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  • il y a 9 mois

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00:00Beaucoup de questions à se poser.
00:03Je me tourne vers vous, Régis.
00:04Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous sur une question,
00:06avant de donner la parole à Régis Le Sommier.
00:08Lorsque vous dites que vous n'en avez rien à faire qu'il soit un dictateur,
00:11expliquez-moi pourquoi, par contre.
00:12Ça, je vais moins comprendre.
00:13Vous dites que c'est le retour des sphères d'influence,
00:16mais le fait qu'il ne soit pas un dictateur,
00:17je ne sais pas, moi ça me touche quand même.
00:18Oui, mais pour Kadhafi, c'était les mêmes raisons.
00:20C'est-à-dire qu'en fait, vraiment, je soutiens ce qu'a fait Donald Trump en Maduro,
00:25mais si on le fait pour les raisons de c'était un dictateur,
00:28il faut rendre sa souveraineté au peuple,
00:30ça légitime des erreurs, comme celles qu'on a faites sous Kadhafi en Libye.
00:34On ne doit pas faire les choses pour des valeurs, ça paraît difficile,
00:36on doit le faire simplement pour défendre des intérêts.
00:39Il ne faut pas non plus se tromper,
00:40ce n'est pas parce que les Français vont s'exprimer que Macron va faire un tweet
00:43ou que les responsables politiques vont s'exprimer
00:45que ça va changer quelque chose aux Américains.
00:47C'est leur sujet, ce n'est pas le nôtre.
00:48D'ailleurs, vous me direz tout à l'heure,
00:49si vous êtes d'accord avec le tweet de Macron,
00:51si vous êtes d'accord avec la position du Rassemblement National,
00:53tous les deux, vous me direz.
00:54Régis Le Sommier, je retourne vers vous,
00:56vous êtes un spécialiste justement de tout ce qui est conflit international,
01:00diplomatie internationale, je peux me permettre,
01:02votre livre « Qui est le diable, l'autre ou l'occident ? »
01:05aux éditions Max Mulot.
01:07Première question, est-ce qu'il a fait ça pour le pétrole ?
01:09Oui.
01:10Ah oui, je suis surprise là.
01:12Oui, il a fait ça pour le pétrole.
01:14Gabriel, vous êtes d'accord avec moi ou pas ?
01:16Non, je ne pense pas qu'il ait fait ça uniquement pour le pétrole,
01:20mais le pétrole fait partie de ses motivations.
01:22Alors, dites-moi, dites-moi Régis Le Sommier, je suis sonné.
01:26Il y a un message qui est adressé à la Chine,
01:28et il y a un message qui est adressé à Poutine et à la Russie.
01:31Si Trump met techniquement la main sur le pétrole vénézuélien,
01:36première réserve au monde,
01:39pétrole lourd, difficile à exploiter,
01:41mais dont les compagnies de la raffinerie de Louisiane et du Texas
01:46ont parfaitement la technologie pour l'exploiter,
01:48ça va demander beaucoup d'investissement,
01:50mais c'est possible, ça veut dire que les Etats-Unis
01:52peuvent maintenir le baril entre 50 et 60 dollars,
01:55donc quelque part, handicaper la Russie,
01:57qui évidemment profite du pétrole cher,
02:00quand le pétrole est cher,
02:01pour en particulier financer sa guerre en Ukraine.
02:03Pour les Chinois, il y a la question des terres rares.
02:05On oublie qu'aussi, dans la vallée de Lorénoch,
02:08qui est le plus grand fleuve en Amérique du Sud,
02:10qui part de Colombie et qui traverse le Venezuela,
02:13il n'y a pas que du pétrole,
02:14il y a aussi des terres rares qui n'ont jamais été exploitées,
02:17et Donald Trump a bien l'intention d'en faire quelque chose.
02:19On est dans une compétition mondiale,
02:21en particulier sur l'intelligence artificielle,
02:24la Chine a le lead,
02:25et Donald Trump veut, on va dire, rattraper ce retard,
02:29et faire en sorte que les Américains...
02:30Donc pour vous, Régis Le Sommier, patron de l'Omerta,
02:34c'est un peu comme Saddam Hussein ?
02:36Alors, Saddam Hussein,
02:37la question de la finalité de l'intervention n'est pas toujours claire.
02:41C'est-à-dire que vous aviez à l'époque
02:42une catégorie d'individus qu'on appelait les néo-conservateurs,
02:46qui pensait, en renversant Saddam Hussein,
02:49provoquer ce qu'on a appelé à l'époque la théorie des dominos,
02:53c'est-à-dire faire que les dictateurs,
02:54dont vous parliez tout à l'heure,
02:55dont certains, comme Saddam Hussein,
02:57avaient été notre bon dictateur,
02:58vous savez, les dictateurs,
02:59c'est un peu comme les chasseurs dans le sketch des inconnus,
03:01il y a les bons, il y a les mauvais,
03:03et parfois ça varie,
03:04et Saddam Hussein, lui, a été un peu surpris d'ailleurs,
03:06quand il a été attaqué pendant la première guerre du Golfe,
03:09parce que pendant des années,
03:10il nous avait servi de bouclier contre l'Iran,
03:12l'expansion de l'Iran,
03:13mais on avait décidé de changer de braquet, bref.
03:16Mais Donald Trump, dans cette histoire,
03:18il fait simplement le constat,
03:19à mon avis, je partage ce que dit Eric
03:21sur la question des zones d'influence,
03:24c'est, on regarde,
03:26regardez l'attitude de Vladimir Poutine
03:29vis-à-vis de Nicolas Madouros
03:30pendant toute la crise.
03:32Très peu de soutien,
03:33le seul qui a proposé dans la sphère Est,
03:36on va dire, d'accueillir en exil
03:38Nicolas Madouros,
03:39c'est Alexandre Loukachenko,
03:41c'est le Belarus Poutine,
03:42n'en a jamais parlé.
03:44Il n'a pas été question, à un moment,
03:45de prendre Madouros
03:46et de l'amener à Moscou comme Assad.
03:48Régis Le Sommier, patron de l'OMERTA,
03:50sur Europea.
03:50Et donc,
03:51je pense que, bon,
03:54la raison principale, elle est là.
03:56Le prétexte idéal,
03:57c'est évidemment la guerre contre le narcotrafic.
04:00Mais ce n'est pas qu'un prétexte.
04:01Non, non, c'est vrai que les militaires vénézuéliens,
04:04avec notamment le cartes de Los Soles,
04:06sont compromis.
04:08Donc, pardon Régis Le Sommier,
04:09vous êtes en train de me dire
04:10que la raison principale,
04:12ce sera le pétrole.
04:12Mais je pense, oui,
04:13pour moi, c'est la nouvelle doctrine Monroe,
04:15une doctrine qu'on appelle maintenant
04:16la doctrine Donnero,
04:17puisque Donald Trump...
04:19Rappelez-nous la doctrine Donnero,
04:21on en parle beaucoup, là.
04:22Voilà.
04:22Il se reprend,
04:23il reprend ses principes.
04:261823,
04:27les Européens s'occupent de l'Europe,
04:29les Américains s'occupent de l'Amérique,
04:32et personne n'en...
04:33Donc, la doctrine, en fait,
04:34qui fait de l'Amérique latine
04:37et de l'Amérique du Sud
04:38le précaré des États-Unis.
04:40Et c'est intéressant de voir
04:41qu'immédiatement après...
04:42Oui, mais ça veut dire plus
04:43une question de géopolitique
04:44qu'une question de pétrole.
04:45Il y a une question de pétrole,
04:46mais il y a aussi une question d'influence,
04:48si vous voulez.
04:48Oui, parce que le pétrole,
04:49ce n'est pas que commercial.
04:50Oui, c'est une question d'influence géopolitique.
04:52Et sur la question aussi,
04:54il n'y a pas que la question sécuritaire
04:56pour ce qui touche le bon et l'an.
04:56Mais moi, je pense que la géopolitique
04:57est un vent, le pétrole pur.
05:00Vous voyez ce que je veux dire ?
05:01Même si, effectivement,
05:01tout est lié, tout est lié.
05:03Mais je veux dire...
05:03On est sur une guerre de long terme
05:06et qui, du point de vue de Donald Trump,
05:08est perçue comme économique.
05:10Si vous voulez,
05:11Trump, immédiatement après,
05:14a parlé de pétrole,
05:15il a fait une grande litanie.
05:17Il fait coïncider,
05:18et ça, c'est sa caractéristique,
05:20business et diplomatie.
05:23Vous regardez les gens
05:24dans l'entourage de Donald Trump,
05:26c'est très intéressant d'ailleurs
05:27de voir que...
05:28On parle de Nicolas Maduro,
05:30mais en disant,
05:31oui, c'est scandaleux,
05:32certains disent ça,
05:33oui, les États-Unis
05:35renouent avec l'ingérence.
05:36Bon, c'est vrai que l'exemple irakien,
05:39qui est quand même historiquement
05:40le fait marquant, on va dire,
05:42des 30 dernières années,
05:44l'invasion américaine de l'Irak,
05:46s'est faite aussi à l'époque
05:47pour, comment...
05:49au prétexte de se débarrasser
05:51d'un dictateur menaçant
05:52qui, soi-disant,
05:53menaçait la planète.
05:54On s'est aperçus depuis
05:55qu'il ne menaçait rien du tout.
05:56J'ai réagi ce sommier,
05:58Gabriel Cluzel,
05:58Eric Tegner,
05:59j'aimerais bien vous entendre
06:00aussi sur l'ingérence.
06:01C'est quoi l'ingérence ?
06:01Je veux dire,
06:02la Seconde Guerre mondiale,
06:03les États-Unis qui arrivent,
06:04c'est quoi l'ingérence ?
06:05C'est quoi les limites de l'ingérence ?
06:06Qu'est-ce que l'ingérence politique ?
06:07En France, c'est très simple.
06:08Ensuite, on a deux auditeurs
06:10qui nous appellent.
06:10L'ingérence américaine,
06:11c'est autorisé.
06:11Quand Obama appelle
06:12à voter Macron,
06:13c'est autorisé.
06:15Et tout type d'ingérence,
06:16ça veut dire un russe
06:17qui part en vacances à Paris,
06:18c'est interdit.
06:19C'est tout.
06:19Aujourd'hui, il y a les bonnes
06:20et il y a les mauvaises ingérences.
06:22Il y a d'autres ingérences.
06:23D'avoir la Commission européenne
06:23qui va commencer à se mobiliser
06:25sur l'élection en Roumanie,
06:27c'est de la bonne ingérence.
06:28D'avoir la Commission européenne
06:29qui prive de 10 milliards
06:31de subventions Victor Orban,
06:32qui va quand même peser
06:33sur la prochaine élection d'avril,
06:35c'est de la bonne ingérence.
06:36Tout le monde, aujourd'hui,
06:37fait de l'ingérence.
06:38La seule chose qui compte
06:40et on l'a appris quand même
06:41avec ce qui se passe de Maduro,
06:42c'est de savoir se défendre.
06:44C'est tout.
06:44Parce que c'est ça,
06:45la réelle politique.
06:46Et Maduro n'a pas su se défendre.
06:47Et effectivement,
06:48il n'a pas su mobiliser
06:48parce qu'on dit beaucoup en ce moment
06:49que c'est une défaite pour Poutine
06:51parce qu'il l'a soutenue.
06:51Il l'a soutenue en 2019.
06:53Mais en effet,
06:54ces derniers mois,
06:54alors que Maduro me demandait
06:55beaucoup plus d'aide à Poutine,
06:56il lui a quasiment rien envoyé.
06:58Vous êtes disponible
07:00entre 19h et 20h ?
07:02Toujours ?
07:03Non, c'est vrai ?
07:04Non, parce que Marc Menon
07:04ne peut pas venir.
07:05Il y a de la neige dans son bled.
07:07Ah bon ?
07:07Il est bloqué ?
07:08Non, je viens de le servir.
07:09Avec très grand plaisir, toujours.
07:11On ferme la parenthèse,
07:12excusez-nous.
07:13On dit tout.
07:15Gabriel Cluzel
07:15et ensuite Régis Le Sommier.
07:16Non, mais parce que
07:17l'ingérence allant jusqu'au bout.
07:19C'est-à-dire qu'on parle
07:19du retour des empires,
07:21de l'ingérence russe,
07:22de l'ingérence américaine.
07:24Chez nous, il y a une ingérence.
07:25Moi, je peux vous le dire.
07:26Par exemple, quand la mosquée de Paris
07:28dit qu'il faut voter
07:31contre l'extrême droite,
07:32et ça a été fait
07:33pendant les élections,
07:34moi, je considère
07:34que c'est une forme
07:35d'ingérence algérienne.
07:36L'ingérence, elle peut prendre
07:37de multiples formes.
07:39Ce n'est pas seulement
07:40des hélicoptères qui débarquent
07:42et qui font la loi.
07:43Il y a des turcs,
07:43c'est ce qu'on vient
07:44en train de nous dire.
07:45Exactement.
07:45En France, nous sommes la proie
07:46de multiples ingérences
07:48liées aux communautés
07:50installées dans notre pays
07:51sur lesquelles
07:51les divers pays étrangers
07:54d'origine
07:55espèrent tirer.
07:56Et s'agissant du Venezuela,
07:57pardon,
07:58mais est-ce que le Venezuela
07:59était vénézuélien
08:00avant l'arrivée des Américains ?
08:01J'ai un petit doute.
08:02S'agissant de la Chine,
08:03de la Russie, etc.
08:04Ce n'est pas aussi manichéen
08:05qu'on veut bien le dire.
08:06de la Chine,
08:07de la Chine, de la Chine,

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