- il y a 2 mois
Jordan Bardella le surnomme le couteau suisse, mais c'est Marine le Pen qui l'a repéré. Gaëtan Dussausaye a su se rendre indispensable au RN, tout en gardant un côté insaisissable.
Pourquoi s'engage-t-on en politique ? Comment tombe-t-on dans le grand chaudron de l'Assemblée ?
Chaque jour, Clément Méric, dans un entretien en tête à tête de 13 minutes, interroge un parlementaire sur les personnalités, les évènements - historiques ou personnels - qui l'ont conduit à choisir la vie publique.
Car on ne naît pas politique, on le devient !
Pourquoi s'engage-t-on en politique ? Comment tombe-t-on dans le grand chaudron de l'Assemblée ?
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00:00Jordan Bardella le surnomme le couteau suisse, mais c'est Marine Le Pen qui l'a repéré.
00:05Mon invité a su se rendre indispensable au ARN, tout en gardant un côté insaisissable.
00:24Bonjour Gaëtan Dussaucet.
00:26Bonjour, merci pour votre invitation.
00:27De rien. L'avantage quand on reçoit des députés assez jeunes, c'est qu'on retrouve assez facilement des traces de leur passé sur Internet.
00:34Et en ce qui vous concerne, c'est un passé musical, on va le voir, assez bruyant.
00:38Alors ce guitariste qu'on voit là, torse nu, avec des tresses, un pagne qui secoue la tête, c'est vous ?
00:57Tout à fait.
00:58Vous avez quel âge là ? 15 ans à peu près ?
01:00Là, je pense, j'avais encore les cheveux longs, donc je devais avoir 16-17 ans, je pense.
01:06Quelque chose comme ça.
01:07Et alors votre groupe s'appelait les Bursting Creepy.
01:09Bursting Creepy, affirmatif.
01:11Ça veut dire quelque chose, Bursting Creepy ?
01:12Je n'en ai aucune idée. J'ai toujours été très mauvais en anglais pour le coup, et donc je m'en remettais surtout au leader du groupe, qui lui avait un bien meilleur niveau.
01:20Et alors pour la tenue, je peux donner d'ailleurs une explication, c'est qu'en fait, on était jeunes, on n'était pas forcément très confiants de la qualité de notre musique, etc.
01:28Et donc on se disait, finalement, quitte à plaire au public par le biais de notre musique et du talent, on va au moins les faire rigoler en se déguisant.
01:36Oui, parce qu'il y a eu d'autres tenues, il y a eu les cheveux verts, il y a eu vous avec un haut féminin.
01:42Et alors c'était du métal festif, ça existe comme genre ou c'est vous qui l'avez inventé ?
01:48Oui, du tout, c'était du punk rock métal festif. Pourquoi ? Parce qu'en fait, on avait fait un concert, je crois que c'était à Saint-Ouen à l'époque,
01:54et en fait, on n'avait aucune idée du genre musical qu'on faisait et un autre groupe qui se produisait en même temps que nous à cette soirée-là,
02:02nous a dit, mais en fait, votre truc, ça est complètement barré, il y a du punk, il y a du rock, il y a du métal, c'est festif en même temps.
02:08Et en fait, on a gardé ce truc-là.
02:09Vous avez inventé le métal festif.
02:11Oui, alors je ne sais pas si on aura un brevet là-dessus, peut-être pas, mais bon, ça sera bien marré.
02:17Alors je regardais sur YouTube, parce qu'on les retrouve sur YouTube, vos chansons.
02:21L'une des plus regardées, c'est Go Fuck Yourself and Burn in Hell.
02:24C'était des chansons à texte que vous faisiez.
02:27Oui, bon, après, je pense que quand on a 14-15 ans, on a toujours un peu cet esprit un peu rebelle à dire aussi bien,
02:32tantôt à ses parents, tantôt à ce qui peut incarner d'une certaine manière l'autorité, etc.,
02:37qu'on a envie d'être tranquille, de pouvoir vivre notre jeunesse et tout.
02:40Bon, voilà, après, est-ce qu'on en retrouve aujourd'hui quelques traces dans mon engagement politique et autres ?
02:46Peut-être sur le côté un peu rebelle, anti-système, alternatif, etc.
02:49Je pense qu'il y a forcément un peu une sorte de fil rouge qu'on peut retrouver là-dessus.
02:55J'aimerais quand même qu'on s'arrête sur cette image de vous, guitariste torse nu, avec les cheveux longs,
03:00et puis l'image du député en costume cravate, cheveux courts, propres sur lui.
03:04Genre idéal et jeune premier, ça, c'est les expressions qu'on retrouve dans les portraits qui vous étaient consacrés.
03:09Il est où le vrai Gaëtan du Saucé entre ces deux images-là ?
03:14Dans les deux.
03:15Dans les deux ?
03:15Dans les deux, parce qu'en fait, si vous voulez, j'ai toujours eu à cœur pour le coup d'être utile,
03:23de pouvoir m'engager, quand même servir à quelque chose, etc.,
03:27et en même temps, surtout d'apporter en fait une sorte de discours alternatif.
03:32Et c'est vrai que c'est un peu ce qu'on retrouve, ce côté un peu rebelle, un peu provocateur, etc.,
03:36gentiment, avec le sourire. Vous n'avez pas besoin nécessairement de tomber dans la familiarité,
03:41dans l'insulte et l'agressivité, pour défendre justement un projet disruptif et un projet de rupture.
03:47Et je pense que c'est un peu ce qu'on retrouvait, à la fois la passion pour une musique qui bouscule,
03:51qui dérange, et en même temps, un engagement politique auprès du Rassemblement National,
03:55auprès de Marine et Jordan, pour justement essayer de faire bouger les choses
03:59et aussi aller bousculer ce qui se passe maintenant depuis 40 ans dans la vie politique française.
04:03Vous avez commencé à vous intéresser à la politique.
04:06Après, une période compliquée pour vous, au collège, vous expliquez,
04:08j'ai changé d'établissement au collège, j'ai été confronté à des problèmes de violence, d'agression.
04:12J'en avais marre de subir quotidiennement des humiliations, c'était lourd.
04:16Vous avez été victime de harcèlement scolaire ?
04:18Harcèlement scolaire, non.
04:21Un milieu agressif et violent avec beaucoup d'insécurité, oui.
04:25Et vous faites un lien entre ce que vous avez vécu à cette époque-là
04:28et le fait que vous êtes intéressé à la politique ?
04:31Aussi, je pense que ça y participe.
04:33Je pense que l'engagement, il ne vient de pas de nulle part.
04:34Parce que je pense qu'en fait, à ce moment-là, on était souvent...
04:40On se sentait un peu isolé, en fait, en réalité.
04:44C'est-à-dire que très souvent, quand on était confronté à des problèmes,
04:46on allait voir les professeurs, on allait voir notre entourage
04:51et il y avait le côté un peu, il faut que jeunesse se passe, c'est normal.
04:55Et on se disait, oui, mais ce n'est pas normal.
04:57Ce n'est pas normal qu'on ait des stratégies de contournement des problèmes,
05:02que lorsqu'on fait le chemin entre l'établissement scolaire et le domicile,
05:08qu'il y ait systématiquement, quand on arrive finalement à traverser un groupe
05:12qui est rassemblé à la sortie du collège,
05:14le premier réflexe qu'on a, c'est de couper sa musique en se disant
05:17« ils vont forcément me dire quelque chose, m'a le pagué, m'intimider » et autres.
05:20Il y avait quand même un sérieux problème là-dessus.
05:22En 2007, alors vous n'étiez pas en âge de voter,
05:23mais vous expliquez que vous étiez plutôt Ségolène Royal que Nicolas Sarkozy
05:26et que vous aviez été séduit par Olivier Besancenot.
05:30Vous étiez plutôt de gauche, donc, à l'époque.
05:32Oui, alors après, en 2007, j'avais quoi ? J'avais 13 ans.
05:35Donc, un peu difficile d'avoir une vraie opinion politique.
05:38En fait, pourquoi je disais ça ?
05:39Parce que j'ai toujours grandi dans un milieu, une famille qui n'était pas très politisée,
05:43qui avait plutôt une tendance, on va dire, de gauche, centre-gauche.
05:47Et j'ai toujours été scolarisé dans le public,
05:52de la maternelle jusqu'à mon baccalauréat, toujours systématiquement dans le public.
05:56Et en fait, je pense qu'à cette époque,
05:57quand on n'avait pas forcément les clés pour comprendre la politique,
06:00pour s'intéresser à la politique et en discuter avec des parents, avec d'autres,
06:04en fait, il y avait un peu ce truc très manichéen de se dire
06:06« la gauche, c'est les gentils parce qu'on veut défendre les plus faibles,
06:08on veut défendre ceux qui sont dans le besoin,
06:10et puis la droite, c'est celle qui veut faire du fric,
06:11donc c'est nécessairement les méchants. »
06:13Et c'est vrai qu'à l'époque…
06:13C'était ça votre première approche de la politique ?
06:15Oui, voilà, ce n'était pas forcément très réfléchi, je vous l'accorde, pour le coup.
06:19Vous avez évolué jusqu'à prendre votre carte au Front National en 2011.
06:23Alors, vous expliquez que vous avez d'abord regardé tout ce qu'il y avait dans le paysage politique,
06:27y compris la fédération anarchiste.
06:29Qu'est-ce qui vous a fait choisir le Front National ?
06:31Je me suis rendu compte que je ne connaissais pas grand-chose la politique.
06:34Donc, j'ai commencé à énormément lire,
06:36beaucoup de littérature, d'histoire, de politique,
06:39également à confronter mes idées avec mon entourage, des amis.
06:42Et en fait, là, j'ai eu ce coup de cœur,
06:45c'est quasiment un coup de foot, pour le coup, pour Marine Le Pen.
06:48Donc, vraiment, j'allume la télé,
06:50je découvre Marine Le Pen,
06:51et là, je me dis, ok, je veux que ça soit elle.
06:53Parce qu'elle avait ce discours, un, qui parlait de notre quotidien,
06:56qui parlait de nos soucis,
06:57qui n'était pas naïf sur les questions de sécurité,
07:00d'immigration,
07:01et qui, en plus, avait un discours disruptif,
07:02notamment sur la question de la souveraineté nationale.
07:04Et moi, je me suis senti, en fait, représenté.
07:06Vous vous êtes retrouvé là-dedans,
07:07mais alors, votre mère, pas du tout, visiblement,
07:09parce que quand elle a appris que vous aviez pris votre carte au FN,
07:11c'était le FN à l'époque,
07:13vous a dit, moi, je ne veux pas de ça dans notre village,
07:14vous ne tractez pas, tu ne tractes pas dans le village.
07:17Oui, tout à fait.
07:17Elle est ronde.
07:19Vous savez, à l'époque, s'engager,
07:20c'était le Front National à l'époque,
07:22s'engager au Front National, c'était compliqué.
07:24On n'était pas encore un parti
07:25qui dépasse aujourd'hui systématiquement les 30%.
07:28Il y a le processus de dédiabolisation
07:30qui a été engagé par Marine Le Pen
07:32n'avait pas encore été jusqu'à son terme.
07:34Et donc, il y avait une grosse appréhension, pour le coup,
07:36de ce qu'était le Front National.
07:38Votre ascension au sein du Front National a été très rapide
07:42et vous la devez, en grande partie, à Marine Le Pen.
07:44Trois ans après avoir pris votre carte,
07:45c'est elle qui vous a nommée président du FNJ,
07:48le Front National de la Jeunesse.
07:50J'imagine que c'est très formateur comme responsabilité.
07:54Qu'est-ce que ça vous a apporté de plus utile
07:56pour vous, aujourd'hui, en tant que député ?
07:58D'abord, et c'est important, vous l'avez dit,
08:01ce parcours, je le dois exclusivement à Marine Le Pen.
08:04Deuxième élément de réponse, qu'est-ce que j'en ai appris ?
08:06Beaucoup de choses.
08:07Parce que d'ailleurs, pour la petite anecdote,
08:09lorsque Marine m'a nommé directeur national
08:11du Front National de la Jeunesse,
08:13on s'est donc entretenu dans son bureau,
08:15et je lui ai dit, bon alors, qu'est-ce qu'il faut que je fasse ?
08:18C'est quoi un peu l'émission ?
08:19Et il me dit, Gaëtan, tu dois apprendre à tout faire.
08:21Tout faire.
08:22Il part sur le principe qu'aujourd'hui, tu ne sais rien,
08:24il faut tout apprendre, gérer l'humain, gérer les réunions.
08:25Tout votre surnom, donné par Jordan Bardella,
08:27le couteau suisse, c'est ça ?
08:29C'est un peu ça, oui, tout à fait.
08:30Jordan Bardella, qui vous a d'ailleurs succédé
08:32à ces responsabilités-là, comme quoi, effectivement,
08:36c'est formateur.
08:38Et alors, à l'époque, quand vous êtes à la tête du FNJ,
08:42vous participez à la création de la Cocarde étudiante,
08:45donc un syndicat ?
08:46Pas du tout, j'ai vu ça, en effet, sur ma page Wikipédia.
08:49Non, j'ai participé à une conférence organisée
08:51par la Cocarde étudiante, mais je ne suis pas membre fondateur.
08:52La première conférence, en tout cas, de la Cocarde étudiante.
08:54Après, je salue vraiment leur action,
08:55parce que, pour le coup, elle est vachement utile,
08:56surtout dans l'écran des universitaires.
08:57Vous êtes, lors de cette première conférence
08:59de la Cocarde étudiante, aux côtés d'un certain Alexandre Loubet,
09:01qui était à l'époque avec Nicolas Dupont-Aignan,
09:04mais qui est devenu, aujourd'hui, député du Rassemblement national.
09:07Et vous fréquentiez aussi les bars de la rue des Canettes,
09:09dans le quartier Saint-Sulpice à Paris,
09:16aux jeunes pop de l'UMP et aux membres de Debout la France,
09:21à l'époque.
09:22Ça a créé des liens, tout cela ?
09:24Des liens qui perdurent aujourd'hui ?
09:26Droite souverainiste, mais même gauche souverainiste,
09:28à l'époque, il y en avait aussi quelques-uns.
09:29Il y avait quelques chevets de mantis, peut-être.
09:30On avait les chevets de mantis,
09:31il y avait les membres de l'association Science Piste,
09:34critique de la raison européenne, aussi, qui venaient.
09:36Mais, en fait, c'est vrai qu'on était toute une génération
09:39qui ne partagions pas du tout le logiciel politique
09:42qui était celui, finalement, qui était la règle
09:44depuis 40 années de vie politique.
09:45Et quand on se retrouvait dans ces moments-là,
09:47notamment dans ces soirées,
09:48même si on avait des engagements qui étaient différents,
09:51il y en avait qui étaient chez Dupont-Aignan,
09:52d'autres qui étaient avec Marine Le Pen,
09:54d'ores et déjà engagés avec Marine Le Pen,
09:55d'autres même à l'UMP, encore à l'époque,
09:57en fait, on savait qu'on était un peu
09:59une sorte de nouvelle génération
10:01et qu'on avait un autre discours,
10:03un autre regard sur les choses
10:04et qu'en fait, un jour ou l'autre,
10:05on finirait par faire de la politique ensemble.
10:07Et moi, je suis évidemment ravi de voir qu'aujourd'hui,
10:09on est tous embarqués dans le vaisseau amiral
10:12du Rassemblement National
10:12et qu'on fait enfin de la politique ensemble.
10:14– Dans les différents portraits de vous
10:16qui ont été réalisés au fil du temps dans la presse,
10:18on lit que vous étiez proche de Marine Le Pen,
10:20mais aussi de Florian Philippot
10:21et de Jordan Bardella.
10:24Comment on peut être tous là à la fois ?
10:27Est-ce qu'on n'est pas encore sur cette personne
10:30aux multiples visages qu'on a vus au début
10:32entre le jeune rocker et le député ?
10:36Il y a un côté un peu insaisissable chez vous,
10:37on a du mal à vous situer.
10:39– Non, je pense qu'en fait,
10:40il y a beaucoup de transparence avec moi,
10:43c'est-à-dire que quand on me parle,
10:45on sait ce que je pense,
10:46on sait le regard que j'ai sur les choses.
10:48– Et vous n'êtes dans aucune chapelle précise
10:50au sein du Rassemblement National ?
10:52– Peut-être que je le dois à mon parcours de philosophie,
10:56je fais des études de philosophie après,
10:57donc c'est vrai que quand vous faites de la philosophie,
10:59d'office, on vous apprend un peu à avoir un esprit large,
11:03curieux, à réfléchir, à vraiment faire peser le pour et le contre,
11:06à entendre l'intégralité des positions et des avis
11:09qui peuvent exister sur un sujet.
11:11– On va passer au quiz de La Politique et moi, à présent.
11:15Donc le principe, je vous explique,
11:17je vous propose un début de phrase
11:18et vous allez devoir compléter, donner la suite.
11:21J'ai fini par couper mes cheveux car…
11:23– Parce que je rentrais à la fac.
11:25– Ah, c'est ça qui vous a…
11:26– Tout simplement.
11:26– C'est pas la politique.
11:27Au début, au Front National,
11:29on vous voit, vous avez encore les cheveux mi-longs,
11:31il y a eu une phase intermédiaire.
11:32– Oui, parce qu'à un moment donné,
11:33je me suis dit, est-ce que je les laisserais repousser
11:35quitte à finir avec un catogran ?
11:36Et puis finalement, je me suis dit que ça ne faisait pas très sérieux.
11:38Je n'ai rien contre les personnes aux cheveux longs,
11:39bien au contraire,
11:40j'en croise encore beaucoup pendant les concerts.
11:42Mais c'était vraiment, en fait,
11:43je passais de ma ville dans l'Essonne
11:46à la fac, au cœur de la capitale de Paris.
11:48Et je me suis dit,
11:50vu qu'il va y avoir un changement dans ma vie,
11:52autant faire ce changement maintenant.
11:54Ça faisait un moment que je me posais la question de les couper.
11:55Donc c'est le passage à la fac.
11:56– Entre Aristote, Rousseau ou Spinoza, je choisis ?
12:00– Aristote.
12:01– Parce que les trois sont des philosophes
12:02que vous appréciez particulièrement ?
12:04– C'est quelque chose que j'ai plus lu que les autres, pour le coup.
12:08Mais chez Aristote, il y a quelque chose,
12:09il y a une idée particulière que j'aime beaucoup,
12:11c'est celle de la pluralité des opinions,
12:14c'est vraiment les principes mêmes de la démocratie.
12:16Il y a chez Aristote vraiment les fondements de la démocratie,
12:18du fonctionnement démocratique.
12:19Et surtout, il y a quelque chose qui me fascine,
12:21c'est que ça a beau dater de siècles et de siècles entiers,
12:24toutes les questions et les problématiques
12:25qui sont posées notamment par Aristote
12:27se posent encore aujourd'hui,
12:28et on n'a toujours pas les réponses.
12:29Et ça, je trouve ça vraiment fascinant.
12:30– Et d'un point de vue personnel,
12:31je crois que vous avez arrêté vos études pour la politique,
12:33quand vous êtes devenu, alors pas président du FNJ,
12:36mais directeur national.
12:38Ça crée une frustration chez vous
12:40de ne pas être allé au bout de ces études de philosophie ?
12:43– Je ne sais pas.
12:44Je n'ai pas forcément tendance
12:45à faire cet exercice d'introspection.
12:48Peut-être qu'un psy vous dirait
12:49que c'était une grande erreur d'ailleurs.
12:50Mais non, je pense qu'en fait,
12:52les choses se sont présentées comme telles.
12:54Et aujourd'hui, je ne regrette pas les choix
12:55que j'ai faits pour le coup.
12:56Ça ne m'empêche pas de lire
12:57quelques ouvrages philosophiques
12:58dès que je trouve un point de vue.
12:59– Encore.
13:00Enfin, au moins avec Georges Marchais.
13:02– Oui.
13:03– Ah, je crois que vous avez un petit faible pour lui.
13:06J'ai lu ça.
13:07– Je ne serai pas le plus grand spécialiste de Georges Marchais.
13:09Mais je dirais, au moins avec Georges Marchais,
13:10il y avait encore des communistes qui se respectent.
13:12– Ce sera le mot de la fin.
13:14Merci à vous, Gaëtan Du Sausset,
13:15d'être venu dans la politique et moi.
13:16– Merci beaucoup.
13:17– Sous-titrage Société Radio-Canada
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