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A l'occasion de la sortie du film 28 ans plus tard : Le Temple des morts.
Je reviens sur l'histoire de la création d'un film d'horreur devenu culte : #28joursplustard
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Transcription
00:00Tu savais que 28 jours plus tard a été créé grâce au jeu Resident Evil ?
00:04Oui. Alors aujourd'hui tout le monde parle de la sortie de 28 ans plus tard,
00:07Le Temple des Morts, mais si cette saga existe encore,
00:10c'est parce qu'en 2002, un film ultra risqué a littéralement réinventé
00:14le genre du film de zombies 28 jours plus tard.
00:18Alors le film est né d'une discussion toute simple entre le scénariste Alex Garland
00:21et le producteur Andrew McDonald, dans une pizzeria à Londres.
00:25Garland n'avait pas regardé de film de zombies depuis plus de 10 ans,
00:28mais en rejouant à Resident Evil, il réalise un truc essentiel.
00:32La peur ne vient pas des zombies lents, mais de la pression constante.
00:36Là, il a une idée toute bête, mais vraiment révolutionnaire.
00:38Et si les infectés couraient ?
00:41Pareil évident aujourd'hui.
00:43A partir de là, il écrit un film qui s'inspire de la littérature SF,
00:46comme Le Jour des Trifides en 1951.
00:48Ici, pas de morts vivants, ce sont des humains victimes d'un virus biologique.
00:52Pour Danny Boyle, ce virus n'est pas juste une idée de scénario,
00:55c'est une métaphore de la rage moderne, violence, stress, colère sociale contemporaine permanente.
01:01Et le tournage, il est marqué par un choc mondial à l'époque, le 11 septembre.
01:05Pendant que le film se fait, le monde découvre des villes traumatisées,
01:09des avis de personnes disparues, une peur urbaine se diffuse.
01:12Et Boyle, en interview, dira plus tard que cette atmosphère a donné au film
01:15presque une résonance quasi prophétique.
01:17Puis il y a aussi une révolution technique imposée par le manque d'argent,
01:20parce que le budget ? A peine 8 millions de dollars.
01:23Impossible de tourner en pellicule 35mm classique.
01:26Alors, pour un choix radical, tournez presque tout le film
01:29avec des caméras numériques grand public, les Canon XL1.
01:32A l'époque, c'est vu comme une hérésie, mais ça va vraiment tout changer.
01:36L'image, elle est dégueulasse, elle est sale, elle est granuleuse, elle est instable.
01:39Ça ressemble à de la vidéoturveillance, une sorte de reportage de guerre d'époque.
01:43Et surtout, ça rend la violence finalement ultra immédiate.
01:46Un avantage hyper pratique, ils peuvent filmer avec 8 caméras en même temps,
01:48un luxe qui aurait été impossible en pellicule.
01:51Et puis, les scènes cultes de Londres au désert,
01:53pas zéro CGI, zéro effet spéciaux numériques, tout est réel.
01:56Ils tournent à 4h du matin le dimanche, à Westminster Bridge,
02:00à Piccadilly Circus, en plein Londres.
02:02La police bloque les rues pendant quelques minutes,
02:04et Boyle écrit action, et ils n'ont vraiment qu'une seule prise.
02:08Afin de maintenir la suspension d'incrédulité, Boyle refuse les stars.
02:12Il veut qu'on y croit à fond.
02:13Kylian Murphy, totalement inconnu à l'époque,
02:16les infectés sont joués par des danseurs et athlètes entraînés
02:19à bouger sans aucune retenue, comme des animaux.
02:22Résultat, ces créatures ne font pas peur parce qu'elles sont mortes,
02:25mais parce qu'elles sont trop vivantes.
02:26Et donc à partir de là, le zombie movie ne sera plus jamais le même.
02:29À sa sortie, 28 jours plus tard,
02:31cartonne plus de 82 millions de dollars au box-office.
02:34Mais surtout, il change tout.
02:36Il popularise les infectés rapides,
02:38Il inspire Dawn of the Dead de Zack Snyder, version 2004.
02:43Il inspirera aussi World War Z, Zombieland.
02:45Et même l'ouverture de The Walking Dead
02:47est directement inspirée de son réveil à l'hôpital.
02:50Un film qui a compris son époque,
02:52qui a transformé ses contraintes en style,
02:54et qui a montré que l'horreur pouvait être rapide,
02:56brutale, réaliste,
02:57et profondément politique aussi.

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