00:00Ce matin, les bateaux sur la terrasse qui sont aujourd'hui en librairie aux éditions Robert Laffont.
00:04Mais derrière ce livre, il y a une voix que vous connaissez peut-être déjà.
00:09Oui, cette voix c'est celle de Gécé, donc on l'a connue, il s'est fait connaître à la radio.
00:13Il est aussi en ce moment sur scène, en pleine tournée, un seul en scène qui a d'ailleurs été plutôt bien accueilli.
00:19Et avant de vous parler de son roman, on va justement commencer par le retrouver sur scène
00:24pour bien saisir son humour, beaucoup d'ironie, pas mal d'autodérision et surtout des souvenirs très personnels,
00:31notamment de son enfance. Écoutez.
00:34À la rentrée scolaire, elles étaient là « Hola, que tal ? »
00:37« Ai, quel frio, aquí, non ? »
00:40Elles avaient toujours froid en Bourgogne.
00:43Elles étaient là « Hola, como te llamas ? »
00:46« Crescé ? » « Ay que non. »
00:49« Crescé ? » « Non. » « Aquí, te llamas Javier. »
00:54« Qu'est-ce que c'est que ces histoires de changer les prénoms en cours de langue ? »
00:57Voilà, et ce n'est donc pas sur scène qu'on est allé le rencontrer,
01:01mais donc en librairie, dans son premier roman qui s'appelle « Les bateaux sur la terrasse ».
01:07Gécé reprend certaines thématiques de son spectacle.
01:09Il parle beaucoup et surtout du harcèlement et de l'homophobie qu'il a subie à l'école.
01:15Alors première question, écrire une chronique à la radio, écrire un spectacle ou écrire un roman,
01:19est-ce que c'est la même écriture ? Qu'est-ce qu'il préfère ?
01:23Réponse au micro de Stephen Bellery et Julie Ponset.
01:26– Un spectacle d'humour, on a une injonction à être drôle.
01:29Un roman, on a une injonction quand même à être intéressant.
01:32Et la chronique, il y a une injonction à être efficace.
01:34Il faut toutes les deux, trois phrases, une vanne, il y a du rythme et tout.
01:38Ce qui n'est pas le même cas qu'un roman.
01:40Un roman où il y a une vanne tout le temps, moi je suis là, oui on a compris.
01:42C'est des choses différentes, mais c'est trop bien d'écrire si différemment,
01:45parce que ça permet vraiment de toucher à plusieurs choses.
01:48– Et il y a un passage qui vous a particulièrement marqué dans ce livre.
01:53– Oui, oui, alors c'est un chapitre qui arrive après le chapitre 13,
01:56mais il ne s'appelle pas chapitre 14, il s'appelle chapitre 0,
02:00où il s'adresse directement à sa mère.
02:03Ça commence comme ça avec ces mots,
02:05« t'as jamais vu » ou « t'as pas voulu voir ».
02:07Et puis ensuite, c'est un texte qui fait à peu près deux pages,
02:12mais qui est écrit d'un seul G, 100 virgules, 100 points.
02:16– J'ai très vite su qu'il n'y aurait pas de ponctuation,
02:19parce que j'ai très vite su que ça sortirait.
02:21J'avais cette image du magma, du volcan qui pète,
02:24ce volcan endormi qui d'un coup se réveille.
02:27C'est beaucoup de reproches,
02:29c'est aussi beaucoup de choses que j'ai vécues,
02:31que je dis dans ce chapitre,
02:32et j'ai voulu l'appeler zéro,
02:33parce que pour moi c'est le chapitre fondateur du roman.
02:35Sans ce chapitre, il n'y a pas de roman.
02:36C'est un peu tout ce qui m'est arrivé,
02:40tout ce qui m'a reçu en moi.
02:41J'avais besoin qu'il s'appelle zéro
02:42pour que le lecteur comprenne qu'une fois qu'on est passé
02:45par ce chapitre-là, on peut commencer à reconstruire.
02:49– Voilà, et donc pour un premier roman,
02:50c'est franchement particulièrement très touchant.
02:53Il parle de son histoire, de son histoire familiale,
02:56des non-dits, ça parlera aussi à beaucoup d'autres familles.
03:00– Alors justement, c'est marqué roman,
03:02mais alors est-ce que c'est de la fiction ?
03:04Ou alors est-ce que c'est sa vie ?
03:05Parce qu'il a l'impression de me raconter…
03:06– Oui, bien vu.
03:07Alors justement, on peut parler d'autofiction,
03:10mais on lui a posé cette question.
03:13– 80% est la vérité,
03:1520% est de l'ordre du roman.
03:17Pour que ma mère puisse dire à ses copines,
03:18non mais il a tout inventé, vous savez.
03:19– Donc les bateaux sur la terrasse publiés aujourd'hui en librairie.
03:26– Merci Alix pour cette session.
03:27– Sous-titrage Société Radio-Canada
03:36– 식'Mare
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