00:00Dans le village de Siana, au cœur de la Côte d'Ivoire,
00:04résonne encore le bruit du bois et du fil.
00:07Ici, un homme incarne la mémoire vivante d'un art ancestral,
00:12Namori Dosso, le dernier maître tisserant.
00:15Son histoire est celle d'une jeunesse marquée par le labeur
00:17où les garçons, après les travaux champettes,
00:21étaient obligés d'apprendre le métier à tisser
00:23sans vraiment comprendre la vie.
00:25Dans ses quotidiens rudes, le tissage n'était pas seulement une activité,
00:29mais une nécessité pour la survie et l'identité du village.
00:33Et c'est Namori lui-même qui se souvient de cette époque.
00:37À ce temps-là, c'est obligé.
00:40Si tu avais 18 ans, 17 ans, tu commences à...
00:43Tout le village, tout le village,
00:45on va au champ, au retour du champ, tu commences à travailler.
00:49Tu apprends qui sera.
00:52Aujourd'hui, c'est très bon, mais les enfants, ils refusent à travailler.
00:56Je ne comprends même pas.
00:57Et il va y avoir de l'argent sur place.
00:59Mais ok, ce n'est pas ça.
01:00Et puis encore, mes enfants sont d'un café comme moi.
01:04Mais hélas.
01:05Aujourd'hui, rares sont ceux qui ont accepté de s'asseoir aux côtés du vieux maître pour apprendre.
01:11Drissa fait partie de ses exceptions.
01:14Dans ses mains, les gestes de Namori se perpétuent.
01:17Le dessin des motifs, la précision du fil, la patience du tissage.
01:21Chaque mouvement est une mémoire, chaque étoffe une histoire.
01:26Drissa incarne la relève, une flamme fragile qui s'efforce de maintenir allumée.
01:30Il raconte son apprentissage auprès du vieux maître.
01:33Le vieux m'a formé, le vieux a lancé le message à la jeunesse de Siyana.
01:40Personne n'est venue pour venir apprendre.
01:45Aujourd'hui, tout ce qu'il m'a montré, jusqu'aujourd'hui, tout ce qu'il m'a montré, il sait le faire.
01:53Le dessin, le tissage, même pour faire entrer dans ce fil-là, maintenant je le fais.
01:59Mais malgré cette transmission, Namori reste inquiet.
02:04Autour de lui, la jeunesse s'éloigne, attirée par d'autres horizons, d'autres métiers, d'autres rêves.
02:11Le métier à tisser, lui, risque de disparaître dans le silence des cases abandonnées.
02:15Au Namori, ce n'est pas seulement une perte économique, mais une blessure culturelle.
02:20Car chaque fil tissé est un lien avec les ancêtres, chaque motif une parole transmise.
02:26Avec émotion, il confie sa douleur et son espoir.
02:29Ça me fait mal, mais je ne pouvais pas faire autrement.
02:34Ça me fait mal au cœur.
02:35Tu ne vois pas le bois là.
02:37J'ai coupé le bois là, pour que les enfants n'ont pas venus, n'ont pas souci à travailler.
02:42Je veux les apprendre à travailler.
02:45Pour faire le dessin là.
02:46Je suis le professionnel.
02:50Quand tu as ça là, quand tu connais ça là,
02:52pour dire qu'aujourd'hui, je n'ai pas gagné l'argent, ce n'est pas vrai.
02:57Face à cette menace, les autorités culturelles ont décidé d'agir.
03:01Pour elles, il est indispensable que ce savoir-faire transmis de génération en génération
03:06disparaisse dans l'oubli.
03:08Le directeur régional de la culture et de la francophonie explique les mesures prises
03:12pour sauvegarder ce patrimoine.
03:14C'est un savoir-faire qui tente de disparaître.
03:17Et nous, en tant qu'autorité de culture, il n'était pas bon de laisser ce bien à disparaître.
03:26Et donc, nous avons se le gardé.
03:30Et il est maintenant question de le promouvoir.
03:33Aciana, le métier attissé n'est pas qu'un outil.
03:37C'est une mémoire, une identité, une richesse culturelle.
03:40Et grâce à Namory, Drissa et ceux qui croient encore en ce temps,
03:45le dernier champ du métier attissé pourrait bien devenir une nouvelle mélodie pour l'avenir.
Commentaires