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  • il y a 2 mois
Un film documentaire de Nicolas Bideau

Au cœur de la Loire, entre Saint-Étienne et les plaines du Forez, les lotissements pavillonnaires s’étalent comme des maquettes grandeur nature. Une France moyenne, discrète, celle des familles qui ont cru aux promesses du rêve pavillonnaire : maison individuelle, jardin privatif, barbecue du dimanche. Mais que reste-t-il aujourd’hui de ce modèle triomphant des années 80-90 ?
Ce film part à la rencontre de celles et ceux qui y vivent : Robert, le retraité fidèle au poste, Pascal, le bricoleur, un couple de primo-accédants, des adolescentes en mal d’horizon... À travers leurs paroles et leurs gestes du quotidien, c’est tout un monde qui s’expose. Dans ses espoirs comme dans ses désillusions. Car les pelouses bien tondues masquent parfois un profond sentiment d’isolement.

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Transcription
00:00Musique
00:00Habiter, c'est avoir un espace à soi, pour manger, dormir.
00:16Il y a des villes pour ça, où l'on vit en hauteur, serrés les uns contre les autres.
00:20La maison y a presque disparu.
00:22Et pourtant, le rêve, lui, n'a jamais bougé.
00:25Avoir sa maison, un toit rien qu'à soi, où vivre son intimité.
00:32Aujourd'hui, environ 80% des Français veulent vivre en maison individuelle.
00:40Un rêve si fort qu'il a fini par dessiner tout un pays.
00:45Depuis quelques années, cet idéal de la maison s'est incarné autour de l'image du pavillon.
00:50Des petites maisons, avec jardins, qui se regroupent à côté des villages historiques pour former des lotissements.
00:57Enviés pour leur tranquillité, ils sont aussi taquinés pour leur singularité,
01:02qui laissent supposer une vie un peu trop rangée.
01:06Les pavillons ne laissent pas indifférents, car ils ont transformé les paysages en se construisant massivement.
01:13Peut-être trop.
01:14Il faut que les gens qui arrivent puissent vivre heureux et le plus longtemps possible.
01:24Ce film va partir à la rencontre des habitants de ces petites maisons qui tapissent les collines de la Loire,
01:31pour comprendre l'histoire de ce rêve pavillonnaire bien français et ses transformations.
01:35Il y a toujours eu un petit esprit, village, entre guillemets.
01:44Le premier coup de cœur, on l'a eu quand on s'est posé dans le jardin et qu'on a regardé le paysage
01:48et qu'on s'est dit avoir accès à ça au quotidien, ça peut être quand même plutôt pas mal.
01:56Comprendre ce rêve, c'est comprendre une nouvelle façon d'habiter,
02:00chez soi, avec le voisinage et le territoire.
02:05Sous-titrage Société Radio-Canada
02:35« Votre maison, c'est celle-ci, vous voyez avec les extérieurs du voisin qui sont faits.
02:46Donc en ce qui vous concerne, c'est ce pavillon et puis on va pouvoir rentrer à l'intérieur.
02:51Vous allez pouvoir découvrir ce que ça donne.
02:54Allez, je vous laisse l'honneur.
02:57Allez-y.
03:02Donc une maison très lumineuse, comme je pouvais le constater.
03:05Vous pouvez prendre des photos ?
03:05Bien sûr, bien sûr.
03:06Votre épouse n'est pas là, ça peut être mieux effectivement pour elle.
03:09Donc voilà, votre grande pièce de vie qui fait quasiment 34 mètres carrés,
03:14avec l'abbé vitré qui va donner directement sur la partie jardin.
03:17Ok.
03:19Et l'accès à une porte-fenêtre sur l'extérieur par ici et votre espace cuisine.
03:24Donc vous m'avez dit que vous avez un projet cuisiniste.
03:27Oui, c'est tout bon, Rana.
03:28Donc il pourra prendre ses codes pour l'installation.
03:31Oui, on pourra le faire venir, il faudra voir avec vous.
03:33Bien sûr, oui, oui, bien sûr.
03:34Et le jardin avec la terrasse qui est déjà faite, comme on l'avait évoqué,
03:38et le gazon qui sera planté lors de la mise en habitation.
03:42Vous allez pouvoir découvrir l'étage.
03:45Alors bon, on est encore en phase chantier, il y a encore un petit peu de bazar,
03:48mais voilà, on a une vue d'ensemble.
03:53Vous allez tout droit ?
03:54Avoir sa propre maison.
03:56Un rêve partagé par des millions de Français
03:58et qui est en train de devenir réalité pour Yann,
04:01qui va bientôt pouvoir être tranquille chez lui.
04:06Mais pour qu'un tel projet sorte de terre,
04:08il faut s'armer de patience.
04:10Car les étapes sont longues
04:11entre la recherche du lieu idéal
04:13et le début du chantier.
04:17C'est un moment qu'on regardait,
04:19on ne trouvait rien,
04:21et là on a saisi cette opportunité,
04:22et là au moins on va pouvoir passer une étape
04:24dans notre vie de famille et avoir notre maison à nous.
04:27On n'a jamais eu d'extérieur,
04:28on était toujours en appartement.
04:29Donc là pour les petites,
04:30elles auront un jardin où elles pourront jouer,
04:32on pourra peut-être mettre un trampoline.
04:34Donc elles auront de quoi s'amuser,
04:35et puis on sera chez nous,
04:36on pourra décorer comme on veut,
04:38le mettre à notre goût,
04:39sans qu'il y ait personne qui nous dise
04:40on n'a pas le droit de faire ça, de faire ça.
04:42Ce sera nous qui déciderons de tout.
04:46On retourne à l'intérieur ?
04:47Allez, merci.
04:48Allez.
04:51La cuisine, on va la poser,
04:52et les peintures, c'est nous qui allons tout peindre.
04:54Après on avait déjà regardé un petit peu,
04:56on a déjà fait nos plans sur l'ordinateur.
04:59Il faudrait juste que les deux filles choisissent leur chambre,
05:01mais on sait à peu près où va aller leur lit,
05:03où va aller leur jouet, leur caisse.
05:05On a déjà à peu près prévu tout ça.
05:06Et vous avez la vue sur votre jardin,
05:14la partie ouest de votre jardin ?
05:16Je pense que là,
05:17on a prévu une cabane de jardin,
05:19et je pense qu'il y a une prise,
05:20comme elle a dit tout à l'heure Mme Lagnès,
05:21pour une plancha,
05:22mais je pense que ce sera plus un barbecue.
05:24Et pour les petites,
05:25elles ont déjà réclamé leur trampoline.
05:26Donc après, à voir où on mettra,
05:28mais je pense qu'on aura le trampoline,
05:29le barbecue,
05:30et peut-être un coin pour faire mon sport aussi.
05:33Il vaut mieux anticiper,
05:34plutôt que d'arriver, d'avoir les clés,
05:35de ne pas savoir où on met nos affaires.
05:40Si Yann peut aujourd'hui devenir propriétaire,
05:43c'est grâce à un financement particulier
05:45trouvé sur une annonce de Synergie Habitat,
05:48il y a quelques mois de ça.
05:51Bonjour.
05:52Bonjour.
05:54L'objectif de ce rendez-vous,
05:55c'est de pouvoir vous expliquer un petit peu plus en détail,
05:57suite à notre échange téléphonique,
05:59les particularités de cette maison,
06:01qui est proposée à la vente
06:03par un dispositif d'accession sécurisé,
06:05qui s'appelle le PSLA.
06:07Donc j'imagine que vous n'en aviez pas forcément entendu parler.
06:09Non, on est tombé dessus au hasard sur l'annonce,
06:12on ne savait pas que ça existait.
06:13Donc le principe du dispositif,
06:16c'est que cette maison,
06:17elle est construite par l'Ouare Habitat,
06:19qui va faire le portage financier,
06:21pendant toute la durée de la construction.
06:22Ça veut dire que vous,
06:23vous n'allez pas faire votre prêt tout de suite,
06:25vous allez simplement rencontrer votre banquier
06:28pour vérifier la faisabilité financière,
06:30voir quelles seraient vos mensualités de prêt à terme
06:33pour pouvoir acheter la maison dans ce budget-là.
06:36Pendant toute la durée de construction,
06:38vous, vous serez tranquille,
06:39parce que vous savez que votre maison,
06:40vous l'avez signée,
06:41elle est pour vous.
06:42Est-ce que vous en êtes content de ce projet ?
06:46Il a l'air d'être en phase ?
06:47Sur ce que j'ai,
06:48on avait fouiné un peu sur Internet
06:49pour se renseigner,
06:50et c'est à peu près ce qu'on avait vu,
06:52ce que vous nous avez expliqué ici.
06:54Et oui, on est très content,
06:55on va pouvoir enfin se lancer dans un achat
06:57et on verra ce que ça donne,
06:58mais il n'y a pas de raison.
06:59Donc vous avez l'air d'être plutôt prêts
07:00pour poursuivre sur ce dispositif.
07:03A très bientôt !
07:03A bientôt, bonne fin de journée !
07:04Et puis je vous dis à la semaine prochaine par téléphone.
07:05Ça marche.
07:06Ça marche bien.
07:12Un pavillon, c'est quatre murs posés sur un jardin.
07:18Et c'est bien ce petit morceau de nature privatisée
07:20qui fait toute la différence avec l'appartement
07:23ou même avec les maisons de ville,
07:25qui n'ont pas forcément de jardin.
07:29Aujourd'hui, c'est ce modèle architectural
07:31qui domine le paysage,
07:33avec plus de 20 millions de pavillons
07:35en périphérie des villes comme à la campagne.
07:39Un succès qui révèle un rêve bien français
07:41où le bonheur du chez-soi
07:43s'est peu à peu confondu
07:44avec l'image de la maison.
07:47Au 19e siècle,
07:49le fait d'avoir une maison à la campagne,
07:51loin de la ville,
07:52loin des miasmes de la ville,
07:55des maladies de la ville,
07:56c'était un signe d'appartenance à la bourgeoisie.
08:00Et pour ceux qui avaient les moyens
08:01de rouler carrosse, comme on disait,
08:04on allait à la campagne,
08:06on allait au bord de l'eau,
08:07au bord de la Seine par exemple,
08:08au bord de la Loire bien évidemment.
08:09Et là, c'était un signe de distinction sociale.
08:13Et la maison était valorisée culturellement.
08:19Avoir une maison à la campagne,
08:20c'est avoir une folie.
08:21Et aujourd'hui, quand on dit
08:22« j'ai fait une folie »,
08:23ça vient de là.
08:24Un autre type d'habitation voit le jour
08:32dans l'agglomération stéphanoise
08:34à l'époque de l'industrialisation.
08:36Les maisons de mineurs.
08:39Construites par les patrons
08:40pour fidéliser leurs travailleurs,
08:42ces habitations en bande,
08:44alignées les unes contre les autres,
08:46se construisent au plus proche des usines,
08:49formant de véritables quartiers ouvriers.
08:50Ça répond à une demande.
08:54Et ce qui va de pair avec la maison
08:55dès la fin du XIXe siècle,
08:58c'est le jardin.
08:59C'est pour pas que les hommes
09:00aillent aller se tabiner,
09:01boire des coups, etc.
09:02Mais quand même,
09:03avoir son jardin,
09:04le cultiver,
09:05et puis aussi pouvoir avoir
09:07un espace à soi,
09:08un espace privé,
09:09ça commence à faire sens.
09:10Mais c'est surtout
09:29après la Deuxième Guerre mondiale
09:31que le logement va devenir une urgence.
09:33Le pays est en partie détruit
09:35et il manque près de 6 millions d'habitations.
09:37Certaines personnes vivent
09:46dans de véritables taudis,
09:47sans eau potable,
09:48ni électricité.
09:55T'as les documents ?
09:56Oui, toi aussi.
09:57Pour s'en échapper,
09:59les Castors,
10:00une association familiale protestante,
10:02va se lancer dans un défi fou,
10:04construire leur propre maison.
10:06Les enfants de ces pionniers
10:08se replongent en 1953
10:10quand un terrain vague
10:12de l'agglomération stéphanoise
10:13se transforme peu à peu
10:15en un véritable petit village
10:17au cœur de la ville.
10:19On habitait tous
10:21dans des logements,
10:23je vais dire précaires.
10:24Exigus.
10:25Il y en a qui étaient
10:26dans des combles.
10:28Moi, ma famille,
10:29elle habitait un, deux pièces.
10:30On était déjà quatre.
10:31et il n'y avait pas de lumière.
10:35Saint-Etienne avait
10:36beaucoup de taudis, en fait.
10:38Donc, il a fallu
10:39que les familles
10:40se prennent en charge
10:41par elles-mêmes.
10:43Donc, l'idée Castor,
10:44c'est construire
10:45soi-même sa maison.
10:46Mais non pas individuellement,
10:49mais en communauté,
10:50en groupe.
10:52C'est tous ensemble
10:53que nous construisons
10:54une cité
10:55dans laquelle se trouveront
10:57un certain nombre
10:58de pavillons,
10:59de maisons,
11:00et que chaque constructeur
11:01aura sa maison.
11:03C'est 54 familles
11:04qui ont construit ensemble
11:0554 maisons.
11:07Moi, personnellement,
11:08les Castor,
11:09pour moi,
11:09ça fait partie
11:10de ma famille.
11:11Ah, Chantal,
11:12tu t'assoies ?
11:13Viens avec nous, là.
11:15Tu reconnais ?
11:17Ah, oui.
11:19Cordard ?
11:20Oui, mais...
11:22C'est invinant.
11:23Même le problème financier
11:26était communautaire.
11:29Pour pouvoir accéder
11:30à un emprunt,
11:31il y avait des emprunts,
11:32pour pouvoir y accéder,
11:34il fallait avoir
11:35de l'argent.
11:37Les familles
11:37n'avaient pas d'argent.
11:38Comme maintenant.
11:39Donc, c'est par
11:40les Castors de Pessac,
11:42de Bordeaux,
11:42qui sont allés
11:43jusqu'au ministère
11:44de la Reconstruction,
11:46pour lancer l'idée
11:47en disant
11:48on n'a pas d'argent,
11:50par contre,
11:50on a des bras.
11:51Donc, nous vous demandons
11:54que cet apport financier
11:56que l'on doit faire
11:57soit remplacé
11:58par notre travail.
12:00Et chacun
12:01avait un carnet
12:03où ébarquaient
12:04ses heures de travail.
12:06Ils travaillaient
12:07professionnellement
12:10et ils venaient le soir
12:11en été
12:11quand c'était possible.
12:12Ils passaient
12:12tous leurs week-ends,
12:13ils passaient
12:14toutes leurs vacances
12:14pendant trois ans
12:15pour construire cette idée.
12:17Et la grande partie
12:18étaient des mineurs.
12:19Donc, déjà,
12:20de gros travail.
12:22Les Américains
12:23ont apporté
12:24les marteaux-piqueurs.
12:26Mais ils faisaient
12:27plus de 50 kilos.
12:29Et il n'y avait
12:30que les mineurs
12:31qui pouvaient
12:31les actionner
12:32qu'avec les bras pour.
12:35On voit bien
12:35la construction.
12:37Tout le monde
12:37s'y mettait.
12:38Tous les Castors
12:39sur le toit.
12:40Ils passaient
12:41les tuiles.
12:42C'était
12:42extraordinaire.
12:44Voilà une maison
12:46qui va avoir le jour
12:47qu'on est en train
12:48de faire des fondations.
12:50Pierre après pierre,
12:52les maisons se construisent.
12:54Et en plus d'offrir
12:55un logement décent
12:56à leur famille,
12:57ces pionniers
12:58permettent à leurs enfants
12:59de goûter au plaisir
13:00de grandir dans une maison.
13:02Un environnement idéal
13:03pour l'espièglerie.
13:04Moi, ça m'a libérée.
13:11On vivait dehors.
13:15Une chose que je ne connaissais pas avant,
13:17j'habitais rue de la Sablière.
13:19Et là, on sortait,
13:20on avait le jardin
13:21qu'on essayait de cultiver
13:23à l'époque.
13:24On essayait de grand-jouer.
13:27Mais ceux qui dormaient
13:28dans des chambres en bas
13:29comme moi,
13:29on sautait par la fenêtre.
13:31Et on retrouvait
13:32les copains dans la rue.
13:32Et un soir,
13:34il n'avait plus.
13:35Une nuit, il n'avait plus.
13:36Et en rentrant
13:37pour être à l'heure
13:38vite dans ma chambre,
13:39j'ai marché
13:41dans une flaque d'eau.
13:43Et je n'ai pas dormi la nuit
13:44me demandant
13:45comment tu vas expliquer
13:46à ta maman
13:47que ta chaussette est mouillée.
13:58C'était notre terrain de luge.
14:00Oui, ils ont mis des immeubles.
14:02Ils ont mis des immeubles
14:03où on allait faire la luge.
14:06Et ça, ça date de 1960.
14:08On était non seulement
14:09les procureurs
14:09de maisons individuelles,
14:10mais on était les procureurs
14:11dans le quartier.
14:12Il n'y avait rien.
14:13C'est le dernier quartier
14:14qui a été urbanisé, là.
14:16Il n'y avait rien.
14:17Il n'y avait rien.
14:17Il n'y avait rien.
14:17C'est le dernier quartier.
14:17Il n'y avait rien.
14:18Il n'y avait rien.
14:18Il n'y avait rien.
14:30En 1958,
14:33De Gaulle va comprendre
14:34qu'il faut construire,
14:36il faut bâtir,
14:37vite,
14:37parce qu'à nouveau,
14:38ce sont des millions
14:39de logements
14:40qu'il faut bâtir.
14:41Et donc,
14:42on va construire
14:42ces fameux
14:43grands ensembles,
14:45ces bars et ces tours.
14:46qui incarnent le progrès
14:48à l'époque.
14:49On oublie un peu ça,
14:50mais quand même,
14:51accéder à un logement
14:53collectif
14:54où il y avait
14:54un chauffage central,
14:56où il y avait
14:56des robinets
14:57avec des points bleus
14:59et des points rouges.
15:00Et on tournait le robinet
15:01où il y avait
15:01le point rouge,
15:02il y avait de l'eau chaude.
15:05Et donc,
15:05les gens arrivent
15:06dans ces grands ensembles
15:07et pour eux,
15:08c'est un habitat
15:08qui incarne
15:10la modernité,
15:11qui incarne
15:12le creuset
15:13de l'homme de l'an 2000,
15:14on disait à l'époque,
15:15ces grands ensembles.
15:16C'était une nécessité,
15:18donc,
15:18de trouver
15:19une nouvelle forme
15:20d'habitat
15:21et de trouver
15:22une nouvelle forme
15:23d'habitat
15:24qui s'est orienté.
15:25À la fin de la guerre,
15:26on s'est orienté d'abord
15:27sur le bâtiment,
15:28l'habitat,
15:30en vertical.
15:31Et puis,
15:33avec les difficultés
15:34qu'on a pu vivre
15:35dans cet habitat vertical,
15:38on s'est vite penché
15:40vers l'habitat
15:41pavillonnaire.
15:41C'était une nécessité,
15:43c'était une nécessité,
15:43donc,
15:43de trouver
15:44une nouvelle forme
15:45d'habitat,
15:46c'est-à-dire avoir
15:47son petit lopin de terre
15:48autour
15:48et d'être aéré
15:51et ne pas avoir
15:51des voisins dessus,
15:53dessous,
15:54sur le côté
15:54et de vivre
15:56d'une façon
15:56tout à fait différente.
15:58Dans le département
16:05de la Loire
16:06et ailleurs,
16:07l'État
16:08va favoriser
16:10à partir
16:10des années 1960
16:12la construction
16:13de maisons individuelles
16:16de pavillons.
16:17Et là,
16:17la France
16:18va commencer
16:19à se pavillonariser.
16:22Il y a un acteur central
16:23aussi dans cette histoire,
16:25c'est le secteur bancaire,
16:26les banques.
16:27Dès la fin
16:28des années 1960,
16:29l'État
16:30favorise,
16:31en s'appuyant
16:32sur des banques,
16:33la possibilité
16:34de devenir
16:35propriétaire
16:35de sa maison
16:36en empruntant
16:37facilement.
16:39Et finalement,
16:39réussir sa vie,
16:41c'est parvenir
16:41à intégrer
16:42le monde
16:43pavillonnaire,
16:44c'est parvenir
16:45à avoir sa maison,
16:46accéder à la propriété,
16:48donc c'est réaliser
16:49un rêve.
16:52Et c'est la classe moyenne
16:53dans toute cette diversité
16:54qui va le mieux
16:55l'incarner.
16:56Un même rêve
16:57vécu par Georges,
16:58Christophe,
16:59Pauline ou Anthony.
17:00Trois générations
17:01d'habitants pavillonnaires
17:02des années 80
17:03à aujourd'hui
17:04ayant accédé
17:05à ce même idéal
17:06résidentiel
17:07pour construire
17:08leur vie,
17:09entre ville
17:09et campagne.
17:10Quand on s'est mariés
17:13avec ma femme,
17:14on habitait d'abord
17:15à Saint-Etienne,
17:16dans un appartement,
17:18mais on avait déjà
17:20la résidence secondaire
17:22de mes parents
17:22et tous les week-ends
17:24on venait
17:24à Saint-Jus-Saint-Rambert,
17:26voilà.
17:27Donc on tenait
17:27à revenir
17:28sur Saint-Jus-Saint-Rambert
17:29parce que rentrer
17:31le soir,
17:32le dimanche soir
17:33sur Saint-Etienne
17:34en appartement,
17:36c'était pas rigolo.
17:36On a choisi la maison
17:38pour avoir un extérieur,
17:40avoir un autre chez nous,
17:42avoir un garage,
17:44avoir tout ce
17:44qu'apporte une maison
17:45qu'on n'a pas forcément
17:46dans un appartement,
17:49déjà moins de bruit
17:50par rapport au voisinage.
17:52À l'époque,
17:53nous habitions
17:53à Saint-Etienne,
17:55à la Métard,
17:55donc dans un grand immeuble
17:57qui avait été construit
17:59dans les années 70-73
18:02et donc mes parents
18:05souhaitaient quitter la ville
18:08et puis trouver
18:09une maison à l'extérieur.
18:12Donc au fil de leur recherche,
18:13ils ont trouvé
18:14ce lotissement
18:15qui correspondait
18:16à leurs envies.
18:19Je suis originaire
18:20de Saint-Chamond,
18:21donc porte du Pilar
18:23et au moment
18:25où on se questionne
18:26sur où est-ce qu'on voudrait vivre
18:27ou où est-ce qu'on voudrait
18:28faire son achat,
18:30moi j'avais quand même
18:30en tête de ne pas trop
18:31être éloignée
18:32de cette région.
18:33donc un logement
18:34avec vue sur le Pilar
18:36ou carrément
18:37dans le Pilar.
18:44Cette logique
18:45de pavillonarisation
18:46du territoire,
18:48elle rime avec
18:48étanement urbain,
18:51donc c'est plat,
18:51bien évidemment,
18:52on est dans la maison individuelle.
18:54Elle rime avec aussi
18:56ce qu'on va appeler
18:57la civilisation de l'automobile.
18:59sans l'automobile,
19:02il n'y a pas
19:03le monde pavillonnaire.
19:06Parallèlement,
19:06on va construire
19:07des zones
19:07ludocommerciales,
19:09des zones effectivement
19:11aussi très étalées,
19:12consommatrices d'espace,
19:14qu'on connaît bien
19:15aujourd'hui,
19:16et on va surtout
19:16penser des bandes
19:18de bitume
19:19dans la conquête
19:21de ce territoire,
19:22des bandes de bitume,
19:23et c'est bien
19:24ces bandes de bitume
19:25qui vont finalement
19:26décider
19:27de l'urbanisation.
19:29On va penser déjà
19:30à la circulation automobile.
19:45La France est alors planifiée,
19:48son territoire ordonné.
19:50Et comme dans un jeu
19:51de mécano,
19:52les collines
19:52de l'agglomération stéphanoise
19:54se couvrent peu à peu
19:56d'une multitude
19:56de petits pavillons
19:57qui, en se regroupant
19:59les uns aux autres,
20:00dessinent
20:00les premiers lotissements.
20:02C'est le début
20:03du périurbain.
20:05Cet espace encore vide,
20:06suspendu entre ville
20:07et campagne.
20:09Des lotisseurs
20:09en organisent
20:10la construction,
20:11dessinent les parcelles
20:13et tracent
20:13les petites rues
20:14qu'ils bâtissent souvent
20:15avec des noms fleuris.
20:17De véritables
20:18nouveaux villages
20:19apparaissent alors
20:20aux abords des villes,
20:21accompagnés de familles
20:22que les mères accueillent
20:24avec enthousiasme.
20:27Jean-François Barnier,
20:29maire du Chambon-Feugerolle
20:30pendant près de 30 ans,
20:31a été l'un des témoins
20:32privilégiés
20:33de la métamorphose
20:34de sa commune
20:35et de ses risques.
20:37C'est toujours intéressant
20:38d'avoir de lotissements
20:40qui essayent
20:42de venir rajeunir
20:45un peu la population.
20:46Le maire a toujours
20:47le droit de regard
20:48avec les services de l'État,
20:51les services instructeurs.
20:52et je pense qu'il faut
20:53l'exercer
20:54d'une façon
20:55pertinente.
20:57Il ne s'agit pas
20:57de tout refuser
20:58les lotissements,
20:59mais en même temps,
21:00on ne peut pas laisser faire
21:01tout et n'importe quoi.
21:02Donc, il faut toujours
21:12penser le coup d'après.
21:14Si vous faites
21:15400 petits pavillons
21:18dans une zone
21:19assez réduite,
21:22vous avez les écoles
21:23qui ne peuvent plus suivre.
21:25L'école locale.
21:26Alors après,
21:26vous êtes obligés
21:27d'envoyer des enfants
21:28dans d'autres écoles.
21:29ce n'est pas toujours simple.
21:31Donc, c'est comme
21:34le billard
21:34à trois bandes.
21:37Il faut toujours réfléchir
21:39à ce qui est derrière.
21:40Donc, il faut toujours
21:41calculer
21:42que ça soit compatible
21:44avec la bonne vie
21:46d'un quartier.
21:49Donc, on a refusé
21:50parfois des permis
21:52de lotir
21:53qui nous semblaient
21:54vraiment trop
21:55en surdensité.
21:56Il faut que les gens
21:59qui arrivent
21:59puissent vivre
22:00heureux
22:01et le plus longtemps possible.
22:03Donc, il y a une logique
22:04de pavillonarisation
22:06de l'ensemble du pays
22:07qui est effectivement
22:09impulsée politiquement
22:10avec un modèle.
22:11Le modèle
22:12de la suburb
22:14américaine,
22:15de la banlieue
22:16étalée américaine
22:17à l'infini
22:18où il n'y a
22:19plus de centre
22:20finalement,
22:21où on voit
22:22ces immenses
22:23proliférations
22:24pavillonnaires.
22:24Et c'est bien
22:26ce référentiel
22:27urbanistique
22:29qui vient
22:30des Etats-Unis
22:31qui va être
22:32retenu
22:33durant les années
22:341960 et 1970
22:36pour urbaniser
22:39autrement
22:39le pays
22:40tout du moins
22:41dans sa dimension
22:42ici
22:42habitant individuel.
22:46Un idéal
22:47résidentiel
22:48inspiré
22:49des séries télé
22:49et de leur
22:50American way of life
22:52qui débarque
22:53un beau jour
22:53dans la Loire
22:54adapté bien sûr
22:56comme à Saint-Jus
22:57Saint-Rambert.
23:15Georges Caligaris
23:16fait partie
23:17des tout premiers
23:17à y croire.
23:18C'était
23:21il y a 40 ans
23:22il cherchait
23:23la maison
23:23de ses rêves
23:24et s'est laissé
23:25séduire
23:25par ces petits
23:26pavillons
23:27qui se construisent
23:28ouverts
23:28sur le bord
23:29de la rue
23:29sans mur
23:30ni portail
23:30mais avec un jardin
23:32et une haie
23:33pour se séparer
23:34des voisins.
23:35Il fait la visite
23:36de tout ce que
23:37les habitants
23:37ont dû créer
23:38pour se façonner
23:39un environnement
23:40chaleureux
23:40car il fait partie
23:41des pionniers
23:42du bois
23:42de la Dame
23:43et se souvient
23:44de l'époque
23:45un peu far west
23:45où tout était
23:46encore nu
23:47juste des maisons
23:48en cours d'aménagement
23:49observées de loin
23:51par les villageois
23:52intriqués.
23:54Ce qui les a choqués
23:56c'est qu'on puisse
23:57construire une maison
23:58en quelques semaines
23:59ou quelques mois
24:00si vous voulez.
24:01Là ils se sont dit
24:02un coup de vent
24:03ça va tout s'envoler
24:04les charpentes
24:05sont arrivées
24:06sur des camions
24:07et les gens
24:08ils les posaient
24:09avec des grues
24:09ce qui fait
24:10que tout ce qui était
24:11charpente de la maison
24:12s'était fait
24:12en quelques jours.
24:14Les gens n'étaient pas
24:14habitués à ça
24:15ici à Saint-Rambert
24:16donc c'était
24:17une façon nouvelle
24:18de construire.
24:20C'est quelque chose
24:20qui était un concept
24:21plutôt américain.
24:27Quand on a trouvé
24:28ici les maisons témoins
24:30d'European Homs
24:31qui construisaient
24:32ce lotissement
24:33on a vu des maisons
24:35spacieuses
24:36aérées
24:36avec des grandes pièces
24:38beaucoup de lumière
24:39et peu de couloirs
24:41donc quelque chose
24:41qui nous allait bien.
24:43Ça comptait énormément
24:44de pouvoir avoir
24:45un jardin
24:46avec
24:48pas très grand
24:49parce que
24:49quand on travaille
24:51il faut l'entretenir
24:51mais là
24:53c'est la bonne dimension
24:54ça fait 700-800 mètres carrés
24:55c'est sympathique
24:57on a une terrasse
24:58vous avez vu
24:58là où on peut
24:59s'installer
25:00pour boire l'apéro
25:01ou le café
25:01recevoir des amis
25:02etc.
25:02et puis on est
25:04en prise directe
25:05avec la nature
25:06on a une école
25:08et c'était bien sympathique
25:10d'amener nos enfants
25:11à l'école
25:12ou presque même
25:13quand ils étaient
25:13un peu plus grands
25:14de les laisser aller
25:15tout seuls
25:15c'était sympathique
25:17de se mettre
25:18sur le pas de la porte
25:19puis regarder le gamin
25:20aller à l'école
25:21à quelques rues de là
25:31la famille Lévesque
25:32poursuit le même idéal
25:34Christophe
25:35y a lui aussi vécu
25:36mais comme adolescent
25:37suivant ses parents
25:39dans leur quête
25:39d'une autre vie
25:40un peu contraint
25:41car pour lui
25:43ce nouveau départ
25:44signifiait surtout
25:45s'installer en périphérie
25:46j'étais en terminale
25:49donc en terminale
25:50on a
25:50pas mal d'amis
25:51et donc là
25:53c'était un petit peu
25:53compliqué quoi
25:54pour se voir
25:55après le lycée
25:56puisque
25:57pour venir ici
25:59en fait
25:59nous prenions
26:01le bus
26:02qui nous amenait
26:03de Saint-Etienne
26:04à Saint-Rambert
26:04et puis vice-versa
26:06donc
26:07malgré tout
26:08de temps en temps
26:09j'allais dormir
26:10chez les uns
26:12ou chez les autres
26:12histoire de
26:14conserver quand même
26:15des liens
26:16avec mon groupe d'amis
26:17mais sinon
26:19effectivement
26:19le week-end
26:20c'était très agréable
26:21de profiter
26:23de la campagne
26:24du grand air
26:25c'est simple
26:29le bonheur
26:30quatre murs
26:31posés sur un carré
26:32de pelouse
26:32déhaies
26:33pour renforcer
26:34ce sentiment
26:34d'indépendance
26:35et bien sûr
26:36un garage
26:37derrière chaque
26:43chaque petit carré
26:44de vie bien tranquille
26:45s'invente
26:45une nouvelle façon
26:46d'habiter
26:47qui s'articule
26:48autour des plaisirs
26:49du quotidien
26:49un jardin
26:50son barbecue
26:51ses apéros
26:52son trampoline
26:53un coin de nature
26:55retrouvé
26:55ça fait envie
26:57non ?
26:58sans oublier
27:02le fameux garage
27:03où prennent vie
27:04les envies
27:04de bricolage
27:05et tous les objets
27:06qui finissent
27:07par y trouver refuge
27:08et après avoir installé
27:25l'intimité
27:26de son petit foyer
27:27vient le moment
27:28de se rouvrir au monde
27:29comme l'ont fait
27:31les parents de Christophe
27:32c'était quelque chose
27:35qui leur plaisait
27:35être dans une maison
27:38et en même temps
27:39être disponible
27:43vis-à-vis de leurs voisins
27:45ne pas être enfermé
27:47tout seul
27:47dans une maison individuelle
27:49donc c'était l'avantage
27:50pour eux
27:50de ce type de lotissement
27:52et donc comme c'était
27:54effectivement le printemps
27:55on était souvent dehors
27:57les voisins
27:58étaient tous
27:59en train d'aménager
28:00leur maison
28:00donc ils se donnaient
28:01des coups de main
28:02les uns les autres
28:03etc
28:03moi je participais aussi
28:05évidemment
28:05donc c'est fait
28:06qu'on a très vite fait
28:07connaissance
28:08ma mère étant en plus
28:10l'institutrice
28:11de leurs enfants
28:12pour certains
28:13donc ils ont eu
28:14très vite l'idée
28:15enfin c'était mon père
28:16surtout
28:16puisqu'il aimait bien
28:17organiser
28:18des événements
28:20festifs
28:21et donc
28:23a été
28:24lancée
28:26l'idée
28:26de faire
28:27une fête
28:28des voisins
28:29donc
28:29très rapidement
28:31on a eu
28:43la chance
28:43de tous
28:45bien s'entendre
28:45dès le départ
28:46et donc
28:47il y a
28:48des fêtes
28:49de voisinage
28:50qui se sont faites
28:51voilà
28:52sur des pâtés
28:53d'une dizaine
28:54de maisons
28:54parce qu'il y en a
28:55quand même
28:55133 au total
28:56donc ça fait
28:57quand même
28:58assez grand
28:58mais ce qui a du bien
29:00c'est que même
29:00si on est dans
29:01un lotissement
29:02ça a été conçu
29:04de telle façon
29:04qu'on n'est jamais
29:05de vis-à-vis
29:06on n'est jamais
29:07voilà
29:08ça plonge pas
29:10chez nous
29:10on peut être
29:11tranquille
29:11dans le jardin
29:12un peu
29:12voilà
29:12il faut être très clair
29:14si on est venu
29:14dans le pavillonnaire
29:15c'est pour vivre sa vie
29:17et on n'a pas envie
29:19que l'autre
29:20intervienne
29:21dans ma vie
29:22je suis chez moi
29:23dans mon pavillon
29:25et mon voisin
29:25je l'aime bien
29:26s'il est sympa avec moi
29:28et qu'il ne vient pas
29:29de façon intempestive
29:30s'inviter dans ma vie
29:31s'il ne vient pas
29:32dans mes casseroles
29:33se mêler de mes affaires
29:35mais dans le pavillonnaire
29:36il y a
29:37il y a une sociabilité
29:38mais ce sont des normes
29:39de sociabilité
29:40qui ne sont effectivement
29:41pas celles
29:42d'un village
29:43où l'habitat
29:44est davantage regroupé
29:45en dehors même
29:46de ces petits événements
29:47c'est la vie
29:49dans un lotissement
29:50donc les mères de famille
29:52qui pour certaines
29:53ne travaillaient pas
29:54quand elles revenaient
29:57chercher leurs enfants
29:58à l'école
29:59que ce soit maternelle
30:01ou primaire d'ailleurs
30:01et en fait
30:03toutes les mères
30:04revenaient ensemble
30:05elles revenaient souvent
30:06avec ma mère
30:07donc elles discutaient
30:08elles prévoyaient
30:09de faire des choses
30:10le week-end
30:11etc
30:11et mes parents
30:13étaient des joueurs
30:15de tarot
30:16donc très vite aussi
30:17on a été organisé
30:18des soirées tarot
30:19auxquelles je participais
30:22quand j'étais là
30:23le week-end
30:24tout cela
30:31cette logique
30:32de pavillonarisation
30:34avec tous les acteurs
30:35va décider
30:36dans une assez large mesure
30:38de nos paysages
30:39de nos modes de mobilité
30:41de nos manières de vivre
30:43de nos manières
30:44d'être avec l'autre
30:45de nos manières
30:46de consommer
30:46de nos manières
30:47de vivre en famille
30:48parce que
30:50ce qui va aussi de pair
30:51avec la maison individuelle
30:53c'est l'idéal
30:54de la famille Ricoré
30:55dernière génération
30:59d'habitants pavillonnaires
31:00Anthony s'est installé
31:02aux Olières
31:03il y a 3 ans
31:04avec sa femme
31:04et leurs 2 enfants
31:05y trouver une maison
31:07n'a pas été simple
31:08l'habitat pavillonnaire
31:10a le vent en poupe
31:10depuis les années 80
31:11et les premières ceintures
31:13autour de Saint-Etienne
31:15sont aujourd'hui
31:16très convoitées
31:17c'est ici
31:18à l'Étrat
31:19que l'ancien citadin
31:20a découvert
31:21la vie pavillonnaire
31:22le fait d'être en lotissement
31:30c'est que malgré tout
31:31quand on est dehors
31:33quand on va jardiner
31:34les voisins passent
31:36on discute
31:36on s'échange des mots
31:37en appartement
31:39j'avais plus l'impression
31:40qu'on rentre chez soi
31:41et la porte se ferme
31:43et c'est terminé
31:44il y a moins ce lien
31:46on croise moins de personnes
31:47ici dans le lotissement
31:49on a le parc qui est juste là
31:51donc on rencontre
31:52plus facilement
31:53les personnes
31:54après c'est mon
31:55c'est mon expérience de vie
31:58qui dit ça
31:59on va aller faire du trampoling
32:20quand Robin est rentré à l'école
32:39on a découvert
32:42des nouvelles personnes
32:44grâce aux rencontres des parents
32:46à la sortie de l'école
32:47et après
32:50en organisant des petites soirées
32:53pour le lotissement
32:55c'est là où on a rencontré
32:58le plus de personnes
32:58finalement du lotissement
33:00bonjour
33:01bonjour
33:02vous allez bien ?
33:04c'est toute belle
33:05waouh
33:07c'est belle
33:08ça va ?
33:11oui
33:11ça va ?
33:13ça a été aujourd'hui ?
33:15ben oui
33:16la semaine est finie
33:17au week-end
33:18avec les voisins
33:19dont on est proche
33:21il y a de la solidarité
33:23et on se rend quelques services
33:25déjà pour la garde des enfants des fois
33:28puis même quand on a besoin d'aide
33:30pour des réparations
33:31on a toujours un voisin
33:32qui a quelques connaissances
33:33et qui peut venir nous aider
33:34on a créé un groupe Facebook
33:36qui permet de faire des demandes aussi
33:37sur ce groupe là
33:38où il y a plusieurs voisins
33:40qui ont
33:40qui ont commencé cette page
33:43et du coup
33:43on peut se donner
33:45un peu d'aide
33:46ou même quand il y a
33:47certains problèmes
33:48par exemple
33:49un chien errant
33:50ou des choses du genre
33:51on le signale
33:52et du coup ça permet aussi
33:53d'avertir tout le monde
33:54on pourra prendre l'apéro
33:56allez apéro
33:57allez c'est parti
33:57allez c'est parti
34:01ce sera bien là
34:07les enfants ils sont partis jouer en dos
34:09santé
34:10au moisin
34:10santé
34:12santé
34:12allez c'est parti
34:14santé
34:14au week-end
34:17mais pas pour tout le monde
34:18tiens tu fais la brocante
34:20celle là où on s'est connue
34:21ah oui c'est vrai
34:22c'est vrai que c'est là
34:23qu'on s'est connue
34:23la brocante
34:24tu peux acheter des trucs en plus
34:25en plus
34:26tu savais pas moi
34:26tu savais pas
34:27et puis c'est là
34:29qu'on a rencontré Clément
34:31qui nous a parlé du sport
34:32et du coup c'est grâce à elle
34:33qu'on s'est inscrites au sport
34:34c'est grâce à elle qu'on fait du sport
34:35c'est bien
34:36et des apéros
34:37et voilà
34:38oui parce que au sport
34:39vous faites vraiment du sport
34:40ou vous faites vraiment plus d'astéros
34:42on a des courbatures
34:43on fait du renfortissement musculaire
34:45pour de vrai
34:45tu as Toulouse là
34:46non c'est vrai
34:47ah bah d'accord
34:48non non mais c'est vrai que
34:51le fait d'aller à l'école à pied
34:52et tout
34:53on voit tous les parents
34:53c'est le parc surtout pour moi
34:54la proximité du parc
34:55au milieu du lotissement
34:56on se passe toujours au parc
34:57c'est comme ça qu'on s'est patiné au parc
34:58ouais
34:58le parc ça fait un prix
34:59les enfants ils jouent
35:00tu discutes
35:00dans toutes les communes
35:01il y aurait pas le parc
35:02devant l'école
35:02tu te croises
35:03alors qu'au parc tu restes
35:04ça de façon assez
35:08il n'y a pas encore ce lien
35:10avec les personnes un peu plus anciennes
35:11on n'a pas encore de truc
35:12c'est quoi
35:13il y a deux générations
35:19il y a la nouvelle qui s'installe
35:20et celle qui est là depuis le début
35:22et qui a connu
35:23les tout débuts du lotissement
35:24ils ont acheté
35:25c'est eux qui ont acheté
35:26les premières maisons
35:27quand le terrain il était
35:28il était nu quoi
35:30donc là c'est vrai que ça fait
35:32deux générations qui se croisent
35:38toute une vie s'est inventée
35:43dans ces lotissements
35:44tissés autour des espaces communs
35:46imaginés par les anciens
35:47et améliorés par les plus jeunes
35:48pour que ça fonctionne
35:50il a fallu s'organiser
35:51et chacun d'eux a créé
35:53sa propre association syndicale
35:56une petite assemblée d'habitants
35:59qui fixe des règles
36:00pour que le voisinage tienne debout
36:02hauteur des haies
36:04bruit
36:04potager
36:05les lagages
36:06entretiens des chemins
36:07et des espaces partagés
36:09avec le temps
36:10ces règles ont permis
36:11de créer des usages communs
36:13pour apprendre à vivre ensemble
36:15et désormais
36:16les gens se croisent
36:17se parlent
36:19et se reconnaissent
36:20les zones pavillonnaires
36:21ne sont pas uniquement
36:22des espaces
36:23où les gens sont uniquement
36:24chez eux
36:25repliés chez eux
36:26je vous emmène
36:27imaginons partons
36:28dans un lotissement
36:29où vous avez une place
36:31avec un tilleul
36:32qui a 40-50 ans
36:34et ce tilleul
36:35en fait il fait identité
36:37c'est pas seulement un arbre
36:39c'est pas seulement un tilleul
36:40c'est notre tilleul
36:42c'est notre arbre
36:43et on y tient
36:44parce qu'on le voit
36:45depuis longtemps
36:45il structure le paysage
36:47et là on voit en effet
36:49qu'il n'y a pas
36:51une vie de village
36:51mais qu'il y a des sociabilités
36:53émergentes
36:54ici ou là
36:55par exemple
36:55on peut aller chercher
36:56des médicaments
36:57pour des voisins
36:58qui vivent encore
36:59dans leur maison
36:59mais qui ont 80 ans
37:00on peut leur rendre
37:01quelques services
37:02et on voit des sociabilités
37:04ma mère allait jouer
37:24concarte
37:25deux fois par semaine
37:27et quand je ne pouvais pas y aller
37:28j'avais découvert
37:30qu'il y avait une navette
37:31qui était organisée
37:33par la mairie
37:34qui emmenait
37:34les personnes âgées
37:35qui n'avaient pas
37:36de moyens de déplacement
37:37qui les amenait
37:39donc au club
37:39et puis quand j'ai vu
37:40qu'ils demandaient
37:41de nouveau des bénévoles
37:42j'ai fait candidature
37:45et donc depuis
37:47je m'occupe
37:47de cet aspect là
37:49la plupart du temps
37:55ce sont des personnes
37:55qui avant
37:56étaient autonomes
37:57parce que la dame
37:58elle m'expliquait
37:59qu'un peu comme ma mère
38:00elle prenait de l'âge
38:02et que sa fille
38:03ne voulait plus
38:04qu'elle prenne la voiture
38:05donc voilà
38:07ce sont des personnes
38:07comme ça
38:08ou des personnes
38:08qui ne peuvent pas
38:10du tout se déplacer
38:12qui n'ont pas de voiture
38:13tout simplement
38:14Quand on achète
38:21à 30 ans
38:21on est plein de fougue
38:24normalement
38:25mais quand on arrive
38:27à 70 ans
38:28voire plus
38:30et bien le pavillon
38:31commence à peser
38:32aussi parfois
38:33pour peu
38:34que vous soyez
38:34un peu éloigné
38:35du centre-ville
38:36et je vois
38:37des gens
38:38qui souhaitent
38:40vendre leur pavillon
38:41à contre-coeur
38:42mais pour venir
38:43habiter
38:44dans l'habitat
38:44vertical
38:45mais en centre-ville
38:47parce qu'on est près
38:48de la poste
38:49on est près du médecin
38:50on est près du kiné
38:51on est près de
38:52si vous voulez
38:53c'est un cheminement
38:56qui existe
38:57qu'il ne faut pas négliger
39:00Dans le pavillonnaire
39:08il y a quand même
39:10de l'ostentation
39:11parce qu'en fait
39:12le sens de la vue
39:14est très aiguisé
39:14parce qu'on regarde
39:15on se regarde
39:16sans véritablement
39:17voir son voisin
39:19mais n'empêche
39:20qu'on regarde
39:20son jardin
39:21sa voiture
39:22etc
39:22la vie pavillonnaire
39:24la vie pavillonnaire
39:25elle est synonyme
39:26de réussite sociale
39:27et de bien-être
39:28lorsqu'on a les moyens
39:30de bien entretenir
39:31sa maison
39:31et que finalement
39:32l'univers matériel
39:33qui nous entoure
39:34parle favorablement
39:35pour moi
39:35il dit des choses
39:36de moi
39:37et c'est très agréable
39:38mais dès lors
39:39qu'effectivement
39:39les choses autour de moi
39:41ne disent pas
39:42des choses favorables
39:43à mon propos
39:44parce que
39:45la porte d'entrée
39:47en mauvais PVC
39:48qui est jaunie
39:49par la lune
39:49où le soleil
39:50elle dit
39:50que je n'ai pas
39:51à 2000 euros
39:51sur un livret A
39:52que finalement
39:53je suis
39:54parmi les pauvres
39:57dans l'univers pavillonnaire
39:58et bien la vie
39:59la pavillonnaire
40:00elle est beaucoup
40:00moins drôle
40:01Oh !
40:07Tu ne peux pas
40:07le faire taire
40:07ton chien ?
40:10Et toi
40:10ta télé
40:11tu crois que
40:11je ne l'entends pas ?
40:13Hé !
40:14N'écarte pas
40:14ta voiture
40:15devant chez moi
40:15Oh !
40:19Pas de 12 de dimanche
40:20Écris dans le règlement
40:21Mais le règlement
40:24il y en a qui s'en foutent
40:25trop content
40:26d'être bien tranquille
40:27chez eux
40:28car dans la vie pavillonnaire
40:30tout n'est pas aussi idyllique
40:31que dans une série américaine
40:33et derrière ces petites haies
40:35peuvent aussi se vivre
40:36l'isolement
40:37une vie à crédit
40:38ou une proximité conflictuelle
40:40à un moment donné
40:47certaines communes
40:49ont fait
40:49beaucoup trop
40:50de lotissement individuel
40:52le lotisseur
40:53c'est un peu
40:53comme un tailleur
40:54il essaye
40:55de prendre
40:56le meilleur
40:58de la surface
40:58qu'il peut utiliser
40:59pour revendre
41:00ensuite
41:01vous vous retrouvez
41:02avec les problèmes
41:02parce que
41:03les problèmes de voisinage
41:04c'est le maire
41:05qui les a derrière
41:06mon voisin
41:07il fait du barbecue
41:08tous les jours
41:09or la fumée
41:10elle vient chez nous
41:11j'ai eu beaucoup
41:15de problèmes
41:16de voisinage
41:17à cause
41:17justement
41:18des zones pavillonnaires
41:19un peu trop denses
41:39nous devons désormais
41:53l'affirmer de façon claire
41:54le modèle
41:56à l'ancienne
41:56du pavillon
41:57avec jardin
41:58dont on peut faire le tour
41:59n'est plus soutenable
42:00et nous mène
42:01à une impasse
42:02ce modèle d'urbanisation
42:03qui consacre
42:05chaque espace
42:05à une fonction unique
42:07qui dépend de la voiture
42:08pour les relier
42:09est désormais dépassée
42:11mais voilà
42:15ce modèle autrefois
42:16encouragé
42:17fait aujourd'hui débat
42:18face aux enjeux climatiques
42:20et à la lutte
42:21contre l'artificialisation
42:23des sols
42:24le pavillon
42:24est devenu le symbole
42:25d'un habitat jugé
42:26moins soutenable
42:27à grande échelle
42:28certains médias
42:29résumant même
42:30le périurbain
42:31à des romponts
42:32peu esthétiques
42:33à travers ce discours
42:34c'est une façon d'habiter
42:36qui est questionnée
42:37trop énergivore
42:38avec une ou deux voitures
42:40une piscine
42:41et une consommation
42:42dépendante des supermarchés
42:43une vision parfois caricaturale
42:46étant donné
42:47la diversité des parcours
42:48de cette classe moyenne
42:49c'est qu'à partir du moment
42:57où les discours politiques
42:58stigmatisent
43:01montrent du doigt
43:02les habitants
43:03des maisons individuelles
43:05pour finalement
43:06mettre en avant
43:07une prétendue
43:08irresponsabilité écologique
43:10par exemple
43:10il est sûr que là
43:12on crée des effets
43:12des effets
43:14et de la colère
43:15et du ressentiment
43:17et un ressentiment
43:18à nouveau
43:18très exprimé
43:19et fort
43:19et donc là
43:21il faut faire très attention
43:22parce qu'on ne peut pas
43:24dire à des gens
43:24la maison individuelle
43:27c'était un idéal
43:28résidentiel
43:29et pendant 40 ans
43:30finalement on a tout fait
43:31pour vivre en maison
43:31et maintenant on ne peut pas
43:32leur dire
43:33que cette forme d'habitat
43:34finalement ce n'est pas
43:36celle qui est légitime
43:37ce n'est pas celle
43:38qui est acceptable
43:39et que ce n'est pas là
43:40qu'il faut vivre
43:41ce n'est pas possible
43:42parce que personne
43:43ne peut l'entendre
43:44donc il faut être prudent
43:45il faut être prudent
43:46et il ne faut pas regarder
43:48la diversité
43:51du monde pavillonnaire
43:53à partir aussi
43:55d'un regard urbano-centré
43:57on ne leur avait pas dit
44:02à la signature
44:02qu'habiter une maison
44:04pouvait consommer
44:04plus d'énergie
44:05et encore que
44:07certes
44:08la voiture reste indispensable
44:10pour aller travailler
44:11accompagner les enfants
44:12acheter du pain
44:13mais surtout en semaine
44:14le week-end
44:16beaucoup préfèrent profiter
44:17de la campagne environnante
44:19et de leur jardin
44:20loin d'être
44:21une impasse écologique
44:22Georges Caligaris
44:23prend plaisir
44:24à observer les oiseaux
44:25revenus se nicher
44:26dans les haies plantées
44:27il y a 40 ans
44:28et pour la nouvelle génération
44:30le mode de vie pavillonnaire
44:32s'accompagne
44:33d'une prise de conscience écologique
44:35je pense qu'aujourd'hui
44:38l'écologie
44:38c'est la priorité
44:39numéro une
44:40en fait
44:40pour tout le monde
44:42même si certaines personnes
44:43ne sont pas encore dedans
44:45mais
44:45il faut qu'on fasse attention
44:46à notre mode de consommation
44:49à
44:49comment
44:51comment justement
44:53on se déplace
44:53c'est aussi pour ça
44:54que
44:54moi j'essaie de me déplacer
44:56plus en transport en commun
44:57ou en vélo
44:58quand on a acheté la maison
45:01on a fait l'isolation
45:02remplacement des fenêtres
45:04etc
45:04c'est pareil
45:04c'est un côté
45:06c'est aussi pour l'écologie
45:07on a mis les panneaux solaires
45:09pour essayer de moins
45:10consommer aussi
45:10d'électricité
45:11il y a plein de petites choses
45:14qu'on essaye de faire
45:15en fait j'ai même du mal
45:17à voir comment ça peut être
45:19plus
45:20consumériste
45:22ou énergivore
45:23qu'une vie citadine
45:25nous on n'a pas fait le choix
45:27de dire qu'une fois par semaine
45:28on va chercher notre drive
45:29quand on a commencé nos investigations
45:52pour trouver notre logement
45:54on a visité cette maison
45:57et ce qui nous a vraiment
45:59vraiment
45:59plu
46:01au premier abord
46:02c'est quand même le cadre
46:04c'est à dire
46:05que le premier coup de coeur
46:06on l'a eu
46:07quand on s'est posé dans le jardin
46:08et qu'on a regardé le paysage
46:10et qu'on s'est dit
46:10avoir accès à ça
46:12au quotidien
46:13ça peut être quand même
46:14plutôt pas mal
46:15on l'oublie
46:18tout pavillon n'est pas
46:20un lotissement périurbain
46:21certains se nichent à la campagne
46:23et peuvent devenir le cadre
46:25d'un mode de vie
46:26plus attentif à son environnement
46:27c'est ce choix
46:29qui a poussé
46:30cette native de Saint-Chamond
46:31à installer sa famille
46:32dans un village classé
46:33où quelques pavillons
46:35se sont construits
46:36sur des terres agricoles
46:37peu productives
46:38ici
46:39perdu dans le pilat
46:40pas de promiscuité
46:42pas de regard caché
46:43derrière les haies
46:44mais l'opportunité
46:45de vivre autrement
46:46télétravail
46:47échange avec les habitants
46:49et un jardin
46:50pas trop manucuré
46:51mais où la nature
46:52reprend ses droits
46:53un lieu que l'on cultive
46:55et qui nourrit
46:56loin des tentations
46:58de la ville
46:58moi je trouve
47:03que c'est nourrissant
47:03d'avoir du verre
47:05autour de nous
47:06d'avoir de l'espace
47:07d'avoir un cadre
47:09qui est agréable
47:10je trouve que c'est nourrissant
47:11en fait sur notre espace
47:16de résidence
47:17on a quand même
47:18un terrain
47:19donc sur ce terrain
47:20quand on est arrivé
47:22il était déjà bien arboré
47:23il y a quand même
47:24un peu de végétation
47:25donc on le fait évoluer
47:26c'est pareil
47:26ça aussi c'est de l'investissement
47:28on parlait des travaux intérieurs
47:29mais on a planté
47:30quelques arbres
47:30on a mis un peu
47:31des arbustes
47:32ce genre de choses
47:32donc ça évolue
47:33quand même pas mal
47:34on a mis les poules
47:36mais ce terrain là
47:38c'est un extérieur
47:42qui nous appartient
47:43et qu'on fait vivre
47:44au même titre
47:45qu'on fait vivre la maison
47:46pour moi
47:56c'était une des appréhensions
47:58que j'avais
47:58en m'installant
47:59sur Sainte-Croix
47:59parce que j'ai jamais vécu
48:01dans un aussi petit village
48:02on est 400 habitants
48:03il me semble à peu près
48:04et par contre
48:06c'est la vraie bonne surprise
48:07parce que
48:08super relation
48:09avec nos voisins
48:09ça fait partie aussi
48:17des points
48:17que je trouve super ici
48:19c'est quand je descends
48:19au magasin
48:20je vois
48:21les producteurs
48:22que je connais
48:23donc il y a toujours
48:24un peu de papotage
48:25je vais y aller en vélo
48:25je vais y aller avec mon chien
48:26avec mon fils
48:27je vais en faire
48:28presque une balade
48:30peut-être que je vais
48:31faire le petit tour avant
48:33cette légèreté
48:37d'approvisionnement
48:38ça a vraiment apporté
48:39du confort je trouve
48:40en tout cas
48:41une notion d'agréable
48:43dans le quotidien
48:44il me reste un au grain
48:46et sinon le reste
48:46c'est de nature
48:47nature c'est très bien
48:48il y a un référentiel urbanistique
49:00qui a été mis en oeuvre
49:03politiquement
49:04économiquement
49:06financièrement
49:07qui a mis en valeur
49:10la maison individuelle
49:12qui repose sur l'étalement urbain
49:14sur l'explosion
49:15de la ville
49:16qui sort de ses limites historiques
49:18et qui s'étale
49:19de plus en plus loin
49:20aujourd'hui
49:21cela est remis en cause
49:23et ça c'est normal
49:24dans l'histoire des idées
49:25des pratiques
49:25c'est normal
49:26et moi je trouve
49:27qu'on voit aujourd'hui
49:28des initiatives
49:29tout à fait intéressantes
49:30de la part des habitants
49:32de la part des constructeurs
49:35et tout cela est vraiment
49:36fascinant aujourd'hui
49:38moi je trouve
49:38le pavillon se réinvente
49:43et plusieurs tentatives émergent
49:45comme à Roche-la-Molière
49:47où un nouveau chantier de logement
49:48semble avoir pris conscience
49:49des enjeux actuels
49:50plus de densité
49:52pour moins d'étalement
49:53sur place
49:55maires et constructeurs
49:56arpentent les rues en construction
49:58moi ce que je cherche
49:59en tant que maire
50:00c'est d'avoir une harmonie
50:01et qu'on retrouve
50:02un esprit village
50:03dans un ensemble
50:05donc on est
50:06dans ce qu'on appelle
50:07nous maintenant
50:08en termes d'urbanisme
50:09l'habitat intermédiaire
50:10c'est entre la pure individuelle
50:12et le collectif
50:13tel qu'on peut le voir
50:14et on va venir
50:15comme ça
50:16changer de densité
50:19au fur et à mesure
50:19qu'on avance
50:20encore moins dense
50:20pour aller se raccrocher
50:21au lotissement existant
50:23donc c'est un moyen
50:24entre les deux univers
50:25préexistants sur le terrain
50:27d'avoir une cohérence
50:27et une transition cohérente
50:29où tout le monde vit ensemble
50:30donc on a je dirais
50:31on a peut-être concilié
50:32avec l'habitat intermédiaire
50:33inconciliable
50:34et trouvé une forme
50:35qui permet
50:36de satisfaire
50:38et les contraintes écologiques
50:39et les demandes
50:40des consommateurs
50:41les pavillons ont apporté
50:44une réponse simple
50:44au problème du logement
50:45logés massivement
50:47tout en permettant
50:48de goûter aux rêves
50:49de la maison individuelle
50:51dans la Loire
50:52ils se sont développés
50:53sans créer
50:54ces étendues artificielles
50:55que l'on peut retrouver ailleurs
50:57les lotissements
50:58se sont greffés
50:59aux villes existantes
51:00pour dessiner
51:00des nouveaux quartiers
51:01où les habitants
51:02ont appris à vivre ensemble
51:03et peut-être qu'à l'avenir
51:05un café
51:06ou une petite épicerie
51:07viendront encore
51:09renforcer ce sentiment
51:10mais
51:11une question demeure
51:12il y aura-t-il
51:13de la place
51:13pour tout le monde
51:14car les problèmes
51:15de logement
51:16persistent
51:16et l'urbanisme
51:17va devoir encore
51:19se réinventer

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