00:00Mathieu Bocoté, vous êtes en ligne avec nous, notre québécois national, international.
00:05Alors, c'est très intéressant pour nous de vous avoir, pour avoir un peu le regard que vous avez,
00:11parce que ça fait quand même 48 heures, que vous avez un petit sourire du coin des lèvres,
00:16et vous vous dites un peu, mais qu'est-ce que c'est que ces Français ?
00:19On marque une pause, Mathieu Bocoté, on vous reprend tout de suite après, en direct, sur Europe 1.
00:23Vous aussi réagissez au 0 1 80 20 39 21 12h12, à tout de suite, avec Christine Kelly, sur Europe 1.
00:30La suite, à 2h16 sur Europe 1.
00:35Racontez-nous votre journée sous la neige, chers auditeurs, 0 1 80 20 39 21.
00:40Et avant d'accueillir un auditeur, chère Christine, nous avons avec nous en ligne Mathieu Bocoté.
00:44Oui, avant de parler de Brigitte Bardot, dans un instant, effectivement, parce que ce sont les obsèques en ce moment même,
00:49on va lui dédier toute la dernière partie de l'émission, à notre Brigitte Bardot national,
00:54mais on a aussi notre Mathieu Bocoté national.
00:56Mathieu Bocoté, vous êtes notre Québécois chouchou de Face à l'Info, Science & News.
01:03On vous adore, on vous aime, vous êtes brillant.
01:05Mais par contre, je n'aime pas trop votre petit sourire en aqua quand vous nous regardez sous la neige.
01:10Oh, monsieur le, c'est un sourire plein d'amitié et c'est un sourire un peu moqueur.
01:14Alors, je comprends que la France n'est pas préparée à subir ce que vous pensez être une telle tempête.
01:22Je comprends que la France n'est pas équipée dans son organisation pratique pour vivre ça.
01:27Mais d'un point de vue québécois, ce que vous vivez comme tel, comme une tempête terrible, immense,
01:32pour nous, c'est une journée ordinaire de janvier et plutôt une belle journée.
01:37Parce que d'un point de vue québécois, ces jours-ci, il fait chaud.
01:41D'un point de vue québécois, ce n'est pas une tempête de neige.
01:43C'est une toute petite chute de neige, vite oubliée.
01:46Il paraît qu'on vous a vu en costume de bain plonger dans la neige aujourd'hui.
01:50Alors, je laisse plutôt ça à notre ami Marc Menand, qui a des pratiques singulières.
01:55Mais en ces matières, moi je regarde tout ça,
01:57et normalement, dans la vie normale à Montréal comme ça,
02:00ou à Québec, ou à Chagny, qu'importe,
02:02ce serait une vie très ordinaire, banale.
02:04Donc, en fait, mon cher Mathieu Bocoté, en direction Europe 1, 12h18,
02:10qu'est-ce que vous dites ?
02:10Vous dites que la France devrait investir,
02:13la France devrait prendre les choses autrement.
02:16Quel conseil vous nous donneriez ?
02:18Le premier réflexe serait d'abord, mentalement, de dédramatiser ce qu'on voit là.
02:21C'est-à-dire que c'est une petite chute de neige
02:24qui n'a pas vocation à paralyser le pays,
02:26à cueillir cela comme si...
02:27J'ai eu l'impression, j'en parlais hier dans une émission québécoise,
02:29j'ai l'impression qu'en ce moment, si les Russes débarquaient,
02:32si les Allemands frappaient à nouveau,
02:33ou si Donald Trump envoyait ses marines en France,
02:36le traitement médiatique serait à peu près équivalent.
02:39Or, cette petite occupation neigeuse que nous voyons
02:41sera disparue dans quelques jours
02:43et on pourra retrouver les jours ordinaires de janvier.
02:46Donc, de ce point de vue, c'est dédramatisé.
02:47Mon Mathieu, j'aime bien ce que vous dites,
02:49mais en même temps, c'est vrai, ce que vous dites,
02:51dédramatiser dans sa tête.
02:52En revanche, par exemple, lorsqu'on voit qu'au quotidien,
02:55par exemple, disons que je suis chez moi,
02:57j'ai besoin de soins de médecins, d'urgence, etc.
02:59Vous voyez, ça, par contre, la réalité, c'est qu'il y a des gens
03:02qui sont impactés concrètement par ça, au quotidien.
03:07Vous voyez ce que je veux dire ?
03:08Mais vous avez tout à fait raison.
03:10C'est pour ça que j'ai commencé en disant que j'étais bien conscient
03:12que la France n'est pas organisée pratiquement pour gérer ça.
03:15Mais ensuite, c'est à ce moment que le sourire est moqueur,
03:18le sourire est amical, il ne s'agit certainement pas de fustiger,
03:22mais de dire que la France, des Français autrefois,
03:24il y a quatre siècles, ont décidé d'occuper un territoire
03:27où la neige de cette nature devient pire
03:29et la norme cinq mois par année environ.
03:32Et je me dis qu'il doit bien rester quelque chose
03:33de cet esprit d'aventure aux Français d'aujourd'hui
03:35pour affronter l'horrible tempête des trois ou quatre ou cinq centimètres
03:39des jours présents.
03:40Ensuite, je le dis avec amitié, avec tendresse, je ne m'indigne pas,
03:44mais je me dis quand même, c'est quand même pas la catastrophe
03:47dont on nous parle aujourd'hui.
03:48Mathieu Bocoté, mon Québécois national,
03:50tant aimé, 12h19 sur un repas.
03:52Est-ce que vous avez vu dans le Parisien
03:53comment marcher pour éviter de glisser ?
03:57Il faut marcher comme un pingouin,
03:59il faut marcher un peu comme ça,
04:01écartez les bras, écartez les jambes
04:05pour marcher comme un pingouin.
04:06Vous marchez comme ça au Québec ?
04:08Non, on marche comme des gens normaux.
04:10C'est-à-dire qu'on marche plus en plus.
04:11Évidemment, s'il y a du verglas,
04:12s'il y a une tempête de verglas,
04:13évidemment, on est plus prudents.
04:15Mais sinon, cette idée,
04:16vous savez, j'ai toujours des réserves
04:18sur Big Mother et Big Brother,
04:19que l'État qui décide de nous loulouiser.
04:22Quand l'État nous dit comment marcher
04:24quand il y a un peu de neige,
04:25et pas seulement l'État,
04:26mais plus les médias, plus la société en général,
04:28calmez-vous, on est des adultes,
04:29on est capable de marcher sous la neige,
04:31tout comme on n'a pas besoin d'été
04:33de se faire dire de boire de l'eau
04:34quand il fait chaud, soit du temps passant.
04:36Et on n'a pas besoin de l'État
04:37pour nous dire de manger des légumes chaque jour.
04:39Donc fondamentalement,
04:40on n'est pas complètement crétins,
04:42et même si la tempête est désagréable,
04:44elle n'est pas,
04:45c'est quand même pas encore une fois,
04:46le fiel qui lui tombe sur la tête,
04:48pour prendre cette formule des peurs gauloises.
04:50Merci beaucoup, mon cher Mathieu.
04:53On vous retrouve ce soir sur Face à l'Info,
04:55qui a été hier soir,
04:56meilleure minute des chaînes d'Info
04:57à plus d'un million de téléspectateurs.
04:59Merci encore, Mathieu,
05:00de participer à cette émission sur Face à l'Info
05:02avec notre équipe tant aimée.
05:04Excellente journée.
05:05Vous serez bien là ce soir, Mathieu,
05:07parce que vous serez bien.
05:08Ça va de soi, ça a le moindre souci.
05:09Non, parce que Marc-Esprit,
05:10c'est arrêté par la neige,
05:12après ce qu'il a dit.
05:14C'est nous qui allons rire, là.
05:16Non, il ne peut pas venir,
05:18je suis en train de chercher quelqu'un,
05:19pendant que je ne vous parle pas.
05:19Mathieu va aller le chercher, du coup.
05:21Alors, Pierrick, vous nous appelez de Savoie,
05:23Pierrick, vous êtes déneigeur.
05:25C'est intéressant, ça.
05:26Dites-nous un peu.
05:27Eh oui, c'est exactement ça.
05:29Je suis déneigeur en Savoie,
05:30principalement sur la station de Méribel.
05:33Et ce genre d'épisode-là,
05:34pour nous, c'est un épisode classique,
05:37d'une journée classique en Savoie.
05:39Donc, on arrive toujours à s'habituer,
05:42que ce soit les gens,
05:44ou même les touristes, etc.
05:47Cela dit, par contre,
05:48c'est toujours un événement,
05:50quand même, en France,
05:50qui est toujours d'amplitude majeure,
05:52qui est quand même significatif,
05:55on va dire, de prévention, etc.
05:58Mais il faut quand même dire
06:01que c'est vrai que ces dernières années,
06:03ces 10-20 ans en arrière,
06:06on avait souvenir d'avoir toujours
06:07de la neige en hiver.
06:08Et c'est vrai qu'avec le réchauffement climatique,
06:10ça commence à disparaître.
06:13Et aussi, que le réchauffement,
06:15on va accentuer des fois
06:16ces périodes de neige plus intenses.
06:20Moi, je me rappelle, il y a 5 ans,
06:22d'avoir une chute de neige
06:24de 10 cm par heure.
06:26Ah oui, ah oui, ah oui.
06:28Et alors, comment ça s'est passé ?
06:30Ah bah, c'était une journée compliquée.
06:32C'était une journée compliquée.
06:34En 24 heures,
06:36on a pris 50 ou 60 cm de mémoire.
06:39C'est quand même une belle chute de neige
06:41pour chez nous.
06:42Déjà, arriver à 50 cm
06:44en Savoie et en Savoie
06:46et dans l'isère,
06:47c'est des épisodes
06:48qui sont déjà un petit peu plus compliqués
06:49à gérer,
06:50notamment qu'on attend
06:52d'un grand flux touristique,
06:54notamment le samedi,
06:55comme ce qui est annoncé ce week-end.
06:57Pierre-Éric, vous êtes des neigeurs,
06:59mais vous êtes aussi créateur de contenu
07:01en Haute-Savoie,
07:02c'est-à-dire un créateur de contenu.
07:03Qu'est-ce que vous contenez ?
07:05En fait, créateur de contenu,
07:07c'est le bon vocabulaire,
07:09en fait, pour dire influenceur
07:11à l'heure d'aujourd'hui.
07:13Et influenceur neige ?
07:14Influenceur sur quoi ?
07:15Influenceur neige, déneige.
07:17J'explique en gros vulgairement
07:23mon métier dans les grandes longueurs
07:26à travers des vidéos courtes
07:28ou assez longues sur les réseaux sociaux,
07:31pourquoi ça bloque des fois
07:33sur la circulation,
07:35pourquoi les gens sont cul à cul,
07:37désolé d'employer ce mot-là,
07:40et pourquoi il y a du verglas,
07:42et pourquoi il sale,
07:43ceci, cela.
07:45En fait, le déneigement,
07:47ce n'est pas une science exacte.
07:50En fait, c'est de la perpétude
07:51en fait, en adaptation
07:54au quotidien.
07:55En tout cas, merci pour votre témoignage,
07:57mon cher Pierrick,
07:58c'était génial de vous entendre.
08:00Dénégeur en Savoie,
08:02merci de nous avoir appelé
08:03depuis la Savoie.
08:05Il est 12h24 sur Europe 1,
08:06on va donner le dernier mot
08:07à Bernard Dernich,
08:08mais vous voulez intervenir, non ?
08:10Oui, parce que l'intervenant
08:11vient de dérivelle,
08:12et ça me fait souvenir,
08:13vous savez, tous ces reportages
08:14à chaque fois, pendant l'hiver,
08:16les stations de ski n'ont pas de neige,
08:17donc on dit réchauffement climatique,
08:19c'est une catastrophe, etc.
08:21Donc j'ai du mal à comprendre
08:21du coup ce qui se passe aujourd'hui.
08:23J'avoue, alors,
08:24dernier conseil de Bernard Dernich,
08:27ancien pilote de rallye,
08:29les petits conseils pratiques
08:31quand on sort de chez soi
08:32avec sa voiture.
08:33Je crois que le meilleur des conseils,
08:35c'est de se regarder dans la glace
08:37et de s'auto-responsabiliser,
08:39auto-responsabiliser.
08:41Je sors de chez moi,
08:42j'ai une mission impossible à faire,
08:44je vais travailler ou pas,
08:45j'ai les bons pneus,
08:46j'ai la bonne voiture,
08:48je prends la responsabilité
08:49d'aller dans la mobilité.
08:51En sortant de chez soi,
08:51en général,
08:52on a toujours une route
08:53un peu plus enneigée
08:54avant d'attaquer les grandes routes.
08:56La première des choses à faire
08:57quand on sort de son garage
08:58ou de son parking,
09:00ou de son stationnement,
09:01c'est d'essayer de tester
09:02le niveau d'adhérence.
09:04Et pour ce faire,
09:04c'est très facile.
09:05Vous commencez à rouler
09:06jusqu'à 10 km à l'heure,
09:08vous vous assurez
09:08qu'il n'y a personne derrière,
09:09personne devant,
09:10et vous mettez un coup de frein
09:11violent,
09:12très court.
09:13Non !
09:14Pour voir comment ça réagit.
09:16Quelle va être la réaction
09:18de la voiture ?
09:18Alors déjà,
09:19vous allez sentir l'ABS
09:20qui se met en route.
09:22Donc vous allez avoir
09:23ce sentiment,
09:24comme une panne,
09:25la pédale de frein remonte
09:27et fait un bruit bizarre,
09:29mais la voiture conserve
09:31son pouvoir directionnel.
09:32Mais vous êtes déjà calé
09:34dans une certaine
09:35adhérence.
09:38Vous savez.
09:39Et vous prenez
09:40les routes normales,
09:41évidemment,
09:42si vous avez les pneus
09:43ad hoc,
09:44et là,
09:44vous commencez à rouler
09:48en vous préoccupant
09:49des autres,
09:50en regardant,
09:51en lisant la route
09:51devant vous
09:52et un peu plus loin devant.
09:54Ce sont les autres
09:54qui comptent.
09:55Excellent conseil !
09:56Et vous pensez
09:57que la voiture
09:57ne perd jamais son adhérence
09:59toute seule.
09:59Si elle la perd,
10:00c'est que vous avez fait
10:01un mauvais geste,
10:01un goût de volant.
10:02Un coup de volant
10:03trop violent,
10:03un coup de frein
10:04trop violent,
10:04un coup d'accélérateur
10:05trop violent.
10:06Mais c'est toujours
10:06de votre faute.
10:07J'adore vos conseils.
10:08Bernard Darnich,
10:09qu'est-ce qu'elle représentait
10:11pour vous,
10:11Brigitte Bardot ?
10:14Je suis complètement
10:14dans sa philosophie
10:15parce que j'ai toujours
10:16été considéré
10:17comme celui qui disait
10:18les choses que les gens
10:18n'avaient pas à entendre,
10:20ne voulaient pas entendre,
10:20à savoir les pouvoirs publics,
10:22et elle était dans cette logique.
10:23Moi, je l'ai croisé
10:24quelquefois,
10:24on avait le même regard
10:27sur le monde,
10:28exactement le même regard.
10:30Responsabilité individuelle,
10:31l'État a trop d'emprise
10:34sur nous,
10:34foutez-nous la paix,
10:35regardez la vie
10:36avec le bon côté
10:37de la lorgne.
10:37de la l'État a trop d'emprise.
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