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  • il y a 29 minutes
Un tribunal du canton du Valais a ordonné lundi le placement en détention provisoire de Jacques Moretti, copropriétaire avec son épouse du bar de la station de ski suisse de Crans-Montana incendié la nuit du nouvel an, "pour une durée initiale de trois mois". BFMTV a rencontré le "fils adoptif" de Jacques Moretti qui a participé au sauvetage des victimes de l'incendie.

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Transcription
00:00On va maintenant revenir sur la tragédie du bar Le Constellation à Grand Montana en Suisse.
00:06C'est Maxime Brandstetter qui est sur place pour BFMT.
00:10Vous êtes à Lens en Suisse où vous enquêtez justement sur les gérants, sur leur entourage,
00:17ce qui tenait ce bar Le Constellation, Maxime ?
00:22Oui exactement et on vient avec Valentin Ribb de recevoir un témoignage qu'on n'avait pas forcément entendu.
00:28C'est quelqu'un qui est proche des Moretti et qui quelque part donne sa version, sa vision des Moretti,
00:35voire peut-être même les défend un peu.
00:37Cette personne il s'appelle Jean-Marc, c'est le fils adoptif de Jacques Moretti.
00:42Jacques Moretti il explique dans son audition que c'est son fils adoptif, il ne l'a pas vraiment adopté,
00:48mais en tout cas il l'a quasiment élevé, il le considère comme tel.
00:50Jean-Marc il gère d'ailleurs un des établissements ici à Grand Montana de Jacques Moretti.
00:55Il nous a reçu dans cet établissement pour nous raconter cette soirée auquel il a participé,
01:01même s'il ne travaillait pas à Grand Montana et surtout cette nuit d'horreur.
01:04Écoutez-le.
01:05Cette nuit j'étais présent dans l'établissement, j'étais sur la terrasse à l'entrée.
01:15Je suis responsable d'un autre établissement du groupe donc il m'arrive de monter dans les autres établissements
01:20et ce soir-là j'étais avec le videur à l'entrée et aussi avec ma compagne qui est décédée pendant l'incendie.
01:33Il y a eu ce moment où il y a eu un mouvement de foule de l'intérieur vers la véranda
01:38et à ce moment-là les gens sont sortis en criant.
01:43Il y a Mme Moretti qui est venue me trouver en me disant
01:46« Il y a le feu. »
01:52Tous les gens étaient les uns sur les autres à un moment donné.
01:57Elle n'était pas loin de moi, elle m'a dit « J'appelle les pompiers. »
02:04Et au niveau de la porte, entre l'intérieur et la véranda,
02:09les gens étaient les uns sur les autres, ils n'arrivent plus à sortir.
02:12Il y a eu des personnes avec moi qui ont essayé de les tirer
02:14et à un moment donné il y avait beaucoup trop de fumée,
02:17beaucoup trop de « Tu ne pouvais plus respirer, ce n'était pas possible. »
02:21On a pris la décision de s'écarter, de sortir de la véranda.
02:24Et c'est là où ça s'est enflammé.
02:30La véranda était complètement prise dans la fumée.
02:34Dès que les flammes se sont arrêtées,
02:37on était plusieurs à essayer d'ouvrir les portes de la véranda.
02:43Et les pompiers sont arrivés.
02:46On a demandé des masques à gaz
02:48pour essayer de rentrer à l'intérieur.
02:51On vous voit notamment sur une vidéo, c'est ça,
02:53qui a beaucoup été diffusé.
02:55Oui.
02:56On vous voit en train d'ouvrir une porte, c'est ça ?
02:59Enfin, d'ouvrir une...
03:00En effet, oui.
03:02J'ouvre une partie de la...
03:03Une partie d'une vitre de la véranda.
03:06Parce qu'il fallait faire sortir des gens, quoi.
03:08Il y avait des gens pris au piège à l'intérieur.
03:11Et après, on est rentrés dedans, quand même.
03:17C'était comment à l'intérieur ?
03:20Le chaos.
03:22Il y a des gens à l'intérieur qui sont couchés par terre.
03:24Il y a des gens en feu, que vous voyez.
03:31Je me souviens, il y a une ou deux personnes qui étaient avec moi
03:33parce qu'on s'est dit à un moment donné,
03:35il faut qu'on essaie de rentrer.
03:39Au moins, on va voir si on peut essayer de sortir des personnes.
03:43Du coup, une fois qu'il y avait un petit peu moins de fumée dans la véranda,
03:46on a réussi à rentrer au niveau du rez-de-chaussée, à l'étage.
03:55Et en rampant, on a sorti quelques personnes
03:59qui étaient inconscientes par terre.
04:03Après, il y a eu...
04:04Il y a eu M. Moretti et une autre personne
04:08qui ont cassé une porte latérale du rez-de-chaussée.
04:13Et c'est là où la fumée s'est un peu plus dissipée.
04:20Et c'est là où on a trouvé ma compagne, inanimée.
04:27Alors justement, expliquez-nous, votre compagne,
04:29je crois qu'on en a beaucoup parlé d'elle,
04:30pour nous dire qui c'est ?
04:33C'est Sian.
04:34On l'a sorti...
04:39On l'a sorti dehors.
04:42Il y a plusieurs personnes qui étaient là avec nous.
04:45On a essayé de faire le maximum
04:47avec M. Moretti et un autre.
04:52On l'a transporté dans un bar plus loin
04:54pour trouver un endroit
04:56plus adéquat pour prodiguer les premiers soins.
05:02Mais c'était une fille extraordinaire.
05:05C'était la joie de vivre.
05:12Ça faisait quelques années qu'elle travaillait
05:14pour M. Mme Moretti.
05:16Elle est revenue faire une saison, encore.
05:23Et ça faisait quelques temps
05:25qu'on était devenus beaucoup plus proches.
05:31Quelle est la nature de votre lien
05:33avec M. et Mme Moretti ?
05:35Vous le connaissez depuis combien de temps ?
05:37Quel lien vous avez ?
05:38Ça a toujours été des gens.
05:40Nous, M. Moretti,
05:44que j'estime énormément.
05:46de par le passé que nous avons en commun ensemble.
05:53Ce n'est pas évident de parler d'eux
05:54parce que je mesure énormément la peine
06:00de toutes ces familles
06:01de ce côté de cet accident, ce drame.
06:04Et de l'autre côté,
06:05je sais exactement qui ils sont
06:07et le moment qu'ils vivent aussi.
06:12C'est des gens qui ont toujours été
06:16passionnés par ce qu'ils font.
06:19C'est des gens travailleurs.
06:20C'est des gens...
06:21C'est des gens qui étaient présents
06:25dans leurs affaires.
06:26C'est des gens qui sont...
06:27C'est des gens qui sont humains,
06:29avant tout,
06:30et qui ont travaillé.
06:33Qui ont travaillé,
06:34travaillé nuit et jour
06:35pour faire ce qu'ils ont fait.
06:37Vous comprenez que ce n'est pas
06:38ce qu'on dit d'eux aujourd'hui.
06:40Il y a beaucoup de personnes,
06:41il y a des familles de victimes
06:42qui leur en veulent beaucoup,
06:44qui aimeraient qu'ils soient en prison.
06:45Il y a aussi des personnes,
06:46je pense à des anciens salariés,
06:48qui les critiquent,
06:49disent que tout n'était pas rempli.
06:51Qu'est-ce que vous pensez de ça ?
06:55Encore une fois,
06:57les familles des victimes,
07:03on peut tout entendre.
07:05Ce sont des gens qui ont perdu
07:07ou qui ont leurs enfants
07:08dans des situations...
07:11dans une situation dramatique.
07:13Mais après,
07:14les autres personnes
07:14qui parlent et qui relatent
07:17des faits
07:18ou des informations
07:20qui pensent connaître,
07:23c'est honteux.
07:24Tout ce qu'on voit là,
07:25tout ce qu'on est en train de voir
07:26sur des réseaux, etc.,
07:30c'est pas eux.
07:34C'est pas eux.
07:35Pareil sur les propos des extincteurs.
07:38J'entends des anciens employés
07:40dire que les extincteurs
07:41étaient dans les bureaux.
07:44Il y a des extincteurs
07:45dans l'établissement.
07:46Ils y étaient.
07:46Ils étaient présents.
07:48Encore une fois,
07:50je pense que ce sera
07:50démontré.
07:52Monsieur Jacques Moretti
07:53était donc retenu
07:55depuis vendredi
07:56en détention,
07:57en justice,
07:58dans l'attente
07:59que le tribunal
07:59des mesures de contraint
08:00se prononce.
08:02Le tribunal vient
08:02de se prononcer.
08:04Il ordonne, certes,
08:05la détention provisoire,
08:06mais il dit que si
08:07monsieur Moretti
08:07apporte des garanties,
08:09des mesures de substitution,
08:10notamment une caution,
08:11il pourra le libérer.
08:13Comment vous accueillez
08:14cette nouvelle ?
08:16Je n'ai pas envie
08:17de commenter.
08:19Je n'ai pas envie
08:20de commenter la question.
08:22D'accord.
08:23Je peux vous demander
08:24pourquoi ?
08:25d'un avis personnel,
08:29c'est bien évidemment,
08:31encore une fois,
08:32je pense qu'on est dans la...
08:34On suit la loi suisse.
08:36Je pense.
08:38Après,
08:42c'est très bien
08:43que l'opinion publique
08:44derrière
08:45ne comprendra pas
08:47ces décisions-là.
08:49Pauline Revenin,
08:50on vient d'entendre
08:51cet homme,
08:52Jean-Marc,
08:53qui est le fils adoptif
08:54de Jacques Moretti,
08:56qu'il appelle d'ailleurs
08:56Monsieur Moretti.
08:57On a l'impression
08:58qu'il défend plutôt
08:59Jacques Moretti.
09:01Il essaye de faire
09:02quelque chose d'équilibré,
09:03je pense.
09:03Il dit à la fois
09:04j'entends la douleur
09:05des familles,
09:06mais ce qu'on dit
09:06sur les réseaux sociaux,
09:08sur le couple Moretti,
09:09ne correspond pas
09:10à ce que lui a vécu
09:11puisqu'il a été quasiment élevé
09:12par Jacques Moretti.
09:14On sent qu'il est très affecté,
09:15mais que le récit
09:16est difficile.
09:17D'abord parce qu'il a essayé
09:18de secourir des gens,
09:19que dans les gens
09:20qu'il a essayé de secourir,
09:21il est tombé sur le corps
09:22inanimé de sa compagne.
09:25Ensuite,
09:26ils ont remonté les corps
09:27et ce qu'il ne raconte pas,
09:28c'est que Jacques Moretti
09:29et un certain nombre de personnes
09:30ont essayé de faire
09:31des massages cardiaques
09:32à ces personnes
09:32qui en fait étaient déjà décédées.
09:34Donc le choc,
09:35il est terrible.
09:36Et puis on apprend
09:36qu'il a perdu sa petite amie.
09:38Cyanne,
09:38cette serveuse
09:40qui travaillait dans le bar
09:41Le Constellation.
09:42Donc il a une position
09:44qui est vraiment au milieu,
09:45c'est-à-dire qu'à la fois
09:45il a été élevé par les deux gérants
09:47qui sont largement mis en cause
09:48et à la fois il est victime
09:49puisqu'il a perdu sa compagne.
09:51Donc c'est une position
09:52assez douloureuse.
09:53Je pense qu'il l'exprime
09:54de manière la plus équilibrée
09:56qu'il soit
09:56mais on entend quand même
09:57qu'il essaye de comprendre
09:59la douleur des familles.
09:59Jérôme Moreau est avec nous,
10:01c'est le vice-président
10:01et porte-parole
10:02de la Fédération France Victime
10:04et qui accompagne
10:06ces victimes françaises
10:07et leurs familles.
10:08Vous avez entendu
10:08ce témoignage du beau-fils
10:10qui explique comment lui
10:12a essayé de sauver des gens,
10:14qui défend son beau-père
10:17d'adoption.
10:19Qu'en pensez-vous ?
10:21Bon, écoutez,
10:22c'est des témoignages classiques.
10:24On connaît tout à fait ça
10:25dans le cadre des instructions
10:27et on peut comprendre
10:28que des personnes
10:29qui ont des liens affectifs
10:30avec les auteurs,
10:32voilà, ça perdure
10:33au-delà même de l'instruction.
10:35Ce qu'il faut bien comprendre aussi,
10:37c'est que c'est quand même
10:38quelque chose
10:38qui va être difficilement entendable
10:40pour les victimes
10:41dont les enfants,
10:44dont les proches
10:44ont décédé
10:47et puis pour les blessés.
10:49Mais...
10:50Lui-même, pardon,
10:50lui-même est touché
10:52puisqu'il a perdu sa petite amie
10:53dans ce drame
10:54qui était Sian,
10:56donc l'une des employées
10:58de ce bar,
10:59le Constellation.
11:01Mais on peut entendre l'émotion,
11:03mais il faut aussi entendre
11:04l'émotion de l'intégralité
11:06des victimes
11:06et il l'est,
11:08puisqu'effectivement,
11:09il est touché.
11:10Mais on voit bien
11:10cette ambivalence,
11:11c'est quelque chose,
11:12encore une fois,
11:12que l'on connaît,
11:13mais il nous appartient
11:14également aussi
11:15de porter la voix
11:16de l'intégralité
11:17des familles de victimes
11:19et aujourd'hui,
11:20elles sont quand même
11:21dans plusieurs états,
11:23l'état de sidération,
11:24l'état de colère.
11:26Et puis,
11:27on rappellera quand même
11:28que peut-être
11:28que pour nuancer
11:29un petit peu tout cela,
11:31ça ne se passait pas
11:31si bien que ça
11:32quand même
11:32sur le plan du travail
11:33et on attend toujours
11:34quand même
11:35qu'on nous produise
11:36les assurances du bar
11:38pour pouvoir faire en sorte
11:39que les victimes
11:40puissent avoir le droit
11:41à un certain nombre
11:42d'indemnisations,
11:43en tout cas,
11:43à un certain nombre
11:44de provisions.
11:45On n'a toujours pas quand même.
11:46Reste avec nous,
11:47Jérôme Moreau,
11:47parce qu'on va retourner
11:48en Suisse
11:48à l'en se retrouver
11:49Maxime Rochetteur
11:50pour BFM TV
11:51parce que c'est évoqué
11:53par Jean-Marc,
11:56pardon,
11:57c'est une éventuelle sortie
11:59de Jacques Moretti
12:00d'ici quelques jours ?
12:03Alors oui,
12:05c'est surtout évoqué
12:06par l'avocat
12:07de Jacques Moretti
12:09qui nous a fait
12:09une courte réaction
12:10pour vous expliquer.
12:12Aujourd'hui,
12:13le tribunal
12:13des mesures de contrainte
12:14s'est enfin prononcé
12:15sur la détention
12:17provisoire
12:17de M. Jacques Moretti.
12:18Et le tribunal
12:19des mesures de contrainte,
12:20qu'est-ce qu'il a dit ?
12:20Il a dit
12:21j'ordonne la détention provisoire
12:23mais j'accepte
12:24de libérer M. Jacques Moretti
12:26s'il y a certaines conditions,
12:28s'il y a certaines contraintes
12:30que Jacques Moretti accepte,
12:32parmi lesquelles
12:32notamment la version
12:33d'une caution en argent
12:35dont on ignore encore
12:36le montant.
12:38Et on a discuté
12:38avec Maître Michotte
12:40qui est l'avocat
12:41de Jacques Moretti.
12:42Il nous a dit
12:42que pour lui
12:43c'était une décision favorable,
12:44qu'il se mettait
12:45à travailler dès maintenant
12:46parce qu'il espère bien
12:47réunir toutes les conditions,
12:49l'argent,
12:50mais il y en aura peut-être
12:50d'autres
12:51comme le bras électronique,
12:52comme une obligation
12:52de pointage,
12:53bref,
12:53il espère fournir
12:54les garanties
12:55le plus vite possible
12:55et faire libérer son client.
12:57Il nous a dit
12:57que selon lui
12:58c'était une question de jour.
12:59Ce serait une caution
13:02et puis l'empêcher
13:03de s'en aller aussi.
13:04Sans doute la confiscation
13:05de son passeport,
13:06ses papiers d'identité
13:07parce qu'il est français,
13:08il peut passer la frontière
13:09et la justice a besoin
13:10qu'il collabore
13:11parce que l'instruction
13:12ne fait que démarrer.
13:13Jusqu'ici,
13:14il a collaboré
13:14donc ça peut être
13:15une des conditions assorties.
13:17Il y aura peut-être
13:17aussi l'interdiction
13:18de s'exprimer dans les médias.
13:19Nous sommes avec un avocat,
13:20c'est Philippe Courtois.
13:22Bonsoir Maître,
13:22vous êtes spécialisé
13:23dans la défense
13:23des victimes
13:24de dommages corporels.
13:25La libération
13:26sous certaines conditions
13:28de Jacques Moretti
13:29qui est en détention
13:30prévisoire,
13:31ça semble cohérent,
13:33logique ?
13:35C'est cohérent
13:36puisque ça en fait
13:36à parler avec le droit français.
13:38C'est les mêmes principes,
13:38c'est-à-dire que la détention
13:40est l'exception.
13:41C'est-à-dire
13:41l'étention prévisoire
13:41d'une personne responsable
13:43ne doit pas être systématique.
13:45Il y a un contrôle judiciaire,
13:46c'est ce qui semble
13:47être proposé,
13:48c'est avec une caution,
13:48donc une somme d'argent
13:49qui serait mise
13:50justement à la disposition
13:51de la justice
13:51pour s'assurer
13:52de la dette civile,
13:55c'est-à-dire
13:55d'une partie
13:56de l'indemnisation,
13:56mais également
13:57avec des contraintes
13:58telles que ça peut être
13:59la domiciliation
14:00de cette personne,
14:01également la présentation
14:02de cette personne
14:03toutes les semaines
14:03à un commissariat
14:04ou une gendarmerie,
14:05peu importe,
14:06mais également le fait
14:07qu'il ne quitte pas
14:07le territoire
14:08pour rester à la disposition
14:09de la justice.
14:10C'est l'objectif.
14:11Il est évident
14:12que la sanction,
14:12la peine qui est prévue
14:14par le Code élévétique
14:15est de 20 ans
14:16d'emprisonnement.
14:17Ce n'est pas rien.
14:18C'est même au-delà
14:18de ce qu'une personne
14:20dans une telle situation
14:21pourrait risquer en France.
14:22Donc,
14:23ce sont des faits gravissimes
14:24qui méritent des moyens
14:25pour qu'on ait cette personne
14:27qui est présumée innocente
14:28bien évidemment
14:28à la disposition
14:29de la justice,
14:30qu'il y ait une partie
14:31des tensions,
14:32c'est normal,
14:33mais également,
14:34je pense que pour la suite,
14:35il faudra bien entendu
14:36qu'ils puissent s'exprimer,
14:37mais comme vous le disiez
14:38à l'instant,
14:39cela ne pourra jamais
14:40remplacer n'importe quel mot
14:41qu'il pourra prononcer,
14:43n'enlèvera pas
14:43ce que les familles ont vécu
14:44et ce que les victimes vivent.
14:45– Il y a aussi le contexte quand même,
14:47notamment le contexte local,
14:49beaucoup s'interrogeaient
14:50sur le fait
14:50que l'homme en question
14:52était toujours en liberté,
14:53il y a le trouble
14:54à l'ordre public,
14:55si j'ose dire,
14:55qui peut être invoqué aussi
14:57pour le maintien en détention.
14:59– C'est le trouble
15:01à l'ordre public
15:02et également pour sa sécurité,
15:03allons jusqu'à ce principe-là
15:04également,
15:05puisque parfois,
15:05on met en détention
15:06des personnes présumées innocentes
15:08pour éviter…
15:09– Pour les protéger.
15:10– Pour les protéger elles-mêmes,
15:12donc c'est une solution aussi,
15:13c'est pour apaiser les tensions
15:14et apaiser justement
15:15l'opinion publique.
15:16Mais encore faut-il
15:17que cela soit respecté.
15:18Trois mois avait été demandé
15:20sauf erreur de ma part
15:20au départ de détention provisoire.
15:23Bon, qu'ils sortent
15:23sous certaines conditions,
15:24c'est la règle,
15:25c'est la même chose
15:26dans d'autres pays.
15:27Maintenant, encore une fois,
15:28il faut s'assurer
15:29de sa représentation
15:30qu'il ne quitte pas le territoire,
15:31qu'il puisse répondre aux questions,
15:32qu'il puisse aller au-delà
15:34de ses premières paroles.
15:35– Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi
15:36de risques qui se concertent
15:38avec les autres protagonistes
15:40de cette affaire ?
15:41– Non, puisque dans le cas
15:42d'un contrôle judiciaire,
15:43on va lui interdire justement
15:44de rentrer en contact,
15:45alors on dit principalement
15:46avec les parties civiles,
15:47les victimes,
15:48mais également avec tous ceux,
15:49notamment son épouse,
15:50notamment tous les autres témoins,
15:52d'autres personnes…
15:52– En même temps,
15:52il l'a déjà fait
15:53puisqu'il était libre là.
15:55– Il l'a déjà fait,
15:55malheureusement,
15:56mais vous savez,
15:56dans n'importe quelle enquête,
15:57c'est un peu la difficulté
15:59qu'on peut rencontrer.
16:00C'est le retard
16:01qui peut être pris
16:01avant de prendre de telles mesures.
16:03Mais il est évident
16:03qu'on va lui interdire,
16:05on ne va pas le mettre
16:05à l'isolement totalement,
16:07mais il est certain
16:07qu'il va y avoir des mesures
16:09qui vont lui interdire
16:10de rentrer en contact,
16:11de trouver des moyens
16:12d'entente ou autre.
16:13Je ne pense pas
16:14qu'il aille jusque-là maintenant.
16:16Il est vrai que c'est un personnage
16:18avec un passé qui existe
16:19qui peut expliquer également
16:21cette mise en détention
16:22au-delà des faits,
16:24malheureusement,
16:25qui nous concernent.
16:26– Mais Jérôme Moreau
16:26est toujours avec nous
16:27par rapport à la France victime
16:29sur l'accompagnement
16:30des victimes françaises.
16:31Vous seriez choqués,
16:32les familles seraient choquées
16:33d'une remise en liberté
16:34de M. Moretti ?
16:36– Ça serait très compliqué
16:38en tout cas à entendre.
16:40Je rappelle qu'en France,
16:41ça serait quasiment impossible
16:43puisque le misère volontaire
16:45ne peut ouvrir droit
16:47par principe,
16:48sauf vraiment
16:49de très très rares exceptions
16:50à ces détentions provisoires.
16:52Mais la justice
16:53a quand même fait un pas,
16:54la justice suisse,
16:55et effectivement,
16:56un pas en arrière
16:56serait extrêmement mal vécu
16:58parce qu'on aurait l'impression
17:00d'un retour en arrière
17:01et quasiment
17:03d'une impossibilité
17:06pour les victimes
17:07à être entendue.
17:08Après,
17:09la décision sera ce qu'elle sera,
17:11mais en tout état de cause,
17:12aujourd'hui,
17:12c'est quand même un signe
17:13qui est adressé aux victimes
17:14et un signe salutaire.
17:16Tout d'abord,
17:16effectivement,
17:17ce qu'on peut voir redouter,
17:18c'est cette entente quand même
17:19entre les uns et les autres
17:21et on voit bien
17:21que le sentiment
17:23de responsabilité,
17:24de culpabilité
17:24n'est pas si simple.
17:25En tout cas,
17:26les premiers éléments
17:27de l'enquête
17:27ne sont quand même
17:28pas forcément en faveur
17:30des personnes
17:31qui tenaient ce pas.
17:33Deuxièmement,
17:33pour les victimes,
17:34c'est quand même important
17:35de savoir
17:36que celles et ceux
17:38qui sont potentiellement responsables
17:39et encore une fois
17:40la lumière du principe
17:42de présence aux innocences
17:43sont en prison
17:44parce qu'elles,
17:46pour le coup,
17:47elles ont une personne
17:48qui est décédée,
17:49elles ont des blessés
17:49et c'est vrai
17:50que c'est quand même
17:51quelque chose
17:51qu'elles demandent
17:52à chaque fois
17:53que ce soit dans le cadre
17:53des accidents routiers,
17:55que ce soit dans le cadre
17:56des homicides volontaires,
17:58c'est vrai qu'elles ressentent
17:59très douloureusement
18:00le fait que les auteurs
18:02ne soient pas en détention
18:04provisoire
18:04avant le jugement.
18:05Ainsi est fait le droit
18:06et donc on en accepte l'augure
18:08mais en tout cas,
18:09c'est quand même
18:09un sentiment
18:10qui est...
18:12Merci Jérôme Moreau,
18:14merci d'avoir été avec nous
18:15ainsi qu'à Philippe Courtois
18:16et Maxime Brandstetter.
18:17Merci à vous.
18:18Merci à vous.
18:22Merci.
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