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  • il y a 2 mois
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Télématin reçoit David Quint, président du syndicat national des vétérinaires libéraux.

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Transcription
00:00On revient en France avec l'une des conséquences indirectes de la crise du monde agricole liée à la dermatose modulaire contagieuse.
00:07Basculez sur France Info, Valérie. Vraiment, allez-y. Nous, on reste sur France 2 et on revient à l'actualité.
00:13Ces dernières semaines, les vétérinaires sont la cible de certains agriculteurs en colère. Bonjour David Quint.
00:19Merci d'être avec nous. Vous êtes vétérinaire en Corrèze, président du syndicat national des vétérinaires d'exercice libéral.
00:25Plusieurs de vos soeurs, confrères déplorent des menaces, des agressions lorsqu'ils doivent intervenir dans les fermes.
00:32Dans quel climat exercez-vous votre métier ces jours-ci ?
00:35En ce moment, c'est un peu compliqué. Il faut le reconnaître.
00:39Je voudrais juste rappeler que l'ennemi des agriculteurs, des éleveurs, c'est le virus. Ce n'est pas les vétérinaires.
00:47Depuis quelques temps, au mois de juillet, au tout début de la crise en Savoie,
00:51on avait déjà eu un épisode avec une consoeur qui avait été molestée, insultée.
00:57Un agent de l'État qui était avec elle avait aussi été molesté, insulté.
01:01C'est très compliqué.
01:03On comprend la peur, la colère, le désarroi de ceux qui vivent cette crise,
01:10et notamment ceux qui sont touchés par les foyers.
01:12Mais je pense que rien n'explique, rien ne peut justifier la haine
01:16contre ceux qui sont là depuis le premier jour de la crise,
01:19mais aussi toute l'année à leur côté.
01:23Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup d'éleveurs qui se plaignent
01:25de ne pas pouvoir appeler leur vétérinaire au milieu de la nuit pour un vélage, par exemple.
01:30Et donc, les vétérinaires, c'est ceux qui accompagnent l'élevage.
01:35Ce n'est pas facile pour nous non plus.
01:37Vous comprenez bien que pour nous, c'est des amis, pour certains.
01:41J'imagine bien que vous n'allez pas de gaieté de cœur,
01:43euthanasie un troupeau entier.
01:46Jamais.
01:46Aujourd'hui, effectivement, ces mesures, elles ont été édictées
01:51sur une réglementation européenne,
01:53sur un objectif qui était l'éradication de la maladie le plus rapidement possible.
01:57Donc malheureusement, ça en passe par là,
01:59parce qu'aujourd'hui, on n'a pas d'alternative crédible
02:01qui amène au même résultat.
02:03On va y venir, mais juste pour revenir sur votre quotidien,
02:05décrivez-nous.
02:06Ça veut dire quoi ?
02:06On vous empêche d'entrer dans les fermes ?
02:08On nous empêche d'entrer dans les fermes.
02:10On nous balance de la boue sur les voitures quand on arrive.
02:15Hier, on m'a envoyé des photos d'une clinique vétérinaire dans le Cantal
02:18qui a été dégradée avec écrit « vétérinaire égale collabo ».
02:22Hier, il y a un de mes collègues du syndicat
02:25qui a reçu un mail hier matin en lui disant
02:27qu'à une autre époque, sa tête aurait été au bout d'un pic.
02:30Non, c'est d'une violence sans nom.
02:32Et je pense que les manifestations, les objections qui sont actuellement,
02:39comme on peut le voir, avec des blocages,
02:42je pense que les organisateurs de ces manifestations doivent appeler au calme,
02:46doivent rappeler que les vétérinaires ne sont pas des punching balls.
02:49Et nous, on est là pour accompagner.
02:52Si demain, il y a d'autres alternatives qui sont mises en place,
02:55les vétérinaires, ils seront aussi aux côtés des éleveurs.
02:56Nous, on n'est pas là pour imposer.
02:58On est là pour mettre en place quelque chose qui est collectivement décidé.
03:03Et ce n'est pas toujours agréable pour personne.
03:06Vous organisez une conférence de presse commune en fin de matinée.
03:09Oui.
03:09Pour annoncer quoi ?
03:11Alors, on va parler un peu de technique,
03:13on va remettre un peu de science,
03:14parce qu'on entend beaucoup de choses fausses sur les réseaux sociaux.
03:16On entend tout, en fait.
03:17Oui. Alors, effectivement, le développement des réseaux sociaux
03:20ne facilite pas un discours cohérent et clair pour le grand public.
03:26Je pense que c'est très difficile de retrouver le vrai du faux
03:28pour les gens dont ce n'est pas le métier.
03:31Donc, oui, on va parler un peu de technique,
03:32on va remettre un peu de science dans le débat.
03:34Vous allez porter plainte ?
03:35Alors, mon collègue d'hier a porté plainte.
03:37Moi, si j'y suis amené, je le ferai.
03:41Et je n'aurai pas beaucoup de compassion pour ceux qui menacent.
03:45Je pense que d'ailleurs, la plupart du temps,
03:47ce n'est pas forcément les éleveurs qui font ça.
03:48C'est ceux qui profitent un petit peu du chaos et de la contestation.
03:52Mais vous avez peur, vous, aujourd'hui ? Vous vous protégez ?
03:55Alors, certains de mes consoeurs et de mes confrères ne se présentent pas.
04:00Moi, sur les réseaux sociaux, il y a des photos
04:02et des adresses personnelles des vétérinaires qui circulent.
04:05Donc, oui, je comprends que certains puissent avoir peur.
04:07Moi, si je suis là et si je parle aujourd'hui,
04:09c'est parce que je n'ai pas peur.
04:10Mais on a tous des familles, on n'a pas envie qu'on nous embête.
04:14Et surtout, on trouve que ce n'est pas l'objet.
04:16On n'est pas là pour ça et on n'a rien fait de mal.
04:20Si on revient, on va remettre de la science, c'est ce que vous nous dites,
04:23et des chiffres à date.
04:26Combien de bêtes ont été euthanasiées depuis le début de cette crise, déjà ?
04:32Alors, une estimation dit, hier, le ministère de l'Agriculture disait 3 300.
04:36C'est à peu près ça, entre 3 000 et 3 500.
04:38Sur plusieurs millions ?
04:41Sur 16 millions de bovins en France.
04:43Donc, ça fait 0,2 %.
04:45On sait que la maladie, si on la laissait s'installer,
04:51elle a une mortalité qui peut atteindre jusqu'à 10 %.
04:53Mais on entend aussi qu'il peut y avoir une immunité naturelle
04:56si on laisse la maladie s'installer dans les troupes.
04:58Alors, c'est tout à fait vrai.
05:00Mais il y a des animaux qui en meurent, d'eux-mêmes.
05:02Il y a des animaux qui sont porteurs asymptomatiques,
05:05c'est-à-dire qui sont contagieux pour les autres,
05:07et qu'on n'est pas aujourd'hui en capacité de détecter
05:11les tests sanguins qui sont disponibles.
05:15ne nous permettent pas de les trouver de manière certaine.
05:18Donc, quand on dit, quand j'entends qu'il faut euthanasier
05:22que les animaux qui sont malades,
05:24le problème, c'est qu'on n'est pas capable de les trouver tous.
05:26Et donc, on prend le risque de garder des sources de virus
05:29dans les fermes,
05:30et donc de contaminer d'autres un peu plus loin.
05:34J'ai aussi entendu qu'on pouvait lutter contre...
05:36contre les isoler, dans les conditions d'une ferme,
05:39empêcher des mouches d'atteindre des vaches.
05:42Je ne sais pas comment on fait, moi.
05:44– Et éradiquer les insectes aussi.
05:48Enfin, on ne peut pas agir, évidemment, sur des insectes qui sont porteurs de...
05:51– Non, il y a d'autres composantes, notamment environnementales,
05:53les produits qu'on pourrait utiliser, les choses comme ça.
05:56Il y a des impacts autres.
05:58– Et la vaccination ?
05:59– Alors, la vaccination, c'est le pilier numéro un.
06:02C'est ce qui est fait aujourd'hui quand on vaccine autour des foyers.
06:06Effectivement, j'entends qu'on aurait pu vacciner plus tôt, plus largement.
06:11Ça a été un choix pour des raisons européennes,
06:14de réglementation européenne.
06:16Aujourd'hui, ce n'est pas permis de vacciner quand il n'y a pas d'urgence.
06:21Et notamment dans les zones où il n'y avait pas la maladie,
06:22on peut difficilement considérer que c'était une urgence.
06:26Alors, a posteriori, six mois plus tard, on peut se poser la question.
06:30– Oui, on peut refaire.
06:31– C'est toujours facile à dire.
06:33Effectivement, l'élargissement de la vaccination est une option envisageable.
06:38Elle aura des impacts.
06:40Et là, ce n'est pas aux vétérinaires de se prononcer là-dessus.
06:42C'est à la filière de savoir si cet impact, elle veut le supporter ou pas.
06:46Et si elle le décide, on sera les premiers aux côtés des éleveurs
06:51pour mettre en place cette vaccination.
06:53– Merci beaucoup, David Quint, d'avoir été avec nous ce matin.
06:56– Merci beaucoup, David Quint.
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