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Cinéma et Série TV : Mr T l'Histoire vraie derrière la légende des années 80 !

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Transcription
00:00Il existe des visages qui ne disparaissent jamais, des silhouettes tellement fortes qu'elles traversent les décennies, les modes et même nos propres souvenirs.
00:08Et parmi toutes les légendes de la télé, parmi tous les héros des années 80, il y en a un qui domine encore tout le monde.
00:16Un seul, un homme qui n'avait rien d'un acteur, un homme qui n'avait rien demandé à Hollywood, un homme que la vie avait déjà forgé bien avant les caméras.
00:25Et pourtant, il a explosé à l'écran, il a marqué des générations entières et il reste même encore aujourd'hui inimitable.
00:34Cet homme, c'est Mr. T.
00:37Pronostique ?
00:38Oui, votre pronostique.
00:41Une boucherie.
00:43Son histoire ressemble à un mythe moderne, né dans un des quartiers les plus durs de Chicago, devenu soldat, videur, combattant,
00:50puis icône mondiale grâce à un concours télé improbable, avant d'atterrir dans Rookie 3, puis dans la série qui changera toute sa vie, l'agence tout risque.
00:59Mais derrière les chaînes en or, la crête, les punchlines et les jouets vendus par millions, il y a une histoire beaucoup plus humaine.
01:07Une histoire faite de combats, de survies, d'épreuves, d'effacements, puis de résurrections.
01:12Je t'assure que c'était de la pure magie. Tu as réglé ce moteur d'une façon, on aurait dit, un chirurgien en train d'ouvrir le cuir d'un enfant pour le sauver, vois-tu ?
01:22Le miracle de la technique alliée à une grande humanité. Je vous prends un témoin, avez-vous déjà vu une réussite aussi étonnante qu'un réglage de carburateur fait uniquement au son du moteur ?
01:32Ça exige de la part du maître une finesse d'oreille comme celle de Toscani.
01:35Lo Bing, attends.
01:36Alors aujourd'hui, on va aborder l'ascension spectaculaire d'un homme qui n'aurait jamais dû devenir célèbre, et qui pourtant est devenu une véritable légende.
01:44Vous êtes sur Archeo Toys ? Abonnez-vous, lâchez votre meilleur pouce bleu, bienvenue dans l'histoire de Mr. T.
01:52Et cette vidéo vous est présentée par Ruby Genki.
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02:24mais en plus, Ruby Genki, c'est aussi une chaîne YouTube, des contenus sur TikTok ou sur Instagram, avec des reviews et des news, et un accent franglais inimitable.
02:35Évidemment, si vous êtes frileux à commander sur un autre continent, pas d'inquiétude, car le SAV est intégralement dans la langue de Bernard Minet.
02:44C'est bientôt Noël, le moment de se faire plaisir, alors n'attendez plus et allez jeter un coup d'œil chez Ruby Genki, vos vitrines vous diront merci.
02:54Mais trêve de réclame, revenons à Mr. T.
02:57Nous sommes en 1984 et Laurence Thurault est au sommet de sa gloire.
03:02Il est plus qu'une simple célébrité, c'est un phénomène culturel.
03:07Depuis Rocky III, son visage est devenu une arme marketing.
03:10Depuis l'agence tout risque, son personnage est un modèle pour les enfants, un héros pour les ados, et une caricature impossible à oublier pour les adultes.
03:19Mais en ce milieu des années 80, sa popularité dépasse toutes les frontières.
03:25Le monde est littéralement en train de basculer dans la Mr. T-mania.
03:29Et la preuve la plus folle de cette explosion, c'est sans aucun doute le dessin animé à sa gloire, diffusé par NBC.
03:35Dans cette série, Mr. T joue le coach de gymnaste qui doit résoudre des enquêtes façon Scooby-Doo.
03:42C'est souvent absurde et tellement kitsch que ça en devient magnifique.
03:46Surtout restez en dehors de ceci, nous allons arrêter tous ces bandits.
03:50L'animation est totalement aux fraises, mais il profite tout de même d'un chara-design signé Jack Kirby, le co-créateur de Captain America ou des 4 Fantastiques.
03:59Chaque épisode se terminera par une leçon de morale que Mr. T livre face caméra, comme un grand frère entouré de millions d'enfants.
04:07Et le cartoon va se vendre partout, y compris en France, où on pourra le voir sur Canal+.
04:13Bien sûr, quand ça fonctionne à la télé, le merchandising finit par suivre.
04:18Les jouets Mr. T envahissent le marché avec des figurines galoubes, mais aussi des miniatures, des sets de déguisement, des céréales, des lunchboxes, des posters, des puzzles.
04:29Bref, tout ce qu'on peut ranger dans un rayon jouet.
04:32Une génération entière va grandir avec l'appétit d'un barracuda.
04:36Mais Mr. T n'est pas juste un produit, il devient un héros éducatif.
04:41On peut le voir dans certaines séries pour enfants, comme Arnold et Willy, avec encore une fois un message moral derrière les muscles.
04:47Et c'est là qu'il va interpréter des chansons comme Treat Your Mother Right, un titre où il chante vraiment l'importance de respecter sa maman.
05:07Comme au même moment, les Etats-Unis sont en plein mouvement contre la drogue,
05:11les administrations scolaires, des associations parentales et même certaines institutions vont utiliser son image pour dissuader les ados de toucher à quoi que ce soit.
05:21Mr. T tournera dans plusieurs spots, toujours avec cette intensité, ce pointage de doigts et ce « don't do drugs fool » qui va devenir un mantra culturel.
05:30Il est même convié à l'arbre de Noël de la Maison Blanche par Nancy Reagan, qui n'hésitera pas à se faire prendre en photo sur ses genoux.
05:38À ce moment-là, on pense qu'il a atteint le sommet.
05:41Mais non, ce n'est que le début.
05:43Parce qu'en 1985, une industrie totalement différente va venir frapper à sa porte.
05:49Une industrie qui aime les muscles, les personnalités plus grandes que nature et les publics prêts à hurler le nom de leur héros.
05:54Il s'agit évidemment de la WWF.
05:58Parce que cette année-là, Vince McMahon organise Weston Mania, un show gigantesque censé révolutionner le catch américain.
06:07Et il veut des stars, il veut du spectacle, il veut des visages connus même par ceux qui ne regardent pas le catch d'habitude.
06:14Alors rien de surprenant s'il veut Mr. T.
06:17Ce dernier accepte, mais à une seule condition.
06:20Qu'on respecte son image.
06:22Il refuse les moqueries, il refuse la parodie, il veut être traité comme un vrai combattant.
06:27Résultat, Mr. T monte sur le ring en équipe avec Hulk Hogan, à l'époque la plus grande star du catch.
06:34Le duo va devoir affronter Roddy Piper et Paul Ornoff.
06:38Un match énorme, diffusé dans le monde entier, qui va aider la WWF à franchir un cap historique.
06:44L'année suivante, il revient pour la deuxième édition, cette fois-ci dans un match de boxe face à Roddy Piper.
06:50Et la tension est réelle.
06:52Les coups sont parfois même un peu trop vrais.
06:54Et cette rivalité restera l'une des plus mémorables de l'histoire du catch.
06:57Mais avant d'être ce phénomène planétaire, cette mascotte des années 80, ce visage qui envahit les jouets, les pubs, les rings et les écrans, il y a eu un enfant.
07:07Un enfant qui n'avait rien d'un héros de cartoon.
07:09Laurence Thurow est née le 21 mai 1952 à Chicago, dans le South Side.
07:15Un quartier où on l'apprend très vite à être vigilant et à survivre.
07:18Il est le plus jeune d'une fratrie de 12 enfants, élevé par une mère seule, après le départ de son père, un pasteur, quand il avait 5 ans.
07:26La pauvreté fait donc partie de son quotidien.
07:28Mais aussi une forme de discipline, de foi.
07:31Et cette idée que pour s'en sortir, il va falloir travailler deux fois plus que les autres.
07:34A l'école, Laurence s'accroche.
07:37Il se distingue dans plusieurs sports, comme le football, la lutte, le judo.
07:40Pas parce qu'il rêve de devenir un athlète professionnel, mais parce que le sport, c'est la seule zone où tout est clair.
07:46On travaille, on progresse.
07:48C'est simple, c'est direct et c'est plutôt rassurant.
07:51Mais il n'est pas encore Mr. T.
07:53Ça, ça va venir plus tard.
07:55En effet, une fois adulte, il va décider de changer de nom.
07:58C'est que Laurence décide que plus de personne ne l'appellera Boy.
08:02Un adjectif humiliant, encore courant à l'époque, pour interpeller un homme noir.
08:06Le fait que son père, et même son propre frère, pourtant vétéran du Vietnam, continue à être traité comme des enfants, le rend malade.
08:13Il veut que son nom impose instantanément le respect.
08:15Il veut qu'on l'appelle Monsieur.
08:17Alors, il va choisir un titre qui met fin à toute ambiguïté.
08:22Mr. T.
08:23Ce nom servira de bouclier.
08:25Et après de très courtes études de mathématiques, qu'il abandonne au bout d'un an,
08:29il s'engage dans l'armée et sert dans la police militaire.
08:32À sa sortie, il tente de se faire engager dans une équipe de football américain,
08:36mais une blessure aux genoux l'empêche d'être recruté.
08:39Alors, il part travailler comme videur, où il va affronter des centaines de bagarreurs,
08:44et devient rapidement une légende locale.
08:46Non seulement il lutte contre les dealers, mais aussi contre tous ceux qui s'en prennent à des enfants ou des femmes.
08:51Et sa signature la plus clinquante restera évidemment sa montagne de chaînes en or.
08:57La légende raconte que quand il travaillait comme portier dans les bars,
09:00les nuits étaient longues, bruyantes et souvent très violentes.
09:03Alors au milieu des bagarres, parfois les clients perdaient des bijoux.
09:06Une chaîne qui casse, un pendentif qui vole, un collier qui tombe après une expulsion.
09:10Et la règle du club était simple, ce qui n'était pas réclamé restait dans un tiroir.
09:14Et personne ne revenait jamais.
09:15Alors, un soir, pour rire, ou peut-être pour provoquer,
09:20Mr. T la met autour de son cou.
09:22Une chaîne, puis deux, puis dix.
09:24Pas vraiment pour frimer, mais plutôt comme une sorte d'inventaire ambulant.
09:27Si quelqu'un veut récupérer sa chaîne, il n'a qu'à venir la demander.
09:31Est-ce qu'il n'était au départ qu'une blague de videur va devenir un look, un style, une signature ?
09:36Les chaînes qu'il portera à Hollywood un peu plus tard sont les descendantes directes de ces nuits-là.
09:40Des trophées de bagarres, des fragments d'un passé rude, le tout transformé en icône.
09:46Et comme si ce n'était pas déjà suffisant, il ajoute un autre signe distinctif.
09:50La crête, inspirée des coupes de cheveux de guerriers mandingues,
09:54qu'il découvrira dans une revue consacrée à l'histoire africaine.
09:57Cette coiffure, elle raconte une histoire, une fierté, une identité.
10:01Il ne veut pas ressembler à tout le monde, il veut ressembler à lui-même.
10:04Et avec son nouveau nom, son look unique, ses chaînes, sa crête, et ses épaules taillées pour le combat,
10:10Mister T va trouver un métier qui semble fait pour lui.
10:14Garde du corps.
10:15Et pas n'importe lequel.
10:17Pendant des années, il est l'ombre derrière certaines des plus grandes stars.
10:20Michael Jackson, Diana Ross, Mohamed Ali, et même des personnalités politiques ou des juges fédéraux.
10:27Certains le contactent pour retrouver une personne disparue, et d'autres parfois même pour en faire disparaître.
10:32Ce n'est donc pas juste un videur, c'est une force tranquille, méthodique, respectée, et parfois redoutée.
10:39Ce qui fait que quand la télévision finit par tomber sur lui, elle ne découvre pas un acteur.
10:44Elle découvre un mythe prêt à exploser.
10:47Un soir, alors que Sylvester Stallone cherche un adversaire crédible pour son prochain film,
10:52il tombe sur un programme télé étrange.
10:55Une sorte de télé-réalité opposant des villes dans des épreuves de force.
10:59Et parmi celles-ci, une compétition de videurs.
11:04Des montagnes humaines qui s'affrontent à base d'intimidation et de force brute.
11:08Et au milieu de ces géants, Stallone remarque un regard, un ton, une présence.
11:15Il ne sait pas encore que ce videur s'appelle Laurence Thuraud.
11:18Il sait juste une chose, c'est lui.
11:21C'est exactement l'homme qu'il cherchait pour incarner Cleber Lang.
11:24Stallone fait donc contacter Mr. T pour une audition, et là, tout bascule.
11:29Mr. T arrive sans rien jouer.
11:32Il n'improvise pas son personnage, il l'est le personnage.
11:35Quand il parle, on entend la rue.
11:38Quand il avance, on voit la puissance qu'il dégage.
11:41Et quand il regarde Stallone, il ne joue pas la menace, il l'incarne.
11:46Le tournage de Rocky III commence donc en 1981.
11:49Et Mr. T impressionne non seulement pour son physique, mais aussi par son sérieux.
11:54Pas d'ego, pas de caprice.
11:56Il a la discipline d'un ancien soldat, l'endurance d'un athlète,
11:59et la dureté d'un type qui a passé des années à calmer des bagarres dans des clubs mal fréquentés.
12:05Et puis, il y a une réplique qui va devenir la sienne pour la vie entière.
12:09I pity the fool.
12:11Je plains ce fou.
12:12Dans la version française, elle n'est pas traduite de manière littérale.
12:15Mais de l'autre côté de l'Atlantique, elle va devenir un véritable slogan.
12:19Lorsque Rocky III sort en 82, c'est donc une déflagration.
12:22Le monde entier découvre ce combattant agressif, explosif et pourtant fascinant.
12:28Non, je crache sur ce défi parce que Balboa n'est pas digne de moi.
12:32Mais je suis prêt à lui taper sur la gueule une deuxième fois.
12:34Clubber Lang n'est pas juste un méchant.
12:36Non, il est une force, une puissance brute qui déborde de l'écran.
12:40Et contre toute attente, le public l'adore.
12:43Rocky III dépasse les 270 millions de dollars au box-office.
12:47La bande son envahit les radios.
12:49Et les magazines veulent interviewer cet acteur inconnu au look incroyablement stylé.
12:53Soudain, en quelques semaines, Mr. T passe de videur à Star International.
12:57Mais ce rôle-là, aussi énorme soit-il, n'est qu'un tremplin.
13:01Parce que ce que Mr. T ne sait pas encore, c'est qu'il est sur le point d'obtenir le rôle de sa vie.
13:06Un rôle qui va faire de lui une icône planétaire,
13:09imprimée sur des millions de posters, de boîtes de jouets, de cartables.
13:13A l'horizon 1983, une série arrive comme une bombe.
13:16The A-Team.
13:17En français, l'agence tout risque.
13:21J'adore quand un plan se déroule sans accro.
13:25Nous sommes dans une époque où NBC cherche désespérément un hit d'action pour remonter dans les audiences.
13:30La chaîne demande donc aux créateurs Stephen Canel et Frank Lupo un concept explosif, simple et surtout fun.
13:37Ce n'est pas pour rien si le pitch ressemble à un fantasme de vidéoclub.
13:40Un mélange des doux salopards, de missions impossibles, de films de commando, de western,
13:45mais avec une touche d'humour et un élément décisif, la présence de Mr. T.
13:51Le résultat, c'est une série qui va devenir un phénomène.
13:54Quatre anciens soldats d'élite, injustement accusés d'un crime qu'ils n'ont pas commis pendant la guerre du Vietnam,
14:00évadés de prison et vivant dans la clandestinité en offrant leur service à ceux que personne ne peut aider.
14:06Chaque semaine, ils arrivent dans une ville, rencontrent les intimidateurs locaux,
14:11se font tabasser une première fois, puis reviennent avec un plan et font tout exploser.
14:16Les quatre héros deviennent cultes, il y a Hannibal Smith, le chef stratège, champion des déguisements et des plans tordus,
14:23Futé, le beau parleur, le manipulateur élégant,
14:27Looping, le pilote drôle, imprévisible et surtout rendu fou par ses traumas pendant la guerre,
14:33et enfin, Barracuda.
14:35Il est le cœur, les muscles, l'âme de la série, un mécanogénie, colosse au regard noir,
14:41qui construit à peu près tout, des voitures blindées, des mini-chars d'assaut, des lances-flammes improvisées,
14:47et quand il passe les portes d'une grange, on sait que les méchants vont souffrir.
14:51Mais par contraste, il est aussi celui qui protège les enfants,
14:54celui qui refuse qu'on s'en prenne aux faibles,
14:57bref, celui qui grogne, mais qui a un cœur énorme.
14:59Alors bien sûr, il y a cette barbe, ces bijoux, cette crête,
15:02mais les scénaristes rajoutent un élément qui restera légendaire,
15:05Barracuda a peur de l'avion.
15:08Et comme dirait Barracuda, lâche-moi l'eau, pauvre imbécile,
15:10au-dessus de mon passage, tu me caches mon soleil,
15:12pa, pa, pa, attention, je suis pas l'unier, moi, je vous ai reconnu,
15:16je vous rends le hamburger, pa, pa, pa, pa, l'avion, pa, pa, pa !
15:19Une phobie tellement ancrée que chaque épisode qui nécessite un déplacement par les airs devient un sketch.
15:23La solution ? On le drogue, littéralement.
15:26Un verre truqué, un cookie suspect, une seringue dans l'épaule,
15:31et Mr. T se réveille au sol, furieux, grognant, jurant qu'on ne l'y reprendra plus.
15:36Ah puis non, je comprends votre truc.
15:38En fait, vous étiez sûr que j'allais prendre d'abord ton hamburger,
15:42et tu me l'as donné, tu me l'as donné pour que personne d'autre le mange.
15:49Un drôle de running gag, surtout quand on sait que Mr. T multipliait les spots de prévention à la même époque.
15:54Quant au célèbre van, auquel Barracuda tient comme à la prunelle de ses yeux,
15:59il appartenait en réalité au producteur de la série,
16:01qui lui aussi refusait que les acteurs le touchent,
16:04raison pour laquelle les scènes dans l'habitacle seront tournées en studio.
16:07Alors bon, la formule de la série est plutôt répétitive,
16:11mais elle est surtout redoutablement efficace.
16:13Des musiques héroïques, un plan extravagant, une explosion finale,
16:17et quasiment zéro mort.
16:19Les voitures s'écrasent, les balles fusent,
16:22les méchants volent dans les airs,
16:23et tout le monde ressort simplement avec quelques traces de fumée.
16:27C'est une violence de cartoon, mais dans la vraie vie.
16:29Dès les débuts, les audiences sont colossales.
16:31Le premier épisode, diffusé après le Super Bowl,
16:34rassemble près d'un quart des foyers américains.
16:36Je ne sais pas si vous vous rendez compte.
16:38Et pendant trois saisons, la série figure parmi les favorites du pays.
16:41En France, elle deviendra l'une des séries les plus rediffusées des années 80 et 90.
16:46Et quand on regarde le phénomène,
16:47on se rend compte que ce succès repose sur quelque chose de simple,
16:50l'alchimie entre les quatre acteurs.
16:53Même si les tensions en coulisses renforcent la légende.
16:55En effet, George Pépar, d'allias Hannibal,
16:58ne s'entendait pas du tout avec Mr. T,
17:01notamment à cause de sa popularité montante auprès du jeune public.
17:04Mais bon, à l'écran, rien ne transparaît, c'est juste du fun.
17:08Sauf qu'une formule aussi efficace soit-elle, finit toujours par s'user.
17:12À partir de la saison 4, NBC observe une baisse régulière des audiences.
17:15La série commence à tourner en rond,
17:17les épisodes se ressemblent,
17:19et la télévision américaine évolue.
17:21Donc, pour sauver la franchise,
17:22NBC tente un pari risqué.
17:25Changer complètement le concept.
17:27Dans la saison 5, l'agence n'est plus clandestine.
17:29Ils sont capturés, puis recrutés par un mystérieux général,
17:34Stuckwell, qui va leur proposer un marché.
17:37Ils accomplissent des missions secrètes,
17:39quasi militaires,
17:40en échange d'une promesse de pardon.
17:42On introduit aussi un nouveau membre,
17:44souvent oublié,
17:45Frankie Santana,
17:46un spécialiste des effets spéciaux.
17:48Ils ne vivent plus dans des planques de fortune,
17:50mais dans une maison en Virginie.
17:51L'esprit de liberté, d'improvisation,
17:54de...
17:54On construit un tank dans une grange a disparu.
17:57Et ça, les fans n'accrochent pas.
17:59Alors, en 87, après 98 épisodes,
18:02NBC annule la série.
18:04Quand l'agence touriste s'arrête,
18:06c'est comme si quelqu'un avait coupé le courant.
18:08Pendant 5 ans,
18:09Mr. T avait été partout.
18:11Des jouets, des génériques, des publicités.
18:14Et du jour au lendemain,
18:16plus rien.
18:16L'équipe se disperse,
18:18et la télévision passe à autre chose.
18:19Mais Mr. T, lui,
18:21se retrouve face à un des moments
18:22que toutes les stars redoutent.
18:24Le vide après l'explosion.
18:26Alors, il refuse de disparaître.
18:29Il ne veut pas devenir
18:29le mec qui jouait Barracuda.
18:32Et dès l'année suivante,
18:33il accepte un nouveau rôle.
18:35Un rôle taillé pour lui.
18:37Un rôle qui pourrait relancer la machine.
18:39TNT.
18:40Sur le papier,
18:41tout est là.
18:42Il y incarne un ancien boxeur,
18:44accusé à tort,
18:45qui doit faire équipe avec une avocate
18:46pour défendre les innocents.
18:48Un justicier musclé,
18:50charismatique,
18:51guidé par un profond sens moral.
18:53Ça ressemble presque
18:54à la suite logique de sa carrière.
18:56Le tournage commence au Canada,
18:57loin du prestige des studios hollywoodiens,
19:00mais l'ambition est grande.
19:01Montrer un Mr. T plus humain,
19:03plus sérieux,
19:04moins cartoon.
19:06Malheureusement,
19:06dès les premiers épisodes,
19:08quelque chose sonne faux.
19:10La série n'a ni le budget,
19:11ni la folie,
19:12ni l'énergie de l'agence touriste.
19:15Les épisodes sont courts,
19:16les intrigues sont simplistes,
19:18et la réalisation manque de souffle.
19:20On voit bien que Mr. T essaye,
19:22qu'il y met du cœur,
19:23qu'il veut prouver qu'il peut jouer
19:25autre chose que Barracuda.
19:27Mais le cadre n'est pas
19:28à la hauteur de ses ambitions.
19:29Dans les journaux,
19:31peu de critiques s'y intéressent.
19:32Et le public, lui,
19:33ne suit pas.
19:35Les enfants ne comprennent pas
19:36ce Mr. T habillé en civil,
19:38sans vanne noire,
19:39sans explosion,
19:40sans camarade.
19:41Les adultes passent à côté,
19:43et ceux qui avaient aimé
19:44l'agence touriste
19:44disent que c'est trop sage,
19:46que ça n'a pas le même goût.
19:47Le pire, c'est que la production
19:49vacille encore plus
19:50quand l'un des distributeurs
19:51de la série fait faillite,
19:53en plein milieu de la diffusion.
19:54Alors, les épisodes existent,
19:56ils seront diffusés ailleurs,
19:58mais la machine est grippée,
19:59l'élan est brisé.
20:00TNT s'arrête en 1990,
20:03après seulement 3 saisons.
20:04Et pour Mr. T,
20:05cette deuxième annulation
20:06est encore plus silencieuse,
20:08encore plus douloureuse.
20:09Parce que cette fois-ci,
20:10ce n'est plus la série
20:11qui s'essouffle,
20:12c'est lui.
20:13Ou plutôt,
20:14c'est l'industrie
20:15qui n'a plus envie
20:15de lui laisser une place.
20:16Dans les mois qui suivent,
20:17les propositions se font plus rares.
20:19Il tend encore, bien sûr,
20:20quelques émissions,
20:21des caméos,
20:22des publicités.
20:23Mais les rôles principaux
20:24ne viennent plus.
20:25Hollywood, comme toujours,
20:26a besoin de nouveautés.
20:28Les années 90 arrivent
20:29avec leurs héros
20:30qui se veulent plus proches
20:31du réel.
20:32Mr. T, lui,
20:33reste fidèle à ce qu'il est.
20:34La crête,
20:35les plumes,
20:36les chaînes,
20:36la foi inébranlable
20:37en lui-même.
20:38Et c'est ça, paradoxalement,
20:39qui va le figer.
20:41Il est trop marqué,
20:42trop unique,
20:43trop années 80
20:44pour qu'on lui confie
20:44un nouveau personnage.
20:46Et ça, il le sait.
20:47Il le vit.
20:48Il voit bien les castings
20:49qui lui passent sous le nez.
20:50Et comme si ça ne suffisait pas,
20:52une épreuve autrement
20:53plus lourde l'attend.
20:54Une épreuve
20:55dont aucun scénariste
20:56aurait osé écrire la violence.
20:58En 1995,
20:59on lui diagnostique
21:00un lymphome des celluletés.
21:02Un cancer très agressif.
21:04La nouvelle tombe
21:04comme un coup de massue.
21:06Cela touche
21:06toutes les zones du corps,
21:07le système immunitaire.
21:09Et ce nom,
21:10les celluletés,
21:11forcément,
21:12il y voit
21:12une ironie terrible.
21:13Pour un homme
21:14dont l'identité
21:14est construite
21:15autour de la force physique,
21:16du contrôle,
21:17du dépassement,
21:18c'est une humiliation intime.
21:19Le corps sur lequel
21:20il a tout bâti
21:21se retourne contre lui.
21:22Et les traitements sont lourds.
21:24La chimiothérapie
21:24l'affaiblit.
21:25On le voit moins,
21:26puis plus du tout.
21:27Il n'y a plus de nouvelles séries,
21:29plus de jouets à son effigie,
21:31plus de missions
21:31pour un ancien héros
21:32de prime time.
21:33Le silence professionnel
21:34se mêle au combat médical.
21:36Deux fronts
21:36pour un seul homme.
21:37Et pour s'en sortir,
21:39Mr. T se raccroche
21:40à ce qu'il a toujours porté.
21:41Sa foi.
21:42Il parle beaucoup de dieu
21:43à cette époque.
21:44De destin,
21:45d'épreuve,
21:45de test.
21:46Il explique que la maladie
21:47l'a obligé à revoir
21:48ses priorités,
21:49à remettre de l'ordre
21:50dans ce que la célébrité
21:51avait trop vite bousculé.
21:52Pas de scandale,
21:53pas d'arrestation.
21:53Juste une lente disparition
21:55des radars.
21:56Une ombre qui s'éloigne.
21:58Et pourtant,
21:59malgré la maladie,
22:00malgré l'oubli,
22:01malgré les années qui passent,
22:03Mr. T n'est pas fini.
22:04Personne ne le sait encore,
22:06même pas lui,
22:07mais les années 2000
22:08vont lui offrir
22:09un retour totalement inattendu.
22:10Venu d'un endroit
22:11que personne n'aurait pu prévoir.
22:14L'Internet.
22:15Mais avant ça,
22:16il va opérer
22:17l'un des plus grands changements
22:18de sa carrière.
22:19En août 2005,
22:20l'ouragan Katrina
22:21frappe la Louisiane
22:22de plein fouet.
22:23Des centaines de milliers
22:24de personnes
22:24perdent absolument tout.
22:26Leurs maisons,
22:27leurs souvenirs,
22:27des vies entières.
22:28Les images tournent
22:29en boucle à la télévision
22:30avec des familles montées
22:32sur les toits,
22:33des quartiers entiers
22:33sous l'eau
22:34et des gens qui,
22:35littéralement,
22:36n'ont absolument plus rien.
22:38Mr. T,
22:39comme tout le monde,
22:39regarde ces images.
22:41Mais pour lui,
22:41ça déclenche quelque chose
22:42de profond.
22:43Il n'oubliera jamais
22:43le contraste violent
22:45entre ces familles dévastées
22:46et lui,
22:48la star des années 80,
22:50encore reconnaissable
22:51à ses kilos
22:51de chênes en or.
22:53Alors,
22:53après Katrina,
22:55il prend une décision radicale.
22:56Il arrête de porter
22:57ses chaînes
22:58et les met aux enchères
22:59au profit des sinistrés.
23:01Fini les montagnes de bijoux,
23:02fini l'armure dorée
23:03qui avait fait sa légende.
23:04Et ça,
23:05c'est un tournant.
23:06Pas seulement esthétique,
23:07un tournant moral,
23:09spirituel.
23:09En un geste,
23:11Mr. T tourne la page
23:12de son identité visuelle
23:13des années 80.
23:14Et cette décision,
23:15silencieuse mais lourde,
23:17révèle un homme
23:17qu'on connaissait finalement
23:18très mal.
23:19Quelqu'un de profondément moral,
23:21profondément croyant,
23:23profondément sensible
23:24à la souffrance des autres.
23:25Et pourtant,
23:26comme je l'ai dit,
23:27malgré cette sobriété nouvelle,
23:29malgré les années sombres,
23:31malgré sa maladie,
23:32Mr. T est sur le point
23:33de revenir.
23:34Les premiers forums,
23:35les premiers montages,
23:36les premiers mèmes
23:37vont permettre à Mr. T
23:39de devenir un nouveau cool.
23:40Son visage,
23:41sa barbe,
23:42sa crête,
23:42ses punchlines,
23:44tout est récupéré,
23:45remixé, détourné.
23:46I pity the fool
23:48devient un mème
23:49avant même qu'on utilise ce mot.
23:50Je suis Mr. T
23:51et voici mon elfe de la nuit punk.
23:54Coupez,
23:55Mr. T a pas d'elfe punk.
23:56La ferme crétin !
23:57Donc je disais.
23:59Mon punk fonce à travers
24:00d'immenses forêts
24:00sur son sabre de givre,
24:02mon punk.
24:02Pas punk,
24:03un guerrier.
24:04Eh ben peut-être
24:04que Mr. T a pas arrêté
24:05de jouer et créé
24:06la classe des punks.
24:07Peut-être que Mr. T
24:07est super bon en informatique.
24:09T'as pensé à ça,
24:10monsieur ?
24:10Je sais tout,
24:10je suis réalisateur.
24:11Je suis Mr. T
24:12et je suis un elfe
24:13de la nuit punk.
24:14Et toi,
24:14à quoi tu joues ?
24:15World of Warcraft,
24:16le numéro 1
24:17des jeux en ligne.
24:18Essayez-le gratuitement
24:19sur warcraft.fr.
24:21Et puis,
24:21en 2006,
24:22il obtient enfin
24:23un vrai projet télé.
24:24L'émission
24:25I pity the fool
24:26diffusée sur TV Land.
24:28Le concept ?
24:29Mr. T donne des conseils
24:30de vie,
24:31aide des gens
24:32à régler leurs conflits,
24:33répare les liens familiaux
24:35et encourage les plus faibles
24:36à retrouver confiance en eux.
24:38Ce n'est plus Barracuda,
24:39ce n'est plus Clubberlang,
24:40c'est Mr. T
24:41dans son rôle le plus humain.
24:43L'émission ne durera
24:43qu'une saison,
24:44mais elle montre
24:45quelque chose d'important.
24:46Il est encore là
24:47et il a encore
24:48des choses à dire.
24:49Les années suivantes,
24:50Mr. T réapparaît
24:51un peu partout.
24:52Dans des pubs,
24:53des caméos,
24:54des conventions,
24:55des voix dans des dessins animés.
24:56Il devient peu à peu
24:57une figure de nostalgie,
24:59un monument pop
25:00qu'on célèbre
25:01avec tendresse.
25:01Ce n'est plus
25:02la star explosive de 1984,
25:04ce n'est plus
25:05le héros d'action,
25:06ce n'est plus
25:07l'icône bling bling.
25:08C'est autre chose,
25:10quelque chose
25:10de plus rare,
25:11de plus précieux.
25:13Un symbole
25:14d'une époque,
25:15une présence chaleureuse,
25:17un survivant,
25:18un homme qui a su
25:18traverser les excès,
25:19la maladie,
25:20l'oubli
25:21et le chaos
25:22d'un monde qui change.
25:23C'est peut-être
25:23la raison pour laquelle
25:24il refusera d'apparaître
25:25dans l'adaptation cinématographique
25:27d'Agence Tourisque
25:28en 2010.
25:29À quoi bon participer
25:31à un caméo
25:31qui ne fait que copier
25:32ce qu'il proposait lui-même
25:33à l'époque ?
25:34Et quand on le voit aujourd'hui,
25:35sourire à ses fans,
25:36poser dans des conventions,
25:38raconter sa vie
25:39avec humour et sagesse,
25:40on se dit qu'il n'a peut-être
25:41jamais été aussi fort
25:42qu'à cet instant précis.
25:44Mr. T,
25:45contrairement à beaucoup
25:45d'icônes des années 80,
25:47n'a jamais joué
25:47un personnage.
25:49Il n'a jamais été
25:49une création de studio,
25:51un produit façonné
25:52par une équipe marketing.
25:53Non,
25:55Terry Bollea jouait Hulk Hogan,
25:57Stallone jouait Rocky.
25:59Mais Mr. T, lui,
26:00lui, il ne jouait pas.
26:01Il incarnait au quotidien
26:03ce qu'on voyait à l'écran.
26:04Dans Rocky 3,
26:05Cleverland existait déjà
26:06sur les trottoirs de Chicago.
26:08Dans l'Agence Tourisque,
26:09Barracuda n'était pas
26:10un rôle écrit pour lui.
26:11Non,
26:11c'était son caractère,
26:12son regard,
26:13son énergie brute.
26:15Ses bijoux venaient des nuits
26:16passées à calmer les bagarres.
26:18Sa crête était une revendication
26:19culturelle.
26:20Sa voix,
26:21son attitude,
26:22son style,
26:23sa morale,
26:24tout ça,
26:24c'était lui.
26:25Même dans les vidéos
26:27d'Aérobic pour enfants.
26:28Il n'a jamais eu besoin
26:29de masque,
26:30jamais eu besoin
26:31de jouer autre chose
26:31que ce qu'il était vraiment.
26:33Et c'est exactement pour ça
26:34qu'il a disparu
26:35quand Hollywood a changé.
26:37Mr. T,
26:37c'est la dernière légende.
26:39Parce qu'il est la seule star
26:40des années 80
26:41qui ne fait aucune différence,
26:43aucun filtre,
26:44aucun marketing
26:45avec ce qu'il est lui-même.
26:47Il a juste eu une vie
26:47tellement incroyable
26:48qu'elle semblerait
26:50écrite pour la télé.
26:51Et si aujourd'hui,
26:51son image nous touche encore,
26:53ce n'est pas tant
26:54pour son physique
26:55ou ses punchlines.
26:56C'est pour son courage,
26:57sa droiture,
26:58sa simplicité.
26:59Pour le gamin pauvre de Chicago
27:01devenu garde du corps,
27:02puis star mondial,
27:03puis survivant.
27:04Pour un homme
27:05qui a tout connu,
27:06la gloire,
27:07l'oubli,
27:07la maladie,
27:08la renaissance,
27:09sans jamais trahir
27:10ce qu'il était.
27:11Les autres stars
27:12ont inventé des mythes,
27:13lui,
27:14il en est un.
27:15Alors,
27:15merci d'avoir regardé
27:16cette vidéo.
27:17N'hésitez pas
27:18à me dire
27:18dans les commentaires
27:19si vous préférez
27:20Clubberlangue
27:21ou Barracuda.
27:22Et si vous aimez
27:22explorer l'histoire
27:23des icônes,
27:24des jouets,
27:24des mythes pop
27:25et de ce qu'ils disent
27:26sur notre enfance,
27:27eh bien,
27:28abonnez-vous.
27:29On en a encore
27:29beaucoup à raconter
27:30et certaines légendes
27:32ne demandent qu'à revenir.
27:34Quant à nous,
27:34on se retrouve très vite.
27:36En attendant,
27:37n'oubliez pas
27:37que vous avez été
27:37des enfants.
27:38Sous-titrage Société Radio-Canada
27:39et s'il vous plaît.
27:40Sous-titrage Société Radio-Canada
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