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  • il y a 6 semaines
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, était l’invitée de BFMTV ce mardi 30 décembre. Elle est revenue sur le dispositif de sécurité pour le réveillon, la menace terroriste…

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Transcription
00:00L'invité du jour, c'est la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, Marie-Pierre Védraine.
00:06Bonsoir, merci d'être avec nous ce soir sur BFM TV.
00:09À mes côtés, Marie Chantret est restée là, chef de service politique de BFM TV.
00:13Maxime Clia-Érosa, journaliste police-justice du service justice de BFM TV.
00:20Avec vous, on a plusieurs dossiers, plusieurs sujets à aborder.
00:24Mais le premier d'entre eux, effectivement, on parlait des voeux du président de la République demain soir.
00:28Il y a aussi des milliers de Français qui vont se rendre peut-être dans la rue, sur les Champs-Elysées ou ailleurs partout en France pour fêter la fin de l'année 2025, le début de l'année 2026.
00:38Malheureusement, c'est souvent aussi synonyme de débordement.
00:41Très concrètement, quel dispositif le ministère de l'Intérieur a-t-il déployé en matière de force de l'ordre demain ?
00:46Vous avez raison d'abord de souligner que ce doit être un moment festif et que, justement, c'est l'objectif du ministère de l'Intérieur.
00:52Le ministre Nunez l'a rappelé ce matin. Notre objectif, avec 90 000 policiers et gendarmes qui sont déployés dans toute la France et 10 000 dans Paris et la Petite Couronne,
01:02c'est justement de préserver ce moment de festivité. Faire en sorte que tous les Français et les Françaises qui veulent aller dans l'espace public,
01:09le ministère ne dit à personne, par contre, de ne pas aller dans le ministère, dans l'espace public.
01:14C'est véritablement l'objectif de faire en sorte que ça reste un moment festif. Donc l'enjeu, c'est de prévenir.
01:19Est-ce que vous êtes inquiète ?
01:21Il n'y a pas de raison d'être plus inquiète que d'habitude. L'objectif, c'est justement bien de prévenir.
01:26Et en fait, quand on ne veut pas être inquiet, justement, on analyse toutes les failles qui pourraient avoir lieu,
01:32tout aussi l'utilisation, je pense qu'on peut parler aussi des mortiers, par exemple, je pense que tout le monde l'a en tête,
01:38d'instruments qui pourraient être détournés de leur usage pour être utilisés, notamment contre les forces de l'ordre.
01:43Donc, moi, j'ai confiance, justement, dans les forces de l'ordre, dans les forces de sécurité.
01:46On a bien vu que dans très nombreuses années, je repense, tout à l'heure dans votre plateau, on évoquait notamment les Jeux Olympiques.
01:53On a bien vu que dans certains grands événements, on sait être à la hauteur.
01:56Et je suis convaincue.
01:57Il y a quand même des menaces qui sont mises en avant, notamment dans une note que vous avez pu consulter, Maxime.
02:01Oui, absolument, que le service police justice a pu consulter.
02:05Une note qui provient de la DESPAP, donc la Direction de la Sécurité Publique de l'agglomération parisienne.
02:12Selon cette note, deux niveaux de menaces ont principalement été identifiés en ce qui concerne la plaque parisienne.
02:19D'une part, la menace terroriste, toujours très présente, notamment avec des actions un petit peu disperses au vu des tensions internationales qui pèsent.
02:29Le deuxième risque également, ce sont les phénomènes de bande, les exactions et faits de violences urbaines.
02:36Le préfet de police, M. Fort, qui a également demandé à ce que des patrouilles soient renforcées.
02:43Une présence visible des forces de l'ordre dans la rue.
02:47Ces menaces, on le disait, concernent la plaque parisienne, Paris et la Petite Couronne.
02:51Est-ce que ce sont des menaces que vous avez également peut-être identifiées ailleurs dans le reste du territoire national ?
02:56Sur le premier point, sur la menace terroriste.
02:59On le sait, c'est une menace qui reste malheureusement élevée, qui reste permanente.
03:03Donc oui, on le sait bien, vous avez rappelé, la situation internationale qui reste critique.
03:09Donc il faut spécifiquement, un jour de 31 décembre, être vigilant.
03:14Donc c'est le cas, c'est justement la mobilisation qui est faite par les services de renseignement ou par la DGSI,
03:19là encore, dans un objectif de prévenir et de détecter.
03:22Moi, j'ai aussi, là encore, toute confiance dans nos forces de renseignement
03:26pour prévenir justement cette menace qui, je le dis, reste élevée et permanente.
03:31sur justement plutôt, entre guillemets, les violences urbaines.
03:35Là aussi, il s'agissait de prévenir.
03:37Donc on le sait, c'est quelque chose que l'objectif est de l'éviter.
03:41L'objectif est vraiment de l'encadrer aussi.
03:44Moi, j'invite notamment, il y a quelques jours, j'étais à Mulhouse,
03:47dans un déplacement justement pour étudier avec les forces de sécurité
03:50quels étaient les dispositifs qui étaient mis en place.
03:52On avait notamment une association de jeunes dans un quartier difficile à Mulhouse
03:57qui sensibilisait d'autres jeunes sur la dangerosité pour eux-mêmes.
04:01Il y a des menaces d'attentat demain soir ?
04:03Je vous l'ai dit, malheureusement, la menace terroriste, ça reste une menace permanente et élevée.
04:07Mais une question naïve, vous en tant que ministre délégué à l'intérieur,
04:12vous êtes déployé avec le ministre de l'Intérieur également,
04:15tous les porte-parole de la police nationale,
04:17à une famille demain qui souhaite se déplacer,
04:20qui souhaite aller sur les Champs-Elysées.
04:21Vous leur dites quoi ? Est-ce que vous leur conseillez d'y aller ?
04:23Ça reste un moment de fête ?
04:25On s'interroge aussi, c'est un peu la ligne de crête
04:27entre une communication que vous faites, transparente,
04:30et en même temps, de fait, l'effet aussi, c'est un peu d'inquiétude, forcément.
04:34Je conçois, et c'est normal de rester inquiet, on l'a dit,
04:38face à une menace qui malheureusement reste permanente et élevée,
04:41avec un engagement très fort de nos forces de renseignement,
04:44justement pour détecter et déjouer.
04:46On le sait aussi sur la menace terroriste,
04:48elle n'est plus telle qu'on l'a connue il y a une dizaine d'années.
04:50C'est maintenant un phénomène encore plus difficile,
04:53avec des projections différentes, avec des phénomènes de violence minoritaire.
04:57Donc c'est quelque chose, justement, que nos forces de sécurité
04:59et de renseignement aussi connaissent.
05:01Donc vous le dites aussi, c'est un moment qui se veut festif.
05:04Donc l'objectif, ce n'est pas de dire aux Français et aux Françaises,
05:07restez chez vous, c'est par contre de dire,
05:09allez-y, mais soyez prudents, soyez vigilants également.
05:12On a appris ce matin que l'homme soupçonné d'avoir agressé trois femmes
05:16au Couton dans le métro parisien vendredi dernier,
05:18présenté comme un ressortissant d'origine malienne,
05:21qui avait fait l'objet d'une OQTF, était en réalité français.
05:25Comment est-ce qu'on a pu louper ça ?
05:27– Oui, vous avez raison de dire que,
05:30et le ministre nous n'aise à employer ce terme,
05:32un dysfonctionnement.
05:33– Un loupé ?
05:34– Un dysfonctionnement.
05:35– Un loupé ?
05:36– Écoutez, alors, on va revenir sur le contexte.
05:40Effectivement, samedi…
05:41– Dysfonctionnement, c'est de la langue de bois.
05:43– Non, non, non, c'est un véritable dysfonctionnement.
05:45C'est-à-dire que samedi, nous faisons face à trois agressions.
05:48Et d'abord, je tiens à apporter mon soutien à ces trois victimes.
05:51Nous avons, après, les forces de l'ordre,
05:53qui justement sont très réactives et qui appréhendent le suspect.
05:56Le suspect, jusqu'alors, effectivement,
05:58il était connu seulement de nos services en tant que Malien, né au Mali.
06:02Mais c'est au moment de la perquisition,
06:04alors qu'avant, jamais, il n'a été fait état par lui-même,
06:08qu'il avait et qu'il disposait de la nationalité française.
06:11Donc, c'est la perquisition qui fait découvrir…
06:14– Malgré un passage en centre de rétention.
06:15– Effectivement, il y a effectivement un passage en centre de rétention.
06:19Il y a une OQTF qui était prise,
06:21parce qu'on le pensait seulement Malien.
06:23C'est vrai que vous avez raison de dire qu'il y a…
06:25– Franchement, ceux qui nous regardent,
06:25même nous, on tombe de notre chaise.
06:27– Je l'entends et je vous le redis
06:30et je partage le mot dans le constat
06:32par le ministre Nunes de dysfonctionnement.
06:34C'est-à-dire que, oui, il est français,
06:36il est de filiation par son papa, justement, française.
06:39– Mais comment ils ont pu penser qu'il n'était pas français ?
06:42– Écoutez, justement, nous, l'objectif maintenant,
06:44c'est d'analyser pourquoi, justement,
06:46le fichier avec toutes les personnes
06:49qui disposent d'une carte nationale d'identité
06:52ou d'un passeport, est-ce qu'il a été vérifié ?
06:54Comment il a été vérifié ?
06:56Bon, ça n'a pas pu, justement, être fait.
06:58Donc, oui, il faut faire la lumière maintenant.
07:00– Je rajoute quand même que ce suspect
07:03était connu des services.
07:06Il était déjà passé en audience,
07:09présentation devant un juge des libertés et de la détention.
07:12Là, il a fait cette agression,
07:13il a été interpellé ensuite par les forces de l'ordre.
07:16À aucun moment de son parcours,
07:19il n'a été relevé qu'il avait été naturalisé.
07:22– Effectivement, à aucun moment,
07:23il ne fait…
07:23– C'est un parcours de plusieurs années.
07:24– Effectivement, un parcours de délinquant,
07:27soyons clairs.
07:27Et à aucun moment,
07:29il ne fait état de la nationalité française.
07:30Donc, oui, c'est pour ça qu'on peut parler
07:32légitimement de dysfonctionnement.
07:34On aurait dû vérifier,
07:36et on aurait dû, par ses vérifications,
07:38voir qu'il était français et disposer d'un passeport.
07:39– Madame la ministre, je vais faire un peu cache.
07:41Il y en a certains qui disent, en gros,
07:43c'est un délit de faciès.
07:43Certains ont considéré qu'il ne faisait pas français,
07:46si j'ose dire.
07:46C'est le cas.
07:47– Écoutez, l'objectif pour nous,
07:49moi, quand lundi matin,
07:51je suis intervenue chez vos confrères,
07:52on était en phase de vérification,
07:54justement, si oui ou non,
07:55suite à la perquisition,
07:56cette pièce d'identité qu'on a trouvée
07:58était justement tangible, etc.
08:02Maintenant, on le sait, c'est vrai,
08:04il est français.
08:05Donc, maintenant, à nous de faire effectivement la lumière.
08:08Est-ce que oui ou non,
08:09il y a eu un contrôle suffisant ?
08:10– Est-ce qu'il ne l'était pas ?
08:10– Écoutez, moi, l'objectif,
08:13et ça sera d'échanger aussi avec ceux
08:15qui ont mené les différents points
08:16au niveau des différents timings.
08:19Mais je le redis et je partage
08:21les mots du ministre Lunez,
08:23il y a clairement un dysfonctionnement.
08:24Donc, à nous de justement voir
08:26comment est né ce dysfonctionnement.
08:28Le parcours des comptes relevait dans un rapport
08:31daté de janvier 2024,
08:34l'interconnexion défaillante entre tous les services,
08:38notamment pour les personnes en situation irrégulière,
08:42estimant, je cite,
08:44que les systèmes d'information éclatés
08:46et faiblement interconnectés.
08:49à cause de cela,
08:51l'administration ne dispose pas
08:52d'une vision complète
08:53du parcours de chacun.
08:54On parle d'un rapport
08:55qui date de janvier 2024.
08:57Nous sommes bientôt en janvier 2026.
09:00Deux ans plus tard,
09:01rien n'a changé ?
09:02– Je pense qu'effectivement,
09:04nous avons un sujet
09:05vis-à-vis de l'interopérabilité
09:06et de l'interconnexion
09:07entre les différents fichiers
09:08que peuvent avoir
09:09les différentes administrations,
09:11que ce soit justement
09:12sur le volet territorial,
09:14sur le volet national,
09:15et qu'il faut absolument
09:16avancer sur ce point.
09:17Parce qu'effectivement,
09:18comme on le voit
09:19en cas d'espèce
09:20et dans le cas présent,
09:21ça conduit quand même
09:22effectivement à des dysfonctionnements
09:24et à des suspicions
09:25qui peuvent être portées
09:26vis-à-vis de notre institution.
09:28Et ça, c'est pas normal.
09:29– Madame la ministre,
09:30il y a une consigne aussi
09:31que vous avez donnée
09:31ces derniers jours,
09:32on le disait,
09:32dans la lutte
09:33contre de nouvelles formes
09:34de « stupéfie »,
09:35c'est ainsi que c'est considéré
09:37par deux ministres,
09:37la lutte contre le protoxyde d'azote.
09:39Est-ce que justement,
09:40on parlait du 31,
09:40est-ce que vous avez donné
09:41des consignes pour demain soir ?
09:42Est-ce que les forces de l'ordre
09:43sont incitées à interpeller
09:44des gens qui seraient
09:44avec du protoxyde d'azote ?
09:46– Jusqu'à présent,
09:47effectivement,
09:48la difficulté vis-à-vis
09:49du protoxyde d'azote,
09:50c'est que je pense,
09:50d'une part,
09:51on n'a pas mesuré
09:51à quel point c'était un fléau
09:52et la dangerosité
09:54de son détournement
09:54de consommation.
09:55– C'est une brogue pour vous ?
09:55– Oui, pour moi,
09:56oui, clairement.
09:57On doit changer la qualification
09:58vis-à-vis du protoxyde d'azote.
10:00– Avec une amende
10:01à 38 euros, je crois,
10:02c'est ce que nous faisait la porte.
10:03– Est-ce que c'est suffisant ?
10:05Est-ce que c'est assez diffusif ?
10:06– Pour le moment,
10:06la législation n'est clairement
10:07pas suffisante.
10:08Vous savez qu'à l'Assemblée nationale
10:09et au Sénat…
10:10– Il faut aller plus loin.
10:10– Oui, pour moi,
10:11clairement, il faut aller plus loin.
10:12Il y a deux propositions de loi
10:13qui ont été adoptées au Sénat
10:14et à l'Assemblée nationale.
10:16Moi, je pense qu'il faut repartir
10:17de la proposition de loi du Sénat
10:18qui est, à mon sens,
10:20justement, peut-être plus réaliste
10:22parce qu'il ne faut pas être
10:23dans le symbole
10:23et dire qu'on va interdire.
10:25On voit bien sur d'autres enjeux
10:26les difficultés
10:33sur le transport,
10:35sur, justement, la consommation,
10:36sur le détournement qui, en effet,
10:38et de donner tous les leviers
10:39parce que, je le redis,
10:41c'est un véritable fléant.
10:42– Inhaler du protoxyde d'azote,
10:43c'est aussi dangereux
10:44que fumer du cannabis ?
10:45– Je pense que, effectivement,
10:49inhaler le protoxyde d'azote,
10:50jusqu'à présent,
10:51je pense que peut-être la différence,
10:53c'est que ce n'est pas analysé
10:54et perçu dans l'opinion publique
10:56jusqu'à présent
10:57comme un facteur aussi dangereux
10:59et un facteur qui peut conduire à la mort.
11:01Je crois que, jusqu'à présent,
11:02notre problématique a été
11:04de présenter toujours
11:05le protoxyde d'azote
11:05comme un gaz hilarant.
11:07Et donc, non,
11:08progressivement,
11:09par, malheureusement,
11:10des drames qui se sont produits,
11:12je pense, notamment,
11:14évidemment,
11:14au décès de Matisse
11:15ou à d'autres jeunes,
11:16on se rend compte
11:17de la dangerosité
11:18du protoxyde d'azote.
11:19– Un arrêté préfectoral
11:20a été pris à Paris
11:22pour interdire l'usage,
11:24la détention,
11:25le transport de protoxyde d'azote.
11:26C'est le cas
11:27dans plusieurs départements,
11:28le Rhône,
11:28les Bouches-du-Rhône
11:29pour ne citer qu'eux.
11:31Concrètement,
11:31c'est-à-dire
11:32préfectures qui n'ont pas
11:33pris d'arrêté,
11:34n'importe qui peut consommer.
11:35– Non, non, non,
11:36effectivement,
11:37il y a de très,
11:38très brièvement,
11:39de très nombreux arrêtés
11:40municipaux et préfectoraux
11:41ont été pris.
11:42La difficulté,
11:43effectivement,
11:43c'est que ça ne couvre pas,
11:44finalement,
11:45l'entièreté du territoire
11:46et que jusqu'à présent,
11:47c'est la vente
11:48auprès des mineurs
11:49qui est sanctionnée.
11:50Donc, d'où la nécessité
11:51de véritablement
11:52comprendre le projet de loi.
11:53– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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