00:00Ici Normandie, premier sur l'actu locale en Normandie, ici matin.
00:06J'ai tous les chiffres, 76% des Normands utilisent leur voiture pour se déplacer tous les jours.
00:11Un peu plus que la moyenne nationale qui est à 70%.
00:14Le chiffre à retenir de la consultation lancée par votre radio ici avec l'institut de sondage Odoxa,
00:22troisième volet de notre sondage citoyen, ma commune, mon maire et moi,
00:26dans le cadre des élections municipales de mars prochain.
00:29La directrice générale de l'agence d'urbanisme de Rouen et des boucles de la Seine et Heure
00:34et conseil des collectivités répond à vos questions, Marianne.
00:37Vous me faites des grands signes, Marianne.
00:38La directrice générale de l'agence d'urbanisme de Rouen et des boucles de Seine et Heure.
00:41Vous y tenez. Bonjour Caroline Rouenier.
00:44Bonjour.
00:4567% des scénos marins et 87% des eurois disent ne pas pouvoir se passer de leur voiture.
00:51Comment ça s'explique selon vous ?
00:53En partie par la densité, en fait, à la fois des transports,
00:56mais aussi le fait que le territoire ici est très...
01:01Il y a beaucoup de centralités, petites centralités, peu de centre-bourgs.
01:04Et donc, en fait, c'est un espace qui est assez rural, tout compte fait.
01:07Et donc, en fait, on a une densité des transports en commun, notamment,
01:09qui ne permet pas toujours de pouvoir se déplacer autrement qu'en voiture.
01:13Est-ce qu'il y a une raison aussi économique ?
01:15Il y a une raison économique, mais qui est parfois plus subie qu'autre chose.
01:19C'est-à-dire qu'en fait, et l'enquête le dit,
01:22les personnes aimeraient pouvoir se déplacer autrement qu'en voiture,
01:25mais parfois, en fait, il n'y a pas de possibilité.
01:28Donc, ils se déplacent en voiture, mais c'est à défaut d'autre chose.
01:33Et c'est aussi parfois parce qu'ils habitent trop loin, tout simplement.
01:35Donc, c'est aussi parce qu'ils ont fait le choix où ils ont été obligés, par exemple,
01:39de devoir aller habiter plus loin que dans les centralités,
01:42où il n'y avait pas d'habitat accessible pour eux, d'un produit financier.
01:44Et c'est aussi peut-être parce que les habitudes ont évolué.
01:4715 kilomètres, actuellement, ont fait pour aller travailler,
01:50alors que dans les années 60, c'était 3 kilomètres.
01:53Alors, sur le territoire, on va même jusqu'à 19 en moyenne, aujourd'hui.
01:57Et ça dépend aussi des catégories socioprofessionnelles.
02:00C'est-à-dire que plus, par exemple, plus on est élevé dans les socioprofessionnels,
02:04plus on se déplace et on va loin.
02:06Et il y a la double activité aussi dans les couples,
02:08ce qui fait qu'on se déplace beaucoup.
02:11Et on se retrouve dans des systèmes, dans des territoires vécus
02:14qui sont beaucoup plus larges qu'avant
02:16et qui entraînent une dépendance accrue à la voiture
02:19et à tout ce que ça suppose derrière.
02:20Pourtant, la voiture, elle est 90% du temps immobile.
02:25Cette voiture subie, ce n'est pas aussi par manque suffisant
02:27de transports en commun adaptés quand on vit en zone rurale ?
02:31C'est vraiment tout un challenge.
02:32Aujourd'hui, c'est justement en zone rurale,
02:34vous n'avez pas beaucoup de possibilités de pouvoir vous déplacer
02:37autrement qu'en voiture.
02:38Et justement, l'agence essaye d'accompagner les territoires et les élus
02:41à développer d'autres manières de se déplacer
02:45qu'en étant avec de la voiture individuelle.
02:48Et donc, on travaille notamment sur le fait de pouvoir développer,
02:52par exemple, des liaisons douces entre les bourgs
02:54et permettre aux personnes de se déplacer plutôt à pied
02:56ou plutôt, par exemple, à vélo, au lieu de la voiture.
03:02Par exemple, vous avez travaillé du côté de l'interco-vexin,
03:05quinquempois, bûchis, à identifier les anciens chemins ruraux, c'est ça ?
03:10Oui, c'est ça.
03:11Les chemins ruraux qu'on connaissait il y a encore très bien,
03:13il y a 20 ou 30 ans, qui étaient utilisés soit pour l'exploitation agricole,
03:16mais aussi pour se déplacer.
03:18En fait, ces chemins-là, par usage ou par non-usage,
03:21d'ailleurs, ont fini par être oubliés,
03:22parfois même exploités par les exploitants aussi.
03:25Et en fait, on travaille à l'heure actuelle avec les élus
03:28pour identifier d'un bourg à un autre,
03:30ou par exemple d'une gare à une zone d'habitat,
03:34quels sont les chemins ruraux qui existaient ou qui existent encore,
03:37mais qui ne sont pas complètement continus.
03:39Et donc, on identifie prioritairement quels seraient ceux
03:42qui pourraient être un support pour demain,
03:44pouvoir aller, aussi bien pour des enfants que des adultes,
03:48aller à pied ou à vélo à l'école,
03:50mais aussi aller, par exemple, du bourg jusqu'à la gare
03:53et se permettre d'avoir et se passer, on va dire, de son véhicule.
03:56Donc, c'est aussi favoriser, c'est ça qui est important,
03:58c'est aussi favoriser la mobilité du quotidien,
04:01celle qu'on ne voit pas toujours, mais qui est celle de proximité
04:03et que l'on fait beaucoup en voiture,
04:05parce qu'on parle souvent des grands trajets,
04:06mais en fait, la mobilité, c'est surtout celle qu'on fait là tous les jours
04:09pour aller travailler, pour aller se nourrir, pour aller se soigner.
04:12Et là, l'intérêt, c'est du coup de rendre ça plus accessible.
04:14Finalement, l'enjeu pour les collectivités,
04:16c'est de réussir à faire le lien entre la zone rurale et la zone urbaine ?
04:20Oui, c'est au sein, entre les bourgs,
04:23donc c'est entre zone rurale et zone rurale,
04:25mais c'est aussi entre les zones rurales et les zones plus urbaines,
04:28parce que les zones urbaines, aujourd'hui,
04:29c'est celles qui accueillent les grands services privés comme publics,
04:33donc par exemple, on va avoir les hôpitaux,
04:34on va avoir tous les services de soins,
04:36une grande partie aussi des services scolaires, etc.
04:39Et donc, l'intérêt, c'est vraiment de faire le lien entre les deux,
04:42ce qui nécessite, du coup, au territoire, aux acteurs et aux élus,
04:46de penser, on va dire, les choses par maillage
04:48et avoir, du coup, une vision un peu plus large.
04:53Donc finalement, ça repose beaucoup plus sur les intercommunalités
04:55que sur les maires eux-mêmes à leur niveau ?
04:58Oui, alors la mobilité est une compétence en tant que telle
05:00qui est plutôt à l'échelle des intercommunalités.
05:03Pour autant, en fait, il y a un lien à faire
05:05et qui est essentiel entre les intercos et les mairies,
05:09notamment parce qu'en fait,
05:10tout ce qui va être mobilité de proximité,
05:13donc qui va permettre d'aller, par exemple,
05:15de la boulangerie à un espace de vie, par exemple,
05:18c'est de la mobilité qui peut être aménagée
05:21à l'échelle de la commune.
05:22Et vous, vous poussez notamment pour l'autopartage.
05:25Merci beaucoup, Caroline Rouenier,
05:26directrice générale de l'Agence d'urbanisme de Rouen
05:28et des Boucles de Seine,
05:30et heure d'avoir accepté notre invitation.
05:31Bonne journée à vous.
05:32Merci.
05:32Et nous continuons tout au long de la journée
05:34à décliner cette thématique autour des mobilités.
05:39Émission spéciale tout à l'heure avec vous
05:41au 02-35-07-6666 à partir de 9h.
05:44Et tous les sujets sont liés
05:50parce qu'on dit toujours que les Français
05:52ne vieillissent pas forcément en bonne santé
05:54par rapport à certains de nos voisins européens du Nord.
05:57Vous voyez, vous laissez la voiture
05:57un peu plus de marche à pied
05:59sur un petit chemin sympa
06:00pour aller faire vos courses
06:01et vous voilà en pleine forme
06:03et pour longtemps.
06:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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