venezuela, les autorités intérimaires ont fait part de leur souhait de renouer des relations apaisées avec les pays européens.
00:08:15La France, avec l'Allemagne, a plaidé pour des mesures de réconciliation concrètes aux bénéfices directs de la population.
00:08:23La libération de plusieurs prisonniers politiques survenus au cours des derniers jours
00:08:27constitue un signal positif que nous saluons avec prudence.
00:08:31La France a renouvelé sa disposition à faciliter la reprise du dialogue entre tous les acteurs vénézuéliens,
00:08:37y compris l'opposante Maria Corina Machado.
00:08:39Les mots de son discours, lus à Stockholm par sa fille, résonnent bien au-delà des frontières.
00:08:45Ce que nous, vénézuéliens, pouvons offrir au monde, c'est cette leçon apprise au terme d'un long chemin éprouvant.
00:08:51La démocratie n'existe que si nous sommes prêts à lutter pour la liberté.
00:08:55Car la liberté est un choix, un choix qui doit être renouvelé chaque jour
00:08:59et qui se mesure à l'aune de notre détermination et de notre courage.
00:09:03Notre souhait pour le Venezuela est clair, une transition pacifique et démocratique.
00:09:10La première étape est la libération des prisonniers politiques.
00:09:14La seconde, une transition respectueuse de la volonté exprimée par le peuple vénézuélien il y a un an
00:09:20lorsqu'il a élu un président, Edmundo González-Urussia,
00:09:24qui devra jouer un rôle central dans cette phase de reconstruction nationale.
00:09:29Aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur.
00:09:33Il appartient au peuple vénézuélien de trouver sa propre voie vers un avenir stable et prospère.
00:09:39La France, dont l'ambassade à Caracas n'a jamais fermé ses portes, restera présente et engagée.
00:09:46Et je veux saluer devant vous le travail de nos agents,
00:09:48qui a permis d'assurer la sécurité de la communauté française
00:09:51et de maintenir un lien essentiel avec la société vénézuélienne.
00:09:55La France est tenue aux côtés du peuple vénézuélien,
00:09:58dont les besoins sont immenses et elle le restera.
00:10:01Sur le plan humanitaire, nous avons soutenu des distributions de repas dans les cantines scolaires,
00:10:06des programmes de santé, de prévention des cancers, de formation médicale.
00:10:11Sur le plan culturel, les liens sont demeurés vivants grâce aux alliances françaises,
00:10:16au lycée français de Caracas, au festival de cinéma français dans tout le pays.
00:10:22Grâce à la musique aussi, qui résonne sous la baguette du chef d'orchestre Gustavo Doudamel,
00:10:26qui a dirigé l'orchestre de l'Opéra de Paris et celui de Radio France lors de la réouverture de Notre-Dame de Paris.
00:10:33Ces liens culturels sont précieux.
00:10:35Les perspectives économiques existent également dans un pays qui comptait encore plus d'une centaine d'entreprises françaises au début des années 2010.
00:10:42Le renforcement de nos liens dépendra toutefois du retour de notre personnel diplomatique expulsé
00:10:47et de la poursuite résolue vers une transition démocratique.
00:10:51Mesdames et Messieurs les députés, ce qui s'est passé au Venezuela doit nous aider à dessiller les yeux.
00:10:57Face à la multiplication des crises, la France fait le choix constant de la coopération plutôt que de la confrontation du droit, plutôt que de la force.
00:11:06Nous l'avons fait lorsqu'après un an de travail, la résolution que nous avons présentée à l'Assemblée générale des Nations Unies,
00:11:12condamnant le Hamas et ses crimes, appelant à son désarmement, dessinant les contours d'une intégration régionale
00:11:18et garantissant le droit du peuple palestinien à l'autodétermination, a été adoptée par 142 voix contre 10,
00:11:25c'est-à-dire à l'écrasante majorité des nations du monde.
00:11:28Nous l'avons fait lorsque, sur ce socle patiemment bâti, nous avons reconnu l'État de Palestine
00:11:34et entraîné dans notre sillage dix autres pays, dont le Royaume-Uni, le Canada et l'Australie.
00:11:39Nous l'avons fait lorsque nous avons formé, à l'initiative du Président de la République, une coalition de volontaires.
00:11:46Plus de 30 pays réunis la semaine dernière encore à Paris, des États d'Europe, d'Amérique du Nord, d'Océanie et d'Asie
00:11:53qui, pour la première fois depuis des décennies, ont défini ensemble une planification militaire crédible et robuste
00:12:00pour que la paix, une fois conclue, puisse être garantie en Ukraine.
00:12:04Nous le faisons aussi, en prenant très au sérieux les déclarations récentes du Président américain concernant le Groenland.
00:12:12Et nous le redisons ici avec force, le Groenland est un territoire européen.
00:12:17Il n'est ni à vendre, ni à prendre.
00:12:19Le Président de la République l'a dit, devant les ambassadrices et les ambassadeurs réunis il y a quelques jours à Paris,
00:12:25nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme.
00:12:29Nous refusons la vassalisation et le défaitisme.
00:12:33C'est cette ligne de fermeté, de cohérence et de fidélité à nos principes que la France continuera de porter
00:12:39pour le Venezuela, pour l'Europe et pour l'ordre international fondé sur le droit
00:12:44sans lequel il n'y a ni paix, ni liberté véritable.
00:12:47Je vous remercie.
00:12:49Merci beaucoup, Monsieur le Ministre.
00:12:53La parole est à présent à Madame Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens Combattants.
00:12:59Je souhaiterais pour ma part compléter ce tableau s'agissant de ce qui relève plus directement de la chose militaire.
00:13:14Avec en tout premier lieu les conséquences que nous devons tirer d'une menace russe
00:13:19qui est conduite à durer, mais également d'un lien transatlantique qui est réinterrogé.
00:13:25Cette menace russe, c'est bien sûr un fait.
00:13:27La relativiser serait dangereux.
00:13:30C'est la Russie qui a décidé d'envahir l'Ukraine.
00:13:34C'est la Russie qui décide chaque jour de poursuivre la guerre.
00:13:39C'est la Russie qui cible les populations civiles.
00:13:44Et le bombardement récent près de Livre par un missile de longue portée au Rechnik la semaine dernière
00:13:50est un message, Mesdames et Messieurs les députés, extrêmement clair.
00:13:53D'ailleurs, le président de la République l'a rappelé à Istres la semaine dernière.
00:13:59Nous sommes à portée.
00:14:01Aujourd'hui encore, c'est la Russie qui s'oppose à une paix juste et durable en Ukraine.
00:14:07Cette menace, elle est aussi hybride.
00:14:10Et en cela, elle ne vise pas que l'Ukraine.
00:14:13Elle vise l'ensemble des Européens.
00:14:16Il suffit d'observer les événements qui ont cours sur notre continent.
00:14:21Attaques cyber contre des infrastructures critiques et des câbles sous-marins.
00:14:25Tentatives d'ingérence dans nos processus démocratiques.
00:14:30Sabotage, intimidation, manipulation informationnelle.
00:14:35Incursion d'aéronefs dans l'espace aérien d'États alliés.
00:14:39La Russie ne cherche pas seulement à gagner une guerre.
00:14:43Elle cherche à tester notre solidarité.
00:14:47Elle cherche à fissurer nos sociétés.
00:14:50La Russie s'inscrit dans une posture agressive à l'égard de l'Europe
00:14:53de manière assumée et pensée dans le temps long.
00:14:59Elle consacre toutes ses forces à son économie de guerre.
00:15:03On en revient finalement, Mesdames et Messieurs les députés,
00:15:05à la définition qu'avait donnée le général Beaufre du rapport de force.
00:15:10La stratégie est l'art de la dialectique des volontés.
00:15:13Afin d'atteindre la décision, en créant et en exploitant,
00:15:18une situation entraînant une désintégration morale de l'adversaire,
00:15:22suffisante pour lui faire accepter les conditions qu'on veut lui imposer.
00:15:27Confrontés à une menace de cette nature, nous, Français et Européens,
00:15:33devons nous refuser à l'incantation.
00:15:37Concrètement, nous devons renforcer notre posture de défense et de dissuasion.
00:15:42Bien sûr, par exemple, sur le flanc Est de l'Europe,
00:15:45cela veut dire renforcer le pilier de l'OTAN.
00:15:48Cela veut dire être présent là où se joue la crédibilité collective.
00:15:53C'est exactement ce que fait la France,
00:15:56notamment en Estonie, où nos forces sont engagées dans l'opération Lynx,
00:16:00ou encore en Roumanie, où nous assumons le rôle de nation-cadre
00:16:04du déploiement de l'OTAN à travers la mission Aigle.
00:16:07Ces déploiements sont tout à la fois des signalements stratégiques
00:16:10et de réassurance sans aucune ambiguïté.
00:16:13Ils disent que l'Europe ne laissera pas tester sa frontière,
00:16:18que l'Alliance atlantique n'est pas une abstraction,
00:16:20mais la plus grande alliance militaire défensive au monde.
00:16:25Ils rappellent que dissuader un agresseur de vous attaquer,
00:16:28c'est d'abord être crédible,
00:16:31et c'est dans cet esprit que la France est déterminée
00:16:34à apporter tout le soutien nécessaire à l'Ukraine.
00:16:39Le ministre des Affaires étrangères vient de rappeler
00:16:41la réunion de la coalition des volontaires à Paris le 6 janvier.
00:16:4535 États représentés, dont 27 chefs d'État et de gouvernement,
00:16:49présents avec une participation de haut niveau des États-Unis.
00:16:54Cette réunion a consacré une convergence et une unité sans précédent
00:16:58entre les Européens, l'Ukraine et les États-Unis
00:17:01sur la dimension centrale des garanties de sécurité.
00:17:05Un mot maintenant sur le Groenland.
00:17:07Soyons clairs, nous traversons une période inédite
00:17:11de mise à l'épreuve du lien transatlantique
00:17:13qui s'est encore illustré ce week-end
00:17:15par le sujet des tensions commerciales.
00:17:19Sur ce territoire autonome du Royaume du Danemark,
00:17:22la France a décidé de se joindre à l'exercice
00:17:24Arctic Endurance organisé par le Danemark.
00:17:28Un premier détachement de militaires français est sur place.
00:17:31En tant que membres de l'OTAN,
00:17:33nous sommes avec nos partenaires déterminés
00:17:35à renforcer la sécurité de l'Arctique.
00:17:37C'est dans l'intérêt des deux côtés de l'Atlantique.
00:17:42C'est à cette nécessité que répond l'exercice Arctic Endurance
00:17:46et c'est pourquoi il a été coordonné avec les Alliés
00:17:50pour concrétiser notre pleine solidarité
00:17:53avec le Royaume du Danemark,
00:17:55notre plein soutien au peuple du Groenland.
00:17:58En Iran maintenant, la ligne française a été tout aussi claire.
00:18:02La France appelle au respect de la population civile
00:18:05et condamne les attaques contre les citoyens.
00:18:08Dans le même temps, nous appelons à éviter toute escalade régionale.
00:18:12Il appartient au peuple iranien
00:18:14et à lui seul de décider de son destin.
00:18:18Et je veux redire ici que nos troupes présentes dans la région
00:18:21se tiennent résolument aux côtés de nos partenaires
00:18:24avec lesquels nous sommes en échange constant.
00:18:27Voilà, mesdames et messieurs les députés,
00:18:29où nous en sommes.
00:18:30Avec une menace russe qui va durer d'une part,
00:18:33un lien transatlantique qui est réinterrogé d'autre part.
00:18:36À la confluence de ces deux évolutions,
00:18:39il y a pour nous une évidence.
00:18:41C'est celle du réveil stratégique européen.
00:18:44Nous plaidons en faveur de ce sursaut depuis 2017.
00:18:49Il commence à advenir.
00:18:51Nous ne pouvons que continuer.
00:18:53Souveraineté européenne, préférence européenne,
00:18:56pilier européen de l'OTAN.
00:18:57Aujourd'hui, ces contextes ne sont pas que des mots.
00:19:01Nous devons poursuivre,
00:19:02car la France doit rester un aiguillon
00:19:05pour l'Europe de la défense.
00:19:07Car la France est une puissance mondiale,
00:19:09avec des responsabilités mondiales,
00:19:12envers ses ressortissants,
00:19:13envers ses intérêts,
00:19:15envers ses alliés.
00:19:16C'est le cas dans l'Atlantique,
00:19:18en Méditerranée,
00:19:19au Levant,
00:19:20en Indo-Pacifique
00:19:21et dans les Amériques,
00:19:22où notre souveraineté est une réalité concrète.
00:19:25Notre vocation n'est absolument pas
00:19:27de multiplier les fronts.
00:19:29Notre vocation est d'éviter qu'ils ne s'embrasent.
00:19:32Être là, ce n'est pas provoquer.
00:19:34Être là, c'est prévenir.
00:19:36Être là, c'est dissuader.
00:19:38Et c'est précisément ici que j'en viens
00:19:40à un point central.
00:19:42Pour tenir son rang,
00:19:43pour prévenir les conflits,
00:19:45la France doit se réarmer.
00:19:47Et elle doit se réarmer
00:19:48pour que lorsque la diplomatie parle,
00:19:50elle soit entendue.
00:19:51C'est cela, l'autonomie stratégique.
00:19:55C'est cette capacité collective
00:19:56à nous entraîner
00:19:58pour protéger,
00:20:00à agir et à durer.
00:20:01Nous réarmons
00:20:02parce que la dissuasion
00:20:03repose sur la crédibilité.
00:20:06Nous réarmons
00:20:06parce que dans un monde
00:20:08qui se durcit,
00:20:09il y a une vérité.
00:20:10Si vous n'avez pas
00:20:11les moyens de votre politique,
00:20:14alors vous subissez
00:20:15la politique des autres.
00:20:17Le président de la République
00:20:18l'a dit.
00:20:19« Pour être respecté,
00:20:21il faut être craint.
00:20:22Pour être craint,
00:20:23il faut être crédible. »
00:20:24La crédibilité,
00:20:26c'est la préparation opérationnelle.
00:20:28Ce sont les stocks,
00:20:28ce sont les équipements,
00:20:30ce sont les femmes et les hommes
00:20:31et le sens de la mission.
00:20:33Ce sont aussi les familles.
00:20:34Derrière,
00:20:35c'est un statut militaire
00:20:36qui garantit
00:20:36la disponibilité
00:20:38de nos soldats
00:20:39en tout temps,
00:20:40en tout lieu.
00:20:41Nous disposons
00:20:42à ce titre
00:20:42d'une armée entraînée
00:20:43et d'un modèle d'armée
00:20:45dont nous devons être fiers.
00:20:47Modèle spécifiquement français,
00:20:49qui aligne stratégie
00:20:50de dissuasion navale
00:20:51et aéroportée opérationnelle
00:20:53articulée
00:20:54avec toute la palette
00:20:56de la stratégie conventionnelle.
00:20:59Aujourd'hui,
00:20:59nous devons désormais
00:21:00aller plus loin
00:21:01en étant solides
00:21:02sur nos deux jambes,
00:21:03celle de la haute technologie
00:21:05et celle de la masse.
00:21:06C'est tout le sens
00:21:07de la loi de programmation
00:21:08militaire 2024-2030
00:21:10dont je poursuis
00:21:11la mise en œuvre
00:21:12et prépare l'actualisation
00:21:13pour une adoption
00:21:14avant le 14 juillet 2026.
00:21:16L'objectif est clair.
00:21:18Entre 2017 et 2027,
00:21:20le budget de la défense
00:21:21aura doublé.
00:21:22Vous l'avez compris,
00:21:23ma responsabilité
00:21:24c'est de mener
00:21:25un triple réarmement.
00:21:26Le réarmement des stocks,
00:21:27le réarmement des forces,
00:21:28le réarmement des esprits,
00:21:30celui du lien
00:21:31armée-nation.
00:21:32Le débat
00:21:33qui nous rassemble
00:21:33aujourd'hui
00:21:34porte sur le rôle
00:21:35de la France
00:21:36dans la prévention
00:21:36et la résolution
00:21:38des crises internationales.
00:21:40J'ai souhaité vous dire
00:21:40ce que cela implique
00:21:41pour le ministère
00:21:42des armées
00:21:43dans le monde
00:21:44tel que nous le vivons.
00:21:45Et j'ai voulu dire
00:21:46ce qui l'impliquait,
00:21:48le réarmement
00:21:49et ce que cela implique
00:21:51évidemment
00:21:51pour notre Parlement,
00:21:53le vote bien sûr
00:21:54d'un budget.
00:21:55Votre rôle
00:21:55dans ce défi,
00:21:56mesdames et messieurs
00:21:57les parlementaires,
00:21:58est donc absolument immense.
00:22:00Je vous remercie.
00:22:01Aujourd'hui,
00:22:02nous ne parlons pas
00:22:03d'un sujet parmi d'autres.
00:22:05Nous parlons
00:22:05de la place de la France
00:22:06dans le monde,
00:22:07de sa responsabilité,
00:22:09de son héritage
00:22:10et de l'urgence
00:22:10d'agir face
00:22:11à un ordre international
00:22:12qui se fissure
00:22:13sous nos yeux.
00:22:14Le monde brûle
00:22:15au Venezuela,
00:22:16au Groenland,
00:22:17en Iran,
00:22:17en Ukraine,
00:22:18au Moyen-Orient
00:22:18et demain,
00:22:19qui sait,
00:22:20peut-être Taïwan
00:22:21ou Cuba
00:22:21ou peut-être d'autres encore.
00:22:24Face à ces crises,
00:22:25la France peut être
00:22:26spectatrice,
00:22:27elle doit être
00:22:28actrice,
00:22:28médiatrice,
00:22:29garante.
00:22:30Parce que la France
00:22:31n'est pas un pays
00:22:32comme les autres.
00:22:33Comme le disait Victor Hugo
00:22:34dans Les Misérables,
00:22:35la France est faite
00:22:36pour réveiller l'âme
00:22:37des peuples,
00:22:38non pour l'étouffer.
00:22:39Elle est la voie
00:22:40du dialogue,
00:22:40le rempart du droit,
00:22:42la conscience
00:22:42d'une Europe
00:22:42trop souvent divisée.
00:22:44Grâce au général de Gaulle
00:22:45et à ceux qui ont su
00:22:46préserver notre indépendance,
00:22:48nous sommes la seule
00:22:49puissance nucléaire
00:22:50européenne indépendante,
00:22:51un membre permanent
00:22:52du Conseil de sécurité,
00:22:54un pont entre les nations.
00:22:55Notre diplomatie
00:22:56n'est pas une politique
00:22:57parmi d'autres,
00:22:58elle est l'incarnation
00:22:59d'un idéal,
00:23:00celui de la souveraineté
00:23:01des peuples,
00:23:02de la stabilité collective,
00:23:04de la paix par le droit.
00:23:05C'est pourquoi ce rôle
00:23:06que nous avons historiquement
00:23:07ne doit pas être
00:23:08instrumentalisé par d'autres
00:23:10pour des fins obscures.
00:23:12Au Venezuela,
00:23:12après l'intervention américaine,
00:23:14les premiers mots
00:23:15du président de la République
00:23:15ont jeté un trouble
00:23:16quant au soutien de la France
00:23:18au droit international.
00:23:19Oui,
00:23:20Maduro était un président
00:23:21légitime,
00:23:22un dictateur
00:23:23dont le pays est libéré,
00:23:25libéré très partiellement.
00:23:26Les autres proxys
00:23:27du président déçu
00:23:28étant encore au pouvoir,
00:23:30mais l'ingérence américaine
00:23:32aurait demandé
00:23:32de notre part
00:23:33une parole forte,
00:23:34immédiate,
00:23:35sur les conséquences
00:23:36de cette capture
00:23:37sur le droit international.
00:23:38Il est du devoir
00:23:39de la France
00:23:40de refuser,
00:23:41sans ambiguïté,
00:23:42de cautionner
00:23:42un coup de force
00:23:43déguisé en libération.
00:23:45Nous devons aller plus loin,
00:23:46exiger un dialogue,
00:23:47s'il le faut,
00:23:48sous l'égide de l'ONU
00:23:49et de l'Union européenne
00:23:50et l'organisation
00:23:50de nouvelles élections
00:23:52sur leurs garanties
00:23:53avant que le chaos,
00:23:54une fois de plus,
00:23:55ne s'installe durablement.
00:23:57En Iran,
00:23:58face à un régime
00:23:58qui massacre son peuple
00:24:00et défie
00:24:01la communauté internationale,
00:24:02notre opposition
00:24:03doit être claire.
00:24:04Condamnation sans phalle
00:24:05des violations
00:24:06des droits humains
00:24:06mais porte toujours ouverte
00:24:09malgré tout
00:24:09à la négociation.
00:24:11Posons-nous la question,
00:24:12comment aider efficacement
00:24:13le peuple iranien
00:24:14à recouvrir
00:24:15une juste liberté
00:24:16pour marcher enfin
00:24:18vers la démocratie ?
00:24:19Nous ne devons pas oublier
00:24:20Cécile Collère
00:24:21et Jacques Paris,
00:24:22nos deux compatriotes,
00:24:23toujours privés réellement
00:24:24de leur liberté de mouvement,
00:24:26arbitrairement.
00:24:27Le retour doit rester
00:24:28une priorité absolue.
00:24:30Dans l'Arctique,
00:24:31le Groenland
00:24:31est devenu un enjeu
00:24:32de puissance
00:24:33et peut devenir
00:24:33un énième tournant
00:24:35dans le respect
00:24:35du droit international.
00:24:37Il est inadmissible
00:24:38de voir que les Etats-Unis,
00:24:40pour coloniser un territoire
00:24:41dont le peuple refuse
00:24:42catégoriquement
00:24:43de leur appartenir,
00:24:45menacent
00:24:45par nos nouveaux droits
00:24:46de douane
00:24:47les forces européennes
00:24:48qui osent,
00:24:49osent le protéger.
00:24:51La proposition
00:24:51du Président de la République
00:24:52d'utiliser l'instrument
00:24:53anti-coercition européen
00:24:55doit être soutenue.
00:24:57Nous ne pouvons céder
00:24:58systématiquement
00:24:59à de telles menaces.
00:25:01Le Président Poutine
00:25:02doit se frotter les mains
00:25:03de voir un pays de l'OTAN
00:25:04menacer d'ailleurs
00:25:04d'autres pays de l'OTAN.
00:25:06En Ukraine,
00:25:07la guerre est le défi
00:25:08le plus pressant
00:25:09pour notre sécurité.
00:25:10La France a sous-connectif
00:25:12politiquement,
00:25:13humanitairement
00:25:13et militairement.
00:25:14Mais notre ambition
00:25:15doit être plus haute.
00:25:16Préparer la paix
00:25:17sans naïveté,
00:25:18sans renoncement,
00:25:19en unissant l'Europe
00:25:20autour d'une stratégie commune.
00:25:22Au Moyen-Orient,
00:25:23les crises s'accumulent.
00:25:25Gaza,
00:25:25la Cisjordanie,
00:25:26la Syrie,
00:25:27les rivalités régionales.
00:25:28La France,
00:25:29forte de ses liens historiques,
00:25:30doit être le facilitateur,
00:25:32le bâtisseur de paix.
00:25:34Cela passe par une solution
00:25:35à deux États,
00:25:36par la condamnation systématique
00:25:37des exactions,
00:25:38par la lutte contre le terrorisme
00:25:40et par une coopération
00:25:41qui sache dépasser
00:25:42les clivages.
00:25:43Alors,
00:25:44que faire ?
00:25:44Je propose à cette Assemblée
00:25:46d'adopter,
00:25:47une fois pour toutes,
00:25:48quatre engagements forts.
00:25:49Tout d'abord,
00:25:50renforcer notre diplomatie préventive,
00:25:53donner au quai d'Orsay
00:25:54les moyens d'anticiper,
00:25:55d'agir,
00:25:56de désamorcer les crises
00:25:57avant qu'elles n'éclatent.
00:25:58Nous ne connaissons pas encore
00:25:59l'issue du projet
00:26:00de loi de finances,
00:26:01mais j'espère que des moyens
00:26:02supplémentaires lui permettront
00:26:03de représenter avec force
00:26:04la France
00:26:05dans ce contexte géopolitique
00:26:07particulièrement dangereux.
00:26:09Ensuite,
00:26:09construire une Europe
00:26:10de la défense ambitieuse,
00:26:12mais respectueuse
00:26:13de l'indépendance
00:26:13de chaque État.
00:26:14À 27 ?
00:26:15À 27 ?
00:26:16Est-ce encore possible ?
00:26:17Peut-être faut-il
00:26:18un noyau dur,
00:26:19une avant-garde capable
00:26:20de peser face aux menaces.
00:26:22En troisième point,
00:26:23soutenir les forces
00:26:24de la liberté
00:26:24dans les zones de tension,
00:26:26car la stabilité
00:26:26passe par le respect
00:26:27des peuples
00:26:28et leur droit
00:26:29inaliénable
00:26:30à l'autodétermination.
00:26:32Enfin,
00:26:32en quatrième point,
00:26:33à affirmer notre indépendance
00:26:34face aux puissances hégémoniques,
00:26:36qu'il s'agisse
00:26:36des États-Unis,
00:26:37de la Chine
00:26:37ou de la Russie,
00:26:38la France ne sera
00:26:39jamais un satellite.
00:26:41La France doit rester
00:26:42un phare.
00:26:43Un phare,
00:26:43ce n'est pas une lumière
00:26:44qui clignote au gré des vents.
00:26:46C'est une flamme constante,
00:26:48nourrie par nos valeurs,
00:26:49les lumières,
00:26:49la justice,
00:26:50la conviction
00:26:50que les conflits
00:26:51ne sont jamais
00:26:52une fatalité.
00:26:52Pour citer encore une fois
00:26:54Victor Hugo,
00:26:55toutes les situations extrêmes
00:26:56ont leurs éclairs
00:26:57qui tantôt nous aveuglent,
00:26:58mais tantôt nous illuminent.
00:27:00Nous sommes dans un moment
00:27:01où il est plus que nécessaire
00:27:02de faire de ces crises
00:27:03des opportunités
00:27:04pour revoir nos stratégies
00:27:05au regard des évolutions
00:27:06géopolitiques
00:27:07particulièrement graves
00:27:08pour le futur.
00:27:09L'histoire nous le rappelle
00:27:10cruellement
00:27:10et la dernière intervention
00:27:12des Américains
00:27:12nous le démontre à nouveau.
00:27:14On n'impose pas la liberté
00:27:15par la force,
00:27:16rappelons-nous du Vietnam,
00:27:17de l'Irak,
00:27:17de la Libye.
00:27:18Par ailleurs,
00:27:19supprimer un dictateur
00:27:20ne sauve pas les peuples.
00:27:21A chaque fois,
00:27:22les interventions extérieures
00:27:23ont semé le chaos,
00:27:25jamais la démocratie.
00:27:26La France doit refuser
00:27:27cette logique,
00:27:28elle doit incarner
00:27:29une autre voie,
00:27:30celle du dialogue,
00:27:31de la lucidité,
00:27:31de la dignité humaine.
00:27:33Madame la Présidente,
00:27:34Madame la Ministre,
00:27:35Monsieur le Ministre,
00:27:35mes chers collègues,
00:27:36l'espérance en politique
00:27:37n'est pas un vœu pieux,
00:27:38c'est un choix,
00:27:39le choix de refuser
00:27:40la brutalité,
00:27:41de défendre le droit,
00:27:42de croire en la paix.
00:27:43Ce choix,
00:27:43faisons-le aujourd'hui,
00:27:45portons-le haut,
00:27:46portons-le fort
00:27:47pour que la France
00:27:47reste demain comme hier
00:27:49une nation qui compte,
00:27:50une nation qui protège,
00:27:52une nation qui inspire.
00:27:53Je vous remercie.
00:27:54Au lendemain de la déclaration
00:27:56du Président Emmanuel Macron,
00:27:57saluant la capture
00:27:59du Président Maduro
00:28:00dans le cadre
00:28:00de l'opération américaine
00:28:02au Venezuela,
00:28:03ce débat s'imposait.
00:28:05Nous l'avions demandé
00:28:06parce qu'une fois de plus,
00:28:07la charte des Nations Unies
00:28:08a été violée
00:28:09et une fois de plus,
00:28:11la réaction de la France
00:28:12a été en deçà
00:28:13de ce qu'exigeait
00:28:13cette nouvelle consécration
00:28:15de la loi du plus fort.
00:28:16Une situation
00:28:18qui nous oblige
00:28:19à interroger
00:28:20le rôle de la France
00:28:21sur la scène internationale.
00:28:23Dans un mouvement
00:28:23de déstabilisation globale
00:28:25où le droit international
00:28:26semble devenir
00:28:28et devenu optionnel,
00:28:30la perte de crédibilité
00:28:31de notre diplomatie
00:28:32dans la prévention
00:28:33et la résolution
00:28:34des crises internationales
00:28:36est manifeste.
00:28:37Il nous oblige
00:28:38à la lucidité,
00:28:40appel à un sursaut
00:28:40à la hauteur des risques
00:28:41et des dangers
00:28:42qui pèsent sur les peuples.
00:28:44Ce qui s'est passé
00:28:44au Venezuela
00:28:45est la parfaite illustration
00:28:47du nouvel ordre mondial
00:28:49que prône
00:28:49le président Trump.
00:28:51Et si on commande
00:28:52beaucoup ces sautes d'humeur,
00:28:54on minimise souvent
00:28:55le caractère pensé
00:28:57cohérent
00:28:57d'une doctrine élaborée,
00:28:59notamment à travers
00:29:00le document dit
00:29:01de la stratégie
00:29:02de sécurité nationale.
00:29:04Or,
00:29:04face à cet impérialisme
00:29:06débridé,
00:29:07la voix de la France
00:29:08reste faible.
00:29:09André Malraux
00:29:10avait raison
00:29:10quand il écrivait,
00:29:11je le cite,
00:29:12« La France n'a jamais
00:29:13été plus grande
00:29:14que lorsqu'elle parlait
00:29:15pour tous les peuples
00:29:16et c'est pourquoi
00:29:17son silence
00:29:18s'entend de façon
00:29:19aussi poignante. »
00:29:21Il ne s'agit pas
00:29:21de mythifier le passé,
00:29:23mais de rappeler
00:29:24une exigence.
00:29:25La France n'est écoutée
00:29:26que lorsqu'elle assume
00:29:28de dire non,
00:29:29y compris à ses alliés,
00:29:30au nom d'un principe supérieur.
00:29:32Elle a su le faire
00:29:33en 2003,
00:29:35quand la France,
00:29:35au nom du droit international,
00:29:37refusait la guerre en Irak
00:29:38menée par les Américains
00:29:40et leur coalition des volontaires,
00:29:42puisqu'elle était appelée ainsi.
00:29:45Or, de même,
00:29:47notre pays a eu raison
00:29:48de dénoncer l'agression russe
00:29:49contre l'Ukraine
00:29:50au nom de l'article 2
00:29:52de la Charte des Nations Unies.
00:29:54Mais pourquoi cette incapacité
00:29:56à appliquer ce même standard
00:29:59lorsque l'auteur de la violation
00:30:01n'est plus Moscou,
00:30:02mais Washington à Caracas
00:30:04ou Israël à Gaza ?
00:30:06C'est ce double standard
00:30:07qui ruine notre crédibilité.
00:30:10Votre politique est déséquilibrée.
00:30:13Certains pays s'exonèrent
00:30:14de leurs obligations internationales,
00:30:16piétinent l'ONU,
00:30:18insultent ses dirigeants
00:30:19et les organismes internationaux
00:30:21et souvent vous regardez ailleurs.
00:30:26Au moment où le peuple iranien
00:30:28affronte avec courage et héroïsme
00:30:31la répression d'un régime sanguinaire,
00:30:34il serait politiquement et moralement fautif
00:30:37de laisser une fois encore
00:30:39la main aux seuls Etats-Unis
00:30:41qui n'agissent, on le sait,
00:30:43qu'au regard de leurs seuls intérêts.
00:30:45La France doit prendre toute sa place
00:30:47en s'appuyant sur les Nations Unies
00:30:49pour ne pas abandonner le courageux peuple iranien
00:30:52et empêcher toute aventure militaire américaine
00:30:54qui plongeraient la région dans un nouveau cycle de chaos.
00:30:58Vous n'en prenez pas le chemin et nous le déplorons.
00:31:01Face à l'impérialisme débridé de l'administration Trump,
00:31:04il faut se montrer intransigeant
00:31:06qu'il vise l'Amérique du Sud,
00:31:08le Groenland ou le Moyen-Orient.
00:31:10L'intransigeance ne se mesure
00:31:11ni à la mise en scène de la peur,
00:31:14ni à la fuite en avant dans l'investissement guerrier.
00:31:17Le président français ne cesse de répéter
00:31:19qu'il faut être craint pour être respecté.
00:31:23Une vision de la puissance en contradiction totale
00:31:26avec l'esprit de la Charte des Nations Unies
00:31:28qui fonde au contraire la sécurité collective
00:31:31sur le droit et la coopération.
00:31:33Or, pour être puissant, il faut être crédible
00:31:36et pour être crédible, il faut être juste.
00:31:39Le respect ne se fonde pas sur la peur.
00:31:44Il se fonde sur la capacité à être juste
00:31:46et cohérent, surtout lorsque ce sont des alliés
00:31:49qui violent les résolutions des Nations Unies
00:31:52et qui bombardent des civils.
00:31:55Le respect ne se décrète pas, il se mérite,
00:31:57par la constance dans la défense du droit,
00:32:00même si cela doit contrarier les puissants.
00:32:03En tant que membre permanent du Conseil de sécurité,
00:32:06seul pays membre de l'Union européenne
00:32:08et puissance nucléaire,
00:32:09la France doit rester inflexible
00:32:11sur le respect du droit international
00:32:13et les principes de base du droit humanitaire.
00:32:17Son statut l'oblige à prendre des initiatives structurantes.
00:32:21Chaque fois qu'un État, quel qu'il soit,
00:32:23franchit les lignes rouges du droit,
00:32:25il nous oblige également à conditionner
00:32:27nos exportations d'armes
00:32:28et nos partenariats stratégiques
00:32:29au regard, toujours, du respect du droit international.
00:32:34Tant que la France se montrera ferme avec certains
00:32:38et minimisera les actes des autres,
00:32:41elle contribuera à la déstabilisation
00:32:43d'un ordre international devenu trop fragile.
00:32:46Au nom des peuples, de tous les peuples du monde,
00:32:48nous l'appelons à défendre de manière rigoureuse
00:32:51et universelle la charte des Nations Unies
00:32:55pour lui rendre sa force
00:32:56et ne pas précipiter le monde dans le chaos de la guerre.
00:32:59Notre pays doit porter ce flambeau
00:33:02et prendre, nous le pensons,
00:33:03la tête des gouvernements majoritaires
00:33:06qui sont attachés à la résolution pacifique des conflits
00:33:09et au dialogue multilatéral
00:33:10pour lutter contre l'ultra-nationalisme
00:33:12porteur de conflits sanglants
00:33:14qui gangrènent de nombreux pays.
00:33:16Alors, et pour conclure,
00:33:18je nous invite à méditer cette phrase
00:33:21de Nelson Mandela, je le cite,
00:33:24« Le respect du droit international
00:33:26est le seul rempart des faibles
00:33:27contre l'arbitraire des puissants. »
00:33:30Il est des moments où une nation
00:33:31ne peut plus parler à voix basse.
00:33:34Il est des moments où le monde se durcit,
00:33:37où les tyrannies avancent,
00:33:39où les peuples sont écrasés
00:33:40et où la France doit décider
00:33:42si elle veut encore être une puissance qui agit
00:33:45ou seulement une puissance qui commande.
00:33:49Le Venezuela vit aujourd'hui
00:33:51l'un de ces moments de vérité.
00:33:53Le Venezuela est un pays
00:33:55qui possède les plus grandes réserves
00:33:57de pétrole du monde.
00:33:58Un pays qui, par ses ressources,
00:34:00devrait nourrir son peuple,
00:34:02soigner ses enfants,
00:34:04investir dans son avenir.
00:34:06Et pourtant, sous le régime
00:34:08de Nicolas Maduro,
00:34:09ce pays est devenu un symbole mondial
00:34:11de pauvreté extrême,
00:34:13de corruption et de faillite politique.
00:34:16Près de 8 millions de Vénézuéliens
00:34:18ont fui leur pays.
00:34:207 millions supplémentaires
00:34:22vivent dans une urgence humanitaire permanente.
00:34:25Ainsi, plus de la moitié du peuple vénézuélien
00:34:28est condamné à l'exil
00:34:30ou à la pauvreté extrême.
00:34:32L'autre moitié vit dans la crainte
00:34:34d'une répression politique sanglante.
00:34:37Voilà le bilan de Nicolas Maduro,
00:34:39président non élu
00:34:40qui a truqué les dernières élections.
00:34:43Un pays riche,
00:34:44vidé de sa population.
00:34:46Une rente pétrolière détournée
00:34:47au profit d'un seul clan.
00:34:49Un État transformé en machine
00:34:51de contrôle et de répression.
00:34:53Et à cette catastrophe humanitaire
00:34:55s'ajoute une autre réalité
00:34:56tout aussi grave.
00:34:58Le Venezuela est devenu
00:34:59une plaque tournante
00:35:00du narcotrafic international.
00:35:03Sous Maduro,
00:35:03des réseaux criminels
00:35:04ont prospéré
00:35:05avec la complicité
00:35:06de l'appareil d'État.
00:35:07Chaque année,
00:35:08plus de 10%
00:35:09de la production mondiale
00:35:10de cocaïne
00:35:11transite par le Venezuela
00:35:12alimentant des mafias,
00:35:14des économies criminelles
00:35:15et une violence
00:35:16qui gangrène
00:35:17aussi nos sociétés.
00:35:19Pendant que le peuple
00:35:20s'appauvrit,
00:35:21le crime lui prospère.
00:35:23Voilà le vrai visage
00:35:24de ce régime.
00:35:26Il faut le dire clairement,
00:35:27personne ne regrettera
00:35:29la fin de ce règne.
00:35:30Ni le peuple vénézuélien,
00:35:32ni les démocraties.
00:35:34Personne,
00:35:35sauf les narcotrafiquants
00:35:36que ce régime a protégés
00:35:37et peut-être
00:35:38quelques élus de gauche hors sol.
00:35:40Après des décennies
00:35:42de dictatures socialistes,
00:35:43le Venezuela doit retrouver
00:35:45le chemin de la prospérité
00:35:46par une transition démocratique
00:35:48des élections libres
00:35:49et l'alternance
00:35:50à laquelle aspire son peuple.
00:35:53Quel a été,
00:35:54Monsieur le ministre,
00:35:54le rôle de la France
00:35:56dans cette affaire ?
00:35:57Sous l'ère Macron,
00:35:58notre diplomatie
00:35:59s'est dissoute
00:36:00dans le « en même temps ».
00:36:01Un jour,
00:36:01on condamne.
00:36:02Le lendemain,
00:36:03on nuance.
00:36:04Un jour,
00:36:05on affirme.
00:36:05Le lendemain,
00:36:06on corrige.
00:36:07Le Venezuela n'a pas échappé
00:36:10à cette règle toute macronienne.
00:36:12Dans le monde réel,
00:36:13cette illisibilité
00:36:14ne produit pas du respect.
00:36:16Elle produit du vide.
00:36:18Regardons l'Afrique.
00:36:20Sous le seul règne
00:36:21d'Emmanuel Macron,
00:36:22la France a disparu
00:36:23de régions entières.
00:36:24Du Mali,
00:36:25de Centrafrique,
00:36:26du Tchad,
00:36:27pourtant un allié historique.
00:36:29Des zones où elle était
00:36:29parfois la dernière digue
00:36:31contre le chaos.
00:36:32Et cette disparition,
00:36:33Monsieur le ministre,
00:36:34a eu un prix.
00:36:36Alors que 58 de nos soldats
00:36:37sont tombés
00:36:38lors des opérations
00:36:39Serval et Berkhan
00:36:40pour combattre
00:36:41le terrorisme islamiste
00:36:42à sa source,
00:36:43les errements diplomatiques
00:36:44qui ont suivi
00:36:45ont permis à nos ennemis
00:36:46de reprendre du terrain.
00:36:48Une diplomatie naïve,
00:36:49sans stratégie
00:36:50ni rapport de force,
00:36:52a des conséquences directes
00:36:53sur la sécurité des Français.
00:36:55Cette faiblesse,
00:36:57nous la voyons aussi
00:36:58en Algérie.
00:36:59Boilem Sansal
00:37:00n'a pas été libéré
00:37:01par la France,
00:37:02il l'a été
00:37:02par l'Allemagne.
00:37:04Pendant que Christophe Gleize,
00:37:05journaliste français,
00:37:06reste détenu.
00:37:08Je veux lui rendre
00:37:08hommage ici,
00:37:10hommage à son courage,
00:37:11à sa liberté confisquée.
00:37:14Faudra-t-il
00:37:14qu'un autre pays
00:37:15agisse encore
00:37:16à notre place ?
00:37:18Même en Europe,
00:37:19la France a renoncé.
00:37:21Pays fondateur de l'Union,
00:37:22deuxième contributeur budgétaire,
00:37:25elle a laissé
00:37:25se signer le traité
00:37:26du Mercosur
00:37:27contre ses agriculteurs
00:37:29et contre sa souveraineté alimentaire.
00:37:31Faute d'influence,
00:37:33elle est restée impuissante.
00:37:35Il fut un temps
00:37:36où,
00:37:36quand les intérêts
00:37:37vitaux de la France
00:37:38étaient menacés,
00:37:39un président
00:37:40savait dire non.
00:37:41Il quittait la table,
00:37:43il assumait
00:37:43le rapport de force.
00:37:45C'était la politique
00:37:46de la chaise vide
00:37:47du général de Gaulle.
00:37:49Pas d'Europe
00:37:49contre la France.
00:37:51Aujourd'hui,
00:37:52c'est l'inverse.
00:37:53Une France présente
00:37:54dans les réunions
00:37:54mais absente
00:37:55dans les décisions.
00:37:56Une France
00:37:57que plus personne n'écoute.
00:37:58Georges Clemenceau
00:38:00nous l'avait pourtant rappelé.
00:38:02Il faut savoir
00:38:02ce que l'on veut.
00:38:04Quand on le sait,
00:38:05il faut avoir
00:38:05le courage de le dire.
00:38:07Quand on l'a dit,
00:38:08il faut avoir
00:38:08le courage de le faire.
00:38:10Appliquons-le,
00:38:11Monsieur le ministre,
00:38:12à notre diplomatie.
00:38:13Savoir ce que l'on veut,
00:38:15défendre la liberté,
00:38:16la démocratie
00:38:17et nos intérêts vitaux.
00:38:18Avoir le courage
00:38:19de le dire,
00:38:20nommer les dictateurs,
00:38:22refuser les accords
00:38:23qui nous affaiblissent.
00:38:24Avoir le courage
00:38:25de le faire,
00:38:26bloquer,
00:38:26s'opposer,
00:38:28assumer un rapport
00:38:28de force.
00:38:30La France n'a jamais
00:38:31été respectée
00:38:32parce qu'elle était aimable.
00:38:33Elle l'a été
00:38:34parce qu'elle était souveraine,
00:38:35indépendante et forte.
00:38:37Dans un monde brutal,
00:38:39seules les nations
00:38:40qui savent
00:38:40ce qu'elles veulent
00:38:41comptent.
00:38:42C'est cette France
00:38:42que nous devons redevenir.
00:38:44Fière,
00:38:45libre,
00:38:46souveraine,
00:38:46forte et respectée.
00:38:48Que d'autosatisfaction
00:38:49dans la déclaration
00:38:50du gouvernement.
00:38:52Quelle pitoyable
00:38:53cacophonie
00:38:54à la tête de l'État ?
00:38:56Le président
00:38:56de la République
00:38:57se cantonnant
00:38:58dans un premier temps
00:38:59à une incompréhensible
00:39:00réserve
00:39:01vis-à-vis
00:39:01de cette agression
00:39:02américaine,
00:39:03tandis que le ministre
00:39:04des Affaires étrangères
00:39:05se livrait
00:39:06à des déclarations
00:39:07contraires.
00:39:08Même si le groupe
00:39:09de la France insoumise
00:39:10feint de l'ignorer,
00:39:12Maduro restera
00:39:13dans l'histoire
00:39:14du Venezuela
00:39:15un président
00:39:15illégitime
00:39:16qui aura
00:39:17aboli la démocratie,
00:39:19truqué les élections,
00:39:21instauré une dictature,
00:39:22introduit un socialisme
00:39:24du XXIe siècle
00:39:25avec les mêmes
00:39:25caractéristiques
00:39:26de pauvreté,
00:39:28de goulag
00:39:28et de persécution
00:39:29que celui
00:39:30du XXe siècle,
00:39:32fait fuir
00:39:3230% de la population,
00:39:34plonger le pays
00:39:35qui possède
00:39:36d'importantes réserves
00:39:36de pétrole
00:39:37dans la pauvreté.
00:39:39Dès le premier jour,
00:39:40Marine Le Pen
00:39:41et Jordan Bardella
00:39:42ont pris une position
00:39:43ferme et cohérente
00:39:44rappelant
00:39:45qu'il existait
00:39:47mille raisons
00:39:48de condamner
00:39:49le régime autoritaire
00:39:50de Nicolas Maduro,
00:39:51mais qu'aucune
00:39:52ne pouvait justifier
00:39:53la remise en cause
00:39:54de la souveraineté
00:39:55inviolable
00:39:56et sacrée
00:39:56d'un État.
00:39:58Renoncer à ce principe
00:39:59aujourd'hui
00:39:59pour le Venezuela,
00:40:01pour n'importe quel État,
00:40:03reviendrait à accepter
00:40:04demain
00:40:04notre propre servitude.
00:40:08Marine Le Pen
00:40:08entend renouer
00:40:10avec les valeurs
00:40:11traditionnelles
00:40:12de la diplomatie
00:40:14française.
00:40:15Indépendance,
00:40:16équidistance,
00:40:17constance.
00:40:19Aussi convient-il
00:40:19d'examiner
00:40:20à l'aune
00:40:21de ces trois principes,
00:40:23ce qui ne peut pas
00:40:23même être désigné
00:40:24comme la position
00:40:25de la France,
00:40:27mais l'attitude
00:40:28d'Emmanuel Macron
00:40:29sur la crise
00:40:30vénézuélienne.
00:40:32Indépendance,
00:40:32tout d'abord.
00:40:33Tous les observateurs
00:40:34ont souligné
00:40:35l'alignement total
00:40:36des déclarations
00:40:37du président Macron
00:40:38sur les déclarations
00:40:39du président Trump.
00:40:41La voix de la France,
00:40:42incarnée par celui
00:40:43qui, au terme
00:40:44de l'article 14
00:40:45de notre Constitution,
00:40:46parle au nom
00:40:47de la France,
00:40:48ne s'est pas affirmée
00:40:49comme une voix
00:40:50indépendante.
00:40:52Équidistance ensuite.
00:40:54En affichant
00:40:54un tel parti pris
00:40:55en faveur
00:40:56des États-Unis
00:40:56qui ont bafoué
00:40:58tous les principes
00:40:58fondamentaux
00:40:59du droit international,
00:41:01le président Macron
00:41:02a hypothéqué
00:41:03la sécurité juridique
00:41:05du peuple vénézuélien,
00:41:07lequel,
00:41:07bien que persécuté
00:41:08par le régime Maduro,
00:41:10ne peut être ainsi
00:41:11sacrifié
00:41:11sur l'autel
00:41:12de la réelle politique.
00:41:13Il est évident
00:41:14que les États-Unis
00:41:15n'auraient pas agi
00:41:16de la sorte
00:41:17si le Venezuela
00:41:18n'était pas riche
00:41:19de son pétrole
00:41:20et de ses ressources
00:41:21stratégiques.
00:41:23Aussi,
00:41:24l'objectif manifeste
00:41:25poursuivi par les États-Unis
00:41:26exigeait-il
00:41:28du président français
00:41:29une réelle distance
00:41:31avec les États-Unis.
00:41:33Constance, enfin,
00:41:35en ignorant
00:41:35les principes fondamentaux
00:41:36du droit international
00:41:37qui,
00:41:39s'il peut être enrichi,
00:41:40j'y reviendrai
00:41:41dans un instant,
00:41:42repose néanmoins
00:41:43sur la souveraineté
00:41:44des États,
00:41:45le président Macron
00:41:46a, à lui tout seul,
00:41:48changé le discours
00:41:49historique de la France.
00:41:52Malgré de malheureuses
00:41:53exceptions,
00:41:54c'est au droit international
00:41:55que la voix de la France
00:41:56a toujours invité
00:41:57à se référer,
00:41:58en Irak en 2003
00:41:59jusqu'en Ukraine
00:42:01depuis 2022,
00:42:02alors que les tensions
00:42:03entre nations
00:42:04fragilisent la paix
00:42:06et l'équilibre du monde.
00:42:08En renonçant
00:42:09à l'indépendance,
00:42:10à l'équidistance
00:42:11et à la constance
00:42:12qui fondait sa crédibilité,
00:42:14la France voit aujourd'hui
00:42:15sa parole
00:42:16perdre toute influence
00:42:17au plan international.
00:42:19La situation internationale
00:42:21et singulièrement
00:42:23les événements
00:42:24survenus au Venezuela
00:42:25ont été
00:42:27un nouveau révélateur,
00:42:28s'il en fallait encore un,
00:42:30de l'affaiblissement
00:42:31de la voix de la France
00:42:32dans le concert des nations.
00:42:34En raison des gesticulations
00:42:35du président de la République
00:42:36et de la faiblesse
00:42:38d'un gouvernement
00:42:38sans majorité,
00:42:40la France
00:42:40n'est plus audible.
00:42:42Or,
00:42:43la voix de la France
00:42:44est attendue
00:42:45par un grand nombre
00:42:45de nations,
00:42:47cette voix singulière
00:42:48d'un pays
00:42:49qui a donné au monde
00:42:49la déclaration
00:42:50des droits de l'homme
00:42:51et du citoyen
00:42:52et qui a eu
00:42:53pendant longtemps
00:42:53ce rôle
00:42:54de grande puissance.
00:42:56Pour retrouver cette place,
00:42:57le Rassemblement national
00:42:58considère que la France
00:43:00doit enrichir
00:43:00le droit international
00:43:01de nouveaux principes.
00:43:03A la tribune
00:43:04de l'ONU
00:43:05en 1995,
00:43:06le pape Jean-Paul II
00:43:07déclarait,
00:43:08je cite,
00:43:09« La Déclaration universelle
00:43:10des droits de l'homme
00:43:11adoptée en 1948
00:43:12a traité de manière éloquente
00:43:14des droits des personnes.
00:43:16Il n'existe pas encore
00:43:18d'accord international
00:43:19analogue
00:43:19qui traite des droits
00:43:21des nations
00:43:22dans leur ensemble.
00:43:23C'est là un fait
00:43:24qu'il convient de prendre
00:43:25attentivement en considération
00:43:27étant donné
00:43:28les questions urgentes
00:43:29qu'il suscite
00:43:30dans le monde contemporain
00:43:31au sujet de la justice
00:43:33et de la liberté.
00:43:35Pour combler cette carence,
00:43:37un projet de déclaration
00:43:38des droits des peuples
00:43:39et des nations
00:43:39a été porté par Marine Le Pen
00:43:41en septembre 2023.
00:43:43Parallèlement au retour
00:43:44des empires,
00:43:45se dessine un mouvement
00:43:46de retour des nations
00:43:47sur tous les continents
00:43:48et l'aspiration pressante
00:43:50des peuples
00:43:51à faire leur
00:43:52le principe
00:43:53auquel ils sont
00:43:53légitimement attachés,
00:43:55droit à disposer
00:43:56d'eux-mêmes.
00:43:58Ces aspirations
00:43:58ne peuvent prendre corps
00:43:59que de manière pacifique
00:44:01et ordonnée.
00:44:03Aussi,
00:44:03le droit est-il
00:44:04un instrument incontournable
00:44:06qui ne saurait
00:44:07être relégué
00:44:08au second plan ?
00:44:10La déclaration
00:44:10des droits des peuples
00:44:11et des nations
00:44:12proposée par Marine Le Pen
00:44:14vise à donner
00:44:15à la communauté internationale
00:44:16un outil supplémentaire
00:44:18afin que le préambule
00:44:20de la charte
00:44:20des Nations Unies
00:44:21du 26 juin 1945
00:44:23qui affirme
00:44:24la résolution
00:44:25des peuples
00:44:25des Nations Unies
00:44:26a favorisé
00:44:27le progrès social
00:44:28et instauré
00:44:29de meilleures conditions
00:44:30de vie dans une liberté
00:44:31plus grande
00:44:32ne soit pas
00:44:33une épitaphe
00:44:34sur le tombeau
00:44:35du droit international.
00:44:37Depuis près
00:44:38de deux siècles,
00:44:39les États-Unis
00:44:40directement ou indirectement
00:44:41interviennent
00:44:42pour influencer
00:44:43le destin
00:44:43des nations
00:44:44latino-américaines,
00:44:45des États
00:44:46que Washington
00:44:46a toujours traités
00:44:47comme son arrière-cours.
00:44:49Mais ce qui est nouveau
00:44:50et infiniment
00:44:52plus inquiétant,
00:44:53ce n'est pas
00:44:54le retour
00:44:54de l'impérialisme américain
00:44:55en Amérique latine.
00:44:56C'est d'abord
00:44:57le changement radical
00:44:59de doctrine
00:44:59du gouvernement Trump
00:45:01vis-à-vis
00:45:01de sa propre démocratie,
00:45:03fondée il y a 250 ans
00:45:05par les pères fondateurs
00:45:06sur les principes
00:45:07d'État de droit
00:45:07et de contre-pouvoir.
00:45:10Permettez aux franco-américains
00:45:11qui vous parlent
00:45:12de vous rappeler
00:45:13les faits.
00:45:14Dès son discours
00:45:15d'investiture,
00:45:16le président Trump
00:45:16a levé toute ambiguïté.
00:45:18Il s'est présenté
00:45:19comme l'incarnation
00:45:20absolue du peuple américain,
00:45:21comme si son élection
00:45:22lui conférait
00:45:23un pouvoir sans limite,
00:45:24affranchi de toute règle,
00:45:26de tout contrôle,
00:45:27de toute obligation
00:45:28de rendre des comptes.
00:45:30N'oublions pas
00:45:30que ce même président
00:45:31a attaqué
00:45:32la Constitution américaine
00:45:33en 2020
00:45:34en exigeant
00:45:34de son vice-président
00:45:35Mike Pence
00:45:36qu'il refuse
00:45:37de reconnaître
00:45:38les résultats
00:45:39de l'élection présidentielle.
00:45:42Autour de Donald Trump,
00:45:43l'administration
00:45:44a assumé
00:45:45la primauté
00:45:45du rapport de force
00:45:46sur la règle,
00:45:47de la domination
00:45:48sur la norme,
00:45:49de l'exception
00:45:50sur le droit.
00:45:51Aujourd'hui,
00:45:52les Américains,
00:45:53comme les Français
00:45:53qui résident aux États-Unis
00:45:55et que j'ai l'honneur
00:45:55de représenter,
00:45:56constatent chaque jour
00:45:57un État fédéral
00:45:59qui s'ingère
00:46:00dans les compétences
00:46:01des États fédérés,
00:46:02intervient dans les décisions
00:46:03des entreprises
00:46:04et fait pression
00:46:05sur la société civile.
00:46:06Une police migratoire
00:46:08qui agit en milice,
00:46:09sans mandat clair
00:46:10ni contrôle effectif.
00:46:12Des contre-pouvoirs
00:46:13affaiblis,
00:46:13contournés,
00:46:15réduits au silence.
00:46:17Notre modèle européen
00:46:18de liberté d'expression,
00:46:19notre conception
00:46:20du droit international,
00:46:21de la hiérarchie des normes,
00:46:22du contrôle de constitutionnalité
00:46:24sont autant de principes
00:46:25auxquels il s'entend
00:46:26s'attaquer.
00:46:28Des millions d'Américains
00:46:29attendent de nous
00:46:30que nous soyons
00:46:31à la hauteur de l'histoire,
00:46:33que nous incarnions
00:46:34et défendions
00:46:34nos principes fondateurs.
00:46:36Des milliers d'Américains
00:46:37effarés par ce qui se passe
00:46:38aux États-Unis
00:46:39souhaitent trouver refuge
00:46:40en France,
00:46:41en Europe,
00:46:42attachés à un modèle
00:46:43de démocratie
00:46:44qu'ils voient se désagréger
00:46:45sous les coups de butoir
00:46:46de l'administration actuelle.
00:46:49Mes chers collègues,
00:46:49derrière l'agressivité
00:46:51du président américain,
00:46:53nous avons en fait
00:46:54l'occasion unique
00:46:55de valoriser
00:46:55ce que nous sommes
00:46:56et d'accueillir
00:46:57les chercheurs,
00:46:58les entrepreneurs,
00:46:59les artistes
00:46:59qui souhaitent fuir
00:47:00la dérive autoritaire
00:47:01dans leur pays.
00:47:03Mettons les moyens
00:47:04pour les accueillir
00:47:04et démontrer ainsi
00:47:05l'attractivité
00:47:07de notre modèle.
00:47:08L'autre rupture historique,
00:47:11c'est que Donald Trump
00:47:12ne nous considère plus
00:47:13comme ses alliés.
00:47:15Nous ne sommes même
00:47:16plus des concurrents,
00:47:17nous sommes devenus
00:47:18ses adversaires.
00:47:19Les déclarations
00:47:21de Donald Trump
00:47:21ce week-end
00:47:22nous menaçant
00:47:22d'augmenter
00:47:23les tarifs douaniers
00:47:24contre les pays
00:47:24renforçant la sécurité
00:47:26du Groenland
00:47:26sont une preuve
00:47:27de plus
00:47:28que nous ne pourrons
00:47:29pas nous fier
00:47:29à l'accord commercial
00:47:30signé l'année dernière
00:47:31par la Commission européenne.
00:47:33Dans ce contexte,
00:47:35cessons de nous bercer
00:47:36d'illusions.
00:47:37Faute de réaction
00:47:38de notre part,
00:47:39cette administration
00:47:40ne respectera pas
00:47:41l'esprit
00:47:42des règles de l'OTAN.
00:47:44Elle n'hésitera pas
00:47:45à s'empérer
00:47:46du Groenland
00:47:47de façon transactionnelle
00:47:48au mépris du droit,
00:47:49des alliés
00:47:50et de l'équilibre
00:47:50international.
00:47:52L'ingérence
00:47:53des États-Unis
00:47:54pour déstabiliser
00:47:55l'unité européenne
00:47:56est assumée,
00:47:57rompant avec
00:47:58une tradition constante
00:47:59de soutien
00:47:59à l'Union européenne
00:48:00qui date
00:48:01du plan Marshall.
00:48:02L'administration
00:48:03du président Trump
00:48:04et de son vice-président
00:48:05Vence
00:48:05n'ont jamais caché
00:48:07leur objectif
00:48:08de fragiliser
00:48:08l'Union européenne
00:48:09en divisant
00:48:10les États membres
00:48:11sur tous les sujets.
00:48:13Il n'est pas anodin
00:48:14que le communiqué
00:48:14initial de l'Union européenne
00:48:15sur le Groenland
00:48:16évite de mentionner
00:48:17les États-Unis.
00:48:19L'Italie
00:48:19de Giorgia Meloni
00:48:20l'a sciemment omis
00:48:21pour préserver
00:48:22ses relations privilégiées
00:48:23avec Trump.
00:48:24Il n'est pas anodin
00:48:25non plus
00:48:26que certains gouvernements
00:48:26européens
00:48:27préfèrent le silence
00:48:28à la confrontation.
00:48:29C'est précisément
00:48:30face à ce piège
00:48:31que notre unité
00:48:32est notre meilleur
00:48:33rempart.
00:48:34Quelle différence
00:48:35avec ceux
00:48:35qui à l'extrême droite
00:48:36de cet hémicycle
00:48:38vantent l'énergie
00:48:39du président Trump ?
00:48:41Mais où
00:48:41trouve-t-il
00:48:42toute cette énergie ?
00:48:44Une énergie
00:48:45que l'on admire
00:48:46parce qu'on est prêt
00:48:47à se vendre
00:48:48à lui
00:48:49pour obtenir
00:48:50son soutien
00:48:50au prix de nos valeurs,
00:48:52de notre souveraineté
00:48:53et de notre indépendance.
00:48:55La France, elle,
00:48:56a réaffirmé hier
00:48:57par la voix
00:48:58du président de la République
00:48:59sa détermination
00:49:00à résister
00:49:00et à utiliser
00:49:01tous les moyens
00:49:01pour faire plier
00:49:02une administration
00:49:03qui s'attaque
00:49:04une fois de plus
00:49:04à notre économie
00:49:05sous prétexte
00:49:06que nous défendons
00:49:07l'espace européen.
00:49:09Mes chers collègues,
00:49:10il y a deux ans,
00:49:12lors des commémorations
00:49:13des 80 ans
00:49:13du débarquement,
00:49:15notre présidente,
00:49:16Yael Brown-Pivet,
00:49:17accueillait ici
00:49:18une délégation
00:49:18de parlementaires américains,
00:49:20républicains
00:49:21comme démocrates.
00:49:23Malgré leurs différences politiques,
00:49:25leur message
00:49:25était alors clair.
00:49:27L'attachement
00:49:27à l'Alliance
00:49:28et aux partenaires européens,
00:49:29la fidélité
00:49:30aux valeurs communes.
00:49:31Même les républicains
00:49:32ne pouvaient pas imaginer
00:49:33que cette administration
00:49:34romperait
00:49:35avec notre histoire.
00:49:37En quelques mois,
00:49:38le président des États-Unis
00:49:39est finalement revenu
00:49:39sur sa promesse
00:49:40de se désengager
00:49:41des conflits internationaux
00:49:42pour réaffirmer
00:49:43le visage
00:49:44le plus impérialiste
00:49:45que l'Amérique
00:49:45n'ait jamais connu.
00:49:47Le président Trump
00:49:48a d'ailleurs réaffirmé
00:49:49presque à la manière
00:49:50du docteur Folamour
00:49:51il y a quelques heures
00:49:52ou quelques jours
00:49:52dans un courrier
00:49:53au Premier ministre
00:49:54de la Norvège
00:49:55que, faute d'avoir obtenu
00:49:56le prix Nobel,
00:49:57il ne se sentait plus obligé
00:49:58de penser uniquement
00:49:59à la paix.
00:50:01Face à cette escalade,
00:50:02nous allons avec
00:50:03le président
00:50:03de la Commission des Affaires,
00:50:05Bruno Fuchs
00:50:05et le président
00:50:06du groupe d'amitié
00:50:06France-États-Unis,
00:50:07Franck Riester,
00:50:08écrire à nos homologues
00:50:09américains
00:50:10pour réaffirmer
00:50:10ces principes
00:50:11et les appeler
00:50:12à ce que le Congrès américain
00:50:13soutienne l'alliance
00:50:14transatlantique.
00:50:16Le mépris
00:50:16de l'administration américaine
00:50:18pour ses principes démocratiques
00:50:19s'est transformé
00:50:19en offensif
00:50:20contre ses propres alliés,
00:50:22voire en complaisance
00:50:23à peine voilée
00:50:23envers des régimes autoritaires.
00:50:25En Ukraine,
00:50:26Trump ne voit
00:50:27ni un peuple agressé
00:50:28ni une démocratie
00:50:29en danger.
00:50:30Il ne voit
00:50:30ni valeur
00:50:30ni principe
00:50:31à défendre,
00:50:33les hydrocarbures
00:50:35de Poutine
00:50:35d'un côté,
00:50:36les minerais
00:50:36du président Zelensky
00:50:38de l'autre.
00:50:39Le reste
00:50:39lui est indifférent
00:50:40pour fût
00:50:41qu'il en tire profit.
00:50:43En Iran,
00:50:44où le peuple iranien
00:50:45se bat admirablement
00:50:46au péril de sa vie
00:50:47contre le régime
00:50:48des Mollahs,
00:50:49le président Trump
00:50:49poursuit là encore
00:50:50ses intérêts seuls,
00:50:51sans concertation
00:50:52avec les Européens.
00:50:54Son admiration
00:50:55pour les hommes forts,
00:50:56ceux qui, comme lui,
00:50:57méprisent les contre-pouvoirs,
00:50:58le poussent naturellement
00:50:59à soutenir
00:51:00les mouvements
00:51:00d'extrême droite
00:51:01sur notre continent.
00:51:03Qu'il s'agisse
00:51:03des néonazis
00:51:04de l'AFD en Allemagne,
00:51:05des xéloformes
00:51:06de Reform UK
00:51:06ou du Rassemblement
00:51:07National en France,
00:51:09Trump et ses partisans
00:51:10ne se cachent plus.
00:51:11Leur soutien
00:51:12à ces partis
00:51:13est assumé,
00:51:14au point de franchir
00:51:15parfois la ligne rouge
00:51:16de l'ingérence.
00:51:17Il y a d'ailleurs
00:51:17quelques semaines,
00:51:18l'administration américaine
00:51:19a même envisagé
00:51:20des sanctions
00:51:20contre les magistrats français
00:51:22ayant condamné
00:51:22Marine Le Pen
00:51:23en mars dernier.
00:51:25Et ce n'est qu'un début.
00:51:26Les prochaines élections
00:51:27européennes seront
00:51:28la cible
00:51:28d'interventions
00:51:29directes
00:51:30et revendiquées.
00:51:31L'époque où Washington
00:51:32se posait en garant
00:51:33de nos processus
00:51:34démocratiques
00:51:34est bel et bien terminé.
00:51:36Mes chers collègues,
00:51:37soyons lucides,
00:51:38nous vivons
00:51:38un basculement historique.
00:51:41Nous assistons
00:51:41au retour des empires.
00:51:43La Russie,
00:51:43la Chine,
00:51:44les Etats-Unis
00:51:45maintenant partagent
00:51:45désormais une même volonté,
00:51:47étendre leur influence
00:51:48par la force.
00:51:50Et face à ces empires,
00:51:51la France seule
00:51:52ne pourra pas résister.
00:51:54Seul le leadership
00:51:55de la France
00:51:55dans l'Union européenne
00:51:56peut nous permettre
00:51:57de rivaliser.
00:51:58assumons nos responsabilités,
00:52:00faisons de ce moment
00:52:01de rupture
00:52:02une opportunité
00:52:03historique pour l'Europe.
00:52:05Comme le rappelle régulièrement
00:52:06notre président de groupe,
00:52:07Gabriel Attal,
00:52:07cessons de nous lamenter.
00:52:09Il est temps d'agir,
00:52:11vite et avec détermination.
00:52:13Agissons,
00:52:14renforçons une Europe
00:52:15puissance,
00:52:16souveraine,
00:52:17indépendante,
00:52:17une Europe qui agit,
00:52:18qui n'a plus peur
00:52:19de peser sur les affaires
00:52:20du monde.
00:52:21Cela commence,
00:52:22vous l'avez dit,
00:52:23Madame la Ministre,
00:52:23par notre réarmement
00:52:24collectif.
00:52:25Le gouvernement a proposé
00:52:27une hausse sans précédent
00:52:28de notre effort de défense.
00:52:30Nous l'avons massivement
00:52:31soutenu dans cet hémicycle,
00:52:32merci de l'avoir rappelé,
00:52:34mais nous avons besoin,
00:52:35comme vous l'avez dit,
00:52:35d'aller encore plus loin
00:52:36et plus fort
00:52:37pour agir de concert
00:52:38et pour être les leaders
00:52:39de cette Europe.
00:52:41Poursuivons l'Europe
00:52:41de la défense,
00:52:42utilisons enfin pleinement
00:52:43les instruments
00:52:44à notre disposition.
00:52:45Trop longtemps délaissés,
00:52:46la coopération structurée
00:52:47permanente,
00:52:48les coopérations renforcées,
00:52:50la terticle 44
00:52:51du traité de Lisbonne.
00:52:52Soyons à la hauteur
00:52:53de l'histoire,
00:52:54faisons preuve d'audace,
00:52:55montrons au monde
00:52:56que l'Europe n'a plus peur
00:52:57d'agir.
00:52:58Construire une Europe puissante,
00:52:59c'est aussi afficher
00:53:00notre souveraineté économique
00:53:01et technologique.
00:53:03Les Etats-Unis
00:53:03veulent nous imposer
00:53:04des droits de douane
00:53:05parce que nous défendons
00:53:06la souveraineté au Groenland ?
00:53:08Répondons avec fermeté.
00:53:10Activons, s'il le faut,
00:53:11l'instrument
00:53:11anti-coercition
00:53:12de l'Union européenne,
00:53:13instaurons la réciprocité
00:53:14tarifaire,
00:53:15excluons les entreprises
00:53:16américaines des marchés
00:53:17publics et imposons
00:53:18des droits de douane
00:53:19significatifs
00:53:20sur les géants du numérique.
00:53:21Adoptons enfin
00:53:23un Buy European Act
00:53:24pour que nos marchés publics
00:53:25bénéficient d'abord
00:53:26à nos entreprises.
00:53:28Mes chers collègues,
00:53:29rassemblons-nous
00:53:30pour bâtir l'Europe
00:53:31de demain,
00:53:31une Europe qui protège,
00:53:32qui décide,
00:53:33qui agit,
00:53:33une Europe capable
00:53:34de défendre ses citoyens,
00:53:35ses intérêts,
00:53:36ses choix
00:53:37et d'imposer ses principes
00:53:38dans un monde redevenu
00:53:39brutal.
00:53:40Le retour de l'Europe
00:53:41comme puissance
00:53:41sur la scène internationale
00:53:42n'est pas une option,
00:53:44c'est une nécessité vitale
00:53:45où nous disparaîtrons.
00:53:46C'est la seule voie
00:53:47pour que nos valeurs
00:53:48ne deviennent pas des vestiges,
00:53:49la seule voie pour que le droit
00:53:50survive à la force,
00:53:52la seule voie pour que l'histoire
00:53:53ne s'écrime pas sans nous.
00:53:54Merci.
00:53:55Quand un chef d'État
00:53:56est kidnappé illégalement
00:53:57sur ordre de président
00:53:58de la première puissance
00:53:58militaire du monde,
00:53:59le rôle du président
00:54:00de la République française
00:54:01est de dire non.
00:54:03Quand Donald Trump
00:54:04annonce mettre sous tutelle
00:54:05colonial le Venezuela
00:54:06et son pétrole,
00:54:07le rôle du président
00:54:07de la République française
00:54:08est de dire non.
00:54:10Oui,
00:54:10quand les fondements
00:54:10du système de sécurité collective
00:54:12bâti après la Seconde Guerre mondiale
00:54:14sont sapés,
00:54:15le rôle du président
00:54:16de la République française,
00:54:17membre permanent
00:54:18du Conseil de sécurité
00:54:19de l'ONU
00:54:20et de dire non.
00:54:22Hélas,
00:54:23le 3 janvier,
00:54:24Emmanuel Macron
00:54:24a une fois de plus
00:54:25tourné le dos
00:54:26au droit international
00:54:27et à notre indépendance
00:54:28diplomatique,
00:54:29comme il l'a déjà fait
00:54:30entre autres
00:54:31par son inaction
00:54:32contre le génocide à Gaza.
00:54:33Sa réaction a tellement
00:54:34plu à Donald Trump
00:54:35que ce dernier
00:54:36l'a partagé.
00:54:37La honte.
00:54:39Le kidnapping
00:54:39d'un chef d'État
00:54:40est pourtant une menace
00:54:41adressée au monde entier.
00:54:42Dès son forfait accompli,
00:54:45Donald Trump
00:54:46menaçait d'autres pays
00:54:48d'Amérique latine
00:54:48et réitérait sa volonté
00:54:49d'annexer le Groenland.
00:54:51Rien de surprenant,
00:54:52il applique
00:54:52une doctrine officielle.
00:54:54Aussi détestable
00:54:54soit sa vision du monde,
00:54:56il en a une,
00:54:57c'est celle du président
00:54:57d'extrême droite
00:54:58d'une puissance impériale
00:54:59pensant compenser
00:55:00par sa supprimatie militaire
00:55:02la perte de sa supprimatie
00:55:04économique
00:55:04au profit de la Chine.
00:55:06Quittez vos lunettes
00:55:07atlantistes
00:55:07et prenez au sérieux
00:55:08la stratégie
00:55:09de sécurité nationale
00:55:10états-unienne.
00:55:11Les États-Unis
00:55:12se considèrent
00:55:12comme maîtres
00:55:13et possesseurs
00:55:13d'une partie du globe,
00:55:15leur hémisphère.
00:55:16Ils ne sont plus
00:55:17nos alliés.
00:55:18Trump a déclaré
00:55:19que sa seule limite
00:55:20est sa propre morale.
00:55:21Cette morale
00:55:22qui le fait désigner
00:55:23l'Europe
00:55:23comme un vassal
00:55:24à rééduquer politiquement
00:55:25en s'ingérant
00:55:26dans les élections
00:55:27au profit
00:55:27de l'extrême droite.
00:55:28Cette extrême droite
00:55:29qui dit en France
00:55:30par la voix
00:55:31de Jordan Bardella
00:55:31« Grâce à Trump,
00:55:33un vent de liberté,
00:55:34de fierté nationale
00:55:35souffle sur toutes
00:55:36les démocraties occidentales. »
00:55:38Cette extrême droite
00:55:39fidèle à sa tradition
00:55:40toujours prête
00:55:40à choisir
00:55:41la vassalisation
00:55:42contre l'indépendance nationale.
00:55:44Or,
00:55:44jamais depuis
00:55:45la Seconde Guerre mondiale,
00:55:46l'alternative
00:55:47entre indépendance
00:55:48et vassalisation
00:55:49ne s'est présentée
00:55:49à nous
00:55:50de manière aussi tranchée.
00:55:51La réaction indigne
00:55:52du 3 janvier
00:55:53est hélas conforme
00:55:54au rééluement atlantiste
00:55:55inauguré par Nicolas Sarkozy
00:55:57poursuivi par François Hollande
00:55:59aggravé par Emmanuel Macron.
00:56:01En amont
00:56:02de son premier mandat,
00:56:03il a intrigué
00:56:03pour que la branche énergie
00:56:05d'Alstom
00:56:05soit vendue
00:56:05à General Electric.
00:56:07Sous sa présidence,
00:56:08il aura laissé
00:56:08des groupes états-unniens
00:56:09achetés pour plus
00:56:10de 130 milliards
00:56:11de dollars
00:56:12de fleurons français
00:56:13constituant autant
00:56:14de pans
00:56:14de notre indépendance
00:56:15comme Technic,
00:56:16la TECOER,
00:56:17Opela,
00:56:17maison mère de Doliprane
00:56:18et j'en passe des dizaines.
00:56:20Au sommet de Paris
00:56:21sur l'intelligence artificielle
00:56:22en février dernier,
00:56:23il a promu
00:56:23une colonisation numérique
00:56:24de la France
00:56:25par les GAFAM.
00:56:26C'est GAFAM
00:56:26que vous venez
00:56:27de renoncer
00:56:28à taxer davantage
00:56:29suite à des nièmes
00:56:29menaces états-uniennes.
00:56:30Au niveau européen,
00:56:32entre deux dissertations
00:56:33théoriques sur l'autonomie
00:56:35stratégique européenne,
00:56:36Emmanuel Macron a validé
00:56:37toutes les capitulations
00:56:38de la commission
00:56:39face à Trump.
00:56:40Pour limiter les droits
00:56:41de douane,
00:56:41vous avez lâché
00:56:42sur tout le reste.
00:56:43Promesse de 600 milliards
00:56:44d'euros d'investissement
00:56:45européen aux Etats-Unis
00:56:46au moment où il faut relancer
00:56:47les investissements
00:56:48productifs en France.
00:56:49Promesse de 750 milliards
00:56:50d'euros d'achat
00:56:51de produits énergétiques
00:56:52états-uniens.
00:56:53Promesse d'achat
00:56:54de semi-conducteurs.
00:56:55Engagement à réduire
00:56:56les régulations écologiques,
00:56:57sanitaires et sécuritaires
00:56:58qui pourraient freiner
00:56:59l'arrivée des produits
00:57:00états-uniens
00:57:00sur le marché européen.
00:57:03Auparavant,
00:57:04au sommet de l'OTAN,
00:57:05vous aviez accepté
00:57:06de consacrer un tribut
00:57:07de 5% du PIB
00:57:09aux dépenses d'armement.
00:57:11Tribut,
00:57:11car ces dépenses
00:57:12vont gaver
00:57:13l'industrie états-unienne
00:57:13de l'armement.
00:57:14Ce qui est contraire
00:57:15à toute forme d'indépendance.
00:57:17Les Etats-Unis
00:57:18pouvant empêcher
00:57:18l'emploi de ces armes
00:57:19s'ils le souhaitent.
00:57:21Pour ces raisons,
00:57:21l'idée même
00:57:22d'un pilier européen
00:57:23de l'OTAN
00:57:23indépendant des Etats-Unis
00:57:24est une absurdité.
00:57:25La France a les moyens
00:57:27de son indépendance
00:57:28et de sa dissuasion
00:57:29en matière de défense.
00:57:31Nous redépensons donc
00:57:32ce jour
00:57:32une proposition de résolution
00:57:34invitant le gouvernement
00:57:35à organiser le retrait
00:57:36de la France
00:57:37de l'Organisation du Traité
00:57:38de l'Atlantique Nord
00:57:39en commençant
00:57:39par son commandement intégré.
00:57:42L'énoncé de vos capitulations
00:57:44rappelle que les démonstrations
00:57:45de servitude volontaire
00:57:46ne changent rien
00:57:46aux mépris et méthodes
00:57:47de Trump.
00:57:48Plus vous le flagornez,
00:57:49plus il exprime son mépris
00:57:51pour notre indépendance.
00:57:53Au moment où il menace
00:57:54le Groenland,
00:57:54vous voici au pied
00:57:56du mur
00:57:56de vos renoncements.
00:57:58Évidemment,
00:57:58dans un tel contexte,
00:57:59nous soutiendrons
00:58:00toutes les mesures
00:58:00pouvant renforcer
00:58:01notre indépendance
00:58:02vis-à-vis de l'Empire
00:58:03étatsunien.
00:58:04Encore faut-il s'entendre
00:58:05sur ce qu'est l'indépendance.
00:58:07L'indépendance,
00:58:07c'est d'abord être déterminé
00:58:08à aller au bout
00:58:09de la riposte.
00:58:10Ayant été les premiers
00:58:11à demander il y a un an
00:58:12la mobilisation
00:58:12du mécanisme
00:58:13anti-coercition européen
00:58:14contre les Etats-Unis,
00:58:16nous soutenons
00:58:16cette proposition.
00:58:18Mais Emmanuel Macron
00:58:19ira-t-il au bout
00:58:20ou renossera-t-il
00:58:21comme il l'a toujours fait
00:58:22quand il s'agit
00:58:22de dire non aux Etats-Unis ?
00:58:25Évidemment,
00:58:25l'indépendance suppose
00:58:26de se redoter
00:58:27des moyens de la puissance
00:58:28que vous avez affaiblie.
00:58:29Elle ne se réduit pas,
00:58:30contrairement à ce que vous croyez,
00:58:32à une accumulation
00:58:33de moyens militaires
00:58:34sans stratégie cohérente.
00:58:36La puissance,
00:58:36c'est aussi
00:58:37la souveraineté alimentaire.
00:58:38C'est une industrie
00:58:39capable de fournir
00:58:40l'essentiel des besoins.
00:58:41Ce sont des services
00:58:42publics de qualité.
00:58:43Ce sont des citoyens
00:58:44bien formés.
00:58:45C'est un peuple unique
00:58:46contre toutes les tentatives
00:58:47de division raciste
00:58:48justifiant aux yeux
00:58:50de certains
00:58:51le ralliement
00:58:51à l'extrême droite
00:58:52de Trump.
00:58:53La puissance,
00:58:54enfin,
00:58:54c'est être capable
00:58:55de parler
00:58:55de sa propre voix
00:58:56dans le monde.
00:58:57Oui,
00:58:57la France a intérêt
00:58:58au non-alignement,
00:58:59le contraire
00:59:00de l'isolement
00:59:01dans lequel nous enferme
00:59:02votre vision atlantiste
00:59:03et occidentaliste
00:59:04et leur lot
00:59:05d'indignation sélective.
00:59:07Oui,
00:59:08la France a intérêt
00:59:08à établir partout
00:59:10où cela est nécessaire
00:59:10des coalitions
00:59:11autour des principes
00:59:12du droit international,
00:59:14seule alternative
00:59:14à la guerre
00:59:15de tous contre tous.
00:59:16Oui,
00:59:16le rôle de la France
00:59:17le 3 janvier
00:59:18aurait été
00:59:19d'être dans le front
00:59:21du refus
00:59:21regroupant l'Espagne,
00:59:22le Brésil,
00:59:23le Chili,
00:59:24la Colombie,
00:59:24le Mexique,
00:59:25l'Uruguay,
00:59:26dénonçant dans une déclaration
00:59:27commune
00:59:28l'agression contre le Venezuela.
00:59:30Oui,
00:59:30elle aurait dû demander
00:59:31une réunion
00:59:31du Conseil de sécurité
00:59:32de l'ONU.
00:59:33Oui,
00:59:34il faut redonner
00:59:34à la France
00:59:35les moyens
00:59:36de jouer avec d'autres
00:59:37ce rôle redevenu fondamental
00:59:39pour l'humanité,
00:59:40défendre la paix.
00:59:42Face aux admirateurs
00:59:43de Trump
00:59:43et son monde
00:59:44qui pensent
00:59:44que le recours
00:59:45à la force brute
00:59:46est l'avenir inéluctable,
00:59:47voire souhaitable
00:59:48de l'ordre international.
00:59:49Je voudrais conclure
00:59:50avec cette citation
00:59:51de Blum.
00:59:53Certains d'entre vous
00:59:53penseront
00:59:54qu'en dressant
00:59:54vis-à-vis du monde actuel
00:59:55cette image
00:59:56du monde possible,
00:59:57nous poussons l'idéalisme
00:59:58jusqu'à la chimère.
00:59:59Mais n'oubliez pas
01:00:00cependant
01:00:00qu'à cette chimère,
01:00:02la vie universelle
01:00:02est suspendue.
01:00:04L'intervention américaine
01:00:05au Venezuela
01:00:05le 3 janvier dernier
01:00:06a marqué un pas de plus
01:00:08vers la négation
01:00:09du droit international.
01:00:11Hors de tout cadre
01:00:11national et international,
01:00:13les Etats-Unis,
01:00:14membres du Conseil
01:00:15de sécurité
01:00:15des Nations Unies
01:00:16et endossant en cela
01:00:17une responsabilité
01:00:18particulière
01:00:19dans le maintien
01:00:20de la paix
01:00:20et de la sécurité,
01:00:22en ont bafoué
01:00:22les principes cardinaux.
01:00:24Ils déroulent ainsi
01:00:25leur nouvelle stratégie
01:00:26de sécurité nationale
01:00:28qui met
01:00:29l'interventionnisme
01:00:30sur le continent américain
01:00:31et la vassalisation
01:00:32de l'Europe.
01:00:33La France ne peut
01:00:34ni l'ignorer,
01:00:36ni s'en accommoder,
01:00:36ni pire encore,
01:00:38s'y associer
01:00:38par des déclarations
01:00:39publiques
01:00:40immédiatement repostées
01:00:41par Donald Trump
01:00:42lui-même.
01:00:42Soyons lucides.
01:00:44Ces derniers mois,
01:00:46la politique étrangère
01:00:47de la France
01:00:47a manqué
01:00:48de cohérence,
01:00:49de constance
01:00:50et parfois même
01:00:50de courage,
01:00:51amenant même
01:00:52M. Attal
01:00:52à plaider
01:00:53pour un retour
01:00:54à, je cite,
01:00:55la voix de la force
01:00:56tout en adoubant
01:00:57des interventions américaines
01:00:58qui violent délibérément
01:01:00la charte des Nations Unies
01:01:01sous les applaudissements
01:01:02et la complaisance
01:01:03de l'extrême droite
01:01:04et d'une partie de la droite.
01:01:05Nous, au groupe socialiste,
01:01:06nous aurons de cesse
01:01:07de les dénoncer.
01:01:08Il s'agit de préserver
01:01:09l'image de la France
01:01:10et de garantir
01:01:11le principe
01:01:12de règlement pacifique
01:01:13des complis.
01:01:14Prévenir et résoudre
01:01:15les crises
01:01:15en réaffirmant
01:01:16les principes
01:01:17du droit international,
01:01:18ce n'est pas
01:01:19l'acte des faibles,
01:01:20mais ça prévient le chaos.
01:01:22Cela n'exemple
01:01:22aucun régime
01:01:23de ses responsabilités,
01:01:24ni le régime autoritaire
01:01:25de Maduro
01:01:26qui a volé
01:01:27les élections
01:01:27de juillet 2024,
01:01:29ni celui des Molas
01:01:30qui massacre son peuple
01:01:31qui crie aujourd'hui
01:01:32pour ses libertés
01:01:33et ses droits fondamentaux.
01:01:35Aucune crise
01:01:36ne doit être reléguée
01:01:37au second plan.
01:01:38Je pense ici
01:01:39au Soudan
01:01:39où un conflit
01:01:40largement oublié
01:01:41continue de provoquer
01:01:43la pire crise humanitaire
01:01:44au monde,
01:01:45aux conséquences vertigineuses
01:01:46pour les populations
01:01:47civiles.
01:01:48Elles doivent être soutenues.
01:01:50Notre pays
01:01:51ne peut également
01:01:51se passer de cohérence
01:01:52concernant le soutien
01:01:54apporté aux instances
01:01:55d'arbitrage international
01:01:56et de lutte
01:01:57contre l'impunité.
01:01:59Alors que les attentes
01:01:59assumées visant
01:02:00les juridictions internationales
01:02:02se multiplient,
01:02:03notamment les sanctions
01:02:04émises par l'administration
01:02:05américaine,
01:02:06l'absence de coopération
01:02:07de la France
01:02:08dans l'application
01:02:09des mandats d'arrêt
01:02:10émis par la Cour pénale
01:02:11internationale,
01:02:12elle fragilise
01:02:13et entrave
01:02:14le fonctionnement
01:02:15de cette dernière.
01:02:16Le gouvernement
01:02:16doit sortir des doubles discours
01:02:18s'agissant de la solidarité
01:02:19internationale.
01:02:20Comment est-ce qu'on peut
01:02:21à la fois afficher
01:02:22notre volonté
01:02:23de préserver l'influence
01:02:24et la capacité
01:02:25à prévenir
01:02:26ou à répondre
01:02:27aux crises de notre pays
01:02:28et en même temps
01:02:29amputer l'aide publique
01:02:30au développement
01:02:30de la moitié
01:02:31de ses crédits
01:02:31en deux ans ?
01:02:33La France doit faire preuve
01:02:34de cohérence
01:02:35dans ses positions
01:02:36et retrouver sans tarder
01:02:37une capacité
01:02:38d'action diplomatique
01:02:39indépendante,
01:02:40crédible
01:02:41et pleinement conforme
01:02:42aux droits internationaux.
01:02:44Rappeler l'importance
01:02:44du multilatéralisme,
01:02:46c'est indispensable
01:02:46pour relever
01:02:47les défis globaux
01:02:48et répondre aux crises
01:02:49qui secouent notre planète
01:02:51et prolifèrent
01:02:51ces dernières semaines.
01:02:53Mais cela ne suffit plus.
01:02:55Face à la crise
01:02:55multidimensionnelle
01:02:56qui entrave
01:02:57sa capacité d'action,
01:02:59il faut une réforme
01:03:00qui doit être menée
01:03:01afin de répondre
01:03:02à un double défi
01:03:03démocratique d'abord,
01:03:04notamment en assurant
01:03:05une meilleure représentativité
01:03:07au sein du Conseil
01:03:08de sécurité
01:03:09et opérationnel ensuite
01:03:11pour promouvoir
01:03:12un usage responsable
01:03:13du droit de veto
01:03:14de ses membres
01:03:15en cas d'atrocité massive.
01:03:18Nous devons également
01:03:19nous mobiliser
01:03:19pour protéger
01:03:20le multilatéralisme
01:03:22de l'unitéralisme
01:03:23de certaines puissances,
01:03:24on le voit pour la Russie,
01:03:26la Chine
01:03:26ou encore les Etats-Unis.
01:03:28Les initiatives américaines
01:03:29ont à plusieurs fois
01:03:30déstabilisé
01:03:32celles portées par la France
01:03:33dans le cadre international
01:03:35qu'il s'agisse
01:03:35du plan de paix américain
01:03:36qui a supplanté
01:03:37la déclaration
01:03:38de New York
01:03:39sur le règlement pacifique
01:03:40de la question
01:03:41de la Palestine
01:03:42et la mise en oeuvre
01:03:43de la solution
01:03:43des deux Etats,
01:03:44pourtant adoptée
01:03:45par l'Assemblée générale
01:03:46de l'ONU,
01:03:47ou encore
01:03:47des tergiversations américaines
01:03:49sous le soutien
01:03:50à l'Ukraine
01:03:51qui sapent les efforts
01:03:52de la coalition
01:03:52des volontaires.
01:03:54Nous socialistes
01:03:54ne céderons rien
01:03:55sur le soutien
01:03:55à l'Ukraine,
01:03:57il en va à nouveau
01:03:57du respect
01:03:58du droit international
01:03:59et de la sécurité
01:04:00de l'Europe.
01:04:01Par ailleurs,
01:04:02alors que l'appétit
01:04:03américain
01:04:03cible désormais
01:04:04le Groenland,
01:04:05plaçant le territoire
01:04:06autonome
01:04:06au cœur
01:04:07d'une crise
01:04:07diplomatique
01:04:08inédite
01:04:09qui oppose
01:04:09par extension
01:04:10un Etat européen
01:04:11à l'un de ses alliés
01:04:12historiques,
01:04:13le chantage
01:04:13de Donald Trump
01:04:14des mesures douanières
01:04:16cible les Européens
01:04:17et nous enjoint
01:04:18à sortir
01:04:18nos banques,
01:04:19nos hôpitaux
01:04:20ou encore nos défenses
01:04:21de toute dépendance
01:04:22américaine,
01:04:23notamment par le biais
01:04:24des GAFAM.
01:04:25La France
01:04:26et l'Union européenne
01:04:26ne peuvent accepter
01:04:27de se laisser tordre le bras.
01:04:29L'instrument
01:04:29anti-coercition
01:04:30doit être en activité
01:04:32et l'accord
01:04:32de Thunberg
01:04:33sur les droits
01:04:34de douane
01:04:34rejetés.
01:04:35C'est la crédibilité
01:04:36de la France
01:04:36et de l'Europe
01:04:37qui est en jeu.
01:04:38Nous ne pouvons pas
01:04:39défendre le droit
01:04:39international ici
01:04:40et accepter
01:04:41qu'il soit piétiné
01:04:42ailleurs
01:04:42lorsqu'il s'agit
01:04:43de nos alliés.
01:04:44Madame la Ministre,
01:04:45Monsieur le Ministre,
01:04:46vous l'aurez compris,
01:04:47pour nous,
01:04:47le rôle de la France
01:04:48passe par le rétablissement
01:04:49d'abord de la solidarité
01:04:50internationale
01:04:51et de la crédibilité
01:04:52d'un multilatéralisme
01:04:53indispensable
01:04:54dans ce monde fracturé,
01:04:56de la cohérence
01:04:56à la fois
01:04:57dans les discours
01:04:58et les actes,
01:04:59du respect
01:04:59des principes
01:05:00du droit international
01:05:01sans double standard
01:05:02et donc nous plaidons
01:05:04également pour que
01:05:05la France et l'Europe
01:05:05sortent de la sidération.
01:05:07Nous pouvons agir,
01:05:08ne pas faiblir
01:05:09dans notre soutien
01:05:10à l'Ukraine,
01:05:10il faut concrétiser
01:05:11notre soutien
01:05:12au peuple iranien,
01:05:13il faut réaffirmer
01:05:14avec fermeté
01:05:14la solidarité européenne
01:05:16ou encore sortir
01:05:17de la dépendance américaine
01:05:19dans les domaines stratégiques.
01:05:20Et bien c'est cette ambition
01:05:22que nous portons aujourd'hui
01:05:23et nous vous appelons
01:05:24à la partager.
01:05:25Je vous remercie
01:05:26de votre écoute.
01:05:27La France doit retrouver
01:05:28son rang au sein des nations.
01:05:30Nous sommes une puissance
01:05:31d'équilibre,
01:05:32le porte-voix des petits
01:05:33comme le procès
01:05:34le général de Gaulle.
01:05:36Nous sommes l'une des rares
01:05:37puissances hutlères autonomes
01:05:38dotées d'une armée puissante
01:05:40parmi les plus performantes
01:05:41du monde.
01:05:42Notre histoire,
01:05:43notre diplomatie,
01:05:44notre force militaire
01:05:45nous imposent
01:05:46une responsabilité,
01:05:47celle de ne pas subir,
01:05:48de peser,
01:05:49d'agir.
01:05:51Or,
01:05:52l'ordre mondial
01:05:53est en train de changer
01:05:53sous nos yeux.
01:05:55Invasion de l'Ukraine
01:05:56par la Russie,
01:05:58menaces persistantes
01:05:58de la Chine,
01:06:00réélection de Donald Trump
01:06:01aux Etats-Unis,
01:06:02ont sorti le monde occidental,
01:06:03l'Union européenne
01:06:04et la France
01:06:05de sa torpeur.
01:06:07Les Américains ont opéré
01:06:08un basculement géostratégique
01:06:09en Asie
01:06:09au détriment de l'Europe.
01:06:11Quant à la Russie,
01:06:12elle veut reconstituer
01:06:13son empire.
01:06:15Face à cette nouvelle réalité,
01:06:17nous ne reconnaissons plus
01:06:18nos alliés traditionnels.
01:06:20Nous sommes au mieux
01:06:21des partenaires,
01:06:22parfois considérés
01:06:22comme des vassaux,
01:06:23sommés nous soumettre
01:06:24ou de payer.
01:06:26Lorsque le président
01:06:26de la République
01:06:27parlait de la mort cérébrale
01:06:28de l'OTAN,
01:06:29la formule avait choqué.
01:06:31Avec le recul,
01:06:32elle apparaît néanmoins
01:06:33moins comme une provocation
01:06:35que comme un constat.
01:06:37L'Alliance n'est plus
01:06:38le rempart immuable
01:06:38qu'elle prétendait être.
01:06:40Dans ce contexte,
01:06:42la France a aujourd'hui
01:06:43un rôle quasi inexistant
01:06:45sur la scène internationale.
01:06:46Pire,
01:06:47l'Union européenne,
01:06:49qui dispose pourtant
01:06:49d'un chef de la diplomatie,
01:06:51devrait parler d'une seule voix,
01:06:53mais ressemble davantage
01:06:54à un cœur polyphonique
01:06:55où chacun chante sa partition.
01:06:58Si l'Europe dissonne,
01:06:59la France doit se faire entendre,
01:07:01seule si nécessaire.
01:07:02Nous avons récemment
01:07:04su le faire pour la Grèce
01:07:05en 2020
01:07:05face aux provocations turques.
01:07:08Notre déploiement naval
01:07:08a fait reculer Ankara.
01:07:10Preuve que quand nous le voulons,
01:07:11notre voix est audible,
01:07:13notre action est efficace.
01:07:16Je reprendrai la citation
01:07:16du général de Gaulle en 1967
01:07:18qui disait que la France
01:07:19entend être elle-même,
01:07:20parler pour elle-même
01:07:21et chaque fois qu'elle le peut
01:07:22pour ceux qui n'ont pas
01:07:23la possibilité de se faire entendre.
01:07:25Cette vision,
01:07:26plus que jamais,
01:07:27doit guider notre action.
01:07:28Pourtant,
01:07:29aujourd'hui,
01:07:31force est de constater
01:07:32que ce n'est pas le cas.
01:07:33La question qui nous occupe
01:07:34aujourd'hui est simple.
01:07:36Quel rôle la France
01:07:37entend-elle jouer
01:07:37dans la prévention
01:07:38et la résolution
01:07:39des crises politiques internationales ?
01:07:41Notre voix est-elle encore audible ?
01:07:43Parfois oui,
01:07:44mais trop souvent,
01:07:45nous nous effaçons,
01:07:46nous nous diluons,
01:07:47nous acceptons
01:07:47de n'être que des figurants.
01:07:50Il y a à prendre à l'essai
01:07:51avec les États-Unis.
01:07:52Nous devons les traiter
01:07:53comme ils nous traitent,
01:07:54en partenaires
01:07:54et non en alliés inconditionnels.
01:07:56Un allié,
01:07:57c'est un engagement réciproque.
01:07:59Or,
01:08:00la France a trop l'impression
01:08:01d'être un vassal
01:08:02puisqu'un allié.
01:08:03Il est temps
01:08:03de cesser de subir,
01:08:04de redevenir un acteur,
01:08:06un acteur qui pèse,
01:08:06qui propose,
01:08:07qui protège,
01:08:08un acteur qui assume
01:08:09pleinement sa souveraineté
01:08:10et son indépendance.
01:08:12Quand on parle
01:08:12de crise internationale,
01:08:14comment ne pas évoquer
01:08:15celle qui nous occupe aujourd'hui,
01:08:16le Venezuela ?
01:08:18Bien sûr,
01:08:19personne ne pleura
01:08:20la disparition d'un dictateur,
01:08:21sauf peut-être
01:08:22quelques révolutionnaires
01:08:23de salon.
01:08:23Mais la France,
01:08:25patrie des droits de l'homme,
01:08:27doit rappeler son attachement
01:08:28intransigeant
01:08:29aux droits des peuples
01:08:29à disposer d'eux-mêmes.
01:08:31Le peuple vénézuélain
01:08:32a le droit
01:08:33de choisir son destin,
01:08:34quel qu'il soit,
01:08:35à une condition,
01:08:36que ce choix soit libre
01:08:37et éclairé.
01:08:39Or,
01:08:40depuis des années,
01:08:42les élections au Venezuela
01:08:42ne sont que des parodies
01:08:43de démocratie,
01:08:44des mascarades
01:08:45organisées par un régime
01:08:46qui confisque
01:08:46la volonté populaire
01:08:47et étouffe toute opposition.
01:08:49Les urnes parlent,
01:08:50mais ce régime ignore
01:08:51les résultats.
01:08:52Que dire des multiples
01:08:54atteintes aux droits humains
01:08:55commises par le régime
01:08:56du président Maduro ?
01:08:57Enlévants,
01:08:58disparitions,
01:08:59collaborations avec
01:08:59les narcotrafiquants,
01:09:00corruption,
01:09:01emprisonnement,
01:09:02torture et extorsion
01:09:02des familles ?
01:09:04Sans parler des procès
01:09:04sommaires,
01:09:05sans défense réelle
01:09:06de milliers de Vénézuéliens
01:09:07accusés de crimes inexistants.
01:09:09Que penser d'un régime
01:09:11qui n'a tellement plus
01:09:12confiance en son peuple
01:09:13qu'il préfère faire appel
01:09:14à une armée étrangère ?
01:09:16Pour information,
01:09:17la moitié des militaires
01:09:18tués lors de l'opération
01:09:19américaine
01:09:20étaient qu'humains.
01:09:20Nous devons peser
01:09:22pour que le Vénézuéla
01:09:23ne devienne
01:09:23ni une colonie américaine
01:09:24ni redevenir une dictature.
01:09:26La France doit exiger
01:09:27des élections libres
01:09:28sous contrôle international
01:09:30et soutenir ceux
01:09:31qui, à l'intérieur
01:09:32comme à l'extérieur du pays,
01:09:34luttent pour la démocratie.
01:09:35Les urnes doivent parler
01:09:36et les résultats
01:09:37doivent être entendus.
01:09:39La France ne peut cautionner
01:09:40un système
01:09:41qui bafoue
01:09:41la volonté populaire,
01:09:42tout comme elle ne peut
01:09:43laisser le Vénézuéla
01:09:44devenir le jouet
01:09:44des puissances étrangères.
01:09:45Notre rôle est d'agir
01:09:47pour que le peuple vénézuélien
01:09:48puisse enfin décider
01:09:49de son avenir
01:09:50dans le respect
01:09:51de la dignité.
01:09:53Que ce soit
01:09:53pour le Vénézuéla,
01:09:54pour l'Iran
01:09:55ou pour n'importe quel
01:09:56autre pays,
01:09:57notre modus operandi
01:09:57doit être le même.
01:09:59Gardons à l'esprit
01:10:00l'esprit de Talleyrand,
01:10:01l'un de nos plus grands diplomates.
01:10:02Le pouvoir est fait
01:10:03pour protéger la liberté,
01:10:04non pour la détruire.
01:10:06Enfin,
01:10:07nous sommes pour le droit
01:10:07international,
01:10:09mais nous ne voulons pas
01:10:10être les seuls
01:10:10à jouer aux échecs
01:10:11pendant que les autres
01:10:12jouent au poker.
01:10:12Le multilatéralisme
01:10:15ne doit pas être
01:10:16un alibi
01:10:17pour nos effacements.
01:10:19La France doit défendre
01:10:20sa vision du monde
01:10:21et sa défense
01:10:21de la liberté
01:10:22sans naïveté
01:10:23et encore moins
01:10:24et encore sans soumission.
01:10:26Je vous remercie.
01:10:27Nous vivons un moment
01:10:28de bascule de l'histoire,
01:10:30un moment où le monde
01:10:31ne se dérègle pas
01:10:32par fatalité
01:10:32mais par renoncement.
01:10:34Renoncement à la règle commune,
01:10:35renoncement à la parole donnée
01:10:36et renoncement surtout
01:10:37à l'universalité
01:10:38du droit international.
01:10:40Ce renoncement
01:10:40n'est ni théorique
01:10:41ni abstrait.
01:10:42Il est visible,
01:10:43mesurable
01:10:43et tragiquement humain.
01:10:44Il porte un nom,
01:10:45la loi du plus fort.
01:10:47La loi du plus fort
01:10:48qui s'impose
01:10:48lorsque le droit recule
01:10:49et lorsque les institutions
01:10:50multilatérales
01:10:50sont contournées.
01:10:52De la Palestine
01:10:52à l'Ukraine,
01:10:53de l'Amérique latine
01:10:54au continent africain,
01:10:55des régions polaires
01:10:56aux frontières orientales
01:10:57de l'Europe,
01:10:58un même phénomène
01:10:58traverse notre monde,
01:10:59la brutalisation
01:11:00des relations internationales
01:11:01et le retour
01:11:02de la loi du plus fort
01:11:03pour imposer les visions
01:11:04d'empire du passé.
01:11:06A Gaza,
01:11:06la loi du plus fort,
01:11:07c'est quand un génocide
01:11:08en cours
01:11:08devient un sujet parmi d'autres,
01:11:09noyé dans les équilibres diplomatiques
01:11:11tant que Benjamin Netanyahou
01:11:13qui fait l'objet
01:11:13d'un mandat d'arrêt
01:11:14émis par la Cour pénale internationale
01:11:15traverse le monde
01:11:16en toute impunité.
01:11:18En Ukraine,
01:11:18la loi du plus fort,
01:11:19c'est lorsqu'un État souverain
01:11:20voit ses frontières violées,
01:11:22lorsque Vladimir Poutine
01:11:23tente de réécrire
01:11:23l'histoire par la force
01:11:24en croyant que les armes
01:11:25peuvent remplacer le droit
01:11:26et que la peur
01:11:27peut fonder un ordre durable.
01:11:29L'Ukraine est une étape,
01:11:31une étape dans une stratégie
01:11:32qui menace directement l'Europe,
01:11:34ses frontières,
01:11:34sa sécurité
01:11:35et l'ordre international
01:11:36fondé sur le droit.
01:11:37En Asie aussi,
01:11:39la loi du plus fort progresse.
01:11:41Elle s'exprime
01:11:42dans la stratégie
01:11:42de pression permanente
01:11:43menée par la Chine
01:11:44à l'encontre de Taïwan
01:11:45où la menace militaire
01:11:46devient un instrument politique
01:11:48assumé
01:11:48au mépris du droit des peuples
01:11:50à disposer d'eux-mêmes
01:11:51et de la stabilité régionale.
01:11:52Elle s'exerce également
01:11:53à l'intérieur même
01:11:54de ses frontières
01:11:55où la répression massive,
01:11:57la surveillance généralisée
01:11:58et l'effacement culturel
01:11:59des Ouïghours
01:12:00sont documentés
01:12:00et pourtant trop souvent
01:12:01passés sous silence.
01:12:03Face à la loi du plus fort
01:12:04qui progresse,
01:12:05une question s'impose à nous,
01:12:06celle de la préparation européenne.
01:12:08La défense du droit international
01:12:10suppose une Europe
01:12:10capable d'assurer sa sécurité,
01:12:12de renforcer son autonomie stratégique
01:12:14et de coordonner
01:12:15ses capacités de défense
01:12:16sans dépendre uniquement
01:12:17de la protection d'autrui.
01:12:19Car sans crédibilité stratégique
01:12:21européenne,
01:12:21le droit recule
01:12:22et avec lui
01:12:22la paix sur notre continent.
01:12:24En Amérique latine,
01:12:25la loi du plus fort
01:12:26c'est quand une puissance
01:12:27faroge le droit
01:12:28d'intervenir unilatéralement
01:12:29jusqu'à capturer
01:12:30un chef d'État étranger
01:12:32comme ce fut le cas au Venezuela
01:12:33en violation manifeste
01:12:35des principes fondateurs
01:12:36de l'Organisation
01:12:36des Nations Unies.
01:12:38C'est la diplomatie
01:12:38de la contrainte
01:12:39revendiquée par Donald Trump
01:12:41où la force devient doctrine
01:12:42à l'image
01:12:43de ses interventions en Iran
01:12:44qui ne répondent en rien
01:12:46aux aspirations
01:12:46de liberté
01:12:47et de souveraineté
01:12:48du peuple iranien
01:12:48mais à la prise de pouvoir
01:12:50par la force
01:12:50où on ne remplace pas
01:12:52un dictateur
01:12:52par un tyran.
01:12:54Au Groenland,
01:12:55territoire au cœur
01:12:55des bouleversements climatiques,
01:12:57la loi du plus fort
01:12:57s'annonce déjà
01:12:58lorsque certains projettent
01:13:00des logiques d'appropriation
01:13:01et de domination
01:13:01comme si la planète
01:13:03pouvait être morcelée,
01:13:04comme si les peuples
01:13:05pouvaient être instrumentalisés
01:13:06au gré des intérêts stratégiques
01:13:08jusque dans l'usage assumé
01:13:09et inacceptable
01:13:10des droits de douane
01:13:11comme outil de pression politique
01:13:13et de sanctions économiques.
01:13:15En Afrique,
01:13:16la loi du plus fort
01:13:16s'exprime aussi
01:13:17par le silence.
01:13:18Au Soudan,
01:13:19une guerre civile
01:13:19ravage un pays entier
01:13:20dans une indifférence
01:13:22presque totale
01:13:23laissant des millions
01:13:24de civils déplacés,
01:13:25privés de toute protection,
01:13:27avec des millions d'enfants
01:13:28au bord de la famine.
01:13:29Du Sahel à la Somalie,
01:13:31en passant par
01:13:31la République démocratique
01:13:32du Congo,
01:13:33l'abandon international,
01:13:34la multiplication des conflits,
01:13:36le dérèglement climatique
01:13:37et l'effondrement des États
01:13:38nourrissent une spirale
01:13:39de violence,
01:13:39de famine
01:13:40et de déplacements massifs.
01:13:42Ces crises
01:13:42qui frappent d'abord
01:13:43les peuples,
01:13:43déstabilisent durablement
01:13:45des régions entières
01:13:45et engagent aussi
01:13:47notre responsabilité,
01:13:48notre sécurité
01:13:49et notre avenir commun.
01:13:51Ces drames
01:13:51ne sont pas inévitables,
01:13:52ils ne sont pas naturels,
01:13:54ils sont le résultat
01:13:54de choix politiques
01:13:55ou plutôt
01:13:56de renoncements politiques.
01:13:57Car lorsque le droit
01:13:59est appliqué
01:13:59à géométrie variable,
01:14:00lorsque certaines violations
01:14:01sont condamnées
01:14:02et d'autres tolérées,
01:14:04lorsque la souveraineté
01:14:05est défendue ici
01:14:06et relativisée ailleurs,
01:14:07alors l'ordre international
01:14:08perd toute crédibilité.
01:14:10Et aucun mur,
01:14:11aucune alliance,
01:14:13aucune puissance
01:14:13ne protège durablement
01:14:14dans un monde privé
01:14:15de règles communes.
01:14:17La France devrait être
01:14:18une voie claire
01:14:19dans ce désordre mondial.
01:14:20Mais comment prétendre
01:14:21défendre le multilatéralisme
01:14:22quand année après année,
01:14:24nous avons affaibli
01:14:25notre propre diplomatie ?
01:14:26Depuis des années,
01:14:28les crédits du ministère
01:14:29des Affaires étrangères
01:14:29ont été réduits,
01:14:31les réseaux diplomatiques
01:14:32fragilisés,
01:14:33les moyens humains
01:14:33et financiers rognés,
01:14:35au point de désarmer
01:14:36notre capacité
01:14:36d'anticipation,
01:14:38de médiation
01:14:38et de présence
01:14:39dans le monde.
01:14:40On ne défend pas
01:14:41une diplomatie exigeante
01:14:43avec des budgets
01:14:44en recul.
01:14:45On ne pèse pas
01:14:46sur les crises internationales
01:14:47en affaiblissant
01:14:48celles et ceux
01:14:49qui sont en première ligne
01:14:50pour les prévenir.
01:14:51Dans le même temps,
01:14:52la parole présidentielle
01:14:53s'est trop souvent réduite
01:14:54à des petites phrases,
01:14:55à des annonces solitaires,
01:14:57à une diplomatie
01:14:58de l'événementiel
01:14:59plus soucieuse
01:14:59de communication
01:15:00que de cohérence stratégique.
01:15:02La diplomatie
01:15:03n'est pas un exercice
01:15:03de style.
01:15:05Elle exige
01:15:05de la constance,
01:15:06de la lisibilité
01:15:07et du respect
01:15:07pour la parole donnée.
01:15:09Cette incohérence
01:15:10se lie avec une acuité
01:15:11particulière
01:15:11dans notre relation
01:15:12avec l'Algérie,
01:15:13une relation essentielle,
01:15:14stratégique,
01:15:15humaine et historique
01:15:16qui concerne
01:15:17des millions de femmes
01:15:18et d'hommes
01:15:18sur les deux rives
01:15:19de la Méditerranée.
01:15:20La France ne bâtira
01:15:21aucune relation durable
01:15:22et stable
01:15:23avec l'Algérie
01:15:24et avec d'autres pays
01:15:25d'Afrique
01:15:26sans respect mutuel,
01:15:27sans reconnaissance
01:15:28des histoires croisées,
01:15:29sans une diplomatie
01:15:30patiente, sincère
01:15:31et exigeante
01:15:32à la hauteur
01:15:32des responsabilités
01:15:33qui nous lie.
01:15:34Il revient aux deux côtés
01:15:35de la Méditerranée
01:15:36de réintroduire
01:15:37une volonté de dialogue
01:15:38qui ne pourra souffrir
01:15:39sans regarder l'histoire
01:15:39en face.
01:15:41Alors si prévenir les crises
01:15:42suppose une diplomatie
01:15:42forte, cohérente,
01:15:43dotée de moyens,
01:15:44capable d'anticiper
01:15:45plutôt que de réagir,
01:15:47de dialoguer
01:15:47avant que les armes
01:15:48ne parlent
01:15:48et de défendre le droit
01:15:49même lorsqu'il dérange,
01:15:50elle suppose aussi
01:15:51une réforme lucide
01:15:51de notre gouvernance mondiale.
01:15:53Le Conseil de sécurité
01:15:54des Nations Unies
01:15:55ne peut plus refléter
01:15:56le monde d'hier.
01:15:57Il ne peut plus ignorer
01:15:58des continents entiers
01:15:59et il doit être réformé
01:16:00pour faire place
01:16:00à l'Afrique
01:16:01ou encore à l'Amérique du Sud.
01:16:03Un monde où les deux tiers
01:16:04de la planète
01:16:04n'est pas pleinement représenté
01:16:06est un monde condamné
01:16:07à l'instabilité.
01:16:08Mes chers collègues,
01:16:09dans ce moment de bascule,
01:16:10personne ne sera jugé
01:16:11sur les discours
01:16:12mais sur les choix,
01:16:13sur la capacité
01:16:14à défendre le droit
01:16:14contre la force
01:16:15et les peuples
01:16:16contre les puissances.
01:16:17Car lorsque le droit recule,
01:16:18la guerre avance.
01:16:19La France doit faire
01:16:20le choix de la clarté
01:16:21parce que la paix
01:16:22n'est pas l'absence de guerre.
01:16:23La paix,
01:16:24c'est une décision politique
01:16:26et elle engage aujourd'hui
01:16:27l'avenir du monde.
01:16:28Je vous remercie.
01:16:28Nous ne sommes que le 19 janvier
01:16:30et cette année
01:16:31s'annonce déjà tumultueuse.
01:16:33Les tensions s'aiguisent,
01:16:34les lignes bougent,
01:16:35les alliances se recomposent,
01:16:37le monde bascule
01:16:38et la France doit choisir
01:16:39sa place.
01:16:40Depuis quatre ans,
01:16:42les crises géopolitiques
01:16:43s'enchaînent.
01:16:44Depuis quelques semaines,
01:16:45elles s'accélèrent
01:16:46et inquiètent profondément.
01:16:48Dans ce fracas,
01:16:49une question revient,
01:16:50essentielle,
01:16:51urgente.
01:16:52Que fait la France ?
01:16:54Que doit faire la France ?
01:16:55Au Venezuela,
01:16:56un président est enlevé
01:16:57par une puissance étrangère.
01:16:59Nicolas Maduro
01:17:00a ruiné son pays,
01:17:01affamé et violenté son peuple.
01:17:03Nous ne le regrettons pas.
01:17:05Mais l'enlèvement
01:17:05d'un chef d'État
01:17:06par une armée étrangère
01:17:08est une rupture
01:17:09d'avec le droit international
01:17:10et ce n'est pas
01:17:12une solution pérenne.
01:17:13Que fait la France ?
01:17:15Aux côtés de l'Union européenne,
01:17:17elle condamne la méthode.
01:17:19Que doit faire la France ?
01:17:20Soutenir une transition démocratique
01:17:22portée par les Vénézuéliens
01:17:24eux-mêmes,
01:17:25sans tutelle,
01:17:26sans chantage,
01:17:27sans arrière-pensée économique.
01:17:30Appuyer les forces démocratiques
01:17:31comme Enbundo,
01:17:33González ou Routia.
01:17:34Rappeler qu'aucune souveraineté
01:17:36ne se décrète à Washington.
01:17:39Au Groenland,
01:17:40un autre type de conflit
01:17:41se dessine.
01:17:42Pas de bombes,
01:17:43pas de chars,
01:17:44mais des bases militaires,
01:17:46des appétits miniers,
01:17:47des routes maritimes
01:17:48convoitées
01:17:49et la menace
01:17:50de droits de douane
01:17:51pour tenter
01:17:52de nous faire plier.
01:17:53La guerre froide
01:17:54revient par le Nord,
01:17:56les empires
01:17:56et leurs tentatives
01:17:57hégémoniques
01:17:58ressurgissent.
01:17:59Que fait la France ?
01:18:01Elle agit
01:18:01en condamnant
01:18:02fermement
01:18:03les velléités
01:18:04et les menaces
01:18:04de Donald Trump,
01:18:05en participant
01:18:06à une mission militaire
01:18:07européenne
01:18:08et en renforçant
01:18:09sur place
01:18:10sa présence
01:18:11diplomatique
01:18:12et scientifique.
01:18:13Que va faire la France ?
01:18:15S'inscrire dans une stratégie
01:18:16européenne
01:18:16de stabilisation
01:18:17de la région arctique,
01:18:19refuser l'inaction
01:18:20face aux menaces.
01:18:21Ce serait une forme
01:18:22de renoncement
01:18:23et renoncer
01:18:24n'est pas français.
01:18:26Depuis de nombreuses années,
01:18:27la France,
01:18:28à travers la voix
01:18:29du président de la République,
01:18:30alerte ses amis européens
01:18:32des dangers
01:18:32du monde actuel
01:18:33et du besoin
01:18:34de nous y préparer.
01:18:35Nous avons construit
01:18:36des outils de protection,
01:18:37des mécanismes
01:18:38du riposte.
01:18:39Si nous ne voulons
01:18:40rien céder
01:18:41de nos valeurs
01:18:42ni de nos intérêts,
01:18:43l'heure est désormais
01:18:44venue de nous en servir.
01:18:47En Iran,
01:18:48depuis le 28 décembre,
01:18:49un soulèvement
01:18:50d'ampleur
01:18:51secoue le régime.
01:18:52Des femmes,
01:18:53des hommes
01:18:53de tous les âges,
01:18:54tous réclament
01:18:55liberté,
01:18:56dignité,
01:18:57justice.
01:18:58La réponse
01:18:58du régime des Molas,
01:19:00des milliers
01:19:00d'arrestations,
01:19:02des massacres,
01:19:03du chantage
01:19:03aux parents
01:19:04des victimes,
01:19:05tout cela couvert
01:19:06par la coupure
01:19:07Internet
01:19:07dans le seul but
01:19:09de cacher l'horreur
01:19:10au reste du monde.
01:19:11Que fait la France ?
01:19:12Elle condamne
01:19:13la violence d'État,
01:19:14elle soutient
01:19:15le peuple iranien,
01:19:16elle agit
01:19:17diplomatiquement.
01:19:18Que doit faire
01:19:19la France ?
01:19:20Nommer les crimes,
01:19:21agir avec l'Union
01:19:22européenne
01:19:23et l'ONU,
01:19:24soutenir les ONG
01:19:25et les journalistes,
01:19:26protéger les exilés
01:19:27et clamer haut et fort
01:19:29que nos frères
01:19:29et sœurs
01:19:30iraniens
01:19:31ne sont pas
01:19:32seuls.
01:19:33en Ukraine,
01:19:35une guerre d'agression
01:19:36ravage un pays
01:19:37du continent européen.
01:19:39Trois ans de bombardements,
01:19:41de crimes de guerre,
01:19:42de déportations d'enfants,
01:19:44trois ans de résistance héroïque
01:19:46durant lesquels la Russie
01:19:47tente de faire plier le droit
01:19:49par la force.
01:19:50Que fait la France ?
01:19:52Elle soutient,
01:19:53elle forme,
01:19:54elle équipe,
01:19:55elle soigne.
01:19:56Que doit faire la France ?
01:19:57Renforcer la coalition
01:19:58des volontaires
01:19:59et les garanties
01:20:00de sécurité.
01:20:01Bref,
01:20:02faire de l'Europe
01:20:02un acteur stratégique
01:20:04et pas un spectateur
01:20:05inquiet.
01:20:06Car la sécurité de Kiev,
01:20:08c'est aussi celle de Riga,
01:20:09de Varsovie,
01:20:11de Paris.
01:20:12Face à ce tumulte,
01:20:13doit-on se taire
01:20:14et renoncer ?
01:20:15Évidemment,
01:20:16non.
01:20:16Ce serait affaiblir
01:20:17notre diplomatie
01:20:18et pour défendre nos valeurs,
01:20:20pour que nos principes
01:20:21ne restent pas vains,
01:20:22il nous faut
01:20:23une colonne vertébrale stratégique,
01:20:25construire la défense européenne.
01:20:27Faire en sorte
01:20:28que la puissance
01:20:29de la règle
01:20:30ne soit pas dissoute
01:20:31par la règle de la puissance.
01:20:33Une diplomatie portée,
01:20:35Monsieur le ministre,
01:20:36par des femmes
01:20:36et des hommes
01:20:37engagés au Quai d'Orsay,
01:20:39dans nos ambassades,
01:20:40des veilleurs,
01:20:41des défenseurs inlassables
01:20:42des intérêts de la France
01:20:43et des Français
01:20:43que nous remercions ici.
01:20:46Grâce à leur action,
01:20:47nous avons pu saluer
01:20:48les libérations
01:20:48d'Olivier Grondeau,
01:20:50Boilem Sansal,
01:20:51Cécile Collaire,
01:20:52Jacques Paris,
01:20:53et nous espérons
01:20:54que ceux-ci,
01:20:55encore assignés
01:20:55à résidence
01:20:56à l'ambassade de France
01:20:57à Téhéran,
01:20:58puissent retrouver bientôt
01:20:59notre sol.
01:21:01Chers collègues,
01:21:02ce que nous vivons aujourd'hui,
01:21:03ce n'est pas une série
01:21:04de crises juxtaposées,
01:21:06c'est une bascule,
01:21:08le retour des régimes
01:21:09autoritaires,
01:21:10la tentation impérialiste,
01:21:12la fragilisation
01:21:13du multilatéralisme
01:21:14et, disons-le franchement,
01:21:15la perte de fiabilité
01:21:17d'alliés historiques.
01:21:19Dans ce monde instable,
01:21:20le droit international
01:21:21n'est pas un luxe,
01:21:23c'est un rempart,
01:21:24un rempart forgé
01:21:25pour empêcher
01:21:26que la force
01:21:27ne fasse loi.
01:21:28Le laisser piétiner
01:21:29serait ouvrir la porte
01:21:31à toutes les prédations.
01:21:32Ce serait légitimer,
01:21:34demain,
01:21:34l'annexion de Taïwan,
01:21:36la partition
01:21:36de la Bosnie-Herzégovine
01:21:38ou encore la disparition
01:21:39de l'Arménie.
01:21:40Chers collègues,
01:21:42le monde qui s'ouvre
01:21:43devant nous
01:21:43est redoutable.
01:21:45Des puissances ennemies
01:21:46testent nos lignes rouges.
01:21:48Le groupe Les Démocrates
01:21:49le dit avec force.
01:21:51Face à cela,
01:21:52notre responsabilité
01:21:53est immense.
01:21:54Nous devons tenir,
01:21:55ensemble,
01:21:56ce que d'autres
01:21:57cherchent à détruire,
01:21:58nos valeurs
01:21:59et le respect du droit,
01:22:00la sécurité des peuples
01:22:01et l'efficacité
01:22:02de notre action.
01:22:03La diplomatie
01:22:04est la force de l'Union,
01:22:06l'Union au sein
01:22:07de l'Europe.
01:22:08Une France,
01:22:09la France,
01:22:10qui doit être filèle
01:22:11à ce qu'elle a toujours été,
01:22:13une puissance d'équilibre,
01:22:15une voie de droit,
01:22:16une alliée fiable,
01:22:18une démocratie
01:22:19qui agit.
01:22:20Je vous remercie.
01:22:21Les bouleversements internationaux
01:22:23auxquels nous assistons
01:22:24exigent
01:22:25que nous puissions
01:22:27ensemble partager
01:22:28et peut-être unir
01:22:29nos points de vue
01:22:29et nos objectifs
01:22:31pour la France.
01:22:32Le monde
01:22:33est devenu
01:22:34instable
01:22:35et dangereux.
01:22:37Il l'est,
01:22:37par les déclarations
01:22:39et les actes
01:22:40nombreux
01:22:40des puissances
01:22:41internationales
01:22:42qui assument
01:22:43désormais pleinement
01:22:44leur véilité,
01:22:46leur volonté
01:22:47impérialisme
01:22:48et expansionniste.
01:22:50C'est le cas
01:22:50plus particulièrement
01:22:51de trois
01:22:53des cinq membres
01:22:53permanents
01:22:54du Conseil de sécurité,
01:22:55la Russie,
01:22:56la Chine
01:22:56et les Etats-Unis.
01:22:58Aucun d'entre eux
01:22:59n'a hésité
01:23:00à piétiner
01:23:01le droit international
01:23:03qu'ils étaient
01:23:04pourtant censés
01:23:05garantir.
01:23:08Depuis plus
01:23:08de 70 ans,
01:23:09la France a construit
01:23:10une politique
01:23:11internationale
01:23:12sur la base
01:23:12de son indépendance
01:23:14et du respect
01:23:15de la souveraineté
01:23:16des nations
01:23:17démocratiques.
01:23:19Cela suppose
01:23:20une capacité
01:23:21de dialogue
01:23:22avec tous les pays
01:23:23dans le cadre
01:23:24d'un monde
01:23:25multipolaire.
01:23:27La France
01:23:27n'est pas
01:23:29un pays
01:23:29aligné,
01:23:31pas même
01:23:32sur les Etats-Unis.
01:23:34Elle porte
01:23:34depuis toujours
01:23:35au sein
01:23:36du Conseil de sécurité
01:23:37de l'ONU
01:23:38comme au sein
01:23:39de l'OTAN
01:23:39une position
01:23:40singulière
01:23:41que lui confère
01:23:43son statut
01:23:43de puissance nucléaire
01:23:44et de membre
01:23:45permanent
01:23:46du Conseil de sécurité
01:23:47de l'ONU.
01:23:49Le cas
01:23:49du Venezuela
01:23:50doit nous permettre
01:23:51d'affirmer
01:23:52la constance
01:23:53des principes
01:23:54diplomatiques
01:23:55de la France.
01:23:56L'enlèvement
01:23:57du dictateur
01:23:58Nicolas Maduro
01:23:59par les Etats-Unis
01:24:01ne répond pas
01:24:03aux impératifs
01:24:03de démocratie
01:24:04et de liberté
01:24:06du Venezuela
01:24:07et du peuple
01:24:08vénézuélien.
01:24:10À quoi bon
01:24:10enfreindre
01:24:11le droit international
01:24:13par une intervention
01:24:14militaire
01:24:14dans un pays étranger
01:24:15si cela conduit
01:24:17ensuite
01:24:18à continuer
01:24:19à dialoguer
01:24:20avec un régime
01:24:22qui n'a pas changé
01:24:23et qui continue
01:24:24d'opprimer
01:24:25son peuple ?
01:24:27Il y a eu
01:24:27des élections
01:24:28au Venezuela.
01:24:28Le vainqueur
01:24:30on le connaît
01:24:30c'est Edmundo
01:24:31González
01:24:32Urrutia.
01:24:34Il devrait être
01:24:35notre interlocuteur
01:24:37reconnu
01:24:37par la France.
01:24:39Or
01:24:39ni la France
01:24:41ni l'Europe
01:24:42n'a fait le choix
01:24:44de le reconnaître.
01:24:45Il s'agit
01:24:46en réalité
01:24:46d'un renoncement
01:24:48grave
01:24:48aux valeurs
01:24:49de liberté
01:24:50et de démocratie
01:24:51que nous prétendons
01:24:52défendre.
01:24:53Cet alignement
01:24:54sur la diplomatie
01:24:55américaine
01:24:56est un affaiblissement
01:24:57de la diplomatie
01:24:58française
01:24:59et porte
01:25:00atteinte
01:25:01à notre
01:25:01crédibilité
01:25:02internationale.
01:25:04Certes,
01:25:05les Etats-Unis
01:25:06dominent
01:25:07l'OTAN
01:25:08par leur puissance
01:25:09nucléaire.
01:25:11Mais nous ne pouvons
01:25:12pas nous aligner
01:25:13sur un partenaire
01:25:14qui modifie
01:25:15l'ordre mondial
01:25:17au gré
01:25:17de ses intérêts
01:25:18exclusivement économiques.
01:25:20Si les Etats-Unis
01:25:21persistent
01:25:22dans une logique
01:25:23unilatérale,
01:25:24si les menaces
01:25:25concernant
01:25:26le Groenland
01:25:27venaient à se
01:25:27concrétiser,
01:25:29alors la question
01:25:30de la position
01:25:30française
01:25:31au sein
01:25:31de l'OTAN
01:25:32devra être
01:25:33clairement
01:25:34réinterrogée.
01:25:36L'OTAN
01:25:36ne peut pas être
01:25:38l'outil
01:25:38de la prédation
01:25:39américaine.
01:25:41La France
01:25:41doit être
01:25:42une puissance
01:25:42d'équilibre
01:25:43capable de porter
01:25:44une parole
01:25:45forte et indépendante
01:25:46partout dans le monde,
01:25:49quel que soit
01:25:49l'interlocuteur,
01:25:50pour assumer
01:25:51ce rôle
01:25:52qui est le nôtre
01:25:53au moment
01:25:54où le dérèglement
01:25:55mondial s'opère
01:25:56à une vitesse
01:25:58vertigineuse.
01:26:00Il nous faut
01:26:00une autonomie stratégique,
01:26:02militaire
01:26:03et diplomatique.
01:26:05Cette autonomie stratégique
01:26:06repose
01:26:07sous notre volonté
01:26:09collective
01:26:10de ne renoncer
01:26:11ni à notre histoire
01:26:12ni à nos valeurs.
01:26:14Mais elle repose
01:26:15aussi,
01:26:16Madame la Ministre
01:26:16et Monsieur le Ministre,
01:26:18dans le moment présent,
01:26:19à notre capacité
01:26:20à nous doter
01:26:21des moyens nécessaires,
01:26:22notamment budgétaires,
01:26:24sans lesquels
01:26:24rien n'est possible.
01:26:27Et voilà
01:26:27pour les moments forts
01:26:29de cette déclaration
01:26:30du gouvernement
01:26:31sur la situation
01:26:32politique internationale
01:26:34extrêmement tendue.
01:26:35Beaucoup,
01:26:36beaucoup de sujets
01:26:37de préoccupation
01:26:38entre la répression
01:26:39dans le sang
01:26:40en Iran
01:26:40et les menaces
01:26:41de Donald Trump
01:26:42sur le Groenland
01:26:43où la France
01:26:44s'apprête
01:26:44à dépêcher
01:26:45des soldats
01:26:46français
01:26:47pour dissuader
01:26:48les Etats-Unis
01:26:49d'intervenir
01:26:51là-bas
01:26:51près du cercle polaire.
01:26:53C'est la fin
01:26:54de cette émission.
01:26:55Vous pouvez retrouver
01:26:55l'essentiel du débat
01:26:57sur lcp.fr.
01:26:58Moi, je vous retrouve
01:26:58très vite.
01:26:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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