00:00Anne, on parle de la campagne des municipales avec vous, elle est lancée, vous nous parlez ce matin d'une menace qui inquiète de plus en plus les partis, l'intelligence artificielle.
00:08Oui, souvenez-vous, il y a quelques semaines, Emmanuel Macron s'était amusé à publier une série de deepfakes sur son propre compte Instagram avant le sommet de l'intelligence artificielle.
00:17Il avait dit « ça m'amuse », sauf qu'aujourd'hui, ça n'amuse plus personne et ça inquiète beaucoup la classe politique française et européenne.
00:25Imaginez les mêmes vidéos, en plus dérangeante, en plus efficace et en mieux travaillée, comme celle-ci, attention, c'est un faux, je le dis bien avant qu'on la voit.
00:35Voilà, Emmanuel Macron dans un bain de foule et là, à un moment, eh bien, il en vaut.
00:41Est-ce que vous voyez la différence ? C'est extrêmement réaliste et c'est ça l'enjeu, il est déjà impossible aujourd'hui, dans certains cas, de faire la différence entre une image réelle et une image trafiquée.
00:51Ça m'a pris 30 secondes pour trouver cette image sur les réseaux et ça, pour les élections, évidemment, c'est potentiellement catastrophique.
00:58C'est arrivé à Matteo Renzi, à quelques centaines de kilomètres d'ici, une fausse vidéo de lui, en train d'insulter ses opposants.
01:05Regardez, avec le petit, voilà, ça l'a fait rire au début. Aujourd'hui, il qualifie la vidéo de dévastatrice.
01:13Donc, les partis sont en train de se mettre en ordre de bataille parce que c'est une vraie guerre qu'ils s'apprêtent à mener pour les municipales, mais aussi pour la prochaine présidentielle.
01:20Et alors, ce sont des gros dispositifs pour, justement, combattre ces fakes ?
01:24Oui, dans tous les partis, vous trouvez maintenant des équipes numériques, des spécialistes des réseaux, de l'intelligence artificielle et surtout des logiciels.
01:31Pour certains, par-ci, ça se chiffre en dizaines, voire en centaines de milliers d'euros d'investissement.
01:36Une équipe de 15 personnes au RN, pareil, au Parti Socialiste, pareil, chez Renaissance, d'après ce que j'ai compris, ce sont eux les mieux préparés
01:43parce qu'eux, ils ont un logiciel qui permet, tenez-vous bien, de détecter, disent-ils dans une image ou une vidéo, une modification à 3 pixels près avec une précision de 99,9%.
01:56Vous n'aurez pas le nom du logiciel pour des raisons de sécurité, ça nous donne aussi l'ampleur de l'enjeu.
02:02Reste une difficulté, bien sûr, c'est l'effet propagation des fake news.
02:04Aujourd'hui, c'est une étude du MIT qui l'a dit, il y a quelques années, une deepfake se répand six fois plus vite que le fact-checking.
02:11En clair, le mensonge va six fois plus vite que la vérité.
02:15Et il y a déjà eu des conséquences en Europe, notamment en Slovaquie.
02:19Je vous montre une photo, c'est Michal Simeka, c'était le très grand favori des législatives l'année dernière en Slovaquie.
02:24Il a suffi de deux minutes pour fracasser sa carrière politique, deux minutes d'un enregistrement trafiqué par l'intelligence artificielle
02:31où il disait qu'il allait truquer les élections.
02:34Malgré ses dénégations, il a perdu les élections.
02:38Il y a aussi un enjeu, c'est de voyant, vérifiez les contenus que vous voyez chez vous, regardez ce que vous voyez sur les réseaux sociaux,
02:43regardez dans la diction, dans les pauses un peu atypiques, dans le phrasé, vous avez aussi un rôle citoyen.
02:49Il ne faut pas se laisser avoir de plus en plus.
02:50L'IA peut être une menace grave pour la démocratie et pour les élections.
02:54Donc faites attention, soyez vigilants.
02:56Anne, vous ne nous aviez pas dit ?
02:58Qu'est-ce que je n'ai pas dit ?
02:59Vous vous présentez une municipale ?
03:02Vous voyez, ce n'est pas difficile.
03:04C'était fait, franchement sans mentir, en 30 secondes.
03:08Je trouve qu'il est très original, votre slogan.
03:11Oui, n'est-ce pas ?
03:12On a eu toute une équipe qui a travaillé là-dessus.
03:15Non, je rassure.
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