00:00Sur l'actu locale en pays catalan.
00:02Ici Matin.
00:04Depuis lundi, les médecins libéraux sont en grève dans les PEO.
00:08A partir de demain, les médecins de Medipol-Saroc rejoignent ce mouvement.
00:11Une soixantaine devraient participer au mouvement.
00:14Une soixantaine de médecins va se mettre en grève.
00:16Pour en parler, notre invité ce matin est le représentant de la commission médicale
00:19de l'établissement Medipol-Saroc, lui-même médecin anesthésiste Marie Roarch.
00:24Bonjour Guillaume Bertrand.
00:25Bonjour.
00:26Déjà, si on se place du point de vue des patients,
00:29comment est-ce qu'il va se concrétiser ce mouvement de grève à Medipol ?
00:32Dans un premier temps, on a souhaité rejoindre le mouvement national
00:37qui a été débuté par nos confrères dans tout le pays depuis le 5 janvier.
00:41On rentre un petit peu tardivement, mais on rentre à partir de demain.
00:45Du coup, les effectifs médicaux qui seront maintenus sur la clinique Medipol-Saroc
00:51seront assez restreints et seront réquisitionnés déjà par l'ARS.
00:55De fait, il y aura des conséquences, notamment sur la prise en charge des urgences.
01:00Donc, il n'y aura pas d'absence totale de médecin ?
01:03Bien entendu, on n'abandonne pas nos patients.
01:05La continuité des soins est bien entendu toujours assurée.
01:08Nos patients qui sont déjà hospitalisés continueront à être pris en charge sans interruption.
01:13Concernant la prise en charge des urgences,
01:16effectivement, étant donné que notre service des urgences fonctionne habituellement
01:19avec trois médecins de front pour assumer le flux de patients.
01:23Cette fois-ci, il n'y a qu'un seul médecin qui est réquisitionné
01:25et qui ne pourra donc pas tout faire.
01:28Ce qui fait que, d'ores et déjà, on estime que les délais de prise en charge
01:32sur les urgences Medipol seront au moins de 12 heures.
01:35Et on demande donc à la population, dans la mesure du possible,
01:39de ne se présenter aux urgences que lorsque c'est extrêmement nécessaire.
01:42Donc, il y aura un impact sur les patients.
01:44Dans le communiqué que vous diffusez, vous vous en excusez,
01:47mais vous dites qu'il y a urgence, cette fois, vraiment, pour les soignants aussi.
01:51Et du coup, pourquoi cette urgence ?
01:54Alors, effectivement, si on se lève aujourd'hui,
01:56c'est pour défendre notre système de soins.
01:58Notre système de soins qu'on aime, qui est solidaire,
02:00qui soigne tout le monde à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.
02:02Mais pourquoi maintenant spécifiquement, Guillaume Bertrand ?
02:05Alors, spécifiquement maintenant, parce que, fin d'année dernière,
02:09le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été voté.
02:13Ce projet a été vraiment vécu comme une insulte,
02:17une attaque méthodique contre notre système.
02:19On a l'impression que nos politiques ne nous comprennent pas.
02:22Ce qu'ils ont oublié, c'est que notre système de soins,
02:24aujourd'hui, fonctionne sur deux piliers fondamentaux.
02:27D'un côté, on va dire l'hôpital public,
02:30et de l'autre côté, la médecine libérale, dite privée.
02:34Est-ce que vous avez des exemples d'attaques que ce texte fait
02:37contre la médecine libérale,
02:38pour que ça rende les choses plus concrètes pour nos auditeurs ?
02:41Ah oui, tout à fait. Je peux vous en parler.
02:43On va revenir sur le texte, c'est très simple.
02:45Aujourd'hui, nos députés, ils ont mis un terme
02:47à ce que l'on appelle la négociation conventionnelle,
02:50qui existe depuis une trentaine d'années,
02:51et qui permet, en fait, entre la Caisse nationale
02:54et les représentants des professions médicales et paramédicales,
02:57d'établir, si on peut dire, les tarifs des différents actes.
03:01Malgré la désinformation qui court sur les réseaux sociaux
03:03et les promesses de Mme Riste,
03:04aujourd'hui, le président de la Caisse nationale, M. Fatom,
03:08a de coup le pouvoir unilatéral
03:10de réduire les tarifs des actes sans négociation.
03:13C'est ce qui, d'ailleurs, a déjà été fait
03:15pour les spécialités telles que la radiologie
03:17et la néphrologie en fin d'année.
03:20Mais ce qu'ont oublié nos députés,
03:21c'est une chose fondamentale,
03:22c'est que lorsqu'ils réduisent le prix des actes,
03:24c'est tout un système qui s'effondre.
03:25Car nous, médecins libéraux,
03:27nous sommes aussi employeurs de personnel,
03:29paramédicaux spécialisés,
03:31à très haute valeur ajoutée,
03:33on paye des charges, taxes, diverses,
03:36et ça nous permet également d'investir
03:38sur nos propres deniers dans l'innovation médicale.
03:41Tout ça pour offrir à nos patients
03:42les meilleurs soins, tous les jours,
03:45sans exception.
03:48Ça, c'est un exemple de disposition.
03:54Pourquoi est-ce que ça intervient maintenant ?
03:57Est-ce qu'on détruit, selon vous,
03:59la médecine libérale ?
04:01Tout à fait.
04:02Parce qu'en entraînant des modifications,
04:05comme je viens de vous expliquer,
04:06c'est des fermetures de cabinets
04:08qui vont avoir lieu,
04:09des licenciements de personnel.
04:11Et donc les conséquences aujourd'hui
04:12de ce sabotage,
04:13parce qu'on va parler de sabotage,
04:15c'est que ça va augmenter pour les patients
04:17les délais de prise en charge
04:19et les délais de rendez-vous médicaux.
04:21D'ailleurs, vous pouvez déjà le ressentir.
04:23On va réduire l'offre de soins,
04:25ça va fermer des centres de proximité.
04:27C'est également aussi une perte d'attractivité,
04:29c'est-à-dire que pour nos jeunes qui arrivent,
04:31alors les internes qui sont en formation
04:33sont déjà dans le cursus pour être médecins,
04:35mais aujourd'hui, même au niveau de nos lycéens,
04:37est-ce que l'on donne une bonne image
04:39à nos lycéens de la médecine française ?
04:40Je n'en suis pas sûr.
04:41On augmente également le reste à charge
04:43pour les patients.
04:45Évidemment, demain,
04:46c'est l'innovation qui sera moins performante.
04:49Aujourd'hui,
04:50et des mesures qui résonnent un petit peu plus
04:52chez vos auditeurs,
04:53c'est la mise sous objectif
04:56qui entraîne la limitation
04:57de certaines prescriptions,
04:58comme les transports médicalisés
05:00et la durée des arrêts de travail.
05:027h51,
05:03votre invité,
05:04Marie Roache,
05:04c'est Guillaume Bertrand.
05:05Il est médecin anesthésiste,
05:07réanimateur
05:07et représentant
05:09de la commission médicale
05:10de l'établissement
05:11Medipol de Saint-Roch-Cabestani.
05:12Le législateur,
05:14Guillaume Bertrand,
05:14a aussi voulu limiter
05:16les dépassements d'honoraires
05:17que peuvent pratiquer
05:18certains médecins.
05:19les patients peuvent percevoir ça
05:22comme quelque chose de positif.
05:26Il faut comprendre
05:26que nous,
05:27nos actes
05:28n'ont pas été réévalués
05:29depuis 30 ans.
05:30Depuis 30 ans,
05:31les médecins
05:32ont des actes
05:33qui ont sensiblement
05:34la même valeur.
05:35Et tout ça face
05:35à une inflation galopante.
05:37On apprend plus de 10% d'inflation,
05:39toutes les charges augmentent,
05:41on doit rémunérer,
05:43bien entendu,
05:43notre personnel
05:44à hauteur de ce qu'ils font.
05:47Et sachant que c'est des gens
05:48à haute valeur ajoutée,
05:49ça nous coûte une certaine somme.
05:51On doit s'occuper
05:52de nos cabinets médicaux
05:54et investir dans l'innovation.
05:56Tout cela,
05:56ça a un coût.
05:57Avec ce que les tarifs
05:59fournis par la Caisse Nationale
06:00d'Assurance Maladie,
06:02les cabinets ne peuvent pas
06:02faire front à tout ça.
06:04Donc effectivement,
06:05lorsque vous rentrez
06:05dans un cabinet
06:06de médecine libérale,
06:07certains médecins
06:08pratiquent des dépassements
06:09d'honoraires.
06:10Mais c'est ce que j'explique
06:10tous les jours à mes patients
06:11quand je les vois en consultation.
06:13Ces dépassements d'honoraires
06:14ou honoraires complémentaires,
06:16je préfère qu'on en parle comme ça,
06:17permettent justement
06:18de leur assurer
06:19que la prise en charge
06:20soit optimale,
06:21en toute sécurité,
06:22avec tout le personnel
06:23nécessaire
06:25à leur prise en charge.
06:26Et vous pouvez comprendre
06:27malgré tout
06:27que certaines personnes
06:28ne comprennent pas ça.
06:29Je l'entends.
06:30Parce que dans l'imaginaire collectif,
06:31le médecin est plutôt
06:32quelqu'un de nantie,
06:34pardonnez-moi le choix du mot,
06:36mais effectivement,
06:37quelqu'un qui gagne bien sa vie
06:38par rapport peut-être
06:39à la moyenne des gens
06:40qui viennent vous consulter.
06:41Alors, j'entends bien le discours.
06:43Alors, je vais répondre
06:43deux choses à cela.
06:46Nous sommes une profession
06:47où on est sur le pont H24.
06:50Vous aurez toujours un médecin
06:51qui sera là pour vous
06:52à n'importe quelle heure
06:53de la nuit.
06:54Et c'est quelqu'un
06:55qui est formé,
06:55qui a fait entre 11 à 13 ans
06:57d'études.
06:59Ces études qui,
07:00notamment,
07:01peuvent impacter
07:02sur la vie de famille
07:03tous les jours,
07:03étant donné le temps
07:04qu'on y passe
07:05et l'investissement
07:06qu'on y donne.
07:07Juste pour revenir
07:09sur le reste à charge
07:10des patients,
07:10puisque vous parlez
07:11des honoraires complémentaires,
07:12il ne faut pas oublier
07:13que la majorité
07:15de la population,
07:16normalement,
07:17souscrit à une mutuelle,
07:19mutuelle qui,
07:19aujourd'hui,
07:20font des profits records,
07:21qui se parlent
07:23en milliards.
07:24Et on voit,
07:25aujourd'hui,
07:25des cotisations
07:26qui continuent à augmenter
07:27et un remboursement
07:28qui est toujours
07:29de moins en moins
07:30opéré auprès des patients.
07:31La question,
07:33il va falloir aussi se poser
07:34au niveau des mutuelles,
07:37quelle peut être
07:37leur action
07:39pour diminuer
07:39le reste à charge ?
07:41Merci beaucoup,
07:42Guillaume Bertrand,
07:43d'avoir été avec nous
07:44ce matin en direct
07:45sur votre radio.
07:46Ici, Roussillon,
07:47pour nous expliquer
07:48les motifs,
07:49les revendications
07:50des médecins
07:50de la clinique
07:51Medipo-Lacabestani
07:52qui rejoignent
07:53le mouvement de grève
07:53des médecins libéraux
07:54à partir de demain
07:56et jusqu'au 14 janvier.
07:57Merci beaucoup à vous.
07:59Je vous en prie.