00:00Et 7h15, vous l'avez peut-être remarqué autour de vous, l'épidémie de grippe arrive avec cette année un nouveau variant, le variant K, qui s'impose déjà partout en France.
00:11Bonjour Anne-Claude Crémieux.
00:12Bonjour.
00:13Vous êtes infectiologue, spécialiste des maladies respiratoires, vous présidez la commission technique des vaccinations de la Haute Autorité de Santé.
00:22Alors d'abord, peut-être très concrètement, où est-ce qu'on en est de l'épidémie ? Qu'est-ce que vous voyez remonter du terrain ?
00:27Alors cette épidémie, elle a commencé de manière assez précoce, puisque 3 à 4 semaines en moyenne par rapport aux épidémies habituelles.
00:35Et surtout, ce qu'on voit, c'est vraiment une ascension assez abrupte.
00:39Aujourd'hui, elle atteint l'ensemble de la France, à l'exception de la Corse.
00:45Et ça se traduit par des infections, mais on commence à voir à l'hôpital une augmentation du nombre de personnes, essentiellement de plus de 65 ans, qui viennent.
00:54On parle beaucoup du variant K. De quoi il s'agit exactement ? Est-ce qu'il faut le craindre, ce variant K ?
01:00Alors, il y a toujours, vous le savez, plusieurs types de souches qui circulent pendant la grippe.
01:07En gros, les grippes A et les grippes B. Dans cette grippe A, il y a ce qu'on appelle un H3N2 variant K.
01:15Pourquoi on en parle ? On en parle parce qu'il est un peu différent de la souche vaccinale.
01:20Qu'est-ce que ça veut dire en pratique ? C'est que le vaccin risque de moins bien protéger contre les infections.
01:28Mais heureusement, on a déjà les données des Anglais qui confirment que ce vaccin protège bien contre les formes sévères et les hospitalisations.
01:38Et c'est ce qu'on demande au vaccin.
01:40Oui, parce que la problématique du vaccin, pour le coup, c'est qu'il a été formulé, ce vaccin, pour la grippe cette année, avant l'apparition de ce variant.
01:47Du coup, il n'a pas été totalement formulé pour répondre à ce variant-là de grippe.
01:53Oui, les vaccins contre les grippes de l'hémisphère nord sont fabriqués en février.
01:59Vous savez, le virus de l'année dernière.
02:05C'est-à-dire, en fait, il y a plusieurs mois.
02:06Vous le savez, le problème du virus de la grippe, c'est qu'il continue en permanence à évoluer un peu.
02:13C'est pour ça qu'on change de vaccin chaque année.
02:17Et donc, selon les années, il arrive que le vaccin soit très bien adapté aux souches circulantes ou moins bien adapté.
02:23Donc, le vaccin reste la solution, même s'il n'a pas été adapté pour ce variant particulier.
02:29Est-ce que ce variant-K est plus contagieux ?
02:32Oui, a priori.
02:32Mais est-ce qu'il est plus virulent ?
02:34Est-ce que ça peut vraiment nous mettre à terre ?
02:35Alors, on a déjà, heureusement, les données, encore une fois, des pays qui ont été atteints avant nous,
02:40l'Angleterre en particulier, mais aussi le Japon.
02:42Non, il ne donne pas de formes plus sévères.
02:45Et puis, j'insiste, le vaccin, c'est vraiment la façon la plus efficace de se protéger
02:51contre les formes sévères, contre les hospitalisations.
02:54Rappelez-vous un chiffre.
02:56Chaque année, on le constate, mais on le constate aussi cette année,
03:00plus de 90%, en pratique 98% des personnes qui sont hospitalisées en réanimation,
03:09ne sont pas vaccinées.
03:10c'est vous dire le pouvoir de ce vaccin pour protéger contre les formes graves.
03:15Et qui sont alors ceux qui sont peut-être les populations les plus à risque aujourd'hui ?
03:19Alors, les plus de 65 ans sont les personnes qui, je dirais, payent le plus lourd tribut à la grippe.
03:27Vous le savez, c'est la majorité des personnes qui vont être hospitalisées.
03:34L'année dernière, 30 000 hospitalisations.
03:37Et c'est pratiquement la totalité des personnes qui vont en décéder.
03:42Et je rappelle que l'année dernière, il y a eu plus de 17 000 décès.
03:45Et le vaccin est gratuit pour les plus de 65 ans ?
03:48Absolument.
03:48On le rappelle.
03:49En plus du vaccin, il y a les traditionnels gestes barrières,
03:51les mêmes que pour le Covid, j'imagine, pour se protéger ?
03:54Alors, tout à fait.
03:55L'intérêt de ces gestes barrières, c'est qu'ils sont efficaces,
03:58non seulement pour la grippe, mais aussi pour le Covid.
04:00Et puis, ce fameux virus de la bronchiolite,
04:03qui atteint non seulement les nourrissons, mais aussi les personnes âgées.
04:06Donc, masques, solutions hydroalcooliques et ART,
04:10s'il y a quelqu'un, évidemment, de malade dans la famille.
04:14Bientôt les fêtes.
04:16Est-ce que c'est une mauvaise nouvelle ?
04:17Alors, pas les fêtes, mais est-ce que c'est une mauvaise nouvelle,
04:20pour le coup, pour l'épidémie de grippe ?
04:22Parce qu'on va tous se retrouver en famille.
04:24Alors, c'est vrai.
04:25Et c'est pour ça que les autorités européennes de tous les pays
04:30appellent à une vaccination sans délai,
04:34parce que les fêtes, c'est le moment où il y a un mixage social,
04:37et en particulier des différentes générations.
04:41Et on voit les personnes fragiles, les plus âgées.
04:45Sans délai, pourquoi ?
04:46Parce que pour être protégé au maximum, il faut 14 jours.
04:51Donc, vaccinez-vous aujourd'hui.
04:52Ça veut dire que vous avez la protection maximum le jour de Noël.
04:57Donc, n'attendez pas.
04:58Ah, il est encore temps, donc.
04:59Mais pour nous aussi.
05:00C'est clair, il est encore temps.
05:02Écoutez, en France...
05:02Pour protéger les personnes âgées, est-ce que nous, on doit se faire vacciner ?
05:05Très rapidement.
05:06Vous avez raison.
05:08Vraiment, je veux dire, la première chose,
05:10c'est d'obtenir que les trois quarts des personnes âgées,
05:13au moins, soient vaccinées.
05:15Mais les personnes qui sont en contact régulier
05:18et à proximité des personnes fragiles,
05:21dont les personnes âgées,
05:22on leur recommande aussi de se faire vacciner.
05:24Et bien entendu, c'est aussi pour le personnel soignant.
Écris le tout premier commentaire