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  • il y a 5 semaines
À LA UNE / Iran : un massacre sans précédent

«Il semble que nous soyons confrontés à la répression la plus brutale de l'histoire récente de l'Iran, et elle doit cesser immédiatement», a déclaré mercredi 14 janvier Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Depuis le 28 décembre, des manifestations massives ont lieu dans le pays. Dénonçant initialement une situation économique instable et précaire, la mobilisation en Iran n'a pas tardé à s'élargir pour cibler plus directement le gouvernement en place et réclamer la fin au régime de l'Ayatollah Ali Khamenei. Face à cela, le gouvernement décide de réprimer par la force les manifestants d'opposition. Alors que les images de dizaines de milliers de manifestants violentés circulent sur les réseaux sociaux, l'ONG Human Rights Watch fait état « de tueries à grande échelle menées par les forces de sécurité à travers le pays » et le média d'opposition Iran International recense entre 12 000 et 20 000 morts. Les chiffres sont approximatifs car, face à la pression internationale, le gouvernement iranien a décidé, le 8 janvier 2026, de couper l'accès Internet, faisant du mouvement une répression à huis-clos. Les autorités iraniennes ont alors tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant des rassemblements massifs à travers le pays. À Washington, après avoir menacé d'intervenir, Donald Trump dit étudier les options qui se présentent à lui, allant de cyberattaques à des frappes ciblées. « L'Iran veut négocier (...) une rencontre est en cours de préparation », assure le Président américain. La Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis des "sanctions rapides" contre le régime iranien. Jusqu'où ira la répression diligentée par les Mollahs ?

Invités :
- Ayda Hadizadeh, députée socialiste du Val d'Oise
- Sepideh Farsi, réalisatrice iranienne
- Gallagher Fenwick, grand reporter

« Les off de Lou » : Agriculteurs et politiques, les illusions perdues par Lou Fritel

« Quelle histoire ! » : Reza Pahlavi, le prince qui se rêve Shah par Laurent Guimier

LA QUESTION QUI FÂCHE / Qui pour calmer la colère agricole ?

Dès l'aube, des dizaines de tracteurs sont entrés dans Paris le mercredi 14 janvier, cette fois-ci aux couleurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs, pour exiger des « actes concrets et immédiats » du gouvernement qui peine à faire face à la colère agricole. Environ 350 tracteurs ont été recensés pour dans la capitale par la préfecture de police. Les premières mobilisations lancées par les syndicats de la Coordination rurale dénonçaient la gestion sanitaire de l'épidémie de dermatose nodulaire et l'accord entre l'Union européenne et les pays du Mercosur. En écho, La France Insoumise et Le Rassemblement national ont déposé des motions de censure contre le gouvernement qui ont été rejetées. Mardi 13 janvier, Sébastien Lecornu a annoncé qu'il présenterait en mars un projet de « loi d'urgence » sur la politique de l'eau, la prédation du loup et l

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Transcription
00:00:00Générique
00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage et de débat en direct de l'Assemblée Nationale.
00:00:31Avec pour m'accompagner ce soir Lou Frittel, journaliste à Paris Match.
00:00:34Bonsoir Lou.
00:00:34Bonsoir.
00:00:35Et bonsoir Laurent Guimier.
00:00:36Bonsoir Adeline.
00:00:36Merci à vous d'être là.
00:00:38C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir dans Chaque Voix Compte.
00:00:41L'histoire en marche en Iran où l'on redoute ce soir un épouvantable carnage avec la répression de la contestation.
00:00:49Le pouvoir judiciaire iranien promet des procès rapides pour les suspects arrêtés lors des manifestations.
00:00:53Les défenseurs des droits de l'homme craignent un usage massif de la peine de mort.
00:00:58Le président américain promet lui aux manifestants que l'aide américaine est en route.
00:01:02Mais que peut et que va faire Donald Trump ?
00:01:05On en parle ce soir avec la réalisatrice iranienne en exil Sepide Farsi.
00:01:09Bonsoir.
00:01:10Et merci d'être là aux côtés de Gallagher Fenwick, grand reporter.
00:01:13Bonsoir.
00:01:13Et la députée socialiste Aïda Adizadeh est également avec nous.
00:01:17Bonsoir.
00:01:17Bonsoir.
00:01:18Je rappelle que vous présidez le groupe d'amitié France-Iran à l'Assemblée nationale.
00:01:21Merci à tous les trois d'être là.
00:01:23Quelle histoire nous racontez-vous ce soir, Laurent Guimier ?
00:01:26L'histoire de Reza Palavi, héritier du trône d'Iran, qui multiplie les messages sur les réseaux sociaux depuis quelques jours.
00:01:32Et depuis son exil aux Etats-Unis, je vous raconte pourquoi le fils du chat est assis sur un trône médiatique à la fois prestigieux mais aussi très fragile.
00:01:40Dans la deuxième partie de Chaque Voix Compte, place à la question qui fâche, nous reparlons ce soir de la colère agricole.
00:01:46Sachez d'abord que les deux motions de censure contre le gouvernement ont été rejetées tout à l'heure à l'Assemblée nationale.
00:01:51Les tracteurs, eux, se sont retirés de Paris ce matin après avoir passé une bonne partie de la nuit devant l'Assemblée nationale.
00:01:57Mais les agriculteurs restent mobilisés et la classe politique semble impuissante à répondre à cette colère.
00:02:03Nous en débattrons avec Benoît Biteau, député écologiste de Charente-Maritime, Gaëtan Dussaucet, député Rassemblement national des Vosges,
00:02:11et Éric Martineau, député Modem de la Sarthe. Et nous en parlerons aussi avec vous, Lou.
00:02:15Tout à fait. Les illusions perdues de l'agriculture entre promesses non tenues et lois non appliquées.
00:02:21Vous pouvez aussi interroger nos invités ou nous faire part de vos réflexions en flashant le QR code qui s'affiche ici.
00:02:26C'est Laurent Guimier qui se charge de collecter vos questions.
00:02:30Et puis bien sûr, il y aura Bourbon Express tout à l'heure, le journal de l'Assemblée nationale avec Marco Pommier.
00:02:35On va parler du 49.3, vous verrez. Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:38Installez-vous confortablement, chaque voix compte. C'est parti.
00:02:49Comment parler d'un pays coupé du monde depuis le 8 janvier ?
00:02:53Plus de son, plus d'images. L'Iran est plongé dans le noir médiatique depuis une semaine
00:02:58et la coupure des communications laissent craindre le pire ce soir.
00:03:02Les bribes de témoignages qui parviennent jusqu'en France depuis hier soir
00:03:05montrent que la répression de la contestation a été sanglante et sans doute sans précédent.
00:03:11On fait d'abord le point avec Maïté Frémont.
00:03:12Ces images de manifestations à Téhéran sont rares.
00:03:22Comme toutes, celles-ci nous proviennent des réseaux sociaux, vérifiés par l'agence France Presse.
00:03:29Rares également les témoignages.
00:03:31A Istanbul, Sani, réfugié politique, raconte.
00:03:34Les communications sont coupées, nous sommes déconnectés.
00:03:37Mais grâce à l'Internet Starlink, mon ami a réussi à filmer et à envoyer ses vidéos.
00:03:43Starlink, antenne d'Elon Musk, sont les seules qui permettent aujourd'hui aux opposants du régime
00:03:48de communiquer avec le monde extérieur.
00:03:52Un Iran coupé du monde, sans Internet ni téléphone, depuis maintenant 7 jours.
00:03:58Seule image diffusée sur la télévision d'Etat, des funérailles à la gloire des policiers tués lors des manifestations.
00:04:11Des Iraniens sous la menace permanente.
00:04:15Une répression jugée la plus violente de l'histoire du pays.
00:04:18Des rares images qui nous sont parvenues, nous voyons.
00:04:22Des manifestants abattus à bout portant par des armes d'assaut.
00:04:26Des cadavres qui s'entassent dans des sacs, dans des hôpitaux saturés.
00:04:31Nous voyons des familles iraniennes endeuillées.
00:04:35Et nous entendons des appels de détresse auxquels nous pouvons rester insensibles.
00:04:39Difficile de savoir le nombre exact de morts.
00:04:42Des milliers selon plusieurs organisations.
00:04:45Et plus de 10 000 personnes arrêtées qui risquent la peine de mort.
00:04:49Alors Donald Trump promet d'agir.
00:04:51Nous agirons de manière très forte s'il faut une chose pareille.
00:04:56Nous agirons de manière très forte.
00:04:58Le président américain appelle les Iraniens à poursuivre leurs manifestations.
00:05:02Partout dans le monde, des mobilisations en soutien au peuple iranien.
00:05:07Question ce soir d'abord sur cette répression.
00:05:12Aïda Adizadeh, je rappelle que vous êtes née à Téhéran.
00:05:16Et vous avez grandi en France où votre mère s'est réfugiée pour fuir le régime des Mola.
00:05:20Quelles sont les nouvelles qui vous sont parvenues ces dernières heures ?
00:05:24Les nouvelles sont épouvantables.
00:05:26Ça a été dit dans votre reportage.
00:05:28La répression est inouïe de sauvagerie.
00:05:32Et son ampleur est inédite.
00:05:34Parce que l'ampleur de la révolte, la colère des manifestants.
00:05:36Et surtout le fait qu'aucun coin de l'Iran n'était épargné.
00:05:40Du nord au sud, de l'est à l'ouest, tous les Iraniens...
00:05:42Mais tout ne se passe pas que à Téhéran.
00:05:44Exactement.
00:05:44Et c'est ça qu'il faut le dire.
00:05:46Parce que d'ailleurs, dans certaines provinces, celle du Kurdistan, celle d'Ellam,
00:05:50il y a eu beaucoup de mobilisation.
00:05:53Et le pouvoir a peur.
00:05:55Et le pouvoir agit comme une bête menacée.
00:05:58Et il agit en terroriste.
00:06:00Je n'ai pas d'autres mots.
00:06:01L'arme qui a été utilisée pour tirer sur les manifestants, c'est la Kalachnikov.
00:06:04Pour que tous les Français comprennent, la Kalachnikov, c'était l'arme du Bataclan.
00:06:07Au moins 3 428 manifestants tués, selon le dernier décompte de l'ONG, Iran Human Rights.
00:06:15Comment ce bilan peut-il être établi ?
00:06:17Est-ce que ces chiffres sont fiables ?
00:06:19Personne n'a de chiffres exacts.
00:06:21On parle de 2 500, de 3 000.
00:06:24Certains avancent des chiffres encore plus terrifiants.
00:06:269 000, 12 000.
00:06:27Il y a eu énormément d'arrestations.
00:06:28Il va y avoir une vague d'exécutions, de mises à mort après des semblants de procès.
00:06:35La dernière vague, Femme-Vie-Liberté, c'était 1 500 exécutions.
00:06:39On peut s'attendre à bien pire.
00:06:40Il faut terroriser la population pour mater la révolte.
00:06:43Ils sont prêts à tout.
00:06:44C'est un régime qui est reculé.
00:06:45C'est un régime qui ne reculera pas.
00:06:47Et qui s'accroche à son pouvoir comme des forcenés.
00:06:51C'est pédé farci.
00:06:52Même question.
00:06:53Est-ce que d'abord vous avez réussi à entrer en contact avec des proches en Iran ces dernières heures ?
00:06:57Est-ce que vous avez réussi à avoir des informations ?
00:07:00Moi, pas.
00:07:01Parce que le téléphone marche dans un sens.
00:07:04Il faut qu'eux vous appellent.
00:07:05Vous ne pouvez pas les appeler.
00:07:06Je n'ai pas réussi à trouver un moyen.
00:07:08Mon compagnon a pu joindre sa famille.
00:07:10Ils l'ont appelé.
00:07:12Il a perdu un cousin qui est mort, tué par balle.
00:07:16Dans la rue, en manifestant.
00:07:18Dans la rue, en manifestant.
00:07:18C'est un couple.
00:07:20La cousine, elle est entre la vie et la mort.
00:07:23Arrache.
00:07:24Donc, les informations qui vous parviennent,
00:07:26corroborent cette idée ce soir,
00:07:30cette crainte qu'ont notamment les ONG,
00:07:33mais la communauté internationale en général,
00:07:35d'une répression meurtrière.
00:07:37Absolument.
00:07:38Féroce.
00:07:39Et je rejoins Aida.
00:07:41Le régime est prêt à tout.
00:07:47Y compris à aller négocier avec Trump s'il le veut bien.
00:07:51Vous voyez ?
00:07:51Ça, c'était vraiment la dernière ligne rouge à ne pas dépasser
00:07:54pour emmener.
00:07:55Il n'y a pas pour faire.
00:07:57Selon leur idéologie et terminologie.
00:08:01Mais ils étaient prêts, avant-hier, à faire même ça.
00:08:04Donc, il y a à la fois une répression féroce.
00:08:11Et je ne veux absolument pas minimiser.
00:08:13Et on a peur des exécutions qui vont commencer.
00:08:17Malheureusement, je crains le pire.
00:08:19Mais il y a aussi une stratégie de faire peur.
00:08:23C'est-à-dire, j'ai entendu dire qu'il n'avait plus le sang dans les rues.
00:08:28Il laisse fuiter aussi des images terrifiantes.
00:08:31Bon, les morts sont là, malheureusement.
00:08:33Les victimes sont là.
00:08:34Mais qu'il laisse fuiter aussi des images pour que ça arrive à nous,
00:08:38mais que ça arrive aussi aux Iraniens,
00:08:39pour qu'ils aient encore plus peur.
00:08:41Il y a ces images qui circulent sur les réseaux sociaux.
00:08:44Elle a sépidé à raison.
00:08:45Le régime laisse faire.
00:08:46Les cadavres sont entassés à même la rue.
00:08:51On a vu des images de sacs mortuaires dans des morgues.
00:08:54Et le comble de l'abject,
00:08:58c'est que les familles doivent payer pour récupérer les corps.
00:09:01Ils doivent payer par balles.
00:09:04Ils doivent payer les balles qui ont criblé les corps de leur famille
00:09:07pour pouvoir récupérer le corps.
00:09:08Et on leur demande des sommes astronomiques.
00:09:10Exactement.
00:09:11J'ai lu 700 euros, c'est ça ?
00:09:12C'est le prix d'une maison en Iran ?
00:09:1340% des Iraniens vivent sous le seuil de pauvreté.
00:09:16Ce que faisait Saddam Hussein en Irak.
00:09:18Tout à fait.
00:09:19On parlait aussi, et on a de grandes craintes également,
00:09:21pour les manifestants qui ont été arrêtés.
00:09:23On parle de plus de 10 000 manifestants
00:09:25qui auraient été arrêtés depuis le début de la contestation.
00:09:29Parmi eux, je voulais vous montrer le visage de Erfan Soltani.
00:09:33Il a 26 ans.
00:09:34Sa photo est devenue virale ces dernières heures
00:09:36parce que son exécution a été programmée pour ce 14 janvier.
00:09:41Amnesty International a demandé à l'Iran de sursoir
00:09:43à toutes les exécutions, y compris la sienne.
00:09:45Est-ce que ce soir, c'est Pieds-des-Fartis,
00:09:48on a des nouvelles de ce jeune homme ?
00:09:50Non, on craignait sa mort ce matin
00:09:54parce que c'est à l'aube que ça se passe.
00:09:55Et puis, ça n'a pas été aujourd'hui.
00:09:57Mais c'est tout à fait possible que ce soit un autre...
00:10:00Enfin, demain.
00:10:02Je me souviens, pour Mohamed Robody, par exemple,
00:10:04qui avait été condamné à mort.
00:10:08Nous, on militait d'ici, mais surtout les Iraniens.
00:10:10Il y a eu une nuit où on a réussi à le sauver.
00:10:13Les gens sont allés devant la prison.
00:10:14Mais là, on est dans un état...
00:10:17Enfin, personne n'ose sortir pour aller devant la prison des villes.
00:10:21Là, on avait...
00:10:21Mais au final, même Mohamed Robody a été exécuté en 2023.
00:10:26La justice iranienne a aussi annoncé
00:10:28que les manifestants seraient poursuivis pour Moharebé.
00:10:32De quoi s'agit-il ?
00:10:34C'est un terme que le régime emploie.
00:10:37Harb en arabe, c'est d'origine arabe.
00:10:40Harb veut dire guerre.
00:10:41Moharebé, ça veut dire de faire la guerre sur...
00:10:44Mais c'est traduit, maintenant, plutôt par corruption sur Terre.
00:10:48C'est un chef d'accusation qui vaut la peine de mort,
00:10:52la peine capitale, pour le régime iranien.
00:10:54C'est-à-dire, quand ils vous accusent de ça, c'est fini.
00:10:56Il n'y a plus rien à dire.
00:10:58Même si vous n'avez rien fait.
00:10:58C'est-à-dire corruption morale, guerre à Dieu, quelque part.
00:11:03Et en fait...
00:11:04Plus que du terrorisme.
00:11:05Oui, oui, c'est vraiment...
00:11:07Je ne sais pas comment...
00:11:08Au début, ils ont dit terroriste,
00:11:09et puis maintenant, ils disent Moharebé.
00:11:10Mais ça, c'est vraiment pour...
00:11:12Une fois qu'ils veulent attribuer la peine capitale, en fait,
00:11:14ils emploient ce terme dans leur système judiciaire
00:11:18et dans les valeurs.
00:11:19Ce chef d'accusation, c'est ça.
00:11:21Et en fait, ça ne peut être rien.
00:11:24Il suffit juste de dire peut-être
00:11:26à Bach, à Menei, et ça suffit.
00:11:28Et vous avez fait le mort à l'aubée,
00:11:30et c'est terminé.
00:11:32Voilà.
00:11:33Gallagher, Fenwick, est-ce que ce massacre,
00:11:37dont on commence à comprendre le début, là,
00:11:40a été possible avec la coupure d'Internet depuis le 8 janvier ?
00:11:44En fait...
00:11:44À la fois, on parle des images qui nous parviennent
00:11:46et qui seraient utilisées aussi par le régime
00:11:49pour faire peur aux Iraniens,
00:11:50mais à la fois, ces images,
00:11:52elles nous parviennent vraiment au compte-gouttes.
00:11:53Non, non, bien sûr.
00:11:54Et donc, je voudrais commencer par m'incliner,
00:11:56ça peut relever de l'évidence,
00:11:58mais devant la bravoure de ces Iraniens
00:12:00et ces Iraniennes qui sortent dans la rue,
00:12:02il faut comprendre que ces images qui nous parviennent,
00:12:04ce sont là aussi des actes de courage
00:12:06puisqu'il est extrêmement dangereux
00:12:08d'utiliser tout appareil
00:12:10pour contourner la tentative d'organisation
00:12:13de ce huis clos total
00:12:14qui ne sert pas à organiser un dialogue
00:12:16avec la société civile,
00:12:18mais qui sert à la mater, à la massacrer.
00:12:20Et donc, et vous l'avez entendu dans le reportage,
00:12:22ce jeune homme qui dit
00:12:23« Mon copain, il a Starlink »,
00:12:25ça, vous savez, ce sont les petits panneaux
00:12:27de la société d'Elon Musk.
00:12:28Les satellites d'Elon Musk ?
00:12:30qui permettent, vous avez l'utilisation de VPN
00:12:32et beaucoup d'Iraniens de l'étranger,
00:12:34notamment ceux que j'écoute aux Etats-Unis,
00:12:36demandent des systèmes cell to connect
00:12:38qui permettent justement de contourner la censure.
00:12:41Voilà.
00:12:42Quand vous regardez les graphiques
00:12:43de connectivité du pays,
00:12:45l'Iran, en temps normal ou habituel,
00:12:47c'est un pays qui est très hautement connecté.
00:12:50Et là, vous voyez la chute,
00:12:52elle est dramatique.
00:12:53Il y a deux semaines,
00:12:53ça descend à moins de 1%.
00:12:56Et ces images, justement, nous permettent,
00:12:59parce que dites-vous qu'elles nous arrivent au compte-gouttes,
00:13:02de commencer à deviner, non pas de mesurer,
00:13:05parce que personne ne le peut aujourd'hui de l'extérieur.
00:13:07Les chiffres que vous avez donnés,
00:13:08tant sur les morts que sur les blessés,
00:13:10que sur les arrestations,
00:13:11sont des approximations.
00:13:13J'ai vu une seule source citée par Reuters,
00:13:15et ça, c'est une personne,
00:13:17les gardiens de la Révolution,
00:13:18qui parle de 2 000 morts,
00:13:19sachant qu'ils sous-évaluent très régulièrement.
00:13:22Et quand vous comparez aux épisodes
00:13:24de soulèvement précédents,
00:13:25c'est un chiffre qui est déjà supérieur
00:13:27dans un temps qui est relativement restreint.
00:13:29Donc ça vous laisse quand même deviner
00:13:32et redouter la réalité.
00:13:35Une fois que ce huis clos va tomber
00:13:37et que la lumière se fera,
00:13:39l'absolu, je voyais dans votre bandeau,
00:13:41vous, vous avez utilisé le terme de carnage,
00:13:43il y avait écrit massacre à l'antenne.
00:13:45On est en tous les cas dans ce champ lexical-là,
00:13:47c'est sûr.
00:13:48Les Iraniens qui vivent en France
00:13:49sont évidemment fous d'inquiétude
00:13:50et tentent eux aussi d'avoir des nouvelles
00:13:52et de savoir par tous les moyens
00:13:54ce qui se passe.
00:13:55La diaspora iranienne en France,
00:13:57c'est environ 25 000 personnes.
00:13:59Reportage de Baptiste Gargui-Charquier
00:14:00et Eva Billon.
00:14:04Là, je demande de 10 mois, s'il te plaît.
00:14:06Il y a trois jours, Téhéran,
00:14:11c'était énormément de monde sur la route.
00:14:15Samuel Davout n'en revient toujours pas.
00:14:18Pour la première fois en 10 jours,
00:14:19il parvient à joindre sa famille
00:14:20à 4000 kilomètres de là, en Iran.
00:14:23Son appel a été enregistré.
00:14:25Il est en train d'expliquer
00:14:26si ça fait trois jours qu'il nous massacre,
00:14:28c'est vrai.
00:14:29Il vient avec une voiture,
00:14:30avec des gros enceintes dessus.
00:14:32Il laisse un message en arabe,
00:14:34il crie, il crie, il crie
00:14:35et il commence à tirer avec les fusées
00:14:37partout, partout, partout, pour rien.
00:14:40Ça veut dire même, il n'y a rien.
00:14:42C'est juste faire peur le soir.
00:14:43Quand ils m'ont parlé de ça,
00:14:44avec toutes les forces que j'ai,
00:14:45j'étais vraiment...
00:14:47Je suis tombé, vraiment je suis tombé.
00:14:49Ce franco-iranien a fui son pays
00:14:50il y a plus de 15 ans.
00:14:52La répression sanglante des manifestations
00:14:53l'inquiète.
00:14:55Alors, toute la journée,
00:14:56son téléviseur est branché
00:14:57sur cette chaîne d'informations iraniennes
00:14:59pour suivre les nouvelles,
00:15:00minute par minute.
00:15:02En bas de l'écran,
00:15:03les messages des familles
00:15:04toujours sans nouvelles défilent,
00:15:05en direct, au compte-gouttes.
00:15:08Grâce à cette quick code,
00:15:09on envoie directement les messages.
00:15:11Vous voyez, par exemple,
00:15:12il a dit, voilà, je m'appelle X,
00:15:14je suis de Köln, en Allemagne.
00:15:17Est-ce que tout va bien, ma famille ?
00:15:19Non, non, non, non.
00:15:19En gros, ce mode,
00:15:20maintenant, c'est cette chaîne-là,
00:15:22il fait les messages
00:15:23à la place de nous.
00:15:24Toutes les familles s'inquiètent
00:15:26pour leurs proches.
00:15:27Ce qu'ils font,
00:15:28c'est que grâce à ça,
00:15:28au moins, il envoie un message d'espoir.
00:15:30La diaspora iranienne
00:15:32compte plus de 30 000 personnes
00:15:33en France.
00:15:34Samuel Davoud en fait partie.
00:15:36Son appel avec ses proches
00:15:37lui redonne espoir, dit-il.
00:15:38Mais pour d'autres,
00:15:40le silence persiste.
00:15:41Un franco-iranien
00:15:42contacté par téléphone témoigne.
00:15:44Il veut garder l'anonymat.
00:15:45Je n'ai plus aucune nouvelle
00:15:47depuis 8 janvier.
00:15:49J'ai mes frères qui sont là-bas,
00:15:51donc j'essaie tous les jours
00:15:52de savoir plus,
00:15:56d'avoir des informations,
00:15:58est-ce qu'ils sont en bonne santé ou pas.
00:16:02Alors, ces derniers jours,
00:16:04Samuel Davoud programme
00:16:05avec son association
00:16:06une mobilisation à Paris
00:16:07en soutien aux manifestants en Iran.
00:16:10Ça va être symbolique
00:16:11de faire un grand, grand marche à Paris,
00:16:13montrer ici à Paris
00:16:15et l'Europe et l'Occident.
00:16:16Regardez, on a gagné
00:16:17grâce à notre peuple.
00:16:19Une journée placée
00:16:20sous le signe de l'unité.
00:16:22Selon l'association,
00:16:23plus de 5 000 personnes
00:16:24seront attendues dimanche.
00:16:26Place Victor Hugo à Paris.
00:16:28Ce sera à suivre
00:16:29parce que pour tout vous dire,
00:16:30pour tourner ce reportage,
00:16:32on a eu du mal.
00:16:32On a rencontré des Iraniens
00:16:33qui ne voulaient pas parler.
00:16:34C'est-à-dire que la peur,
00:16:36elle infuse aussi
00:16:37au sein de la diaspora iranienne.
00:16:39Vous avez eu des gens
00:16:40qui ne voulaient pas témoigner ?
00:16:42Qui ont préféré ne pas nous parler.
00:16:43Je comprends
00:16:44parce que parler
00:16:45peut mettre leurs familles
00:16:46en Iran en danger
00:16:47et peut les empêcher aussi
00:16:48de retourner en Iran
00:16:49parce qu'on doit faire
00:16:50des demandes de visa
00:16:50auprès de l'ambassade iranienne.
00:16:52Et je comprends.
00:16:54Et puis c'est très facile ici
00:16:56de dénoncer le régime.
00:16:58On est bien au chaud
00:16:58dans cette démocratie
00:16:59et tant mieux.
00:17:01Et moi, je peux comprendre.
00:17:03Non, non, oui.
00:17:03Nous sommes en direct
00:17:06avec Kaveh Salamatian.
00:17:07Bonsoir.
00:17:08Et merci d'être en direct
00:17:09avec nous.
00:17:10Vous êtes professeur
00:17:10à l'université Savoie-Mont-Blanc
00:17:12et vous êtes spécialiste
00:17:13des réseaux
00:17:14et de cyberstratégie.
00:17:15On avait quelques questions
00:17:16à vous poser quand même
00:17:17sur cette coupure
00:17:18de l'Internet en Iran.
00:17:20Coupure depuis 7 jours maintenant.
00:17:22Comment les autorités iraniennes
00:17:24ont réussi à débrancher ?
00:17:26Alors, ce qu'on observe
00:17:32aujourd'hui en Iran,
00:17:33c'est le résultat d'un processus
00:17:35qui a duré autour de 12 à 13 ans.
00:17:39À partir des années 2007,
00:17:42suite à la conjonction
00:17:44du virus Stuxnet,
00:17:46de la volonté du régime iranien
00:17:49de contrôler l'Internet
00:17:51et des sanctions internationales,
00:17:54il a été pris la décision
00:17:56au niveau du gouvernement iranien
00:17:58de restructurer complètement
00:18:00le réseau.
00:18:02Et cette restructuration
00:18:04a duré 12 ou 13 ans
00:18:07pour être mise en place.
00:18:09Et suite à cette restructuration,
00:18:11aujourd'hui,
00:18:12le gouvernement iranien
00:18:13a la capacité
00:18:14d'avoir un contrôle
00:18:17avec un grain très fin
00:18:18du trafic en Iran,
00:18:20c'est-à-dire de décider
00:18:21que tel bâtiment,
00:18:23tel pâté de maison,
00:18:24tel quartier,
00:18:25telle ville,
00:18:26a le droit d'accéder à Internet
00:18:27et telle autre ville
00:18:30ou tel autre quartier
00:18:31n'a pas le droit d'accéder
00:18:33et d'avoir un contrôle
00:18:34extrêmement précis,
00:18:36non seulement au niveau
00:18:38de la connectivité d'Internet,
00:18:40mais au niveau des applications
00:18:41et autres.
00:18:42– C'est eux qui ont la main
00:18:43sur le robinet.
00:18:44– C'est eux qui ont la main
00:18:44sur le robinet, donc.
00:18:45Mais, pardon,
00:18:47dans quel sens
00:18:48est cette coupure
00:18:50depuis sept jours ?
00:18:51Est-ce que c'est uniquement
00:18:53de l'Iran vers l'extérieur,
00:18:55de l'extérieur vers l'Iran,
00:18:57ou est-ce que c'est également
00:18:58intérieur à l'Iran ?
00:19:00– Alors, ça,
00:19:03en fonction des jours,
00:19:04ça a changé.
00:19:05Il y a des jours
00:19:07où il y avait juste
00:19:08des problèmes de connectivité
00:19:10de l'extérieur vers l'Iran.
00:19:14Et il y a, par exemple,
00:19:16depuis deux jours,
00:19:17maintenant,
00:19:17les connexions à l'intérieur
00:19:18de l'Iran marchent
00:19:20et les connexions de l'Iran
00:19:23vers l'extérieur
00:19:24posent encore problème.
00:19:28Ça dépend du quartier
00:19:30dans lequel on est,
00:19:30de la ville dans laquelle on est.
00:19:32Et en fonction de cette situation,
00:19:34on peut accéder ou pas.
00:19:38– On le disait,
00:19:38ça dure depuis une semaine,
00:19:40mais pardon,
00:19:41l'Iran,
00:19:41et comme tous les autres pays,
00:19:42rien n'est possible
00:19:43sans Internet,
00:19:45y compris le commerce,
00:19:47l'économie.
00:19:48Est-ce que l'Iran
00:19:49peut tenir encore longtemps
00:19:50comme ça ?
00:19:50On le disait,
00:19:51ça va faire une semaine demain.
00:19:54– Alors,
00:19:55en fait,
00:19:56cette restructuration du réseau
00:19:58à partir de 2007-2009
00:20:00avait pour objectif
00:20:02de permettre
00:20:03la déconnexion
00:20:05de la population
00:20:05de l'Internet résidentiel,
00:20:07mais en même temps
00:20:07de garder ouverts
00:20:08les canaux
00:20:09importants pour l'économie
00:20:11relatifs aux banques
00:20:13ou aux administrations
00:20:15de l'État.
00:20:16Aujourd'hui,
00:20:17en Iran,
00:20:18les banques,
00:20:18les administrations de l'État,
00:20:19ceux qui sont autorisés
00:20:21à accéder à Internet,
00:20:22ont accès.
00:20:23Le reste n'a pas d'accès.
00:20:24Mais ceci dit,
00:20:26ce que vous dites
00:20:26est totalement correct.
00:20:28Aujourd'hui,
00:20:28l'Internet est un élément
00:20:30fondamental
00:20:31de l'économie
00:20:31de tous les pays
00:20:32et il y aura un coût
00:20:34à payer.
00:20:35Et d'ailleurs,
00:20:36ça a été un sujet
00:20:37assez important
00:20:37de discussion
00:20:39en interne en Iran.
00:20:41Est-ce que le coût
00:20:42de la coupure
00:20:42vaut la peine
00:20:43des éléments
00:20:45de sécurité ?
00:20:46Et c'est un sujet
00:20:47de controverse aussi
00:20:48entre les différentes
00:20:49factions du régime.
00:20:50Merci en tout cas
00:20:51de nous avoir éclairés
00:20:52sur ce point
00:20:52qu'avait Salamatian.
00:20:53Je rappelle que vous êtes
00:20:54professeur à l'Université
00:20:55Savoie-Mont-Blanc
00:20:56et spécialiste des réseaux
00:20:58et de cyberstratégie.
00:20:59Autre question ce soir.
00:21:01Est-ce que l'ampleur
00:21:02meurtrière
00:21:03de cette répétion
00:21:04va étouffer
00:21:05la révolte ?
00:21:07C'est déjà le cas,
00:21:08malheureusement.
00:21:09Enfin, malheureusement.
00:21:10Du fait du carnage,
00:21:12moi, j'ai une estime inouï
00:21:14pour ces courageux
00:21:15qui descendent dans la rue
00:21:16parce qu'ils savent
00:21:16ce qu'ils encourrent.
00:21:17Ce n'est pas la première révolte
00:21:18et ils savent.
00:21:20Et d'ailleurs,
00:21:21on voyait des images
00:21:22de cette femme
00:21:23avec la bouche en sanglandée
00:21:24qui disait
00:21:24qu'il me tue,
00:21:25je suis déjà morte
00:21:25depuis 47 ans.
00:21:26Des jeunes qui disaient
00:21:27je n'ai plus rien à perdre,
00:21:28ils m'ont déjà tout pris,
00:21:29le pain, l'eau,
00:21:30l'électricité, ma dignité.
00:21:31Qu'est-ce qui peut me prendre
00:21:32de plus ?
00:21:32Qu'ils me prennent ma vie ?
00:21:34Mais de fait,
00:21:35quand on tire à la Kalashnikov
00:21:36sur son peuple,
00:21:37c'est un effet évidemment immédiat.
00:21:40On a peur
00:21:41et on ne sort plus
00:21:42et le régime est arrivé
00:21:43à ses fins.
00:21:45On constate,
00:21:46selon des sources en Iran,
00:21:47une baisse de la mobilisation.
00:21:51Les commerçants des bazars,
00:21:53notamment ceux de Téhéran
00:21:54mais aussi ceux d'autres villes,
00:21:55ont progressivement repris
00:21:57ou ouvert les rideaux,
00:21:58semble-t-il.
00:21:59Quelques-uns,
00:22:00les gardes fermées.
00:22:00Mais voilà,
00:22:02c'est malheureusement
00:22:03cette première vague.
00:22:04Alors, il faut le dire
00:22:05parce qu'on n'a pas encore
00:22:06prononcé son nom,
00:22:07mais tout le monde en Iran,
00:22:08je crois beaucoup de gens,
00:22:09restent suspendus
00:22:09à ce que va faire Trump.
00:22:11Et l'Occident aussi,
00:22:12il faut le dire.
00:22:13On y vient justement,
00:22:14mais on rappelle
00:22:16que ce mouvement de contestation,
00:22:19il n'a pas exactement
00:22:20le même visage
00:22:21qu'il y a trois ans
00:22:21avec Femmes,
00:22:22Vie, Liberté.
00:22:23Il est parti des bazars,
00:22:25il est parti des commerces,
00:22:26de l'hyperinflation.
00:22:27Est-ce qu'il peut aujourd'hui
00:22:28y avoir une volonté du régime
00:22:29dans les scénarios probables,
00:22:31avant d'aborder le cas Trump ?
00:22:33Est-ce qu'il peut y avoir
00:22:34une volonté du régime
00:22:35de sauver la face,
00:22:36de se renouveler de l'intérieur
00:22:38en écartant pourquoi pas
00:22:39le guide suprême
00:22:40et en installant
00:22:41quelqu'un d'autre ?
00:22:44Ça me semble difficile
00:22:46que le régime lui-même
00:22:47sacrifie Khamenei
00:22:49pour se refaire.
00:22:51Alors,
00:22:51à moins,
00:22:52il y a un scénario,
00:22:54enfin,
00:22:54pas de cette façon-là,
00:22:55c'est un peu compliqué,
00:22:56puis effectivement,
00:22:57c'est vraiment
00:22:57de la science-fiction un peu,
00:22:59qui est un putsch intérieur,
00:23:02interne plutôt,
00:23:03pardon,
00:23:04des gardiens
00:23:04de la révolution.
00:23:05C'est vrai que c'est un élément
00:23:06très, très,
00:23:07c'est nébuleuse
00:23:08qu'on connaît peu,
00:23:11nous,
00:23:12de l'extérieur.
00:23:13Moi, je ne suis pas
00:23:13politologue,
00:23:14mais quand même,
00:23:14je pense que je partage
00:23:15ce manque d'informations
00:23:18avec beaucoup de gens
00:23:19qui s'en...
00:23:19Il y a des fractures
00:23:20à l'intérieur,
00:23:21mais on ne sait pas
00:23:22qui contrôle qui,
00:23:23combien Khamenei pèse sur eux,
00:23:24combien eux
00:23:25le tiennent par la barbe,
00:23:27si je puis dire,
00:23:28sans jeu de mots.
00:23:32Vous avez le droit
00:23:33de sourire aussi parfois.
00:23:34Je crois qu'on peut,
00:23:35voilà.
00:23:36Donc,
00:23:36je ne sais pas
00:23:37s'il serait sacrifié,
00:23:39il serait peut-être éliminé,
00:23:40vous savez,
00:23:40une mort,
00:23:41enfin,
00:23:42ça,
00:23:42ça,
00:23:43on connaît,
00:23:43Armand Romaini est mort
00:23:44comme ça,
00:23:45d'un coup,
00:23:46Raf Sanjani l'a été retrouvé
00:23:47noyé dans sa piscine,
00:23:49une mort subite arrive.
00:23:51Donc,
00:23:51il est possible que...
00:23:53Le Times disait
00:23:54dimanche dernier
00:23:54que l'ayatollah Khamenei
00:23:55projetait de fuir en Russie
00:23:57au cas où la situation
00:23:58en Iran échapperait
00:23:58à son contrôle.
00:23:59Ça vous paraît plausible,
00:24:01la guerre fait noire ?
00:24:02Comme ça a été dit
00:24:02à l'instant,
00:24:04et je parle sous le contrôle
00:24:05de Mme la députée
00:24:06et Mme Farsi,
00:24:08il y a quand même
00:24:09énormément de rumeurs
00:24:10qui sont invérifiables.
00:24:12Il y a des gens
00:24:12qui ont un intérêt
00:24:13à ce que celle-ci
00:24:14en particulier,
00:24:15elle circule.
00:24:17Je pense qu'il faut
00:24:18également ajouter
00:24:19que là,
00:24:20on parle de pouvoir,
00:24:21il faut parler d'argent aussi.
00:24:22C'est un régime
00:24:23qui est très corrompu,
00:24:24qui a beaucoup pratiqué
00:24:25la prédation.
00:24:27C'est un pays
00:24:28qui est richissime
00:24:29en termes de ressources naturelles.
00:24:32Ce sont les quatrièmes
00:24:33plus grandes ressources
00:24:34de pétrole prouvées au monde.
00:24:36Ce sont les troisièmes
00:24:38producteurs de gaz naturel
00:24:39au monde
00:24:40avec les deuxièmes
00:24:41plus grandes réserves
00:24:41de gaz prouvées au monde.
00:24:43Et pour l'anecdote,
00:24:44mais pas tant que ça,
00:24:45le premier producteur
00:24:46de pistache et de safran,
00:24:48en fait,
00:24:49en théorie,
00:24:50et c'est comme d'autres pays
00:24:51de la région
00:24:52et un petit peu plus loin que ça,
00:24:54ce sont des pays
00:24:54où les habitants
00:24:55devraient être riches
00:24:56et vivent tous confortablement.
00:24:58Or, Mme la députée
00:24:59a rappelé tout à l'heure
00:25:00la quantité hallucinante
00:25:03de gens qui vivent
00:25:05sous le seuil de pauvreté.
00:25:06Vous parliez du bazar
00:25:08et la comparaison
00:25:09avec le moment
00:25:10femme-vie-liberté.
00:25:12Cette fois-ci,
00:25:12le mouvement,
00:25:13il part d'une situation économique
00:25:14qui est absolument déplorable
00:25:15avec des gens,
00:25:17et moi,
00:25:17les Iraniens,
00:25:18les Iraniennes
00:25:19de la diaspora
00:25:20me le disent tout le temps,
00:25:21avec un différentiel
00:25:23entre une monnaie
00:25:26qui ne vaut plus rien,
00:25:27qui fait que quand vous achetez
00:25:29un appartement,
00:25:30une voiture,
00:25:31vous payez en dollars
00:25:32ou en euros,
00:25:33vous n'allez pas payer
00:25:33dans la devise locale
00:25:35l'automane,
00:25:37parce que sinon,
00:25:38il faut en ramener
00:25:38des brouettes
00:25:39et des brouettes.
00:25:41Et vous avez une devise aussi
00:25:42qui a perdu 100%
00:25:43de sa valeur
00:25:44ces dernières années
00:25:45et donc est venue
00:25:46s'agréger
00:25:47sur ce mouvement
00:25:49qui partit du bazar,
00:25:50donc un milieu
00:25:50qui est plutôt conservateur
00:25:51habituellement,
00:25:52celui des commerçants.
00:25:52D'autres couches,
00:25:54celles qui étaient présentes
00:25:55pendant Femmes,
00:25:56les Vies,
00:25:56Libertés,
00:25:57des gens qui sont
00:25:58un peu plus pauvres
00:25:59et dont on dit
00:26:00qu'ils sont généralement
00:26:00plutôt dans le camp conservateur
00:26:02et tout ça a donné
00:26:03quelque chose d'assez organique
00:26:04et juste pour terminer
00:26:05sur où est-ce que ça va,
00:26:07comment ça se termine,
00:26:08on est vraiment à un moment
00:26:09quand l'utilisation
00:26:10pour la répression
00:26:12est faite des balles réelles,
00:26:13en fait,
00:26:13vous êtes tout en haut du spectre.
00:26:15Donc c'est-à-dire
00:26:15qu'au début,
00:26:16vous pouvez utiliser
00:26:16des moyens non-létaux,
00:26:19gaz lacrymogène,
00:26:20violences physiques,
00:26:21psychologiques,
00:26:22etc.
00:26:23ça veut dire
00:26:23que vous êtes au stade
00:26:24où il y a vraiment
00:26:24l'affrontement des volontés,
00:26:26un régime qui a peur
00:26:27existentiellement
00:26:28et en face,
00:26:30des gens qui savent
00:26:31qu'ils peuvent mourir,
00:26:32mais ça va être très bien dit
00:26:33par Madame Lépitué,
00:26:34qui disent
00:26:34mais en fait,
00:26:35quelque part,
00:26:36il y a beaucoup de choses
00:26:37dans mon existence
00:26:37qui sont déjà mortes,
00:26:39donc je vais rester
00:26:39et je vais continuer.
00:26:40Question téléspectateur, Laurent.
00:26:41Oui, il y a des messages
00:26:42qui arrivent depuis le début
00:26:43de l'émission,
00:26:44notamment cette question
00:26:44de Odile qui habite à Limoges.
00:26:47C'est effroyable
00:26:48ce qui se passe,
00:26:49comment peut-on les aider,
00:26:50tout simplement ?
00:26:52Qu'est-ce qu'on peut faire ?
00:26:53Alors,
00:26:54des aides matérielles
00:26:55du type envoi de médicaments,
00:26:57parce que c'est vrai
00:26:58qu'on a eu des messages
00:26:58de soignants
00:26:59dans les hôpitaux,
00:27:00il manque de médecins,
00:27:01il manque de tout.
00:27:02De toute façon,
00:27:02ça fait longtemps
00:27:03qu'ils rentrent.
00:27:03L'aide peut entrer ?
00:27:05Non, enfin, pour l'instant,
00:27:06moi, je ne pense pas.
00:27:07Très compliqué.
00:27:09Je vais me renseigner,
00:27:10mais voilà,
00:27:11je n'ai pas de solution.
00:27:13On peut faire pression,
00:27:14je pense.
00:27:14Il y a encore des choses
00:27:15à obtenir du côté
00:27:16de nos dirigeants.
00:27:18Je pense à la France
00:27:19et aussi à l'Europe.
00:27:20La première réponse
00:27:21était d'une timidité
00:27:22assez navrante.
00:27:22Il y a eu des questions
00:27:23au gouvernement
00:27:23de différents groupes politiques
00:27:24qui l'ont souligné
00:27:25au ministre,
00:27:26qui a annoncé
00:27:26que l'ambassadeur
00:27:27était convoqué
00:27:28dans l'après-midi.
00:27:29Je pense que du côté
00:27:30des communications satellites,
00:27:32on ne peut pas laisser
00:27:33Elon Musk être
00:27:33le sauveur de l'humanité.
00:27:35Je veux dire,
00:27:36on a Telsat,
00:27:38on sait faire.
00:27:38Alors, visiblement,
00:27:39j'ai entendu tout à l'heure
00:27:40chez vos confrères
00:27:41que le ministère
00:27:42des Affaires étrangères
00:27:43était en train
00:27:44d'envisager
00:27:44comment aider
00:27:46à décloisonner l'Iran
00:27:47en termes de communication.
00:27:49Et puis,
00:27:50il y a aussi
00:27:50cette demande
00:27:51qui revient,
00:27:52inscrire le corps
00:27:53des gardiens de la révolution
00:27:54sur la liste
00:27:54des organisations terroristes.
00:27:56Ça leur permettrait,
00:27:57ça leur continue
00:27:58à leur mettre
00:27:58des bâtons dans les roues.
00:27:59Ils pourraient moins voyager.
00:28:00Nous, on a voté
00:28:01une résolution
00:28:02à l'Assemblée
00:28:02pour le demander.
00:28:04C'est à l'Europe
00:28:05de le faire.
00:28:06Il semblerait
00:28:07qu'ils ne le font pas
00:28:08parce que
00:28:09c'est une hypothèse,
00:28:10je ne vais pas vérifier,
00:28:11mais ça restait
00:28:11un argument
00:28:13dans la négociation
00:28:14sur le nucléaire.
00:28:15On ne vous inscrit pas,
00:28:15mais dans ce cas-là,
00:28:16revenez à la table
00:28:16des négociations.
00:28:18Est-ce qu'on négocie
00:28:19avec des terroristes ?
00:28:20Jusqu'où on négocie
00:28:21avec des terroristes ?
00:28:21Et puis,
00:28:22bien sûr,
00:28:23tous les yeux
00:28:23sont tournés
00:28:24vers les États-Unis.
00:28:26Donald Trump
00:28:27a promis hier soir
00:28:28son aide aux manifestants.
00:28:29Il l'a dit
00:28:29dans un message
00:28:30en majuscule
00:28:31sur son réseau social
00:28:33TousSocial.
00:28:34Continuez à manifester,
00:28:35prenez le contrôle
00:28:36de vos institutions.
00:28:38L'aide arrive.
00:28:39Mais quelle aide ?
00:28:40Je voulais juste dire
00:28:41une chose.
00:28:42La première chose
00:28:42qu'on peut faire,
00:28:43c'est parler
00:28:43de ces manifestants
00:28:44et de ces manifestants.
00:28:46Faire cette émission
00:28:46comme vous le faites
00:28:47dans chaque voix compte,
00:28:48c'est vraiment
00:28:48très très important,
00:28:50je crois.
00:28:51Donc,
00:28:52faire en sorte
00:28:52que ce sujet
00:28:53ne disparaisse pas
00:28:54et que le huis clos,
00:28:55en fait,
00:28:56on contribue à le percer
00:28:57en exploitant
00:28:58ces sources d'images
00:29:00aussi rares soient-elles
00:29:01et ces paroles,
00:29:01même quand il faut
00:29:02les masquer,
00:29:03etc.
00:29:04La formule du président
00:29:05américain,
00:29:06elle est volontairement
00:29:07sibylline.
00:29:08Mais le regard
00:29:10qu'on peut porter
00:29:11sur ces paroles,
00:29:13il est sans doute informé
00:29:13par un passé récent.
00:29:15Donald Trump
00:29:16a déjà fait militairement
00:29:17frapper l'Iran,
00:29:19les infrastructures
00:29:20nucléaires.
00:29:22Et c'est quelqu'un
00:29:22qui a montré
00:29:23que le recours
00:29:24à la force
00:29:25ne fait pas partie
00:29:26de ces derniers réflexes.
00:29:27En général,
00:29:28c'est plutôt
00:29:28dans les premiers.
00:29:30Maintenant,
00:29:31et je laisserai
00:29:32Mme Farsi
00:29:34et Mme la députée
00:29:35s'exprimer
00:29:35sur ce sujet
00:29:36parce qu'il est
00:29:37extrêmement sensible,
00:29:38vous êtes sur
00:29:39une liste de crètes,
00:29:40c'est-à-dire,
00:29:40vous voulez utiliser
00:29:41la force,
00:29:42on met de côté
00:29:43l'aspect droit international
00:29:44puisqu'il y aurait
00:29:45une violation
00:29:45de la souveraineté
00:29:46de l'Iran
00:29:48en pratiquant
00:29:49l'action militaire
00:29:49sans mandat.
00:29:50Oui,
00:29:51on a déjà vu
00:29:52que ça ne dérangeait pas
00:29:53Donald Trump.
00:29:53Qu'est-ce que vous frappez ?
00:29:57Quel est l'effet final
00:29:58recherché ?
00:29:59Est-ce qu'on frappe
00:30:00les capacités militaires ?
00:30:02Les structures
00:30:02des gardiens
00:30:03de la révolution ?
00:30:03Et par ailleurs,
00:30:04dans l'action militaire,
00:30:06très rapidement,
00:30:08vous avez aussi
00:30:09des moyens
00:30:09non cinétiques
00:30:10de pénaliser
00:30:11très fortement
00:30:12un régime.
00:30:13Donc des attaques,
00:30:14vous aviez un spécialiste
00:30:15du cyber à l'instant,
00:30:16une attaque cyber,
00:30:17les Américains
00:30:18savent très bien faire
00:30:19contre l'infrastructure
00:30:20critique militaire,
00:30:21c'est non létal
00:30:23et non visible
00:30:25dans un premier temps
00:30:26mais ça peut
00:30:27très fortement...
00:30:27Mais si je vous écoute,
00:30:28ça veut dire
00:30:29qu'une opération
00:30:29militaire américaine
00:30:31en Iran
00:30:31à ce stade
00:30:32semble exclue.
00:30:34C'est-à-dire
00:30:34des troupes au sol.
00:30:36C'est ça que vous voulez dire ?
00:30:37De toute façon,
00:30:38dans la région,
00:30:39les moyens militaires américains
00:30:41ont été quand même
00:30:42considérablement réduits.
00:30:43C'est l'inverse,
00:30:43c'est privilégié.
00:30:43Ils évacuent une base
00:30:45au Qatar
00:30:46parce que l'Iran
00:30:47promet aussi une imposte.
00:30:48Une attaque aérienne
00:30:48est possible,
00:30:49ils l'ont déjà faite.
00:30:49Mais est-ce qu'on fait tomber
00:30:50un régime avec des avions ?
00:30:52Le problème qu'on a
00:30:53avec Donald Trump,
00:30:55c'est que les Etats-Unis
00:30:56ne sont plus
00:30:57le gendarme du monde
00:30:58quand ils sont dirigés
00:30:58par Donald Trump.
00:30:59Donald Trump
00:30:59est le cow-boy du Far West.
00:31:01Donc on ne sait pas
00:31:02quand est-ce qu'il va dégainer,
00:31:03on ne sait pas pourquoi
00:31:03il va dégainer
00:31:04et des fois,
00:31:05et souvent,
00:31:05c'est des coups
00:31:07sans lendemain.
00:31:08C'est-à-dire qu'il n'y a pas
00:31:10de plan pour la suite.
00:31:11Et puis,
00:31:11ce qu'on sait avec certitude
00:31:12avec Donald Trump,
00:31:13il le dit,
00:31:14il l'assume,
00:31:14ce n'est pas un démocrate,
00:31:15ça ne l'intéresse pas.
00:31:16La démocratie ne l'intéresse pas.
00:31:18Avec le Venezuela,
00:31:19c'est assumé clairement.
00:31:20Dans ses déclarations,
00:31:21dans sa politique intérieure,
00:31:22c'est assumé.
00:31:23Donald Trump,
00:31:24je pense,
00:31:24moi c'est mon hypothèse,
00:31:25je ne suis pas la seule
00:31:26à formuler cette hypothèse,
00:31:27s'il est intéressé par l'Iran,
00:31:28c'est que l'Iran,
00:31:30ce n'est pas un partenaire,
00:31:30mais en tout cas,
00:31:31ils font du commerce
00:31:31avec la Chine.
00:31:32La Chine les aide
00:31:33à contourner les sanctions.
00:31:34Et la Chine bénéficie
00:31:35du pétrole à bas prix
00:31:36de l'Iran.
00:31:38Demain,
00:31:38l'Iran change de régime,
00:31:39il ne vend plus
00:31:40ce pétrole à bas prix
00:31:41à la Chine.
00:31:42Du coup,
00:31:42c'est un gros caillou
00:31:43dans la chaussure chinoise.
00:31:44Si on peut embêter
00:31:46les Chinois
00:31:47qui ont embêté
00:31:48Donald Trump
00:31:48sur cette histoire de tarifs,
00:31:50pourquoi s'en priver ?
00:31:51Mais le problème,
00:31:51c'est qu'il n'y a aucun plan.
00:31:52Et puis,
00:31:53Donald Trump se moque
00:31:54de constituer
00:31:54une coalition internationale
00:31:55qui pourrait,
00:31:56elle,
00:31:57avec un mandat,
00:31:58venir.
00:31:59Il y a quelque chose
00:32:00dans le droit international
00:32:01qui s'appelle
00:32:01la responsabilité de protéger.
00:32:03C'est pile étroit
00:32:04de la responsabilité de protéger
00:32:05qui envisage,
00:32:07en dernier recours,
00:32:08d'une intervention militaire
00:32:09pour protéger des peuples
00:32:10qu'un gouvernement
00:32:11massacre,
00:32:13crime contre l'humanité,
00:32:14crime de guerre.
00:32:15Et je crois
00:32:15qu'on est dans ce cas de figure-là,
00:32:17mais ça n'intéresse pas
00:32:17Donald Trump.
00:32:18Il veut agir seul,
00:32:19il veut avoir les lauriers
00:32:19seuls d'une action,
00:32:21un cow-boy.
00:32:22Alors,
00:32:22les lauriers seuls,
00:32:23oui,
00:32:24mais puis,
00:32:24ils pourraient les avoir
00:32:25autrement aussi.
00:32:26On l'a évoqué,
00:32:27effectivement,
00:32:28il y a le...
00:32:28Est-ce qu'il y a un scénario
00:32:29où Donald Trump joue
00:32:31les négociateurs
00:32:32et profite de cette crise
00:32:34pour obliger Téhéran
00:32:35à des concessions ?
00:32:35Il a voulu
00:32:35en un ensemble négocié,
00:32:37oui.
00:32:38Mais moi,
00:32:38je voudrais revenir en Europe.
00:32:39L'Europe a un rôle à jouer.
00:32:40La France a un rôle à jouer.
00:32:41La communauté européenne,
00:32:43ça me déçoit énormément
00:32:44qu'on en soit encore là.
00:32:44Vous pensez qu'on attend trop,
00:32:46finalement,
00:32:46de Donald Trump ?
00:32:47Oui,
00:32:48exactement.
00:32:48Pourquoi est-ce que...
00:32:49Pour Venezuela,
00:32:50pour beaucoup d'autres sujets,
00:32:53l'Europe n'a pas été déterminante.
00:32:55Aujourd'hui,
00:32:55peut-être qu'il serait temps
00:32:58qu'elle le soit
00:32:59parce qu'il y a tout le mérite,
00:33:02justement,
00:33:02à une diplomatie bien placée.
00:33:04Faire pression
00:33:05pour envoyer une commission
00:33:06internationale d'enquête,
00:33:09ouvrir les prisons,
00:33:10au moins visiter les prisons,
00:33:11les prisonniers qui sont là,
00:33:13les prisonniers,
00:33:14notamment,
00:33:14Nargasse-Mahmadi,
00:33:15mais beaucoup d'autres,
00:33:16c'est pédérolien,
00:33:17ils sont de 30 000.
00:33:19On appelle Évin
00:33:21l'université d'Évin
00:33:22au lieu de la prison.
00:33:25En 78,
00:33:26lorsque les prisonniers politiques
00:33:27ont été libérés par le chat,
00:33:28deux mois après,
00:33:29la monarchie avait chuté.
00:33:32Vous voyez ce que ça peut faire ?
00:33:33Donc ça,
00:33:33c'est quand même
00:33:34un moyen de pression
00:33:35et quelque chose
00:33:37d'intelligible
00:33:38et d'intelligent
00:33:39et humain.
00:33:39Mais pardon,
00:33:40pour arriver à tout ça,
00:33:41je suis entièrement d'accord
00:33:41évidemment avec Cépidé,
00:33:42mais pour arriver à tout ça,
00:33:43il faut continuer
00:33:44à accroître les sanctions.
00:33:45Quand on a mené...
00:33:46Alors, le G7,
00:33:47à l'instant,
00:33:47menace Téhéran
00:33:48de restrictions supplémentaires
00:33:50si la répression continue ?
00:33:52C'est la bonne voie.
00:33:53Quand on a mené l'Iran
00:33:53à la table des négociations
00:33:54pour aboutir à un accord,
00:33:55ils ne sont pas venus
00:33:56parce qu'ils étaient
00:33:57tout d'un coup d'accord
00:33:58pour mettre un peu
00:34:00en veille,
00:34:01en pause
00:34:01leur programme nucléaire,
00:34:02ils étaient acculés
00:34:03par les sanctions.
00:34:04Je veux dire,
00:34:04c'est des gens
00:34:04qui ne comprennent
00:34:05que la force.
00:34:06Donc il faut accroître
00:34:07les sanctions,
00:34:08il faut les amener
00:34:08à s'ouvrir.
00:34:12Moi, je rêverais
00:34:13d'une transition
00:34:13démocratique pacifique,
00:34:14malheureusement,
00:34:15avec ce qui s'est passé,
00:34:16mes espoirs s'amenuisent,
00:34:17mais quand même...
00:34:18On est dans une urgence
00:34:18humanitaire, c'est vrai.
00:34:20Et il y a le nom
00:34:21d'un homme
00:34:21qui est beaucoup revenu
00:34:22ces derniers jours,
00:34:23vous venez de parler
00:34:24du chat,
00:34:25c'est Reza Palavi,
00:34:26le fils de l'ancien
00:34:27chat d'Iran.
00:34:28C'est quelle histoire ?
00:34:28C'est Laurent Guimier.
00:34:36Laurent,
00:34:37vous décortiquez ce soir
00:34:38la stratégie numérique
00:34:39de Reza Palavi,
00:34:40le fils du chat d'Iran,
00:34:41figure de l'opposition
00:34:43en exil aux Etats-Unis,
00:34:44qui s'exprime
00:34:44beaucoup depuis
00:34:46le début de la révolte.
00:34:47Oui, un récit numérique
00:34:48à la fois très puissant
00:34:49et très fragile.
00:34:51Depuis plusieurs jours,
00:34:52il multiplie les vidéos,
00:34:53face caméra,
00:34:54sur les réseaux sociaux
00:34:55pour encourager la révolte.
00:34:57Le dernier message
00:34:59date d'hier.
00:34:59Regardez un extrait.
00:35:00A présent,
00:35:02vous avez sans doute
00:35:03entendu le message
00:35:04du président des Etats-Unis.
00:35:06L'aide arrive.
00:35:07Continuez le combat
00:35:08comme vous l'avez fait
00:35:09jusqu'à présent.
00:35:10Ne laissez pas ce régime
00:35:11créer l'illusion
00:35:12que la vie
00:35:13est redevenue normale.
00:35:14en DJ Véboucana.
00:35:16Alors, ce sont des vidéos sobres,
00:35:17sans chichi,
00:35:18si je puis dire,
00:35:19surtout très verticales
00:35:20au sens propre
00:35:21comme au sens figuré.
00:35:23Reza Palavi ne débat pas
00:35:24et ne converse pas
00:35:25avec son peuple.
00:35:27Il lui parle depuis
00:35:27le balcon de l'histoire
00:35:29sur lequel il est installé
00:35:30depuis toujours.
00:35:31C'est une communication
00:35:32top-down,
00:35:34celle d'un souverain en exil,
00:35:36pas celle d'un militant.
00:35:37Ça, c'est pour l'aspect
00:35:38puissance.
00:35:39Et dans la vidéo
00:35:40qu'on vient de voir,
00:35:40d'ailleurs,
00:35:41il cite le président
00:35:42des Etats-Unis.
00:35:42Et là, c'est sans doute
00:35:43son point de fragilité,
00:35:44évidemment,
00:35:45c'est de relayer
00:35:46le message américain
00:35:47qui n'est jamais neutre.
00:35:48Cela peut même alimenter
00:35:50les soupçons
00:35:50qu'on voit poindre
00:35:51ici ou là.
00:35:52Vous voulez dire que,
00:35:53quoi ?
00:35:54Il peut apparaître
00:35:55comme une marionnette ?
00:35:56Oui, c'est le risque
00:35:56d'apparaître
00:35:57comme l'homme de l'étranger.
00:35:58Surtout,
00:35:59le risque est évidemment
00:36:00plus important
00:36:01quand on vit
00:36:01et quand on s'exprime
00:36:03depuis l'Amérique
00:36:03de Donald Trump.
00:36:05Certains opposants iraniens
00:36:06en manifestation,
00:36:07il y a quelque temps
00:36:08dans les rues
00:36:09aux Etats-Unis,
00:36:09avait un peu joué
00:36:10avec le feu d'ailleurs,
00:36:12en tout cas en termes
00:36:12de communication,
00:36:13avec ce slogan,
00:36:14vous voyez,
00:36:15« Mec, Iran, great again »,
00:36:17allusion au slogan
00:36:18de Donald Trump.
00:36:20Mais alors,
00:36:20comment Reza Palavi
00:36:21peut-il contourner
00:36:22ce piège du marionnettisme ?
00:36:24Alors, il y a un outil
00:36:25qui est celui
00:36:26de la nostalgie
00:36:27qu'on commence à voir
00:36:28ressurgir ici ou là
00:36:30parce que Palavi,
00:36:31ce sont trois
00:36:32narratifs nostalgiques.
00:36:33La nostalgie
00:36:34d'un Iran perdu
00:36:35où les femmes
00:36:36étaient plus libres
00:36:37qu'aujourd'hui,
00:36:37même si évidemment
00:36:38il n'est pas question
00:36:39d'enjolivé
00:36:40ce qu'était
00:36:40le régime du chat.
00:36:42Deuxièmement,
00:36:43il y a la nostalgie
00:36:44de ce petit prince
00:36:45en exil
00:36:46qui n'a jamais régné.
00:36:47Vous savez
00:36:47que la communication politique
00:36:49est très imprégnée
00:36:50de la pop culture
00:36:51et dans l'inconscient
00:36:52collectif occidental,
00:36:54vous ne m'empêcherez pas
00:36:55de penser
00:36:55qu'il y a du Pouilly,
00:36:57le dernier empereur
00:36:58de Bertolucci
00:36:59dans cette histoire
00:37:00et dans ce destin
00:37:02qu'on nous raconte
00:37:02d'année en année.
00:37:04Et puis enfin,
00:37:05et là c'est sans doute
00:37:05plus franco-français,
00:37:07il y a cette nostalgie
00:37:08d'une cour
00:37:09que l'ORTF
00:37:10a couvert
00:37:11pendant 20 ans
00:37:13sur nos écrans
00:37:14et nos parents
00:37:14et nos parents
00:37:15vous faites beaucoup
00:37:15sourire nos invités.
00:37:16Regardez,
00:37:17la première télévision
00:37:18de Reza Pallavi,
00:37:20c'était en 1961,
00:37:22donc il y a 65 ans,
00:37:23dans 5 colonnes
00:37:24à la une.
00:37:26Il s'appelle Reza
00:37:28comme son père
00:37:29et son grand-père.
00:37:30Il a 11 mois.
00:37:32Il ne sait pas encore
00:37:33que les jeux de la politique
00:37:34sont difficiles
00:37:35et que l'on peut
00:37:36quelquefois
00:37:37trébucher
00:37:38sur le sentier du pouvoir.
00:37:42Solitude
00:37:43et sollicitude.
00:37:45Ce petit enfant
00:37:46si longtemps espéré
00:37:47porte sans le savoir
00:37:48l'espoir
00:37:50d'une dynastie.
00:37:56Envoyez ce commentaire
00:37:57qui, on va le dire,
00:37:58assez prophétique.
00:37:59Malheureusement,
00:38:00pour ce reportage
00:38:00pourtant très people
00:38:02comme on dirait aujourd'hui,
00:38:03depuis 65 ans,
00:38:04le petit prince
00:38:05chéri
00:38:06des médias
00:38:06campe
00:38:07un beau personnage
00:38:08de roman
00:38:09en tout cas
00:38:10pour certains.
00:38:10je crois qu'on peut
00:38:11formuler un vœu
00:38:12que ce soit les Iraniens
00:38:13s'ils le désirent
00:38:14qui écrivent
00:38:14le prochain chapitre.
00:38:16Est-ce que vous formulez
00:38:16le même vœu ?
00:38:17Ce sera ma dernière question
00:38:18pour tous les trois.
00:38:20Pour le retour
00:38:21du fils
00:38:21de l'ancien roi.
00:38:23Que ce soit d'abord
00:38:23les Iraniens
00:38:24qui écrivent l'histoire.
00:38:26Alors,
00:38:26mille fois oui,
00:38:27dix mille fois oui
00:38:28et je crois que
00:38:29ce peuple,
00:38:30ce grand peuple
00:38:30est en train de le montrer.
00:38:32Il en fait la démonstration
00:38:33au monde entier.
00:38:34Ils sont prêts,
00:38:34je tiens à dire une chose,
00:38:36il y a une opposition
00:38:37intellectuelle,
00:38:39politique
00:38:39qui est présente en Iran,
00:38:42évidemment beaucoup
00:38:42dans les prisons iraniennes,
00:38:44à Evin principalement.
00:38:45Evin,
00:38:45c'est presque
00:38:45l'université politique.
00:38:46C'est ce que disaient
00:38:47ces petites personnes.
00:38:48Mais également,
00:38:49dans les universités,
00:38:51dans les bazars,
00:38:52l'Iran est un peuple
00:38:53qui, certes,
00:38:54a été appauvri
00:38:55par ce régime,
00:38:56mais intellectuellement,
00:38:57politiquement,
00:38:57ils sont d'un niveau
00:38:58époustouflant.
00:39:00Je n'ai aucune crainte
00:39:01que lorsque ce régime
00:39:02tombera,
00:39:02puisqu'il finira par tomber,
00:39:04la relève est prête,
00:39:05les partis politiques
00:39:06se constitueront
00:39:07et ils auront
00:39:07les mêmes débats
00:39:08qu'on a ici,
00:39:09bientôt s'écharperont
00:39:11sur des questions
00:39:12de budget.
00:39:12Et puis,
00:39:12je vous souhaite aussi
00:39:13de pouvoir retourner
00:39:14à Téhéran.
00:39:15C'est un grand rachis
00:39:16féminin,
00:39:17je pense.
00:39:17Moi,
00:39:18j'attends les femmes
00:39:19et je suis sûre.
00:39:21Je suis sûre.
00:39:21Je voulais vous citer
00:39:23un proverbe persan.
00:39:25Qui a fait le travail ?
00:39:26Point d'interrogation.
00:39:27Celui qui l'a achevé.
00:39:28Merci à tous les trois
00:39:30d'être venus ce soir
00:39:31sur le plateau
00:39:32de chaque voix compte.
00:39:33On va passer tout de suite
00:39:34à la question qui fâche
00:39:36avec nos trois prochains invités.
00:39:37Merci à vous.
00:39:37C'est dans un hémicycle
00:39:47particulièrement clairsemé
00:39:48que les motions de censure
00:39:49déposées par LFI
00:39:50et le RN
00:39:51contre le gouvernement
00:39:52pour dénoncer l'accord
00:39:53sur le Mercosur
00:39:54ont été examinées
00:39:55cet après-midi
00:39:56à l'Assemblée.
00:39:57Sans surprise,
00:39:57elles ont été rejetées
00:39:58mais on continue
00:39:59de s'interroger ce soir
00:40:00sur la façon
00:40:01dont la politique
00:40:02peut répondre
00:40:02à cette colère agricole
00:40:04qui paraît sans fin.
00:40:04Et c'est Martin Bornet
00:40:06qui pose ce soir
00:40:07la question qui fâche.
00:40:11Les tracteurs
00:40:12des agriculteurs
00:40:13quittent Paris ce matin
00:40:14après avoir passé
00:40:16près de 24 heures
00:40:17devant l'Assemblée nationale.
00:40:19Tard dans la nuit,
00:40:20ils ont obtenu
00:40:21des engagements
00:40:22de la ministre
00:40:23de l'Agriculture
00:40:24Annie Gennevard.
00:40:25Ça a permis
00:40:26d'avoir des garanties
00:40:27sur les prêts
00:40:27de restructuration
00:40:29nécessaires
00:40:29suite aux mauvaises années
00:40:30qui étaient attendus
00:40:32par beaucoup
00:40:33d'agriculteurs
00:40:34qui n'avaient pas
00:40:34été annoncés hier
00:40:35par M. Lecornu.
00:40:36Pour tenter
00:40:37de calmer la colère,
00:40:38le gouvernement
00:40:39a multiplié
00:40:40les signes
00:40:40en direction
00:40:41des agriculteurs.
00:40:42Plutôt hier,
00:40:44le Premier ministre
00:40:44Sébastien Lecornu
00:40:46annonçait une loi
00:40:47d'urgence agricole
00:40:48pas suffisante
00:40:49pour la FNSEA.
00:40:50La fièvre est toujours là.
00:40:52Elle ne cesse pas
00:40:52parce qu'on ne règle pas
00:40:53le sujet de fond
00:40:54qui est la vision
00:40:55pour l'agriculture.
00:40:56Toute la journée,
00:40:57les agriculteurs
00:40:58ont poursuivi
00:40:59leur mobilisation
00:41:00avec des actions
00:41:01partout en France,
00:41:02notamment autour
00:41:03de Toulouse,
00:41:04où les agriculteurs
00:41:05de la coordination
00:41:06rurale se sont
00:41:07rejoints devant
00:41:08l'aéroport
00:41:08après une nuit
00:41:09très agitée,
00:41:11des tensions
00:41:11avec les forces
00:41:12de l'ordre
00:41:12et des interpellations.
00:41:14C'est comme depuis
00:41:15plus de mois aujourd'hui,
00:41:17on défend toujours
00:41:17la même chose,
00:41:18que le gouvernement
00:41:19ne veut pas nous entendre,
00:41:21ne veut pas nous écouter,
00:41:21qu'il y a deux points
00:41:22et deux mesures.
00:41:23Il y en a qui ont été
00:41:24à Paris,
00:41:24ils ont eu le tapis rouge.
00:41:25Nous, on arrive ici
00:41:26à l'aéroport de Toulouse,
00:41:29Blagnac,
00:41:29et on a un accueil
00:41:30de CRS.
00:41:31Cet après-midi,
00:41:32ce sont les agriculteurs
00:41:33de la Confédération Paysanne
00:41:35qui ont mis la pression,
00:41:36cette fois-ci,
00:41:37devant le ministère
00:41:38de l'Agriculture.
00:41:40Alors qu'au même moment
00:41:41à l'Assemblée,
00:41:42les esprits s'échauffent
00:41:43autour du Mercosur.
00:41:45L'absence des députés
00:41:46témoigne aussi
00:41:46de ce que veut dire
00:41:47ce moment
00:41:49et des initiatives
00:41:50que le Rassemblement National
00:41:51et la France Insoumise
00:41:52une fois de plus
00:41:52prennent,
00:41:53mais une fois de plus
00:41:54il est légitime.
00:41:55Cet après-midi encore,
00:41:56c'est encore nous.
00:41:57censurer un gouvernement
00:41:59parce qu'il a fait
00:42:00ce qu'on attendait de lui,
00:42:02c'est quand même
00:42:02un concept politique
00:42:04assez innovant.
00:42:05Les deux motions
00:42:06de censure ont été rejetées,
00:42:08de quoi attiser
00:42:09encore la colère agricole.
00:42:11Les agriculteurs
00:42:12de toute l'Europe
00:42:13ont promis
00:42:14de se rendre
00:42:14mardi à Strasbourg
00:42:16pour protester de nouveau
00:42:17contre la signature
00:42:18du Mercosur.
00:42:20La question
00:42:21qui fâche ce soir
00:42:21la voici,
00:42:23pourquoi rien
00:42:23ni personne
00:42:24n'arrive à calmer
00:42:25la colère agricole ?
00:42:27Et cette question,
00:42:28nous allons la poser
00:42:29à trois députés
00:42:30dont deux sont
00:42:31des agriculteurs.
00:42:32Bonsoir Eric Martineau,
00:42:33député Modem
00:42:34de la Sarthe.
00:42:35Merci d'être là
00:42:36aux côtés de Benoît Biteau,
00:42:37député écologiste
00:42:38de Charente-Maritime.
00:42:39Vous êtes tous les deux
00:42:40des agriculteurs.
00:42:41Et bonsoir Gaëtan Dussaucet,
00:42:43député Rassemblement National
00:42:44des Vosges.
00:42:45Un mot d'abord,
00:42:46Gaëtan Dussaucet,
00:42:47Sébastien Lecornu
00:42:48qui a accusé votre parti,
00:42:49le RN,
00:42:50ainsi que LFI
00:42:50au moment des motions
00:42:52de censure
00:42:52de tirer dans le dos
00:42:54du gouvernement
00:42:54et de ralentir
00:42:55les débats budgétaires
00:42:56avec ces motions ?
00:42:58Non, alors déjà,
00:42:59premièrement,
00:43:00à M. Lecornu,
00:43:00on lui dit
00:43:01qu'on ne tire pas
00:43:01dans le dos,
00:43:02on tire en face,
00:43:03pour le coup.
00:43:03Cette motion de censure
00:43:04a été annoncée
00:43:06il y a maintenant
00:43:07plusieurs jours
00:43:08et qu'évidemment,
00:43:09elle était motivée
00:43:10par le fait
00:43:10d'essayer d'abréger
00:43:11un peu les souffrances
00:43:12du pays
00:43:13puisque, en fait,
00:43:13plus ce gouvernement
00:43:14se maintient,
00:43:16plus on lui laisse
00:43:17la possibilité
00:43:17de poursuivre
00:43:18la politique macroniste
00:43:19et moins, finalement,
00:43:20le pays s'en sortira.
00:43:21Donc, plus rapidement,
00:43:22on respectera
00:43:23ce que dit la Constitution
00:43:25de la Vème République,
00:43:26à savoir qu'en cas
00:43:26de blocage,
00:43:27il faut en revenir
00:43:29devant le seul souverain,
00:43:30à savoir le peuple français,
00:43:31à l'occasion
00:43:31d'élections anticipées.
00:43:33Plus vite,
00:43:33on respectera
00:43:34ces institutions
00:43:35et plus vite,
00:43:35le pays s'en portera mieux.
00:43:37Alors,
00:43:38le Premier ministre
00:43:39a aussi pointé
00:43:39le décalage
00:43:40entre la vie politique nationale
00:43:42et l'actualité internationale.
00:43:44On vient de consacrer
00:43:44une grande partie
00:43:45de cette émission
00:43:46à l'Iran.
00:43:47Les tracteurs
00:43:47de la FNSEA,
00:43:48eux,
00:43:49ont quitté Paris ce matin.
00:43:51Sébastien Lecornu
00:43:51a fait plusieurs annonces.
00:43:52La colère des agriculteurs
00:43:54ne retombe pas.
00:43:55Comment y répondre ?
00:43:57Qu'est-ce qui est cassé
00:43:58dans le logiciel ?
00:44:00Éric Martineau.
00:44:01Ah oui,
00:44:02voilà.
00:44:03Qu'est-ce qui est...
00:44:04Je ne sais pas
00:44:04si quelque chose
00:44:05est cassé,
00:44:06c'est que
00:44:06le dialogue
00:44:08depuis janvier 2024,
00:44:10il faut quand même
00:44:10remonter un petit peu
00:44:11plus loin,
00:44:11je pense,
00:44:12parce que pour moi,
00:44:13le Mercosur,
00:44:14c'est la goutte d'eau
00:44:14qui a fait un peu
00:44:15déborder le vase,
00:44:16parce qu'aujourd'hui,
00:44:16la crise que l'on a
00:44:17actuellement d'agriculture,
00:44:19elle n'est pas
00:44:19directement liée
00:44:20au Mercosur,
00:44:21puisque aujourd'hui,
00:44:22les effets du Mercosur
00:44:23ne sont pas encore,
00:44:24s'il doit y en avoir,
00:44:26en action.
00:44:26Ils interviendront
00:44:27le jour où réellement
00:44:29il y aura ces échanges
00:44:30avec...
00:44:31Et là,
00:44:31on est en droit
00:44:32de s'interroger,
00:44:33oui,
00:44:33que ce soit sur l'élevage...
00:44:35On va y revenir
00:44:35avec l'eau d'ailleurs
00:44:36dans un instant.
00:44:36Mais, par contre,
00:44:39tant que vous aurez
00:44:40toujours des contraintes
00:44:41qui seront posées
00:44:42sur les agriculteurs,
00:44:43qu'il n'y aura pas
00:44:44de rémunération en face,
00:44:46eh bien, forcément,
00:44:46les agriculteurs
00:44:47ne seront pas heureux
00:44:49et pas contents.
00:44:50Mais alors,
00:44:51ce qu'a annoncé
00:44:52Sébastien Lecornu
00:44:53et la ministre de l'Agriculture,
00:44:55Annie Gennevard,
00:44:55ces derniers jours,
00:44:56loi d'urgence agricole
00:44:58avant cet été,
00:44:59sur l'eau,
00:45:00sur les moyens de production,
00:45:01sur la prédation,
00:45:03moratoire sur toutes
00:45:04les décisions relatives
00:45:04aux questions
00:45:05de la politique de l'eau,
00:45:06ça va dans le bon sens ?
00:45:07Oui, moi, je pense que oui.
00:45:08Ben oui.
00:45:09Parce que,
00:45:09si vous regardez quand même
00:45:11les doléances des agriculteurs
00:45:12depuis la crise de janvier 24,
00:45:15c'était quand même bien
00:45:16des attentes
00:45:16par rapport à la simplification,
00:45:18même si,
00:45:19et on l'a vu
00:45:19quand on a eu le débat
00:45:20l'année dernière,
00:45:21enfin, en 2025,
00:45:23sur la loi visant
00:45:24à lever les contraintes
00:45:25à l'exercice du métier
00:45:26d'agriculteur,
00:45:27on a eu une réelle opposition,
00:45:29y compris,
00:45:29alors, au sein de l'hémicycle,
00:45:30mais ça, c'est normal,
00:45:31c'est le sens du débat,
00:45:32mais y compris dans la société
00:45:34où il y a une vraie,
00:45:35pour moi,
00:45:37des connexions,
00:45:38oui, je dirais le mot,
00:45:39entre certains
00:45:41et les agriculteurs.
00:45:42Les agriculteurs,
00:45:43on les adore tous.
00:45:43Certains,
00:45:44on va nommer les choses.
00:45:45Non, pas tout le monde,
00:45:46mais on l'a vu,
00:45:48parce que,
00:45:48au moment du salon de l'agriculture,
00:45:50alors, au moment du salon
00:45:51de l'agriculture,
00:45:51on adore les agriculteurs,
00:45:53là où, là,
00:45:54pendant les manifs,
00:45:54on les adore,
00:45:55et quand on dit,
00:45:56on va faire une loi
00:45:57pour essayer d'alléger,
00:45:58de simplifier,
00:45:59on peut simplifier tout le monde,
00:46:00sauf les agriculteurs,
00:46:01là, il y a un problème.
00:46:03Vous en dites quoi,
00:46:04Benoît Biteau ?
00:46:04Parce qu'on peut être
00:46:05agriculteur et écologiste,
00:46:07ce n'est pas un problème.
00:46:07Ah ben non, au contraire.
00:46:08Mais qu'est-ce que vous dites
00:46:10des mesures
00:46:10qui ont été annoncées
00:46:11ces derniers jours
00:46:12sur, j'en parlais,
00:46:14toutes les questions
00:46:15relatives à la politique de l'eau,
00:46:17la question de la directive Nitrate,
00:46:19c'est-à-dire que...
00:46:20Le biais, madame,
00:46:21c'est que le mouvement
00:46:23qui est né en janvier 2024
00:46:24n'était pas piloté
00:46:26par les syndicats.
00:46:27C'est vraiment des agriculteurs
00:46:28qui sont en grave détresse économique,
00:46:30en grave détresse de revenus.
00:46:31Le sujet de la révolte
00:46:34des agriculteurs en 2024,
00:46:35c'est le revenu.
00:46:36Sauf que le syndicat majoritaire
00:46:39a récupéré ce mouvement
00:46:40et en a fait un mouvement non plus...
00:46:42La FNSEA.
00:46:42La FNSEA,
00:46:43non pas de réclamation du revenu,
00:46:45mais de backlash écologique.
00:46:47Vous pensez que là,
00:46:48les mesures qui ont été annoncées,
00:46:49c'est pour faire plaisir à la FNSEA ?
00:46:50Et effectivement,
00:46:53ces mesures-là
00:46:54sont pilotées par la FNSEA,
00:46:56de la même manière
00:46:56que depuis 40 ans,
00:46:57la FNSEA explique
00:46:59et murmure à l'oreille des ministres
00:47:00ce qu'il faut faire,
00:47:02où on en est aujourd'hui,
00:47:0340 ans plus tard,
00:47:05où l'agriculture
00:47:06est en grave difficulté,
00:47:07c'est précisément
00:47:08les politiques publiques
00:47:09qui ont impulsé la FNSEA.
00:47:10Que ce soit l'échelon national,
00:47:12ici en France,
00:47:13que ce soit l'échelon européen
00:47:15avec le COPA et la COGK,
00:47:16qui est la déclinaison de la FNSEA,
00:47:19et je peux en parler savamment,
00:47:20puisque pendant 3 ans,
00:47:21j'ai débattu sur la PAC
00:47:22et que les principales résistances
00:47:25qu'on avait
00:47:25sur les mesures miroir
00:47:26dont tout le monde parle aujourd'hui
00:47:27au sujet du Mercosouvant,
00:47:29c'était précisément ces gens-là.
00:47:31Donc, à un moment donné,
00:47:32les chevaliers blancs
00:47:33qui se lèvent maintenant
00:47:34pour dire
00:47:35on va sauver l'agriculture,
00:47:36on va sauver les agriculteurs,
00:47:37ne parlent jamais du revenu,
00:47:39sont toujours dans le backlash écologique
00:47:40et en vérité,
00:47:42quand on y regarde de près,
00:47:43M. Retailleau
00:47:44est le numéro 3
00:47:45du PPE,
00:47:46du Parti Populaire Européen
00:47:48à l'échelon européen.
00:47:48Mme Ursula von der Leyen
00:47:51est du même parti politique
00:47:52que Mme Gennevard.
00:47:54Qu'ont fait les députés
00:47:55du Bloc central
00:47:57au Parlement européen ?
00:47:58Est-ce qu'ils ont demandé
00:47:59la saisine
00:48:00de la Cour de justice
00:48:01de l'Union européenne
00:48:02pour dénoncer
00:48:02la procédure
00:48:03de ratification
00:48:04du Mercosou ?
00:48:05Cette saisine
00:48:05n'empêcherait pas
00:48:06l'application du Mercosur ?
00:48:07Si, celle faite
00:48:08par les députés européens
00:48:10est suspensive,
00:48:11madame.
00:48:12Celle faite
00:48:13par le Président
00:48:13de la République
00:48:14ne l'est pas,
00:48:14effectivement.
00:48:15Mais si les députés européens
00:48:16avaient déposé
00:48:17une saisine
00:48:18de la Cour de justice
00:48:18de l'Union européenne
00:48:19sur la procédure
00:48:20de ratification
00:48:21du Mercosur,
00:48:22cette démarche
00:48:23est suspensive.
00:48:24Est-ce qu'on a trouvé
00:48:25suffisamment
00:48:26de députés
00:48:27dans le Bloc central,
00:48:28chez les Républicains,
00:48:29au Rassemblement national
00:48:30pour saisir
00:48:31la Cour de justice européenne
00:48:33et dénoncer
00:48:33l'attitude
00:48:34d'Ursula von der Leyen ?
00:48:35La réponse est non.
00:48:36Qui a déposé
00:48:37des motions de rejet
00:48:38systématiquement
00:48:39quand il y avait
00:48:39des accords
00:48:40de libre-échange,
00:48:41que ce soit
00:48:42le Mercosur
00:48:42ou d'autres ?
00:48:43Il est en face de vous,
00:48:44madame.
00:48:44C'est moi-même,
00:48:45votre serviteur.
00:48:46Et j'avais même
00:48:47un petit surnom
00:48:47chez les Allemands,
00:48:48c'était M. Niette.
00:48:49Parce que dès qu'un accord
00:48:50de libre-échange
00:48:51arrivait et qu'il y avait
00:48:52un volet agricole
00:48:53dans cet accord
00:48:54de libre-échange,
00:48:55je disais
00:48:55c'est même pas la peine
00:48:56de discuter.
00:48:57en l'état
00:48:58c'est pas acceptable,
00:48:59c'est que s'il y a
00:49:00un volet agricole,
00:49:01il faut retirer
00:49:02cet accord
00:49:03de libre-échange
00:49:03parce qu'il faut faire
00:49:04de l'agriculture
00:49:05une exception
00:49:05et ne pas faire
00:49:07une variable d'ajustement,
00:49:08une monnaie d'échange
00:49:09de l'agriculture
00:49:10pour vendre
00:49:10des grosses berlines
00:49:11allemandes,
00:49:12pour vendre des avions
00:49:12chez Airbus
00:49:13ou pour vendre
00:49:14des services
00:49:14de l'autre côté
00:49:15de l'Atlantique.
00:49:15Et du vin
00:49:15et du fromage aussi.
00:49:16Mais du vin
00:49:17et du fromage.
00:49:17Alors encore une fois,
00:49:18je viens d'une belle région
00:49:19où on produit
00:49:20un produit merveilleux
00:49:21qui s'appelle
00:49:27qui n'a pas eu besoin
00:49:27d'accords de libre-échange
00:49:28pour exporter 98%
00:49:30de la production de cognac.
00:49:3198% du cognac
00:49:33est exporté.
00:49:34Donc il faut se retirer
00:49:35de ce réflexe
00:49:37qui consiste à penser
00:49:38que pour réussir
00:49:40à faire des échanges
00:49:40sur le plan planétaire,
00:49:42on doit passer
00:49:43par des accords
00:49:43de libre-échange.
00:49:44On peut parfaitement
00:49:45échanger à l'échelon planétaire
00:49:46sans accord de libre-échange
00:49:49qui nous impose
00:49:50des contingences,
00:49:51qui nous impose
00:49:51des droits de douane
00:49:52très favorables.
00:49:53Qui assouplissent les taxes.
00:49:54Mais je suis à l'aise.
00:49:55Le Bureau national
00:49:56interprofessionnel
00:49:57du cognac
00:49:57qui exporte
00:49:5898% de sa production
00:50:01a dit
00:50:02qu'il n'était pas favorable
00:50:03au Mercosur
00:50:04par solidarité
00:50:05avec les autres filières agricoles.
00:50:06Il va falloir donner
00:50:07la parole
00:50:07à vos collègues députés.
00:50:09Mais je voudrais aussi
00:50:10entendre Lou
00:50:10parce que depuis tout à l'heure
00:50:11on parle du salon
00:50:12de l'agriculture de 2024.
00:50:14On se dit
00:50:14ça fait deux ans
00:50:15que le monde agricole manifeste
00:50:16et on a l'impression
00:50:17que rien ne bouge
00:50:19et que c'est un jour sans fin.
00:50:21Sans fin peut-être.
00:50:22En tout cas,
00:50:22c'est un commencement
00:50:23au moins médiatique.
00:50:23On va revenir justement
00:50:24sur ce salon de l'agriculture
00:50:25dont des images
00:50:26vont s'afficher
00:50:27à l'écran.
00:50:28Ce qui va bien se passer
00:50:28cette année ?
00:50:30Sans les vaches
00:50:31et sans les poulets.
00:50:32Exactement.
00:50:32Mais...
00:50:33C'est les images de l'époque.
00:50:36C'était en février 2024.
00:50:38Février 2024.
00:50:39On se souvient
00:50:40du président de la République
00:50:40chahuté à cette occasion.
00:50:42Vous avez vu des images
00:50:43justement de l'actalis
00:50:43qui ont reproché
00:50:44justement de pratiquer
00:50:45des prix d'achat
00:50:47beaucoup trop bas
00:50:48ne permettant pas
00:50:49aux agriculteurs
00:50:49de se rémunérer.
00:50:50Et comme vous l'avez souligné,
00:50:51c'était effectivement
00:50:52une question de rémunération
00:50:54qui avait engendré
00:50:55cette manifestation.
00:50:56Ces images,
00:50:57le gouvernement
00:50:58ne veut surtout pas
00:50:59les reproduire
00:51:00et c'est pourquoi
00:51:00depuis deux ans,
00:51:01il s'attèle
00:51:02à faire des promesses
00:51:03qui pour beaucoup
00:51:03sont restées en l'air.
00:51:05Comme quoi ?
00:51:05Par exemple,
00:51:06souvenez-vous
00:51:07d'Emmanuel Macron
00:51:08avec les syndicats agricoles
00:51:10au même moment
00:51:10au sein de l'agriculture.
00:51:12Il promettait
00:51:13des prix planchers
00:51:14qui ne sont jamais venus.
00:51:17Un plan de trésorerie
00:51:17d'urgence
00:51:18que l'agence
00:51:19de sécurité
00:51:20sanitaire française
00:51:21se calque
00:51:22sur l'agenda
00:51:23européen
00:51:24et arrête
00:51:25d'interdire
00:51:27des produits
00:51:27phytosanitaires
00:51:28avant que nos voisins
00:51:29européens
00:51:29ne les interdisent
00:51:30eux-mêmes.
00:51:31Ou encore la reconnaissance
00:51:32de l'agriculture
00:51:32et de l'alimentation
00:51:33comme un intérêt général
00:51:34majeur de la France.
00:51:35Ça, ça a été le cas.
00:51:36Ensuite, vous avez eu
00:51:37Gabriel Attal
00:51:38avec sa botte de foin,
00:51:38pareil, on en a beaucoup parlé,
00:51:40qui promettait
00:51:40un choc de simplification
00:51:41ou encore des clauses
00:51:43miroirs.
00:51:44Le résultat est plutôt
00:51:45mitigé.
00:51:46La loi d'orientation
00:51:47agricole de 2024
00:51:48qui a été votée
00:51:48finalement un an plus tard
00:51:49a été censurée
00:51:51d'un tiers.
00:51:54Plus de la moitié
00:51:55des décrets d'application
00:51:56n'ont pas été pris
00:51:57et les circulaires
00:51:58qui devaient justement
00:51:59simplifier les procédures
00:52:01étaient assez absconces.
00:52:03Mais quoi ?
00:52:03C'est un manque
00:52:04de volonté politique ?
00:52:06En partie,
00:52:06mais il y a aussi
00:52:07une certaine impuissance
00:52:08que l'on observe
00:52:09sur cette question
00:52:09proprement agricole.
00:52:11En fait, on se rend compte
00:52:12qu'aujourd'hui
00:52:12c'est une question européenne.
00:52:14Par exemple, on est en train
00:52:14de traiter
00:52:15de la PAC,
00:52:16on est en train
00:52:16de renégocier la PAC,
00:52:17on parle de traiter
00:52:18de libre-échange,
00:52:19on parle de normes,
00:52:19tout ça, ça se passe
00:52:20au niveau européen.
00:52:21Vous rajoutez à ça
00:52:22en plus un énorme problème
00:52:23pour contrôler
00:52:24nos frontières européennes.
00:52:26Il y a un manque
00:52:26de moyens financiers,
00:52:27il y a un manque
00:52:28de moyens humains,
00:52:29ce n'est pas du tout
00:52:29dans l'ADN européen.
00:52:30Et puis quand même,
00:52:31il y a l'instabilité politique.
00:52:33Je vous rappelle
00:52:33que la loi d'orientation
00:52:34agricole,
00:52:34elle a été votée
00:52:36un an plus tard,
00:52:36mais pourquoi ?
00:52:37Parce qu'entre temps
00:52:37on a eu la dissolution,
00:52:39qui a arrêté net...
00:52:39Mais où sont les mesures
00:52:40de revenus
00:52:41dans cette loi d'orientation
00:52:42agricole ?
00:52:42Laissez-moi finir,
00:52:43s'il vous plaît !
00:52:44Laissez-moi finir !
00:52:45Allez, viens !
00:52:47Quoi qu'il en soit,
00:52:48en tout cas,
00:52:48ça a mis un coup d'arrêt
00:52:50à tout ce qui était examiné
00:52:52au Parlement
00:52:52à ce moment-là.
00:52:53Et je vous rappelle
00:52:54que Sébastien Lecornu,
00:52:55qui est en train
00:52:55de promettre
00:52:56une loi d'urgence
00:52:57à horizon cet été,
00:52:59est aussi en train
00:53:00de menacer
00:53:00d'une dissolution
00:53:01si jamais le budget
00:53:01n'est pas voté
00:53:02ou que son gouvernement
00:53:03devait tomber.
00:53:04Donc l'un nourrissant
00:53:05l'autre.
00:53:06La France,
00:53:06aujourd'hui,
00:53:07est faible
00:53:07sur un scène international
00:53:08à cause de cette instabilité
00:53:09et donc elle ne peut pas
00:53:10justement négocier
00:53:12auprès de ses partenaires
00:53:13européens.
00:53:13Et donc la France
00:53:13ne peut rien
00:53:14pour ses agriculteurs,
00:53:15c'est ce que vous êtes
00:53:15en train de nous dire ?
00:53:16Elle peut quand même
00:53:16trois choses.
00:53:17Déjà, cesser
00:53:18la démagogie vaine
00:53:19parce que ça abîme
00:53:21le tissu démocratique,
00:53:24la confiance envers
00:53:24les politiques.
00:53:25Ensuite, accepter
00:53:26et assumer
00:53:26qu'elle a un rôle
00:53:27au niveau européen
00:53:28et non pas faire
00:53:29ce jeu étrange
00:53:30de fausse opposition
00:53:31sur le Mercosso.
00:53:32Emmanuel Macron
00:53:32l'a énormément défendu
00:53:33et aujourd'hui,
00:53:34il revient en arrière.
00:53:36Et puis, enfin,
00:53:36régler la situation
00:53:37politique interne
00:53:38et prendre ses
00:53:39fichus décrets d'application.
00:53:42Oui, parce que c'est
00:53:42aussi un sujet,
00:53:43le fait que les décrets
00:53:44d'application des lois
00:53:45que vous votez
00:53:46au Parlement
00:53:46ne paraissent jamais.
00:53:48On l'a vu encore hier.
00:53:49Deux soirs de suite
00:53:50qu'on en parle.
00:53:51Ça fait deux soirs de suite
00:53:51qu'on en parle.
00:53:52Il n'y a rien
00:53:52dans la loi d'orientation
00:53:53agricole.
00:53:54Il n'y a rien,
00:53:54elle a été expurgée
00:53:55en plus avec le Conseil
00:53:55constitutionnel.
00:53:56Il n'y a rien pour le revenu.
00:53:57Le sujet,
00:53:58c'est le revenu.
00:53:59Il n'y a rien dedans.
00:54:00Moi, je voudrais vous
00:54:01soumettre un cas d'école
00:54:03dont vous avez peut-être
00:54:03entendu parler depuis hier.
00:54:05La Cour administrative
00:54:06d'appel de Nantes
00:54:07a annulé les permis
00:54:09de construire
00:54:09de quatre poulaillers
00:54:10d'un GAEC,
00:54:11un groupement agricole
00:54:12d'exploitation en commun
00:54:13en Ile-et-Vilaine,
00:54:14à la Ville-Esnonnet.
00:54:16En fait, il y a eu
00:54:16une plainte d'une vingtaine
00:54:17de riverains du site
00:54:18qui craignaient
00:54:19d'être incommodés
00:54:19par les odeurs
00:54:21des poulaillers,
00:54:22par la vue.
00:54:23La justice a invoqué
00:54:24la loi littorale,
00:54:25finalement,
00:54:25alors que les poulaillers
00:54:26sont à six kilomètres
00:54:26du rivage.
00:54:27Alors, on se plaint
00:54:28d'un côté
00:54:29des problèmes de production
00:54:30qui entraînent
00:54:31des pénuries d'oeufs
00:54:32en ce moment
00:54:32dans les supermarchés.
00:54:33On se plaint
00:54:34de devoir importer
00:54:35de l'oeuf,
00:54:35notamment du crène,
00:54:36parce qu'on n'en produit
00:54:38pas assez,
00:54:39et patatras.
00:54:41Est-ce qu'on n'est pas
00:54:42typiquement là,
00:54:43dans le cas
00:54:44de ces quatre poulaillers,
00:54:45dans l'illustration
00:54:46de la politique
00:54:47versus la réalité ?
00:54:49Si vous me permettez
00:54:49sur le sujet,
00:54:50en fait,
00:54:50il y a quand même
00:54:50un problème
00:54:51parce que cet argument,
00:54:52il a aussi été repris
00:54:52par la ministre
00:54:53de l'agriculture,
00:54:53Annie Gennevard,
00:54:54sur une autre chaîne
00:54:54concurrente.
00:54:55Et en fait,
00:54:56je trouve qu'il y a
00:54:56toujours un peu
00:54:56cette habitude
00:54:57de la part de la Macronie
00:54:58à toujours se défausser.
00:55:00C'est-à-dire que finalement,
00:55:00si l'agriculture va mal,
00:55:02c'est du fait
00:55:03de l'instabilité politique.
00:55:04Si on n'arrive pas
00:55:05à avoir des oeufs
00:55:06dans les rayons,
00:55:07c'est parce que finalement,
00:55:08on aurait quelques Français
00:55:09qui ne supporteraient pas
00:55:10de voir des poulaillers
00:55:12être construits
00:55:13et donc une production
00:55:14se faire à côté.
00:55:15Mais alors,
00:55:15vous dites quoi,
00:55:15vous ?
00:55:15À aucun moment,
00:55:16ils font...
00:55:16Chaque voix compte,
00:55:17on attend de vous entendre.
00:55:18En réalité,
00:55:19déjà sur ce sujet-là,
00:55:21il y a un décret
00:55:21que Mme Gennevard
00:55:22doit prendre maintenant
00:55:23depuis dix mois
00:55:24qu'elle n'a toujours pas pris
00:55:24qui permettrait de faciliter
00:55:26justement la construction
00:55:27de poulaillers
00:55:28et la mise en place
00:55:28de poulaillers.
00:55:29Elle annonce aujourd'hui
00:55:30qu'elle veut relancer
00:55:31une nouvelle loi
00:55:32de simplification
00:55:33mais il y a déjà ce décret
00:55:34qui aurait permis
00:55:34de faciliter les choses.
00:55:36Et ensuite,
00:55:36si vous voulez,
00:55:36l'impuissance française,
00:55:38elle est aussi due
00:55:38à l'inconstance présidentielle
00:55:40parce que quand vous avez,
00:55:41ça a été très bien rappelé,
00:55:42quand vous avez
00:55:42un président de la République
00:55:43qui a dit
00:55:44tout et son contraire
00:55:45sur le sujet de l'agriculture
00:55:47et ce n'est pas le seul d'ailleurs.
00:55:48Comment voulez-vous
00:55:49qu'on lui accorde du crédit ?
00:55:50Comment voulez-vous
00:55:50avoir un poids
00:55:51ensuite avec vos partenaires européens,
00:55:53avec les partenaires internationaux
00:55:55quand on ne sait pas
00:55:56ce que vous pensez
00:55:56puisqu'il dit quelque chose le matin,
00:55:58il dit l'inverse le soir même ?
00:55:59Tout ça, forcément,
00:56:00ça a un poids
00:56:01et c'est responsable évidemment
00:56:03de ce passage en force
00:56:04du Mercosur aujourd'hui
00:56:05au sein de l'Union européenne.
00:56:07Et d'ailleurs,
00:56:07le Mercosur,
00:56:08ça a été dit à juste titre,
00:56:10ce n'est pas le seul sujet.
00:56:11La zone euro
00:56:11et la zone internationale
00:56:13avec le nombre record
00:56:14d'accords de libre-échange
00:56:15aujourd'hui en vigueur.
00:56:17Donc évidemment,
00:56:17tout ça pose problème.
00:56:18Une dernière petite remarque
00:56:20pour ne pas être trop longue.
00:56:22Je pense que lorsque l'on parle
00:56:23de l'agriculture,
00:56:24il ne faut pas se restreindre
00:56:25à un sujet
00:56:26ou à une partie du dossier.
00:56:28Vous avez parfaitement raison
00:56:29de dire qu'en effet,
00:56:30il faut poser la question
00:56:31des prix qui permettent
00:56:31de rémunérer correctement
00:56:33le travail des agriculteurs.
00:56:35On a eu égalime 1,
00:56:36égalime 2, égalime 3.
00:56:37On a même commencé
00:56:38à mentionner l'idée
00:56:38d'un égalime 4
00:56:39alors que le 1
00:56:40n'est toujours pas appliqué
00:56:41dans son intégralité.
00:56:42C'est une chose.
00:56:43Mais il ne faut pas pour autant
00:56:44se restreindre
00:56:45à ne pas parler
00:56:45des autres sujets
00:56:46comme la simplification
00:56:47qui est aussi attendue
00:56:48par une partie
00:56:49des travailleurs agricoles.
00:56:51Éric Martineau,
00:56:52vous, vous êtes favorable
00:56:53par exemple à ce que disait
00:56:54Yael Brunpivet hier
00:56:55de dire qu'il faut mettre
00:56:56un coup de pression
00:56:56à un moment
00:56:57pour que les décrets
00:56:58d'application passent.
00:56:59Oui, oui, carrément.
00:57:00Parce que là,
00:57:01ce que vous avez parlé
00:57:01par exemple sur ces poulaillers
00:57:04avec cette loi littorale,
00:57:06il ne faut quand même
00:57:06pas oublier
00:57:07qu'on a dans nos permanences
00:57:09on reçoit aussi
00:57:10et après à juste titre,
00:57:12des citoyens
00:57:14qui sont en colère
00:57:15parce qu'on va augmenter
00:57:16la taille d'un élevage
00:57:17à côté de chez eux.
00:57:18Ça, c'est une réalité.
00:57:19Et ce qu'on dit,
00:57:20ce n'est pas uniquement
00:57:21le politique,
00:57:22vous avez quand même
00:57:22les citoyens.
00:57:23Moi, je le vois en Sarthe
00:57:24parce qu'on a les poulets de loué.
00:57:25Ils sont très bien,
00:57:26très bons.
00:57:27On a même des poulets de loué
00:57:28bio.
00:57:29Et là, aujourd'hui,
00:57:30on se heurte
00:57:30et moi, j'ai été contacté
00:57:32par un agriculteur
00:57:33qui me dit
00:57:34mais j'en ai quatre,
00:57:35il m'en faut un cinquième
00:57:36parce que les gens
00:57:36veulent manger du bio
00:57:37mais on ne peut pas
00:57:38construire de nouveaux poulaillers.
00:57:41Donc, la seule solution
00:57:42pour pouvoir le faire
00:57:42aujourd'hui,
00:57:43c'est possible
00:57:44en contournant la loi,
00:57:46c'est de créer
00:57:46une société
00:57:47en parallèle
00:57:48de sa structure personnelle
00:57:50qui va obliger
00:57:51deux comptabilités,
00:57:53deux dossiers PAC
00:57:53et donc,
00:57:54c'est la même unité.
00:57:55Et donc,
00:57:56là,
00:57:56quand on vous a fait croire
00:57:57qu'on manquait d'œufs
00:57:58aussi dans les rayons
00:57:59parce qu'il y avait la neige
00:58:00mais aussi,
00:58:01on va en manquer
00:58:02de toute façon,
00:58:02ce n'est pas uniquement ça.
00:58:03On a quand même un problème.
00:58:05Il faut pouvoir libérer
00:58:06la production
00:58:07et là,
00:58:09dès qu'on dit ça,
00:58:10je vais être encore taxé
00:58:11d'être anti-environnement,
00:58:14contre l'écologie
00:58:15alors que ce n'est pas le cas.
00:58:16Si on commence à parler
00:58:17qu'il faut bien rémunérer
00:58:18les agriculteurs,
00:58:19les producteurs,
00:58:21eh bien,
00:58:21c'est aussi d'accepter
00:58:22que oui,
00:58:23il y a aussi des contraintes.
00:58:24Quand vous habitez
00:58:25à côté d'un élevage,
00:58:26moi,
00:58:26j'ai des vaches
00:58:26à côté de chez moi,
00:58:28je ne suis pas producteur.
00:58:28Il y a des mouches
00:58:29et ça ne sent pas bon parfois.
00:58:30Oui,
00:58:30mais on a le même cas
00:58:31nous avec les phytos.
00:58:32On va avoir les mêmes cas
00:58:33avec les traitements
00:58:34sur les vergers.
00:58:35Aujourd'hui,
00:58:36même quand vous plantez
00:58:36un verger bio,
00:58:37vous allez avoir des gens
00:58:38qui viennent au village
00:58:39en disant
00:58:40mais non,
00:58:40on va avoir des traitements
00:58:41et tout.
00:58:42De toute façon,
00:58:43c'est facile.
00:58:44Agriculture égale pesticides
00:58:45égale cancer.
00:58:46Je l'ai vécu
00:58:47avec cette loi
00:58:48qui a été l'année dernière.
00:58:49C'est toujours
00:58:49la même sauce.
00:58:50Même quand vous êtes en bio,
00:58:52vous avez des gens
00:58:52qui viennent se heurter
00:58:53contre la plantation de vergers.
00:58:55Un dernier mot.
00:58:57Moi,
00:58:57ça fait 20 ans
00:58:58que je suis agriculteur bio
00:58:59et contrairement à ceux
00:59:00qui se plaignent
00:59:01d'agribashing,
00:59:01moi,
00:59:02je revendique
00:59:02de l'agri-loving.
00:59:03C'est-à-dire que
00:59:04les citoyens,
00:59:05ils aiment bien ce que je fais
00:59:07et je n'ai pas de résistance.
00:59:08Et donc,
00:59:09c'est peut-être ça...
00:59:10Est-ce que vous élevez
00:59:10des volailles
00:59:11avec des fiantes
00:59:12qui ne sentent pas bon ?
00:59:13J'élève des vaches,
00:59:13j'élève des chevres,
00:59:14j'élève des chevaux de trait,
00:59:15j'élève des bodets du poitou,
00:59:16il y a des mouches,
00:59:17il y a du fumier.
00:59:18Mon fils est également
00:59:18éleveur de bovins
00:59:19et bizarrement,
00:59:20ça se passe bien
00:59:21avec le voisinage.
00:59:21Et c'est les plus gênés
00:59:22qui s'en vont ?
00:59:23Il y a l'éléphant
00:59:23dans la pièce.
00:59:25Je ne veux pas faire
00:59:26du Clémenceau,
00:59:26mais on pourrait.
00:59:27Clémenceau disait
00:59:28la guerre est un sujet
00:59:30bien trop sérieux
00:59:31pour le confier
00:59:31au seul militaire.
00:59:33Eh bien, moi,
00:59:33j'ai envie de vous dire
00:59:34que l'agriculture
00:59:35qui parle de notre alimentation
00:59:36est peut-être
00:59:37un sujet bien trop sérieux
00:59:38pour le confier
00:59:39à la seule FNSEA.
00:59:41C'est-à-dire que
00:59:41ce qu'on doit faire maintenant,
00:59:42et ça s'est illustré
00:59:43avec la pétition
00:59:44sur la loi du plomb,
00:59:45c'est qu'on convoque
00:59:46enfin un débat de société
00:59:48sur ce sujet agricole.
00:59:49Parce que quand on parle
00:59:50d'agriculture,
00:59:50on parle de l'alimentation
00:59:52de tout le monde.
00:59:52Donc vous voulez quoi ?
00:59:53Une grande convention citoyenne
00:59:55sur l'agriculture ?
00:59:55On parle de l'air qu'on respire,
00:59:57on parle de notre santé,
00:59:58on parle de beaucoup,
01:00:00beaucoup d'argent public.
01:00:02Parce que quand on parle
01:00:02des pesticides,
01:00:03ceux qu'on occulte,
01:00:04c'est les 70 milliards d'euros
01:00:06qu'on doit mettre
01:00:06derrière les 10 milliards d'euros
01:00:07de la PAC
01:00:08pour réparer les dégâts
01:00:09des pesticides.
01:00:09Sur l'eau qu'on boit,
01:00:10sur l'air qu'on respire,
01:00:11sur la biodiversité,
01:00:12sur la santé,
01:00:13eh bien, si on mettait
01:00:14ces 70 milliards d'euros
01:00:15de l'argent des contribuables
01:00:17dans la rémunération
01:00:20qui prennent soin de ce climat,
01:00:22eh bien, je vous garantis
01:00:23que le revenu des agriculteurs
01:00:24serait supérieur
01:00:25et que la société civile
01:00:26accepterait beaucoup plus
01:00:28les questions.
01:00:29Mais avant tout cela,
01:00:30il va nous falloir un budget.
01:00:31Et si vous voulez bien,
01:00:32on va en parler
01:00:32dans Bourbon Express
01:00:33avec Marco Pommier.
01:00:39Marco.
01:00:39Bonsoir Aline.
01:00:40Alors, il faut s'attendre
01:00:41à être interrompu
01:00:42à tout moment
01:00:42par Benoît Biteau
01:00:44qui est incontrôlable
01:00:45ce soir.
01:00:46D'accord ?
01:00:46Donc, la bataille du budget
01:00:48qui est loin d'être terminée,
01:00:50on rappelle qu'il y a
01:00:503 000 amendements,
01:00:52à moins que tout
01:00:53ne s'accélère
01:00:54dans les prochaines heures.
01:00:55Vous pensez à quoi Aline ?
01:00:56Je ne sais pas,
01:00:57un chiffre qui ressemblerait
01:00:58à 49-3.
01:00:59Oui, peut-être.
01:01:00Cet article de la Constitution
01:01:01qu'on n'osait même plus prononcer
01:01:03il y a encore quelques mois
01:01:04que Sébastien Lecornu
01:01:05avait promis
01:01:06de ne pas utiliser.
01:01:07Oui, mais voilà,
01:01:08à droite,
01:01:08comme dans le camp présidentiel,
01:01:09de plus en plus de députés
01:01:11le réclament
01:01:11pour sortir de l'impasse.
01:01:14Et si demain,
01:01:15monsieur le Premier ministre,
01:01:16vous deviez utiliser
01:01:17tous les moyens
01:01:18que vous offre la Constitution
01:01:20pour la mettre en oeuvre,
01:01:21cette stratégie.
01:01:22Soyez-en certains,
01:01:23vous nous trouveriez
01:01:24très nombreux
01:01:25à vos côtés.
01:01:26Nous attendons
01:01:27que le gouvernement
01:01:28puisse prendre
01:01:29ses responsabilités
01:01:30au moyen du 49-3
01:01:32si cela est nécessaire.
01:01:34Des demandes
01:01:35de plus en plus pressantes
01:01:36et pourtant,
01:01:37le 49-3
01:01:38n'a pas été évoqué
01:01:39ce matin
01:01:40en Conseil des ministres,
01:01:41en tout cas officiellement.
01:01:42Nous disons en fait
01:01:44une chose
01:01:44assez simple.
01:01:45La Constitution
01:01:46donne des moyens
01:01:47au gouvernement
01:01:49pour permettre
01:01:50l'adoption
01:01:51d'un budget.
01:01:52Pour autant,
01:01:53cette question
01:01:53est au fond prématurée
01:01:55tant que celle du fond
01:01:57n'a pas été résolue.
01:01:59Autrement dit,
01:02:00le 49-3
01:02:00n'est pas exclu,
01:02:02mais il doit être négocié
01:02:03notamment avec les socialistes
01:02:05pour éviter
01:02:05une censure
01:02:06du gouvernement.
01:02:07Alors,
01:02:07c'est pour quand
01:02:08ce 49-3 ?
01:02:09Eh bien,
01:02:09certains députés
01:02:10nous disent jeudi
01:02:11ou vendredi.
01:02:12À suivre.
01:02:13C'est pour demain
01:02:13ou c'est pour après-demain.
01:02:14On reparle aussi ce soir
01:02:15de la commission d'enquête
01:02:17sur l'audiovisuel public
01:02:18avec des auditions
01:02:19qui reprennent la semaine prochaine.
01:02:20On a le calendrier.
01:02:20Oui,
01:02:21avec de nouvelles personnalités
01:02:22convoquées.
01:02:24Léa Salamé,
01:02:25Laurent Delahousse,
01:02:26les deux journalistes
01:02:27stars de France 2
01:02:28seront entendus
01:02:29le 2 février.
01:02:30Trois jours plus tard,
01:02:31ce sera au tour
01:02:32de Rachida Dati,
01:02:33la ministre de la Culture.
01:02:35Autre personnalité,
01:02:36Nagui.
01:02:37Et là,
01:02:38ça s'annonce tendu
01:02:39début janvier.
01:02:40L'animateur
01:02:41avait menacé
01:02:41d'attaquer...
01:02:41On aurait pu le prendre
01:02:42souriant
01:02:43parce que là,
01:02:43vraiment,
01:02:44on comprend pourquoi
01:02:44ça s'annonce tendu
01:02:45quand on voit cette photo.
01:02:46L'animateur
01:02:47qui avait menacé
01:02:48d'attaquer en justice
01:02:48Charles Lalonc,
01:02:49le rapporteur
01:02:50de la commission d'enquête
01:02:51après cette petite phrase.
01:02:54Je vais parler
01:02:54au conditionnel
01:02:55que Nagui
01:02:56est la personne
01:02:57sur les dix dernières années
01:02:59en France
01:02:59qui s'est le plus enrichie
01:03:01sur l'argent public.
01:03:02Devant n'importe quel patron
01:03:04d'entreprise publique,
01:03:06devant n'importe quel ministre
01:03:07ou président de la République.
01:03:08Et Nagui avait répliqué
01:03:11dans un long message
01:03:12cinglant
01:03:12publié sur Instagram
01:03:14fin décembre
01:03:15dans lequel il s'étonnait
01:03:16avoir été jeté
01:03:17en pâture
01:03:18à la vindicte populaire
01:03:20ajoutant, je cite,
01:03:21« mes jeux permettent
01:03:22aux services publics
01:03:23de gagner de l'argent.
01:03:25On pourrait même conclure
01:03:26que je rapporte de l'argent
01:03:27aux contribuables. »
01:03:28Ambiance, donc,
01:03:29la date de son audition
01:03:30n'est pas encore fixée,
01:03:31elle n'est pas encore connue.
01:03:32Ambiance aussi
01:03:33lors de la séance
01:03:33de questions au gouvernement
01:03:34cet après-midi
01:03:35à l'Assemblée nationale.
01:03:36Il y a un député qui...
01:03:37Il y a un ministre, pardon.
01:03:38Un ministre, plutôt.
01:03:38Un ministre qui n'est pas passé inaperçu.
01:03:40C'est Michel Fournier.
01:03:41Oui, le ministre de la Ruralité
01:03:43interpellé par le député
01:03:44RN Jordan-Guitton
01:03:45sur la chute de la natalité
01:03:47en France
01:03:48et notamment dans les campagnes.
01:03:49Et dans sa réponse,
01:03:50Michel Fournier
01:03:51a surpris
01:03:51avec un argument
01:03:52plus ou moins inattendu.
01:03:53« Personnellement,
01:03:55j'ai fait trois enfants.
01:03:58Donc, je suis au-dessus
01:03:59de ce que vous avez exprimé.
01:04:03Alors, je ne sais pas
01:04:04ce qu'il en est de votre part,
01:04:07mais toujours est-il. »
01:04:09Bon, sur le fond,
01:04:10Michel Fournier a expliqué
01:04:11qu'il fallait améliorer
01:04:12le quotidien des ménages
01:04:13pour faire plus de bébés,
01:04:15ce qui n'a pas vraiment convaincu
01:04:16le député RN
01:04:17qui posait la question.
01:04:18« Le problème, monsieur le ministre,
01:04:20c'est que vous êtes
01:04:21un ministre macroniste
01:04:22et comme tous les macronistes,
01:04:23vous n'êtes même pas capables
01:04:24de faire le bon constat.
01:04:25Donc, demain,
01:04:26vous n'apporterez aucune solution.
01:04:27Vivement 2027. »
01:04:28« Je suis avant tout,
01:04:30moi-même,
01:04:31à jamais libre
01:04:32et non incorporable. »
01:04:33« Merci beaucoup,
01:04:35monsieur le ministre. »
01:04:37« Ambiance. »
01:04:37« À jamais libre
01:04:38et incorporable. »
01:04:39« Et pour finir,
01:04:40peut-être une petite chanson. »
01:04:41« Ah ben oui,
01:04:42ça fait 40 ans,
01:04:43jour pour jour,
01:04:44aujourd'hui,
01:04:44que Daniel Balavoine
01:04:45est décédé
01:04:46et ça a inspiré
01:04:47l'un de vos collègues
01:04:48à l'Assemblée nationale,
01:04:49Karl-Olive. »
01:04:50« Qui a poussé la chansonnette
01:04:52des chansons du célèbre chanteur
01:04:54« La vie ne m'apprend rien. »
01:04:56Regardez ces cadeaux.
01:04:58« Mais je ne peux pas,
01:05:00je ne sais pas
01:05:02et je reste planté là.
01:05:05Les lois ne font plus les hommes
01:05:07mais quelques hommes... »
01:05:09« Voilà Karl-Olive
01:05:10qui publie souvent
01:05:11ses performances vocales
01:05:12sur les réseaux sociaux.
01:05:13Bon, si jamais
01:05:14le gouvernement
01:05:15a été censuré sur le budget,
01:05:16si jamais
01:05:17il y avait une dissolution,
01:05:18on en parle beaucoup,
01:05:18il pourrait toujours
01:05:19tenter The Voice. »
01:05:20« Oui, pourquoi pas. »
01:05:22Mais si vous,
01:05:23chez vous,
01:05:23vous voulez vraiment
01:05:24entendre Daniel Balavoine
01:05:25chanter,
01:05:26je vous conseille ce soir
01:05:27le débat doc
01:05:28qui va suivre sur LCP
01:05:29consacré à Daniel Balavoine
01:05:31les derniers jours
01:05:32du Nikon.
01:05:33Vous avez une chanson préférée
01:05:34de Daniel Balavoine
01:05:34et je ne vous demande pas
01:05:35de chanter.
01:05:38J'en ai plein.
01:05:39Vous en avez plein ?
01:05:39Citez-moi une.
01:05:40« L'Aziza » par exemple.
01:05:42« L'Aziza »
01:05:42« L'Aziza »
01:05:43« L'Aziza »
01:05:43« Eh bien,
01:05:44merci à tous les trois
01:05:45d'être venus ce soir
01:05:46sur le plateau de chaque voix compte.
01:05:47Merci de nous avoir suivis.
01:05:48L'émission est rediffusée
01:05:48tout à l'heure à 23h30
01:05:50et en replay sur lcp.fr.
01:05:52Nous revenons en direct
01:05:52demain à 19h30.
01:05:54Excellente soirée sur LCP
01:05:55avec Daniel Balavoine.
01:05:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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