00:00Cette fois-ci c'est France Travail qui a été victime d'une cyberattaque pour la quatrième fois, en combien de temps d'ailleurs ?
00:04En à peu près deux ans.
00:06Deux ans, les données personnelles potentielles cette fois-ci de 43 millions de personnes ont été volées.
00:10Alors trois questions concrètes, d'abord qu'est-ce qui a été volé ?
00:13Des données assez classiques malheureusement, même si elles restent sensibles, les noms, les prénoms, les adresses postales, le mail,
00:20et puis une donnée particulièrement sensible, c'est le numéro de sécurité sociale.
00:24Pourquoi particulièrement sensible ? Parce qu'on en change a priori, rarement, voire jamais.
00:28Et au total, 1,6 million de personnes qui sont concernées, notamment dans le cadre des missions locales.
00:36Vous savez, les missions locales, c'est pour les jeunes qui tentent de trouver un emploi en partenariat avec France Travail.
00:43Et donc les victimes, ce sont essentiellement des jeunes qui vont devoir rester avec cette fuite toute leur vie sur leur numéro de sécurité sociale.
00:51Qu'est-ce que les pirates peuvent faire de ces données ?
00:52Beaucoup de choses. Déjà, les revendre.
00:54Parce que ces bases de données, ça rapporte de l'argent et on les retrouve assez rapidement sur Internet.
01:00Et puis après, soit les hackers directement les revendent, soit choisissent de les utiliser pour mettre en place des arnaques par mail, par SMS.
01:10Et le problème, c'est qu'avec de telles données, ces arnaques, elles sont extrêmement personnalisées, extrêmement efficaces.
01:15Si demain, je revois un mail à Roselyne en disant « Roselyne Dubois, numéro de sécurité sociale, vous attendez un remboursement de 13,59 euros. »
01:24Mais allez sur ce site et rentrez votre numéro de carte bancaire potentiellement.
01:29Malheureusement, il y en a beaucoup qui vont tomber dans le pâteau.
01:30Non, parce que je sais qu'on ne donne jamais ces données bancaires.
01:33Comment est-ce qu'on peut faire pour s'en protéger, justement, Raphaël ?
01:36De façon générale, on ne répond à rien, on ne clique sur rien.
01:40C'est-à-dire que vous recevez un SMS, un mail qui vous demande de payer quelque chose, de payer une facture, de régulariser quelque chose.
01:46Vous ne répondez à rien et si vous avez le moindre doute, vous allez vous-même sur la plateforme concernée,
01:52que ce soit un service public, que ce soit les impôts, que ce soit votre opérateur téléphonique, votre banque.
01:56Vous faites tout manuellement, mais la règle, elle est extrêmement simple.
02:00Vous ne cliquez sur rien, vous ne répondez à rien tant qu'on essaye de vous joindre.
02:03C'est-à-dire à vous d'aller vous connecter manuellement à la plateforme.
02:07Et sur les sites officiels ?
02:08Et sur les sites officiels.
02:08Quatre piratages en deux ans, ça veut dire qu'on est incapable en France de se protéger contre...
02:13Oui, parce que là, on parle de France Travail, il y a eu l'Ursaf, il y a eu l'assurance maladie.
02:18En fait, là, c'est 1,6 million de personnes concernées, mais Christophe le disait il y a quelques instants.
02:24Et un autre chiffre, 43 millions, c'était un piratage de France Travail de 2024.
02:2843 millions de personnes concernées.
02:30Et là encore, avec le numéro de sécurité sociale.
02:32Si on remonte, il y avait aussi un piratage de la sécurité sociale ou de partenaires pour le tiers payant.
02:3733 millions de numéros de sécurité sociale.
02:39Mais comme dit Marc, on n'arrive pas à corriger visiblement les trous dans la raquette ?
02:42Non, mais en fait, les trous, c'est quoi ?
02:43Ce n'est pas forcément les systèmes de ces grandes plateformes.
02:46C'est la myriade de sous-traitants qui ont la main sur ces données.
02:49En fait, vous ne les connaissez pas, mais il y a des milliers de sous-traitants
02:51qui travaillent dans les services numériques et informatiques de ces grandes plateformes.
02:56Et voilà, ces sous-traitants sont piratés.
02:58Aujourd'hui, quasiment tous les numéros de sécurité sociale des Français sont dans la nature.
03:01Amen.
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