- il y a 2 jours
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, président d'honneur de La France humaniste, candidat à l'élection présidentielle de 2027.
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
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NewsTranscription
00:00:00Le budget 2026 sera le dernier vraiment utile avant la prochaine présidentielle qui est déjà dans toutes les têtes.
00:00:05L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin fait partie des personnalités en vue pour 2027.
00:00:09Il a d'ailleurs créé son mouvement, la France humaniste.
00:00:11Après 10 ans d'Emmanuel Macron, les Français voudront-ils revenir à un profil politique expérimenté ?
00:00:16La situation internationale pèsera certainement.
00:00:18Pour Dominique de Villepin, c'est évidemment un atout.
00:00:20Dominique de Villepin est l'invité de LCP, l'indice est politique.
00:00:30Sous-titrage Société Radio-Canada
00:01:00Je vais y arriver pour relier vos questions et commentaires.
00:01:02Et en fin d'émission avec notre invité, vous pourrez débattre de la place de l'Europe dans le monde, mais aussi de la France en Europe.
00:01:09Une question qui divise toujours entre souverainistes et pro-européens.
00:01:12Vous aurez l'occasion de préciser où vous vous situez.
00:01:15Ce sera donc le 49-3.
00:01:17Sébastien Lecornu l'a annoncé à l'issue du Conseil des ministres qui s'est tenu cet après-midi.
00:01:21Si aucune motion de censure n'est votée, le budget sera donc considéré comme adopté.
00:01:25Mais il va encore y avoir des étapes d'ici là.
00:01:27Tout à l'heure, le Premier ministre s'est exprimé devant la presse pour expliquer son choix.
00:01:32Nous avons décidé, je dois le dire à titre personnel, avec une certaine forme de regret et d'un peu d'amertume,
00:01:41mais d'engager la responsabilité du gouvernement, ce que je ferai demain sur la partie recette du projet de loi de finances.
00:01:48J'ai conscience que je suis obligé de revenir sur ma parole, mais en même temps, pour tenir parole, il faudrait que je m'entête.
00:01:54Je ne veux surtout pas, vous l'avez bien compris, avoir l'ego mal placé et être source de désordre.
00:02:01Dominique de Villepin, vous qui observez cela, vous avez été ancien Premier ministre.
00:02:04C'est la meilleure solution de la part de Sébastien Lecornu, disait le 49-3 ?
00:02:08Les marges de manœuvre n'étaient pas très grandes.
00:02:10Et de ce point de vue, il faut saluer les efforts de Sébastien Lecornu
00:02:14et reconnaître à tout le moins qu'il mène une politique de bonne foi.
00:02:19Il est sincère dans sa démarche, mais il est parfois difficile d'être sincère tout seul.
00:02:24Et ce que l'on peut constater, c'est le paradoxe qui a consisté pour engager la négociation budgétaire
00:02:31à renoncer au 49-3 et à la fin de cette discussion, constater que le 49-3 devient alors indispensable pour faire adopter le budget.
00:02:41Il a parlé trop vite ?
00:02:42Non, non. C'est bien la marque qu'il y a du côté de la classe politique, le refus de prendre ses responsabilités.
00:02:50Et c'est pourtant la clé de la politique.
00:02:51Nous sommes dans un temps de défausse.
00:02:54Ce n'est pas un pacte de non-censure qui est noué, c'est un pacte de défausse.
00:02:59C'est-à-dire qu'au bout du compte, personne ne veut assumer la difficulté de la route à suivre.
00:03:05Et pourtant, pas de majorité, mais aussi pas de méthode.
00:03:09Comment allons-nous faire l'année prochaine pour faire voter le budget une nouvelle fois ?
00:03:14Ça, on verra ça l'année prochaine.
00:03:15Oui, mais vous le voyez bien, d'année en année, nous reproduisons un effort qui paraît titanesque.
00:03:22Ce n'est pas une fois, ce n'est pas deux fois, c'est quatre à cinq fois qu'il va falloir faire cet effort.
00:03:25D'où le manque d'une trajectoire pluriannuelle budgétaire.
00:03:31Nous pensons trop petit, nous pensons trop court et nous ne pensons pas dans l'intérêt de la France et des Français.
00:03:39Le résultat, c'est le sentiment d'imprévisibilité qui prévaut.
00:03:43J'arrive de Normandie, j'étais à Rouen tout à l'heure avec un certain nombre de responsables d'entreprises.
00:03:47Ils me le disent tous, le prix que nous payons, nous, acteurs économiques, disent-ils, c'est le prix, c'est le prix d'une économie qui marche au ralenti.
00:03:56Sur l'actualité de ce soir, Sébastien Lecornu dit qu'il regrette d'engager le 49-3,
00:04:01mais il s'y était engagé à ne pas l'utiliser à la demande des socialistes qui aujourd'hui disent,
00:04:05finalement, le 49-3, c'est moins pire que si c'était pire.
00:04:08Dans les deux cas, les deux avalent leur couleuvre.
00:04:10– Les deux sont confrontés à l'inéluctable, c'est-à-dire qu'à un moment donné, il y a un acte qui doit être fait
00:04:17et que personne ne veut assumer.
00:04:19Il faut bien que le Premier ministre crée les conditions de faire voter ce budget.
00:04:23– Qui est le plus grand perdant, Sébastien Lecornu ou les socialistes ?
00:04:25– La seule chose que je retiens, c'est que la France a besoin d'un budget.
00:04:29Et donc, au bout du compte, il faut créer les conditions nécessaires pour que ce budget soit adopté.
00:04:33– Si vous étiez parlementaire, vous voteriez pour ?
00:04:36– Je pense qu'aujourd'hui, nous n'avons pas le choix.
00:04:38Je ne crois pas que ce soit un bon budget pour la France,
00:04:41parce que 5%, nous ne sommes pas dans la voie du redressement budgétaire qui est nécessaire.
00:04:46Mais à un moment donné, il faut un budget à la France.
00:04:49– Vous l'auriez voté donc ?
00:04:50– Le budget est indispensable.
00:04:51– Le Premier ministre a de nouveau dénoncé un sabotage, c'est ses mots,
00:04:55de la part de LFI et du RN par exemple.
00:04:58Il les a traités d'artisans du chaos.
00:05:00Il les a traités auparavant à l'Assemblée nationale de tireurs couchés.
00:05:04C'est un Premier ministre qui parle là.
00:05:05Est-ce qu'on parle comme ça des oppositions ?
00:05:07– Nous voyons bien que nous approchons des élections municipales
00:05:11et que les élections présidentielles ne sont pas loin.
00:05:14Quand politique, on cherche à marquer le terrain et à marquer les responsabilités,
00:05:18c'est quelque chose que j'appelle de mes voeux.
00:05:19Je trouve que la vie politique manque de clarté dans la définition des responsabilités.
00:05:24Mais même les termes dire ce que l'on croit être la nature d'un comportement politique,
00:05:32ça fait partie du débat politique.
00:05:33Vous savez, malheureusement, les partis politiques ne font plus de politique.
00:05:38Et je pense que les Français veulent de la clarté, de la responsabilité.
00:05:41– Cliver. – Si, pas cliver, marquer la responsabilité.
00:05:45Si, si en France, le Rassemblement national ne cesse de progresser,
00:05:50c'est parce qu'on n'est plus capable de nommer, de dire ce qui se passe.
00:05:54Et le résultat, les Français, dans la confusion, aspirent à plus de clarté.
00:05:59Et le résultat, nous avançons vers un régime de plus en plus autoritaire,
00:06:02risquant de sombrer dans l'autoritarisme.
00:06:05Ce n'est pas la réponse qui doit être apportée.
00:06:07– En clair, à l'heure qu'il est, ce soir, vous donnez le bon point à Sébastien Lecornu.
00:06:11– Mais je pense que Sébastien Lecornu a raison de nommer.
00:06:14D'abord parce qu'il aspire à continuer à gouverner.
00:06:16– Vous donnez le bon point en général, à la fois sur le 49.3 et sur la façon…
00:06:19– Mais je crois que Sébastien Lecornu doit assumer ses responsabilités.
00:06:23Il ne peut pas rester dans l'ambiguïté en permanence.
00:06:28À un moment donné, il faut que chacun regarde ce qui se passe et en tire des conclusions.
00:06:34– Alors chacun joue son rôle.
00:06:35La France insoumise, l'Assemblée nationale, annonce à l'instant des dépôts de motions de censure.
00:06:39Ils sont dans leur rôle aussi.
00:06:40– Ils sont dans le rôle d'une opposition.
00:06:44Mais moi, ce qui m'intéresse, M. Le Taillé,
00:06:46et c'est bien pour ça que je rentre dans la politique à nouveau après 18 ans,
00:06:50c'est qui défend les intérêts des Français ?
00:06:53Quel est l'intérêt général de la France ?
00:06:54Moi, je me moque de savoir si telle opposition pense ici ou pense cela.
00:06:57Est-ce que c'est bon pour la France ?
00:06:59C'est la seule question que nous devons nous poser.
00:07:01Nous allons parler tout à l'heure de la situation internationale du contexte mondial.
00:07:06Mais regardez la gravité des choses.
00:07:08Est-ce qu'il est normal que notre classe politique soit là
00:07:11à couper les feuilles en quatre
00:07:14et à tergiverser pour l'adoption d'un budget
00:07:18qui est indispensable au fonctionnement de notre pays ?
00:07:20– Alors en effet, on va parler de la situation internationale.
00:07:22J'en profite pour saluer Thierry Fable qui nous a rejoints.
00:07:24Bonsoir Thierry de Chalange qui est l'un de nos partenaires dans cette émission.
00:07:28Le Groenland, l'Iran, la Syrie, l'avenir de Gaza.
00:07:31À la mi-journée, Emmanuel Macron a tenu un conseil de défense à l'Elysée
00:07:34sur la plupart de ses enjeux, sauf Gaza,
00:07:36qui ont un point commun, Donald Trump.
00:07:38Le président américain veut imposer son point de vue
00:07:40et menace régulièrement d'employer la force pour arriver à ses fins.
00:07:43Donald Trump, à vos yeux, est-ce qu'il n'est pas en train d'éclipser
00:07:46Vladimir Poutine au palmarès des dirigeants les plus dangereux ?
00:07:50– Alors, dangereux en tout cas, je ne sais pas s'il faut employer ce terme,
00:07:56mais en tout cas créateur d'instabilité.
00:07:57– Est-ce qu'il est plus dangereux que Poutine aujourd'hui ?
00:07:59– Je crois que la comparaison n'a pas beaucoup de sens.
00:08:02On a un Vladimir Poutine qui a agressé la Russie,
00:08:07qui a agressé l'Ukraine,
00:08:08et on a un Donald Trump qui sème l'instabilité et le désordre un peu partout,
00:08:15sans être capable de transformer l'essai à chaque fois.
00:08:19On voit qu'en Ukraine, il n'a pas la détermination pour obtenir un cessez-le-feu,
00:08:25en dépit des efforts des Européens.
00:08:27On voit qu'à Gaza, on est dans des palinodies,
00:08:30on crée un conseil de paix qui est quelque chose…
00:08:32– On va prendre ça point par point.
00:08:34– On va le prendre point par point.
00:08:35On voit qu'au Venezuela, une intervention pour enlever le président en fonction,
00:08:40même si sa légitimité était faible,
00:08:42tout cela pour mener à quoi ?
00:08:44Est-ce que le peuple vénézuélien est susceptible
00:08:47de retrouver rapidement une transition démocratique ?
00:08:49Cela paraît peu probable.
00:08:50Et on voit au Groenland un président Trump qui sème, là encore, le désordre.
00:08:55Je crois que l'Amérique est à l'opposé de ce qui était sa vocation historique.
00:09:00La vocation des États-Unis, c'était de servir de protecteur à l'ordre mondial
00:09:05et en particulier vis-à-vis des Européens.
00:09:07Aujourd'hui, comment avoir confiance dans cette administration
00:09:11et il faut constater que le monde est aujourd'hui plus dangereux qu'il ne l'était ?
00:09:16– Avec Donald Trump ?
00:09:17– Avec Donald Trump, bien sûr.
00:09:19– Stéphanie ?
00:09:19– Justement, à propos du Groenland, Emmanuel Macron plaide
00:09:22pour que l'Union européenne active son dispositif anti-coercition.
00:09:25C'est un outil créé en 2023 qui permet de limiter les importations,
00:09:30de bloquer l'accès au marché européen.
00:09:31si un pays en face fait du chantage économique ou tente d'influencer les choix politiques de l'Union.
00:09:38Est-ce que, de votre point de vue, c'est réalisable ?
00:09:39Et est-ce que cela va vraiment faire trembler Donald Trump ?
00:09:42– Nous avons vu qu'avec quelques soldats déployés au Groenland,
00:09:47d'ores et déjà, la donne est changée.
00:09:49Donc oui, ne sous-estimons pas les décisions, y compris symboliques,
00:09:54quand elles marquent la détermination des Européens.
00:09:56Aujourd'hui, on a appelé à l'arme anti-coercition
00:10:00que nous aurions dû déclencher il y a longtemps,
00:10:03notamment dans la première bataille commerciale
00:10:06où nous avons accepté, en baissant la tête, 15% il y a quelques mois.
00:10:10Aujourd'hui, c'est nécessaire.
00:10:12Nous devons marquer notre volonté de défendre les principes qui sont les nôtres,
00:10:18à commencer par la souveraineté du Groenland
00:10:20et de la relation entre le Groenland et le Danemark.
00:10:22Nous ne pouvons pas accepter cette politique du fait accompli.
00:10:26L'avantage de la politique anti-coercition, c'est que, vous l'avez rappelé,
00:10:30c'est que cela limite l'accès au marché public des entreprises américaines.
00:10:34Et il y a des possibilités extrêmement importantes et très coûteuses pour les États-Unis,
00:10:38en particulier dans le domaine du numérique.
00:10:40Les plateformes numériques américaines,
00:10:42si elles perdent l'accès au marché européen,
00:10:44eh bien c'est une bonne partie de leur plan de charge.
00:10:46– Donc, il faut actionner cette arme anti-coercition.
00:10:48– Il y a celle-là, il y a la possibilité de répliquer point par point
00:10:52à toute élévation des droits de douane.
00:10:54Nous avons donc de nombreux atouts qu'il faut utiliser.
00:10:58– Que nous pouvons utiliser et que nous devons utiliser
00:11:01dès lors que le 1er février, eh bien la nouvelle donne américaine s'impose.
00:11:06Eh bien soyons en capacité, dès le 1er février, d'activer cela.
00:11:10Ce n'est pas simple compte tenu des délais pour mettre en place ces outils.
00:11:13De la même façon, l'essentiel des armements européens sont achetés aux États-Unis.
00:11:17Soyons beaucoup plus sévères quant à la nature de ces achats
00:11:23et faisons en sorte que les Européens en tirent les conséquences,
00:11:26d'autant plus que nous le savons.
00:11:28Sur ces armements que nous achetons, c'est particulièrement vrai
00:11:30à titre symbolique pour les F-35, eh bien ce sont les Américains
00:11:33qui gardent la possibilité d'activer ou de ne pas activer ces armements.
00:11:36– C'est eux qui ont l'accès de contact.
00:11:37– Exactement. Donc soyons fermes, soyons clairs.
00:11:41Et Donald Trump l'a montré. Face à des résistances, il recule.
00:11:46– Justement, sur le plan militaire, la France a envoyé une quinzaine
00:11:49de militaires au Groenland la semaine dernière en repérage.
00:11:52Faut-il envisager une présence militaire ou européenne plus importante ?
00:11:55– Alors, de ce point de vue-là, les Danois ont d'ores et déjà annoncé
00:12:00que la présence européenne pourrait se prolonger sur un an, voire deux ans.
00:12:05Moi, mon sentiment, c'est qu'il faudrait faire ce que nous avons fait,
00:12:08évidemment dans des proportions très différentes, ce que nous avons fait
00:12:13ou prévu de faire pour l'Ukraine à travers la coalition des volontaires.
00:12:16Ayons une coalition pour l'Arctique de troupes qui, par rotation,
00:12:19assurerait une présence dans l'article au Groenland
00:12:23et soyons déterminés à occuper cet espace, car en aucun cas,
00:12:28nous ne pouvons ni ne devons céder.
00:12:31Car ne pas céder aujourd'hui à Donald Trump, c'est demain voir l'administration Trump
00:12:36revendiquer telle et telle possession française ou présence française
00:12:40dans les Caraïbes ou ailleurs.
00:12:41Donc c'est la boîte ouverte, la porte ouverte à des situations inacceptables.
00:12:46– La France insoumise a proposé aujourd'hui une résolution
00:12:48qui veut sortir de l'OTAN, une émancipation par rapport aux États-Unis.
00:12:52Donc, faut-il aller jusque-là ?
00:12:55Je pense que vouloir agir dans la précipitation, ce n'est pas dans l'intérêt de la France
00:13:00et ce serait très mal compris par nos partenaires européens.
00:13:03Ça donnerait le sentiment d'utiliser ce prétexte pour se retirer,
00:13:07alors que nous devons faire preuve le plus possible en la matière d'unité.
00:13:12Une des clés du succès des Européens et des membres de l'OTAN non américains
00:13:17dans cette affaire, c'est l'unité.
00:13:19C'est l'unité qui fait la force.
00:13:20Un front uni et sortir, prétendre vouloir sortir aujourd'hui de l'OTAN,
00:13:25ça n'a pas beaucoup de signification.
00:13:26Attendons de voir si cet OTAN a encore une réalité
00:13:30et nous allons très vite voir les conclusions que les Américains en tirent.
00:13:33Il est évident que si les Américains persistent à vouloir conquérir
00:13:37le Groenland par la force, eh bien l'OTAN n'aurait plus aucune signification
00:13:41et il tomberait de lui-même.
00:13:43Donc de ce point de vue-là, veillons au bon usage des symboles,
00:13:47veillons à l'unité des membres de l'OTAN et des Européens
00:13:50et veillons à faire en sorte que les solutions puissent être le plus possible
00:13:53trouvées en commun, même si ma conviction,
00:13:56c'est que nous aurons besoin très vite d'une avant-garde européenne
00:13:58qui accepte d'agir beaucoup plus fort et beaucoup plus vite
00:14:01pour donner l'exemple.
00:14:03Oui, monsieur le Premier ministre, il y a une question de drapeau dans le chat
00:14:06qui vous demande si jamais les USA prennent le Groenland par la force.
00:14:09Faudra-t-il considérer ce pays comme étant à traiter de la même manière
00:14:12que la Russie avec des sanctions ?
00:14:14Plus, plus, plus, il écrit.
00:14:15Et est-ce qu'il faudrait un OTAN de l'Union Européenne, par exemple, aussi ?
00:14:19Vous savez que dans le cadre de l'OTAN, il y a aujourd'hui deux piliers.
00:14:22Il y a un pilier qui nous rassemble tous et il y a un pilier européen.
00:14:26Moi, je souhaite que le pilier européen se développe le plus vite possible.
00:14:30C'est malheureusement trop lent.
00:14:31Mais bien évidemment, c'est la direction dans laquelle il faut aller.
00:14:35Donc de ce point de vue-là, oui, bien sûr, il faut être réaliste
00:14:37et rassembler nos forces.
00:14:39Thierry.
00:14:40Je reviens sur la guerre commerciale.
00:14:42Si Donald Trump met à exécution ces menaces,
00:14:45est-ce qu'il faut vraiment se lancer dans une riposte, une guerre commerciale ?
00:14:49Les études d'économie sont sorties ces derniers mois,
00:14:51notamment du Conseil d'analyse économique,
00:14:53en préconisant de ne pas surenchérir
00:14:55parce que le coût serait trop important pour l'Union.
00:14:58Et c'est ce qui s'est passé d'ailleurs avec l'accord signé par Mme Derleyen
00:15:01qui n'a pas surenchéri.
00:15:02Alors aujourd'hui, est-ce qu'il faut un peu minimiser
00:15:05les conséquences économiques et surenchérir
00:15:08à cause du coût politique, finalement, de ce que fait Donald Trump ?
00:15:12Alors nous connaissons déjà la réponse qu'il faut apporter à cette question.
00:15:15Pourquoi ?
00:15:17Si nous avons considéré,
00:15:19si Mme Derleyen a considéré qu'il ne fallait pas surenchérir,
00:15:22c'est parce que nous étions au début d'un processus.
00:15:24Et l'idée, c'était, en ne surenchérissant pas,
00:15:29nous allons éviter l'escalade.
00:15:30Nous avons pu constater que, quoi que nous fassions,
00:15:33l'escalade, elle est là.
00:15:34Et que le chantage, il s'aggrave de semaine en semaine
00:15:37et de mois en mois.
00:15:39Aujourd'hui, c'est le Groenland.
00:15:40Demain, ce sera sans doute autre chose.
00:15:41Donc il faut arrêter l'escalade.
00:15:43Pour arrêter l'escalade, il faut clairement mobiliser nos forces
00:15:46et nous positionner de façon à faire reculer Donald Trump.
00:15:51Jusqu'à prendre le risque d'une guerre commerciale, disait Thierry ?
00:15:53Mais est-ce que c'est l'intérêt de Donald Trump ?
00:15:55Regardons la situation des États-Unis.
00:15:56Ne surestimons pas la position de Donald Trump.
00:15:58D'abord, il est peut-être à la veille d'une annulation
00:16:01de la légalité de ces hausses de tarifs.
00:16:04La Cour suprême doit se prononcer.
00:16:05Il n'est pas du tout exclu que la Cour suprême dise
00:16:08que Donald Trump n'a pas le droit de faire ce qu'il a fait.
00:16:11Deuxièmement, Donald Trump est en difficulté sur le plan intérieur.
00:16:15On voit les remous autour de la police de l'immigration.
00:16:17On voit les réticences des Américains
00:16:20à accepter une intervention au Groenland par la force
00:16:23ou de façon pacifique.
00:16:25Les Américains ne le suivent pas.
00:16:27Et il y a en novembre des midterms.
00:16:29Donc, soyons déterminés, soyons convaincus de notre droit.
00:16:32Nous défendons...
00:16:33Quelles soient les conséquences économiques ?
00:16:34C'est-à-dire, même si des experts nous disent
00:16:35attention, ce n'est plus le sujet.
00:16:38Monsieur Fabre, en 2003,
00:16:40quand la France a décidé de tenir tête aux Américains
00:16:42et de s'opposer à une intervention,
00:16:44j'ai eu le MEDEF en fin de mois.
00:16:46À l'époque, c'était le CNPF qui me disait
00:16:48vous allez ruiner l'économie française.
00:16:50Vous savez, quand on défend sa souveraineté,
00:16:53il faut être déterminé.
00:16:55C'est la leçon que nous a donnée le général de Gaulle.
00:16:58Et dans ces moments-là, il ne faut pas mollir.
00:16:59Pourquoi ? Parce que si nous mollissons,
00:17:02eh bien, vous savez, les droits de douane,
00:17:04ils continueront et ils s'aggraveront
00:17:06pour le moindre désir de M. Trump.
00:17:08Nous sommes devant quelqu'un
00:17:09qui n'a pas de rationalité politique.
00:17:14Donc, nous sommes quelqu'un qui utilise la faiblesse.
00:17:16La seule limite qu'il accepte, c'est la force.
00:17:18Regardez les deux pays qui ont tenu tête
00:17:20en matière commerciale aux États-Unis,
00:17:22la Chine et le Brésil, eh bien,
00:17:25Donald Trump a fait machine arrière.
00:17:26Donc, de ce point de vue-là,
00:17:28soyons convaincus que le plus grand risque
00:17:30que nous prendrions, c'est de baisser les bras
00:17:33et d'avoir peur.
00:17:34Vous savez, la peur, ça se renifle.
00:17:35Donald Trump, il a parfaitement bien compris
00:17:37que chez les Européens, il y avait un risque de division,
00:17:40donc chercher à les diviser,
00:17:41et il y avait un risque, justement,
00:17:44qu'ils aient peur.
00:17:45On voit Mme Mélanie qui hésite.
00:17:46Nous devons être inflexibles.
00:17:49Parfois, Donald Trump fait marche arrière, Lauriane.
00:17:53Bien sûr.
00:17:53Oui, jusqu'encore très récemment,
00:17:55il menaçait d'attaquer l'Iran.
00:17:57Il semble avoir renoncé pour l'instant.
00:18:00Pourquoi, selon vous ?
00:18:02Alors, il y a beaucoup de prudence à avoir là-dessus,
00:18:06parce que nous voyons bien qu'il y a toujours
00:18:07des préparatifs du côté américain
00:18:10en ce qui concerne le renforcement des positions
00:18:13dans cette région.
00:18:14Donc, on ne peut pas exclure que demain, après-demain,
00:18:16il y ait, malgré tout, une réaction.
00:18:20Ce qui est certain, c'est que les États-Unis
00:18:23ont pu mesurer le risque qu'il y avait
00:18:27à s'engager dans une intervention
00:18:28sans stratégie politique.
00:18:32Ce qui s'est passé au cours des derniers mois en Iran,
00:18:35c'est une nouvelle tragédie.
00:18:37D'étape en étape, nous voyons à quel point
00:18:39l'Iran, le peuple iranien, vit une tragédie.
00:18:44Terrible.
00:18:45Cette tragédie, on l'a vu dans ces dernières semaines,
00:18:49elle a conduit à donner des ordres.
00:18:51Le pouvoir iranien a donné des ordres
00:18:53pour tirer dans la figure des manifestants,
00:18:55viser les yeux, faire payer les corps
00:18:58que les familles venaient rechercher à la morgue,
00:19:00extorquer des aveux en direct à la télévision.
00:19:03Ce sont des stratégies innommables
00:19:05d'une très grande curie.
00:19:06Mais face à ça,
00:19:08est-ce qu'une politique de changement de régime,
00:19:11ça donne des résultats ?
00:19:12Toute l'expérience que nous avons depuis 25 ans
00:19:14montre que les politiques de changement de régime
00:19:17ne donnent pas les résultats escomptés.
00:19:18On l'a vu en Afghanistan, on l'a vu en Irak,
00:19:21on l'a vu en Libye, on le voit au Sahel.
00:19:23À chaque fois, c'est davantage de malheur
00:19:26et davantage de chaos.
00:19:27Tu penses, là, ce serait l'Arabie saoudite
00:19:29et le Qatar qui auraient manœuvré
00:19:31auprès de Donald Trump pour le convaincre ?
00:19:33Ce sont aujourd'hui les informations qui existent.
00:19:36C'est plausible.
00:19:36Mais il y a sans doute aussi
00:19:38dans l'entourage de Donald Trump
00:19:39un certain nombre de gens
00:19:40qui l'avertissent de ce que les États-Unis
00:19:43ont connu dans le passé.
00:19:45Que l'Arabie saoudite,
00:19:46qui est directement visée l'Arabie saoudite,
00:19:49a déjà été frappée par l'Iran,
00:19:51on s'en souvient.
00:19:52Le Qatar a été frappé à travers sa base,
00:19:54la base américaine d'Aloudaïde.
00:19:56Donc, il y a un risque régional.
00:19:59Mais ce risque, il n'est pas que régional.
00:20:00L'effondrement du régime iranien,
00:20:03est-ce qu'il ouvre la voie
00:20:04à une transition démocratique
00:20:06ou est-ce qu'il ne risque pas
00:20:08d'ouvrir la voie
00:20:08à un effondrement du pays lui-même ?
00:20:11Nous le savons,
00:20:12il y a un certain nombre
00:20:14de populations composites
00:20:15qui font l'Iran,
00:20:16même si cette nation
00:20:17est une nation très ancienne.
00:20:19Les Algérie, les Balouches,
00:20:22toutes ces...
00:20:22Le retour de Reza Pallavi, par exemple,
00:20:24ce serait une catastrophe ?
00:20:25Mais quelle est la réalité politique
00:20:27d'une personnalité,
00:20:29quoi qu'on en pense,
00:20:31qui, vivant aux Etats-Unis,
00:20:33soutenue par les Etats-Unis
00:20:34et avec Israël,
00:20:37pourrait revenir
00:20:37dans les fourgons de l'étranger
00:20:39en Iran ?
00:20:40Tout ceci fait débat.
00:20:41Quelle que soit la qualité de l'homme,
00:20:43la question, c'est
00:20:44comment engager
00:20:45une transition pacifique
00:20:47et avec quelle stratégie ?
00:20:49Aujourd'hui,
00:20:50aujourd'hui,
00:20:51il n'y a pas de force organisée,
00:20:53structurée,
00:20:54à l'intérieur de l'Iran
00:20:55et le risque qui est pris,
00:20:56c'est de frapper le régime
00:20:58et de voir que les conséquences
00:21:00dans le pays tout entier
00:21:02ne sont pas ce que nous espérions.
00:21:03Et le risque,
00:21:04ce serait que
00:21:06les gardiens de la révolution,
00:21:08les Basidji,
00:21:10qui sont les partis
00:21:11les plus durs du régime,
00:21:12eh bien,
00:21:13ne prennent le pouvoir
00:21:14dans une répression
00:21:14qui serait encore plus terrible.
00:21:16Donc, je pense qu'il faut faire cela
00:21:18avec mesure,
00:21:20avec intelligence
00:21:21et que, manifestement,
00:21:23eh bien,
00:21:24la réflexion n'a pas été menée
00:21:25jusqu'à son terme.
00:21:26On va rester au Moyen-Orient.
00:21:27Donc, la précipitation
00:21:27est toujours mauvais conseil
00:21:29et l'esprit de responsabilité
00:21:31fait que, eh bien,
00:21:32les États-Unis,
00:21:33comme l'ensemble des autres pays
00:21:35qui pourraient être tentés
00:21:35par cela,
00:21:36hésitent.
00:21:37Lauriane,
00:21:37au Moyen-Orient toujours,
00:21:38mais ailleurs,
00:21:39un peu ailleurs.
00:21:39Donald Trump veut créer
00:21:40un conseil de paix
00:21:42pour la reconstruction de Gaza.
00:21:44Chaque pays
00:21:45qui voudra y siéger
00:21:46devra payer
00:21:47un milliard de dollars.
00:21:49Vladimir Poutine
00:21:49a été invité,
00:21:50Javier Millet,
00:21:51Victor Orban,
00:21:52la France aussi,
00:21:53mais à ce stade,
00:21:54l'Élysée dit
00:21:55n'entend pas
00:21:56donner suite favorable.
00:21:58Est-ce que c'est
00:21:58une bonne décision,
00:21:59selon vous ?
00:21:59Bien sûr.
00:22:00Vous savez,
00:22:01la privatisation
00:22:02de la diplomatie internationale
00:22:03a quelque chose
00:22:04d'insupportable.
00:22:05Je trouve que c'est
00:22:06se moquer du monde.
00:22:08Et nous le voyons bien
00:22:10au Groenland,
00:22:12nous le voyons
00:22:13au Venezuela,
00:22:14il y a une sorte
00:22:14d'amateurisme,
00:22:15une sorte de personnalisation
00:22:20du jeu international
00:22:21qui est tellement éloignée
00:22:22des besoins
00:22:23que ressent
00:22:24la communauté internationale.
00:22:25Nous voyons
00:22:26la population de Gaza
00:22:27qui est toujours
00:22:28en souffrance,
00:22:29qui attend
00:22:30que des décisions
00:22:30soient prises.
00:22:31Il y a une phase 2
00:22:32qui doit commencer
00:22:33avec la démilitarisation
00:22:35du Hamas.
00:22:36Faisons en sorte
00:22:36d'être sérieux
00:22:38en matière internationale.
00:22:39Et que je sache,
00:22:40Donald Trump
00:22:41n'est pas le monarque
00:22:42qui est susceptible
00:22:43de mettre à sa main
00:22:45l'ensemble de la planète
00:22:47et de gouverner
00:22:48par décrets impériaux
00:22:50aussi absurde
00:22:51que celui-là.
00:22:52Un conseil de paix
00:22:53avec Tony Blair
00:22:54et quelques autres personnalités
00:22:55du même acabit.
00:22:56Très honnêtement,
00:22:58ça fait sourire
00:22:59très jaune
00:23:00pour ceux qui connaissent
00:23:01un peu l'histoire
00:23:02de cette région
00:23:02et qui connaissent
00:23:04les très grands déboires
00:23:05qui ont été
00:23:07en partie
00:23:08à l'origine
00:23:09de la politique
00:23:10de M. Tony Blair
00:23:11et de George Bush.
00:23:13La France a reconnu
00:23:14l'État de Palestine
00:23:15il y a quelques mois maintenant.
00:23:16Ça a changé quoi ?
00:23:18Rien ?
00:23:19Non.
00:23:20Non, je ne crois pas
00:23:21du tout qu'on puisse dire ça.
00:23:22Ça a posé un principe.
00:23:23Vous savez,
00:23:24c'est comme ceux
00:23:25qui aujourd'hui disent
00:23:26le droit international,
00:23:28ce n'est pas important,
00:23:28on peut s'en passer,
00:23:29regarder,
00:23:30c'est une politique de force.
00:23:32Mais qu'est-ce que la force
00:23:33si elle n'est pas
00:23:34au service du droit ?
00:23:35C'est l'aventure.
00:23:36Le Venezuela,
00:23:37c'est l'aventure.
00:23:38Donald Trump n'a marqué
00:23:39aucun point au Venezuela.
00:23:41Il n'a marqué aucun point
00:23:42aujourd'hui à Gaza.
00:23:43Les peuples continuent
00:23:44de souffrir.
00:23:45Est-ce qu'on a marqué
00:23:45des points en reconnaissant
00:23:46l'État de Palestine ?
00:23:47Pas plus.
00:23:48Mais nous sommes fidèles
00:23:50à la vision
00:23:50que nous avons
00:23:51de l'ordre mondial
00:23:52qui passe par la reconnaissance
00:23:54d'un principe de justice.
00:23:57Vous savez,
00:23:57le principe
00:23:58d'autodétermination des peuples,
00:23:59il faut le prendre en compte
00:24:00aussi au Groenland.
00:24:02Quand nous voyons
00:24:02le peuple groenlandais dire
00:24:03nous ne voulons pas
00:24:04être américains
00:24:05et nous sommes prêts
00:24:06à avancer vers
00:24:08une appartenance
00:24:09à l'Union européenne
00:24:10dont ils se sont dissociés
00:24:11au début des années 80,
00:24:12ce sont des choses
00:24:13à prendre au sérieux,
00:24:14le respect des peuples.
00:24:16Donc oui,
00:24:17respecter les principes,
00:24:19respecter le droit,
00:24:21c'est vrai.
00:24:21ça fait avancer en matière
00:24:23internationale
00:24:24et regarder à quel point
00:24:25ça fait avancer
00:24:26en matière nationale.
00:24:28En France,
00:24:29en Europe,
00:24:30le risque de quitter
00:24:32l'État de droit
00:24:33est un risque majeur.
00:24:34C'est exactement
00:24:35la même chose
00:24:36en matière de droit international.
00:24:37Nous sommes dans un monde
00:24:38plus dangereux
00:24:39parce que le droit
00:24:39n'est pas respecté,
00:24:41alors qu'il faudrait
00:24:42que la force soit
00:24:43au service du droit.
00:24:45Dire qu'on défend
00:24:45le droit international,
00:24:46ça ne veut pas dire
00:24:47que dans certaines situations,
00:24:48on ne puisse pas accepter
00:24:50d'utiliser la force,
00:24:51mais une force,
00:24:52une force
00:24:53qui est légitime,
00:24:55reconnue par les Nations Unies
00:24:57dans le cadre
00:24:58de la légitime défense
00:25:00ou dans d'autres situations
00:25:01très prévues
00:25:03et organisées,
00:25:04mais ce n'est pas
00:25:04la loi de la jungle.
00:25:06Tout le monde perd
00:25:07dans la loi de la jungle.
00:25:08Au plan international
00:25:08comme au plan national,
00:25:10c'est l'aventure
00:25:12et de risques majeurs
00:25:13pour la démocratie.
00:25:14Oui,
00:25:15moi j'étais petit
00:25:15quand vous étiez
00:25:16au gouvernement
00:25:17et premier ministre.
00:25:18Vous avez grandi
00:25:18et je vous félicite.
00:25:20Je ne suis pas encore
00:25:20à votre taille.
00:25:21Ça viendra,
00:25:22raffurez-vous.
00:25:23La question que j'aimerais
00:25:24vous poser,
00:25:24c'est,
00:25:25vous dites le respect
00:25:26du droit des peuples,
00:25:27etc.
00:25:27Pourquoi vous,
00:25:28quand vous étiez au pouvoir,
00:25:30vous n'avez pas reconnu
00:25:31l'État de Palestine ?
00:25:31Qu'est-ce qui bloquait
00:25:32à ce moment-là ?
00:25:32Est-ce que c'est le président ?
00:25:33Est-ce que c'était
00:25:34la situation internationale ?
00:25:35C'est une très bonne question
00:25:36mais la réponse est très simple.
00:25:38C'est parce qu'il y avait
00:25:39toujours,
00:25:40quand j'étais ministre
00:25:41des Affaires étrangères
00:25:42et après Premier ministre,
00:25:44il y avait toujours
00:25:44une perspective de paix
00:25:45par le processus de paix.
00:25:48Il y avait le processus
00:25:49d'Annapolis.
00:25:50Donc,
00:25:50l'espoir,
00:25:51c'était que la communauté
00:25:52internationale,
00:25:53toute entière,
00:25:54puisse avancer
00:25:55vers cette reconnaissance.
00:25:57Et donc,
00:25:57on continuait
00:25:58à considérer
00:25:59que c'était possible.
00:26:01On a,
00:26:02dans la période récente,
00:26:03constaté
00:26:04qu'il fallait
00:26:05que la France
00:26:06mette son poids
00:26:07dans la balance.
00:26:07Nous sommes
00:26:08le premier pays
00:26:09membre permanent
00:26:10du Conseil de sécurité
00:26:11à avoir reconnu
00:26:12un État palestinien.
00:26:14Ça,
00:26:14c'est une marche en avant
00:26:15et je crois
00:26:16que ça montre
00:26:17une direction.
00:26:18Et nous voyons bien
00:26:18que depuis
00:26:20le cessez-le-feu
00:26:20qui a été décidé,
00:26:22plus ou moins respecté,
00:26:23toujours pas respecté
00:26:24ou mal respecté,
00:26:25nous avons perdu de vue
00:26:27l'objectif
00:26:28qui est la création
00:26:29d'un État palestinien
00:26:30capable de vivre en paix
00:26:31à côté d'Israël
00:26:33et reconnaissant,
00:26:34bien sûr,
00:26:35les frontières d'Israël.
00:26:36Thierry,
00:26:36on va aller en Suisse maintenant.
00:26:37On part en Suisse.
00:26:39Ça va nous amener
00:26:39aux finances après.
00:26:41À Davos,
00:26:41où sera présent
00:26:42Emmanuel Macron demain.
00:26:44Mercredi,
00:26:44ce sera le tour
00:26:45de Donald Trump
00:26:45qui arrive en force.
00:26:47Alors,
00:26:47deux questions là-dessus.
00:26:49Est-ce qu'à votre avis,
00:26:49ce genre de sommet
00:26:50qui réunit
00:26:51les chefs d'État
00:26:51et les patrons
00:26:52de grandes entreprises
00:26:53internationales
00:26:54a encore une utilité ?
00:26:56Et que doit dire
00:26:57Emmanuel Macron ?
00:26:57Première question d'abord.
00:26:58Est-ce que c'est d'abord utile ?
00:26:59Est-ce que c'est encore utile ?
00:27:00Alors,
00:27:00je ne veux pas être trop négatif,
00:27:02même si j'ai assez peu
00:27:03de sympathie
00:27:04pour la nature
00:27:06de ces rencontres.
00:27:07Mais c'est toujours utile
00:27:09de se parler.
00:27:10Et ça sert à ça.
00:27:10dans le fond.
00:27:11Permettre informellement
00:27:13à des dirigeants
00:27:14du monde économique,
00:27:14du monde politique,
00:27:16des représentants
00:27:17de la société
00:27:18de se rencontrer
00:27:19et d'échanger.
00:27:20Et je pense que
00:27:21le diagnostic
00:27:21qu'ils peuvent faire
00:27:22de l'État du monde
00:27:23montre qu'il y a urgence
00:27:24à se retrousser.
00:27:25Et le discours du président,
00:27:28quel discours feriez-vous
00:27:29si vous alliez à Davos demain ?
00:27:32Je ferais un discours
00:27:33qui serait susceptible
00:27:34de réveiller
00:27:35les élites mondiales.
00:27:36Nous voyons bien
00:27:37que ces élites,
00:27:38pour la majorité
00:27:40d'entre elles,
00:27:41sont confortablement
00:27:42installées
00:27:42et ne subissent pas
00:27:43le choc quotidien
00:27:44des aléas du monde
00:27:46et les conséquences
00:27:47des décisions
00:27:48très irrationnelles
00:27:49prises par un certain
00:27:50nombre de dirigeants.
00:27:51Donc,
00:27:52je serais désireux
00:27:53de renvoyer chacun
00:27:54à sa responsabilité.
00:27:55Il n'y a pas
00:27:56d'entreprises
00:27:59qui puissent être heureuses
00:28:00dans un monde
00:28:00qui va mal.
00:28:01Il n'y a pas d'élites
00:28:02qui puissent être heureuses
00:28:03en changeant de territoire
00:28:05en fonction des difficultés
00:28:07éprouvées ici et là.
00:28:08Je crois qu'il y a
00:28:09la nécessité
00:28:10pour l'ensemble
00:28:11de ces dirigeants
00:28:12de montrer
00:28:13qu'ils sont
00:28:14sur le même bateau
00:28:15que nous,
00:28:16qu'ils partagent
00:28:17le destin des peuples
00:28:19et qu'ils ont à cœur
00:28:20de servir
00:28:21la stabilité mondiale.
00:28:21Mais vous donnez ce discours
00:28:22à l'heure des prédateurs.
00:28:24C'est l'heure des prédateurs
00:28:25aujourd'hui.
00:28:26Comment pouvez-vous
00:28:26leur tenir un discours
00:28:27bienveillant comme ceci ?
00:28:28Justement,
00:28:29leur montrer
00:28:29qu'ils prennent
00:28:30des risques immenses.
00:28:32Vous savez,
00:28:33la caractéristique
00:28:34de tous ceux
00:28:35qui croient pouvoir
00:28:36se sauver
00:28:37en prenant
00:28:39quelques distances
00:28:39et en défendant
00:28:40leur petite boutique
00:28:41sur un petit réchaud,
00:28:42c'est que tôt ou tard,
00:28:43ils sont rattrapés
00:28:43par l'histoire.
00:28:45Regardez les oligarques russes,
00:28:46regardez les oligarques chinois.
00:28:48Les oligarques américains
00:28:49croient tenir Donald Trump,
00:28:51tenir un système
00:28:52et pouvoir faire progresser
00:28:53les monopoles
00:28:55numériques,
00:28:55technologiques
00:28:56aux Etats-Unis.
00:28:57Vous savez,
00:28:57on ne sort pas
00:28:58de l'histoire tout seul,
00:29:00sauf si M. Musk
00:29:01trouve la voie royale
00:29:02pour aller sur Mars
00:29:03et dans ce cas-là,
00:29:04je leur dis bonne route.
00:29:05Dominique Deville,
00:29:06on a commencé tout à l'heure
00:29:07l'émission en parlant
00:29:08du budget 2026,
00:29:09on va y revenir quelques minutes.
00:29:10Il va y avoir donc
00:29:10un premier 49.3
00:29:12bientôt débattu
00:29:12par les députés
00:29:13sur les recettes.
00:29:14Normalement,
00:29:14le Parti Socialiste
00:29:15ne votera pas
00:29:15l'une des censures
00:29:17du gouvernement,
00:29:18mais comme il va y avoir
00:29:18plusieurs 49.3
00:29:19avec différentes navettes,
00:29:20aucun scénario
00:29:21n'est excurs.
00:29:22Cependant,
00:29:22Boris Vallaud,
00:29:23président du groupe
00:29:24PS à l'Assemblée Nationale,
00:29:25a rappelé la ligne
00:29:26de son parti.
00:29:27Ce que nous avons dit,
00:29:29c'est que compte tenu
00:29:30d'un certain nombre
00:29:31d'avancées,
00:29:31mais sur lesquelles
00:29:32j'aimerais qu'on puisse
00:29:32être précis
00:29:33pour dire de quoi il s'agit,
00:29:34nous allons dans le bon sens
00:29:37et nous pouvons envisager
00:29:38en effet
00:29:39une non-censure.
00:29:42Thierry.
00:29:43Alors,
00:29:43pour tenter de faire passer
00:29:44son budget,
00:29:45M. Lecornu
00:29:46a donné
00:29:48certaines satisfactions
00:29:49au Parti Socialiste
00:29:49et notamment,
00:29:50il a augmenté
00:29:51la prime d'activité
00:29:52après avoir,
00:29:53pour la Sécurité Sociale,
00:29:54suspendu la réforme
00:29:55des retraites.
00:29:56Est-ce que vous le comprenez ?
00:29:58Est-ce que vous approuvez
00:29:59le fait de donner des gages
00:30:00à un parti
00:30:01qui va sans doute
00:30:02éviter la motion
00:30:03de censure ?
00:30:04Si c'est la seule solution
00:30:05pour avoir un budget,
00:30:06il y a un prix à payer.
00:30:08Le réalisme politique,
00:30:09c'est de faire les compromis
00:30:10qui permettent
00:30:11d'obtenir ce budget.
00:30:13La France ne va pas
00:30:14continuer à vivre
00:30:15comme cela
00:30:15de semaine en semaine
00:30:17à mendier
00:30:18des subsides
00:30:20qui,
00:30:21à un moment donné,
00:30:22ne viendraient plus.
00:30:23Donc,
00:30:23nous nous mettons en danger
00:30:24en ne votant pas le budget.
00:30:25Et je le redis,
00:30:27j'étais en Normandie
00:30:28tout à l'heure
00:30:29et j'ai bien vu
00:30:29à quel point
00:30:30le principal obstacle
00:30:32à l'économie
00:30:34de notre pays
00:30:35aujourd'hui,
00:30:35c'est l'instabilité politique
00:30:37qui pèse sur les acteurs
00:30:38économiques.
00:30:39C'est quelque chose
00:30:40qui pèse extrêmement lourd
00:30:41et ça doit inviter
00:30:43toute la classe politique
00:30:44à ne pas jouer
00:30:46avec la situation actuelle.
00:30:47Nous avons un devoir
00:30:48vis-à-vis des Français
00:30:49et nous avons un devoir
00:30:50dans un contexte économique
00:30:51qui est difficile
00:30:52en France et en Europe.
00:30:54Alors,
00:30:54comme dans les concessions,
00:30:55il y a quand même aussi
00:30:56la surtaxe
00:30:57des grandes entreprises
00:30:58qui portent notre taux
00:31:00à l'un des taux d'IS,
00:31:02d'impôt sur les sociétés
00:31:03les plus élevés d'Europe.
00:31:04Ça se fait 8 milliards d'euros
00:31:05et là-dessus,
00:31:07est-ce que vous ne craignez pas
00:31:08un effet,
00:31:09certes,
00:31:10sur les entreprises,
00:31:11même si on s'attaque
00:31:12à l'instabilité,
00:31:13on les taxe
00:31:14et on baisse en plus
00:31:16une baisse d'impôt
00:31:17pour les PME
00:31:18qui a été annulée.
00:31:19Est-ce que là-dessus,
00:31:20ça ne vous inquiète pas ?
00:31:21Mais si, bien sûr,
00:31:22ça m'inquiète.
00:31:22Ça m'inquiète
00:31:23que nous soyons amenés
00:31:24à prendre des décisions
00:31:25aussi importantes
00:31:26sur le plan économique
00:31:27sans avoir véritablement
00:31:28fait le travail sérieux
00:31:29qui s'impose.
00:31:30Nous aurions dû
00:31:31faire des audits
00:31:32par fonction budgétaire.
00:31:34C'est ce que j'ai fait,
00:31:35moi, en 2005
00:31:36avec Jean-François Copé.
00:31:37Des audits systématiques
00:31:38qui ont permis de voir
00:31:39quelles étaient
00:31:40les marges de manœuvre,
00:31:41de nettoyer les niches fiscales
00:31:42qui méritaient d'être nettoyées
00:31:43et à partir de là
00:31:44de prendre des décisions rationnelles.
00:31:46Là, nous sommes
00:31:47dans l'urgence
00:31:48avec des bouts de ficelle
00:31:49obligés
00:31:50de colmater les émorales.
00:31:528 milliards pour les entreprises
00:31:53à facturer lourdes ?
00:31:54La facture est bien sûr lourde
00:31:56et elle a des conséquences
00:31:58pour les entreprises,
00:32:00mais somme toute,
00:32:00les entreprises,
00:32:01les grandes entreprises
00:32:03ont gagné beaucoup d'argent
00:32:05au cours des dernières années.
00:32:07Donc,
00:32:08que les entreprises
00:32:10les plus aisées,
00:32:11que les citoyens
00:32:11les plus aisés
00:32:12soient amenés
00:32:13à donner l'exemple
00:32:13dans cette période,
00:32:15eh bien,
00:32:15c'est nécessaire.
00:32:15Le véritable problème,
00:32:17c'est comme il faut faire ça,
00:32:19pas seulement en 2026,
00:32:20mais en 2027,
00:32:21en 2028,
00:32:21en 2029 et en 30,
00:32:22on ne pourra pas
00:32:23en permanence
00:32:24appliquer cette règle
00:32:26consistant à s'adresser
00:32:28toujours au même.
00:32:29Et puis,
00:32:29il y a la nécessité
00:32:30d'une trajectoire
00:32:31pluriannuelle
00:32:32sur le plan budgétaire
00:32:33qui donne de la visibilité
00:32:35à tous les acteurs
00:32:36économiques français.
00:32:37Le principe de responsabilité,
00:32:39c'est de ne pas traiter
00:32:40les problèmes
00:32:41par petits morceaux,
00:32:43mais de les traiter
00:32:44dans la durée
00:32:45et avec une information
00:32:47complète
00:32:48pour mesurer
00:32:48les conséquences
00:32:49de tout cela.
00:32:49Alors justement,
00:32:50avec 5% de déficit,
00:32:51on est le bodédane
00:32:53de la zone euro.
00:32:54Alors,
00:32:55est-ce que vous craignez,
00:32:56comme le président
00:32:57de la Cour des comptes
00:32:57le disait récemment,
00:32:58un accident financier ?
00:33:00Est-ce qu'avec un déficit
00:33:01aussi important,
00:33:02la France n'est pas
00:33:03très vulnérable
00:33:04sur les marchés financiers ?
00:33:05Avec une crise possible ?
00:33:06Il y a plusieurs conséquences.
00:33:07Vous avez raison
00:33:08de parler d'un accident financier.
00:33:09Il est parfaitement possible,
00:33:10même si,
00:33:11avec le soutien de l'euro
00:33:12et de l'Union européenne,
00:33:14nous pouvons espérer,
00:33:15compte tenu de la taille
00:33:16de notre économie,
00:33:17que nous sommes trop grands
00:33:18pour être mis en danger.
00:33:20Mais il y a un autre danger
00:33:21qui est extrêmement lourd.
00:33:23C'est le fait
00:33:24que notre voix,
00:33:25à nous,
00:33:25Français,
00:33:26a un moment décisif
00:33:27pour l'avenir
00:33:28de l'Union européenne
00:33:29et de réformes nécessaires
00:33:31pour l'Union européenne.
00:33:33Nous ne soyons plus crédibles
00:33:34dans le dialogue
00:33:35avec nos grands partenaires.
00:33:36L'Allemagne,
00:33:37aujourd'hui,
00:33:38se pose la question
00:33:39de savoir,
00:33:39est-ce qu'il faut pratiquer
00:33:41une politique
00:33:42qui conduise
00:33:43à se coucher
00:33:44devant les Américains
00:33:46ou est-ce qu'il y a
00:33:47dans l'Europe
00:33:48une capacité de réaction
00:33:49et est-ce qu'on peut,
00:33:51aujourd'hui,
00:33:52prendre les Français au sérieux
00:33:53pour véritablement
00:33:54défendre notre souveraineté ?
00:33:55Le grand enjeu européen,
00:33:56au-delà du budget,
00:33:57mais c'est lié.
00:33:58C'est un pacte
00:33:59de souveraineté européen.
00:34:01Ça,
00:34:01ça suppose
00:34:01de déterminer
00:34:02l'ensemble
00:34:04des conditions
00:34:05qui nous permettent,
00:34:06dans le domaine du numérique,
00:34:07dans le domaine financier,
00:34:08dans le domaine économique,
00:34:10eh bien,
00:34:10de mettre
00:34:12tous les moyens nécessaires
00:34:14pour que nous puissions
00:34:16avancer
00:34:17sans être soumis
00:34:18en permanence
00:34:19à des ultimatums
00:34:20qu'ils soient
00:34:21des Chinois
00:34:21ou des Américains.
00:34:23Eh bien,
00:34:23cette condition,
00:34:24elle implique
00:34:24que la France se redresse.
00:34:26Nous ne sommes pas crédibles
00:34:27aujourd'hui en Europe.
00:34:29Il faut donc se doter
00:34:30des outils indispensables
00:34:31et ça passe par un budget.
00:34:33À l'aspect politique
00:34:34du budget, Stéphanie.
00:34:34Pourrons revenir justement
00:34:35à l'élaboration politique
00:34:36ici du budget.
00:34:37Vous avez dit tout à l'heure
00:34:39que vous estimiez
00:34:39que Sébastien Lecornu
00:34:40n'avait pas d'autre choix
00:34:41que le 49-3,
00:34:42mais après des mois de débat,
00:34:43une loi spéciale,
00:34:44une France qui n'a toujours
00:34:45pas de budget au 19 janvier,
00:34:46est-ce que le Premier ministre
00:34:47n'aurait pas dû aller plus vite
00:34:49et le déclencher plus tôt,
00:34:50ce 49-3 ?
00:34:51Vous savez,
00:34:51quand on essaye
00:34:53de faire valoir
00:34:54le dialogue politique,
00:34:56quand on essaye
00:34:56d'avancer dans la voie
00:34:57d'un compromis budgétaire,
00:34:59eh bien,
00:34:59il faut donner sa chance
00:35:00au produit,
00:35:01comme dirait l'autre.
00:35:03Donc,
00:35:03il a tout juste,
00:35:04Sébastien Lecornu ?
00:35:05Non,
00:35:07j'ai utilisé une formule
00:35:09qui, pour moi,
00:35:10résume la situation.
00:35:11Il mène une politique
00:35:12de bonne foi.
00:35:14Ça ne veut pas dire
00:35:14qu'il ne pourrait pas faire mieux.
00:35:16Ça ne veut pas dire
00:35:17que je n'eusse pas souhaité
00:35:18que les choses soient différentes.
00:35:19Mais je dis,
00:35:20je crois qu'il est sincère
00:35:21dans sa démarche.
00:35:22Et je crois
00:35:22qu'il n'est pas aidé
00:35:23par une classe politique
00:35:25qui, d'une manière générale,
00:35:26n'a qu'une idée,
00:35:27c'est d'aller vers les élections
00:35:28en gants blanc,
00:35:30sans mettre les doigts
00:35:31dans la marmite
00:35:32et sans porter
00:35:33aucune responsabilité
00:35:34d'une situation
00:35:35qui, il est vrai,
00:35:36est de plus en plus difficile
00:35:38et dangereuse.
00:35:39Le problème,
00:35:39c'est quand on est
00:35:40un parti politique,
00:35:41on ne peut pas aller
00:35:42à des élections
00:35:43en gants blanc
00:35:43en étant responsable
00:35:44de rien.
00:35:45Parce que la situation
00:35:46au Parlement,
00:35:47qui pèse si lourdement
00:35:48sur la France
00:35:49et pour les Français,
00:35:50eh bien,
00:35:51ils en portent tous
00:35:51la responsabilité.
00:35:53C'est pour ça que je pense
00:35:54que ce qui va se passer
00:35:55aux municipales
00:35:56est si important.
00:35:57Parce qu'aux municipales,
00:35:59nous verrons,
00:36:00même si elles restent
00:36:01des municipales,
00:36:01des élections locales,
00:36:03nous verrons le prix
00:36:03qu'auront à payer
00:36:04un certain nombre
00:36:05de partis.
00:36:06Ma conviction,
00:36:07c'est qu'au lendemain
00:36:08des municipales,
00:36:09nous allons assister
00:36:10à une profonde
00:36:11recomposition
00:36:12de la vie politique
00:36:13française
00:36:13parce que, justement,
00:36:15même si les mots
00:36:15du Premier ministre
00:36:16sont forts,
00:36:17eh bien,
00:36:17les dirigeants
00:36:18de ces différents mouvements,
00:36:19les prises d'opposition
00:36:21qui ont été les leurs,
00:36:22eh bien, à un moment donné,
00:36:22il faudra les juger
00:36:23et les imprécier.
00:36:24Vous voulez dire,
00:36:25Dominique de Villepin
00:36:25que la France Assoumise
00:36:26et le Rassemblement National
00:36:27le paieront dans les urnes
00:36:28aux municipales ?
00:36:29Vous faites ce pari-là ?
00:36:30Je dis que leur capacité
00:36:32à faire preuve
00:36:33de responsabilité ou pas
00:36:34ou à se dérober,
00:36:36eh bien,
00:36:36ça aura une traduction.
00:36:38Mais une traduction
00:36:38de ce qui seront sanctionnés
00:36:39dans les urnes,
00:36:40vous voulez dire ?
00:36:41Je le dis pour le RN
00:36:43et pour LFI,
00:36:44mais je le dis pour les Républicains,
00:36:46je le dis pour tous les partis.
00:36:47Je pense qu'aujourd'hui,
00:36:48chacun doit s'interroger
00:36:50et que les Français...
00:36:50Pour que je vous comprenne,
00:36:51vous voulez dire que ces partis-là
00:36:52seront sanctionnés dans les urnes ?
00:36:53C'est le pari que vous faites.
00:36:54Je ne dis pas qu'ils seront sanctionnés,
00:36:55je dis qu'ils seront jugés.
00:36:57Les Français qui vont voter...
00:36:58Oui, mais sanctionnés,
00:36:59peut-être plus certains que d'autres.
00:37:01On peut considérer aujourd'hui...
00:37:02Ils vont payer dans les urnes,
00:37:03vous voulez dire ?
00:37:04Mais j'estime que les Français
00:37:05ne doivent plus juger
00:37:08les responsables politiques
00:37:09sans prendre en compte
00:37:11les résultats.
00:37:12Vous voyez,
00:37:13la politique des résultats,
00:37:14ça ne compte pas en France.
00:37:15Moi, j'ai dirigé un gouvernement
00:37:16entre 2005 et 2007.
00:37:17Il se trouve qu'en 2007,
00:37:19quand j'ai rendu les clés
00:37:20à M. Fillon,
00:37:21la France, économiquement
00:37:22et budgétairement,
00:37:23était en meilleure situation
00:37:25que l'Allemagne.
00:37:26Ça paraît incroyable.
00:37:27Eh bien, nous étions
00:37:28à 2,5 de déficit
00:37:30et nous étions
00:37:30à un peu plus de 60%
00:37:32de dettes.
00:37:33Oui, mais ces résultats,
00:37:34ils n'ont pas été obtenus
00:37:35par la voix du Saint-Esprit.
00:37:37Ils ont été le résultat
00:37:38d'un combat,
00:37:39d'une politique
00:37:39qui a été menée.
00:37:40Donc, je dis simplement,
00:37:42jugeons les hommes
00:37:43et les femmes politiques
00:37:44au résultat,
00:37:45retrouvons la réalité
00:37:46et pas à leur discours
00:37:48et certainement pas
00:37:49à leur surenchère
00:37:51dans quelque domaine
00:37:52que ce soit,
00:37:53économique, social,
00:37:54sécuritaire
00:37:56ou en matière d'immigration.
00:37:57En propos de surenchère,
00:37:58on revient au Premier ministre.
00:37:59La semaine dernière,
00:38:00Sébastien Lecornu
00:38:01menaçait de dissolution
00:38:02s'il y avait
00:38:03une motion de censure.
00:38:04Est-ce que cela aurait été
00:38:05une bonne solution
00:38:06ou est-ce que ça reste
00:38:07une bonne solution ?
00:38:08Je ne crois pas.
00:38:09Je ne crois pas
00:38:10pour une raison simple.
00:38:11C'est que nous sommes
00:38:13à 15 mois,
00:38:1416 mois
00:38:14des élections présidentielles
00:38:16et que la France
00:38:17a payé un prix
00:38:19très lourd
00:38:19à cette instabilité politique
00:38:21depuis la dissolution.
00:38:23Nous avons besoin,
00:38:24je le redis,
00:38:24d'une méthode
00:38:25et nous avons besoin
00:38:26d'un cap.
00:38:27Nous avons besoin
00:38:27de stabilité.
00:38:29Nous avons
00:38:30une grande échéance
00:38:31à venir.
00:38:32Que chaque parti politique
00:38:33la prépare.
00:38:34Que chacun donne
00:38:36ses meilleurs arguments,
00:38:37ses meilleurs projets
00:38:37pour redresser la France
00:38:38et crois-moi,
00:38:40ce n'est pas
00:38:40les quelques mesurettes
00:38:42que les partis politiques
00:38:42ont aujourd'hui
00:38:43dans leur musette
00:38:44qui vont être
00:38:45à la hauteur
00:38:46des besoins
00:38:46de notre pays.
00:38:47Nous sommes
00:38:48en grande difficulté.
00:38:50Donc,
00:38:50ce n'est pas le moment
00:38:51de faire mumuse
00:38:51et d'aller s'engager
00:38:53dans de nouvelles élections.
00:38:53C'est le premier
00:38:54ce qu'il avait proposé.
00:38:55Ce n'est pas
00:38:55ce qu'il faisait mumuse.
00:38:57Oui,
00:38:57je pense qu'en l'occurrence,
00:38:59il a voulu ouvrir,
00:39:00déciller les yeux.
00:39:01Mais il a joué quand même, là.
00:39:03Il a voulu,
00:39:03en quelque sorte,
00:39:05mettre en oeuvre
00:39:06une politique fiction
00:39:07dont chacun a pu mesurer
00:39:09que les conséquences
00:39:10pour les différents partis politiques
00:39:11auraient pu être saignantes.
00:39:13Pour certains,
00:39:13Lauriane.
00:39:14Vous venez de la droite.
00:39:15Dans ces débats budgétaires,
00:39:16les Républicains
00:39:17avaient posé
00:39:17leur ligne rouge
00:39:18en demandant notamment
00:39:19pas d'augmentation d'impôts
00:39:21pour les entreprises.
00:39:22Ça n'a pas été respecté.
00:39:24Ils dénoncent aussi
00:39:24trop de concessions
00:39:25faites au Parti socialiste.
00:39:28Et pourtant,
00:39:29LR ne votera pas
00:39:30la censure.
00:39:31Est-ce que c'est cohérent
00:39:32pour vous ?
00:39:33Il n'y a qu'une ligne rouge.
00:39:35Est-ce que nous servons
00:39:37l'intérêt de la France
00:39:38ou pas ?
00:39:40Vous savez,
00:39:40tout le reste
00:39:41est un peu secondaire.
00:39:43Et donc,
00:39:44c'est à cet on-delà
00:39:44qu'il faut juger.
00:39:45Est-ce que ce budget,
00:39:46il est nécessaire
00:39:47à la France ?
00:39:48Chacun,
00:39:49effectivement,
00:39:49peut considérer
00:39:50que par bien des aspects,
00:39:51il est mauvais,
00:39:53voire détestable.
00:39:54Mais,
00:39:55mais,
00:39:55il a le mérite d'exister.
00:39:57C'est son seul mérite à ce sens.
00:39:58Donc,
00:39:58les LR ont raison
00:39:59de ne pas voter la censure.
00:40:00Mais ne me faites pas
00:40:01donner un satisfait site
00:40:02à LR.
00:40:03LR doit se déterminer
00:40:05en conscience
00:40:05par rapport à un seul paramètre.
00:40:07Vous avez été avoué
00:40:07sur plusieurs mesures.
00:40:08Un seul paramètre.
00:40:09Est-ce que c'est bon
00:40:09pour la France ?
00:40:11Le PS,
00:40:12de son côté,
00:40:13veut être une opposition
00:40:14responsable.
00:40:16Le PS va sauver
00:40:17dans quelques jours
00:40:18Sébastien Lecornu.
00:40:20Est-ce que vous voyez
00:40:21déjà,
00:40:21avant les municipales,
00:40:23une reconfiguration
00:40:24du paysage politique ?
00:40:26Je ne crois pas
00:40:26qu'avant les municipales,
00:40:27il y ait une quelconque
00:40:28reconfiguration.
00:40:29Et je ne crois pas
00:40:30que le PS va sauver
00:40:31Sébastien Lecornu.
00:40:32Il ne faudra pas
00:40:33la censure dire ?
00:40:33À court terme,
00:40:34oui, quand même.
00:40:34Non, mais comprenez-moi bien.
00:40:36Alors, allez-y.
00:40:36Je crois d'abord
00:40:37qu'il va essayer
00:40:37de se sauver lui-même.
00:40:38Je ne crois pas du tout
00:40:39que c'est pour les beaux yeux
00:40:40de Sébastien Lecornu
00:40:41que le PS a fait ses propositions
00:40:43et qu'il s'est battu au Parlement.
00:40:45Soyons réalistes.
00:40:47C'est une vision un peu simpliste
00:40:48d'imaginer que c'est peut-être
00:40:51une des conséquences.
00:40:53Mais je crois au principe de réalité.
00:40:54Je crois que la vocation fondamentale
00:40:56des partis politiques,
00:40:58c'est de prendre
00:40:58leur responsabilité.
00:41:00Et malheureusement,
00:41:01ce à quoi nous assistons,
00:41:02c'est un jeu de défauts généralisés.
00:41:04Entre ceux qui proposent
00:41:06et qui veulent éviter
00:41:07de casser la vaisselle,
00:41:09mais qui ne veulent pas assumer
00:41:10le fait qu'à un moment donné,
00:41:11ils soutiennent ce budget,
00:41:12et ceux qui ne proposent rien
00:41:14et font la politique du pire
00:41:15depuis le début,
00:41:16il y a malgré tout
00:41:17une communauté,
00:41:19c'est que personne
00:41:20n'assume la décision.
00:41:22Et c'est le drame de la France.
00:41:24La France est un pays
00:41:25qui n'est pas gouverné.
00:41:26Qui n'est pas gouverné.
00:41:28C'est-à-dire que nous sommes
00:41:29dans un pays
00:41:29qui est aujourd'hui confronté
00:41:31à de nombreux nœuds gordiens.
00:41:33Quel est le choix
00:41:33que nous faisons
00:41:34dans l'arbitrage
00:41:35entre les intérêts
00:41:36des générations ?
00:41:37C'est le problème de la dette.
00:41:38Quel est l'arbitrage
00:41:38que nous faisons
00:41:40sur la valeur travail
00:41:42et la rémunération du travail ?
00:41:44Quel est l'arbitrage
00:41:45que nous faisons
00:41:45sur les services publics ?
00:41:46Ça, c'est des nœuds gordiens.
00:41:47Ça, ça va être fondamental.
00:41:49Et ça va être des enjeux
00:41:49de la présidentielle.
00:41:50Vous savez que l'année prochaine,
00:41:51à cette heure-là, à peu près,
00:41:53on sera en plein
00:41:53dans la campagne présidentielle.
00:41:55Alors là, on va en parler
00:41:56avec vous, justement, Lauriane.
00:41:57Et c'est pour cela
00:41:58que l'honneur de la politique,
00:41:59c'est d'être capable
00:41:59de mettre ces sujets-là
00:42:01sur la table
00:42:02et à un moment donné,
00:42:03de prendre le risque
00:42:04de la crise.
00:42:05Votre risque, Lauriane.
00:42:06Je vous cite,
00:42:07vous avez déclaré pour 2027.
00:42:09Je serai aux avant-postes.
00:42:11J'entends être présent
00:42:12pour ce grand combat.
00:42:14Alors, quand allez-vous
00:42:15annoncer votre candidature
00:42:17à l'élection présidentielle ?
00:42:19Quand l'heure sera venue ?
00:42:21Soyons...
00:42:22Quel calendrier, justement ?
00:42:23Alors, justement,
00:42:24soyons un tout petit peu réalistes.
00:42:26Qui a déclaré sa candidature
00:42:29à l'Élysée
00:42:30à l'heure d'aujourd'hui ?
00:42:31Édouard Philippe.
00:42:31Édouard Philippe.
00:42:32Il y a un candidat...
00:42:34Nathalie Arthaud.
00:42:35Il y a un candidat,
00:42:36Édouard Philippe.
00:42:37Bon.
00:42:38Au centre.
00:42:38Pensez-vous qu'il a eu raison
00:42:40de le faire ?
00:42:42Peu après la dissolution ?
00:42:43C'est une bonne question.
00:42:45C'est une très bonne question.
00:42:46Vous avez la réponse.
00:42:46Vous avez la réponse.
00:42:47Vous avez la réponse.
00:42:49Oui, je pense qu'il a eu tort
00:42:50de le faire.
00:42:50Donc, c'est quoi le bon calendrier ?
00:42:52Mais c'est quand les Français
00:42:53seront dans le temps
00:42:54de la présidentielle.
00:42:55Là, nous sommes dans le temps
00:42:56des municipales.
00:42:57Est-ce que les Français
00:42:59ont la tête aujourd'hui
00:43:00aux présidentielles ?
00:43:01Non, ils ont la tête
00:43:02aux difficultés du pays.
00:43:04Ils ont la tête
00:43:04dans leurs propres difficultés
00:43:06de pouvoir d'achat.
00:43:07Et ils attendent
00:43:08d'un gouvernement
00:43:09qu'ils règlent
00:43:10ces difficultés du quotidien.
00:43:11Donc, pour l'heure,
00:43:12Édouard Philippe,
00:43:12il est discrédité à vos yeux.
00:43:13Il est parti trop tôt.
00:43:14Mais je ne dis pas cela.
00:43:16Je dis que ceux qui sont
00:43:17les plus pressés...
00:43:18Vous savez, à l'entrée
00:43:19des cimetières,
00:43:19dans mon pays, le limousin,
00:43:21souvent, les hommes
00:43:21n'entrent pas dans le cimetière.
00:43:23Et la formule qu'ils utilisent,
00:43:24c'est laisser passer
00:43:25les plus pressés.
00:43:26Ben voilà.
00:43:27Moi, je suis nourri
00:43:29par les grands principes
00:43:30qui sont ceux de Monterroir.
00:43:32Dans le temps des présidentielles,
00:43:33puisqu'on n'a pas encore
00:43:34le calendrier,
00:43:35s'il y a une primaire à droite,
00:43:37vous y allez ?
00:43:40Primaire ouverte,
00:43:42primaire à droite,
00:43:43primaire très large.
00:43:44Vous n'en voyez pas encore ?
00:43:45Si vous m'avez bien regardé,
00:43:48je n'ai aucune vocation
00:43:49à participer
00:43:50à une primaire à droite
00:43:52avec qui...
00:43:53Moi, je ne suis plus membre
00:43:54de...
00:43:55Plus membre...
00:43:56Je n'ai jamais été membre
00:43:57DLR et je n'ai aucune raison
00:44:00de participer à tout cela.
00:44:02Moi, je mène un combat
00:44:03pour la France
00:44:04et pour les Français.
00:44:05Je ne mène pas
00:44:06un combat partisan.
00:44:07Donc, je n'ai aucune raison
00:44:08de me retrouver à côté
00:44:10d'un certain nombre
00:44:10de candidats
00:44:11qui sont, eux,
00:44:12encartés dans un parti,
00:44:13défendant une ligne
00:44:14qui est celle de ce parti.
00:44:16Ça n'est pas la nature
00:44:17du combat que je veux mener.
00:44:19Moi, je veux servir...
00:44:20Vous êtes de droite
00:44:20ou vous n'êtes pas de droite ?
00:44:21Mais j'ai répondu
00:44:22cent fois à cette question.
00:44:24Monsieur Fabre,
00:44:25si vous pouvez me dire
00:44:26si l'ordre républicain
00:44:27est de droite ou de gauche
00:44:28aujourd'hui,
00:44:29dans les temps troublés
00:44:30que nous vivons,
00:44:31si la justice sociale
00:44:32est de droite ou de gauche,
00:44:33je pourrais alors
00:44:34apporter une réponse.
00:44:35Ce que je veux signifier,
00:44:37c'est que nous sommes
00:44:37dans un moment
00:44:38de crise tellement grave
00:44:40que la droite et la gauche
00:44:42n'ont plus rien à voir
00:44:43avec l'affaire.
00:44:44L'enjeu,
00:44:45c'est la France.
00:44:46Stéphanie ?
00:44:47En 2012,
00:44:48vous aviez voulu être
00:44:48candidat à la présidentielle
00:44:49mais faute de parrainage,
00:44:50vous aviez jeté l'éponge.
00:44:52Tout à fait.
00:44:52Comment vous organisez-vous
00:44:53aujourd'hui pour les avoir
00:44:54ces parrainages ?
00:44:55J'essaye de tirer les leçons
00:44:56qui est le principe de base
00:44:57de la politique.
00:44:58J'essaye de faire mieux
00:44:59et de tirer les leçons.
00:45:00Nous nous sommes organisés
00:45:01beaucoup plus en amont,
00:45:03très proches du terrain
00:45:04avec un certain nombre
00:45:06de représentants locaux
00:45:07qui, eux,
00:45:07aujourd'hui,
00:45:08font ce travail.
00:45:09Moi-même,
00:45:09je ne cesse de me déplacer.
00:45:10J'étais dans le Lot-et-Garonne
00:45:12il y a quelques semaines
00:45:14en Normandie.
00:45:15Je serai à Grenoble
00:45:16en fin de semaine.
00:45:18Me déplacer,
00:45:19aller à la rencontre
00:45:20des maires,
00:45:20des élus
00:45:21et faire en sorte
00:45:22que ces 500 parrainages
00:45:24puissent être rapidement trouvés.
00:45:25Est-ce que ces élus,
00:45:26vous les invitez,
00:45:27vous les appelez
00:45:27à vous parrainer ?
00:45:29Bien sûr,
00:45:29je les appelle
00:45:30à me parrainer.
00:45:31Le temps,
00:45:32aujourd'hui,
00:45:33n'est pas le meilleur
00:45:34à la veille des municipales.
00:45:35C'est quelque chose
00:45:36qui prendra de l'intensité
00:45:37au lendemain des municipales.
00:45:39Mais je veux faire partie
00:45:40de ces voix
00:45:41avec la France humaniste
00:45:43qui sont susceptibles
00:45:44de pouvoir concourir
00:45:45pour apporter...
00:45:46Vous demandez clairement
00:45:47à des élus
00:45:48de vous apporter
00:45:48leur parrainage.
00:45:49Mais bien sûr,
00:45:50c'est l'ambition
00:45:51qui est la nôtre.
00:45:51Nous voulons
00:45:52être présents
00:45:53en 2027.
00:45:54Des élus
00:45:55de toutes les étiquettes,
00:45:56justement,
00:45:56de droite,
00:45:57de gauche,
00:45:57sans étiquette aussi.
00:45:58Absolument.
00:46:00Nous prenons les élus
00:46:01tels qu'ils sont.
00:46:02Stéphanie.
00:46:03Vous dites vouloir
00:46:03être le recours
00:46:04entre la France insoumise
00:46:05et le RN.
00:46:06Tout le monde dit ça,
00:46:07en fait,
00:46:07quasiment,
00:46:08du PS jusqu'au Républicain.
00:46:09Quelle est votre différence ?
00:46:11Quelle sera
00:46:11votre voix différente ?
00:46:14Fondamentalement,
00:46:16ce que nous voulons
00:46:17incarner,
00:46:17c'est des valeurs
00:46:18qui appartiennent
00:46:19à notre histoire,
00:46:20qui appartiennent
00:46:20à l'identité
00:46:21de notre pays
00:46:22et qui peuvent
00:46:22nous rassembler.
00:46:24Et donc,
00:46:24l'important pour moi,
00:46:26c'est de sortir
00:46:27des clivages traditionnels
00:46:28politiques français,
00:46:29de sortir des solutions
00:46:30qui n'ont pas marché
00:46:31pour aller...
00:46:32Pardon,
00:46:33mais on croirait
00:46:33entendre Emmanuel Macron
00:46:34en 2017.
00:46:35Oui,
00:46:35vous croyez entendre
00:46:36Emmanuel Macron,
00:46:36sauf qu'Emmanuel Macron
00:46:37n'a jamais mis en place
00:46:38cette politique
00:46:39et il ne s'est jamais
00:46:40entouré d'hommes
00:46:40qui s'affirmaient
00:46:42dans la responsabilité
00:46:44politique qui était
00:46:45la leur.
00:46:45Moi,
00:46:46je prends les socialistes
00:46:47tels qu'ils sont,
00:46:48je prends les gens
00:46:48de droit tels qu'ils sont,
00:46:49je prends les gens
00:46:50du droit,
00:46:50de gauche,
00:46:51du centre,
00:46:52tels qu'ils sont
00:46:52et je ne leur demande
00:46:53pas de changer.
00:46:54vous allez faire du
00:46:55Lecornu.
00:46:56Je crois à la...
00:46:57Sébastien Lecornu
00:46:59n'a pas formé
00:46:59un gouvernement
00:47:00qui rassemble
00:47:01toutes ses forces.
00:47:02Moi,
00:47:02je crois à la convergence
00:47:03républicaine.
00:47:04Vous voyez en 1944
00:47:04qu'est-ce qui s'est passé ?
00:47:05On a mis autour de la table
00:47:06un certain nombre
00:47:08de représentants
00:47:08politiques français
00:47:10qui couvraient
00:47:10tous les chiquiers
00:47:11depuis les communistes
00:47:12jusqu'au bout de la gamme.
00:47:16Eh bien,
00:47:16il faut aujourd'hui
00:47:17appeler
00:47:17tous ceux
00:47:19qui sont désireux
00:47:20de participer
00:47:21au redressement
00:47:21de la France
00:47:22quelle que soit
00:47:23leur étiquette politique.
00:47:24Vous savez,
00:47:25j'ai pratiqué la politique
00:47:26suffisamment d'années
00:47:27pour savoir,
00:47:28contrairement à ce qu'on croit,
00:47:30les talents
00:47:30capables de faire
00:47:32dans notre pays
00:47:32ne sont pas
00:47:33immensément nombreux.
00:47:35Et donc,
00:47:35aller chercher
00:47:36partout où ça existe
00:47:37des talents
00:47:38capables de faire,
00:47:38je dis bien de faire,
00:47:40pas de parler
00:47:40dans une tribune,
00:47:42pas de venir aux 20 heures,
00:47:43mais de transformer
00:47:45leurs administrations,
00:47:46d'apporter des réponses
00:47:47aux Français,
00:47:48eh bien,
00:47:48ils ne sont pas
00:47:49si nombreux que ça.
00:47:51Donc,
00:47:51les rassembler
00:47:52et avancer
00:47:53pour servir les Français.
00:47:53Vous en avez repéré
00:47:54quelques-uns ?
00:47:54Ça vaut la peine.
00:47:55Vous en avez repéré
00:47:55quelques-uns déjà ?
00:47:56Écoutez,
00:47:56moi,
00:47:56dans mon gouvernement,
00:47:57j'en avais.
00:47:58Pensez à Jean-Louis Borloo,
00:47:59pensez à Jean-François Copé,
00:48:00pensez à Céline Breton.
00:48:02Qui sont les Copé
00:48:02et les Borloo d'aujourd'hui ?
00:48:03Eh bien,
00:48:04justement,
00:48:04je vous le demande,
00:48:05monsieur Lutay.
00:48:05Moi,
00:48:05je ne le vois pas.
00:48:06Je vous réserve la surprise.
00:48:08Ah bon,
00:48:08d'accord.
00:48:09Alors,
00:48:09votre mouvement,
00:48:10la France humaniste,
00:48:11moi,
00:48:11me rappelle furieusement
00:48:12un autre mouvement
00:48:21Emmanuel Macron.
00:48:22Est-ce que ça vous inspire ?
00:48:23Non.
00:48:24Et je vais vous dire
00:48:24pourquoi ça n'inspire pas.
00:48:26Parce que moi,
00:48:26je ne veux pas construire
00:48:27un instrument
00:48:28de conquête du pouvoir.
00:48:29Je veux construire
00:48:30un instrument
00:48:31qui soit susceptible
00:48:33de gagner
00:48:35les élections présidentielles
00:48:36de 2027,
00:48:38mais aussi
00:48:38d'exercer le pouvoir.
00:48:40Vous voyez,
00:48:41en France,
00:48:41on sépare la conquête
00:48:42de l'exercice du pouvoir.
00:48:43Moi,
00:48:43je ne veux pas mentir
00:48:44aux Français.
00:48:45Or,
00:48:45le mensonge,
00:48:46il était consubstantiel
00:48:48à la campagne de 2017.
00:48:49Nous savions
00:48:50que les promesses
00:48:51ne seraient pas tenues.
00:48:52Quelle orientation
00:48:53donnez-vous à ce mouvement
00:48:54pour être différent
00:48:55de celui d'En Marche ?
00:48:55Eh bien,
00:48:56justement,
00:48:57d'abord,
00:48:58de faire en sorte
00:48:59que les propositions
00:49:01qui soient faites
00:49:02soient susceptibles
00:49:03de véritablement
00:49:04être appliquées
00:49:04dans des délais rapides.
00:49:05La politique de l'offre,
00:49:07Emmanuel Macron arrive,
00:49:08il baisse les APL,
00:49:10il supprime l'impôt
00:49:10sur la fortune
00:49:11et il parie
00:49:12sur le sens des vents
00:49:14qui permettrait un jour
00:49:15de faire huisseler
00:49:15la fortune
00:49:16sur le visage des Français.
00:49:18Ça n'est jamais arrivé.
00:49:19Et ça,
00:49:20vous voyez,
00:49:20c'est une trahison
00:49:21que je ne veux pas assumer.
00:49:24Je crois qu'il faut,
00:49:25et c'est ça
00:49:26qui permet à l'expérience
00:49:28de faire la différence,
00:49:29parce que
00:49:30c'est une chose
00:49:31que de gagner une élection,
00:49:32mais vous retrouvez
00:49:33au soir
00:49:34d'une élection présidentielle
00:49:35ayant gagné
00:49:36et en sachant
00:49:37que vous ne pourrez pas
00:49:38mettre en œuvre
00:49:38la politique
00:49:39que vous avez promis,
00:49:40c'est quelque chose
00:49:41que je ne souhaite à personne.
00:49:41donc il faut faire en sorte
00:49:44que les propositions
00:49:46qui soient faites
00:49:47en matière économique,
00:49:48écologique, sociale
00:49:49soient suffisamment
00:49:50expérimentées,
00:49:52éprouvées
00:49:53pour qu'on ait la garantie
00:49:55qu'elles donneront
00:49:55des résultats.
00:49:56Alors, vous voyez,
00:49:56moi j'ai un maître mot
00:49:57en politique
00:49:57qui n'est pas
00:49:58un maître mot
00:49:59trop utilisé.
00:50:01Résultats.
00:50:02Je veux des résultats.
00:50:04Gagner ne me suffit pas.
00:50:06Je veux des résultats
00:50:07pour les Français.
00:50:08Et je veux que la France
00:50:10qui aujourd'hui
00:50:11descend de catégorie
00:50:12en catégorie,
00:50:14qui ne joue plus
00:50:14dans la catégorie
00:50:15des grands,
00:50:16je veux que la France
00:50:17retrouve son rang,
00:50:18retrouve son statut,
00:50:19soit respectée,
00:50:20que les Français
00:50:21soient fiers
00:50:22d'être Français
00:50:23dans le monde de aujourd'hui.
00:50:24Par rapport
00:50:24aux précédentes campagnes,
00:50:26un mouvement éclair,
00:50:27c'est la poussée
00:50:28des extrêmes,
00:50:28notamment du Rassemblement
00:50:29national.
00:50:31Comment lui répondre
00:50:32au Rassemblement national ?
00:50:33Quel discours tenez-vous ?
00:50:35Faut-il s'attaquer
00:50:36à leur thème de prédilection,
00:50:38par exemple l'immigration ?
00:50:40Est-ce que vous avez
00:50:41une stratégie
00:50:41par rapport
00:50:42à cette poussée ?
00:50:43La confrontation
00:50:44avec le réel.
00:50:45Vous voyez la fortune
00:50:47du Rassemblement national,
00:50:49de tous les mouvements
00:50:49d'estat droite
00:50:50et des mouvements populistes.
00:50:51C'est de se...
00:50:53de se distancier
00:50:56du réel.
00:50:57Politique de sécurité,
00:50:59politique d'immigration.
00:51:00Moi, je me rappelle,
00:51:01M. Retailleau,
00:51:01et là, je cite
00:51:02les Républicains,
00:51:03M. Retailleau,
00:51:04arrivant comme ministre
00:51:04de l'Intérieur
00:51:05et aux 20 heures,
00:51:06expliquant que
00:51:06l'État de droit
00:51:08n'est ni intangible
00:51:08ni sacré
00:51:09et qu'à partir de là,
00:51:10on allait voir
00:51:10ce qu'on allait voir.
00:51:11On n'a rien vu.
00:51:12On n'a rien vu.
00:51:12Pourquoi ?
00:51:13Parce que tous ces partis
00:51:15qui sont tentés,
00:51:16soit par la dérive identitaire,
00:51:17c'est le cas de M. Retailleau,
00:51:19soit le RN
00:51:19par la dérive autoritaire,
00:51:21eh bien,
00:51:22tous ces partis
00:51:22n'ont qu'une réponse,
00:51:24c'est la surenchère.
00:51:25Tout ce qu'ils font
00:51:25ne marche pas.
00:51:26Regardez les municipalités
00:51:28qu'occupent aujourd'hui
00:51:29les RN.
00:51:30Est-ce que les municipalités
00:51:31qui sont dirigées
00:51:32par le RN,
00:51:33elles marchent ?
00:51:33Eh bien,
00:51:34que les Français regardent
00:51:35dans le détail
00:51:36le bilan
00:51:36des municipalités
00:51:37du RN
00:51:38et s'ils croient
00:51:40que c'est susceptible
00:51:41de valoir pour la France,
00:51:43alors bon courage.
00:51:44Mais on ne doit pas
00:51:45faire prendre,
00:51:46les Français ne doivent pas
00:51:47prendre les vessies
00:51:48pour des lanternes.
00:51:49Et dans ce contexte,
00:51:50il faut faire en sorte
00:51:51que sur la sécurité,
00:51:53sur l'immigration,
00:51:54on soit capable
00:51:55de mettre en œuvre
00:51:55des politiques publiques
00:51:57dans le domaine
00:51:58de la sécurité
00:51:59comme de l'immigration
00:51:59et de les tester,
00:52:01de voir les résultats
00:52:02que cela produit.
00:52:03C'est donc un retour
00:52:04à la République
00:52:06dont nous nous éloignons
00:52:07par trop.
00:52:08Une question rapide,
00:52:09Hugo,
00:52:09une réponse rapide.
00:52:10Rapide,
00:52:11je ne sais pas
00:52:11si vous connaissez
00:52:11la Zawa Prod
00:52:12qui est une chaîne
00:52:12Twitch de gauche,
00:52:13l'un des animateurs
00:52:14avait dit à votre sujet
00:52:15Dominique de Villepin,
00:52:17c'est mon homme
00:52:18de droite préféré,
00:52:19mais je ne vais pas
00:52:19aller voter pour lui,
00:52:20vous avez beau être
00:52:21populaire à gauche
00:52:22en 2027,
00:52:23est-ce que les électeurs
00:52:24ne vont pas aller
00:52:24chez Jean-Luc Mélenchon
00:52:25plutôt qu'à vous ?
00:52:26Chez vous, pardon.
00:52:28Vous voyez déjà,
00:52:29obtenir que l'on puisse
00:52:32être écouté
00:52:33et que l'on puisse
00:52:35ne pas être rejeté d'emblée,
00:52:37et que le scroll dure
00:52:39un peu plus que 2-3 secondes
00:52:41et qu'on puisse accepter
00:52:42d'écouter ce que dit
00:52:44une personnalité politique,
00:52:45c'est déjà un grand progrès.
00:52:47Et c'est là-dessus
00:52:47qu'il faut travailler.
00:52:48Moi, j'aime le jardinage.
00:52:49Eh bien, le jardinage,
00:52:50ça consiste tous les jours
00:52:51à s'occuper de ses plants,
00:52:53de ses bonsaïs,
00:52:54de ses orangés,
00:52:55de ses fruits
00:52:55et de faire en sorte
00:52:57que les conditions soient là
00:52:58pour que ça pousse
00:53:00dans les meilleures conditions.
00:53:02Donc moi,
00:53:02je ne cherche pas
00:53:03à tout de suite
00:53:04être populaire.
00:53:05On a 16 mois.
00:53:06Je suis très content
00:53:07que les choses se fassent.
00:53:09Très content
00:53:10que les choses se fassent
00:53:11progressivement.
00:53:12Une fois de plus,
00:53:14laissons passer
00:53:14les plus pressés,
00:53:16laissons passer
00:53:16ceux qui font
00:53:17la course en tête.
00:53:18Moi, j'ai l'habitude
00:53:19du marathon.
00:53:20Au marathon,
00:53:21on ne joue pas
00:53:22le rôle du lièvre.
00:53:23On va accueillir
00:53:23dans un instant
00:53:24l'invité de Face à vous
00:53:28pour débattre
00:53:29sur l'Europe.
00:53:30Mais d'abord,
00:53:30son portrait
00:53:31signé par Marco Pommier.
00:53:33Face à vous,
00:53:34Dominique de Villepin,
00:53:35un spécialiste
00:53:36des questions européennes
00:53:38et géopolitiques.
00:53:40Historien et géographe,
00:53:41professeur
00:53:42au Centre d'Histoire
00:53:43de Sciences Po.
00:53:44Dans son dernier livre,
00:53:45il dresse un constat.
00:53:47L'Union européenne
00:53:48agit déjà
00:53:49comme un État
00:53:50avec sa propre monnaie,
00:53:51ses frontières,
00:53:52ses sanctions,
00:53:53mais sans assumer
00:53:54pleinement
00:53:55une posture
00:53:55de puissance politique.
00:53:58Face aux menaces
00:53:59de Donald Trump
00:53:59d'annexer le Groenland,
00:54:01notre invité
00:54:02appelle les dirigeants
00:54:03européens
00:54:03à s'affranchir
00:54:04des États-Unis,
00:54:06se préparer
00:54:07à minima
00:54:07à une guerre commerciale.
00:54:10Il faut que les Européens
00:54:11soient prêts
00:54:11à en payer le prix
00:54:12qui sera élevé.
00:54:13Cette bataille
00:54:14doit être menée
00:54:15car le gain
00:54:15à moyen terme
00:54:16est tellement plus grand
00:54:17qu'une capitulation.
00:54:19Ne pas capituler
00:54:20dans un environnement
00:54:21international plus dur
00:54:22où le rapport
00:54:23de force domine
00:54:24face aux volontés
00:54:25américaines,
00:54:26russes ou chinoises.
00:54:28Pour notre invité,
00:54:29l'autonomie passe
00:54:30par un chantier prioritaire,
00:54:32l'Europe de la défense.
00:54:34Projet porté de longue date
00:54:35par Emmanuel Macron.
00:54:36encore faut-il mieux
00:54:38coordonner les politiques
00:54:39industrielles
00:54:40à l'échelle du continent.
00:54:42Beaucoup de nations
00:54:43sont en train
00:54:44d'investir massivement.
00:54:45Nous devons les convaincre
00:54:46d'acheter européens.
00:54:48Nous devons les convaincre
00:54:49avec nous
00:54:49de produire européens.
00:54:51Nous devons donc
00:54:51plus vite innover
00:54:52en européen.
00:54:54Mais nous devons nous mettre
00:54:55en capacité
00:54:56de répondre
00:54:57à ces demandes
00:54:57en européen.
00:54:59Alors l'Europe
00:54:59peut-elle encore
00:55:00faire respecter
00:55:01sa puissance ?
00:55:02Face à vous,
00:55:03Sylvain Kahn.
00:55:04Nous accueillons
00:55:06Sylvain Kahn
00:55:07sur ce plateau.
00:55:07Bonsoir.
00:55:07Je vous laisse saluer
00:55:09Dominique de Villepin.
00:55:09Bonsoir.
00:55:10Merci d'être avec nous.
00:55:12Asseyez-vous,
00:55:12je vous en prie.
00:55:13Donc vous êtes l'auteur
00:55:14de l'Europe,
00:55:14un État qui s'ignore.
00:55:16Et avec Dominique de Villepin,
00:55:17vous commencez par quoi
00:55:18sur l'Europe ?
00:55:19Sur l'Europe de la défense
00:55:20puisque on vient d'en parler.
00:55:22Absolument.
00:55:24Déjà,
00:55:25ça me paraît
00:55:25tout à fait intéressant
00:55:26le fait que vous ayez
00:55:27rappelé
00:55:28ce qu'a dit
00:55:29l'actuel président
00:55:30de la République
00:55:31à Istres
00:55:31il y a quelques jours.
00:55:33Parce que moi,
00:55:33j'ai eu l'impression
00:55:34que c'était
00:55:35un changement
00:55:36de doctrine
00:55:37par rapport
00:55:38à tous les présidents
00:55:39de la Ve République.
00:55:40Le fait que
00:55:42les présidents
00:55:43de la Ve,
00:55:44en tout cas
00:55:44depuis Giscard,
00:55:46disent
00:55:46il faut faire
00:55:47une Europe de la défense
00:55:48dans le sens où
00:55:48il faut qu'on apprenne
00:55:50à se défendre
00:55:52ensemble
00:55:53entre Européens,
00:55:54ça,
00:55:54ce n'est pas
00:55:54quelque chose de nouveau.
00:55:56Mais
00:55:56j'ai eu l'impression
00:55:57que jusqu'à présent
00:55:59il y avait toujours
00:55:59cette idée
00:56:00que chaque président
00:56:02de la République,
00:56:03comme chaque chancelier,
00:56:03allemand,
00:56:04comme chaque premier ministre
00:56:05britannique à l'époque
00:56:06où ils étaient encore
00:56:07dans l'UE,
00:56:08considérait que faire
00:56:09l'Europe de la défense
00:56:10en se coordonnant,
00:56:11c'est bien,
00:56:12mais que ce qui était
00:56:12très important,
00:56:13c'était malgré tout
00:56:14de faire en sorte
00:56:15que les exportations
00:56:16de matériel militaire
00:56:17français pour le président
00:56:19français,
00:56:19allemand pour le chancelier,
00:56:21etc.,
00:56:21c'est ça qui était prioritaire.
00:56:23Et là,
00:56:24ce que vient de dire
00:56:24Emmanuel Macron,
00:56:25si j'ai bien compris,
00:56:26c'est qu'il faudrait
00:56:28maintenant qu'on ait
00:56:29quelque chose
00:56:29qui ressemble
00:56:29à une industrie
00:56:30de défense européenne,
00:56:32en sous-entendant
00:56:33que peut-être
00:56:33ça serait coordonné
00:56:34à l'échelle de l'Europe
00:56:36et qu'il y ait moins
00:56:37de priorité
00:56:39à l'exportation.
00:56:41Si vous étiez,
00:56:42monsieur de Villepin,
00:56:43président de la République,
00:56:45est-ce que vous endosseriez
00:56:46ce qui m'apparaît,
00:56:48mais je pense
00:56:48sous votre contrôle,
00:56:49comme un changement
00:56:50de doctrine
00:56:51et de position
00:56:52présidentielle
00:56:53sur la cinquième ?
00:56:54La réponse.
00:56:55Je n'irai certainement pas
00:56:56vers un changement
00:56:57de doctrine
00:56:57parce que je pense
00:56:58que c'est un saut
00:56:59que nous ne pouvons pas
00:57:01nous permettre
00:57:01sans être sûr
00:57:04que l'ensemble
00:57:05des Européens
00:57:06soit prêt
00:57:06à nous suivre
00:57:07et à s'engager
00:57:08dans cette voie.
00:57:09Je crois que
00:57:09le bon chemin,
00:57:11c'est celui qui consiste
00:57:12à aller progressivement
00:57:13vers la recherche
00:57:15d'une mutualisation
00:57:17sur certains
00:57:17grands programmes
00:57:18d'armement.
00:57:19Que cet effort
00:57:20soit fait
00:57:21par les pays européens
00:57:22les plus déterminés
00:57:23dans le domaine
00:57:24de la défense,
00:57:25qu'il y ait des filières
00:57:26qui se constituent,
00:57:27qui nous permettent
00:57:27d'assurer,
00:57:28et ça,
00:57:28ça doit faire partie
00:57:29d'un programme
00:57:29à très brève échéance,
00:57:31une indépendance,
00:57:32y compris vis-à-vis
00:57:34des Américains.
00:57:35Ça, je crois que
00:57:36c'est une décision
00:57:37responsable et raisonnable.
00:57:38En d'autres termes,
00:57:39souveraineté européenne,
00:57:41c'est le but
00:57:42de l'autonomie stratégique.
00:57:43Nous devons aller
00:57:44à grands pas
00:57:45à travers des politiques
00:57:46et des moyens
00:57:47qui sont indispensables.
00:57:49Faire en sorte
00:57:49que l'armée française
00:57:51puisse conserver
00:57:52des capacités
00:57:53qui lui permettent
00:57:54d'assurer
00:57:55sa propre indépendance,
00:57:57c'est tout le mérite
00:57:57de la politique
00:57:58du général de Gaulle.
00:57:59Et de ce point de vue-là,
00:57:59je ne crois pas
00:58:00que nous devions changer
00:58:01une défense
00:58:02tout asieuse,
00:58:04une défense
00:58:04qui ne repose
00:58:05sur personne
00:58:06et sous aucune
00:58:07forme de dépendance,
00:58:09mais déjà de penser
00:58:10d'une dépendance
00:58:11vis-à-vis des Américains
00:58:12à une mutualisation
00:58:13avec les Européens,
00:58:14c'est un pas en avant.
00:58:16Je crois qu'il faut faire
00:58:16les pas de façon mesurée
00:58:18en évitant les ruptures
00:58:20qui pourraient être aventureuses.
00:58:21L'Europe toujours,
00:58:21Sylvain Kahn.
00:58:23Est-ce que vous n'avez pas
00:58:24le sentiment
00:58:26que face à la montée
00:58:28des dangers
00:58:29de la Russie d'une part
00:58:31et même maintenant
00:58:32des États-Unis,
00:58:33les Européens
00:58:35ne pourraient s'en tirer
00:58:35qu'en renforçant
00:58:38la mutualisation
00:58:39de leurs compétences,
00:58:41de leurs politiques
00:58:42de défense
00:58:42comme ils l'ont fait
00:58:43pour la politique monétaire,
00:58:45en clair,
00:58:46est-ce que vous pensez
00:58:46qu'il faut qu'on aille
00:58:47vers quelque chose
00:58:47qui ressemblerait
00:58:48de plus en plus
00:58:49à un État européen
00:58:51ou est-ce que ça vous paraît
00:58:53une lubie ?
00:58:54Oui, aujourd'hui,
00:58:55je pense que c'est encore
00:58:56très largement une lubie
00:58:57et je crois qu'un pays
00:58:57comme la France
00:58:58qui est soucieux
00:58:59de son indépendance
00:59:00et de sa souveraineté,
00:59:01je ne fais pas partie
00:59:02des souverainistes,
00:59:03mais je crois
00:59:04qu'un grand pacte européen
00:59:05de souveraineté
00:59:06est indispensable.
00:59:07Donc je crois
00:59:08que le chemin,
00:59:08vous l'avez dit,
00:59:09c'est celui
00:59:09de la mutualisation,
00:59:11de la coordination.
00:59:11En matière de défense,
00:59:12il y a un mot-clé
00:59:13pour exprimer ça,
00:59:14c'est l'interopérabilité.
00:59:16Que les défenses européennes
00:59:17des principaux pays européens
00:59:19puissent fonctionner ensemble,
00:59:21agir ensemble,
00:59:22mutualiser un certain nombre
00:59:24de compétences
00:59:24ou d'achats de matériel,
00:59:26c'est une très bonne chose.
00:59:27Et je pense que
00:59:28dans les autres domaines
00:59:29de la politique économique,
00:59:31de la politique sociale,
00:59:32il faut aller aussi
00:59:33vers ce chemin-là.
00:59:34Mais regardez,
00:59:35nous n'avons pas aujourd'hui
00:59:36d'outils communs
00:59:38en matière fiscale,
00:59:39en matière sociale.
00:59:40Je crois qu'il faut
00:59:41créer des outils,
00:59:42mais il faut le faire
00:59:43de façon pragmatique
00:59:44sans céder à l'idéologie.
00:59:45L'idéologie aujourd'hui
00:59:47d'un souverainisme européen,
00:59:48d'une intégration européenne,
00:59:50alors même qu'on voit
00:59:51toutes les réticences
00:59:52qui s'expriment
00:59:53ici et là
00:59:54dans le domaine
00:59:55de la souveraineté,
00:59:56me paraissent devoir
00:59:57nous conduire
00:59:58à beaucoup de prudence.
00:59:59A quoi, Sylvain Kahn ?
01:00:00A l'Ukraine ?
01:00:01Non ?
01:00:02Oui, entre autres,
01:00:03mais aussi au Groenland.
01:00:06Par rapport au Groenland,
01:00:07par exemple,
01:00:08le fait d'avoir envoyé
01:00:09des soldats
01:00:09à huit pays,
01:00:12c'est une espèce
01:00:13de manifestation,
01:00:14d'ailleurs un peu inattendue,
01:00:15disons,
01:00:17d'un esprit
01:00:18de défense européen.
01:00:19Est-ce que vous ne pensez pas
01:00:20qu'il faudrait pousser
01:00:22le curseur dans ce sens-là ?
01:00:23C'est pour cela
01:00:24que j'ai proposé
01:00:25une coalition
01:00:26de volontaires
01:00:27pour l'Arctique.
01:00:28Je crois qu'il faut
01:00:29formaliser,
01:00:30il faut trouver
01:00:31des formats
01:00:32qui expriment
01:00:32cette volonté
01:00:33et cette détermination.
01:00:34Il faut les structurer.
01:00:36L'Europe,
01:00:37aujourd'hui,
01:00:37a le choix
01:00:38d'avancer
01:00:38soit à 27
01:00:39et nous sommes toujours
01:00:40dépendants
01:00:41d'un des États
01:00:41qui ne veut pas nous suivre,
01:00:43que ce soit la Hongrie
01:00:44ou d'autres États
01:00:45qui veulent préserver
01:00:46un lien privilégié
01:00:46avec les États-Unis.
01:00:48Ne nous mettons pas
01:00:48dans la main
01:00:49de tous les 27.
01:00:51Faisons en sorte
01:00:51de pouvoir articuler
01:00:52une volonté
01:00:54des principaux États
01:00:55européens désireux
01:00:56d'avancer
01:00:56à beaucoup plus
01:00:57grande vitesse.
01:00:58Aujourd'hui,
01:00:58nous avons besoin
01:00:59de plus d'Europe
01:01:00mais ça ne veut pas dire
01:01:01de renoncer
01:01:02à l'exigence
01:01:03de souveraineté.
01:01:04Il faut que ce Conseil
01:01:06de sécurité européen,
01:01:08que ce pacte
01:01:09de souveraineté européenne
01:01:10puisse se faire
01:01:11sans que nous lâchions
01:01:12la proie pour l'ombre.
01:01:13Merci Sylvain Kahn
01:01:14d'être venu débattre
01:01:16quelques minutes
01:01:16avec Dominique de Villepin.
01:01:17Il y aurait bien
01:01:17de choses à dire
01:01:18dès qu'on parle de l'Europe,
01:01:19c'est évident.
01:01:19Merci Dominique de Villepin
01:01:20d'être venu
01:01:21sur le plateau
01:01:22de l'Indice et Politique
01:01:23qui revient lundi prochain.
01:01:25D'ici là,
01:01:25bonne soirée
01:01:26et bonne semaine.
01:01:26Merci.
01:01:27Merci.
01:01:27Merci.
01:01:27Sous-titrage Société Radio-Canada
01:01:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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