00:00Allez, on va terminer sur les voeux d'Emmanuel Macron, des voeux crépusculaires selon pas mal d'observateurs, vous l'avez entendu, sur Europe 1 notamment.
00:10Pour en parler, notre ami Arthur Delaborde du service politique d'Europe 1 est toujours avec nous.
00:17Moi j'ai une question Arthur, c'est que, à la fin du discours quand même, quand il parle de la présidentielle de 2027,
00:24où tout d'un coup, on se dit, qu'est-ce qu'il lui prend ? Il met la main dans le pot de confiture, quoi, si je puis dire.
00:31C'est-à-dire qu'il s'immisce quelque part dans cette présidentielle de 2027.
00:35J'ai demandé Arthur Delaborde, j'entends Véronique Jacquet.
00:37Oui, parce que c'est ce que je voulais parler justement.
00:40Oui, avec cette volonté, il a dit qu'il voulait mettre à l'abri cette élection de toute ingérence étrangère.
00:47Ça c'est peut-être l'un des derniers cheval de bataille d'Emmanuel Macron.
00:51Quelle ingérence étrangère, ou quelles ingérences ?
00:53On sait très bien qu'il cible évidemment l'ingérence russe, dans le sous-texte Emmanuel Macron.
01:00Il a d'ailleurs publiquement, lors de son fameux Tour de France qu'il a entrepris sur la démocratie,
01:06les réseaux sociaux, mis en garde sur les ingérences lors des élections, par exemple en Moldavie.
01:12Il a donc, on nous promet des annonces sur ce sujet à l'issue de son Tour de France.
01:19Qu'est-ce qu'il pourrait faire ?
01:19Alors, il a évoqué plusieurs pistes.
01:24Il y a ce projet de loi sur l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans, qui fait partie de ce cadre global.
01:31Il y a cette idée de label dont on a beaucoup parlé, mais qui maintenant est plutôt présenté par l'Elysée comme secondaire.
01:38On est plus sur des médias qui auraient un label de conformité de l'information.
01:44Oui, mais sans rôle de l'État.
01:46Et puis l'Elysée a tendance maintenant à minimiser ce sujet-là, puisqu'on a vu que ça avait quand même soulevé une importante polémique.
01:53On en a beaucoup parlé, oui.
01:54Il veut se battre au niveau européen sur tout ce qui est transparence des algorithmes, parce qu'il considère que les algorithmes, par exemple sur certains réseaux comme X, sont manipulés pour faire remonter certaines informations plutôt...
02:10Par rapport à d'autres, oui.
02:11Exactement.
02:12La possible levée de l'anonymat sur les réseaux sociaux pour poursuivre les gens qui reléraient certaines fake news.
02:21Une responsabilité accrue des plateformes.
02:23C'est l'URSS, quoi.
02:25Et référé aussi.
02:27Plus aucune liberté de rien, en fait.
02:29C'est le risque, c'est évidemment...
02:31Non mais attendez, moi ce que je trouve absolument, je vais vous dire, par rapport à ce que vous dites, la menace russe.
02:37Donc la menace russe ferait que certains médias, par exemple, parce que c'est de ça dont il s'agit aussi, certains médias seraient plus affiliés à la Russie, et donc feraient passer des informations qui seraient fausses.
02:50Mais il pense à quoi, concrètement, clairement ?
02:54Écoutez, il ne le dit pas clairement lui-même.
02:59Non, parce que derrière tout ça, on a l'impression qu'il accuse certains médias, et je pense au nôtre, d'être à la solde de Moscou, par exemple.
03:05Et ça, c'est un vrai scandale, c'est une honte absolue, si c'est le cas.
03:09Effectivement, je partage votre point de vue, mais en tout cas, ils ne le formulent pas ainsi.
03:12De cette manière, oui.
03:13Et surtout, ils insistent maintenant pour dire qu'il existe des lois pour encadrer la presse, et que ça n'existe pas sur les réseaux sociaux, et c'est a priori, mais on n'a pas encore le contenu des propositions, c'est a priori sur ces réseaux, sur les plateformes qu'il veut agir.
03:30Et comment on pourrait intervenir, concrètement, dans cette présidentielle de 2027 ? C'est ça que je voudrais comprendre une fois pour toutes.
03:36Alors, c'est en mettant en œuvre tout un cadre légal.
03:40Je parlais aussi d'un référé en justice contre les fake news, qui permettrait de bloquer certaines informations.
03:48Il veut, en quelque sorte, mieux contrôler cet espace numérique.
03:53On n'a pas encore le détail des propositions, on verra ça assez rapidement, avec, évidemment, à chaque fois qu'on touche à ces sujets-là, quand on veut contrôler l'espace démocratique, il y a toujours aussi, en contrepartie, un risque de dérive liberticide.
04:10On verra jusqu'où ça va, mais pour l'instant, c'est difficile à dire.
04:13Merci Arthur Delaborde d'être venu nous expliquer tout ça ce matin sur Europe 1.
04:17Je vous libère, parce que je sais que le journal de 13h compte sur vous, avec Rudy Saada, qu'on va accueillir tout à l'heure.
04:23Donc, je vous libère.
04:25Véronique Jacquier, en 20 secondes, votre sentiment par rapport à cette histoire ?
04:29Je crois que cette histoire d'ingérence, c'est très important pour la prochaine campagne présidentielle, parce que je subodore qu'Emmanuel Macron se laisse la liberté d'intervenir indirectement dans la campagne,
04:41face à la montée du Rassemblement national, dont on pourrait dire qu'il est intoxiqué par des ingérences russes,
04:49et donc l'électeur n'est pas libre de son choix, mais est le tributaire de certaines fécuages.
04:55Moi, c'est comme ça que je l'ai compris hier soir. Alors après, mon analyse, évidemment, ne concerne que moi, mais c'est comme ça que je l'ai ressentie.
05:03Et donc, on se rend bien compte qu'on va quand même vers une campagne présidentielle qui va être extrêmement tendue, et il faudra que chaque citoyen soit extrêmement vigilant.
05:10Gabrielle, rapidement sur ce sujet.
05:12Mais des ingérences, il peut y en avoir de toutes parts. Le problème, c'est que, de fait, celle que semble viser Emmanuel Macron, c'est l'ingérence russe,
05:21mais vous n'imaginez pas qu'avec tous les relais du régime algérien dans notre pays, et la France insoumise qui fait des appels du pied,
05:28de plus en plus ouverts à un certain électorat, on peut se demander quelle ingérence proviendra de ce pays-là, de l'Algérie,
05:38avec notamment le nombre d'Algériens en France, toute la masse électorale que potentiellement ils représentent.
05:46Évidemment que cette ingérence-là, elle existe. D'ailleurs, on peut dire que les ingérences peuvent être liées entre elles, d'ailleurs,
05:51parce que ce n'est pas neutre, il y a un rapprochement en ce moment entre la Russie et l'Algérie,
05:55mais c'est vrai qu'on voit bien qu'Emmanuel Macron a quand même dans l'idée, en tout cas on peut le craindre, de refaire le scénario roumain.
06:04Est-ce que c'est ça dont il s'agit ?
06:06Le scénario roumain, il faut rappeler ce que c'est.
06:07Le scénario roumain, c'est que le candidat dit d'extrême droite qui était arrivé en tête a été écarté,
06:15les élections ont été annulées, au prétexte d'ingérence via les réseaux sociaux.
06:21Et donc c'est ainsi qu'on a réglé le problème, on a réglé la feuillure à ce candidat.
06:28Donc là, c'est une véritable question démocratique.
06:32Et si elle nous touche aujourd'hui, il va falloir la poser calmement sur la table et y répondre.
06:38On va évidemment continuer de parler de tout ça dans les prochains jours,
06:42parce que le président de la République a encore normalement un an et demi de pouvoir,
06:49de pouvoir qui est relatif aujourd'hui,
06:51puisque effectivement le président préside, le gouvernement gouverne,
06:54et on voit qu'il est sur la scène internationale essentiellement,
06:56mais qu'il peut encore quand même avoir une force pour orienter ceci ou cela.
07:02En tout cas, c'est un peu ce qu'on a compris hier soir, et notamment sur ce sujet-là.
07:06Donc on va forcément en reparler.
07:08On va parler également dans quelques minutes de Zoran Mamdani,
07:11qui est devenu officiellement le maire de New York.
07:14Mais avant, pour terminer sur le président Macron,
07:19il y a Nicolas qui nous appelle du Tarn-et-Garonne,
07:23pour nous raconter comment lui, il a vécu les voeux du président Macron, justement, hier soir.
07:29Bonjour Nicolas.
07:30Bonjour Nicolas.
07:31Bonjour.
07:32Merci d'être avec vous.
07:33Meilleur vœu à vous aussi Nicolas.
07:35Merci beaucoup d'être avec nous sur Europe 1.
07:38Nicolas, vous avez regardé le chef de l'État ?
07:41Alors je vous dirais que je ne l'ai pas regardé en direct,
07:44mais je l'ai regardé ce matin pendant la traite des chèvres.
07:48Ah, pendant que vous faisiez quoi ?
07:51J'ai des chèvres.
07:51Ah d'accord.
07:52La traite des chèvres.
07:53D'accord, vous avez une télé dans la ferme et vous regardez...
07:56Vous appelez Nicolas et vous êtes agriculteur.
07:58Avec le téléphone.
08:00Avec le téléphone.
08:02Nicolas, je vous souhaite une bonne année, parce que j'ai envie de vous soutenir ce matin, à deux titres.
08:06Pour votre prénom, pour votre métier.
08:08Voilà, ça c'est fait.
08:10Bon, alors comment vous l'avez trouvé ?
08:11Il faut soutenir surtout tous mes collègues agriculteurs qui sont déjà sous les blocages.
08:18Et puis ceux qui vont arriver d'ici peu pour manifester.
08:22Parce qu'on vit depuis plusieurs années des crises exceptionnelles en agriculture.
08:29Et là, ça devient vraiment catastrophique.
08:31Et on en a parlé tout à l'heure, effectivement.
08:33Alors Nicolas, est-ce que le chef de l'État vous a donné l'impression que, ben, voilà quoi, il était en manque de carburant, quoi ?
08:42Moi, pour moi, il est surtout déconnecté.
08:45À force de faire des voyages à l'étranger, je pense qu'il n'est même plus français, quoi.
08:48Il ne sait même plus ce qui se passe dans son pays.
08:51Ça en devient à se poser cette question-là, parce que, sur son discours, le peu que j'ai entendu...
08:56Il a dit qu'il faut protéger les agriculteurs.
08:58Ça ne vous a pas rassuré, ça ?
09:00Non, mais en fait, voilà, c'est toujours pareil.
09:03C'est toujours des annonces.
09:05Mais protéger, ça veut dire quoi ?
09:06Ça veut dire faire quoi ?
09:08En fait, je pense qu'il n'a même plus de solution.
09:09Il est là simplement pour prendre la place.
09:12Il attend ses deux ans.
09:14Et puis c'est tout, quoi.
09:14Il ne va rien se passer.
09:15Et c'est ce qui nous inquiète en étant agriculteurs, mais surtout en étant acteurs du pays, quoi.
09:23Je veux dire, nous, qu'on soit agriculteurs, qu'on soit artisans, qu'on soit tous les patrons,
09:27on se demande ce qui va se passer et on ne va pas attendre encore deux ans avec des dettes comme celle-là.
09:35On ne peut rien avancer.
09:37Rien n'avance, pas de budget, rien.
09:40Enfin, on est dans une impasse.
09:41On ne va pas attendre deux ans comme ça.
09:42Ce n'est pas possible.
09:43Bon, merci beaucoup de nous avoir appelé, Nicolas, et d'avoir donné votre sentiment sur les voeux du chef de l'État, Emmanuel Macron.
09:50Hier soir, les voeux aux Français.
09:52C'était à 20h.
09:53Vous les avez vécus sur Europe 1, bien entendu.
09:56Merci beaucoup d'avoir appelé.
09:57Merci.
09:58Merci.
09:59Merci.
10:00Merci.
10:01Merci.
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