Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent de la situation du Groenland avec les menaces du Président Américain, Donald Trump qui souhaite obtenir cette terre qui pour rappel est un pays constitutif du royaume de Danemark.
00:0018h20, on se retrouve en direct sur CNews et sur Europe 1.
00:09Un tout petit mot du Groenland, parce que cette question quand même interpelle les Européens,
00:14même les Français qui ne connaissent pas forcément cette contrée magnifique mais glacée.
00:18Donald Trump a réitéré ses menaces, il veut absolument obtenir cette terre
00:22où il y a non seulement des minerais rares, mais aussi qui est un emplacement stratégique,
00:27dit-il, pour construire sa défense antimissile.
00:29Alors il a été interrogé hier sur les propos du Premier ministre du Groenland,
00:33qui s'appelle M. Nilsson, qui dit qu'il préfère rester avec le Danemark.
00:37Écoutez la réponse de Donald Trump qui a dit qu'il ne sait même pas qui est le Premier ministre du Groenland.
00:43Le Premier ministre du Groenland a déclaré aujourd'hui, nous préférons rester avec le Danemark.
00:48Qui a dit cela ?
00:50Le Premier ministre du Groenland.
00:54Eh bien c'est leur problème, c'est leur problème, je ne suis pas d'accord avec lui.
00:57Je ne sais pas qui il est, je ne sais rien de lui, mais ça va être un gros problème pour lui.
01:02C'est la politique du Groenbrois quand même, un des Groenbrois, Gauthier Le Bret.
01:07C'est du Trump, on est désormais habitués.
01:11La question c'est comment tout cela va se terminer ?
01:13Deal, rachat du Groenland, les Danois ne veulent pas en entendre parler.
01:18Et il n'y a pas un jour qui passe désormais sans que Trump nous parle du Groenland.
01:22Les choses se sont considérablement accélérées depuis son intervention au Venezuela,
01:25qui est un exemple de ce qu'il peut faire.
01:26C'est un message envoyé à l'Amérique latine, certes, à Cuba, à la Colombie.
01:31D'ailleurs le président colombien s'est considérablement calmé contre Trump.
01:34Au début il disait, je vais prendre les armes s'il y a des Américains qui débarquent.
01:38Finalement il a pris son téléphone, il n'a pas pris un fusil, il a pris un téléphone
01:41pour appeler le président Trump et pour se mettre plutôt ventre à terre.
01:45Cuba est en train de négocier également.
01:47Et donc il y a la question du Groenland, qui est une question qui nous intéresse évidemment,
01:51puisque c'est l'OTAN, puisque c'est le Danemark, donc c'est l'Union européenne.
01:54Ça change considérablement les choses, mais j'ai entendu une explication très intéressante
01:59hier pour la première fois qui, me semble-t-il, n'avait jamais été faite par le général
02:03Pierre de Villiers, ancien chef d'état-major, qui dit, dans la zone, il y a un risque
02:07que la Chine et la Russie s'implantent.
02:10Et moi je préfère que ce soit les Américains pour nos intérêts, européens, que les Chinois
02:14ou les Russes, avec qui on est nettement moins bien.
02:17C'est un euphémisme.
02:18Donc j'ai trouvé que cette explication était intéressante.
02:20Comment tout cela va se terminer ?
02:21C'est évidemment pas moi qui vais pouvoir répondre à cette question.
02:23On écoute juste Pierre de Villiers et puis je vous passe la parole pour savoir ce
02:25que vous en pensez sur le Groenland.
02:27Un pays qui attaque un autre pays de l'OTAN, on déclenche l'article 5 et tous les autres
02:34pays sont chargés de protéger celui qui est menacé.
02:37Donc ça voudrait dire qu'on déclencherait l'article 5 face aux États-Unis qui fournissent
02:42plus de 50% des crédits de l'OTAN et qui, l'OTAN, c'est les États-Unis.
02:47Donc c'est impossible.
02:49Deuxième remarque, je ne vois pas l'intérêt pour le président Trump de faire une action
02:58militaire là où il pourrait arriver sans difficulté majeure.
03:02Il a déjà une base.
03:04Je ne vois pas qu'il y ait des troupes suffisamment costauds pour résister à une quelconque arrivée.
03:08Donc il va chercher à dealer.
03:10Là, on est dans la phase de deal.
03:12C'est un dealer, c'est un dealer professionnel, rapport de force.
03:16Donc, et la troisième remarque, c'est que quitte à ce que ce pays soit contrôlé par
03:22quelqu'un, je préfère à titre personnel que ce soit les États-Unis plutôt que la Russie
03:27ou la Chine.
03:27Qui est d'accord avec le général de Villiers ?
03:29Vincent Trémolet et Geoffroy ?
03:31Oui, merci.
03:33Mais ce que dit le général de Villiers est tout à fait éclairant et intéressant.
03:37Alors il y a juste une chose qu'on ne comprend pas, c'est quand il dit que de toute façon,
03:41avec le Danemark et le Groenland, les Gémoignies américaines pourraient s'installer de façon
03:45pacifique et assez facile.
03:47Parce qu'on n'est pas dans le cas du Venezuela qui est un pays hostile, avec un régime chaviste,
03:51antagoniste avec les États-Unis.
03:54Le Danemark est un pays qui s'est mis sous la tutelle américaine depuis très longtemps.
03:59Il achète son équipement militaire aux États-Unis.
04:01Voilà, donc il pourrait très facilement installer et développer sa domination contre
04:06la Chine et la Russie.
04:07Donc il y a une hypothèse, et on verra si la suite logicielle est vraie ou pas, c'est
04:12que Trump ne veut plus seulement que l'hégémonie américaine s'exprime de façon diffuse
04:18à travers l'économie, mais de façon territoriale.
04:22C'est-à-dire est-ce qu'il veut, comme au XIXe siècle, comme les chefs d'État du XIXe siècle,
04:26étendre le territoire américain de telle sorte qu'il trouve des frontières plus larges
04:32qu'autrefois ? Peut-être c'est ça qu'il a dans la tête.
04:35Après, c'est quand même assez difficile à faire.
04:37Il y a un certain nombre d'obstacles.
04:39Si on est dans le début d'un deal, en général, il commence quand même par les extrémités
04:44les plus extravagantes.
04:45Et il arrive, alors c'est difficile de faire de la trumpologie, mais il arrive parfois
04:50qu'il y ait de la rationalité qui retombe à des choses plus intelligibles.
04:55Rachel Gagne, là-dessus, sur le Groenland, un tout petit mot ?
04:57Non, mais je trouve que c'est assez juste après ce que vous disiez sur le cinéma.
05:00En fait, je trouve que Trump, c'est le symbole de la conjugaison entre le soft power cinéma,
05:06chanson américain, Coca-Cola, etc., et le hard power qui est vraiment la préemption
05:11de certaines terres en réalité.
05:13Et je vois à quel point on ne parle pas du tout le même langage.
05:16C'est-à-dire qu'on a Emmanuel Macron qui nous disait qu'il fallait être vent debout
05:19contre l'impérialisme, la Chine, la Russie, les États-Unis.
05:24Donc, j'attends la proposition de la France.
05:27Pas beaucoup de propositions pour l'instant.
05:29Si, si, on va mettre un consulat à partir du 6 février au Groenland.
05:32Waouh, ils vont avoir peur les Américains.
05:34André ?
05:35Non, mais moi, je suis d'accord avec Vincent Trémolet de Villers et avec le général de Villiers,
05:38pour une fois.
05:39Je ne vois pas pourquoi Trump aurait besoin d'aller conquérir militairement le Groenland,
05:44puisqu'il y a déjà une base américaine, que le Danemark est sans doute le pays d'Europe
05:48le plus soumis aux États-Unis, sur le plan politique et diplomatique.
05:51Donc, il lui suffirait, entre guillemets, de mettre des troupes américaines.
05:54Le Danemark n'y verrait pas d'inconvénients.
05:57Je voudrais retenir un argument qu'a utilisé Trump il y a deux jours, avec la finesse
06:02qui le caractérise.
06:04Il a dit que le Groenland est une colonie danoise.
06:06Ce n'est pas parce que les Danoises sont arrivées il y a 500 ans avec des bateaux
06:09qu'ils sont propriétaires du Groenland.
06:11On peut dire la même chose des États-Unis.
06:13Les Indiens d'Amérique sont propriétaires des États-Unis, plus que les Européens, dont est issu M. Trump.
06:18Mais il en reste assez peu, malheureusement.
06:20Jean-Michel, dernier mot là-dessus, on avance après.
06:23Moi, ce qui me surprend un peu, c'est l'attitude un peu dérisoire d'Emmanuel Macron.
06:28Annoncer qu'on va mettre un consulat, c'est totalement ridicule.
06:30Il a eu des déclarations un peu martiales au Conseil des ministres aujourd'hui.
06:35Quand on voit l'efficacité de la France à faire adopter un budget militaire,
06:40un budget en général et un budget militaire en particulier,
06:43c'est vrai qu'il ne fait pas peur à grand monde.
06:45Et quand on regarde un petit peu les performances de la France en Ukraine,
06:50on se rend compte qu'on a été un petit contributeur,
06:52puisqu'en fait, on n'a pas dépensé plus que les Suédois ou que les Néerlandais
06:57dans le soutien à l'Ukraine.
06:58Donc je pense que Donald Trump s'est beaucoup moqué d'Emmanuel Macron
07:03et je pense qu'il va continuer.
07:04– Rachel Kahn, un dernier mot ?
07:05– Oui, je trouve que la doctrine Monroe, on en a beaucoup parlé en fait,
07:10c'est le fait que les États-Unis pensent que sur l'ensemble du continent américain,
07:14ils sont chez eux.
07:16Je trouve que le silence de la France, une nouvelle fois,
07:19sur la Guyane et les dom-toms, est criant.
07:21– Absolument.
07:22– C'est le fait que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis pensent que les États-Unis
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