00:00Il est 8h17 sur Sud Radio et à la une ce matin quand le narcotrafic empêche à des salariés de venir travailler.
00:06Bonjour Jérôme Bisset.
00:08Oui, bonjour.
00:09Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:11Vous faites partie des salariés du côté d'Orange, en réalité, qui ont été empêchés d'aller travailler.
00:17Vous êtes également le délégué syndical Orange Grand Sud-Est.
00:20Merci d'être avec nous ce matin.
00:22Et on décrit, non pas un sentiment, mais bel et bien une réalité d'insécurité dans ce quartier de Marseille.
00:27Mais on parle de quoi, concrètement, comme fait, pour que tout d'un coup, des salariés soient obligés de télétravailler pendant près d'un mois à cause du narcotrafic ?
00:35Racontez-nous.
00:37Oui, effectivement, je pense que c'est important de rappeler un peu la chronologie des faits.
00:42Donc, on a eu une fusillade le 23 octobre devant un bar qui fait face à l'entrée et la sortie des véhicules de notre site d'Orange.
00:49C'était à 18h30 rue Félix-Pierre.
00:52Alors, j'indique cette adresse parce qu'elle est malheureusement bien connue pour les réseaux des narcotrafiquants.
00:58Nous avons eu un incident mardi 25 novembre avec une bagarre entre des dealers
01:03ayant entraîné déjà un premier confinement de près de 500 personnes qui étaient présentes ce jour-là sur notre site,
01:10toujours entre midi et deux.
01:12Donc là, c'est vraiment un événement qui a marqué un nouveau seuil d'alerte.
01:15Et nous avons le mercredi 26 novembre, toujours entre midi et deux, une personne blessée
01:21qui se réfugie dans le parking Nexity utilisé actuellement par nos salariés.
01:27Et enfin, le jeudi 27 novembre, entre midi et deux, encore un nouvel incident.
01:31Alors, cette fois-ci, des coups de feu qui ont été entendus jusque dans les bureaux des salariés et par les vigiles d'Orange.
01:37Donc là, franchement, ce n'est pas rien.
01:38Et la direction a décidé alors la fermeture du site, comme vous l'avez indiqué, jusqu'au 14 décembre, enfin une quinzaine de jours.
01:46Voilà, ce qui confirme en fait que la situation sécuritaire est vraiment hors de contrôle autour de notre site Orange.
01:54Mais on comprend bien en vous écoutant à quel point vous êtes en réalité au premier plan de cette violence du narcotrafic.
02:00Résultat, votre lieu de travail est fermé.
02:02Mais comment ça se passe ?
02:03C'est-à-dire que chacun télétravaille, vous avez trouvé refuge ailleurs.
02:07Ça va durer combien de temps, cette histoire, ce confinement ?
02:10Parce qu'on imagine malheureusement que le narcotrafic ne va pas disparaître du jour en main ou en claquant des doigts.
02:16C'est toute la question, justement.
02:18C'est ce sur quoi on va évidemment s'attacher pendant les 15 jours.
02:21Et surtout, au-delà de ces 15 jours, nous, en tant que syndicat CFDT.
02:28Donc là, les salariés, effectivement, sont invités à rester chez eux, en mode télétravail à 100%.
02:36C'est quasi la totalité du site qui est ainsi confiné ou du moins exfiltré, on va dire.
02:44Donc les 1 200 salariés.
02:48On aura deux tiers de fenêtres dans les deux tiers de fenêtres pour que certains salariés puissent récupérer les affaires essentielles qui leur servent pour travailler chez elles.
02:57Donc on en est là.
02:59Mais comme vous l'avez indiqué, effectivement, nous, pendant ces 15 jours, on verra bien ce qui va se passer à l'issue de ce délai.
03:06On va continuer à porter évidemment une revendication sécuritaire.
03:10Et on va apporter une attention sur la suite qui sera donnée.
03:16Un point que je souhaite quand même éclaircir avec vous, Jérôme Bisset, je rappelle que vous êtes le délégué syndical Orange Grand Sudète,
03:22donc salarié parmi cette boîte qui a dû déménager ou qui arrête de travailler tout simplement parce que le narcotrafic a gangréné le lieu de travail.
03:30Comment vous expliquez les dernières déclarations de la préfète ?
03:32Elle explique qu'elle n'a observé aucune rixe sur la vidéosurveillance, qu'il n'y a jamais eu aucun appel à destination du numéro 17, donc de la police.
03:39C'est quoi ça ? Il y a un menteur dans l'histoire ?
03:41Écoutez, effectivement, c'est une lecture, on va dire, différente des autorités.
03:48Je ne souhaite pas trop entrer dans ce débat, puisque...
03:51Pardonnez-moi, Jérôme Bisset, ce n'est pas du tout pour faire polémique, mais comprenez que quand on vous entend des salariés qui assistent à une fusillade devant leur lieu de travail,
04:00des salariés qui ont peur dans le parking, des rixes, des affrontements, des coups de feu sur le lieu de travail,
04:04quand on a ensuite la préfète qui incarne quand même l'État sur la région qui dit qu'il n'y a eu aucun appel du 17,
04:09et il n'y a jamais eu de vidéo de rixe dans les quartiers sur les vidéosurveillances adéquates,
04:14je veux dire, ce n'est pas de la polémique, c'est une vraie incohérence, il faut comprendre.
04:17Oui, oui, c'est pour ça que je vous parlais d'une lecture un peu différente des autorités politiquement différentes, on va dire.
04:23Effectivement, c'est une interrogation de savoir pourquoi, effectivement, la préfète minimise en fait la situation.
04:36Nous, en tout cas, vous l'avez compris, on refuse de banaliser ces violences, et comme vous l'avez bien dit,
04:40les salariés vivent vraiment la peur, la crainte au quotidien.
04:47Voilà, donc nous, on est vraiment dans une démarche de construction et pas conflictuelle.
04:53Notre objectif, encore une fois, il est simple, c'est protéger les salariés, maintenir l'activité dans des conditions sûres.
04:58On ne peut pas, évidemment, entrer dans la sécurisation extérieure, c'est du ressort des autorités, de la préfecture, de la commune.
05:08Effectivement, il y a aujourd'hui une incohérence, mais ce que je veux dire quand même, c'est que la fermeture par la direction du site 15-12 jours
05:20veut bien dire quelque chose de concret, ça veut dire que c'est fait en connaissance de cause.
05:24Ça, c'est évident. Et une dernière question, vraiment, avec une réponse courte également, Jérôme Bissé,
05:27mais sur ce fait, parce que c'est quand même très frappant, pardon, il n'y a aucun salarié à un moment qui a appelé la police.
05:33Ça, vous êtes en capacité de nous le confirmer ?
05:35Écoutez, alors, a priori, c'est ce que j'ai entendu, on est en train de regarder quand même ces différents points,
05:43toujours pareil, pour essayer de mêler le ressenti des faits.
05:51Il y a eu, nous, on avait tous les jours des remontées de craintes et de peurs, on va quand même vérifier si, effectivement, à aucun moment...
06:00Il y a eu des appels en direction de la police. Merci beaucoup, Jérôme Bissé, d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio.
06:05Délégué syndical Orange Grand Sud-Est, quand un site comme Orange annonce la fermeture de son site de travail à Marseille,
06:12parce que les narcotrafiquants ont décidé, visiblement, de prendre un peu trop leurs aises.
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