- il y a 3 mois
À LA UNE / Comment on (re)fait des bébés ?
L'année 2024 en France fut celle d'une natalité au plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon les chiffres de l'Insee. Le solde naturel (soit la différence entre le nombre de naissances et de morts) n'était que de 17 000 personnes. Alors que les françaises ont en moyenne moins de deux enfants dans leur vie, la population n'augmente presque plus. En janvier 2024, Emmanuel Macron appelait à un « réarmement démographique ». Cela n'a pas empêché une baisse supplémentaire de 2,3 % du nombre de naissances sur les 10 premiers mois de 2025 par rapport à 2024. Comment expliquer un tel phénomène ? À l'Assemblée nationale, un groupe parlementaire transpartisan a lancé en juin 2025 une mission d'information sur les causes et les conséquences de la dénatalité. 30 000 français ont alors répondu à une consultation citoyenne sur le sujet. Une étude de l'Ined met en avant le poids des questions économiques, géopolitiques et écologiques sur le renoncement à la parentalité. Plus de 20 % des 20-35 ans « ne se projettent pas du tout dans la parentalité », appuie ainsi Hélène Périvier, présidente du Haut Conseil de la famille. Le Haut-Commissariat à la stratégie et au Plan met lui l'accent sur les conséquences de ce phénomène : baisse d'effectifs dans le système éducatif entraînant notamment des fermetures d'écoles, diminution de la population en âge de travailler et inversion de la pyramide des âges. Pourquoi les Français font-ils de moins en moins d'enfants ?
Invités :
- Lisa Belluco, députée « écologiste et social » de la Vienne,
- Marie Lebec, députée « Ensemble Pour la République » des Yvelines,
- Jérémie Patrier-Leitus, député « Horzons et indépendants » du Calvados,
- Nicolas Berrod, journaliste au « Parisien ».
L'année 2024 en France fut celle d'une natalité au plus bas depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon les chiffres de l'Insee. Le solde naturel (soit la différence entre le nombre de naissances et de morts) n'était que de 17 000 personnes. Alors que les françaises ont en moyenne moins de deux enfants dans leur vie, la population n'augmente presque plus. En janvier 2024, Emmanuel Macron appelait à un « réarmement démographique ». Cela n'a pas empêché une baisse supplémentaire de 2,3 % du nombre de naissances sur les 10 premiers mois de 2025 par rapport à 2024. Comment expliquer un tel phénomène ? À l'Assemblée nationale, un groupe parlementaire transpartisan a lancé en juin 2025 une mission d'information sur les causes et les conséquences de la dénatalité. 30 000 français ont alors répondu à une consultation citoyenne sur le sujet. Une étude de l'Ined met en avant le poids des questions économiques, géopolitiques et écologiques sur le renoncement à la parentalité. Plus de 20 % des 20-35 ans « ne se projettent pas du tout dans la parentalité », appuie ainsi Hélène Périvier, présidente du Haut Conseil de la famille. Le Haut-Commissariat à la stratégie et au Plan met lui l'accent sur les conséquences de ce phénomène : baisse d'effectifs dans le système éducatif entraînant notamment des fermetures d'écoles, diminution de la population en âge de travailler et inversion de la pyramide des âges. Pourquoi les Français font-ils de moins en moins d'enfants ?
Invités :
- Lisa Belluco, députée « écologiste et social » de la Vienne,
- Marie Lebec, députée « Ensemble Pour la République » des Yvelines,
- Jérémie Patrier-Leitus, député « Horzons et indépendants » du Calvados,
- Nicolas Berrod, journaliste au « Parisien ».
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00:00:00Musique
00:00:01Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP Canal 8.
00:00:28C'est vendredi et comme chaque vendredi, puisque Chaque Voix Compte, c'est à vous que nous donnons la parole pour une émission consacrée ce soir à une pyramide dont le sommet est en train de se retrouver vers le bas.
00:00:41La pyramide des âges. Jamais la France n'a fait aussi peu de bébés. On parle désormais de dénatalité et cette dénatalité a des impacts économiques multiples.
00:00:51Pourquoi est-ce qu'on a arrêté de faire des bébés ? Comment relancer la courbe des naissances ?
00:00:56Eh bien vous allez pouvoir poser toutes vos questions à trois députés qui mènent en ce moment même ici à l'Assemblée Nationale une mission d'information sur cette baisse de la natalité.
00:01:05Bonsoir Marie Lebec. Bonsoir.
00:01:07Députée Ensemble pour la République des Yvelines. Bonsoir Jérémy Patrier-Lettus. Bonsoir.
00:01:11Députée Horizon du Calvados et rapporteur de cette mission d'information.
00:01:14Et bonsoir Lisa Bellucco. Vous êtes députée écologiste de la Vienne.
00:01:19Merci à tous les trois d'avoir accepté de vous prêter au jeu des questions-réponses avec notre public.
00:01:23Peut-être que dans le cadre de votre mission d'information vous allez vous-même pouvoir interroger le public.
00:01:27Peut-être que ce soir on va inverser les rôles. Pourquoi pas ?
00:01:30Parce que j'ai autour de moi des femmes et des hommes qui ont choisi d'avoir des enfants, qui ont choisi de ne pas en avoir.
00:01:35D'autres qui ont voulu mais n'ont pas pu.
00:01:37D'autres qui se posent encore la question ou qui hésitent.
00:01:40Chacun va nous raconter son histoire.
00:01:42Bonsoir Nicolas Béraud.
00:01:44Journaliste aux Parisiens. Vous traitez des questions de santé et de science.
00:01:47Vous nous aiderez à décrypter tous les derniers chiffres et toutes les dernières courbes de la natalité.
00:01:53Et je salue également Anna Cabana.
00:01:55Mais bonsoir Anna.
00:01:57Anna, comment on fait les bébés ?
00:01:58Comment certains ont essayé de faire faire des bébés aux femmes et sans aucun succès ?
00:02:06C'est ça qu'on va essayer de raconter.
00:02:08Voilà pour le programme de ce soir.
00:02:09A priori, puisque à défaut de faire des bébés, ce soir on fait une émission tous ensemble.
00:02:13Installez-vous confortablement chez vous.
00:02:15Chaque voix compte, c'est parti.
00:02:24Pour tout vous dire, c'est une vague dont même les démographes n'ont pas anticipé l'intensité.
00:02:29C'est une vague descendante.
00:02:31C'est celle de la natalité en France.
00:02:32Le taux de natalité devrait atteindre cette année 2025, un des plus bas historiques, avec pour la première fois plus de décès que de naissances sur un an.
00:02:44L'INSEE avait bel et bien imaginé ce scénario.
00:02:47Mais dans 10 ans, pas aujourd'hui.
00:02:48Deux minutes pour comprendre avec Martin Bornet.
00:02:5116 janvier 2024, le président de la République, Emmanuel Macron, appelle au réarmement démographique.
00:03:05L'infertilité masculine comme féminine a beaucoup progressé ces dernières années et fait souffrir beaucoup de couples.
00:03:12Un grand plan de lutte contre ce fléau sera engagé pour permettre justement ce réarmement démographique.
00:03:17Malgré cet appel, cette année encore, le nombre de bébés a baissé en France.
00:03:23De janvier à octobre, les naissances ont chuté de 2,3% par rapport à l'an dernier.
00:03:30Mais alors, pourquoi fait-on moins d'enfants ?
00:03:33L'Assemblée nationale s'est emparée du sujet via une mission d'information sur les causes et les conséquences de la baisse de la natalité.
00:03:41Les jeunes représentants de tous les partis politiques étaient auditionnés cette semaine.
00:03:46Avoir un enfant, ça coûte de l'argent.
00:03:48Le parcours du combattant pour avoir accès à une PMA, il est quand même assez énorme.
00:03:52Aujourd'hui, il y a une place en crèche pour 5 enfants.
00:03:54Rien n'est fait pour que les femmes puissent à la fois avoir des enfants et en même temps avoir de l'ambition et avoir une carrière.
00:04:01Une grande consultation citoyenne pour sonder les Français a également été menée.
00:04:06En ligne, le rapport sera rendu en janvier.
00:04:08Mais aujourd'hui, le constat est lourd.
00:04:11Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, le nombre de décès est presque équivalent à celui des naissances.
00:04:19Du 1er janvier au 31 octobre, il y a eu 538 000 naissances pour 534 000 décès.
00:04:27On va par à coups avec les changements de ministres.
00:04:31On va par à coups avec pas de vision stratégique générale.
00:04:37Et alors qu'on est évidemment dans une vision de long terme.
00:04:42Toute décision qui peut être prise maintenant n'aura des bénéfices qu'après un certain temps.
00:04:48Et donc on a besoin d'une vision stratégique sur le domaine qui dépasse la politique politicienne.
00:04:54Dans un rapport publié cette semaine, la Cour des Comptes alerte.
00:04:59La démographie déclinante va entraîner une baisse de la productivité et des recettes,
00:05:05menaçant à terme le financement de la protection sociale.
00:05:09La France reste toutefois bonne élève.
00:05:12Elle est le pays le plus fécond de l'Union européenne.
00:05:15La semaine dernière, un nouveau congé de naissance a été approuvé au Sénat.
00:05:19Il permettra aux deux parents de prendre deux mois supplémentaires pour accueillir leurs enfants.
00:05:26Est-ce suffisant pour nous convaincre de faire plus d'enfants ?
00:05:30Voilà, les termes du débat sont ainsi posés par Martin Bornet.
00:05:33Nicolas Béraud, on n'a pas encore les chiffres de 2025.
00:05:36Là, il nous reste trois semaines pour faire des bébés.
00:05:39Mais on peut d'ores et déjà parler d'un effondrement des naissances cette année.
00:05:44Oui, alors c'est un effondrement qui est en cours depuis 2010 à peu près.
00:05:48Il y a une baisse qui est très forte depuis maintenant 15 ans.
00:05:50On était à 660 000 bébés qui sont nés à peu près l'an dernier.
00:05:53Ce sera encore moins cette année parce que l'écart qu'on a,
00:05:56enfin plutôt le retard qu'on a sur les 10 premières mois de l'année,
00:05:59il est parattrapable en novembre et décembre.
00:06:01Et puis comme ça a été dit, on a non seulement cet effondrement des naissances.
00:06:05Pour donner un autre chiffre, on est passé de plus de deux enfants par femme en âge de procréé il y a 15 ans à 1,6 maintenant.
00:06:10Donc on a non seulement ça et puis les décès qui augmentent, ça pour le coup c'était attendu.
00:06:15Autant la baisse, l'effondrement des naissances est plus marqué que ce à quoi on s'attendait.
00:06:19Mais par contre la hausse des décès a été attendue.
00:06:21Et c'est pour ça qu'on a cette bascule entre les décès et les naissances.
00:06:24Les décès qui deviennent plus nombreux que les naissances, qui se produisent 10 ans plus tôt que prévu.
00:06:28Et cet effondrement des naissances, la grande question que se posent les politiques, les sociologues, les démographes,
00:06:33c'est est-ce qu'elle va se poursuivre ?
00:06:35Ça a été dit, la France reste le pays d'Europe où il y a le plus de bébés par femme qui naissent.
00:06:39Mais dans tous les pays ça baisse, sauf que nous on partait de plus haut.
00:06:42L'Italie est à 1,2 enfants par femme.
00:06:44C'est peut-être le chemin que prend la France, pour différentes raisons dont on va sûrement revenir.
00:06:48C'est pas un chemin qui est inéluctable, mais ça pourrait encore descendre plus bas.
00:06:51C'est ça qui est intéressant, c'est de se dire que c'est pas un chemin qui est inéluctable.
00:06:54Mais moi je voulais d'abord me tourner vers le public.
00:06:56Est-ce que cette dénatalité, elle vous inquiète ?
00:07:00Qui veut prendre la parole ?
00:07:04Allez.
00:07:06Vous êtes Paulin, c'est ça ?
00:07:08Hugues.
00:07:09Hugues. C'est normal, je n'ai pas mes lunettes.
00:07:10Vous voici, Hugues Dantin.
00:07:12Bonsoir, Hugues, oui, je suis papa de trois enfants, trois filles que j'ai eues en trois ans,
00:07:18parce qu'il y a eu deux jumelles qui ont 18 mois.
00:07:21Donc voilà, plutôt équipe réarmement démographique.
00:07:26Non, c'est inquiétant et je pense que c'est surtout le symptôme de beaucoup d'inquiétudes.
00:07:33On parle souvent de la consommation comme indicateur du moral des ménages,
00:07:37mais je pense que c'est aussi un symptôme, cette baisse de la natalité,
00:07:41d'un moral des ménages qui est en berne pour plein de raisons.
00:07:44Vous vous dites qu'une population qui n'est pas heureuse, c'est une population qui ne fait pas de bébés.
00:07:49Oui, parce que c'est une population qui ne se projette pas.
00:07:51Vous, vous avez hésité avant de faire le deuxième qui, en fait, a été deux et trois ?
00:07:58Parce qu'il y a aussi cette question de l'enfant unique qui, il y a encore 20 ou 30 ans,
00:08:03était un peu un cas à part.
00:08:05On disait, lui, il est fils unique.
00:08:06Maintenant, on ne le dit plus, puisqu'il y a une proportion d'enfants uniques
00:08:09beaucoup plus importante qu'auparavant.
00:08:11Est-ce que vous, vous vous êtes posé la question du deuxième ?
00:08:13Non, parce que ce dont je peux témoigner, pour le coup, c'est que le...
00:08:19Enfin, en tout cas, dans mon expérience, le premier est le plus difficile.
00:08:23Enfin, une fois qu'on s'est lancé...
00:08:25Non, mais c'est vrai.
00:08:26Une fois qu'on s'est lancé...
00:08:28Marie Lebec n'a pas l'air très d'accord.
00:08:30On ne sait pas pourquoi.
00:08:32C'est vrai qu'on investit énormément sur le premier, en stress, en...
00:08:37Voilà.
00:08:37Et bon, une fois qu'on a essuyé les plâtres, je trouve...
00:08:40Après, il peut y avoir des...
00:08:41Mais, en tout cas, de mon expérience, il y a beaucoup moins de stress pour les autres.
00:08:45Surtout quand elles sont deux.
00:08:46Oui, puis après, quand des jumelles arrivent, c'est encore une autre histoire.
00:08:49Qui veut prendre la parole, également, sur ce...
00:08:51D'abord, sur ce sujet de cette dénatalité, dont on parle quand même beaucoup,
00:08:55notamment parce qu'il y a cette mission d'information qui a été lancée,
00:08:58mais aussi parce qu'il y a des chiffres de la fin de l'année qui sont en train de paraître.
00:09:01Est-ce que, vous, cette dénatalité, elle vous fait vous poser des questions sur,
00:09:05non pas votre avenir personnel, mais l'avenir plus global du pays ?
00:09:09Bonjour.
00:09:09Bonjour à tous et toutes.
00:09:10Je suis Juliette Eskenazy.
00:09:12Je représente le collectif BAMP, qui représente les personnes en situation d'infertilité.
00:09:18Et nous, ces sujets-là nous peinent, pour la France, évidemment,
00:09:23mais parce que nous, on aimerait bien réarmer la France.
00:09:26Et que, évidemment, qu'il y a des sujets de volonté
00:09:30et que la baisse de la dénatalité est un sujet économique, social, sociétal, complexe.
00:09:36Mais en tout cas, le collectif et les membres que je représente, eux, souhaitent avoir des enfants,
00:09:41mais n'y parviennent pas, parce qu'ils font face à une infertilité.
00:09:45On y reviendra peut-être tout à l'heure plus en détail.
00:09:47Oui, on va y consacrer une grande partie.
00:09:49Mais en tout cas, il y a un sujet aussi de ce qu'ils voudraient faire des enfants,
00:09:53comment on peut les aider à y arriver.
00:09:55Et je pense que c'est effectivement un sujet essentiel pour atteindre cet objectif de réarmer la France.
00:10:01Une troisième parole, peut-être, parmi vous ce soir.
00:10:05Est-ce que quelqu'un veut parler de son inquiétude vis-à-vis de cette dénatalité ?
00:10:08Oui. Bonsoir.
00:10:10Bonsoir. Je m'appelle Essan Azolin, étudiant en sciences sociales, en première année.
00:10:16Et effectivement, vous voyez, je suis plus jeune.
00:10:19J'ai un regard qui peut paraître parfois étonnant.
00:10:20Vous vous demandez votre âge ?
00:10:21Oui, bien sûr, 18 ans.
00:10:23Donc ça peut donner un regard qui peut paraître étonnant.
00:10:27Pourquoi s'inquiéter à un si jeune âge ?
00:10:28Mais quand on voit les nombreux débats qui secouent le pays,
00:10:31notamment sur le départ à la retraite,
00:10:33on se pose la question, est-ce que la baisse de la natalité,
00:10:36est-ce que le fait qu'il y ait moins de personnes pour financer l'effort public,
00:10:40est-ce qu'il y a le fait qu'il y ait moins de personnes pour participer à l'entraide,
00:10:44pour participer à tout ce qui fait fonctionner notre pays,
00:10:46ça ne va pas causer des dégâts encore plus massifs par rapport à ce qu'on observe déjà en France.
00:10:52Et ça soulève des questions, notamment chez cette jeune génération qu'on représente.
00:10:57Vous qui avez 18 ans, est-ce que vous vous projetez dans une vie de parent ?
00:11:01C'est une question que je me pose beaucoup.
00:11:03On s'inquiète notamment par rapport à la situation économique,
00:11:07on se demande si on va avoir les moyens d'avoir des enfants,
00:11:09mais aussi par rapport au climat.
00:11:11On se demande si le monde qu'on va laisser à nos enfants va être suffisant
00:11:15pour qu'ils puissent avoir une vie agréable comme on l'a déjà
00:11:18et comme certains ont pu l'avoir.
00:11:20Il se trouve que pour comprendre cette révolution démographique et y répondre,
00:11:24vous avez donc lancé à l'Assemblée nationale une mission d'information fin juin.
00:11:28Jérémy Patriel-Etus, vous en êtes le rapporteur.
00:11:30Qu'est-ce que vous cherchez à savoir au juste ?
00:11:33Bonjour et merci de votre invitation,
00:11:36parce que justement dans cette mission d'information
00:11:37que nous avons souhaité créer avec le groupe Horizon à l'Assemblée,
00:11:40nous avons donné la parole aux Français,
00:11:41on y reviendra, mais 30 000 Français ont répondu
00:11:44à cette consultation citoyenne qui s'est achevée hier,
00:11:46ce qui montre que c'est un sujet important.
00:11:49On a cherché à comprendre un chiffre dont personne ne parle
00:11:51quand on parle de natalité,
00:11:53et si on n'en parle pas, on ne peut pas comprendre le problème.
00:11:55C'est qu'aujourd'hui, le désir d'enfant dans le pays reste élevé.
00:11:58Quand on interroge les Français, les Français nous disent,
00:12:01vous nous dites, que vous souhaitez encore, mesdames,
00:12:042,1 enfants par femme.
00:12:06J'avais 2,3, moi.
00:12:07Ça dépend, 2,3, 2,1, c'est difficile d'avoir un chiffre précis
00:12:10parce que c'est des études d'opinion, c'est des enquêtes.
00:12:12L'émission, c'est chaque voix compte,
00:12:13mais là, c'est chaque dixième compte
00:12:15quand il s'agit de faire des bébés.
00:12:16En tout cas, c'est plus de deux.
00:12:18Et donc, ça veut dire que les Français continuent d'avoir un désir d'enfant.
00:12:20Et les premiers résultats que je vous livre ce soir en exclusivité ici,
00:12:24et c'est normal puisqu'on est sur LCP,
00:12:2640% des Français que nous avons interrogés
00:12:28nous disent même qu'ils aimeraient avoir une famille de plus de 3 enfants.
00:12:32Pour faire court, ça veut dire que les Français ont encore un désir d'enfant,
00:12:36sauf que ce projet d'enfant n'aboutit pas.
00:12:38C'est-à-dire qu'il y a des Français dans le pays
00:12:40qui renoncent à avoir un enfant.
00:12:42Moi, je parle de désir d'enfant empêché.
00:12:44Et pour terminer, pas être trop long,
00:12:46notre rôle à nous, c'est pas de dire aux Français
00:12:49qu'ils doivent ou non avoir des enfants.
00:12:50C'est pas de dire combien ils doivent avoir d'enfants.
00:12:52C'est de dire, vous êtes trop nombreux à renoncer à votre projet d'enfant.
00:12:57Vous avez un désir d'enfant élevé.
00:12:58Comment nous, les politiques, on vous accompagne
00:13:01pour vous permettre de réaliser ce désir d'enfant ?
00:13:03Et je vais vous dire pour conclure,
00:13:04si on arrive à ce que l'indice de fécondité
00:13:07soit le même que le désir d'enfant des Français,
00:13:09alors toutes les questions qu'on se pose aujourd'hui
00:13:11n'auront pas besoin d'être posées.
00:13:13Mais si on prend le sujet comme un sujet macroéconomique,
00:13:16il faut faire des enfants pour réarmer le pays,
00:13:18il faut faire des enfants pour aller faire la guerre en Ukraine,
00:13:21il faut faire des enfants pour sauver le système de retraite
00:13:23ou le système social,
00:13:24non seulement c'est contre-productif,
00:13:26donc nous, on assume de dire qu'il faut mettre en place
00:13:28des politiques qui permettent de répondre
00:13:30aux problèmes du quotidien des Français.
00:13:32Vous avez notamment dans cette mission mis en ligne un questionnaire
00:13:35dont il était question dans le reportage tout à l'heure,
00:13:37auquel les Français pouvaient d'ailleurs répondre jusqu'à hier soir.
00:13:40C'est clos à présent, on est d'accord,
00:13:42vous n'avez pas joué les prolongations.
00:13:44Oui, c'est clos.
00:13:44Je crois que vous avez croulé sous les réponses.
00:13:47Vous avez un chiffre de participation à ce questionnaire-là ?
00:13:4930 000.
00:13:5030 000.
00:13:51Est-ce que vous avez commencé à éplucher les réponses ?
00:13:54On est en train.
00:13:55Parce qu'il y avait des questions très intimes,
00:13:57très personnelles dans ce questionnaire.
00:13:59C'était anonyme.
00:14:00Pardon ?
00:14:00C'était anonyme.
00:14:01C'était anonyme, mais avez-vous déjà reporté
00:14:03ou abandonné un projet d'enfant ?
00:14:05Quels sont les freins vous ayant conduit à renoncer
00:14:07à avoir un enfant supplémentaire ?
00:14:09Les gens se sont prêtés au jeu, même anonymement,
00:14:12et ont fourni des réponses qui vont réussir à vous éclairer ?
00:14:16Elles vont réussir à nous éclairer.
00:14:17Je sais que Marie a conduit aussi une consultation
00:14:19dans sa circonscription.
00:14:20Elle pourra en parler.
00:14:21Je ne vais pas monobliser la parole.
00:14:22Mais oui, en tout cas, il y a des remontées.
00:14:23Marie Lebec, il y a des réponses qui vous ont surprise ?
00:14:27Oui, absolument.
00:14:29Effectivement, je suis associée à la mission
00:14:32avec Jérémy Patrie et Léthus
00:14:34et Constance de Pellichy qui la président.
00:14:36C'est-à-dire qu'en fait, j'ai un peu pris ce sujet
00:14:38parce que j'avais une circonscription
00:14:40avec une dynamique de natalité peut-être un petit peu plus forte.
00:14:43Moi, j'ai grandi autour de moi.
00:14:45C'est la quatrième circonscription des Yvelines.
00:14:47Les deux grandes villes, c'est Houille et Château.
00:14:49Il y avait encore beaucoup de familles
00:14:50avec plus de cinq enfants.
00:14:53Il y en a encore avec familles un peu plus nombreuses
00:14:55que plus que deux, c'est-à-dire plutôt entre trois et quatre,
00:14:58mais il y a quand même eu un ralentissement.
00:14:59Et j'ai posté le fait que je participais avec Jérémy
00:15:02et Elisa aussi qui est dans la mission à cette mission.
00:15:06Et en fait, j'ai senti un mouvement très fort.
00:15:08Donc, on a conduit des auditions un peu locales.
00:15:10Donc, elles sont moins scientifiques
00:15:11que celles qui ont pu mener la mission d'information.
00:15:12Mais c'est un peu comme là le modèle.
00:15:14C'est-à-dire des gens qui parlent, je pense, de leur vécu.
00:15:17On a vu des professionnels de la petite enfance.
00:15:20On a vu des directeurs de crèche,
00:15:22des professionnels de santé, etc.
00:15:23Pour courir.
00:15:24Et comme on ne pouvait pas conduire toutes ces auditions,
00:15:26on a aussi fait effectivement ce questionnaire en ligne.
00:15:29Et effectivement, je trouve ça très intéressant.
00:15:32Parce que déjà, la première réponse,
00:15:33c'est que les gens, ils ont envie d'avoir des enfants.
00:15:35Ils parlent bien sûr de l'enjeu matériel,
00:15:38des difficultés matérielles sur lesquelles on reviendra.
00:15:41Mais aussi, et je trouve que ça suffit un peu de parfois
00:15:45la solitude de quand on devient parent.
00:15:47C'est-à-dire que le fait d'avoir un enfant,
00:15:49c'est à la fois une aventure, c'est quelque chose de merveilleux.
00:15:52Mais paradoxalement, ça isole un petit peu.
00:15:54Ça peut isoler un petit peu de ses amis.
00:15:56Ça peut isoler un petit peu...
00:15:57Ça peut isoler quand on n'a pas de famille en proximité.
00:15:59Ça, c'est un gros paramètre.
00:16:01Les gens disent beaucoup.
00:16:02Moi, je n'ai pas de famille à côté.
00:16:03Donc, en fait, je fais un peu moins d'enfants
00:16:04parce que dès que j'en ai un malade, c'est compliqué.
00:16:07Notamment, alors moi, je suis dans un territoire ultra métropolitain.
00:16:10Donc, c'est peut-être que d'un point de vue
00:16:12de quelqu'un qui serait un peu plus en réalité, ça changerait.
00:16:14Mais bon, bien sûr, on est très entouré.
00:16:17Il y a beaucoup de structures.
00:16:18Mais paradoxalement, on a peut-être aussi moins de liens familiaux,
00:16:21moins de relais d'amis, moins de...
00:16:23Et je trouve que ça change peut-être un petit peu.
00:16:25Alors moi, j'ai deux enfants de 3 et 5 ans.
00:16:27Donc, maintenant, ils sont à l'école.
00:16:28Donc, quand on arrive à l'école,
00:16:29on a tous les trois fait des enfants pendant notre mandat.
00:16:31Donc, c'est assez intéressant.
00:16:32Mais l'école, ça change un peu
00:16:34parce qu'on rencontre peut-être un peu des parents
00:16:36qui partagent les mêmes joies et les mêmes difficultés que nous.
00:16:40Mais c'est vrai que les trois premières années de vie,
00:16:42et puis notamment en fonction du mode de garde
00:16:44auquel vous avez pu avoir accès,
00:16:46vous pouvez être un petit peu isolé.
00:16:48Et à Louvcienne, par exemple, dans la circonscription,
00:16:50il y a une initiative financée par la CAF
00:16:52et par la mairie également,
00:16:54qui a créé un espèce d'espace
00:16:57où les femmes peuvent se retrouver une fois par semaine
00:16:59pour parler de ça.
00:16:59Et ça marche très bien, ça marche très fort.
00:17:02Et donc, c'est vrai que ça, je pense que c'est un paramètre aussi.
00:17:04Le changement de statut un peu quand on devient parent.
00:17:07Et par rapport à ce que vous disiez,
00:17:08c'est vrai que ça met beaucoup de stress.
00:17:09Moi, c'est plutôt le deuxième qui est plus dur que le premier,
00:17:11mais effectivement, ça peut mettre beaucoup de stress.
00:17:13Et on peut, je pense, pour les trois premières années de sa vie,
00:17:15se sentir un peu isolé.
00:17:16Et du coup, effectivement, peut-être s'interroger aussi
00:17:19sur le fait de dire, j'ai un peu moins de vie sociale.
00:17:22Je vois, tout est un peu moins facile au début.
00:17:24Et je pense que ça peut interroger beaucoup sur le projet familial
00:17:28qu'on désire avoir quand on est jeune.
00:17:30Je vois que ça fait sourire, Paulin.
00:17:32Est-ce que vous avez un micro, Paulin ?
00:17:35Alors, on va vous en donner un, Paulin.
00:17:37Vous êtes papa de deux enfants et vous vivez à Paris.
00:17:40Oui, c'est ça.
00:17:42Et donc, moi, ce que vous dites, ça me parle notamment de la solitude.
00:17:45Parce que du coup, j'ai pris un congé parental
00:17:46pour la naissance de ma fille, la deuxième,
00:17:48qui était aussi un peu la plus difficile.
00:17:50Et du coup, j'ai ressenti vraiment cette solitude de parents
00:17:54en congé parental où, lorsque je m'occupais d'elle,
00:17:56que je faisais des activités,
00:17:58j'étais surtout entouré de grands-parents, de nounous.
00:18:00Mais j'avais un peu cet isolement.
00:18:02Donc, je m'occupais de ma fille.
00:18:03Je pense que c'était un choix qu'on a fait.
00:18:04C'était un sacrifice financier aussi.
00:18:06Mais du coup, cette solitude était assez pesante.
00:18:08Et à la fin, au bout d'un an,
00:18:09j'étais quand même très content de reprendre le travail
00:18:12pour rompre cette solitude qu'on avait de parents.
00:18:15C'est-à-dire que vous étiez au parc
00:18:16et vous étiez entouré de nounous, c'est ça ?
00:18:18Voilà, j'avais la chance le mercredi d'avoir les grands-parents, souvent.
00:18:21Mais du coup, des papas comme moi,
00:18:24il y en avait très peu en congé parental et j'étais très isolé.
00:18:27Je vais vous poser des questions un peu personnelles.
00:18:28Vous travaillez, Paulin ?
00:18:29Oui.
00:18:30Comment ça s'est passé au travail ?
00:18:32Alors, ça a été assez difficile.
00:18:33Du coup, ça a été mal perçu par ma hiérarchie.
00:18:36Du coup, ils ne comprenaient pas.
00:18:38Donc, j'ai eu des réflexions du style
00:18:39« Ce n'est pas lui qui a accouché.
00:18:41Pourquoi il s'arrête ? »
00:18:43Sérieux, on vous a dit ça ?
00:18:44Oui, j'ai été aussi convoqué chez ma hiérarchie
00:18:47en me disant qu'ils ne comprenaient pas mon choix.
00:18:49Et donc, ça a été assez mal perçu.
00:18:51C'est sans doute que vous étiez un salarié précieux,
00:18:52mais que vous avez aussi une drôle de direction, non ?
00:18:55Oui, du coup, j'ai changé d'employeur depuis, d'ailleurs.
00:18:59Ils ont tout gagné.
00:19:01Et alors, pareil, vous vivez à Paris,
00:19:03désormais avec deux enfants.
00:19:04Est-ce que, par exemple, le logement,
00:19:06ça a pu être un frein avant de faire le deuxième ?
00:19:09Oui, tout à fait.
00:19:09Donc, quand on a fait le deuxième,
00:19:10il nous manquait une chambre.
00:19:12Donc, il a fallu aménager une chambre dans le salon.
00:19:14Donc, ça a été vraiment un problème.
00:19:15Il y a toute une organisation.
00:19:16Et c'est vrai que quand on est mal logé à deux,
00:19:18c'est difficile de se projeter à trois ou à quatre.
00:19:21Et c'est vraiment un frein.
00:19:22Et ça, je l'ai ressenti.
00:19:22J'ai vécu aussi en région.
00:19:24Et j'ai pu le ressentir sur tout le territoire, en fait,
00:19:26cette problématique du logement.
00:19:28Il y a un élément qui nous dit aussi
00:19:30le hiatus entre la fécondité constatée
00:19:32et le désir d'enfant.
00:19:33C'est l'engorgement actuel
00:19:35des centres de congélation des ovocytes.
00:19:39C'est autorisé en France depuis 2021
00:19:41et la loi bioéthique.
00:19:43Et on peut parler, vous allez le voir,
00:19:45d'un phénomène.
00:19:46Reportage sur le terrain signé
00:19:47Maïté Frémont et Aziz Ogoze.
00:19:50Je me mets là.
00:19:52Je peux pincer un peu la peau.
00:19:55Et on va aller piquer.
00:19:56Sur cette vidéo postée sur les réseaux sociaux,
00:19:59Scandra se filme pendant sa stimulation ovarienne.
00:20:02A 34 ans, pour faire taire la pression
00:20:05de l'horloge biologique,
00:20:07elle a décidé de congeler ses ovocytes.
00:20:09J'ai fait la congélation des ovocytes
00:20:12parce qu'à l'époque, j'étais en couple depuis 4 ans.
00:20:15Et je ne me projetais pas forcément
00:20:17dans la maternité avec cette personne
00:20:20et aussi de manière personnelle non plus.
00:20:23Parce qu'elle se sent rapidement très seule
00:20:25dans son parcours,
00:20:26Scandra poste des dizaines de vidéos,
00:20:29des dizaines de photos
00:20:30et va même créer un groupe de paroles
00:20:32pour, dit-elle, casser un tabou.
00:20:35Après 18 mois d'attente,
00:20:36une quinzaine d'ovocytes lui sont prélevés,
00:20:39conservés et congelés dans une cuve comme celle-ci,
00:20:42dans un bain d'azote,
00:20:44à moins 170 degrés.
00:20:46Carole est technicienne de laboratoire,
00:20:48ici, dont l'un des centres pionniers
00:20:50de la fécondation in vitro en France.
00:20:53Ce jour-là,
00:20:54elle ajoute à la bonbonne un nouvel ovocyte.
00:20:56Ça reste ici jusqu'à ce que les gens
00:20:58viennent reprendre leurs embryons,
00:21:00leurs ovocytes, leurs spermes.
00:21:03Stockés ici pour 40 euros l'année,
00:21:05c'est aux patientes de décider
00:21:06quand elle souhaitera les retirer.
00:21:08On va avoir besoin de bonbons supplémentaires
00:21:10avec la conservation d'ovocytes
00:21:13qui n'arrête pas d'augmenter.
00:21:15Donc ça va être un gros souci pour nous.
00:21:17Une demande de plus en plus forte
00:21:18et des cuves limitées.
00:21:21Au laboratoire, Carole traite chaque jour
00:21:23une cinquantaine d'ovocytes.
00:21:25L'activité d'autoconservation
00:21:27a pris le pas sur la fécondation in vitro
00:21:29de tous les jours,
00:21:31de routine qu'on avait auparavant.
00:21:32L'offre de soins peine à suivre,
00:21:34seulement 4 ans après l'ouverture
00:21:36de la conservation d'ovocytes
00:21:38à toutes les femmes,
00:21:39âgées entre 29 et 37 ans en France.
00:21:43On est arrivé à saturation.
00:21:45Si on n'a pas de moyens supplémentaires
00:21:47de consultation,
00:21:48de moyens humains,
00:21:49de moyens personnels,
00:21:50de moyens de conservation,
00:21:52on ne peut pas aller plus loin.
00:21:54Et en France, il y a un vrai problème.
00:21:55En France, seules 42 centres sur 104
00:21:58sont aujourd'hui autorisées
00:22:00à faire de la congélation d'ovocytes.
00:22:03On estime que moins de 10% des femmes
00:22:06reviennent demander une five
00:22:07de leur ovule congelée.
00:22:11Nicolas Béraud, là aussi,
00:22:12on a des chiffres étonnants
00:22:13sur ce qu'on disait,
00:22:15la différence entre le désir d'enfant
00:22:17et la fécondité.
00:22:19C'est aussi ce phénomène
00:22:20de la congélation des ovocytes
00:22:22autorisée en France depuis 2021.
00:22:24C'est grossesse plus tardive aussi.
00:22:26Oui, tout à fait.
00:22:26L'âge du premier enfant,
00:22:27il a tendance à grimper.
00:22:28Il se rapproche progressivement
00:22:29de 30 ans.
00:22:30L'âge de la maman,
00:22:32quel que soit le niveau de l'enfant
00:22:33en premier, deuxième, troisième,
00:22:34il a aussi tendance à grimper.
00:22:35Donc autrement dit,
00:22:36les femmes ont des enfants
00:22:37de plus en plus tard
00:22:37parce qu'elles ont plus souvent
00:22:39qu'avant une vie active, etc.
00:22:40Donc c'est peut-être moins leur priorité
00:22:42quand elles ont 20 ou 25 ans.
00:22:44Et ça, ça entraîne
00:22:45une infertilité croissante
00:22:46parce qu'on sait que les femmes,
00:22:48quand elles sont plus âgées,
00:22:49c'est plus compliqué pour elles
00:22:50d'avoir des enfants.
00:22:51L'infertilité,
00:22:52c'est un des facteurs explicatifs
00:22:54de la baisse de la natalité
00:22:55parmi beaucoup d'autres.
00:22:56Il y a deux raisons principales.
00:22:57Il y a déjà ça,
00:22:58comme on l'a dit,
00:22:59l'âge de la maman
00:22:59quand elle a un enfant
00:23:00qui augmente.
00:23:01Et puis il y a aussi
00:23:02des facteurs environnementaux,
00:23:03notamment des perturbateurs endocriniens
00:23:05qui peuvent avoir un impact
00:23:06sur notre fertilité
00:23:07qui est un problème
00:23:08qui concerne 3 millions de personnes,
00:23:093,5 millions de personnes en France,
00:23:11à la fois des hommes et des femmes,
00:23:13autant d'hommes que femmes.
00:23:14Donc ce n'est pas
00:23:14qu'un problème de femmes.
00:23:15Et sur le désir d'enfant,
00:23:17comme a dit M. le député,
00:23:18il reste élevé en France,
00:23:19au-dessus de 2.
00:23:20Donc il y a ce gap
00:23:20entre plus de 2 enfants voulus
00:23:22et 1,6 enfants en réalité.
00:23:25Mais ce désir d'enfant,
00:23:26il a quand même aussi tendance
00:23:27un petit peu à diminuer.
00:23:28Une étude de l'INED le montrait
00:23:29quand on interroge les hommes,
00:23:30les femmes,
00:23:31ils sont moins nombreux qu'avant
00:23:32à vouloir 3, 4, 5 enfants
00:23:34et plus nombreux qu'avant
00:23:35à en vouloir 1 ou 2
00:23:36pour des raisons sociétales.
00:23:38Les femmes ont peut-être
00:23:38d'autres aspirations
00:23:39que celles d'il y a 30 ans.
00:23:40Il y a peut-être des craintes
00:23:41pour l'avenir,
00:23:42des raisons sur lesquelles
00:23:43l'État n'a pas forcément à agir.
00:23:44Mais si déjà,
00:23:45on parvenait à combler ce gap
00:23:47entre le nombre d'enfants
00:23:48qu'on veut
00:23:48et le nombre d'enfants qu'on a,
00:23:50on aurait déjà sauvé la patrie.
00:23:51C'est exactement ce que disait
00:23:52Jérémy Patriellitus tout à l'heure.
00:23:54Juliette, je rappelle
00:23:55que vous êtes bénévole
00:23:56dans un collectif
00:23:57qui sensibilise justement
00:23:58à la PMA,
00:24:00à la procréation médicalement assistée.
00:24:02D'abord,
00:24:02est-ce qu'il y a encore un tabou ?
00:24:05Oui, le tabou est énorme
00:24:07et c'est assez rigolo
00:24:09de se retrouver sur un tableau
00:24:11et parler de sujets
00:24:12qui sont si intimes finalement
00:24:14parce qu'avoir un enfant,
00:24:16c'est aussi parler de sexualité,
00:24:18c'est aussi parler
00:24:19de parcours médicaux très lourds
00:24:21et dont beaucoup de personnes
00:24:23ont encore honte.
00:24:25Donc oui,
00:24:26c'est un tabou.
00:24:28Y compris depuis que
00:24:29la congélation des ovocytes
00:24:31est autorisée en France,
00:24:31depuis la loi bioéthique,
00:24:33il n'y a pas justement
00:24:34quelque chose qui s'est libéré ?
00:24:36C'est encore léger,
00:24:37on va dire.
00:24:37Avant, on allait le faire
00:24:38à l'étranger,
00:24:39notamment en Espagne.
00:24:40C'est toujours beaucoup le cas.
00:24:42C'est toujours le cas,
00:24:42en raison notamment
00:24:43du fait qu'il n'y a que
00:24:44une quarantaine de centres en France.
00:24:46Alors non,
00:24:47c'est plutôt aujourd'hui
00:24:49si on va en Espagne,
00:24:50enfin nous,
00:24:50on représente les personnes
00:24:52en situation d'infertilité,
00:24:53donc vous le disiez très bien,
00:24:54il y a plusieurs raisons
00:24:55partagées entre la femme,
00:24:57l'homme
00:24:57et puis on a quand même
00:24:58une grande partie d'infertilité
00:24:59inexpliquée,
00:25:01donc on arrive face
00:25:02et vous n'aurez jamais de réponse,
00:25:04ça ne fonctionne pas,
00:25:04mais vous n'aurez jamais de réponse.
00:25:07Et ça concerne
00:25:08un couple sur quatre.
00:25:10C'est énorme,
00:25:11c'est-à-dire qu'en France,
00:25:12un couple sur quatre
00:25:13fait face à l'infertilité,
00:25:14ça ne veut pas dire
00:25:15qu'ils ne vont pas y arriver,
00:25:16donc ils peuvent y arriver
00:25:16naturellement,
00:25:17ou alors ils vont passer
00:25:18par un parcours AMP,
00:25:19donc d'assistance médicalement,
00:25:21de procréation médicalement assistée.
00:25:24Et en fait,
00:25:26finalement,
00:25:26sur ces parcours-là,
00:25:29ils font face
00:25:29à des difficultés aussi
00:25:31multiples,
00:25:33dont nous,
00:25:34on a trois grands combats,
00:25:35j'en passe vite sur deux,
00:25:36mais c'est le troisième
00:25:36qui est essentiel
00:25:37et qui rejoint
00:25:38les ovocytes.
00:25:39Le premier,
00:25:40c'est au travail,
00:25:40on parlait de monsieur
00:25:42qui prend un congé parental,
00:25:43mais alors quand vous faites
00:25:44un parcours AMP
00:25:45au travail,
00:25:45c'est très difficile
00:25:46de s'absenter,
00:25:48de faire ses traitements,
00:25:49de gérer et d'assumer ça
00:25:50parce que c'est très peu connu.
00:25:52Il y a des inégalités territoriales,
00:25:54deuxième gros sujet,
00:25:56très forte,
00:25:56c'est-à-dire que je pense
00:25:57à nos amis des Dromcom,
00:26:00qui notamment en Guyane,
00:26:02Saint-Pierre-et-Miquelon
00:26:03et Mayotte,
00:26:06il n'y a pas de centre AMP,
00:26:08donc si vous avez des difficultés
00:26:10à avoir un enfant,
00:26:10vous devez prendre l'avion.
00:26:12Martinique, Réunion, Guadeloupe,
00:26:14c'est compliqué aussi
00:26:15dans les territoires ruraux,
00:26:16vous pourrez peut-être
00:26:16le témoigner
00:26:17pour ceux qui sont en ruralité,
00:26:19on peut mettre trois heures
00:26:20à y aller,
00:26:20donc ça,
00:26:21c'est une grosse difficulté
00:26:22aussi dans ces parcours
00:26:22et le gros sujet,
00:26:24et là on y vient,
00:26:25c'est qu'aujourd'hui,
00:26:26on transfère des embryons
00:26:28qui ne fonctionneront pas.
00:26:30C'est-à-dire ?
00:26:31C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:26:34en France,
00:26:34alors qu'on a été
00:26:35un des premiers pays
00:26:36à faire la FIV
00:26:37avec l'Angleterre,
00:26:39on est un des derniers pays européens
00:26:41qui n'autorise pas
00:26:45à analyser les embryons.
00:26:46Donc ces femmes
00:26:47qui congèlent leur...
00:26:48Un diagnostic,
00:26:48vous voulez dire ?
00:26:49Exactement,
00:26:50le diagnostic préimplantatoire
00:26:52aneuploïde,
00:26:52donc je ne vais pas rentrer
00:26:53dans des termes scientifiques
00:26:54trop complexes,
00:26:55mais une fois qu'on a
00:26:56d'un côté ces ovocytes,
00:26:58on met des sphérnatozoïdes,
00:26:59ça fait des embryons.
00:27:01On les congèle
00:27:02et on les transfère,
00:27:03c'est-à-dire qu'on les met
00:27:04un par un dans le corps
00:27:05de la femme.
00:27:05et on peut en transférer
00:27:08un, puis le mois d'après
00:27:09un autre,
00:27:09puis un autre,
00:27:10puis un autre,
00:27:11tout ça sous traitement
00:27:12très lourd,
00:27:12on l'a vu,
00:27:13c'est des piqûres,
00:27:14etc.,
00:27:14c'est très difficile.
00:27:15Et 60 à 80%
00:27:17de ces embryons
00:27:18ne sont pas viables
00:27:19et ne fonctionneront pas.
00:27:20Avant même
00:27:20d'être implantés.
00:27:22Exactement.
00:27:23Ce qui fait qu'aujourd'hui...
00:27:25Quel est le frein ?
00:27:25Pourquoi il n'y a pas
00:27:26de diagnostic
00:27:26sur la qualité des embryons ?
00:27:29C'est interdit en France.
00:27:30Mais pourquoi ?
00:27:31Parce qu'il y a eu
00:27:35des grosses discussions
00:27:36au moment de la loi bioéthique,
00:27:37on en a parlé,
00:27:37qui a été révolutionnaire
00:27:38cette dernière loi bioéthique
00:27:39puisqu'elle a permis
00:27:40la PMA pour toutes notamment
00:27:41et la congélation des ovocytes,
00:27:43on en a parlé,
00:27:44mais n'a pas fait passer
00:27:45ce qu'on appelle
00:27:46le DPIA
00:27:46qui est aujourd'hui
00:27:48un non-sens
00:27:49dans un pays
00:27:50où on cherche
00:27:51à faire des bébés
00:27:52où des milliers de personnes
00:27:54cherchent à faire des enfants.
00:27:55On a eu en 2023
00:27:56160 000,
00:27:58165 000 transferts
00:28:00d'embryons
00:28:01il y a eu simplement
00:28:0228 000 réussites.
00:28:03Mais en préparant cette émission,
00:28:05c'est un chiffre
00:28:05qui m'a fait halluciner.
00:28:07Les procréations médicalement assistées
00:28:08ne représentent que
00:28:094% des naissances aujourd'hui.
00:28:12Alors que l'AMP
00:28:13depuis 15 ans
00:28:14a augmenté de 34%.
00:28:16Et donc ça veut dire
00:28:17que si on pouvait,
00:28:19si on avait le droit
00:28:20d'analyser ces embryons,
00:28:21moi, à titre personnel,
00:28:23dans mon parcours,
00:28:24j'ai, en un an et demi,
00:28:25on m'a implanté
00:28:268 embryons.
00:28:28Il y a eu
00:28:28zéro réussite.
00:28:29On pourrait tomber enceinte,
00:28:31faire une fausse couche,
00:28:32on pourrait...
00:28:32Même pas.
00:28:33Et en réalité,
00:28:35alors,
00:28:35c'est pas une solution miracle
00:28:36qui vous permet
00:28:37de tomber enceinte.
00:28:38Mais ça fait économiser
00:28:39de l'argent à la France.
00:28:41La France m'a donné,
00:28:42généreusement,
00:28:42plus de 10 000 euros
00:28:43pour faire ça.
00:28:44Mais si on avait fait
00:28:45le DPIA analysé,
00:28:47j'aurais peut-être eu
00:28:48zéro embryon.
00:28:49Et donc,
00:28:49ça gagne les fonds.
00:28:50Et ce qui fait qu'aujourd'hui...
00:28:51Vous avez trois députés
00:28:52devant vous.
00:28:52C'est eux qui font la loi.
00:28:54Ils sont en train de faire
00:28:54une mission d'information.
00:28:55Votre témoignage
00:28:56est sans doute très précieux
00:28:57pour eux.
00:28:57Est-ce que vous avez
00:28:58des questions précises
00:28:59à leur poser ?
00:29:00Oui.
00:29:01Alors,
00:29:01je ne suis pas représentante
00:29:02du corps médical,
00:29:03mais j'ai au sein
00:29:04de l'association vu
00:29:04que la grande majorité
00:29:07des professionnels
00:29:07de santé liés
00:29:08à l'infertilité
00:29:09souhaitent
00:29:11ce fameux DPIA
00:29:12et que ce serait...
00:29:15C'est une nécessité
00:29:16pour répondre
00:29:17à un problème
00:29:18de santé publique.
00:29:19On n'est pas sur
00:29:19une problématique
00:29:20niche médicale.
00:29:22On est à un problème
00:29:22de santé publique.
00:29:23Et donc,
00:29:24comment peut-on faire,
00:29:25messieurs et mesdames
00:29:26les députés,
00:29:26pour que lors
00:29:27de la prochaine loi bioéthique,
00:29:29on puisse mettre
00:29:30ce sujet
00:29:30à l'ordre du jour
00:29:31qui révolutionnerait
00:29:32les choses
00:29:33et qui empêcherait...
00:29:34Moi, je vais partir
00:29:34en Espagne.
00:29:35C'est terrible.
00:29:36Mais parce qu'en Espagne,
00:29:37c'est autorisé.
00:29:38Mais je peux me permettre
00:29:39financièrement de le faire.
00:29:40Isabelle,
00:29:41vous voulez bien lui répondre
00:29:42parce qu'on ne vous a pas
00:29:42encore entendu.
00:29:45Merci pour la question.
00:29:46Déjà,
00:29:46il y a un sujet
00:29:47sur ce diagnostic
00:29:48préimplantatoire
00:29:49et je crois savoir
00:29:51qu'il est pour l'instant
00:29:52interdit en France
00:29:53parce qu'il y a un risque
00:29:55de choisir le bébé,
00:29:58choisir sa couleur,
00:30:00Dieu,
00:30:00sa couleur de cheveux
00:30:01ou le sexe.
00:30:04Et donc,
00:30:04c'est ça
00:30:06qu'une partie
00:30:06des législateurs
00:30:09qui, à l'époque,
00:30:09ont voté la loi bioéthique
00:30:10voulaient éviter.
00:30:12C'est une dérive
00:30:13peut-être vers l'eugénisme
00:30:14ou quelque chose comme ça.
00:30:15néanmoins,
00:30:18et c'est ce qu'on fait
00:30:19à chaque fois
00:30:19qu'on parle de sujets
00:30:20bioéthiques,
00:30:21qu'on parle de sujets
00:30:22qui touchent
00:30:23à la vie,
00:30:24aux vivants,
00:30:25on peut aussi encadrer.
00:30:27Et le travail à faire
00:30:28et tout le travail à faire,
00:30:29on a fait,
00:30:31par exemple,
00:30:31un gros travail
00:30:32qui est encore en cours
00:30:33sur la loi sur la fin de vie.
00:30:34Alors,
00:30:35je ne me permets pas
00:30:36de rapprocher
00:30:36les deux bouts de la vie,
00:30:37mais c'est un sujet
00:30:39qui touche à l'éthique aussi.
00:30:42et là,
00:30:44on a réussi
00:30:45à trouver
00:30:45une forme d'encadrement.
00:30:46Donc,
00:30:47pourquoi pas
00:30:47trouver aussi
00:30:48une forme d'encadrement
00:30:49pour ce diagnostic
00:30:50préimplantatoire ?
00:30:52C'est ce travail
00:30:53qu'on doit engager
00:30:53et c'est ce travail
00:30:54qu'il faudra engager.
00:30:55Alors,
00:30:56moi,
00:30:56j'étais députée
00:30:56au moment de la...
00:30:57Je pense que vous avez...
00:30:58Non,
00:30:58vous n'êtes pas là.
00:30:59Non,
00:30:59j'étais députée
00:31:00à l'époque,
00:31:01effectivement,
00:31:01de la loi biotique
00:31:03et de l'ouverture
00:31:04à la...
00:31:042021.
00:31:05Moi,
00:31:06j'avoue,
00:31:06je trouve que c'est des sujets...
00:31:10Déjà,
00:31:10Lisa l'a très bien dit
00:31:11il y a une question éthique
00:31:13non pas effectivement
00:31:14dans ce que vous dites
00:31:15et c'est justement
00:31:15de dire
00:31:16pourquoi faire des essais
00:31:19dont on sait personnellement
00:31:20qu'ils ne vont pas fonctionner
00:31:21derrière,
00:31:21etc.
00:31:22Ça,
00:31:22c'est totalement vrai.
00:31:24Je pense que pour le législateur
00:31:25et en tout cas
00:31:27pour le législateur
00:31:28que je suis
00:31:28qui est un peu confronté
00:31:29au sujet,
00:31:30qui a été un peu...
00:31:30C'est un sujet
00:31:32très...
00:31:33Trouver le bon curseur,
00:31:35le bon encadrement
00:31:36parce que le dire,
00:31:38on voit tous,
00:31:39on est tous sensibles
00:31:40au fait de dire
00:31:40ce que vous avez dit
00:31:41et de ne pas basculer
00:31:42dans une forme de génisme
00:31:43ou alors des gens
00:31:44effectivement feraient le choix
00:31:45d'avoir plutôt
00:31:46une petite fille
00:31:46ou un petit garçon
00:31:47et voilà.
00:31:47Ça,
00:31:47je pense que tout le monde
00:31:48est à dire.
00:31:48Mais le traduire
00:31:49dans la loi,
00:31:49c'est assez dur
00:31:50et je trouve
00:31:52qu'il y a
00:31:53un curseur législatif.
00:31:56Moi,
00:31:56je trouve que les lois bioéthiques,
00:31:57je ne sais pas si partagées,
00:31:58mais c'est vraiment
00:31:59très difficile
00:32:00de traduire ça
00:32:03et d'en faire quelque chose
00:32:04qui soit opérant,
00:32:06qui soit peut-être aussi
00:32:07protecteur
00:32:08d'une société
00:32:09qu'on ne voudrait pas dessiner,
00:32:10mais qui est très juste
00:32:11dans ce que vous dites
00:32:12et ça a été,
00:32:12je pense,
00:32:13un des plus gros débats.
00:32:14Enfin,
00:32:14peut-être que vous aviez suivi
00:32:15à l'époque,
00:32:16mais ça a été,
00:32:17je pense,
00:32:17un des plus gros débats
00:32:18de ce texte.
00:32:19Je comprends tout à fait
00:32:21et je vous remercie
00:32:22pour vos réponses
00:32:23de la difficulté
00:32:24et le sujet
00:32:26n'est absolument pas,
00:32:27et vous le dites très bien,
00:32:28il s'agit d'écrire une loi.
00:32:30Donc,
00:32:30nous,
00:32:31on ne veut pas choisir
00:32:31le sexe,
00:32:32on veut juste réussir
00:32:33à faire des enfants.
00:32:35Et je pense que la difficulté,
00:32:36elle est partagée
00:32:37parce que la difficulté
00:32:38de parcours
00:32:39qui peuvent durer
00:32:405,
00:32:4110,
00:32:4115 ans parfois
00:32:42est terminée
00:32:43par rien.
00:32:45C'est-à-dire qu'on peut
00:32:46s'arrêter avec 15 ans
00:32:47de sa vie dédiée
00:32:48sans rien,
00:32:48ou avec un enfant
00:32:49si on a cette chance-là,
00:32:51ou avec deux.
00:32:52Mais en tout cas,
00:32:54j'entends cette difficulté,
00:32:55mais il faut prendre
00:32:56à bras le corps le sujet
00:32:57parce que,
00:32:58même si c'est compliqué
00:33:00et tout ce qui touche
00:33:01à l'éthique,
00:33:02et on le voit
00:33:02avec les opposants
00:33:03à ces sujets-là,
00:33:04vont brandir
00:33:05ce genre d'argument
00:33:06comme si on allait passer
00:33:08dans un film
00:33:08de science-fiction,
00:33:09nous,
00:33:09on demande juste
00:33:10à voir la viabilité
00:33:12des embryons,
00:33:13pas à choisir
00:33:14quoi que ce soit.
00:33:14Mais est-ce qu'on peut
00:33:15justement avoir
00:33:16un diagnostic préimplantatoire
00:33:18qui ne porte que sur
00:33:19la viabilité de l'embryon
00:33:21ou, fatalement,
00:33:22on aura d'autres informations
00:33:23sur le sexe,
00:33:24la couleur des cheveux,
00:33:25la couleur des yeux,
00:33:26ou que ce soit.
00:33:26Mais on n'est pas obligé
00:33:27de les délivrer,
00:33:27ces informations-là.
00:33:29On n'est pas obligé
00:33:30de les communiquer,
00:33:32en fait.
00:33:33Et donc,
00:33:33c'est ça que nous,
00:33:34on peut décider.
00:33:35C'est sur ça qu'on pourrait
00:33:36avoir la main
00:33:37si le sujet revenait
00:33:38sur la table, effectivement.
00:33:39Juste pour ajouter,
00:33:39parce que moi,
00:33:40j'avais des convictions
00:33:41avant cette mission
00:33:42d'information
00:33:43que je conduis.
00:33:44et peut-être que vous
00:33:45témoignerez,
00:33:45le collectif BAMP,
00:33:46et puis une famille
00:33:47qui est venue témoigner.
00:33:49C'était courageux
00:33:49parce que c'est filmé
00:33:50comme ce soir.
00:33:50Peut-être que vous en direz
00:33:51peut-être un mot
00:33:52parce que je crois
00:33:52que les personnes ici
00:33:54qui sont concernées,
00:33:55on a été confrontés,
00:33:56nous les députés,
00:33:57à un couple qui a eu
00:33:57sept ans d'errance médicale,
00:33:59de diagnostic,
00:34:00incomplet,
00:34:01d'incapacité,
00:34:02finalement,
00:34:02de savoir pourquoi
00:34:03ils étaient infertiles.
00:34:06Et je pense sur cette question,
00:34:08tout en étant prudent
00:34:09comme mes collègues députés,
00:34:10que ce qui compte,
00:34:11c'est l'équité
00:34:12par rapport à d'autres situations.
00:34:13Aujourd'hui,
00:34:14une famille qui aurait
00:34:14une maladie génétique,
00:34:15par exemple la maladie de Charcot,
00:34:17elle a le droit
00:34:17de faire un test génétique
00:34:18avant la naissance
00:34:19de l'enfant
00:34:20pour savoir si l'embryon
00:34:21est porteur du gène
00:34:23de la maladie de Charcot.
00:34:24Et les maladies génétiques,
00:34:25aujourd'hui,
00:34:25il y a eu une tolérance
00:34:26à cet équilibre
00:34:28qui est un principe
00:34:29de base d'interdiction,
00:34:32mais qui,
00:34:32sur certaines maladies génétiques,
00:34:33autorise en France
00:34:34des diagnostics génétiques
00:34:36avant les délais légaux
00:34:39de l'avortement.
00:34:40Pour une interruption médicale
00:34:40de grossesse.
00:34:41Sans comparer les deux,
00:34:42bien entendu,
00:34:43sur des sujets aussi sensibles,
00:34:45mais qu'il y a une manière,
00:34:46en tout cas c'est ma conviction,
00:34:47d'encadrer ces sujets-là.
00:34:49Moi, j'ai une position
00:34:50assez stricte
00:34:51sur ces sujets
00:34:52de bioéthique,
00:34:52d'éthique,
00:34:53même de fin de vie,
00:34:54mais je pense que,
00:34:55au regard de la situation
00:34:56que vivent des millions de Français,
00:34:59on doit être capable
00:34:59de trouver un mécanisme
00:35:00en France
00:35:01qui garantit absolument
00:35:03les écueils de l'eugénisme
00:35:05et qui permet aux familles
00:35:06d'éviter un écueil
00:35:08tout aussi majeur
00:35:09qu'il y ait l'errance
00:35:09de diagnostic
00:35:10qui vient briser des couples,
00:35:12briser des familles,
00:35:13briser des vies
00:35:13et je pense qu'on doit être capable
00:35:14de trouver un équilibre.
00:35:15Je voudrais donner la parole
00:35:16à Sandrine.
00:35:18Bonsoir Sandrine.
00:35:19Bonsoir, merci.
00:35:20Vous êtes ce que les Américains
00:35:22appellent childless,
00:35:23les sans-enfants.
00:35:24Vous en avez même fait
00:35:24une association
00:35:25qui s'appelle Happy Moi.
00:35:28Vous, ce que vous dites,
00:35:29c'est qu'on parle beaucoup
00:35:29du souhait de ne pas avoir d'enfant,
00:35:32ceux qui aujourd'hui
00:35:32revendiquent même
00:35:33de ne pas avoir d'enfant,
00:35:35mais on ne parle pas assez
00:35:36du renoncement subi,
00:35:38de l'enfant empêché,
00:35:39comme disaient les députés
00:35:40tout à l'heure.
00:35:41Exactement.
00:35:42Et pourtant,
00:35:42ce renoncement subi à l'enfant,
00:35:44il concerne beaucoup de personnes,
00:35:46beaucoup de parcours
00:35:47de vie différents
00:35:47qui mènent à ça.
00:35:48Il y a effectivement
00:35:49l'infertilité
00:35:50dont Juliette a parlé.
00:35:52Ce qu'il faut savoir,
00:35:52en fait,
00:35:53c'est qu'avec les dernières statistiques
00:35:55qu'on a,
00:35:56les traitements PMA,
00:35:57tout confondu,
00:35:5716% des traitements
00:35:59donnent un accouchement.
00:36:01Donc ça veut dire
00:36:01que pour le reste des gens,
00:36:04il n'y a pas d'enfant.
00:36:05Et aujourd'hui,
00:36:07les gens qui sortent
00:36:08de PMA sans enfant
00:36:09ne sont pas comptabilisés.
00:36:11Donc en fait,
00:36:12vous rentrez dans un parcours PMA
00:36:13et vous n'avez pas
00:36:14d'informations sur
00:36:15comment,
00:36:16quelles sont vos chances,
00:36:17en fait,
00:36:17des statistiques
00:36:18par rapport à votre âge,
00:36:20votre ou vos pathologies.
00:36:21Donc ça,
00:36:22c'est quelque chose
00:36:22qui est très compliqué
00:36:23d'entrer.
00:36:23Nicolas Bérot,
00:36:24ces statistiques,
00:36:25elles existent ?
00:36:26Oui,
00:36:26mais alors,
00:36:27elles existent
00:36:28et l'infertilité,
00:36:29ce qu'on dit là,
00:36:30c'est un problème majeur.
00:36:31Je suis journaliste santé,
00:36:31j'ai écrit plein d'articles
00:36:32sur le sujet,
00:36:33je ne vais pas,
00:36:33évidemment,
00:36:34me déjuger.
00:36:35Après,
00:36:36ça ne doit pas non plus,
00:36:37selon moi,
00:36:37cacher les autres facteurs
00:36:39de renoncement
00:36:39à avoir des enfants,
00:36:41les contraintes économiques,
00:36:42les incertitudes sur la suite.
00:36:43On a beaucoup parlé
00:36:44de dérèglement climatique
00:36:45pendant un temps
00:36:46et il est toujours
00:36:47de plus en plus prégnant.
00:36:48Mais c'est important aussi
00:36:49de donner la parole
00:36:50à des femmes et des hommes
00:36:52qui, eux,
00:36:52ont voulu un enfant
00:36:53et qui n'y parviennent pas
00:36:55ou n'y parviendront pas.
00:36:56Vous avez tout à fait raison.
00:36:57C'était juste pour dire
00:36:57qu'il y avait ça,
00:36:58c'était important,
00:36:58il n'y avait pas que ça.
00:36:59Et alors,
00:36:59ces chiffres-là précis,
00:37:00moi,
00:37:01je ne les ai pas en tête,
00:37:01mais les chiffres plus globaux
00:37:02sur l'infertilité
00:37:03qu'on a évoqué tout à l'heure,
00:37:05oui, bien sûr.
00:37:05Et en plus,
00:37:06elles progressent.
00:37:07C'est ça le problème,
00:37:07c'est que l'infertilité progresse
00:37:08pour des raisons,
00:37:10certaines sont connues,
00:37:11l'augmentation de l'âge
00:37:12de la maman à la naissance,
00:37:13mais d'autres,
00:37:14vous l'avez dit,
00:37:14et c'est vrai,
00:37:15ne sont pas connus.
00:37:15Il y a sans doute
00:37:16des facteurs environnementaux
00:37:17qu'on ne maîtrise pas
00:37:18encore très bien.
00:37:19Sandrine ?
00:37:19Voilà,
00:37:20il y a beaucoup de pathologies
00:37:20qui créent de l'infertilité.
00:37:22Il y a la PMA
00:37:23qui n'est pas une baguette magique
00:37:24qui ne fonctionne pas.
00:37:26Il y a autre chose
00:37:26qui est l'adoption
00:37:27qui est souvent brandie
00:37:28comme une baguette magique
00:37:29parce que dans l'inconscient collectif,
00:37:30il suffit de traverser la rue
00:37:31pour pouvoir adopter.
00:37:33Mais non,
00:37:33ce n'est pas vrai.
00:37:33Les statistiques d'adoption
00:37:35sont encore plus basses
00:37:36que les statistiques
00:37:38de succès de PMA.
00:37:40Donc,
00:37:40en fait,
00:37:40on se retrouve avec
00:37:41beaucoup de parcours de vie
00:37:42qui font que,
00:37:44soit pour des raisons médicales,
00:37:46soit pour des raisons sociétales,
00:37:47on se retrouve sans enfants
00:37:48et sans possibilité,
00:37:50en fait,
00:37:52de devenir parent
00:37:54avec les solutions
00:37:56que la société propose.
00:37:57Et en fait,
00:37:58effectivement,
00:37:58comme vous le disiez tout à l'heure,
00:38:00l'âge de la vie,
00:38:01la vie aujourd'hui,
00:38:02fait qu'on ne rencontre pas
00:38:03forcément l'homme
00:38:05ou la femme de sa vie,
00:38:06le coparent idéal,
00:38:07quand on a 25 ans.
00:38:08Et donc,
00:38:09on peut le rencontrer à 40 ans.
00:38:11Comment on fait
00:38:11à ce moment-là ?
00:38:13Et puis,
00:38:13il y a plein d'autres pathologies
00:38:14aussi qui font que
00:38:15on ne peut pas,
00:38:17qui ne sont pas forcément
00:38:17compatibles avec une PMA
00:38:19ou avec une grossesse.
00:38:21Il y a des gens
00:38:21qui ne se rencontrent pas
00:38:23l'âme sœur
00:38:23et qui ne veulent pas
00:38:24devenir maman solo.
00:38:26Donc,
00:38:26en fait,
00:38:26il y a tous ces profils-là
00:38:27qui sont très,
00:38:27très nombreux,
00:38:28qui ne sont absolument pas,
00:38:29qui ne sont pas audibles
00:38:31aujourd'hui.
00:38:31Et c'est pour ça
00:38:32qu'on a créé,
00:38:32donc avec Brice,
00:38:33mon conjoint,
00:38:34l'association Happy Moi
00:38:35pour justement représenter
00:38:36tous ces jamais-parents
00:38:37malgré eux,
00:38:39pour leur donner une voix,
00:38:40une légitimité.
00:38:41Parce que vous parliez
00:38:42tout à l'heure
00:38:43de la solitude
00:38:43des jeunes parents,
00:38:45des parents de jeunes enfants.
00:38:46Il y a aussi
00:38:47la solitude
00:38:47des jamais-parents
00:38:48parce qu'aujourd'hui,
00:38:50quand on dit
00:38:51qu'on n'a pas réussi
00:38:52à avoir d'enfants,
00:38:54c'est très incongru.
00:38:55On ne croit pas
00:38:55que c'est possible,
00:38:56en fait.
00:38:57Oui,
00:38:58et puis ça peut même donner
00:38:59lieu à des blagues,
00:39:00peut-être.
00:39:01Ce que vous n'avez pas essayé,
00:39:02aujourd'hui,
00:39:04vous êtes comment,
00:39:05vous,
00:39:05par rapport à votre désir
00:39:06d'enfant ?
00:39:06Vous avez renoncé ?
00:39:08Vous vous dites
00:39:08que ça ne sera pas
00:39:09dans votre vie ?
00:39:10Alors,
00:39:10moi,
00:39:10j'ai 51 ans,
00:39:11donc de toute façon,
00:39:12c'est cuit.
00:39:12Vous ne l'êtes pas du tout ?
00:39:14Je remercie mon coiffeur.
00:39:18Non,
00:39:18voilà,
00:39:19nous,
00:39:19notre parcours,
00:39:20il date un petit peu,
00:39:21ça fait 12 ans,
00:39:23en fait.
00:39:23Moi,
00:39:23je souffre d'endométriose,
00:39:25d'adénomiose
00:39:26et de SOPK,
00:39:27le combo magique,
00:39:28et j'ai fait cette tentative
00:39:30de PMA,
00:39:31je ne suis jamais tombée enceinte,
00:39:33je n'étais pas éligible
00:39:34au don d'ovocytes en France
00:39:35parce que j'étais trop âgée,
00:39:37qu'il y avait une liste d'attente
00:39:38qui n'était pas ouverte à moi,
00:39:41je n'avais aucune information
00:39:43sur la viabilité d'une grossesse,
00:39:47donc aller à l'étranger
00:39:48pour recourir au don d'ovocytes,
00:39:50je n'avais pas de garantie non plus
00:39:51que ça fonctionnerait,
00:39:53c'est un certain coût.
00:39:54L'adoption,
00:39:55les statistiques faisaient que
00:39:57on n'était pas prêts,
00:40:00tous les deux,
00:40:01à se lancer...
00:40:01Vous ne vous êtes pas lancée
00:40:02dans un processus d'adoption ?
00:40:05Non,
00:40:06parce que déjà,
00:40:06la FIV,
00:40:07ça nous avait bien fatigués,
00:40:09physiquement et psychiquement,
00:40:11ça c'est vrai qu'on n'en parle pas.
00:40:12Il y a un monsieur à côté qui fait,
00:40:13oui,
00:40:13mais en termes de santé mentale,
00:40:16il y a un vrai impact
00:40:17et ça,
00:40:18c'est vraiment quelque chose,
00:40:20ça a été difficile de se dire,
00:40:22mais en fait,
00:40:22non,
00:40:23ça ne marchera pas.
00:40:25Ce n'est pas pour nous.
00:40:25C'est Brice qui est à côté de vous.
00:40:26Vous voulez prendre la parole,
00:40:27Brice,
00:40:27ou vous voulez dire madame ?
00:40:28Non,
00:40:28je ne sais pas.
00:40:31Mais alors,
00:40:32profitez-en,
00:40:33vous avez devant vous
00:40:34trois députés
00:40:34qui sont en train de rédiger
00:40:35un rapport
00:40:36qui va être ultra précieux
00:40:38pour les prochaines années.
00:40:39Qu'est-ce que vous avez à leur dire
00:40:40ou à leur demander ?
00:40:42Comme disait Juliette,
00:40:45effectivement,
00:40:46de mettre en place
00:40:47peut-être une législation
00:40:50qui correspond plus
00:40:51à la réalité des citoyens
00:40:53aujourd'hui.
00:40:54On ne veut pas tous
00:40:55des enfants à 25 ans,
00:40:56on ne peut pas tous
00:40:57en avoir à 25 ans.
00:40:59Je pense qu'effectivement,
00:41:00est-ce que c'est aux citoyens
00:41:02de s'adapter à la société
00:41:03ou à la société
00:41:03de s'adapter aux citoyens ?
00:41:05Comme monsieur le disait
00:41:06tout à l'heure,
00:41:08si déjà,
00:41:08on arrive avec la législation
00:41:10à faire en sorte
00:41:11que tous ceux
00:41:11qui veulent un enfant
00:41:12ou plusieurs
00:41:13arrivent à en avoir,
00:41:14on aura gagné.
00:41:16Effectivement,
00:41:16c'est ça.
00:41:17Et que tous ces parcours-là
00:41:21soient reconnus
00:41:22et acceptés par la société
00:41:25parce que c'est vraiment
00:41:26quelque chose
00:41:26qui isole beaucoup
00:41:27et qui est très douloureux
00:41:28à vivre
00:41:28pour les childless définitifs.
00:41:32Il y a quand même un sujet,
00:41:34on parle beaucoup
00:41:34et c'est très important,
00:41:36je ne veux pas minimiser,
00:41:37de la situation
00:41:38pour gérer,
00:41:40accompagner les situations
00:41:41d'infertilité,
00:41:43essayer de trouver
00:41:44des solutions
00:41:45pour permettre
00:41:46aux personnes
00:41:46qui le veulent
00:41:47d'avoir un enfant maintenant.
00:41:48Mais il faut aussi
00:41:49qu'on s'attache
00:41:50à travailler
00:41:51aux causes
00:41:52de l'infertilité
00:41:53et vous avez cité
00:41:54la situation environnementale,
00:41:56les probables causes
00:41:58environnementales,
00:41:58on a quand même
00:41:59un faisceau d'indices
00:42:00qui montre
00:42:01que les perturbations
00:42:03endocriniens
00:42:03qui sont partout
00:42:04dans notre environnement
00:42:05aujourd'hui
00:42:05pourraient être
00:42:07la cause
00:42:07de l'augmentation
00:42:07de l'infertilité.
00:42:09Donc il faut absolument
00:42:10qu'on travaille
00:42:10sur la dépollution
00:42:12de notre environnement
00:42:13et je vais peut-être
00:42:14mettre un pavé
00:42:15dans la mare
00:42:15mais l'acétamipride
00:42:17qu'on a voulu
00:42:20réautoriser cet été
00:42:21c'est un perturbateur
00:42:22endocrinien,
00:42:23ça provoque notamment
00:42:24des troubles
00:42:25de l'érection
00:42:25et c'est soupçonné
00:42:26de provoquer
00:42:27de l'infertilité
00:42:28chez les hommes.
00:42:29Donc on a vraiment
00:42:31un sujet,
00:42:32on ne peut pas
00:42:32continuer à autoriser
00:42:33des pesticides,
00:42:34à autoriser des polluants,
00:42:35les polluants éternels,
00:42:37on s'est enfin
00:42:38en début d'année
00:42:38doté de la loi
00:42:39la plus ambitieuse du monde
00:42:40pour limiter
00:42:41les polluants éternels
00:42:42dans notre environnement
00:42:43ce sont des perturbateurs
00:42:46endocriniens aussi
00:42:47donc il faut travailler
00:42:48à dépolluer notre environnement.
00:42:49Est-ce que vous avez
00:42:50cherché à savoir
00:42:51pourquoi ?
00:42:53Est-ce qu'à un moment
00:42:54on se pose la question
00:42:55de se dire
00:42:55pourquoi les copines
00:42:57elles y sont arrivées,
00:42:58les copains
00:42:58ils y sont arrivés
00:42:59et pas moi ?
00:43:00Est-ce que vous avez
00:43:00cherché les causes ?
00:43:01On ne fait que ça.
00:43:03On ne fait que ça,
00:43:04on pose la question
00:43:05au corps médical
00:43:05et le corps médical
00:43:07il dit
00:43:07je ne sais pas.
00:43:09On ne peut pas savoir
00:43:10pourquoi ça marche
00:43:11pour la copine
00:43:11qui a de l'endométriose
00:43:12et pas pour moi
00:43:13alors que la copine
00:43:14est un peu plus âgée.
00:43:16C'est, je ne sais pas,
00:43:17la grande loterie de la vie
00:43:18mais non,
00:43:20on ne peut pas savoir.
00:43:21Et c'est ça
00:43:21qui est difficile en fait,
00:43:22c'est de ne pas avoir
00:43:23de données peut-être
00:43:25auxquelles se référer.
00:43:28Je remercie de votre témoignage,
00:43:29il est précieux
00:43:29et peut-être deux propositions
00:43:31sans dévoiler le rapport
00:43:31mais il y a un enjeu
00:43:33d'information.
00:43:34Quand on se lance
00:43:34dans un projet d'enfant
00:43:36dans notre pays
00:43:37on donne le sentiment
00:43:38que c'est simple,
00:43:39qu'il n'y a pas de problème,
00:43:39qu'on va y arriver
00:43:40et on est tous confrontés
00:43:42je pourrais vous parler
00:43:42de mon expérience personnelle
00:43:43qui n'est pas très intéressante
00:43:44mais on est tous confrontés
00:43:45au fait que c'est plus compliqué
00:43:46qu'on l'avait prévu.
00:43:46Alors ici,
00:43:47chaque voie compte
00:43:47donc toutes les expériences personnelles
00:43:48nous intéressent.
00:43:49Vous savez, monsieur.
00:43:50Je pensais,
00:43:51voilà, ma femme est l'endométriose
00:43:52je témoigne
00:43:53et moi-même
00:43:54une forme d'infertilité
00:43:56et on a mis plus longtemps
00:43:56que prévu pour avoir des enfants
00:43:57on y est arrivé
00:43:58et c'est une chance
00:44:00mais dans notre tête,
00:44:02dans notre inconscient
00:44:03on pensait que le jour
00:44:04où on le déciderait
00:44:05ça deviendrait une évidence
00:44:06et que ça serait immédiat.
00:44:07Donc il y a un enjeu
00:44:07d'information.
00:44:08Moi je plaide
00:44:09pour qu'on puisse dans le pays
00:44:10prévoir une consultation
00:44:11dédiée à ces sujets-là
00:44:13alors est-ce que c'est à 25 ans
00:44:14est-ce que c'est à 30 ans
00:44:14pour qu'on puisse dire
00:44:16au couple
00:44:17ou aux personnes seules
00:44:18qui projettent un enfant
00:44:19que c'est pas si simple
00:44:20et qu'il y a des enjeux
00:44:21de fertilité dans le pays.
00:44:22Une consultation de fertilité.
00:44:24Oui, une consultation de fertilité
00:44:25pour ainsi dire, exactement.
00:44:26En tout cas,
00:44:27que dans une consultation
00:44:28gynécologique traditionnelle
00:44:30par exemple pour une femme
00:44:31avec son conjoint
00:44:32si elle en a ou sa conjointe
00:44:33on puisse poser ces questions-là.
00:44:34Donc il y a un enjeu
00:44:35d'information.
00:44:36Et puis ensuite
00:44:36pour ne pas être trop long
00:44:37il y a un enjeu
00:44:38d'éviter deux fois
00:44:39le parcours du combattant.
00:44:40Aujourd'hui vous avez
00:44:41la PMA d'un côté
00:44:41et de l'autre l'adoption.
00:44:44Et c'est pas possible
00:44:44une fois que la PMA a échoué
00:44:46de se dire
00:44:46on va entrer dans un deuxième
00:44:47parcours du combattant
00:44:48l'adoption.
00:44:48Parce que là
00:44:49il y a déjà 7 ans
00:44:50qui sont élevés.
00:44:50Exactement.
00:44:51Et donc moi je plaide
00:44:52pour qu'on puisse articuler
00:44:53ces deux dispositifs
00:44:54et qu'on puisse éviter
00:44:55que les familles,
00:44:56les couples,
00:44:56les parents
00:44:57qui se lancent
00:44:58dans ce projet d'enfant
00:44:59ou deuxième enfant parfois.
00:45:00Parfois le premier
00:45:01on a réussi
00:45:01le deuxième on n'y arrive pas.
00:45:01Parce qu'aujourd'hui
00:45:02quand on est lancé
00:45:03dans un processus de PMA
00:45:04on ne peut pas se lancer
00:45:05dans une procédure.
00:45:06Non, en tout cas
00:45:06c'est pas articulé.
00:45:07Donc c'est-à-dire
00:45:08que si on attend 6 ans
00:45:08après on recommence
00:45:09complètement à zéro
00:45:10et on est considéré
00:45:11comme un couple
00:45:13comme les autres
00:45:13et donc on recommence
00:45:14un énième parcours
00:45:15du combattant.
00:45:16Moi je pense
00:45:16qu'on pourrait mieux articuler
00:45:18je ne sais pas
00:45:18si c'est une priorité
00:45:19pour les personnes
00:45:20qui se sont engagées
00:45:21dans un parcours de PMA
00:45:23mais il doit y avoir
00:45:23une articulation.
00:45:24On ne peut pas dire
00:45:25aux personnes
00:45:26qui ont passé 6 ans
00:45:27d'errance diagnostique
00:45:27que si ensuite
00:45:28ils souhaitent adopter
00:45:29on recommence pour 6 ans
00:45:30de parcours du combattant
00:45:31donc je pense
00:45:32qu'il y a une meilleure
00:45:32articulation à imaginer.
00:45:34Je suis en train
00:45:34de travailler
00:45:34sur la proposition
00:45:35plus précise
00:45:36mais il y a quelque chose
00:45:36à penser.
00:45:37Si je peux abonder
00:45:38dans le sens
00:45:38de ce que dit Jérémy
00:45:39à l'instant
00:45:40je trouve que
00:45:41le devoir d'information
00:45:42il est fondamental
00:45:42pareil du coup
00:45:43on a à peu près
00:45:44le même âge
00:45:44avec Jérémy.
00:45:46On n'a pas fait
00:45:46nos enfants ensemble.
00:45:47On n'a pas fait
00:45:47nos enfants ensemble.
00:45:49Mais c'est vrai
00:45:49que moi quand je suis
00:45:50enfin la première fois
00:45:52que je me suis dit
00:45:53on était un poste
00:45:53avec mon conjoint
00:45:54je voudrais un enfant
00:45:55j'étais voir la gynéco
00:45:56et je me suis dit
00:45:56comment on fait
00:45:57et en fait
00:45:57elle a un peu rigolé
00:45:58en me disant
00:45:58comment ça
00:45:59comment on fait
00:45:59et j'étais là
00:46:01non non mais
00:46:01qu'est-ce que je dois faire
00:46:02en termes de démarche
00:46:03est-ce que j'ai besoin
00:46:04de faire un bilan sanguin
00:46:05n'importe quoi
00:46:06et en vrai
00:46:06on en parle
00:46:07autour de la grossesse
00:46:09et de l'accouchement
00:46:09une espèce de chape de plomb
00:46:10un peu en France
00:46:11on ne parle jamais.
00:46:13Moi j'ai fait
00:46:13mon premier enfant
00:46:15il y en a pendant le Covid
00:46:15donc j'ai fait vaguement
00:46:17et avec une super sage femme
00:46:18mais deux cours d'accouchement
00:46:19en visio etc
00:46:21et quand elle m'a dit
00:46:22ce qui allait se passer
00:46:23après l'accouchement
00:46:23j'étais un peu là
00:46:24enfin arrêtez
00:46:25je ne vais pas du tout accoucher
00:46:25en fait ça ne me donne pas
00:46:27du tout envie
00:46:28mais personne ne m'a arrêté
00:46:28donc j'avoue
00:46:30que c'était un peu
00:46:31c'est un peu déroutant
00:46:32je trouve
00:46:33et c'est vrai que
00:46:34ce devoir d'information
00:46:35je pense qu'il est important
00:46:36tant pour les femmes jeunes
00:46:37que pour les couples
00:46:38mais je dirais aussi
00:46:38pour les hommes
00:46:39et je me permets juste
00:46:39de remondir très rapidement
00:46:40sur la question
00:46:40de la fertilité des hommes
00:46:41parce que j'ai vu
00:46:42un spécialiste
00:46:43un gynécologue spécialiste
00:46:44de la PMA
00:46:45là dans le cadre
00:46:46de mes auditions
00:46:46de circonscription
00:46:47et il me dit
00:46:49c'est très marrant
00:46:49parce qu'en fait
00:46:50il dit déjà
00:46:50quand je parle de la fertilité
00:46:52quand on fait un rendez-vous
00:46:53de fertilité pour une PMA
00:46:53je dis que les deux
00:46:54personnes du couple
00:46:56doivent être présentes
00:46:56il dit souvent les hommes
00:46:57ils me regardent
00:46:58avec des grands yeux
00:46:59et après il dit
00:47:00j'ai souvent la femme
00:47:01au téléphone
00:47:01et je lui dis
00:47:01préparez votre mari
00:47:02parce que je vais l'ausculter
00:47:03et là il dit
00:47:04généralement j'ai des hommes
00:47:04qui sont là
00:47:05ah non jamais de la vie
00:47:06et c'est vrai que
00:47:06je trouve que les femmes
00:47:08dès qu'on rentre
00:47:09dans une logique
00:47:09de prendre un contraceptif
00:47:12quel qu'il soit d'ailleurs
00:47:12en fait on passe
00:47:14dans un parcours
00:47:14de gynécologie
00:47:15et même d'ailleurs
00:47:16une fois qu'on est
00:47:17qu'on commence
00:47:18à avoir ses règles
00:47:19on est assez accompagnés
00:47:20médicalement sur le sujet
00:47:21et donc je l'interroge
00:47:23je dis pourquoi
00:47:23les hommes ils sont aussi
00:47:24réticents à être auscultés
00:47:25et il dit mais en fait
00:47:26un homme s'il n'a pas
00:47:27de problème
00:47:28de trouble inactile
00:47:29ou de problème
00:47:30au niveau de l'appareil
00:47:30reproducteur etc
00:47:31jamais il ne voit
00:47:33un spécialiste
00:47:34et je trouve que
00:47:35en fait je ne comprends pas
00:47:36pourquoi il n'y a pas
00:47:37de parcours
00:47:38un peu type gynéco
00:47:39mais du coup pour les hommes
00:47:40peut-être qu'il n'y en a pas
00:47:42besoin dès 16 ans
00:47:43parce que nous
00:47:44on va prendre par exemple
00:47:45la pilule
00:47:45ou faire poser un stérilet
00:47:46donc ça demande quand même
00:47:48l'intervention d'un tiers
00:47:49mais en tout cas
00:47:50il n'y a pas de
00:47:51vous voyez
00:47:52quand vos soins dentaires
00:47:54vous voyez un spécialiste
00:47:55à 3 ans
00:47:55un spécialiste
00:47:56et en fait les hommes
00:47:57ils ne voient jamais personne
00:47:58et donc c'est vrai que vous vous dites
00:47:59pourquoi la fertilité
00:48:00ce n'est pas qu'une affaire de femme
00:48:01mais la réalité c'est que
00:48:03et je suis assez intéressée
00:48:04messieurs d'ailleurs
00:48:04d'avoir votre point de vue
00:48:05sur le sujet
00:48:06je pense que jamais
00:48:08on dit aux hommes
00:48:09allez consulter
00:48:10voyez quelqu'un
00:48:11peut-être que vous êtes
00:48:11en parfaite santé
00:48:12mais peut-être aussi
00:48:13et si vous n'êtes pas en couple
00:48:14et que vous n'essayez pas
00:48:15de faire un enfant
00:48:16et que vous ne rencontrez pas
00:48:17des difficultés
00:48:17je ne suis pas sûre
00:48:18qu'un homme
00:48:18avant puisse se dire
00:48:20j'ai des problèmes de fertilité
00:48:21ce qui peut peut-être
00:48:22faire réfléchir les hommes
00:48:23c'est que plusieurs études
00:48:24ont montré
00:48:25que certaines expositions
00:48:26étaient associées
00:48:27à une baisse
00:48:27de la quantité de spermatozoïdes
00:48:29ça ne veut pas dire
00:48:30que ces hommes
00:48:30ne pourront pas avoir d'enfants
00:48:31parce qu'ils raident
00:48:32des spermatozoïdes
00:48:32mais ça peut être plus compliqué
00:48:33et ça c'est des études factuelles
00:48:35documentées
00:48:35qui l'ont montré
00:48:36donc vous avez tout à fait raison
00:48:37et c'est un des grands messages
00:48:39que je pense
00:48:39qu'on peut passer ce soir
00:48:40la fertilité
00:48:40c'est tout autant
00:48:41au moins une affaire de femmes
00:48:42que d'hommes
00:48:43bon alors il y a des hommes
00:48:44dans le public
00:48:44j'aimerais bien
00:48:45qu'on leur donne la parole
00:48:46je vois que vous voulez
00:48:46prendre la parole
00:48:47donc vous prenez un micro
00:48:48bonsoir
00:48:50bonsoir
00:48:51allez-y
00:48:52vous êtes
00:48:53il ne faut pas taper
00:48:54ça marche
00:48:55non non si ça marche
00:48:56il ne faut pas taper
00:48:56vous avez cassé les oreilles
00:48:58de nos téléspectateurs
00:48:59allez-y on vous écoute
00:49:00bonsoir
00:49:01je m'appelle Aaron
00:49:02j'ai 20 ans
00:49:03je suis étudiant
00:49:04comme mon camarade
00:49:05à l'Institut catholique de Paris
00:49:06en licence humanité
00:49:07voilà je voulais rebondir
00:49:11justement
00:49:11si vous me le permettez
00:49:12sur les propos du président
00:49:14de la république
00:49:14en début d'émission
00:49:15sur le réarmement démographique
00:49:17ah mais alors là
00:49:17vous donnez un tapis rouge
00:49:19à Anna Cabana
00:49:20pardonnez-moi
00:49:21parce qu'on va d'abord
00:49:22écouter Anna sur ce thème
00:49:24parce que ma chère Anna
00:49:25ce qu'il allait soulever
00:49:27c'est que le problème
00:49:28ne date pas d'hier
00:49:29c'est ce que disait aussi
00:49:30Nicolas tout à l'heure
00:49:30et c'est vrai qu'entre
00:49:31injonction et culpabilisation
00:49:33le moins qu'on puisse dire
00:49:34c'est que les politiques
00:49:35s'y sont toujours un peu
00:49:36un peu mal pris
00:49:38non
00:49:38oui mais là je ne résiste pas
00:49:39au plaisir de vous faire
00:49:40entendre les mots
00:49:41la passion véhémente
00:49:43et presque
00:49:43on colérait
00:49:44du grand champion
00:49:45du volontarisme politique
00:49:47nataliste
00:49:48qui était
00:49:48Michel Debré
00:49:49on est en 1975
00:49:51en 1975
00:49:53le taux de fécondité
00:49:54de 1,93
00:49:55enfants par femme
00:49:56et l'ancien premier ministre
00:49:57qui alors est député gaulliste
00:49:59député UDR
00:50:00plus précisément
00:50:01il appelle avec vigueur
00:50:03et autorité
00:50:04les femmes
00:50:05à leur responsabilité
00:50:06de mère
00:50:07regardez
00:50:08la France
00:50:10va-t-elle de nouveau
00:50:11connaître une période
00:50:13où le nombre
00:50:14des cercueils
00:50:15sera chaque année
00:50:16supérieur
00:50:17à celui des berceaux
00:50:18c'est pourquoi
00:50:19il est important
00:50:20qu'augmente
00:50:22le nombre
00:50:23des foyers
00:50:23d'au moins
00:50:24trois enfants
00:50:25au moins
00:50:27trois enfants
00:50:28par femme
00:50:28ça ne rigole pas
00:50:29mais alors
00:50:29pas du tout
00:50:30il s'énerve même
00:50:31il faut l'écouter
00:50:32on est à l'Assemblée nationale
00:50:33trois ans après
00:50:341978
00:50:35alors que la dénatalité
00:50:38menace l'équilibre
00:50:40des caisses de retraite
00:50:41dans cinq ou six ans
00:50:42il y en a
00:50:45qui ne veulent rien faire
00:50:46il y en a
00:50:47qui disent
00:50:48qu'on ne peut rien faire
00:50:49monsieur le premier ministre
00:50:51jeté par la fenêtre
00:50:54les sceaux
00:50:55les sceptiques
00:50:55et les abdicateurs
00:50:56ça fera un grand vide
00:50:57mais nous pourrons travailler
00:50:59alors le premier ministre
00:51:00c'était Raymond Barre
00:51:02sous la présidence
00:51:02d'un certain
00:51:03Valéry Giscard d'Estaing
00:51:05et ce Valéry Giscard d'Estaing
00:51:07il le soutenait ?
00:51:08pas franchement
00:51:09parce qu'il appartient
00:51:10sans doute
00:51:10à la catégorie
00:51:11des abdicateurs
00:51:12pour reprendre
00:51:13les mots de Michel Debré
00:51:14pourtant Valéry Giscard d'Estaing
00:51:16toujours fait passer
00:51:17les chiffres
00:51:18la rationalité
00:51:18avant les sentiments
00:51:19avant les émotions
00:51:20et bien il considérait
00:51:21même lui
00:51:22que sur un tel sujet
00:51:23on ne pouvait pas faire ça
00:51:25et que Michel Debré
00:51:25allait bien trop loin
00:51:27en culpabilisant ainsi
00:51:28les femmes
00:51:28il considérait
00:51:29je le cite
00:51:30Valéry Giscard d'Estaing
00:51:31qu'aborder ce domaine
00:51:32avec des vues purement économiques
00:51:34avec des moyens purement économiques
00:51:36et qu'il voudrait en quelque sorte
00:51:37acheter le troisième enfant
00:51:38blesserait
00:51:39disait-il profondément
00:51:40la conscience des parents
00:51:43et à l'époque
00:51:43sur le chemin
00:51:44de Michel Debré
00:51:45se dresse
00:51:46une femme
00:51:47vous voyez
00:51:47quelle femme
00:51:48une femme qui continue
00:51:49de se dresser
00:51:50sur le chemin
00:51:51des tenants
00:51:51du discours nataliste
00:51:52traditionnel
00:51:53Elisabeth Badenter
00:51:55on l'écoute
00:51:561989
00:51:57il y a une politique
00:51:59traditionnelle
00:52:01un discours traditionnel
00:52:02nataliste
00:52:03qui a toujours échoué
00:52:05je pense par exemple
00:52:06au discours
00:52:08que tout le monde connaît
00:52:09de Michel Debré
00:52:10appelant les femmes
00:52:11à faire leur devoir
00:52:12à être mère
00:52:14au fond
00:52:15en rappelant aux femmes
00:52:16leur nature
00:52:17leur instinct maternel
00:52:18et disant
00:52:19qu'elles sont responsables
00:52:21de la population
00:52:22d'un pays
00:52:23et bien c'était
00:52:24il y a 36 ans
00:52:25et 36 ans après
00:52:26elle continue
00:52:27Elisabeth Badenter
00:52:28d'être à la pointe
00:52:29de ce combat
00:52:30l'année dernière
00:52:30elle a même sorti
00:52:31un petit livre
00:52:32sur la dénatalité
00:52:33qui s'appelait
00:52:33Messieurs encore un effort
00:52:36et figurez-vous
00:52:36que ce qui l'a poussé
00:52:37à écrire ce livre
00:52:38c'est une crainte
00:52:39la crainte
00:52:39que les chiffres
00:52:40de la dénatalité
00:52:41se retournent
00:52:42contre les femmes
00:52:43c'est le fait
00:52:44que l'Amérique
00:52:44ait supprimé
00:52:45l'avortement
00:52:46dans certains états
00:52:47qui lui a inspiré
00:52:47cette crainte
00:52:48parce qu'elle considère
00:52:49qu'à partir de là
00:52:50un gouvernement
00:52:50peut décider
00:52:51de limiter
00:52:52voire de supprimer
00:52:53l'interruption volontaire
00:52:54de grossesse
00:52:54ou le recours
00:52:55à des moyens
00:52:56contraceptifs
00:52:57cette hypothèse
00:52:58a-t-elle écrit
00:52:58qui paraît invraisemblable
00:53:00aujourd'hui
00:53:01peut ne plus l'être
00:53:02d'ici une quinzaine d'années
00:53:03si la chute
00:53:04de la natalité
00:53:04se poursuit au même rythme
00:53:06et de surcroît
00:53:07écrivait-elle
00:53:08si les religions
00:53:09s'en mêlent
00:53:09nous aurions bien tort
00:53:11de ne pas prendre au sérieux
00:53:12cette hypothèse
00:53:12d'un retour
00:53:13à la maîtrise
00:53:13du corps des femmes
00:53:17on s'était vu
00:53:17à ce moment-là
00:53:18c'est qu'il y avait
00:53:18d'autres moyens
00:53:19que l'interdiction brute
00:53:20qui pouvaient se passer
00:53:22comme ce qui s'est passé
00:53:23en Italie
00:53:23c'est-à-dire par le biais
00:53:24des médecins
00:53:25en mettant des contraintes
00:53:26incroyables à l'avortement
00:53:27bref
00:53:27qui avaient un danger
00:53:29pour les femmes
00:53:29et elle considère
00:53:30Elisabeth Badinter
00:53:31au fond qu'il n'y a
00:53:32qu'un seul remède
00:53:33achever la révolution féministe
00:53:35aller jusqu'au bout
00:53:37du combat
00:53:37pour l'égalité des sexes
00:53:39c'est pour ça
00:53:39que ces messieurs
00:53:40doivent faire encore un effort
00:53:41elle leur demande
00:53:42une prise de conscience
00:53:44et ce qu'elle demande
00:53:45aux hommes et aux femmes politiques
00:53:46c'est de s'adresser
00:53:48d'abord aux hommes
00:53:50sur ce sujet
00:53:51aux hommes d'abord
00:53:53un rôle
00:53:54je vous redonne la parole
00:53:55vous étiez partie
00:53:56sur le réarmement démographique
00:53:58d'Emmanuel Macron
00:53:59oui c'est en effet
00:54:00merci madame Cabana
00:54:01en reparlant de ce sujet-là
00:54:04je voulais continuer ma question
00:54:07et un petit clin d'oeil
00:54:08à la députée écologiste
00:54:10justement
00:54:10j'ai l'impression
00:54:12et ce n'est que mon avis
00:54:13et je ne suis pas encore
00:54:14concerné par le sujet
00:54:16de la natalité
00:54:16que le gouvernement
00:54:18quelque sorte
00:54:19à mon sens
00:54:20s'égare
00:54:21en utilisant
00:54:21mon camarade
00:54:22parlait de l'inquiétude
00:54:24qu'on peut avoir
00:54:24pour le climat
00:54:25par exemple
00:54:25nous avons entendu
00:54:27parler récemment
00:54:28dans les sphères gouvernementales
00:54:30d'écologie punitive
00:54:31est-ce que
00:54:33ce ne serait pas
00:54:35une sorte
00:54:35de contournement
00:54:36face à
00:54:37ce qui s'avère être
00:54:38des obstacles
00:54:39en fait financiers
00:54:40voire
00:54:41disons pratiques
00:54:42qu'est-ce qu'à la place
00:54:44et je ne sais pas
00:54:45je ne suis pas
00:54:46encore une fois
00:54:47dans les cercles parlementaires
00:54:48mais
00:54:49ne suffirait-il pas
00:54:51je pense
00:54:51d'employer
00:54:53de mettre en place
00:54:54des programmes
00:54:55financiers
00:54:56d'accompagnement
00:54:57alors
00:54:57on va venir
00:54:59parce que ça
00:54:59vous savez
00:55:00ils sont en train
00:55:00de rédiger leur rapport
00:55:01et vous avez compris
00:55:02que Jérémy Patrier
00:55:02est dessus
00:55:03il entretient
00:55:03un peu le suspense
00:55:04sur les conclusions
00:55:06et les préconisations
00:55:07de son rapport
00:55:09moi je voulais aussi
00:55:11vous poser la question
00:55:11de savoir
00:55:12Nicolas
00:55:13peut-être que vous avez
00:55:14une réponse
00:55:14est-ce qu'on mesure bien
00:55:15aujourd'hui
00:55:16à quel point
00:55:16cette dénatalité
00:55:18va toucher
00:55:19absolument
00:55:19tous les secteurs
00:55:21de nos vies
00:55:22et de notre société
00:55:23bien sûr
00:55:24déjà
00:55:24il y a beaucoup
00:55:25de communes en France
00:55:26ou des écoles fermes
00:55:28où les maternités
00:55:29ont de moins en moins
00:55:30d'accouchements
00:55:30et on sait que
00:55:31quand il y a de moins en moins
00:55:32d'accouchements
00:55:33ça devient parfois dangereux
00:55:34parce qu'il y a de moins en moins
00:55:35de spécialistes
00:55:36donc parfois
00:55:37paradoxalement
00:55:38ça peut sembler paradoxal
00:55:38mais il vaut mieux fermer
00:55:39deux petites maternités
00:55:40pour en faire une grosse
00:55:42avec plus de médecins
00:55:42à l'inverse
00:55:43il y a des EHPAD
00:55:44où les files d'attente
00:55:44s'allongent
00:55:45donc ça a des impacts
00:55:46déjà majeurs
00:55:47sur notre société
00:55:47ça aura des impacts
00:55:48majeurs
00:55:49ça en a déjà
00:55:50sur notre modèle social
00:55:51le financement
00:55:52de notre modèle social
00:55:53ce matin je parlais
00:55:54avec un économiste
00:55:55qui me disait
00:55:55mais en fait en France
00:55:56on a été dans le déni
00:55:57jusqu'à maintenant
00:55:58et je pense que
00:55:59cette mission d'information
00:55:59les échanges avec les citoyens
00:56:00vont contribuer
00:56:01à sortir de ce déni
00:56:02parce qu'on a peut-être
00:56:03mal mesuré
00:56:03les conséquences majeures
00:56:05que vont avoir
00:56:06non seulement la baisse
00:56:07de la natalité
00:56:08mais aussi cette fameuse
00:56:09bascule
00:56:09plus de décès
00:56:11que de naissances
00:56:11Votre mission
00:56:12elle porte sur les causes
00:56:13et les conséquences
00:56:15de la baisse
00:56:15de la natalité
00:56:16comment vous allez
00:56:18rédiger un rapport
00:56:19sans tomber
00:56:19dans les indélicatesses
00:56:21dont on parlait
00:56:22tout à l'heure
00:56:22avec Anna Cabana
00:56:23comment être
00:56:24ni dans l'injonction
00:56:26ni dans la culpabilisation
00:56:28en étant très clair
00:56:29sur le principe
00:56:30aucun français
00:56:31ne fait des enfants
00:56:32pour sauver le pays
00:56:33ou alors ils sont
00:56:33très marginaux
00:56:34alors pardon
00:56:35parce que l'extrême droite
00:56:36n'est pas reprend
00:56:36sur ce plateau
00:56:37il n'est pas tout à fait pluraliste
00:56:38mais à part dans la tête
00:56:38de Sarah Knafo
00:56:39et de Marion Maréchal-Le Pen
00:56:40j'en parle
00:56:40parce qu'elles ont fait
00:56:41des tweets ce matin
00:56:41sur le sujet
00:56:42personne ne fait des enfants
00:56:44pour aller faire la guerre
00:56:45en Ukraine
00:56:45ou sauver le système
00:56:46de retraite français
00:56:47donc je pense que
00:56:49il faut faire très attention
00:56:50quand on parle de ce sujet
00:56:51oui c'est un vertige démographique
00:56:52oui c'est un défi majeur
00:56:53pour le pays
00:56:54oui si on continue
00:56:55avec 1,6 enfants par femme
00:56:56il y aura un PIB
00:56:57de moins 13%
00:56:57en 2070
00:56:58oui si on continue
00:57:00avec cet indice de fécondité
00:57:01il faudra 600 000
00:57:01à 700 000 immigrés par an
00:57:03à partir de 2070
00:57:04c'est un fait
00:57:05c'est un vertige
00:57:06c'est un défi
00:57:07mais ensuite
00:57:08la politique qu'on mène
00:57:09la politique familiale
00:57:10elle n'est pas là
00:57:11pour dire aux français
00:57:12faites des enfants
00:57:13pour suivre notre système
00:57:14économique et social
00:57:15je le redis
00:57:15parce que c'est très important
00:57:16en tout cas
00:57:17ça sera la philosophie
00:57:17de mon rapport
00:57:18c'est la philosophie
00:57:19du parti Horizon
00:57:20auquel j'appartiens
00:57:20avec Édouard Philippe
00:57:21c'est de dire
00:57:21une chose très claire
00:57:22les français ont un désir d'enfant
00:57:24à nous les politiques
00:57:25de faire en sorte
00:57:26que ce désir d'enfant
00:57:27y soit réalisé
00:57:28et on va peut-être
00:57:29parler tout à l'heure
00:57:30de logement
00:57:30de mode de garde
00:57:31il y avait un monsieur
00:57:32qui habite Paris
00:57:32et on sait très bien
00:57:34qu'à Paris
00:57:34un enfant on campe
00:57:35et un deuxième enfant
00:57:37on décampe
00:57:37est-ce qu'il y a un vrai sujet
00:57:38mais sans dévoiler
00:57:39le contenu du rapport
00:57:40que vous rédigez
00:57:41sur quelle piste
00:57:42est-ce que vous êtes
00:57:43en train d'écrire
00:57:43on a compris
00:57:44qu'il y aurait
00:57:45quelque chose
00:57:46en rapport
00:57:46avec la loi bioéthique
00:57:47est-ce qu'il faut aller
00:57:49vers de nouvelles allocations
00:57:51je ne vais pas vous dévoiler
00:57:53le rapport
00:57:53c'est d'après-midi
00:57:54est-ce qu'il faut aller
00:57:55vers un nouveau
00:57:56congé parental
00:57:57pour faire simple
00:57:59les cours
00:57:59et laisser la parole
00:58:00à mes collègues
00:58:00et puis aux français
00:58:01qui sont là
00:58:01il y a un sujet de logement
00:58:02c'est un vrai problème
00:58:04une pièce en moins
00:58:05c'est un enfant de moins
00:58:06on caricature un peu
00:58:07mais il y a un problème
00:58:07de logement
00:58:08et si on veut
00:58:08répondre à ce désir
00:58:10d'enfant empêché
00:58:11il faut répondre
00:58:12à cette crise du logement
00:58:12j'aurai des propositions
00:58:13sur le logement
00:58:14il y a un sujet
00:58:15de mode de garde
00:58:15vous ne faites pas d'enfant
00:58:17si vous n'avez pas l'assurance
00:58:18que votre enfant
00:58:18va être gardé
00:58:19et gardé dans de bonnes conditions
00:58:20il y a la question
00:58:21du scandale des crèches
00:58:22etc
00:58:22donc il y a des propositions
00:58:23à faire sur le mode de garde
00:58:25et puis il y a des propositions
00:58:26à faire sur la conciliation
00:58:27vie professionnelle
00:58:28vie personnelle
00:58:29vous ne faites pas d'enfant
00:58:30ou vous en faites moins
00:58:31si vous avez le sentiment
00:58:32femme ou homme
00:58:34que vous ne pourrez pas
00:58:35accueillir votre enfant
00:58:36dans de bonnes conditions
00:58:36et que quand vous reprendrez
00:58:37votre travail
00:58:38vous serez soit pénalisé
00:58:39soit mis au placard
00:58:40donc c'est tous ces enjeux là
00:58:41et je termine en vous disant
00:58:42qu'on a aussi un maquis
00:58:43d'aide sociale
00:58:44fiscale
00:58:45aujourd'hui la politique
00:58:46familiale de la France
00:58:46si je vous demandais
00:58:47le nombre d'aides
00:58:48qui existent pour les parents
00:58:49et les familles
00:58:49à mon avis
00:58:50peu de gens ici
00:58:52sont capables de lister
00:58:53est-ce qu'un impôt
00:58:53n'a jamais fait faire des enfants ?
00:58:55en tout cas un impôt
00:58:56qu'on ne connaît pas
00:58:56et qu'on ne comprend pas
00:58:57c'est sûr qu'il ne contribuera
00:58:58pas à faire des enfants
00:58:59mais les études montrent
00:59:00que les aides financières
00:59:01ce n'est pas forcément
00:59:03ce qui marche le mieux
00:59:03en tout cas
00:59:04si on veut lever les contraintes
00:59:06et faire en sorte
00:59:07que les gens
00:59:07qui veulent des enfants
00:59:08en aient
00:59:09c'est ce que disait
00:59:09Valérie Giscard d'Estaing
00:59:10à l'époque
00:59:10il faut juste faire attention
00:59:12à ça pardon
00:59:13juste faire attention
00:59:14parce que quand on dit
00:59:14que les politiques familiales
00:59:16n'ont pas d'impact
00:59:16c'est dans des pays
00:59:17où il n'y a pas
00:59:18un décalage
00:59:19entre le désir d'enfant
00:59:20et la réalité
00:59:20de l'indice de fécondité
00:59:21en Hongrie
00:59:22le désir d'enfant
00:59:23est faible
00:59:23et effectivement
00:59:24la politique nataliste
00:59:25n'a pas fonctionné
00:59:25vous entendez la musique
00:59:26ça veut dire que c'est fini
00:59:28ça veut dire qu'on est ensemble
00:59:29depuis déjà une heure
00:59:30ça passe vite
00:59:31merci infiniment
00:59:33d'être venu ce soir
00:59:34interroger les députés
00:59:36sur ce sujet
00:59:37ce soir dans chaque voix compte
00:59:38l'émission est rediffusée
00:59:39tout à l'heure
00:59:40à 23h30
00:59:40si vous souhaitez
00:59:41faire partie du public
00:59:43pour nos prochaines émissions
00:59:44et venir vous aussi
00:59:45interroger les députés
00:59:46vous pouvez flasher le QR code
00:59:47qui va s'afficher
00:59:48sur votre écran
00:59:50lundi vous avez rendez-vous
00:59:51avec l'ami Francis Lothelier
00:59:52pour l'indicé politique
00:59:53son invité sera
00:59:54Pierre Moscovici
00:59:55le président de la cour des comptes
00:59:56nous on se retrouve
00:59:57mardi en direct
00:59:58à 19h30
00:59:59dans un instant
01:00:00c'est quai numéro 8
01:00:01Didier Varro
01:00:02embarque avec Calogéro
01:00:03et ensuite
01:00:04vous retrouvez le banquet
01:00:05avec vous ma chère Anna
01:00:06c'est quoi le thème ce soir ?
01:00:07le banquet c'est
01:00:08les polars
01:00:08les faits divers
01:00:09est-ce que la réalité
01:00:10n'est pas devenue
01:00:10plus romanesque que la fiction
01:00:12et il y aura
01:00:13Natacha Apana
01:00:14le maître du polar
01:00:16Jean-Christophe Granger
01:00:17Xavier Bertrand
01:00:18le réalisateur Peter Drouzis
01:00:20et Alain Boer
01:00:21merci Anna
01:00:22et à tout à l'heure
01:00:22merci Nicolas Béraud
01:00:23on vous lit chaque jour
01:00:24dans les pages
01:00:25santé et sciences du Parisien
01:00:27merci à tous
01:00:28excellente soirée
01:00:29sur LCP
01:00:29et à mardi
01:00:30merci à tous
01:00:44merci à tous
01:00:44merci à tous
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