- il y a 6 mois
La République Démocratique du Congo et le Rwanda signent un accord de paix à Washington censé mettre un terme au conflit qui ensanglante depuis trois décennies l'est de la RDC. Mais en quoi consiste vraiment cet accord ? Les explications de Colette Braeckman et Karim Yahiaoui.
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NewsTranscription
00:00De cet accord de paix justement entre les présidents rwandais et de RDC, avec Karim Yahyaoui qui est avec moi sur ce plateau.
00:08Bonsoir Karim. Bonsoir. Et à Bruxelles avec notre invitée Colette Breckman.
00:11Bonsoir, vous êtes journaliste au quotidien belge le soir, spécialiste de la région des Grands Lacs.
00:15Merci beaucoup d'être avec nous. D'abord votre réaction, Colette Breckman, à cette signature avec Donald Trump, cette mise en scène.
00:23Est-ce qu'on peut parler d'un véritable accord de paix ?
00:30Ah, il me semble qu'on a un petit souci, un petit problème de son avec un petit problème de connexion avec Colette Breckman.
00:40En attendant, je vous la pose.
00:42Elle est revenue.
00:43Non, moi je vous entends.
00:44Ah, vous m'avez entendu ? Donc est-ce que c'est un véritable accord ?
00:47Oui, oui, je vous entends.
00:48Est-ce un accord de paix dont on parle ?
00:52C'est un accord qui satisfait certainement les trois protagonistes à Washington.
00:56Chacun trouve son intérêt.
00:58Je pense que le président Tshisekedi se trouve conforté.
01:02On ne va pas remettre son pouvoir en question.
01:04Il peut espérer peut-être que les Américains ne laisseront briguer un troisième mandat.
01:10Pour Donald Trump, c'est très intéressant parce qu'il y a un accord conclu sur les minerais stratégiques.
01:15Pas seulement ceux du Kivu, le Coltan et le Cobalt, mais aussi les minerais du Katanga,
01:22qu'il souhaite pouvoir exporter via le corridor de Lobito, la côte angolaise et donc directement sur l'Atlantique,
01:30ce qui va contrer les ambitions et le commerce de la Chine.
01:34Et quant au président Kagame, il estime qu'il nie toujours que son armée soit présente au Kivu.
01:42Il n'a pas levé ce qu'il appelle des mesures défensives.
01:45Son armée est toujours très près de la frontière.
01:50Il soutient toujours le mouvement rebelle M23 qui, au moment même où l'accord est signé,
01:56poursuit des combats extrêmement violents dans le sud Kivu.
01:59Et donc les trois protagonistes ont des raisons de se réjouir de cet accord.
02:03Les seuls qui sont oubliés, ce sont les Congolais, les enfants qui travaillent dans les mines,
02:08les femmes qui sont violées et qui sont maintenant privées d'aide humanitaire,
02:14les millions de déplacés qui errent dans la région, eux, me semble-t-il, n'apparaissent pas dans l'accord.
02:20Vous restez avec nous à Colette Breckman.
02:22Une question justement à Karimi Ayahoui.
02:24Cet accord de paix n'est pas véritablement un accord de paix, ce que vient de dire Colette Breckman.
02:29C'est que les trois protagonistes ont un intérêt à le signer, mais sur place il y a encore des combats.
02:35En tout cas, c'est ce que disent les sources locales.
02:37Et le peuple lui-même ne figure pas vraiment dans cet accord.
02:40C'est vrai que sans doute que ces trois hommes y ont intérêt, mais sur le terrain, la situation reste critique.
02:47Et cet accord de paix, en réalité, ceux qui le signent n'y croient pas vraiment.
02:51En tout cas, ils ne croient pas forcément à des répercussions sur le terrain.
02:55D'ailleurs, on a vu à quel point le chemin a été long et compliqué pour arriver à cette signature,
03:00puisqu'il y a déjà d'abord eu une espèce de déclaration de principe qui avait été signée.
03:05C'était déjà il y a un moment, en avril dernier.
03:08Ensuite, un accord de paix, soi-disant signé en juin sous l'égide de Donald Trump.
03:13Et puis après, on nous explique que finalement, cet accord de paix n'est pas suffisant,
03:17puisqu'il faut mettre en place une clause, une deuxième clause, qui serait liée à l'intégration économique dans la région du Rwanda.
03:26Donc, d'accord, de signature, d'aller-retour en aller-retour.
03:31On a clairement le sentiment qu'aujourd'hui, on veut nous donner l'impression que cet accord de paix signé à Washington
03:37vient chapeauter tout ce qui a été mis en place depuis des mois,
03:40sauf que tout ce qui a été mis en place depuis des mois ne fonctionne pas.
03:44En parallèle des efforts de Washington, on a vu aussi le Qatar s'impliquer dans la région
03:49pour tenter de mettre en place un dispositif de surveillance de cesse-le-feu qui est totalement inefficace.
03:56Sur le terrain, les combats continuent dans la région, dans l'est du pays.
04:02Et chacun se renvoie à la responsabilité de l'échec, puisque du côté de la République démocratique du Congo,
04:08on demande à ce que les soldats rwandais, qui seraient quelques 4000 sur place, quittent le territoire.
04:15Du côté du Rwanda, on demande à ce que les FDLR qui combattent côté congolais
04:20et que les Rwandais accusent d'avoir participé au génocide soient neutralisés.
04:25Rien de tout ça n'est fait.
04:26Et aujourd'hui, on nous explique qu'on signe un accord historique.
04:29– Collette Brechtman, vous êtes d'accord ?
04:31Finalement, il n'y a rien de très historique, cet accord.
04:34– Non, à part la mise en scène, l'invitation de quelques chefs d'État africains
04:41pour soi-disant cautionner l'accord.
04:43Mais sur le terrain, celui qui nous importe, qui est le sort de la population congolaise
04:49qui connaît la guerre depuis 30 ans et qui a des millions de victimes,
04:53malheureusement, rien ne sera changé sauf qu'on va peut-être d'une certaine façon
04:58légaliser, légitimer la poursuite du pillage des ressources
05:03qui cette fois vont partir aussi pour les États-Unis
05:06et peut-être continuer à être retraité, nettoyé en passant par le Rwanda
05:11qui est unanimement désigné comme une puissance agressive
05:16qui doit se défendre, qui estime qu'il doit se défendre
05:20contre un retour éventuel des génocidaires d'il y a 30 ans
05:24qui ont tout de même pris de l'âge et qui ne sont probablement plus très nombreux.
05:28Mais le Rwanda estime qu'il a encore un droit de regard
05:31et de préemption dans la région.
05:34– Collègue Breckman, est-ce que ça veut dire qu'en fait
05:36les États-Unis de Trump mettent véritablement un pied dans cette région
05:40qu'ils avaient peut-être ignorée pendant un temps ?
05:44– Mais je crois que c'était ça le contenu du dit
05:47lorsque le président Tshisekedi a fait appel aux Américains
05:50il a mis en avant les ressources de son pays
05:53les ressources du Katanga qui est riche en uranium, en cuivre
05:58les ressources de l'Est et c'est ça qui intéresse les États-Unis
06:01et très tôt lors de la négociation
06:04il a promis la réouverture, l'ouverture de ce qu'on appelle le corridor de l'hobito
06:10et ça c'est le point essentiel dont on ne parle pas.
06:13C'est une combinaison de chemins de fer, de rails, de routes
06:18qui mèneraient vers les ports angolais
06:20et qui permettraient de faire sortir les minerais du Katanga
06:24par la côte atlantique.
06:26Et ça c'est un point qui intéresse vivement les États-Unis
06:29parce que ça permet de contrer la Chine,
06:31de contrer les accords qui avaient été conclus par Joseph Kabila
06:35avec la Chine qui fait que maintenant la Chine
06:38est le principal pays destinataire des ressources du Congo.
06:42Et l'intérêt des Américains c'est d'inverser ce mouvement
06:45et d'être eux-mêmes, de devenir eux-mêmes les premiers acheteurs
06:49les premiers acquéreurs de toutes les ressources du Congo.
06:52Et donc on retourne au XIXe siècle finalement
06:54dans une situation pratiquement coloniale
06:57où on veut inverser le mouvement
07:00et où les Occidentaux, en tout cas les Américains
07:02veulent reprendre la main sur l'exploitation des ressources de ce pays.
07:06Karim Yahya, oui, parce que les Chinois étaient bien devant
07:10les Américains dans cette région.
07:12Oui, oui, bien devant.
07:13Ils dominent largement le marché dans cette région du monde.
07:17Voici quelques chiffres.
07:18Ils détiennent des parts dans 15 des 19 projets de cuivre de la région
07:23et de cobalt aussi.
07:25Et contrôlent 80% de la production de cobalt.
07:28Donc le retard américain est considérable.
07:31Deux sociétés américaines ont tout de même lancé
07:33des opérations minières dans la région.
07:35C'est tout récent.
07:36Une société qui s'appelle Cobold Metals
07:38qui est soutenue par le milliardaire Bill Gates
07:41et par Jeff Bezos
07:42et qui a acquis des participations
07:44dans des gisements de lithium.
07:47C'est dans le nord qui voue.
07:49Mais évidemment, tout ça ne suffira pas
07:51pour combler le retard des Américains.
07:53C'est pourquoi Donald Trump
07:54veut vraiment mettre le pied dans cette région.
07:57Et en parallèle de cet accord de paix
08:00qui ne ramènera sans doute pas la paix,
08:02il y a eu un certain nombre de choses
08:05qui ont été signées avec la République démocratique du Congo
08:07notamment pour acquérir
08:10ou en tout cas pour exploiter
08:11des minerais particulièrement utiles aux Américains.
08:15Et donc comme d'habitude avec Donald Trump
08:17il y a cette volonté de faire la paix
08:19mais qui est en vérité portée
08:21par des intérêts économiques et stratégiques.
08:24Et c'est à chaque fois cette réalité-là
08:26avec Donald Trump
08:27que ce soit en Ukraine
08:28ou que ce soit dans d'autres régions du monde.
08:30On attend d'ailleurs cette image de Donald Trump
08:33avec Tshisekedi et Kagame
08:36puisqu'ils devraient signer dans quelques instants
08:39cet accord, cet accord de paix historique
08:41comme ils disent.
08:43Colette Breckman,
08:44est-ce que ce projet de Trump des Américains
08:47de mettre véritablement un pied,
08:50ce que vous expliquez, dans cette région,
08:52est-ce que c'est réalisable véritablement ?
08:54D'après ce que j'ai lu,
08:56l'idée ça serait de transformer les minerais
08:58congolais au Rwanda,
09:01ensuite les acheminés par chemin de fer,
09:02ça semble très compliqué.
09:06Non, non, ce sont des choses différentes.
09:08Il y a d'abord, le Congo est un pays immense
09:10et grand comme l'Europe
09:11et donc vous avez les minerais qui se trouvent au Kivu,
09:14c'est-à-dire le colombo-tentalite,
09:17le lithium de Manono,
09:18qui se trouvent donc vraiment dans l'est du Congo
09:21et qui sont déjà acheminés aujourd'hui vers le Rwanda.
09:25Et alors là, le Congo se plaint que c'est illégal,
09:27que c'est du pillage, etc.
09:29Ici, cet accord permettrait en quelque sorte
09:31de légaliser cette exportation.
09:34Le minerais transite par le Rwanda,
09:37il y est transformé, emballé,
09:39conditionné correctement
09:41et puis il part vers une destination
09:42probablement qui pourrait être les Etats-Unis,
09:47peut-être aussi Doha pour certains,
09:48pour les pierres précieuses
09:50ou pour l'or,
09:51ça pourrait être les Émirats.
09:53Par contre, pour le Katanga,
09:55le Katanga aujourd'hui,
09:5680% de la production,
09:58pratiquement tout part en Chine.
10:00Et c'est ça qui dérange les Américains
10:02parce que la Chine a une avance considérable
10:04dans les technologies de pointe
10:07grâce à cet accès au cuivre,
10:09mais surtout au cobalt du Katanga.
10:13Et si on inverse ce mouvement
10:14et si les flux peuvent repartir
10:18par la côte atlantique via l'Angola,
10:21là, ça prive l'accès à la Chine.
10:23Maintenant, la question est,
10:25la Chine a conclu des contraints
10:26avec le Congo.
10:28La Chine va-t-elle se laisser rouler,
10:30laisser ces contraints être annulés
10:33par la seule initiative de Kitsasa ?
10:36On peut en douter.
10:37Je pense que la Chine n'est pas un pays belliqueux,
10:40mais elle a peut-être d'autres moyens de pression.
10:42Les Américains aussi ont des moyens de pression,
10:45notamment pour pacifier l'Est du Congo
10:47et sécuriser leurs éventuels investissements.
10:52On parle de la présence d'Eric Prince,
10:54qui a autrefois été propriétaire
10:56de la société Blackwater,
10:58et du déploiement de mercenaires
11:01qui pourraient prêter main-forte à Kinshasa.
11:04Comment la Chine pourrait-elle réagir,
11:07Colette Breckman ?
11:10En fait, ça, on ne sait pas.
11:11La Chine est apparemment très pacifique.
11:14On n'entend pas parler de réaction violente.
11:17Je pense que la Chine observe.
11:19Mais vu sa présence dans l'économie congolaise,
11:23il me semble qu'elle a des moyens de pression
11:25qui pourraient surprendre.
11:27Mais la Chine, pour l'instant,
11:27n'a pas réagi officiellement.
11:30Et les violences continuent,
11:31ce qu'on disait dans votre réaction.
11:32Les violences continuent,
11:33elles n'ont jamais cessé.
11:35Et c'est vrai que c'est peut-être là
11:36le principal obstacle à toutes ces velléités,
11:40cette volonté de faire du business
11:42du côté de Donald Trump.
11:44Et on a vu les deux hommes,
11:46les deux hommes clés de cette affaire,
11:48Félix Tichisekedi et Paul Kagame,
11:51tempérer en quelque sorte les espoirs
11:53que Trump met en avant.
11:57Ils se sont croisés du côté de Bruxelles
12:00sans se parler il y a peu.
12:02On a entendu aussi Paul Kagame
12:03expliquer que rien n'était fait
12:05et que par le passé,
12:07des accords n'avaient pas été respectés
12:09par Kinshasa.
12:10Et chacun reste campé sur ses positions
12:13avec des exigences claires
12:15en ce qui concerne l'ennemi d'en face
12:19et la nécessité de désarmer
12:21certaines milices ou certains groupes armés.
12:24Puisqu'il faut rappeler
12:25qu'il y a une centaine de groupes armés
12:26qui sont à l'œuvre,
12:27notamment à l'est du pays.
12:29Et donc, tant que tout ça ne sera pas fait,
12:32tant que tout ça ne sera pas sécurisé,
12:34il sera très difficile pour les Américains
12:36de mettre en œuvre leur ambitieux plan
12:39de contrecarrer la domination de la Chine
12:42dans la région.
12:43Un mot de conclusion,
12:44collègue Breckman,
12:45on est loin d'une pacification de la région.
12:48Absolument, parce que d'abord,
12:51entre les deux hommes,
12:52Tshisekedi et Kagame,
12:54pour des raisons parfois objectives,
12:56la méfiance est profonde,
12:58l'entente est pratiquement impossible.
13:00Chacun a l'impression
13:01qu'à un moment donné,
13:02l'autre l'a trahi.
13:04Donc, c'est le degré zéro
13:05de la confiance.
13:08Et la Chine,
13:09on ne sait pas ce qu'elle va prendre.
13:10Et puis les populations aussi,
13:12pas les populations rwandaises,
13:13mais surtout les populations du Congo,
13:15ont le sentiment d'être régulièrement attaquées,
13:18envahies par des supplétifs
13:20de l'armée rwandaise,
13:21que l'armée rwandaise intervient
13:23quand elle en sent la nécessité.
13:26Et donc, il y a une rancune profonde
13:28au sein de la population congolaise
13:30contre ce voisin
13:31qui est pour le moins envahissant
13:33et a aussi maintenant
13:34une déméfiance à l'égard de Kinshasa
13:37où cet accord peut-être
13:39va inciter les gens du Kivu
13:41à se sentir trahis aussi
13:42par les dirigeants de leur pays.
13:45Donc, on est dans l'incertitude
13:47et tout ça n'est pas très bon
13:48pour le commerce
13:49et pour le développement
13:50des accords économiques.
13:52C'est tout le paradoxe.
13:53On voit justement,
13:55en ce moment, les images.
13:56Donc, à la Maison-Blanche,
13:58on voit que ça s'active.
14:01Ils doivent, a priori,
14:03signer cet accord,
14:04pas justement dans le bureau Oval,
14:06mais dans un institut politique.
14:09Un institut politique
14:10qui a été rebaptisé
14:12Institut Donald Trump.
14:13un institut pour la paix,
14:16soi-disant.
14:16C'est vrai que Donald Trump,
14:17c'est un petit peu son obsession
14:18d'apparaître comme un faiseur de paix.
14:22Il nous a déjà expliqué
14:23que la paix,
14:24il l'avait ramené
14:24entre le Hamas et Israël.
14:26Il ambitionne de le faire
14:27pour l'Ukraine et la Russie,
14:29entre l'Inde et le Pakistan.
14:30Donc, Donald Trump
14:32qui accueille ces deux hommes
14:33avec une particularité.
14:34Pardonnez-moi, je vous interromps,
14:36Karim, on a vu Paul Kagame sortir
14:38et Felix Shisekedi,
14:39me semble-t-il,
14:40il s'engouffre l'un et l'autre.
14:42Ah voilà,
14:42Paul Kagame qui sort en ce moment,
14:44donc c'était Felix Shisekedi
14:45juste avant,
14:47et qu'il s'engouffre
14:48donc dans ses voitures officielles
14:51pour aller donc vers cet institut
14:52rebaptisé par Donald Trump.
14:54Exactement.
14:55Et ce qui est intéressant,
14:56c'est que Donald Trump
14:57les reçoit un par un,
15:00séparément,
15:01avant que tout ce beau petit monde
15:03ne se retrouve
15:04avec d'autres dirigeants africains
15:06qui sont là en quelque sorte
15:07pour être témoins
15:09de ce moment présenté comme historique
15:11et en même temps
15:11des espèces de garants
15:13de cette paix
15:14dont on a du mal à imaginer
15:15qu'elle puisse s'imposer.
15:18En tout cas,
15:18Donald Trump
15:19y a mis beaucoup d'énergie
15:20pour les raisons
15:21qu'on a évoquées
15:21depuis tout à l'heure,
15:22les raisons économiques,
15:23mais aussi pour soigner
15:25sa stature d'homme de paix.
15:27D'ailleurs,
15:28demain,
15:28il va participer au tirage
15:29au sort de la Coupe du Monde
15:31et il devrait recevoir un prix,
15:32un prix de la paix
15:34qui sera décerné
15:34encore une fois
15:35par Donald Trump
15:36en attendant peut-être
15:37ce prix Nobel de la paix
15:39dont il rêve.
15:40Donc ça,
15:40ça joue aussi
15:41dans la tête de Donald Trump.
15:43Connette Breckman,
15:44encore cinq secondes
15:44parce qu'on a vu ces images
15:46de voir justement
15:46ces deux chefs d'État ensemble
15:47et toute cette mise en scène.
15:49Votre réaction ?
15:51C'est une image
15:53pas de synthèse,
15:54mais c'est une image
15:55qui est fabriquée.
15:56Ces deux hommes
15:57n'ont aucune confiance
15:58l'un dans l'autre.
15:59Chacun d'entre eux
16:00a déjà trahi son voisin
16:02et ils le savent,
16:04ils l'ont gardé en mémoire.
16:05Donc l'état de confiance,
16:06il est absolument nul
16:07entre les deux
16:08et donc ils peuvent peut-être
16:10monter dans la même voiture.
16:11ça ne signifie rien.
16:13Demain, la guerre va...
16:14Je pense que malheureusement,
16:15la guerre va continuer
16:16et alors il y a
16:17le troisième protagoniste
16:19qui sont les rebelles
16:20du M23
16:21qui occupent maintenant
16:22le nord qui voue,
16:23le sud qui voue,
16:24qui contrôlent le terrain.
16:25Ils ne sont pas là
16:26et ils ont déjà dit
16:27qu'ils ne se sentaient pas
16:28du tout concernés
16:29par cet accord.
16:31Donc ils affrontent
16:31l'armée congolaise
16:32qui est celui des défaites,
16:34qui a beaucoup
16:35de complications,
16:36qui travaille aussi
16:37avec des anciens génocidaires
16:39rwandais,
16:40avec des miliciens locaux
16:43recrutés
16:44qui sont parfois
16:44des tueurs aussi.
16:46Et vous avez l'armée rwandaise
16:47qui est pas loin
16:48de la frontière.
16:49Kagame dit qu'elle n'est pas là
16:50mais elle peut traverser
16:51la frontière comme elle veut,
16:53reprendre les hostilités.
16:55Donc sur le terrain,
16:57rien ne ressemble à la paix.
16:59Rien ne ressemble
16:59donc à cette image.
17:00Effectivement,
17:01on voit ces deux chefs d'État
17:02ensemble et puis Donald Trump
17:03qui vont signer
17:05ensemble cet accord de paix.
17:06Merci beaucoup
17:07d'avoir été avec nous ce soir,
17:08Colette Breckman,
17:09un journaliste au quotidien belge
17:10le soir spécialiste
17:11de la région des Grands Lacs.
17:12Merci Karim.
17:13Voilà ce qu'on pouvait dire
17:14sur cette mise en scène
17:16de la signature
17:18de cet accord de paix
17:19entre la RDC
17:20et le Rwanda
17:21sur le Nord-Kivu
17:23et le Sud-Kivu d'ailleurs.
17:24Merci à vous tous
17:25de nous avoir suivis.
17:26Restez avec nous.
17:26Sous-titrage Société Radio-Canada
17:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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