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00:00Macron, pour terminer, on vous a demandé à chacun de choisir ce qui avait, selon vous, marqué l'année 2025.
00:07Je vais vous laisser chacun expliquer votre choix et puis on en discutera ensemble.
00:10On commence avec vous, Alexandre Devecchio.
00:13Je crois que ce qui vous a interpellé cette année, ce sont des décisions de justice, me semble-t-il.
00:17Oui, je pense que ça va être une des grandes questions de la présidentielle
00:20parce que je vois quand même dans ces décisions de justice,
00:23à la fois l'exécution provisoire pour Marine Le Pen et pour Nicolas Sarkozy,
00:28une volonté des juges de faire de la politique, pas simplement de dire la loi
00:32et de verrouiller le système démocratique.
00:36Quand je disais qu'il y avait une crise de régime,
00:38c'est une crise du personnel politique en place depuis une quarantaine d'années
00:41mais aussi d'une technostructure, et je mets la justice dedans,
00:46qui nous gouverne, qui a son idéologie, mais qui nous gouverne en décalage avec les Français
00:52mais qui voit qu'elle perd la main, qu'elle n'est plus en phase avec la réalité des Français
00:56et qui tente de tout verrouiller, on le voit en France,
01:00mais on le voit aussi à l'échelle européenne, on parle d'interdire la FD en Allemagne,
01:05ce qui est, je trouve, préoccupant pour la démocratie.
01:08Donc voilà, ce qui m'inquiète, c'est que les démocraties soi-disant libérales
01:11sont de plus en plus illibérales, elles sont en crise parce que les Français
01:16ou les peuples européens rejettent le système politique en place,
01:20mais il y a une tentation de se maintenir contre la volonté générale.
01:23C'est vrai qu'Anne Coffinier, ces décisions de justice ont pu interroger,
01:26notamment pour Marine Le Pen à l'époque, même Gérald Darmanin,
01:29qui n'était pas encore ministre de la Justice, disait
01:31« Autant je combats le Rassemblement national, autant j'estime que ça doit se faire dans les urnes
01:34et pas dans un tribunal ».
01:36Et c'est vrai que parfois, les Français ont du mal à comprendre,
01:38ils ont envie qu'on les laisse, une fois de plus, juges, qu'elles soient condamnées,
01:42si tentées, qu'elles soient responsables de quoi que ce soit, c'est une chose.
01:45En revanche, les Français devraient pouvoir décider comme des grands, si j'ose dire.
01:49– C'est sûr qu'ils ont eu l'expérience Fillon, qui a été assez cuisante.
01:53Maintenant, ils ont l'expérience Marine Le Pen,
01:56ils ont le sentiment que lorsqu'ils veulent poser un choix,
01:59finalement, il y a une sorte de coup d'État judiciaire pour les priver de ce choix.
02:04Donc c'est une expérience qui, à mon avis, est très mauvaise,
02:07parce que ça pousse les Français à se désintéresser de la vie institutionnelle normale,
02:12de la participation démocratique, et au fond, ça alimente les mauvais populismes.
02:16Donc il faut savoir ce qu'on veut, si on veut que les Français fassent confiance
02:21à une capacité de l'État, de l'administration, à fonctionner sereinement, avec impartialité,
02:26il faut quand même leur donner des gages, en ce sens-là.
02:30– Oui, et puis Michel Taubes, on voit aussi que les Français, maintenant, ne sont plus dupes
02:33et se disent, on rend inéligible celle qui était sans doute la favorite de l'élection de 2027.
02:39Quand nos députés votent des lois, derrière, on a un Conseil constitutionnel qui dit qu'en fait, ça ne va pas.
02:43Donc si on englobe, les Français commencent à comprendre cette petite musique de se dire
02:47« Est-ce qu'on ne devrait pas voter pour les juges des députés ? »
02:50Ils ont l'air, en tout cas, d'être plus influents.
02:52– Toutes les grandes institutions judiciaires de notre pays sont gouvernées par des hommes de gauche,
02:57alors que les Français sont très largement plutôt de droite.
03:01Et la réalité, c'est qu'effectivement, et je pense qu'effectivement,
03:04ça a été un double séisme cette année, de voir en fait une justice finalement très politisée,
03:10peut-être malgré elle, mais c'est une réalité.
03:13Je le rappelle, mais c'est important, les décisions de justice sont rendues au nom du peuple français.
03:17Donc j'imagine que les juges doivent quand même s'interroger sur les conséquences de leurs décisions
03:22et sur les troubles à l'ordre public que cela peut occasionner.
03:25Et encore une fois, il y a un décalage entre décisions de justice et des politiques.
03:30Et puis après, il y a un combat entre institutions.
03:32C'est sûr que vous avez dans la magistrature une volonté d'en découdre avec les politiques
03:38et un petit peu de les mettre au pas, c'est une réalité.
03:41Ils ne vous le diront jamais officiellement, mais malheureusement, c'est aussi ce qui se joue ces années-là.
03:46– On va passer à votre choix.
03:48Hélène Rouet, vous avez décidé de parler d'un fait, non pas divers,
03:51mais d'un fait de société qui a ému en fait la France entière.
03:54– Oui, ça s'est passé le 24 janvier dernier.
03:57Le jeune Elias, 14 ans, a été tué parce qu'il a refusé de donner son téléphone portable
04:02en sortant de l'entraînement de foot.
04:04Alors on a l'impression que c'était il y a très longtemps, mais c'était en 2025, il y a quelques mois.
04:10Cette histoire a illustré, grâce à la dignité et au courage de sa maman Stéphanie Bonhomme,
04:15que vous avez d'ailleurs reçu plusieurs fois sur vos antennes,
04:18qui est une femme vraiment qui force le respect.
04:21On a rarement vu ça, je pense, sur le territoire.
04:23Et en fait, elle avait demandé des réponses,
04:27elle a demandé à Gérald Darmanin notamment de faire un vrai rapport
04:30pour savoir ce qui s'était passé, pourquoi ces deux individus mineurs étaient là,
04:35pourquoi ils étaient ensemble, qu'est-ce qu'ils faisaient sur le territoire,
04:38pourquoi ils n'avaient pas été arrêtés, parce qu'il faut savoir quand même
04:40que ces deux jeunes cumulaient des dizaines de condamnations à eux deux.
04:44– Et qu'ils n'étaient pas censés se rencontrer par ailleurs.
04:46– Et qu'ils n'étaient pas censés se voir.
04:47Et donc en fait, une fois qu'on a obtenu ce rapport,
04:50donc des mois après, il me semble en octobre-novembre de mémoire,
04:52ce rapport était un condensé de l'intégralité de nos faillites.
04:58C'était hallucinant, c'est-à-dire que ça va des vacances d'un juge
05:02qui prend des vacances un peu trop tôt,
05:04alors qu'en plus, on met des moyens dans notre justice
05:06qui sont considérables, même des moyens financiers, des moyens humains,
05:09et on voit en fait que ça ne suit pas.
05:11Et quand Stéphanie Bonhomme dit « la justice n'a pas protégé mon fils »,
05:16c'est pour moi la phrase la plus forte de 2025.
05:20Et voilà, je voulais choisir ce sujet parce que déjà,
05:23Stéphanie Bonhomme a également demandé à ce qu'on n'oublie pas Elias,
05:27et je pense que c'est aussi le bon moment pour rappeler aussi qui il était.
05:31– Et vous avez raison de le faire, et on rappelle aussi cette lettre
05:33qu'elle avait faite au Figaro qui était absolument déchirante,
05:36où elle pointait tous les dysfonctionnements et aussi une partie du traitement aussi médiatique
05:43de ceux qui n'avaient pas osé utiliser les bons termes.
05:47On va changer totalement de sujet maintenant avec vous, Anne Coffinier,
05:50parce qu'on va parler d'intelligence artificielle.
05:52Elle est déjà là, mais on se projette un peu sur le futur avec vous.
05:56– C'est-à-dire que jusqu'à l'année dernière,
05:59on parlait de l'intelligence artificielle, comme on parlait du métaverse,
06:01ça paraissait une chose spectaculaire, exotique, effrayante,
06:05ou sympathique selon l'esprit plus ou moins technophile qu'on pouvait avoir.
06:09On n'avait pas le sentiment que ça allait tant que ça changer nos vies.
06:13Et en 2025, on est passé, notamment avec Tchadjipiti dans sa version actuelle,
06:19on est passé à une intelligence artificielle généraliste,
06:24extraordinairement efficace, que chacun peut utiliser très facilement,
06:28et on s'est rendu compte que ça avait des conséquences immédiates, rapides,
06:33notamment sur la productivité des êtres,
06:36mais aussi sur la structuration de l'emploi,
06:39mais complètement aussi sur la question de l'apprentissage,
06:42tout au long de la vie, et aussi dans les petites classes, à l'université, etc.
06:46Donc en fait, le choc, il était maintenant.
06:48On ne peut plus du tout enseigner, on ne peut plus du tout évaluer,
06:51avant même d'enseigner, on ne peut plus du tout évaluer de la même manière.
06:55Et donc, ça paraissait un sujet qu'on pouvait éviter,
06:58et c'est devenu un sujet irréversible et inévitable.
07:02Et donc, je crois que, si en 2026, il y a quelque chose à demander à nos hommes politiques,
07:08c'est de ne pas rester trop en retard sur ce sujet,
07:11parce que c'est tout à fait possible de prendre le train en marche,
07:15puisque pour être bon en IA, il y a la question des datas,
07:18il y a la question du machine learning, dans la puissance de calcul des machines.
07:20Au niveau data, on est plutôt bon,
07:24et au niveau machine learning, c'est quelque chose,
07:26bon, on a déjà un certain nombre de florons spécialisés qui ne sont pas mauvais,
07:31mais c'est quelque chose où on peut encore être dans la course.
07:35Donc, de grâce que nos hommes politiques s'intéressent à ce sujet,
07:39qui peut faire peur, peut-être, mais qui est absolument inéluctable.
07:44Écoutez, vous verrez si Emmanuel Macron en parle ce soir,
07:46chère Anne Coffigny, peut-être que vous serez...
07:48Exaucée.
07:49Exaucée, effectivement, termine avec vous, Michel Thau,
07:52pour parler plutôt d'électrique dans l'automobile.
07:54En fait, c'est pour regretter que l'Union européenne,
07:58il y a à peu près un mois,
08:00enfin consentit, mais de façon très partielle,
08:02à revenir sur l'engagement de convertir
08:06toute l'industrie automobile européenne,
08:07ou toute électrique,
08:10bref, de détruire l'industrie automobile européenne.
08:12C'est à cela que cela revient.
08:14Et moi, je voudrais le prendre sous un angle bien particulier.
08:17L'Union européenne, qui s'appelait à l'époque,
08:19la communauté européenne, a été créée sur deux projets.
08:23Grosso modo, la paix,
08:24pour réconcilier les peuples qui s'étaient entretués
08:26pendant la Seconde Guerre mondiale et d'autres guerres.
08:29Et puis, un projet industriel,
08:31qui s'appelait à l'époque la CECA,
08:32la Communauté européenne du charbon et de l'acier.
08:34Et la CECA d'aujourd'hui,
08:36ça devrait être la communauté de l'industrie européenne,
08:40la communauté également de nos paysans,
08:42parce que je voudrais y ajouter également
08:44la politique agricole commune.
08:46Et l'Union européenne est en train de détruire
08:48les fondements même sur lesquels elle a été construite.
08:51Et il y a une trahison du projet européen
08:54qui illustre très très bien l'Union européenne
08:56de Mme Merkel, Mme von der Leyen,
09:00qui est absolument inadmissible
09:02et qui explique beaucoup la révolte des peuples européens.
09:05Pourquoi est-ce qu'en Allemagne,
09:06l'AFD fait des scores aussi importants ?
09:09C'est parce qu'en Allemagne de l'Est,
09:11toutes les grandes usines de construction automobile
09:12ont été fermées.
09:15Donc c'est absolument dramatique.
09:17Il faut continuer à pousser
09:19pour pouvoir relancer une industrie automobile européenne.
09:22Ce sont des millions d'emplois qui sont en jeu.
09:24Et j'y ajoute les agriculteurs.
09:26Donc si on veut sauver l'Union européenne,
09:28il faut la remettre sur ses bases fondatrices.
09:30Et malheureusement, ce n'est pas le chemin
09:31qu'elle prend aujourd'hui.
09:32Merci Michel Thau pour votre choix de 2025.
09:36Merci à tous les quatre évidemment
09:37d'avoir été les invités de Punchline
09:38sur CNews et sur Europe 1.
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