- il y a 2 jours
À LA UNE / Procès de Marine Le Pen en appel : fin de course ou nouveau départ ?
Mardi 13 janvier 2025, la cheffe de file de l'extrême droite, Marine Le Pen, débute son procès en appel. La décision de mars 2025 en première instance avait provoqué une déflagration politique : la favorite pour 2027 a été jugée coupable d'avoir joué un rôle central dans la mise en place, entre 2004 et 2016, d'un « système » de rémunération sur des fonds européens d'assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le parti. La présidente des députés du Rassemblement national avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, 100 000 euros d'amende mais également cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Cette mesure l'empêche de se présenter à la prochaine élection présidentielle alors que les sondages placent le RN en tête. Ayant toujours contesté ces chefs d'accusation, Marine Le Pen avait dénoncé une « mise à mort politique » et avait demandé à être rejugée rapidement. Si sa peine d'inéligibilité est confirmée, la triple candidate à la présidentielle promet de passer le relais à son dauphin Jordan Bardella. Alors que deux journées d'audience lui seront consacrées et que la décision de justice n'est pas attendue avant l'été 2026, Marine Le Pen compte-t-elle faire évoluer sa stratégie de défense ?
Invités :
- Bertrand Périer, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil d'Etat, spécialiste de l'art oratoire
- Lou Fritel, journaliste politique à « Paris Match »
- Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion d'Ipsos-BVA
- En visioconférence : Manon Lefebvre, secrétaire nationale du Syndicat de la Magistrature
Chroniques :
« Quelle histoire ! » : « Com' pol, l'american touch ! » par Laurent Guimier
« Le chiffre du jour » : « Où trouver 15 milliards ? » par Fanny Guinochet
LA QUESTION QUI FÂCHE / Budget : faut-il passer en force ?
Le projet de budget de l'Etat pour 2026 revient, mardi 13 janvier 2026, dans l'Hémicycle. Les parlementaires n'étant pas parvenus à trouver un accord en décembre 2025, les députés entament une nouvelle lecture de la version du Sénat, en présence du Premier ministre, Sébastien Lecornu. Le rejet du projet de loi en commission a renforcé les tensions autour du texte. Sans compromis en vue, le recours au 49.3 bruisse dans les couloirs de l'Assemblée. La loi spéciale, votée dans l'urgence fin décembre, a assuré la continuité des actions de l'Etat et des administrations, mais ne permet de pallier que temporairement l'absence de véritable texte budgétaire. Dans une séquence à rallonge, le gouvernement assure qu'il y aura un budget « fin janvier ». Son objectif : ramener le déficit sous la barre des 5 % en 2026, contre 5,4 % en 2025. Si Sébastien Lecornu s'était engagé à ne pas utiliser le 49.3 pour faire adopter le projet de loi de finances, en accord avec les socialistes, sa promesse semble de plus en plus difficile à tenir. « Rien n'est exclu », a d'ailleurs répété la porte-parole du gouv
Mardi 13 janvier 2025, la cheffe de file de l'extrême droite, Marine Le Pen, débute son procès en appel. La décision de mars 2025 en première instance avait provoqué une déflagration politique : la favorite pour 2027 a été jugée coupable d'avoir joué un rôle central dans la mise en place, entre 2004 et 2016, d'un « système » de rémunération sur des fonds européens d'assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le parti. La présidente des députés du Rassemblement national avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, 100 000 euros d'amende mais également cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Cette mesure l'empêche de se présenter à la prochaine élection présidentielle alors que les sondages placent le RN en tête. Ayant toujours contesté ces chefs d'accusation, Marine Le Pen avait dénoncé une « mise à mort politique » et avait demandé à être rejugée rapidement. Si sa peine d'inéligibilité est confirmée, la triple candidate à la présidentielle promet de passer le relais à son dauphin Jordan Bardella. Alors que deux journées d'audience lui seront consacrées et que la décision de justice n'est pas attendue avant l'été 2026, Marine Le Pen compte-t-elle faire évoluer sa stratégie de défense ?
Invités :
- Bertrand Périer, avocat à la Cour de Cassation et au Conseil d'Etat, spécialiste de l'art oratoire
- Lou Fritel, journaliste politique à « Paris Match »
- Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion d'Ipsos-BVA
- En visioconférence : Manon Lefebvre, secrétaire nationale du Syndicat de la Magistrature
Chroniques :
« Quelle histoire ! » : « Com' pol, l'american touch ! » par Laurent Guimier
« Le chiffre du jour » : « Où trouver 15 milliards ? » par Fanny Guinochet
LA QUESTION QUI FÂCHE / Budget : faut-il passer en force ?
Le projet de budget de l'Etat pour 2026 revient, mardi 13 janvier 2026, dans l'Hémicycle. Les parlementaires n'étant pas parvenus à trouver un accord en décembre 2025, les députés entament une nouvelle lecture de la version du Sénat, en présence du Premier ministre, Sébastien Lecornu. Le rejet du projet de loi en commission a renforcé les tensions autour du texte. Sans compromis en vue, le recours au 49.3 bruisse dans les couloirs de l'Assemblée. La loi spéciale, votée dans l'urgence fin décembre, a assuré la continuité des actions de l'Etat et des administrations, mais ne permet de pallier que temporairement l'absence de véritable texte budgétaire. Dans une séquence à rallonge, le gouvernement assure qu'il y aura un budget « fin janvier ». Son objectif : ramener le déficit sous la barre des 5 % en 2026, contre 5,4 % en 2025. Si Sébastien Lecornu s'était engagé à ne pas utiliser le 49.3 pour faire adopter le projet de loi de finances, en accord avec les socialistes, sa promesse semble de plus en plus difficile à tenir. « Rien n'est exclu », a d'ailleurs répété la porte-parole du gouv
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00:00Musique
00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voix compte sur LCP Canal 8.
00:00:27Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage et de débat en direct de l'Assemblée nationale avec pour m'accompagner ce soir Fanny Guinochet, journaliste à France Info.
00:00:36Bonsoir ma chère Fanny.
00:00:37Et bonsoir mon cher Laurent Guimier.
00:00:39Bonsoir Adeline.
00:00:40Merci à tous les deux d'être là. C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir dans chaque voix compte Marine Le Pen à qui tout double.
00:00:47Son procès en appel s'est ouvert en début d'après-midi à Paris dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN avec une question en toile de fond.
00:00:56Pourra-t-elle être candidate à la présidentielle de 2027 ?
00:01:01Nous en parlons ce soir avec vous Bertrand Perrier. Bonsoir.
00:01:04Bonsoir.
00:01:04Vous êtes avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation.
00:01:07Et vont nous rejoindre également Stéphane Zumsteg, directeur du Pôle Opinion à l'Institut Ipsos BVA.
00:01:12Et nous Frittel, journaliste à Paris Match, spécialiste des droites et de l'extrême droite, pour tout vous dire, ce sont les aléas du direct.
00:01:19Ils sont tous les deux bloqués dans des bouchons à cause des tracteurs qui encerclent l'Assemblée nationale depuis ce matin.
00:01:25Et on en parlera d'ailleurs dans Bourbon Express.
00:01:27Nous serons également en direct tout à l'heure avec Manon Lefebvre, qui est la secrétaire nationale du syndicat de la magistrature.
00:01:33Elle nous partagera son regard sur ce procès en appel.
00:01:37À suivre ensuite, quelle histoire, bien sûr, avec Laurent Guimier ?
00:01:39Et avec une devinette ce soir, quel est le point commun entre Jean Lecanuet et Sarah Knafow ?
00:01:44Lecanuet se prenait pour Kennedy, Sarah Knafow imite le maire de New York.
00:01:49Je vous raconte ce soir pourquoi nos politiques sont tellement accros à la politique américaine.
00:01:54Et puis dans la deuxième partie de chaque voix, on me place à la question qui fâche avec le budget.
00:01:59Nouvel épisode dans ce feuilleton sans fin.
00:02:02L'examen en séance du projet de loi de finances.
00:02:05Nouvelle lecture donc à commencer tout à l'heure dans l'hémicycle.
00:02:08Et on voit mal comment ça pourrait bien se terminer, 149.3 cette affaire.
00:02:12Faut-il passer en force ? Avec des ordonnances aussi, pourquoi pas ?
00:02:16Eh bien nous poserons la question à trois députés de la commission des finances.
00:02:19Daniel Labarone, député ensemble pour la République d'Indre-et-Loire, qui est aussi vice-présidente de cette commission des finances.
00:02:25Estelle Mercier, députée socialiste de Meurthe-et-Moselle, sera avec nous.
00:02:29Ainsi que Marie-Christine Dalloz, députée droite républicaine du Jura.
00:02:33Et ce sera votre chiffre du jour, Fanny.
00:02:35Et c'est un chiffre très élevé, 15 milliards d'euros.
00:02:39C'est un casse-tête pour les...
00:02:40Moi sinon, bravo !
00:02:42C'est un casse-tête pour Sébastien Lecornu, pour justement boucler ce fameux budget sans qu'il n'explose.
00:02:49Regardez ce QR code ici, il vous permet de nous faire partager vos réflexions,
00:02:53ou d'interroger vous aussi nos invités ce soir dans chaque voix compte.
00:02:57Et puis tout à l'heure, il y aura aussi pour Bon Express,
00:02:58le journal de l'Assemblée nationale présenté par Marco Pommier,
00:03:02consacré ce soir à cette colère agricole,
00:03:04avec cette image des tracteurs qui ont donc encerclé l'Assemblée nationale tôt ce matin.
00:03:09Et Sébastien Lecornu qui promet ce soir un projet de loi d'urgence agricole
00:03:14examiné au Parlement avant cet été.
00:03:17Mais avant cela, il faudra bien voter un budget.
00:03:19Voilà pour le menu de ce soir.
00:03:21Installez-vous confortablement, chaque voix compte, c'est parti !
00:03:23Et donc on repart de zéro, le procès en appel des assistants parlementaires du FN,
00:03:37devenu depuis RN, s'est ouvert cet après-midi à Paris,
00:03:40en présence de Marine Le Pen qui joue son avenir politique.
00:03:44Une question était sur toutes les lèvres,
00:03:46va-t-elle garder la même défense qu'en première instance ou l'infléchir ?
00:03:51Deux minutes pour comprendre avec Hélène Bonduelle.
00:03:53Deuxième ronde judiciaire pour Marine Le Pen,
00:04:02arrivée en début d'après-midi devant la cour d'appel de Paris,
00:04:06sans faire aucune déclaration.
00:04:08Quelques heures plus tôt, c'est dans les couloirs de l'Assemblée nationale
00:04:11que la chef de file des députés RN a évoqué en quelques mots son procès.
00:04:16J'espère pouvoir être entendue par la cour d'appel.
00:04:20En attendant, vous maintenez votre programme habitué ?
00:04:22Je suis dans un état d'esprit d'espérance en quelque sorte.
00:04:26Pourtant, Marine Le Pen joue en réalité son avenir politique devant le tribunal.
00:04:31En première instance, aux côtés de 24 anciens députés et assistants parlementaires du FN de l'époque,
00:04:37elle était accusée de détournement de fonds publics.
00:04:41La justice lui reproche d'avoir piloté un système dans lequel les salariés du FN étaient payés
00:04:46avec les indemnités versées aux eurodéputés.
00:04:50En avril dernier, elle a été condamnée à 100 000 euros d'amende,
00:04:534 ans d'emprisonnement dont 2 fermes sous bracelet électronique
00:04:57et surtout 5 ans d'inégibilité avec exécution provisoire.
00:05:02Ce qui, de fait, l'exclut de la course à la présidentielle.
00:05:06J'ai le souvenir de certains responsables du RN parler de Marine Le Pen victime.
00:05:11Nous ne trompons pas la victime, c'est bien le Parlement européen,
00:05:14c'est bien au Parlement européen, donc aux citoyens européens,
00:05:18donc aux citoyens français qu'elle en a détourné et volé plusieurs millions d'euros.
00:05:22Hier, lors de ses voeux à la presse, Jordan Bardella a réitéré son soutien à Marine Le Pen.
00:05:28Il serait profondément inquiétant pour la démocratie.
00:05:31Que la justice prive les Français d'une candidate à l'élection présidentielle
00:05:34déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour, elle démontrera son innocence.
00:05:39Même tonalité ce matin chez les lieutenants du parti.
00:05:43Moi je sais qu'elle est innocente, il y a particulièrement confiance en elle.
00:05:46Est-ce que vous y croyez encore ?
00:05:48Totalement.
00:05:48Présente elle aussi à la cérémonie des voeux.
00:05:51Bonne année à tous.
00:05:52Marine Le Pen l'a affirmé, c'est bien la décision de la cour d'appel prévue avant l'été
00:05:57qui déterminera son avenir politique.
00:05:59C'est là que se décidera ma présence ou mon absence à l'élection présidentielle
00:06:05car quel que soit le niveau d'accélération de la cour de cassation,
00:06:10vous comprenez bien qu'en septembre, la campagne doit démarrer,
00:06:13quel que soit ce candidat.
00:06:14A la sortie de la salle d'audience ce soir, pas un mot.
00:06:17Mais à la barre comme en première instance, Marine Le Pen a expliqué avoir le sentiment de n'avoir commis aucun délit.
00:06:24Alors Bertrand Perrier, on le disait, c'est un procès en appel.
00:06:29Alors pardon de commencer avec cette question béotienne, mais quand on dit on repart de zéro, nouveau procès, nouveau juge,
00:06:35est-ce que cela signifie que tout ce qui s'est passé en première instance est effacé ?
00:06:39Oui et non, juridiquement oui, l'appel à ce qu'on appelle un effet dévolutiste,
00:06:44c'est-à-dire que toute la cause est dévolue à la cour qui peut faire ce qu'elle veut.
00:06:48Après, les magistrats de la cour ont entendu, comme tout le monde, ce qui s'est passé en première instance.
00:06:52Mais juridiquement, effectivement, on fait table rase du jugement et tout est remis en cause.
00:06:57Table rase, ça veut dire que ces nouveaux juges qui vont juger pendant quatre semaines,
00:07:02Marine Le Pen et les dix autres prévenus qui ont fait appel,
00:07:05n'auront pas en tête les attendus du premier jugement, ils doivent s'en extraire ?
00:07:11Ils les ont comme tout le monde les a eus puisqu'ils ont été publiés,
00:07:14bien sûr qu'ils les ont examinés, les déclarations qui ont été faites devant le tribunal sont dans les mémoires,
00:07:20mais juridiquement, ils ont toute l'attitude pour faire ce qu'ils veulent,
00:07:25à la fois sur la culpabilité, sur l'inéligibilité, sur l'exécution proésoie, tout est remis en cause.
00:07:31– Bonsoir Manon Lefebvre, merci d'être en direct avec nous.
00:07:36Je rappelle que vous êtes secrétaire nationale du syndicat de la magistrature.
00:07:41Inévitablement, ce procès en appel va aussi être le procès de l'exécution provisoire.
00:07:46Qu'est-ce que cela vous inspire ?
00:07:48– Bonsoir, alors c'est comme l'a dit mon prédécesseur,
00:07:54c'est le procès de de nouveau tout ce dossier.
00:07:57Il y a l'exécution provisoire, mais il y a aussi la question de la culpabilité.
00:08:00Et l'exécution provisoire, nous, on n'est évidemment pas opposés
00:08:04à ce qu'il y a un débat public autour de cette question,
00:08:07aussi de la peine d'inéligibilité.
00:08:10C'est un débat sain en démocratie, et c'est entendable qu'il y en ait un
00:08:13et qu'il puisse y avoir un débat autour de cette question
00:08:16de l'exécution provisoire et de l'inéligibilité.
00:08:19C'est le législateur qui l'a prévu, et encore une fois,
00:08:22les magistrats en première instance, ça sera le cas également pour la cour d'appel,
00:08:26se basent sur un texte qui a voté, enfin, un législateur qui a décidé
00:08:32de cette exécution provisoire de base, et les juges n'ont fait qu'appliquer
00:08:35un texte qui a été voté par le Parlement.
00:08:39C'est le peuple qui s'est exprimé sur cette peine qui était possible,
00:08:43et l'exécution de cette peine, les magistrats n'ont fait qu'appliquer
00:08:46la loi qui a été votée.
00:08:47– On le disait, c'est un nouveau procès qui commence avec de nouveaux juges.
00:08:52Le fait que Marine Le Pen puisse être éventuellement empêchée
00:08:55pour la prochaine présidentielle, est-ce un déni démocratique,
00:08:59comme le dit Jordan Bardella ?
00:09:00– En fait, on verra ce que la cour d'appel décide.
00:09:07Ça serait un déni de démocratie que les juges n'appliquent pas la loi
00:09:09qui a été votée par le Parlement.
00:09:11C'est exactement ce que les juges de première instance ont fait,
00:09:13et c'est ce que la cour d'appel s'apprête à faire sur ces prochains mois.
00:09:19Donc, le déni de démocratie pour le syndicat de la magistrature,
00:09:22c'est surtout de menacer, critiquer des décisions de justice,
00:09:29mais pas de la critique qui est légitime,
00:09:31mais de la critique qui va dans le discrédit des décisions de justice
00:09:34et qui menace clairement la sérénité des décisions aujourd'hui
00:09:37qui sont rendues par les juges aujourd'hui.
00:09:42Il y a vraiment une question, elle est là,
00:09:43l'attente à la démocratie, c'est quand on commence à toucher
00:09:45à l'indépendance de la justice,
00:09:47plus des magistrats rendent des décisions, encore une fois,
00:09:51motivées en droit,
00:09:52et tout le monde peut la lire, cette décision,
00:09:54et tout le monde peut comprendre et lire
00:09:56qu'elle est motivée en droit
00:09:58et que cette décision, elle a été fondée, en tout cas,
00:10:04de manière absolument professionnelle.
00:10:06Il faut juste lire cette décision pour s'en rendre compte.
00:10:08Après, les commentaires qui sont faits de cette décision,
00:10:11qu'on aille dans un sens ou dans un autre,
00:10:14elle appartient à chaque citoyen qui se fait son avis sur cette décision.
00:10:17Vous parliez, Manon Lefebvre, de la sérénité.
00:10:21En première instance, on rappelle que la présidente du tribunal,
00:10:23Bénédicte de Pertuis, avait dû être placée sous protection policière
00:10:26en raison de menaces. Le président du tribunal de Paris
00:10:29a, lui, mis en garde la semaine dernière
00:10:31sur une éventuelle ingérence américaine dans le procès.
00:10:34Quel regard vous portez sur cette pression
00:10:36autour de ce procès en appel ?
00:10:38Comment juger sereinement
00:10:40dans un tel contexte
00:10:41dont les juges ne sont pas
00:10:43exclus, ils ne sont pas dans une bulle,
00:10:46ces juges ? Ils entendent ?
00:10:49On est loin d'être dans une bulle
00:10:50quand on est magistrat,
00:10:51parce qu'on rencontre des citoyens tous les jours,
00:10:53donc on est vraiment loin d'être dans une bulle.
00:10:56En réalité, c'est quand même très compliqué
00:10:58aujourd'hui de juger sereinement,
00:10:59puisque la justice est attaquée de toutes parts.
00:11:01Elle est attaquée même par des politiques
00:11:04chaque jour, en réalité.
00:11:07Elle est même attaquée par son représentant
00:11:09qui est le garde des Sceaux.
00:11:10Donc, vraiment, c'est très compliqué
00:11:11de juger sereinement aujourd'hui
00:11:13et c'est très dangereux pour notre démocratie,
00:11:15parce que des juges qui ont peur,
00:11:17qui ne peuvent pas juger sereinement,
00:11:18ils prennent forcément des décisions
00:11:21qui vont manquer d'indépendance,
00:11:23puisque, justement, leurs décisions
00:11:25peuvent être guidées par la peur de menaces,
00:11:28par la peur de sanctions.
00:11:30Et ça, c'est un vrai danger pour notre démocratie,
00:11:33parce qu'une justice qui n'est plus indépendante,
00:11:34il faut poser de vraies questions
00:11:36sur la survie de notre État de droit,
00:11:38puisque l'autorité judiciaire est un vrai pilier
00:11:40dans un État démocratique.
00:11:41Donc, c'est très compliqué aujourd'hui
00:11:43de juger sereinement.
00:11:44Des magistrats sous protection policière,
00:11:46il y en a déjà eu,
00:11:47dans des dossiers de criminalité organisée,
00:11:48et c'est juste que là,
00:11:49les attaques viennent réellement,
00:11:51de toutes parts,
00:11:52y compris des plus hauts représentants politiques de l'État.
00:11:56– Sans préjuger, évidemment,
00:11:57de ce qui va se passer à l'audience
00:11:58pendant les quatre semaines qui viennent,
00:12:00mais il se peut tout à fait
00:12:02que les juges d'appel
00:12:03déjugent leurs collègues de première instance.
00:12:05– Absolument, c'est ce qui a été dit
00:12:09au tout début de votre émission,
00:12:12c'est possible que les juges d'appel
00:12:14prennent une décision complètement différente,
00:12:17confirment, ou une autre décision en infirmant,
00:12:20on parle d'infirmation.
00:12:21Tout est possible,
00:12:22c'est le but de ce deuxième degré de juridiction,
00:12:26c'est que, justement,
00:12:27il y ait un autre regard sur une procédure,
00:12:31même si, évidemment,
00:12:32ils connaissent la décision qui a été prise
00:12:35par la première instance,
00:12:36mais c'est un nouveau débat, en fait,
00:12:37qui s'ouvre,
00:12:38et évidemment, le second degré de juridiction,
00:12:41c'est un, comment dire,
00:12:45un pilier démocratique
00:12:46dans l'organisation de la justice.
00:12:49– Bon, merci en tout cas, Manon Lefebvre,
00:12:50d'avoir été en direct avec nous ce soir
00:12:52dans Chaque Voix Compte.
00:12:53Stéphane Zumstek vient d'arriver parmi nous.
00:12:55Bonsoir, Stéphane.
00:12:56– Bonsoir.
00:12:56– Directeur du département politique et opinion
00:12:58d'Ipsos BVA, légèrement en retard
00:13:00à cause des tracteurs.
00:13:02Vous êtes bien arrivé.
00:13:03– Je suis là, oui.
00:13:04– Bertrand Perrier,
00:13:05on en parlait à l'instant
00:13:06avec Manon Lefebvre.
00:13:09On en avait aussi parlé ensemble
00:13:11l'année dernière
00:13:12lors du procès de première instance.
00:13:15Ces critiques autour des juges,
00:13:18autour du jugement qui avait été rendu
00:13:20contre Marine Le Pen,
00:13:21mais aussi autour du jugement global.
00:13:25On entendait Manon Lefebvre dire
00:13:27« Oui, on va reparler forcément
00:13:29de l'exécution provisoire. »
00:13:31Est-ce que vous sentez,
00:13:32dans la stratégie de défense
00:13:33qu'on va détailler dans un instant
00:13:34avec Lou Frittel,
00:13:35qu'adopte Marine Le Pen
00:13:36pour ce deuxième procès,
00:13:37est-ce que vous sentez
00:13:38une inflexion
00:13:40par rapport justement
00:13:41aux attaques
00:13:42contre les fameux juges rouges
00:13:44dont il avait été question
00:13:45l'année dernière au printemps ?
00:13:46Oui, il y a évidemment une inflexion.
00:13:49La première déclaration
00:13:50faite par Marine Le Pen
00:13:51devant la Cour
00:13:51consiste à dire
00:13:53« On n'a pas eu le sentiment
00:13:54d'avoir commis une infraction.
00:13:56Le Parlement européen
00:13:58n'a pas exercé son contrôle
00:13:59sur l'utilisation
00:14:00qu'on a fait des fonds. »
00:14:01Donc, il y a une sorte
00:14:02de plaidoirie de l'ignorance.
00:14:03On ne savait pas.
00:14:04De la non-intention ?
00:14:06Oui, exactement.
00:14:07C'est une défense ?
00:14:08C'est une défense qui est possible,
00:14:10qui est un peu différente
00:14:11de la première instance
00:14:12où on avait réclamé
00:14:13une sorte d'immunité.
00:14:14Donc, effectivement,
00:14:15on voit qu'il y a eu une inflexion.
00:14:17Mais pour revenir
00:14:17sur ce que disait Manon Lefebvre,
00:14:20en réalité,
00:14:21les juges de première instance
00:14:23ont bien eu en tête
00:14:24l'idée d'une interférence
00:14:27avec le jeu démocratique.
00:14:28Ça ne leur a pas échappé
00:14:29à tel point que, d'ailleurs,
00:14:31c'est un petit peu juridique
00:14:32mais c'est intéressant néanmoins,
00:14:33la loi qu'ils ont appliquée
00:14:35ne leur faisait pas l'obligation
00:14:37de prononcer l'inéligibilité.
00:14:39Ils ont choisi de le faire.
00:14:40Ils avaient le choix
00:14:41de ne pas le faire,
00:14:42y compris également
00:14:43avec l'exécution
00:14:44pour l'histoire.
00:14:44Et ils ont choisi de le faire
00:14:45au regard, en effet,
00:14:47de la stratégie défense,
00:14:49du déni de première instance.
00:14:51Et donc, on voit bien
00:14:51que cette stratégie,
00:14:52elle a été ébranlée
00:14:53par le tribunal
00:14:54et que Marine Le Pen
00:14:55cherche à changer
00:14:57un petit peu
00:14:57son fusil d'épaule.
00:14:58Toute la question,
00:14:59c'est bien sûr
00:14:59de savoir si Marine Le Pen
00:15:01peut être empêchée
00:15:02d'être candidate
00:15:02à la présidentielle.
00:15:04L'arrêt de la cour d'appel
00:15:05est attendu pour cet été
00:15:06et peut donc avoir
00:15:08des conséquences
00:15:08très différentes
00:15:09pour la course
00:15:10à l'Elysée
00:15:10de Marine Le Pen
00:15:11selon ce qui sera dit.
00:15:12Quels sont les différents
00:15:14scénarios judiciaires
00:15:15possibles ?
00:15:16C'est assez compliqué
00:15:17mais je vais essayer
00:15:17d'être clair.
00:15:18Il y a plusieurs scénarios.
00:15:19Le premier scénario
00:15:20c'est celui de la relaxe.
00:15:21Terminé,
00:15:22Marine Le Pen est relaxée.
00:15:23Évidemment,
00:15:24il n'y a pas d'inéligibilité
00:15:25possible,
00:15:25elle peut être candidate.
00:15:26Si Marine Le Pen
00:15:28est condamnée
00:15:29à une inéligibilité,
00:15:31elle a plusieurs possibilités.
00:15:33Soit elle se pourvoie,
00:15:33soit elle ne se pourvoie pas.
00:15:35Si elle se pourvoie,
00:15:36c'est là que c'est un peu compliqué,
00:15:37désolé,
00:15:38si elle se pourvoie en cassation,
00:15:40eh bien,
00:15:41le pourvoi est suspensif.
00:15:43Donc,
00:15:43on fait comme si l'arrêt
00:15:44n'existait pas,
00:15:45l'arrêt de la cour d'appel
00:15:45et on en revient
00:15:47au jugement du tribunal
00:15:48avec l'exécution provisoire.
00:15:50Donc,
00:15:51en réalité,
00:15:52c'est là la nasse
00:15:53qui est celle
00:15:54dans laquelle se trouve
00:15:54Marine Le Pen,
00:15:55c'est qu'elle ne peut être
00:15:56candidate raisonnablement
00:15:58que si elle ne se pourvoie pas,
00:16:01c'est-à-dire si elle accepte
00:16:02sa culpabilité.
00:16:03Y compris si la cour de cassation,
00:16:06qui a d'ores et déjà dit,
00:16:08on rendra notre décision
00:16:09avant la présidentielle.
00:16:10Au mieux pour Marine Le Pen,
00:16:12la cour de cassation casse
00:16:14une décision de culpabilité,
00:16:15mais alors à ce moment-là,
00:16:17la cassation s'opère
00:16:17avec un renvoi
00:16:18devant une cour d'appel
00:16:19pour qu'elle soit
00:16:20rejugée.
00:16:20Donc, en réalité,
00:16:22la solution,
00:16:23ce serait soit
00:16:24que la cour d'appel
00:16:26prononce une peine
00:16:27d'inéligibilité
00:16:28de 18 mois
00:16:29qui aurait déjà été faite
00:16:31parce qu'elle est déjà
00:16:31inéligible depuis
00:16:32la première instance
00:16:33du fait de l'exécution provisoire.
00:16:35Donc, ça court.
00:16:36C'est déduit, bien sûr,
00:16:37mais qu'à ce moment-là,
00:16:38on laisse cette peine
00:16:39et qu'elle soit déjà exécutée
00:16:42et qu'à ce moment-là,
00:16:43elle est libre-champ,
00:16:43en effet,
00:16:44pour se présenter
00:16:45à la présidentielle.
00:16:45Question téléspectateur,
00:16:47Laurent Guimier.
00:16:47Oui, une question de Paco
00:16:48qui habite à Paris.
00:16:50Madame Le Pen,
00:16:51si elle est une nouvelle fois
00:16:52inéligible,
00:16:53pourra-t-elle devenir
00:16:54première ministre
00:16:55si l'URN
00:16:56gagnait en 2025 ?
00:16:57C'est de la politique fiction
00:16:58réaliste.
00:17:00Oui,
00:17:01parce que
00:17:01le poste de premier ministre
00:17:03n'est pas une élection
00:17:04mais une nomination
00:17:05et donc,
00:17:06même si elle était
00:17:07inéligible,
00:17:08c'est autre chose
00:17:08que d'être nommée
00:17:09et donc,
00:17:09elle pourrait être
00:17:10première ministre.
00:17:11Je salue Lou Frittel
00:17:12qui vient de nous rejoindre.
00:17:13Elle arrive de l'île
00:17:14de la Cité
00:17:15où elle était
00:17:15cet après-midi
00:17:16au procès
00:17:17de Marine Le Pen.
00:17:19Lou,
00:17:19on parlait juste avant
00:17:20votre arrivée.
00:17:20D'abord,
00:17:21bonsoir.
00:17:21Ça va ?
00:17:22Ça va ?
00:17:22Vous êtes passée
00:17:23à travers les barrages agricoles
00:17:24aux abords de l'Assemblée nationale ?
00:17:26Les barrages policiers
00:17:27plutôt qu'agricoles.
00:17:28Barrages policiers.
00:17:29On parlait juste avant
00:17:31que vous arriviez
00:17:31de la stratégie de défense
00:17:32de Marine Le Pen.
00:17:33Vous étiez cet après-midi
00:17:34au Palais de Justice de Paris.
00:17:36Est-ce qu'elle a adouci
00:17:38la stratégie de défense
00:17:39de la première instance
00:17:40qui consistait
00:17:41à tout nier en bloc ?
00:17:42Pour l'instant,
00:17:43aujourd'hui,
00:17:43c'était un rappel des faits,
00:17:44un rappel de la condamnation,
00:17:45un rappel des faits,
00:17:46les prévenus
00:17:47qui donnaient leur identité,
00:17:49qui confirmaient leur identité.
00:17:50Donc,
00:17:50on n'était pas du tout
00:17:51sur la question,
00:17:53en tout cas devant les juges,
00:17:54la question de sa défense
00:17:56ne s'est pas posée.
00:17:56En revanche,
00:17:57quand elle est arrivée,
00:17:59effectivement,
00:18:00elle a eu cette parole
00:18:01qui est une nouveauté,
00:18:03en tout cas,
00:18:04dans son expression
00:18:04depuis l'an dernier,
00:18:06en disant
00:18:07« si délit,
00:18:08il y a eu ».
00:18:09Donc,
00:18:10elle reconnaît
00:18:11peut-être
00:18:12que quelque chose
00:18:13a pu se passer,
00:18:14en tout cas,
00:18:15là où avant,
00:18:16elle n'y est tout en bloc.
00:18:17Il y a un début d'aveu.
00:18:18Non,
00:18:19c'est plutôt un début
00:18:20de peut-être
00:18:21qu'on a fait quelque chose
00:18:22sans s'en rendre compte,
00:18:24mais c'est vraiment infime,
00:18:25c'est de la nuance
00:18:26à ce niveau.
00:18:27En réalité,
00:18:28Marine Le Pen,
00:18:29elle reste persuadée
00:18:31que c'est une interprétation
00:18:33entre les instances européennes
00:18:36et la façon
00:18:37dont on utilise
00:18:39les assistants parlementaires
00:18:40en France,
00:18:40c'est-à-dire qu'en France,
00:18:43ce n'est pas très encadré,
00:18:44vous pouvez faire
00:18:44plus ou moins
00:18:45tout ce que vous voulez,
00:18:46en tout cas,
00:18:47votre assistant parlementaire,
00:18:48il vous aide sur le terrain
00:18:49en tant que député,
00:18:50mais aussi au parti,
00:18:51en réalité.
00:18:52Les instances européennes,
00:18:53ce n'est pas du tout le cas.
00:18:54Et c'est vrai
00:18:54qu'elle,
00:18:55elle considère,
00:18:56en tout cas,
00:18:56qu'elle est dans son bon droit.
00:18:57En revanche,
00:18:58elle a parfaitement intégré
00:18:59l'idée que,
00:19:00si elle s'est pris
00:19:00cette peine en première instance,
00:19:02elle peut tout à fait
00:19:03avoir la même chose,
00:19:04sinon pire.
00:19:05Deuxième.
00:19:06Pourquoi est-ce qu'elle a pris
00:19:07un deuxième avocat ?
00:19:08Elle avait un seul avocat
00:19:09en première instance,
00:19:10elle en a pris un deuxième
00:19:11pour le procès en appel.
00:19:12Alors,
00:19:12parce qu'elle a été condamnée
00:19:13en première instance
00:19:14en tant qu'eurodéputée,
00:19:16mais aussi au titre
00:19:17de présidente du FN,
00:19:20devenue RN.
00:19:21Donc,
00:19:21elle a décidé de,
00:19:23en tout cas officiellement,
00:19:24de dissocier
00:19:25ces deux fonctions,
00:19:26parce qu'effectivement,
00:19:28quand le RN fait
00:19:30une comparaison
00:19:31avec le Modem,
00:19:32par exemple,
00:19:33il considère que,
00:19:34enfin,
00:19:34en tout cas pour le Modem,
00:19:36François Bayrou
00:19:36n'était pas eurodéputé,
00:19:38il n'a pas été déterminé
00:19:39qu'il était au cœur du système,
00:19:40mais le fait
00:19:41qu'il n'ait pas été eurodéputé
00:19:42faisait en plus
00:19:43qu'il était difficile
00:19:44d'établir des liens.
00:19:45En l'occurrence,
00:19:46pour Marine Le Pen,
00:19:47non seulement il y a
00:19:48des preuves matérielles
00:19:51existantes
00:19:52qui sont accablantes,
00:19:54et en plus,
00:19:56elle avait cette double casquette,
00:19:58donc l'importance
00:20:00de deux avocats.
00:20:00En revanche,
00:20:01c'est vrai qu'on sait aussi
00:20:02qu'elle a un rapport
00:20:03très proche
00:20:03avec son premier avocat,
00:20:05Rodolphe Bossulet,
00:20:06qui est un de ses amis,
00:20:08qui est un bon avocat,
00:20:09mais qui manifestement,
00:20:10quand même,
00:20:11même si le RN
00:20:12dit l'inverse,
00:20:13Marine Le Pen
00:20:13a quand même
00:20:13un ascendant sur lui
00:20:14et c'est bien
00:20:17que son médecin
00:20:19ne soit pas celui
00:20:19de sa famille,
00:20:20ne soit pas membre
00:20:21de sa famille.
00:20:21C'est pour ça
00:20:22qu'elle a choisi
00:20:22Sandra Chirac-Colaret
00:20:23qui est une avocate
00:20:25angevine.
00:20:25On peut se dire,
00:20:26en tout cas,
00:20:27qu'effectivement,
00:20:27il y a une volonté
00:20:28d'élargissement.
00:20:29Je remarquerais aussi
00:20:30qu'avant,
00:20:31vous aviez quelques avocats
00:20:33pour l'ensemble
00:20:34des prévenus.
00:20:34Aujourd'hui,
00:20:35chaque prévenu
00:20:35a son propre avocat.
00:20:37C'est quand même
00:20:37une différence
00:20:38et c'est quand même
00:20:38plus simple
00:20:39pour essayer d'expliquer
00:20:40qu'il n'y a pas
00:20:41de système organisé
00:20:42parce que si vous dites
00:20:43non,
00:20:43chacun a fait
00:20:44à sa sauce
00:20:45mais que vous prenez
00:20:46un avocat
00:20:47pour l'ensemble,
00:20:48même visuellement,
00:20:50ce n'est pas très porteur.
00:20:52Une autre question
00:20:54d'ordre juridique,
00:20:55Bertrand Perrier.
00:20:56Avec ce qu'on appelle
00:20:57la personnalisation
00:20:58de la peine,
00:20:59les juges auront-ils
00:21:01en tête cet enjeu
00:21:02de la présidentielle ?
00:21:04Je pose la question
00:21:05autrement.
00:21:05Jusqu'où la justice
00:21:06peut aller
00:21:07sans interférer
00:21:09avec le jeu démocratique ?
00:21:10Ils ne peuvent pas
00:21:11ne pas l'avoir
00:21:11mais pour autant,
00:21:13le tribunal a dit
00:21:14que le jeu démocratique
00:21:16n'est pas non plus
00:21:16un obstacle
00:21:17au fonctionnement
00:21:18de la justice.
00:21:19Et donc,
00:21:20il faut bien
00:21:20que la justice passe.
00:21:21Ce n'est pas parce que
00:21:22par ailleurs,
00:21:23on est dans un jeu démocratique.
00:21:24C'était l'idée que,
00:21:25en première instance,
00:21:26on avait plaidé
00:21:27que c'était les électeurs
00:21:27qui devaient décider.
00:21:29Non,
00:21:29les électeurs,
00:21:30ils décident sur la démocratie
00:21:31et les juges,
00:21:32ils décident sur la justice.
00:21:33Et donc,
00:21:34les deux doivent marcher
00:21:35de concert,
00:21:36bien évidemment.
00:21:37Mais on a aussi
00:21:37beaucoup entendu,
00:21:38les juges ne doivent pas
00:21:39décider de qui est
00:21:39sur la ligne de départ.
00:21:41Certes,
00:21:41mais il se trouve
00:21:42qu'ils ont aussi
00:21:43cette mission
00:21:44et que cette mission,
00:21:45elle leur est donnée
00:21:45par la loi.
00:21:46Il y a une sanction
00:21:47d'inéligibilité
00:21:48qui est à leur disposition,
00:21:50qui est une sanction
00:21:50prévue par la loi
00:21:52et ils ne sont pas
00:21:53amputés de cela
00:21:54parce qu'il y a,
00:21:57encore une fois,
00:21:58une élection à venir.
00:21:59Après,
00:22:00il faut,
00:22:01malgré tout,
00:22:01insister sur le fait
00:22:02que l'exécution provisoire
00:22:04de l'inéligibilité,
00:22:05ce qui pose problème,
00:22:07en soi,
00:22:07l'inéligibilité,
00:22:08elle ne pose pas vraiment
00:22:09problème.
00:22:10Si on allait au bout
00:22:11des voies de recours
00:22:11et qu'elle était suspendue
00:22:12à une condamnation définitive,
00:22:14ce qui pose problème,
00:22:14c'est l'alliage
00:22:15de l'inéligibilité
00:22:16et de l'exécution provisoire.
00:22:18Or,
00:22:18si l'inéligibilité
00:22:19est assez classique
00:22:20en cette matière,
00:22:21l'exécution provisoire,
00:22:23elle,
00:22:23est une dérogation
00:22:24au principe
00:22:25de l'effet suspensif
00:22:27des voies de recours.
00:22:28Et donc,
00:22:28c'est là que se niche
00:22:29le débat
00:22:30parce que,
00:22:31véritablement,
00:22:32pour qu'on prononce
00:22:34l'exécution provisoire,
00:22:35il faut qu'il y ait
00:22:36une menace
00:22:36sur l'exécution,
00:22:37il faut qu'il y ait
00:22:38un risque de réitération.
00:22:40Tout ça,
00:22:40dans l'hypothèse
00:22:41de Marine Le Pen,
00:22:43est un peu complexe.
00:22:44Alors,
00:22:45le tribunal l'a motivé,
00:22:46librement,
00:22:47au regard de la gravité
00:22:48des faits,
00:22:49au regard du système
00:22:49de défense,
00:22:50au regard de ce système
00:22:52dont Marine Le Pen
00:22:54était,
00:22:55selon le tribunal,
00:22:56l'organisatrice
00:22:56parce qu'effectivement,
00:22:57elle a à la fois bénéficié
00:22:59en tant qu'eurodéputée,
00:23:00mais en tant que présidente
00:23:01du RN,
00:23:01elle l'a organisée.
00:23:03Et donc,
00:23:03c'est pour ça
00:23:03qu'il y a deux inculpations
00:23:05pour Marine Le Pen.
00:23:06Et donc,
00:23:07de tout cela,
00:23:08malgré tout,
00:23:09pour moi,
00:23:10l'exécution provisoire,
00:23:12on n'était pas
00:23:12dans les clous.
00:23:13il fallait laisser
00:23:14le libre cours
00:23:16des voies de recours
00:23:18et faire en sorte
00:23:19que cette exécution provisoire
00:23:20ne soit pas prononcée
00:23:22et que la logique
00:23:24de l'effet suspensif joue
00:23:25jusqu'à une condamnation définitive.
00:23:27Stéphane Zumsteg,
00:23:29il y a eu donc
00:23:29le procès de première instance
00:23:31l'année dernière.
00:23:32Voici ce procès en appel.
00:23:34Est-ce que
00:23:35ces affaires judiciaires
00:23:37ont un impact aujourd'hui
00:23:38dans l'opinion
00:23:39sur à la fois
00:23:41l'électorat de Marine Le Pen
00:23:42mais sur l'électorat
00:23:43en général ?
00:23:44Pas vraiment.
00:23:44Pas vraiment
00:23:45parce que ça fait maintenant
00:23:45des dizaines d'années
00:23:47que l'opinion publique
00:23:48voit se succéder
00:23:49les affaires
00:23:49politico-financières,
00:23:51affaires politiques,
00:23:52aux divers scandales.
00:23:53Donc,
00:23:54l'opinion a intégré cela.
00:23:55Et pour répondre à votre question
00:23:57plus précisément
00:23:57sur le procès en première instance
00:23:59puis l'appel de Marine Le Pen,
00:24:01non,
00:24:01non,
00:24:02en ce qui concerne,
00:24:02ça n'aura pas d'impact
00:24:03en ce qui concerne
00:24:04la base électorale
00:24:05du Rassemblement national
00:24:05et ça n'a pas eu jusqu'à présent
00:24:07d'impact auprès des Français
00:24:08en général.
00:24:08Pourquoi auprès des Français ?
00:24:09D'abord,
00:24:10il y a des mesures d'opinion
00:24:11qui ont été réalisées
00:24:11immédiatement après la condamnation
00:24:13en première instance
00:24:14de Marine Le Pen
00:24:15et d'ailleurs,
00:24:15c'est très rassurant
00:24:16sur l'image que les Français
00:24:17portent sur leur justice.
00:24:18Souvent,
00:24:19ils critiquent la justice
00:24:19parce qu'elle est compliquée,
00:24:20elle est chère,
00:24:21elle est longue
00:24:21mais en tout cas,
00:24:22sur la sincérité
00:24:23et sur le professionnalisme
00:24:24des juges,
00:24:25il n'y a jamais eu
00:24:26de remise en cause.
00:24:27A l'époque,
00:24:27le jugement était considéré
00:24:28comme justifié,
00:24:30la peine n'était pas
00:24:31disproportionnée
00:24:32et d'une certaine façon,
00:24:33aux yeux des Français,
00:24:34si Marine Le Pen
00:24:35avait été condamnée
00:24:36et ne pouvait pas se présenter,
00:24:37elle ne devait pas être
00:24:37candidate à l'élection présidentielle.
00:24:39Et en ce qui concerne
00:24:40la base électorale,
00:24:41tout ça n'a pas eu
00:24:41beaucoup d'impact
00:24:43et n'en aura probablement pas
00:24:44quel que soit le résultat,
00:24:46quel que soit le verdict
00:24:47des juges juste avant l'été
00:24:48pour ce procès en appel
00:24:49parce qu'au Rassemblement National,
00:24:51là encore,
00:24:51c'est la preuve
00:24:52d'un parti qui s'institutionnalise
00:24:53et qui devient comme les autres,
00:24:54il n'y a pas une candidate,
00:24:55il y avait deux candidats,
00:24:56il y a un plan B,
00:24:57un plan A,
00:24:58un deuxième plan,
00:24:58un plan A,
00:24:59on peut l'appeler
00:25:00comme on veut
00:25:01mais ça a tout de suite rassuré
00:25:03les sympathisants
00:25:04et la base électorale
00:25:05du Rassemblement National,
00:25:06d'ailleurs,
00:25:06il n'y a pas eu
00:25:06de l'appel au soulèvement
00:25:07ou à l'indignation
00:25:08n'a jamais fonctionné,
00:25:09c'est pourtant
00:25:09ce qu'a essayé de faire
00:25:10Marine Le Pen
00:25:11en mars et en avril dernier
00:25:13parce que,
00:25:14quelque part,
00:25:14pour les militants
00:25:15du Rassemblement National,
00:25:16c'est peut-être injuste,
00:25:17c'est peut-être sévère
00:25:17mais ce n'est pas si grave que ça
00:25:19puisque nous avons
00:25:20Jordan Bardella
00:25:20qui fera le travail
00:25:21aussi bien que Marine Le Pen.
00:25:23Donc ça a été des mauvaises nouvelles
00:25:24pour Marine Le Pen
00:25:24politiquement tout ça.
00:25:25On va reparler du plan B
00:25:26dans un instant,
00:25:27le plan Bardella
00:25:27mais d'abord,
00:25:28on va les écouter,
00:25:29ces électeurs
00:25:30puisque chaque voix compte
00:25:32acharnement judiciaire
00:25:33ou application normale du droit.
00:25:34Nous sommes allés les interroger
00:25:35à Compiègne dans l'Oise.
00:25:37Vox Pop signé Martin Bornet
00:25:39et Eva Billion ce soir.
00:25:44Compiègne,
00:25:4540 000 habitants
00:25:46et depuis les dernières élections législatives,
00:25:49l'un des nouveaux fiefs
00:25:50du Rassemblement National.
00:25:52En 2024,
00:25:54l'extrême droite
00:25:54l'a emporté
00:25:55dans les deux circonscriptions
00:25:56de la vie.
00:25:57Alors que Marine Le Pen
00:25:58pourrait être inéligible
00:26:00à la prochaine élection présidentielle,
00:26:02ses sympathisants
00:26:03rencontrés ce matin
00:26:04sont toujours derrière eux.
00:26:05Je pense que c'est dégueulasse.
00:26:07C'est pas normal.
00:26:09C'est pas normal
00:26:09qu'elle soit écartée
00:26:10des présidentielles.
00:26:11Même si elle est condamnée,
00:26:12je la soutiens entièrement.
00:26:14Vous pensez que c'est un moyen
00:26:14de l'empêcher d'être candidate ?
00:26:16Oui.
00:26:17Elle gêne beaucoup de monde.
00:26:18On espère qu'elle va être éligible.
00:26:20Il faut qu'elle fasse aux présidentielles.
00:26:23Eric a 58 ans.
00:26:24Il est électricien
00:26:25et vote pour le Rassemblement National
00:26:27depuis 20 ans.
00:26:29Pour moi, Marine,
00:26:29c'est quelqu'un qui,
00:26:31aujourd'hui,
00:26:31qui risque de redresser la France.
00:26:33Bardalot, Le Pen
00:26:34ou Tanguy
00:26:36ou qui que ce soit.
00:26:37Le R.M.
00:26:38J'ai bien dit le R.M.
00:26:39Le successeur annoncé
00:26:41de Marine Le Pen,
00:26:42Jordan Bardella,
00:26:43ne fait pas l'unanimité.
00:26:45Il est très jeune.
00:26:46Il n'a jamais travaillé
00:26:48dans la vie professionnelle.
00:26:51Il n'a pas d'enfant.
00:26:54Il n'a pas assez d'expérience
00:26:56de la vie.
00:26:56Au vu de son cursus
00:26:58universitaire,
00:26:59je ne sais pas
00:27:00s'il sera vraiment légitime.
00:27:03Pour d'autres électeurs
00:27:04qui n'ont pas voté
00:27:05pour le R.N.,
00:27:06il faut respecter
00:27:07la décision de justice.
00:27:09Il n'y a pas de raison
00:27:09que parce qu'on est politique,
00:27:11on échappe à la justice.
00:27:13La justice,
00:27:13on me semble indépendante.
00:27:15Elle est comme
00:27:16tous les êtres humains.
00:27:18Elle fait des bêtises
00:27:19et elle doit payer.
00:27:21Ce n'est pas parce qu'on est politique
00:27:22qu'on est au-dessus des lois.
00:27:23C'est tout.
00:27:24On doit être droit
00:27:24dans ses baskets
00:27:25et puis la France,
00:27:27elle irait mieux.
00:27:27Ça rejoint assez
00:27:29ce que disait
00:27:29Stéphane Zumsteg
00:27:30il y a un instant.
00:27:32Mettons-nous
00:27:32dans la perspective
00:27:33d'une nouvelle condamnation
00:27:34de Marine Le Pen
00:27:35en appel.
00:27:37Ce sera le plan B.
00:27:38Bardella,
00:27:39quand sera-t-il
00:27:40enclenché, Lou ?
00:27:41Lors d'un congrès
00:27:42qui aura lieu
00:27:43vraisemblablement,
00:27:44de ce que j'ai compris,
00:27:46à la fin de l'été 2026.
00:27:49Il existe...
00:27:50Vraiment,
00:27:50Jordan Bardella,
00:27:51je ne sais pas
00:27:52si vous vous souvenez
00:27:52de combien
00:27:53de pourcentages
00:27:55il avait obtenu
00:27:55lorsqu'il a été
00:27:56élu président
00:27:57du RN.
00:27:58On s'attendait
00:27:58à un bon 60-65%.
00:28:00Il a eu 88%.
00:28:02Il est plébiscité
00:28:04au sein du RN.
00:28:06Est-ce que
00:28:07la question
00:28:08d'une Marion Maréchal,
00:28:10pour moi,
00:28:10elle doit rester
00:28:11quand même
00:28:11en suspens ?
00:28:13Elle vient de sortir
00:28:14un livre
00:28:14où elle réhabilite
00:28:15le nom de famille Le Pen,
00:28:17si tu t'appelles Le Pen,
00:28:19et sachant qu'elle a joué
00:28:21à un moment donné
00:28:22avec ce nom de famille
00:28:23en se faisant appeler
00:28:24Marion Maréchal.
00:28:24Elle ne voulait plus
00:28:25qu'on l'appelle Le Pen.
00:28:26D'abord, Marion Maréchal Le Pen.
00:28:27Elle s'appelait Marion Maréchal
00:28:28au tout départ.
00:28:29Elle a récupéré
00:28:29l'accroche Le Pen,
00:28:31puis elle l'a redélaissée,
00:28:33et aujourd'hui,
00:28:34comme si elle le réhabilitait.
00:28:36Ça a agacé en interne,
00:28:38et encore,
00:28:39le mot est faible.
00:28:40Jordan Bardella,
00:28:41mais aussi Marine Le Pen.
00:28:43Manifestement,
00:28:44il n'y a pas de monde
00:28:45où Marion Maréchal
00:28:47peut se présenter
00:28:48au Congrès.
00:28:49Il faudrait déjà
00:28:49qu'elle soit adhérente RN,
00:28:50ce qui n'est pas,
00:28:50ce n'est pas une possibilité.
00:28:53Mais le RN peut-il exister
00:28:55sans un Le Pen ?
00:28:56C'est une vraie question.
00:28:57Honnêtement,
00:28:57moi, je n'ai pas la réponse.
00:28:59Parce que pour l'instant,
00:29:00on parle de Jordan Bardella,
00:29:01mais il y a Marine Le Pen.
00:29:02Marine Le Pen,
00:29:03demain,
00:29:04on a une campagne.
00:29:04Est-ce qu'elle se retirera
00:29:05complètement ?
00:29:06Non, sans doute pas.
00:29:07Elle sera en suspens.
00:29:08Son entourage sera transféré
00:29:09à Jordan Bardella
00:29:10parce que lui,
00:29:11en réalité,
00:29:12a peu d'entourage.
00:29:14En tout cas,
00:29:14pas les poids lourds
00:29:16qu'elle peut avoir,
00:29:17elle.
00:29:17et qu'elle sera aussi,
00:29:20on en a déjà parlé
00:29:21sur ce plateau,
00:29:21qu'elle sera aussi
00:29:22sa ligne à lui,
00:29:24sa patte à lui.
00:29:25Est-ce que ce sera
00:29:26une version Marine Le Pen
00:29:29plus jeune et en homme
00:29:30ou est-ce que lui-même
00:29:31essaiera d'avoir
00:29:32une individualité ?
00:29:33Et tout ça,
00:29:34ce sont des choses
00:29:36qui permettront de savoir
00:29:37aussi ce qu'elle sera
00:29:38à l'avenir de Jordan Bardella
00:29:39post-présidentiel
00:29:40s'il perd.
00:29:41Parce que soit
00:29:42il réussit
00:29:43à faire sa mue
00:29:44et à devenir
00:29:45un leader de parti
00:29:46sans une Le Pen,
00:29:48soit il reste
00:29:50l'éternel
00:29:51dauphin materné
00:29:53et pour moi,
00:29:55forcément,
00:29:57c'est quelqu'un
00:29:58qui sera proche
00:29:59de la famille,
00:30:00soit Marine Le Pen
00:30:01elle-même,
00:30:01soit Marine Maréchal
00:30:02qui récupérera le bébé.
00:30:04Je voudrais qu'on regarde
00:30:05ensemble l'enquête
00:30:05qui a été publiée hier
00:30:06par le journal Le Monde
00:30:07avec l'hémicycle
00:30:09et qui montre
00:30:09que Marine Le Pen
00:30:10subit une érosion
00:30:11de son image,
00:30:12Stéphane Zumsteg.
00:30:13Une petite majorité
00:30:14de Français seulement
00:30:15la jugent capables
00:30:16de prendre
00:30:16les bonnes décisions.
00:30:1855%,
00:30:18c'est moins 12 points
00:30:20depuis l'année dernière.
00:30:22Ils ne sont plus
00:30:23que 50%
00:30:23à estimer
00:30:25qu'elle peut comprendre
00:30:26les problèmes quotidiens
00:30:27des Français
00:30:27et c'était 56%
00:30:28il y a un an.
00:30:29Sa capacité
00:30:30à rassembler
00:30:31au-delà de son camp
00:30:32redescend au niveau
00:30:33de la présidentielle
00:30:33de 2022
00:30:34à 39%.
00:30:35Elle perd 11 points
00:30:36sur un an.
00:30:37Comment vous l'expliquez ?
00:30:38L'érosion de son image ?
00:30:39Il y a l'érosion
00:30:40que vous veniez de mentionner
00:30:41auprès des Français
00:30:42et elle est tout aussi manifeste
00:30:44et tout aussi massive
00:30:45auprès de l'électorat RN.
00:30:46C'est ça qui est intéressant.
00:30:47La première raison
00:30:48que je vois,
00:30:48ce n'est pas forcément
00:30:49une dégradation
00:30:50de son fait,
00:30:51mais il y a une partie
00:30:51des Français,
00:30:52notamment dans son socle électoral,
00:30:53qui a déjà intériorisé
00:30:54le fait qu'elle ne serait pas candidate.
00:30:56Il y a d'ailleurs
00:30:56une autre question
00:30:57dans cette enquête
00:30:58qui montre que,
00:30:58selon les sympathisants
00:31:00du Rassemblement national,
00:31:01Jordan Bardella
00:31:02ferait un meilleur candidat.
00:31:03Oui,
00:31:04parce qu'elle a été condamnée
00:31:05et c'est un peu
00:31:06l'injustice de la politique
00:31:07quand quelque part
00:31:08il vous arrive
00:31:08un accident de parcours
00:31:09et que vous êtes dans un parti
00:31:10où il y a des remplaçants,
00:31:12des gens qui sont considérés
00:31:13par votre base.
00:31:13Vous passez à la trappe.
00:31:14Vous passez par la trappe
00:31:15ou alors en tout cas
00:31:16vous subissez une baisse
00:31:18dans l'opinion.
00:31:20C'est à mon avis
00:31:21la première raison
00:31:22et la seconde également
00:31:23qui est quand même intéressante
00:31:24parce qu'on parle
00:31:25beaucoup souvent
00:31:25de l'âge,
00:31:26de l'inexpérience supposée
00:31:27ou du jeune âge,
00:31:28du trop jeune âge
00:31:29de Jordan Bardella.
00:31:30Et de son inexpérience professionnelle.
00:31:31Ça pourrait se révéler
00:31:32dans le cadre
00:31:32d'une élection présidentielle
00:31:34qui est quelque chose
00:31:35de très particulier.
00:31:36Très personnelle.
00:31:37Entre un homme,
00:31:37une femme et les Français
00:31:39mais c'est vrai.
00:31:39C'est très particulier.
00:31:41Vous pouvez dévisser
00:31:41très très vite.
00:31:42On parle souvent
00:31:42de ces handicaps
00:31:43ou de ces handicaps supposés.
00:31:45On ne parle pas
00:31:45de ces atouts.
00:31:46Très longtemps,
00:31:47le Rassemblement national,
00:31:48le FN puis le RN
00:31:49a souffert d'angle mort.
00:31:51Il y avait des populations
00:31:52de Françaises et de Français
00:31:53qui lui étaient
00:31:53résolument hostiles.
00:31:55Les jeunes.
00:31:56L'électorat de droite aussi.
00:31:57L'électorat de droite classique.
00:31:58Mais qui réussit
00:32:00à drainer vers
00:32:01le Rassemblement national
00:32:01aujourd'hui
00:32:02les jeunes
00:32:03et l'électorat de droite ?
00:32:05C'est Jordan Bardella
00:32:06bien plus que Marine Le Pen
00:32:07qui a un positionnement
00:32:08plus populiste
00:32:09qui plaît notamment
00:32:10à des personnes
00:32:11de catégorie populaire
00:32:12ou des gens
00:32:12qui ont voté un jour
00:32:13à gauche.
00:32:14Avec Jordan Bardella,
00:32:15ce n'est pas la même chose.
00:32:16Donc réussir
00:32:17à passer des 30-35%
00:32:19auxquels on peut
00:32:19les mesurer aujourd'hui
00:32:20de premier tour
00:32:21à 50% plus une voix
00:32:22à l'élection présidentielle,
00:32:23il y a des atouts
00:32:24pour les uns,
00:32:25pour les autres,
00:32:26mais il y en a beaucoup
00:32:26et bien plus qu'on ne le dit
00:32:28je pense aujourd'hui
00:32:29en faveur de Jordan Bardella.
00:32:31Donc à un moment donné,
00:32:32les gens font de l'arbitrage.
00:32:33Quand vous êtes proche
00:32:33du Rassemblement national,
00:32:35vous pourriez très bien dire
00:32:35que vous adorez les deux,
00:32:36mais en fait,
00:32:37quelque part,
00:32:38vous choisissez déjà
00:32:40et si on vous demande
00:32:41est-ce qu'elle ferait
00:32:41une bonne candidate,
00:32:43oui, peut-être,
00:32:43mais on en a un autre.
00:32:45Il n'est pas encore
00:32:45le candidat officiel,
00:32:47mais jusqu'à preuve du contraire
00:32:48et on verra avec le jugement
00:32:50avant l'été,
00:32:51ce sera lui le candidat
00:32:52en l'état actuel.
00:32:53Et ça,
00:32:53les électeurs
00:32:54du Rassemblement national
00:32:55l'ont bien compris,
00:32:56l'ont bien intériorisé.
00:32:5770% des sympathisants RN
00:32:59jugent que Jordan Bardella
00:33:00est en meilleure position.
00:33:02Ce que montre aussi
00:33:03ce baromètre
00:33:04et ce qui est intéressant aussi
00:33:05parce qu'on a beaucoup parlé
00:33:06de Jordan Bardella
00:33:07et Marine Le Pen
00:33:07en commentant ce baromètre,
00:33:09mais ce qu'ils montrent aussi,
00:33:10c'est comment le RN
00:33:11et ses idées
00:33:11continuent de progresser
00:33:13dans l'opinion.
00:33:14Désormais,
00:33:1442% des Français
00:33:15affirment être en accord
00:33:17avec les idées
00:33:18défendues par le RN.
00:33:19Ça vous a surpris,
00:33:20ce chiffre,
00:33:20Bertrand Perrier ?
00:33:21Oui,
00:33:22parce qu'effectivement,
00:33:22on voit cette normalisation.
00:33:24C'est intéressant aussi
00:33:26de voir les précédents
00:33:27dans l'inéligibilité.
00:33:30En réalité,
00:33:30le vrai précédent
00:33:31d'une inéligibilité
00:33:32avec exécution provisoire
00:33:34de cours d'appel,
00:33:34c'est les Balkany.
00:33:36Ah, j'aurais dit Alain Juppé, moi.
00:33:37Non.
00:33:38Alain Juppé,
00:33:38il a été condamné
00:33:39à une inéligibilité
00:33:41sans exécution provisoire,
00:33:42mais il n'a pas fait de pourvoi.
00:33:43Donc, il a laissé
00:33:44la condamnation devenir définitive.
00:33:47Et donc,
00:33:47il est parti,
00:33:48comme vous le savez,
00:33:48au Canada.
00:33:49Au Canada.
00:33:49C'était en 2004
00:33:50dans l'affaire
00:33:51des emplois fictifs
00:33:51de la mairie de Paris.
00:33:53Donc là,
00:33:54c'était un peu de son fait.
00:33:55Il est parti.
00:33:55C'est en deuxième instance.
00:33:57Et c'était en appel,
00:33:57absolument.
00:33:59D'ailleurs,
00:33:59c'était dix ans
00:34:00d'inéligibilité
00:34:01en première instance.
00:34:01Un an en appel.
00:34:02Donc, ça a été réduit.
00:34:03Il n'a pas fait de pourvoir.
00:34:05Et donc, il a laissé
00:34:05la condamnation.
00:34:05Et pourquoi vous citez
00:34:06les Balkany, alors ?
00:34:07Et donc, les Balkany,
00:34:08eux, ont eu
00:34:09dix ans d'inéligibilité
00:34:10avec exécution provisoire
00:34:12en appel.
00:34:13Donc, c'est la dernière
00:34:13grande condamnation
00:34:15avec exécution provisoire
00:34:16inéligibilité.
00:34:17C'est Patrick et Isabelle Balkany.
00:34:19Eh bien, merci à tous les trois
00:34:20d'être venus ce soir,
00:34:22même tardivement,
00:34:23sur le plateau
00:34:24de Chaque Voix Compte.
00:34:25Dans un instant,
00:34:26c'est la question qui fâche,
00:34:27mais je vous en sais gré,
00:34:29évidemment.
00:34:30Faut-il savoir compter
00:34:32jusqu'à 49,3
00:34:33pour adopter le budget ?
00:34:35On en débat
00:34:36avec nos trois prochains invités
00:34:37dans un instant
00:34:38dans la question qui fâche.
00:34:39Mais avant cela,
00:34:39c'est quelle histoire ?
00:34:40C'est Laurent Guignet ?
00:34:42Et ce soir, Laurent,
00:34:51vous décryptez une polémique
00:34:52très commentée
00:34:53depuis quelques jours
00:34:54sur les réseaux sociaux.
00:34:55Sarah Knafo,
00:34:56la candidate reconquête
00:34:57à la mairie de Paris,
00:34:58accusée d'avoir purement
00:34:59et simplement copié
00:35:00la campagne
00:35:01d'un homme politique américain.
00:35:03Oui, et pas qu'un petit peu,
00:35:05Adeline,
00:35:05c'est un vrai copier-coller,
00:35:07même couleur,
00:35:08même typographie,
00:35:09même clip de campagne.
00:35:11La campagne parisienne
00:35:13de Sarah Knafo
00:35:14ressemble très pour trait
00:35:15à celle de M. Zoran Mamdani,
00:35:17candidat de gauche
00:35:18à la mairie de New York,
00:35:19on en a parlé
00:35:19il y a quelques semaines,
00:35:21et qui l'a emportée
00:35:22en novembre dernier.
00:35:23Alors, on va juger sur pièce
00:35:24pour se faire une idée.
00:35:26D'abord,
00:35:27le site de campagne
00:35:28des deux candidats,
00:35:29vous voyez une typographie
00:35:30qui se ressemble,
00:35:32des couleurs très très poches,
00:35:34très flashy,
00:35:35dans les deux cas.
00:35:35Et puis, il y a ce deuxième indice
00:35:37qui a fait beaucoup
00:35:38sursauter les internautes,
00:35:40ce sont les clips de campagne.
00:35:42Les deux prennent le métro,
00:35:43Knafo descend au terminus
00:35:44hôtel de ville,
00:35:45exactement comme Mamdani
00:35:47qui lui descendait
00:35:48la station City Hall,
00:35:49c'est-à-dire hôtel de ville
00:35:50en anglais.
00:35:52Et comment Sarah Knafo
00:35:53se défend-elle de ce plagiat ?
00:35:56Alors, elle assume totalement,
00:35:57et je crois qu'elle a tactiquement raison,
00:35:59démentir aurait été plutôt suicidaire
00:36:01vu la lourdeur des preuves,
00:36:03on va dire ça comme ça.
00:36:05Assumer, c'est reprendre
00:36:06le contrôle du récit,
00:36:08comme elle l'a fait hier matin
00:36:09sur France Inter.
00:36:10Regardez.
00:36:12Je pense qu'aujourd'hui,
00:36:13il va y avoir une nouvelle manière
00:36:14de faire de la politique,
00:36:15en tout cas pour ceux qui vont gagner.
00:36:16Je crois que les vieilles méthodes,
00:36:18les vieilles chartes graphiques
00:36:19qu'on a beaucoup vues
00:36:20vont désormais s'effacer
00:36:21au profit des gens
00:36:22qui réussiront à montrer des solutions,
00:36:24qui réussiront à montrer
00:36:25la lumière au public.
00:36:25Donc, vous vous inspirez
00:36:26d'un candidat qui a incarné
00:36:28l'exact inverse de ce que vous prenez.
00:36:31Je crois que ce que disait Eric Zemmour,
00:36:33il disait que Zoran Mamdani,
00:36:34c'était le parti de l'étranger.
00:36:35Alors, merci de le dire.
00:36:36Donc, en fait, il y a du bon,
00:36:37il y a des bonnes idées à gauche, c'est ça ?
00:36:39Il y a une bonne chose
00:36:39chez Zoran Mamdani,
00:36:40c'est que, comme je vous l'ai dit,
00:36:41il était à 3% l'an dernier,
00:36:42il est maire de New York aujourd'hui.
00:36:43Ça, j'assume de m'en inspirer
00:36:45et nous verrons
00:36:45qui sera le maire de Paris
00:36:46le 22 mars prochain.
00:36:48Bon, est-ce que cet emprunt
00:36:49aux techniques américaines
00:36:50de communication
00:36:51provoque de l'émoi aussi
00:36:53dans le monde politique ?
00:36:54Les internautes se moquent,
00:36:55mais que disent les autres politiques ?
00:36:56Absolument pas.
00:36:57Absolument pas.
00:36:58Et pour une raison très simple,
00:37:00c'est que tous les partis de gauche,
00:37:02de droite, du centre et d'ailleurs,
00:37:03ont copié les campagnes américaines
00:37:05depuis 60 ans.
00:37:0760 ans.
00:37:08Premier exemple, 1965,
00:37:11Jean Le Canuet.
00:37:12Jean Le Canuet,
00:37:13regardez les affiches de campagne.
00:37:14Vous n'ouvragez,
00:37:15n'y s'est pas là, Laurent.
00:37:16De Gaulle, Mitterrand,
00:37:17qui sont très graves et tristes,
00:37:18et Le Canuet arrive avec le sourire,
00:37:19la jeunesse,
00:37:20le sourire de Kennedy.
00:37:21C'est le Kennedy français.
00:37:23Inspiration totalement assumée.
00:37:24C'est la première fois
00:37:25que le staff d'un candidat
00:37:26avoue, en l'occurrence,
00:37:28le publicitaire Michel Bongrand,
00:37:30qu'il traverse l'Atlantique
00:37:31pour importer les techniques américaines.
00:37:33Et ça va très, très loin.
00:37:34Il n'y a pas que les affiches.
00:37:35Regardez l'arrivée des gadgets,
00:37:37le porte-clé Kennedy.
00:37:38Des goodies, Jean Le Canuet.
00:37:40Le porte-clé Jean Le Canuet.
00:37:41Vous pouvez d'ailleurs le trouver
00:37:42sur des sites de revente en ligne.
00:37:44Ah !
00:37:45On va aller regarder ça.
00:37:46Je vais trouver moi-même.
00:37:47Bon, il faut quand même rappeler
00:37:48que Jean Le Canuet
00:37:49n'a pas été élu président de la République,
00:37:52même avec des porte-clés.
00:37:53Non, mais il est passé
00:37:54de 3% d'intention de vote
00:37:55à 15% à la fin, au premier tour.
00:37:58On connaît la suite.
00:37:59De Gaulle en ballotage,
00:38:00il finit par gagner.
00:38:01Mais Le Canuet a entamé
00:38:02sa carrière de cette façon.
00:38:03Et c'est ce qui fait que,
00:38:04depuis cette élection de 1965,
00:38:06nos politiques,
00:38:08sans forcément le dire toujours,
00:38:09ont toujours la tentation de New York.
00:38:12Un autre exemple.
00:38:13Tiens, Jacques Chirac,
00:38:14qui lit ses discours
00:38:15depuis un prompteur
00:38:16directement importé
00:38:17des Etats-Unis
00:38:17à la fin des années 80.
00:38:19Alain Juppé en 2016.
00:38:21Regardez,
00:38:22il s'inspire de Jeb Bush
00:38:23pour son affiche.
00:38:24À l'époque,
00:38:25c'est la mode
00:38:25du point d'exclamation
00:38:26aux Etats-Unis,
00:38:272016.
00:38:28Et donc,
00:38:28le logo d'Alain Juppé
00:38:29sera
00:38:29Agi,
00:38:30point d'exclamation.
00:38:31Je pourrais continuer
00:38:32avec la campagne de Macron
00:38:33en 2017,
00:38:34les marcheurs
00:38:34qui s'inspirent d'Obama
00:38:35ou de l'insoumise Manon Aubry.
00:38:37On en avait parlé
00:38:38il y a quelques semaines
00:38:39et qui est allé à New York
00:38:40pour comprendre
00:38:41les techniques de porte-à-porte
00:38:42de M. Mamdani.
00:38:43Alors,
00:38:43ça veut dire que la com-pol,
00:38:45la communication politique
00:38:45n'a plus de frontières
00:38:47définitivement ?
00:38:47Je pense qu'elle n'en a plus
00:38:48et j'en tire trois leçons.
00:38:50D'abord,
00:38:50à l'ère numérique,
00:38:51c'est un conseil aux politiques,
00:38:53il n'est plus possible
00:38:54de faire passer un plagiat
00:38:55pour une intuition géniale.
00:38:57C'est fini.
00:38:58Aujourd'hui,
00:38:59il suffit de trois clics
00:38:59sur Instagram
00:39:00pour trouver l'inspiration
00:39:02et se faire démasquer.
00:39:04Deuxième leçon,
00:39:05un slogan,
00:39:06des couleurs,
00:39:06un clip
00:39:06ne font jamais une élection.
00:39:08Ça,
00:39:08je pense que tout le monde
00:39:08est d'accord.
00:39:10Sarah Knafo se lance
00:39:10trois mois avant le premier tour.
00:39:13M. Mamdani,
00:39:14lui,
00:39:14a bossé pendant un an
00:39:15sur un terrain en plus
00:39:17qui est favorable,
00:39:17démocrate.
00:39:18C'est le communicant
00:39:19Gaspard Ganser
00:39:20qui le dit,
00:39:21qui l'écrit
00:39:21il y a quelques jours.
00:39:22La personnalité
00:39:23ne se duplique pas,
00:39:24le copier-coller,
00:39:25attention,
00:39:26elle se construit lentement
00:39:27dans la durée
00:39:27au contact du réel
00:39:29et des électeurs.
00:39:30Et puis,
00:39:30troisième et dernière leçon,
00:39:32Sarah Knafo,
00:39:33qui se présente
00:39:33comme une candidate,
00:39:34vous savez,
00:39:35hors système,
00:39:36très, très loin
00:39:36des vieux politiciens,
00:39:38utilise le logiciel
00:39:39politique américain
00:39:41le plus codifié du monde.
00:39:43On l'a vu
00:39:43avec les militants républicains
00:39:45lors de l'investiture
00:39:46de Donald Trump
00:39:47en janvier 2025.
00:39:48Là aussi,
00:39:48elle l'assume.
00:39:49Donc,
00:39:50Knafo,
00:39:50ce sera peut-être
00:39:51la nouvelle vague.
00:39:52Là,
00:39:52vous la voyez avec Trump.
00:39:54Knafo sera peut-être
00:39:55la nouvelle vague,
00:39:56mais pour l'instant,
00:39:58c'est du bon vieux
00:39:59Hollywood.
00:40:00Merci beaucoup.
00:40:01Laurent,
00:40:02on passe à la question
00:40:02qui fâche.
00:40:11Et j'accueille sur le plateau
00:40:12de chaque voix
00:40:13qu'on teste
00:40:13Stelmercier.
00:40:14Bonsoir,
00:40:15député socialiste
00:40:16de Meurthe-et-Moselle.
00:40:17Daniel Labaronne,
00:40:18bonsoir.
00:40:19Député ensemble
00:40:20pour la République
00:40:21d'Indre-et-Loire,
00:40:22vice-président
00:40:22de la Commission des Finances.
00:40:24Et Marie-Christine Dallos,
00:40:25bonsoir,
00:40:26député droite républicaine
00:40:27du Jura.
00:40:27Merci à tous les trois
00:40:28d'être là
00:40:29parce que cette fois,
00:40:30c'est sûr,
00:40:31c'est l'heure de vérité.
00:40:32Bon,
00:40:32c'est vrai qu'on a déjà
00:40:33dit ça une bonne dizaine
00:40:34de fois à propos du budget,
00:40:35j'avoue,
00:40:36mais cette fois,
00:40:37c'est forcément la bonne.
00:40:38Quelle que soit la forme,
00:40:39le projet de loi de finances
00:40:40a fait son retour
00:40:41dans l'hémicycle
00:40:42cet après-midi.
00:40:43Et alors,
00:40:44tous les regards sont tournés
00:40:45non pas vers les bancs
00:40:46des députés,
00:40:47mais vers le Premier ministre
00:40:47qui pourrait prononcer
00:40:49dans les prochains jours,
00:40:50voire dans les prochaines heures,
00:40:52les cinq syllabes interdites.
00:40:5549-3.
00:40:57Elsa Mondingava,
00:40:58vous êtes en direct
00:40:58de la salle des quatre colonnes.
00:41:00La séance d'examen du budget
00:41:01a donc débuté à 17h30.
00:41:04Dans quelle ambiance, Elsa ?
00:41:05Bien écoutée, Adeline,
00:41:06dans une ambiance plutôt calme
00:41:08puisqu'il faut dire
00:41:08quand il y a une nouvelle lecture,
00:41:10on recommence avec les discours
00:41:11des ministres,
00:41:12des rapporteurs du budget,
00:41:13du président de la commission
00:41:14des finances.
00:41:15Il y a la traditionnelle motion
00:41:16de rejet de la France insoumise
00:41:17qui n'est pas adoptée.
00:41:19Puis on en passe
00:41:19à la discussion générale
00:41:21avec les avis des uns
00:41:22et des autres.
00:41:22Alors, il n'y avait pas
00:41:23franchement d'enjeu ce soir,
00:41:25mais Sébastien Lecornu,
00:41:25le Premier ministre,
00:41:26vous en avez parlé,
00:41:27il a assisté au débat.
00:41:28Il est resté jusqu'à 19h30 environ,
00:41:30très concentré,
00:41:31en échange constant
00:41:32avec ses ministres,
00:41:33Amélie de Montchalin
00:41:33et Roland Lescure.
00:41:34Pas beaucoup d'enjeu ce soir
00:41:36puisqu'on l'avait dit
00:41:38et ça, il y a une grande majorité,
00:41:40une unanimité
00:41:40chez les députés pour le dire,
00:41:42rien ne se passera
00:41:43avant demain
00:41:44parce que demain,
00:41:44il y a l'examen
00:41:45de deux motions de censure.
00:41:46Le gouvernement veut déjà
00:41:47passer cette étape.
00:41:48Ce qui fait aussi
00:41:48l'unanimité parmi les députés,
00:41:50tous bords politiques confondus,
00:41:52c'est qu'il y a une option
00:41:52qui est écartée,
00:41:53c'est celle d'un vote
00:41:54à la régulière.
00:41:55Impossible de faire passer
00:41:56le budget par un vote pour.
00:41:58Il ne resterait donc
00:41:58que deux options.
00:42:00Le 49-3,
00:42:01vous en avez parlé Adeline,
00:42:02mais aussi l'option
00:42:03des ordonnances.
00:42:04Chacune a ses avantages
00:42:06et ses inconvénients,
00:42:07nous dit les députés.
00:42:08Et puis,
00:42:09tout dépend de là
00:42:09où on se place aussi
00:42:10sur l'échec qui est politique.
00:42:11Question avantages
00:42:12et inconvénients.
00:42:13Les ordonnances,
00:42:14ce serait une solution
00:42:14poussée par Emmanuel Macron,
00:42:16nous dit-on.
00:42:17Ça permettrait
00:42:18d'avoir un budget,
00:42:19peu importe
00:42:20si le gouvernement
00:42:20tombe derrière
00:42:22puisqu'évidemment,
00:42:23si on décide
00:42:23de passer par les ordonnances,
00:42:25ce serait inédit.
00:42:26Le gouvernement
00:42:26s'exposerait
00:42:27à une censure derrière,
00:42:29à une chute donc.
00:42:30Et ce serait donc
00:42:31la fin du gouvernement
00:42:32pour Sébastien Lecornu.
00:42:34On imagine donc
00:42:34qu'il n'est pas franchement
00:42:35favorable à cette situation
00:42:37des ordonnances.
00:42:38S'il en vient
00:42:38à l'autre possibilité,
00:42:39celle du 49-3,
00:42:40il faudra expliquer
00:42:41pourquoi il a dit
00:42:42qu'il ne s'en servirait pas
00:42:43pour finalement
00:42:43s'en servir
00:42:45dans les couloirs
00:42:46ici à l'Assemblée.
00:42:47Tout le monde pousse
00:42:48pour cette option.
00:42:49Je peux vous dire
00:42:49que la cote du 49-3,
00:42:51elle est un peu supérieure
00:42:52à celle des ordonnances.
00:42:53Mais des députés
00:42:54bien informés nous disent
00:42:55que le gouvernement
00:42:55en travaille
00:42:56sur les deux options.
00:42:57Dernière information,
00:42:58Adeline,
00:42:59même si j'aurais préféré
00:43:00être un peu plus
00:43:02position,
00:43:03c'est que beaucoup
00:43:04de députés nous promettent
00:43:05que tout va se jouer
00:43:05dans les prochains jours.
00:43:07Jeudi, vendredi,
00:43:08le gouvernement
00:43:09devrait dévoiler ses cartes.
00:43:11On y croit,
00:43:11à moins que ce soit
00:43:12une méthode couée
00:43:13de ceux qui veulent
00:43:14passer à autre chose.
00:43:14Ils sont très nombreux
00:43:15ici à l'Assemblée, Adeline.
00:43:17Merci Elsa Mondingava
00:43:18depuis la salle
00:43:19des quatre colonnes.
00:43:20Je vais vous poser
00:43:21la question directement
00:43:21à tous les trois.
00:43:23C'est quoi la cote
00:43:24la plus élevée chez vous ?
00:43:25C'est le 49-3,
00:43:26les ordonnances
00:43:27ou le vote à la régulière ?
00:43:29Estelle Mercier ?
00:43:30Alors moi,
00:43:30je vais être très simple.
00:43:31Je vais vous dire,
00:43:32en fait,
00:43:33ce qui est important
00:43:33aujourd'hui,
00:43:34c'est le compromis.
00:43:35S'il n'y a pas de compromis,
00:43:36il n'y a pas de budget.
00:43:37Quelle que soit en fait
00:43:38la forme dans laquelle
00:43:39ça va se terminer,
00:43:40la question qui nous occupe
00:43:41aujourd'hui,
00:43:42c'est vraiment
00:43:42d'avoir un compromis
00:43:43sur ce budget.
00:43:45Mais vous parlez
00:43:45d'un compromis
00:43:46pour voter le budget
00:43:47ou vous parlez
00:43:48d'un compromis
00:43:49pour éviter
00:43:50la censure du gouvernement,
00:43:51un pacte de non-censure
00:43:53que Sébastien Lecornu
00:43:54pourrait signer
00:43:55avec le Parti socialiste ?
00:43:56Je parle d'un compromis
00:43:58qui nous permet,
00:43:58nous,
00:43:59de pouvoir dire
00:43:59que ce budget,
00:44:01même si ce n'est pas
00:44:01notre budget,
00:44:02ce n'est pas un budget socialiste,
00:44:03c'est un budget qui reste
00:44:04un budget de droite,
00:44:06nous pouvons,
00:44:07enfin,
00:44:07il reste acceptable
00:44:09parce qu'on a réussi
00:44:10à préserver
00:44:11les Français
00:44:12de tout ce qui était,
00:44:13notamment à préserver
00:44:14leur pouvoir d'achat,
00:44:15à préserver
00:44:15la transition écologique,
00:44:18la jeunesse,
00:44:19etc.
00:44:19Si nous arrivons
00:44:20à obtenir un compromis
00:44:21sur ces sujets
00:44:22qui sont essentiels
00:44:23pour les socialistes,
00:44:25on pourra considérer
00:44:25que le budget
00:44:26est acceptable.
00:44:27Daniel Labarone,
00:44:28est-ce que c'est vrai
00:44:29qu'Emmanuel Macron
00:44:30s'est énervé
00:44:31ces derniers jours
00:44:32de ce feuilleton
00:44:34sans fin du budget
00:44:36et que sa préférence
00:44:37irait aux ordonnances
00:44:38et qu'il aurait mis
00:44:38un coup de pression
00:44:40ces dernières heures
00:44:41à Sébastien Lecornu ?
00:44:43Ce qui est évident,
00:44:44c'est qu'il nous faut
00:44:45un budget
00:44:45et il nous faut
00:44:46un budget rapidement.
00:44:47Moi,
00:44:48j'ai entendu
00:44:48l'intervention
00:44:49de ma collègue
00:44:50Estelle Mercier
00:44:52à la tribune
00:44:53de l'Assemblée nationale
00:44:54réclamant
00:44:55un budget
00:44:56qui privilégie
00:44:59la jeunesse,
00:45:00le fonds vert,
00:45:01le ferroviaire,
00:45:02l'émission locale,
00:45:03par exemple.
00:45:04J'ai entendu
00:45:05à la fin
00:45:06des prises de parole
00:45:07la ministre,
00:45:08Abélie de Monchalin,
00:45:08dire
00:45:09écoutez,
00:45:10le gouvernement
00:45:11va sans doute
00:45:13reconsidérer sa copie
00:45:14s'agissant de la jeunesse,
00:45:15du fonds vert,
00:45:16du ferroviaire,
00:45:17des missions locales.
00:45:19Et elle a terminé
00:45:20en disant
00:45:20voilà,
00:45:21parce que nous
00:45:22devons être
00:45:22dans le compromis.
00:45:23Alors ce compromis,
00:45:25peut-être peut-il
00:45:26s'exprimer
00:45:27à la loyale,
00:45:28c'est-à-dire
00:45:28on discute
00:45:29les 3000 amendements
00:45:30en partie recette
00:45:32et en partie dépense.
00:45:33Moi,
00:45:33j'y serais plutôt favorable
00:45:34parce que ce serait
00:45:35le débat parlementaire.
00:45:37Ce compromis,
00:45:37il peut être construit
00:45:39dans le cadre
00:45:40de négociations
00:45:41s'agissant
00:45:41d'un 49-3,
00:45:43la motion de censure
00:45:44où certains s'abstiendraient,
00:45:45ce qui permettrait
00:45:46en définitive
00:45:47d'adopter
00:45:48le projet de loi
00:45:49à condition,
00:45:50bien évidemment,
00:45:51que le gouvernement
00:45:51s'engage
00:45:52sur la jeunesse,
00:45:53le fonds vert,
00:45:54le ferroviaire,
00:45:55le local.
00:45:56Marie-Christine Dalloz.
00:45:58Oui,
00:45:58alors moi,
00:45:59je vais être un peu,
00:46:00je vais dénoter
00:46:01par rapport
00:46:02à mes deux collègues,
00:46:03je ne sais pas
00:46:04si c'est mes années
00:46:04d'expérience
00:46:05à la commission
00:46:06des finances,
00:46:07mais je ne vois pas
00:46:08aujourd'hui
00:46:09comment on sort
00:46:10par un vote normal
00:46:12la fin de ce texte,
00:46:14la fin du budget.
00:46:16Or,
00:46:16la France a besoin
00:46:17d'un budget,
00:46:18que ce soit
00:46:18les collectivités locales,
00:46:21il y a des élections
00:46:21municipales qui arrivent,
00:46:22les maires nous disent
00:46:23qu'on est paniqués,
00:46:25on ne peut pas faire
00:46:25de budget,
00:46:26on ne sait pas,
00:46:26on n'a pas de dotation.
00:46:27D'ailleurs,
00:46:28ce soir,
00:46:28on commence par l'article 31
00:46:30qui est la dotation
00:46:31aux collectivités territoriales.
00:46:34C'est un signe fort.
00:46:36La réalité,
00:46:36et puis les entreprises,
00:46:38moi,
00:46:38ce week-end,
00:46:38j'ai vu pas mal
00:46:39de chefs d'entreprise,
00:46:40tous unanimement,
00:46:41quelle que soit la taille,
00:46:42me disent,
00:46:43il nous faut un budget
00:46:44pour 2026.
00:46:46Donc,
00:46:46on peut espérer
00:46:47à y arriver,
00:46:48je n'y crois pas.
00:46:49Après,
00:46:49il reste deux formules.
00:46:50Les ordonnances,
00:46:51elles n'ont jamais
00:46:52été mises en œuvre.
00:46:54Alors,
00:46:55ça pourrait être
00:46:55une nouveauté
00:46:56sous la présidence
00:46:57d'Emmanuel Macron.
00:46:59C'est un inconvénient certain,
00:47:01c'est qu'on est quasi sûr
00:47:02d'aller vers une censure.
00:47:04Et là,
00:47:04qui pourrait être voté largement.
00:47:06Mais au moins,
00:47:06le budget passerait.
00:47:07Attendez,
00:47:08oui,
00:47:08au moins,
00:47:08le budget passerait,
00:47:09mais sans plus de gouvernement
00:47:10pour l'appliquer.
00:47:11Bon.
00:47:12Après,
00:47:12il y a le 49-3.
00:47:14Moi,
00:47:14je crois vraiment,
00:47:15aujourd'hui,
00:47:15qu'il est nécessaire
00:47:16de passer par un 49-3.
00:47:17Et vous avez dit tout à l'heure
00:47:18qu'il s'était engagé
00:47:19à ne pas utiliser le 49-3
00:47:21à le Premier ministre.
00:47:22Non.
00:47:23Il s'était engagé
00:47:23sur le projet de loi de financement
00:47:25de la Sécurité sociale.
00:47:26On a tous oublié ça.
00:47:28Jamais sur le PLF.
00:47:29C'était le PLFSS.
00:47:31Et le PLFSS,
00:47:32la gauche,
00:47:33enfin,
00:47:33les socialistes,
00:47:34ont été largement récompensés
00:47:36puisqu'on a eu la suspension
00:47:37de la réforme des retraites.
00:47:40Donc,
00:47:40on peut demander
00:47:41tout ce qu'on veut.
00:47:43La réalité,
00:47:43aujourd'hui,
00:47:44c'est qu'il faut
00:47:44qu'on boucle un budget
00:47:45avec maximum
00:47:475% de déficit public.
00:47:50Ça,
00:47:50c'est la réalité.
00:47:51Il nous faut un budget
00:47:52à 5% de déficit public.
00:47:53Justement.
00:47:53Justement.
00:47:54C'est tout l'enjeu,
00:47:55Fanny Guinochet.
00:47:56C'est de réussir
00:47:57à boucler ce budget
00:47:59en échappant
00:48:01à la censure
00:48:01des socialistes,
00:48:03sans contrarier
00:48:03les républicains
00:48:04et en réduisant
00:48:05le déficit.
00:48:06Et ça,
00:48:06c'est un mur
00:48:07à 15 milliards,
00:48:08non pas de briques,
00:48:09mais d'euros.
00:48:10Exactement.
00:48:1115 milliards,
00:48:11c'est effectivement
00:48:12le montant
00:48:13que cherche Sébastien Lecornu
00:48:15pour boucler ce fameux budget.
00:48:17D'après les calculs
00:48:18du ministère des Finances,
00:48:19la copie qui est sortie
00:48:20du Sénat,
00:48:22elle porte le déficit
00:48:23entre 5,4%
00:48:25et 5,5%
00:48:27du PIB,
00:48:28c'est-à-dire
00:48:29du produit intérieur brut.
00:48:30Et c'est beaucoup,
00:48:31beaucoup trop loin
00:48:33déjà de ce qu'avaient prévu
00:48:35Sébastien Lecornu
00:48:36et le gouvernement.
00:48:37On était plutôt
00:48:37dans un objectif
00:48:38à 4,7%.
00:48:39Très loin aussi
00:48:40de ce qu'on a promis
00:48:41aux partenaires
00:48:42ou à nos voisins,
00:48:43à la Commission européenne,
00:48:45auprès de qui on s'est engagé
00:48:46à quand même améliorer
00:48:47notre trajectoire
00:48:48des comptes publics.
00:48:49Alors Amélie de Montchalin,
00:48:50la ministre des Comptes publics,
00:48:51elle mise toutefois,
00:48:52elle est très optimiste,
00:48:53vous le disiez,
00:48:55elle est prête
00:48:55à reconsidérer sa copie,
00:48:57elle mise sur
00:48:58l'émergence de convergence,
00:49:00c'est-à-dire trouver
00:49:01dans cette dernière ligne droite
00:49:02des compromis
00:49:03sur certaines mesures
00:49:04qui pourraient rapporter
00:49:06de l'argent.
00:49:07Lesquelles ?
00:49:08Alors c'est là
00:49:09où ça se corse,
00:49:10parce que le nerf de la guerre,
00:49:12un des nerfs en tout cas,
00:49:14c'est la question
00:49:14de la taxation
00:49:15des hausses d'impôts,
00:49:17notamment pour les particuliers
00:49:18sur la taxation du capital.
00:49:20Les socialistes
00:49:21veulent absolument convaincre
00:49:23qu'il faut aller plus loin
00:49:24qu'aujourd'hui,
00:49:26qu'il faut mettre en place
00:49:26un nouveau dispositif,
00:49:28un dispositif par exemple
00:49:30qui ressemblerait à l'ISF,
00:49:32l'impôt sur la fortune
00:49:34qui a été supprimé
00:49:35et qui a été remplacé
00:49:36par l'impôt sur la fortune
00:49:37immobilière.
00:49:38Et puis, d'ailleurs,
00:49:39en commission des finances,
00:49:41ça a plutôt fonctionné,
00:49:42leur proposition.
00:49:43Là, il y aurait l'occasion
00:49:44de gagner quelques milliards
00:49:46de plus.
00:49:47Autre exemple,
00:49:48l'amendement
00:49:48qui porte cette fois-ci
00:49:50sur les entreprises,
00:49:51les grandes entreprises,
00:49:52notamment cette surtaxe
00:49:53exceptionnelle
00:49:54qui a été mise en place
00:49:56l'année dernière,
00:49:56qui devait normalement
00:49:57durer seulement un an.
00:49:59Le gouvernement a déposé
00:50:01un amendement
00:50:02pour une contribution
00:50:04qui pourrait...
00:50:05Alors, au début,
00:50:05c'était à demi,
00:50:064 milliards d'euros.
00:50:08Puis là,
00:50:08c'est porté à 6,3 milliards d'euros.
00:50:11Sauf que, évidemment,
00:50:12les patrons sont vent debout
00:50:13parce que là,
00:50:14on leur avait promis un an.
00:50:15Ils se disent
00:50:16on va en prendre
00:50:16une deuxième année
00:50:17et en général,
00:50:19ça risque de s'ancrer
00:50:20dans le temps.
00:50:21Du côté des socialistes,
00:50:23on estime que
00:50:24c'est pas assez,
00:50:246,3 milliards par rapport
00:50:26à l'attaque Zuckman
00:50:27dont il rêvait,
00:50:28eh bien,
00:50:28il faudrait aller
00:50:29au moins jusqu'à
00:50:308 milliards.
00:50:30Et puis,
00:50:31du côté de la droite,
00:50:32eh bien,
00:50:33pourquoi encore abîmer
00:50:34la compétitivité
00:50:35de nos entreprises ?
00:50:36Il faut préserver
00:50:37nos groupes
00:50:39et nos sociétés.
00:50:41Donc,
00:50:41ça ne passe pas.
00:50:42Enfin,
00:50:43un tout dernier exemple,
00:50:44la taxe sur les holdings.
00:50:45Vous savez,
00:50:46ce système qui,
00:50:47parfois,
00:50:47permet de payer
00:50:48moins d'impôts.
00:50:49Eh bien,
00:50:50là aussi,
00:50:50outre le principe,
00:50:51le rendement de cette taxe
00:50:53a été réduit
00:50:54par les sénateurs.
00:50:55On est plutôt
00:50:55autour de 100 millions d'euros.
00:50:57ce qui n'est pas énorme
00:50:57vu le budget.
00:50:59Ce sont les calculs
00:51:00du gouvernement
00:51:01alors qu'au départ,
00:51:02on était parti sur
00:51:031 milliard
00:51:03dans la version initiale.
00:51:04Donc,
00:51:04vous voyez,
00:51:05pour les convergences
00:51:06et les compromis,
00:51:08pour l'instant,
00:51:09on ne voit pas trop
00:51:10comment ça passe.
00:51:10C'est sûr.
00:51:11D'autant qu'on rappelle
00:51:12qu'il n'y a pas eu
00:51:12d'accord en commission
00:51:13des finances
00:51:14le week-end dernier.
00:51:15Effectivement.
00:51:15Et d'ailleurs,
00:51:16d'où cette petite musique
00:51:17d'un recours
00:51:18au 49.3
00:51:19ou encore
00:51:20aux ordonnances.
00:51:22En tout cas,
00:51:23il y a aussi
00:51:23la menace
00:51:24d'une nouvelle dissolution.
00:51:25Et on le rappelle,
00:51:26une nouvelle dissolution,
00:51:27ça a coûté
00:51:27pas moins de 15 milliards
00:51:29d'euros.
00:51:30Encore 15 milliards !
00:51:31Donc, vous voyez,
00:51:31il nous manque 15 milliards
00:51:32et si on nous met
00:51:34une dissolution,
00:51:35on rajoutera probablement,
00:51:37même si c'est toujours
00:51:37difficile de plaquer
00:51:38ce qui s'est passé
00:51:39cette année,
00:51:4015 milliards de plus,
00:51:41ça commence à faire
00:51:41beaucoup de milliards
00:51:42d'euros qui manquent.
00:51:43Tiens,
00:51:44je voulais vous poser
00:51:44la question justement.
00:51:45Sébastien Lecornu,
00:51:46il a sorti en quelque sorte
00:51:47l'arme nucléaire
00:51:48en disant vendredi
00:51:49qu'il promettait
00:51:51une dissolution
00:51:51en cas de censure.
00:51:52Comment vous l'avez vécu ?
00:51:55Alors, nous,
00:51:56les socialistes,
00:51:56on est assez au clair
00:51:58par rapport à ça.
00:51:59C'est-à-dire que
00:52:00j'imagine qu'il a voulu
00:52:02mettre la pression,
00:52:02pas vraiment à nous,
00:52:03je ne crois pas,
00:52:04mais plutôt de l'autre côté
00:52:06de l'échiquier
00:52:07et à son camp
00:52:08parce que le bloc central,
00:52:09on le sait,
00:52:09est très, très divisé aujourd'hui
00:52:10et sur la question
00:52:11des compromis,
00:52:12on voit que la copie sortie
00:52:15du Sénat est dégradée,
00:52:16c'est-à-dire qu'elle est pire
00:52:18que celle du départ
00:52:19avec la suppression
00:52:21de toutes les recettes
00:52:22et avec des dépenses
00:52:23qui ont augmenté.
00:52:24Donc, finalement,
00:52:25là où la droite sénatoriale
00:52:27dit nous sommes des bons gestionnaires,
00:52:28nous allons faire des économies,
00:52:29non seulement ils ont rehaussé
00:52:31les dépenses,
00:52:32mais en plus,
00:52:32ils ont supprimé
00:52:33toutes les recettes,
00:52:34donc ce qui a creusé
00:52:35encore plus le déficit.
00:52:38Et juste pour vous redire
00:52:39sur la question
00:52:39de la justice fiscale
00:52:40qui est un point
00:52:41extrêmement important pour nous,
00:52:43un des points de tension,
00:52:45c'est sur la surcote IS,
00:52:46comme on l'appelle,
00:52:47mais je voudrais juste rappeler
00:52:48qu'aujourd'hui,
00:52:49les petites entreprises
00:52:50payent un taux effectif
00:52:52d'impôt sur les sociétés
00:52:53de 25%
00:52:54et aujourd'hui,
00:52:55les grandes entreprises
00:52:56payent un taux effectif
00:52:57d'impôt sur les sociétés
00:52:59de 15%.
00:53:00Et en fait,
00:53:01cette surcote IS,
00:53:02elle permet juste
00:53:02qu'à un moment donné,
00:53:04les grandes entreprises
00:53:05payent exactement
00:53:06le même taux d'impôt
00:53:07sur les sociétés
00:53:08que les petites
00:53:09et les moyennes entreprises.
00:53:10Donc,
00:53:10c'est même une question
00:53:11de justice
00:53:11entre les entreprises.
00:53:13Ce n'est pas un impôt supplémentaire,
00:53:15c'est juste rétablir
00:53:16une équité fiscale
00:53:17entre les grandes
00:53:18et les petites entreprises.
00:53:19Daniel Labaronne,
00:53:20il y a encore du grain à moudre
00:53:22dans cette version du budget ?
00:53:24Mais je voudrais répondre
00:53:25à propos du Premier ministre
00:53:26qui a dit une évidence,
00:53:29une vérité.
00:53:30C'est curieux,
00:53:31moi,
00:53:31quand je l'ai entendu,
00:53:32j'ai trouvé qu'il avait
00:53:33des accents
00:53:33de Pierre Mendès France.
00:53:36C'est-à-dire,
00:53:36dire la vérité.
00:53:38S'il y a une motion
00:53:39de censure
00:53:39qui est adoptée,
00:53:41le Premier ministre
00:53:42est sans doute démissionné.
00:53:44Quelle est la solution
00:53:45du Président de la République ?
00:53:47De nommer un quatrième
00:53:48Premier ministre
00:53:48en un peu plus d'un an ?
00:53:51Mais non.
00:53:51La solution institutionnelle,
00:53:54c'est de redonner
00:53:55la parole au peuple.
00:53:56Et redonner la parole au peuple,
00:53:58c'est aussi le moyen
00:53:59pour sortir
00:54:00d'une crise parlementaire.
00:54:02Par conséquent,
00:54:03le Premier ministre
00:54:04n'a fait que dire
00:54:05la vérité
00:54:06si jamais
00:54:07une motion de censure
00:54:08était adoptée.
00:54:10Et moi,
00:54:10je n'y ai vu
00:54:11aucune pression.
00:54:12Alors peut-être,
00:54:14ça peut émouvoir
00:54:16certains députés,
00:54:17mais en tous les cas,
00:54:18c'est une réalité
00:54:19constitutionnelle,
00:54:22institutionnelle.
00:54:23Et le Premier ministre
00:54:24a été dans son rôle
00:54:25en rappelant
00:54:26ce qui se passerait
00:54:27si jamais
00:54:28une motion de censure
00:54:29était adoptée.
00:54:30En vous écoutant,
00:54:31on sent aussi
00:54:31qu'on est en train
00:54:32d'inventer un 49-3
00:54:33de compromis
00:54:34qui n'existait pas
00:54:35jusqu'à présent.
00:54:37Est-ce que vous vous dites
00:54:38qu'il va falloir ensuite
00:54:39aller expliquer
00:54:40à vos électeurs
00:54:40que c'était
00:54:42la moins pire
00:54:43des solutions ?
00:54:45Moi,
00:54:46je voudrais revenir
00:54:46sur la notion
00:54:47de dissolution.
00:54:49La dissolution de 2024
00:54:50a été la plus ratée
00:54:52de l'histoire de France.
00:54:54Plus que 1997.
00:54:55Plus que 1997,
00:54:56bien évidemment, oui.
00:54:58Donc la dissolution
00:54:59de 2024
00:54:59n'a absolument pas,
00:55:00elle a dégradé
00:55:01la situation
00:55:03à l'Assemblée nationale,
00:55:04quelle que soit
00:55:04la majorité.
00:55:06Et la réalité,
00:55:07moi,
00:55:07je ne suis pas convaincue,
00:55:09je ne redoute pas
00:55:10une dissolution
00:55:10en ce qui me concerne
00:55:11à titre personnel
00:55:12ni au niveau de mon groupe.
00:55:13Vous pouvez redouter
00:55:14des législatifs
00:55:15qui auraient lieu
00:55:15en même temps
00:55:16que les municipales.
00:55:16Sauf que vous oubliez
00:55:18une chose,
00:55:19c'est que je suis
00:55:19une des rares,
00:55:20d'ailleurs je suis la seule
00:55:20sur le plateau,
00:55:21avoir été élue en 2024,
00:55:23réélue en 2025.
00:55:25Parce que j'ai été annulée
00:55:26en 2025,
00:55:27donc j'ai refait une campagne
00:55:28il n'y a pas si longtemps
00:55:28que ça.
00:55:29Une parente,
00:55:29ça vous va très bien.
00:55:31Une tous les ans,
00:55:32je n'ai pas peur
00:55:33des élections.
00:55:34Ce n'est pas ça le sujet.
00:55:35Non mais plus sérieusement,
00:55:36la réalité aujourd'hui,
00:55:38si on était sûr
00:55:39qu'une dissolution
00:55:40règle le problème
00:55:41politique
00:55:42à l'Assemblée nationale.
00:55:44Ceux dont sont convaincus
00:55:45et les filles ARN.
00:55:46Allons-y, voilà.
00:55:47Est-ce qu'on aura
00:55:47une vraie majorité ?
00:55:49Et quelle sera
00:55:50cette majorité ?
00:55:51Parce que la vraie question,
00:55:52elle est là.
00:55:53Quelle risque d'être
00:55:53la majorité
00:55:54d'une dissolution,
00:55:56enfin d'une post-dissolution
00:55:57en 2026
00:55:58dans le contexte
00:55:59que nous connaissons ?
00:56:01Et là,
00:56:01je ne m'avancerai pas
00:56:02parce que je pense
00:56:03qu'il y a un vrai danger
00:56:04pour les institutions.
00:56:06Donc, tout sauf la dissolution.
00:56:07Donc, tout sauf la censure.
00:56:09Parce que ça n'a pas de sens
00:56:09aujourd'hui.
00:56:10Donc, tout sauf la censure.
00:56:12Donc, accord de non-censure.
00:56:14Oui, sauf une censure.
00:56:15Quelles conditions
00:56:16vous mettez
00:56:16à un accord de non-censure
00:56:18du gouvernement Lecornu ?
00:56:19En ce qui me concerne,
00:56:20je n'en mettrai pas
00:56:21parce que je pense
00:56:21qu'il faut vraiment un budget.
00:56:23Ça, c'est à titre personnel.
00:56:24Je suis convaincue
00:56:25qu'il faut un budget.
00:56:26Mais la droite républicaine
00:56:27est sur votre ligne ?
00:56:28Je suis atterrée
00:56:28par la surenchère
00:56:30des compromis
00:56:32qui sortent de partout.
00:56:33On veut ci, puis on veut ça,
00:56:35puis on en rajoute un petit bout.
00:56:36Puis maintenant,
00:56:37on veut telle catégorie.
00:56:38Enfin, il y a à un moment donné
00:56:39la responsabilité
00:56:41et le courage,
00:56:42c'est de dire
00:56:42ce budget n'est pas parfait,
00:56:44mais il faut un budget
00:56:44pour le pays.
00:56:45Est-ce qu'elle merciait ?
00:56:46Non, mais moi,
00:56:47sur le sujet,
00:56:48je n'ai rien à dire.
00:56:49En fait, on a montré
00:56:50pendant le PLFSS
00:56:51qu'on était capable
00:56:52de faire des compromis
00:56:53et que ces compromis-là,
00:56:54ils passaient par du débat,
00:56:55des discussions longues,
00:56:57des fois pesantes,
00:56:58mais par du travail parlementaire.
00:57:01Par du travail parlementaire.
00:57:02Je comprends que certains parlementaires
00:57:04aient envie d'écourter ce travail-là
00:57:05et de passer à autre chose.
00:57:07Mais globalement,
00:57:08c'est quand même
00:57:08notre métier,
00:57:09notre boulot
00:57:10que de discuter,
00:57:11de travailler,
00:57:12d'essayer de trouver
00:57:13des accords texte par texte.
00:57:15Les Français vous regardent,
00:57:17les Français regardent
00:57:18l'Assemblée nationale.
00:57:19Je ne sais pas
00:57:19si vous avez lu ce matin
00:57:20l'opinion qui a fait passer
00:57:22à l'intelligence artificielle
00:57:23la globalité des 125 heures
00:57:26de débat qui ont eu lieu
00:57:27sur ce budget.
00:57:28Oui.
00:57:29Oui, vous avez travaillé,
00:57:30mais pour quels résultats
00:57:31devant les Français
00:57:32qui ont l'impression
00:57:34d'avoir assisté
00:57:34à un spectacle chaotique
00:57:35et désolant ?
00:57:37Non, non.
00:57:38Le budget de la sécurité sociale
00:57:39a été voté dans l'hémicycle.
00:57:41Voté.
00:57:42Donc, il n'y a pas eu
00:57:43de 49-3,
00:57:43il n'y a pas eu
00:57:44de passage en force.
00:57:45Et dans ce budget
00:57:46de la sécurité sociale,
00:57:47il y a eu des vrais avancées
00:57:48pour les Français
00:57:49et on a préservé
00:57:50l'année blanche,
00:57:51leur pouvoir d'achat,
00:57:52le déremboursement
00:57:53des médicaments,
00:57:54les moyens pour les hôpitaux.
00:57:55Il y a eu des avancées réelles.
00:57:57Que maintenant,
00:57:57les Français,
00:57:58parce que je pense
00:57:59qu'on a connu
00:57:59un début d'année
00:58:00extrêmement sidérant
00:58:01avec la situation internationale
00:58:03et avec ce qui s'est passé
00:58:04dans le monde,
00:58:07vite,
00:58:08ça, je l'entends.
00:58:09Mais ne disons pas
00:58:10que le travail parlementaire...
00:58:12J'imagine que vous aussi,
00:58:13à un moment,
00:58:13Daniel Labarone...
00:58:14C'est notre travail
00:58:14de faire ça.
00:58:16Oui, mais le travail,
00:58:17c'est aussi d'avancer.
00:58:19Il a avancé,
00:58:20il a eu 40 jours avant...
00:58:20Un dernier mot
00:58:21et on va aller
00:58:22au bon bon express.
00:58:23Très bien,
00:58:23le budget de l'État,
00:58:24je pense qu'il peut y avoir
00:58:27des compromis
00:58:28permettant l'adoption
00:58:30d'un budget
00:58:31peut-être par 49-3
00:58:32sur la base
00:58:33de trois éléments.
00:58:35Un,
00:58:35tendre vers les 5%
00:58:36de déficit
00:58:37et je crois
00:58:38qu'une grande partie
00:58:39des députés
00:58:40sont assez d'accord
00:58:41sur cette idée.
00:58:42Deux,
00:58:42faire des économies
00:58:44et en même temps
00:58:44peut-être augmenter
00:58:45un petit peu
00:58:45les recettes fiscales,
00:58:46moitié-moitié.
00:58:47Et trois,
00:58:48préserver le montant
00:58:50des prélèvements obligatoires
00:58:51qui atteint déjà
00:58:52des sommets.
00:58:53Je crois que si on se met
00:58:54d'accord
00:58:55sur ces trois éléments-là
00:58:56et si on accepte
00:58:58de revoir
00:58:59certaines dispositions
00:59:00que j'évoquais tout à l'heure,
00:59:02le fond vert,
00:59:02le ferroviaire,
00:59:03etc.,
00:59:04on peut trouver
00:59:05un accord de compromis
00:59:07pour l'adoption
00:59:08d'un budget de l'État
00:59:08et nous aurons bien travaillé
00:59:09pour la France.
00:59:10Un petit mot, Fanny.
00:59:10Sachant que,
00:59:11juste pour terminer,
00:59:125% de déficit,
00:59:155% du PIB,
00:59:16nous classera quand même
00:59:18parmi les plus mauvais élèves
00:59:20de l'Europe.
00:59:21C'est-à-dire que même
00:59:22avec 5% de déficit
00:59:24entre guillemets seulement,
00:59:26on restera
00:59:27les mauvais élèves,
00:59:28les cancres
00:59:29au niveau budgétaire,
00:59:30ce qui nous affaiblit
00:59:32considérablement
00:59:33sur la scène européenne
00:59:35pour ensuite discuter
00:59:36d'un certain nombre
00:59:37de sujets.
00:59:38On n'aura pas d'effet récessif aussi.
00:59:39Avec une dette
00:59:39de 3 300 milliards.
00:59:41Parce que la première copie,
00:59:41avec des effets récessifs
00:59:42sur l'économie et l'emploi.
00:59:44Donc, si c'est pour tenir
00:59:45le budget,
00:59:45pour derrière,
00:59:46dégrader encore plus
00:59:47la situation économique
00:59:48de la France,
00:59:49ce qui compte,
00:59:49c'est la trajectoire
00:59:50de la baisse
00:59:51pour nos partenaires européens.
00:59:52D'autant que
00:59:53les Français nous regardent,
00:59:54les tracteurs aussi
00:59:55qui sont devant
00:59:56la survie nationale
00:59:57depuis ce matin,
00:59:58on en parle tout de suite
00:59:58avec Marco Pommier,
00:59:59c'est Bourbon Express.
01:00:05Oui, parce que
01:00:06juste avant le début
01:00:06de cette émission,
01:00:07mon cher Marco,
01:00:08bonsoir.
01:00:08Bonsoir Annine.
01:00:09Sébastien Lecornu
01:00:09a annoncé un projet
01:00:10de loi d'urgence agricole
01:00:11sur lequel on va revenir.
01:00:12Mais d'abord,
01:00:13il faut parler de l'ambiance
01:00:14aujourd'hui aux abords
01:00:15du Palais Bourbon.
01:00:17Longue journée
01:00:18qui avait commencé
01:00:19au petit matin
01:00:20avec tous ces tracteurs
01:00:21aux abords
01:00:22de l'Assemblée nationale.
01:00:24Et oui,
01:00:24la mobilisation
01:00:25des agriculteurs.
01:00:26J'ai cru qu'ils allaient
01:00:28pas lancer le truc.
01:00:30Très tôt.
01:00:30Ils écrivent
01:00:31ces agriculteurs,
01:00:32environ 350 tracteurs,
01:00:35400 manifestants
01:00:36aux abords
01:00:37du Palais Bourbon.
01:00:38Nouvelle mobilisation
01:00:39dans le calme,
01:00:41autorisée
01:00:41par les autorités,
01:00:44mobilisation
01:00:44sous les couleurs
01:00:45de la FNSEA
01:00:46et des jeunes agriculteurs
01:00:47pour exprimer
01:00:48un ras-le-bol général.
01:00:51Depuis des mois
01:00:52et des mois,
01:00:52on nous balade.
01:00:53Nos politiques,
01:00:54aujourd'hui,
01:00:54on n'en a plus confiance.
01:00:55Aujourd'hui,
01:00:56c'est stop.
01:00:57Il nous faut
01:00:58du revenu,
01:01:00une réglementation
01:01:02qui soit accessible.
01:01:03On ne peut pas aller
01:01:04signer un traité
01:01:05du Mercosur
01:01:06et nous mettre
01:01:06les règles
01:01:07les plus dures
01:01:08au monde ici.
01:01:09C'est non.
01:01:10Donc moi,
01:01:11en tout cas,
01:01:12moi,
01:01:12je suis comme vous.
01:01:13Je repartirai d'ici
01:01:14quand on aura
01:01:15des choses concrètes.
01:01:17Une colère bien visible.
01:01:19Résultat,
01:01:19on a eu le droit
01:01:20à un défilé
01:01:21de personnalités politiques
01:01:22ce matin.
01:01:23Bruno Rotaillot,
01:01:24le président des républiques,
01:01:25Sébastien Chenu
01:01:27pour le RN,
01:01:28Marion Maréchal,
01:01:28mais aussi
01:01:29Yael Broun-Pivet.
01:01:31Souvenez-vous,
01:01:32Yael Broun-Pivet,
01:01:33elle avait été
01:01:33chahutée la semaine dernière
01:01:35par des agriculteurs.
01:01:36Ce matin,
01:01:36c'était beaucoup plus apaisé.
01:01:38La présidente de l'Assemblée
01:01:39est venue avec une promesse
01:01:40devant Arnaud Rousseau,
01:01:42le patron de la FNSEA.
01:01:43Mais là,
01:01:45pour la première fois,
01:01:46avec l'accord
01:01:46de tous les présidents
01:01:47de groupes
01:01:48et des présidents
01:01:48de commissions,
01:01:49on va dédier
01:01:49une séance publique
01:01:50dans les mystiques
01:01:51de l'Assemblée nationale
01:01:52où on demandera
01:01:53des comptes
01:01:53au gouvernement
01:01:54sur la prise
01:01:56des décrets.
01:01:56C'est fondamental.
01:01:57Et ça,
01:01:57vous pouvez compter sur moi.
01:01:58Là, je serai au rendez-vous.
01:01:59Avant le salon de l'agriculteur,
01:02:01c'est pas possible.
01:02:02C'est ce qu'on va exiger.
01:02:05Alors ça,
01:02:05c'est intéressant
01:02:06ce dont parle Yael Broun-Pivet.
01:02:07Demandez des comptes
01:02:08au gouvernement
01:02:09parce que sur le papier,
01:02:10il y a des lois,
01:02:11mais en pratique,
01:02:12elles ne sont pas toujours appliquées.
01:02:13Et les chiffres parlent d'eux-mêmes.
01:02:15Exemple avec la loi
01:02:16dite Duplon,
01:02:17censée lever les contraintes
01:02:19au métier d'agriculteur.
01:02:20Loi promulguée en août 2025.
01:02:22Et bien, vous le voyez,
01:02:23six mois plus tard,
01:02:240% des décrets publiés.
01:02:26Autre cas,
01:02:27la loi d'orientation
01:02:28pour la souveraineté alimentaire
01:02:29promulguée en mars 2025.
01:02:32Même topo,
01:02:32vous le voyez encore,
01:02:33deux décrets sur 25,
01:02:34soit 8%.
01:02:35Annie Gennevard,
01:02:36la ministre de l'Agriculture,
01:02:37a promis d'accélérer.
01:02:38Ça vous agace,
01:02:39ces chiffres ?
01:02:40Bien sûr.
01:02:40Ah oui, bien sûr.
01:02:41C'est un critère d'évaluation
01:02:42d'une politique publique.
01:02:44La durée de publication
01:02:46des décrets
01:02:47lorsqu'une loi est votée.
01:02:48Et je reproche
01:02:49depuis des années
01:02:50au gouvernement,
01:02:50parce que c'est dans le cadre
01:02:51de ma mission
01:02:52direction de l'action
01:02:52du gouvernement,
01:02:53je pense que c'est
01:02:54un indicateur de performance
01:02:55qu'il faut qu'on améliore.
01:02:57Clairement.
01:02:57On parlait d'Annie Gennevard,
01:02:59Marco.
01:03:00Elle aussi,
01:03:00elle est allée voir
01:03:01les agriculteurs.
01:03:02Oui, c'était juste
01:03:02derrière l'Assemblée
01:03:03en début d'après-midi.
01:03:05Devant un petit comité,
01:03:06elle a fait le service
01:03:07après-vente de son plan
01:03:08à 300 millions d'euros
01:03:09annoncé vendredi
01:03:10pour calmer la colère agricole.
01:03:12Parmi les mesures,
01:03:13le doublement du fonds
01:03:14de soutien aux éleveurs bovins
01:03:16frappés par la dermatose
01:03:18modulaire contagieuse.
01:03:19Mais attention,
01:03:20prévient la ministre,
01:03:21ces aides d'urgence
01:03:22dépendent du vote
01:03:23des députés.
01:03:24Sur quoi ?
01:03:25Sur le budget, bien sûr.
01:03:25On y revient.
01:03:26Le premier rendez-vous
01:03:28qui nous attend,
01:03:28c'est le vote de budget.
01:03:29Ce n'est pas du chantage,
01:03:31comme nous le reprochent certains.
01:03:33C'est juste
01:03:33la réalité des choses.
01:03:35Il y a la dermatose,
01:03:36et on l'a entendu aussi,
01:03:37il y a le Mercosur,
01:03:38et on en a parlé
01:03:39en séance de questions
01:03:40au gouvernement
01:03:41cet après-midi du Mercosur.
01:03:42Oui, à 15h,
01:03:43alors que les agriculteurs
01:03:45déversaient 30 tonnes
01:03:46de patates
01:03:47sur le pont de la Concorde,
01:03:48juste devant l'Assemblée.
01:03:49Au même moment,
01:03:50dans l'hémicycle,
01:03:51le député François Ruffin
01:03:52interpellait le gouvernement
01:03:54sur ce traité
01:03:55de libre-échange
01:03:56entre l'Union européenne
01:03:57et l'Amérique du Sud,
01:03:58adopté vendredi
01:03:59par une majorité
01:04:00d'États membres
01:04:01malgré l'opposition
01:04:02de la France.
01:04:03François Ruffin
01:04:04qui demande au gouvernement
01:04:05de saisir
01:04:06la Cour de justice européenne.
01:04:08Nous exigeons
01:04:09que vous combattiez
01:04:10par tous les moyens,
01:04:11par tous les leviers
01:04:12ce traité.
01:04:13Nous exigeons
01:04:14que vous opposiez
01:04:15à cette adoption
01:04:17provisoire.
01:04:18Nous l'exigeons
01:04:19pour protéger
01:04:20notre agriculture.
01:04:22Sinon, demain,
01:04:23ce sera votre censure.
01:04:24Mais maintenant,
01:04:25mesdames et messieurs
01:04:25les députés,
01:04:26c'est au Parlement européen
01:04:28qu'il faut aller
01:04:29pour mener
01:04:30la résistance,
01:04:31pour introduire
01:04:32cette demande
01:04:33devant la Cour de justice
01:04:34européenne.
01:04:35Et malgré le nom
01:04:37de la France au Mercosur,
01:04:38deux motions de censure
01:04:40seront examinées
01:04:41demain dans l'hémicycle.
01:04:42Motion déposée
01:04:43par la France insoumise
01:04:44et le Rassemblement national.
01:04:45Et on le disait
01:04:46au tout début
01:04:46de Bourbon Express,
01:04:47Marco,
01:04:48Sébastien Lecornu
01:04:49a fait des annonces
01:04:50juste avant le début
01:04:51de cette émission.
01:04:51Oui, peu avant 17h,
01:04:52Sébastien Lecornu
01:04:53s'est exprimé sur X.
01:04:54Il promet donc
01:04:55un projet de loi
01:04:56agricole d'urgence
01:04:57examiné par le Parlement
01:04:59avant l'été
01:05:00autour de plusieurs priorités,
01:05:01dit-il,
01:05:02l'eau,
01:05:03la prédation du loup
01:05:03et les moyens
01:05:04de production.
01:05:05En attendant,
01:05:06il demande
01:05:06un moratoire
01:05:07sur toutes les décisions
01:05:08relatives à la politique
01:05:10de l'eau.
01:05:10Pas suffisant
01:05:11selon les syndicats agricoles
01:05:12qui ont voté
01:05:13la poursuite
01:05:14de la mobilisation
01:05:14il y a moins du Nord.
01:05:16La FNSEA annonce même
01:05:17qu'elle va rester
01:05:18pour la nuit
01:05:19aux abords de l'Assemblée.
01:05:20Les tracteurs
01:05:21aux abords de l'Assemblée,
01:05:22ce sera encore demain.
01:05:23Merci Marco,
01:05:24merci à tous les trois
01:05:25d'être venus ce soir
01:05:26dans Chaque Voix Compte.
01:05:27Merci Fanny et Laurent.
01:05:28L'émission est rediffusée
01:05:29tout à l'heure
01:05:29à 23h30.
01:05:30Vous la retrouvez aussi
01:05:31en replay sur lcp.fr.
01:05:33Chaque Voix Compte
01:05:33revient demain en direct
01:05:34à 19h30.
01:05:35On vous souhaite
01:05:35de passer une excellente soirée
01:05:37sur LCP.
01:05:38À demain.
01:05:38Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:41LCP.
Écris le tout premier commentaire