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Découvrez les coulisses de la série phénomène "2Be3" avec Namory Bakayoko !

Namory nous dévoile les secrets de la préparation intense pour incarner son rôle, entre coaching physique, vocal et apprentissage de la danse. Il explique comment le travail de groupe et la symbiose avec les autres acteurs ont contribué à recréer l'esprit d'un boys band.

Enfin, il partage ses impressions sur son jeune parcours d'acteur et ses nombreux et divers projets.

#ToBFree #NamoriBakayoko #SérieTV #Coulisses

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Transcription
00:00Salut, c'est Namori Bakayoko pour TL7.
00:03Moi je veux tout.
00:04On va faire ça ensemble, tous les trois.
00:08Namori, du coup, merci de nous accueillir ici à Paris.
00:13On est où en fait exactement ?
00:15Ici on est au Centre Curial.
00:16Le Centre Curial c'est un centre d'animation ouvert au public.
00:20Et grâce à lui on peut louer des salles, on peut nous même faire des activités.
00:25J'ai un collectif qui s'appelle Curial Studio, avec lequel on fait pas mal d'ateliers impro, pas mal de face cam.
00:32Quand on a besoin de tourner, quand on a besoin d'endroits, même pour enregistrer, c'est là qu'on vient.
00:38Je viens de te voir parce qu'il y a un gros succès depuis une semaine, ça marche bien.
00:44C'est la série sur un culte, To Be Free.
00:48Comment ça s'est passé un petit peu depuis une semaine la sortie de la série ?
00:53De bas, ça part du scénario, ça part de Yael Langman qui a écrit et réalisé.
00:58Ça part d'un scénario super bien écrit, de personnages aussi vraiment bien écrits.
01:03Ils ont chacun leurs enjeux qui leur sont propres, leurs peurs, leurs difficultés face à cette nouvelle notoriété.
01:09Et vraiment, toute cette matière, nous on l'a juste transformée en un jeu vivant.
01:19Il y a des gens qui nous envoient des messages sur Instagram, pas mal de gens au-dessus de 30 ans,
01:24qui ont connu les vrais To Be Free, qui ont été pris par ce truc générationnel, des boys band,
01:34quand c'est arrivé en France, donc aux alentours de 96, 97 et après.
01:40Et c'est vrai que ça fait super plaisir.
01:42Ce qui fait aussi plaisir, c'est quand il y a des gens un peu plus jeunes qui nous envoient des messages.
01:46Parce que là, on se rend compte qu'on a pu faire une sorte de pont entre plusieurs générations.
01:53La réalisatrice, Yael Langman, elle est talentueuse de fou.
01:57Et en tant que jeune comédien, moi c'est vraiment un truc de fou d'avoir participé à ce projet,
02:03parce qu'on était vraiment bien entourés.
02:05J'ai vu pas mal de tes stories où tu partages la une de Vanity Fair, notamment.
02:11Comment on gère tout ça, cette arrivée soudaine de médias ?
02:16Comment on gère ? On essaye de gérer au mieux.
02:20Tout le travail à faire, c'était pendant la série et avant, pendant la préparation.
02:25Donc là, c'est la promo, c'est quelque chose d'assez nouveau pour moi,
02:29parce que c'est mon plus gros rôle, mon plus gros temps à l'écran.
02:33On a eu trois mois de coaching, que ce soit coaching physique, vocal.
02:37On a appris à danser, on a eu un coaching acting,
02:40donc le plus important pour l'aspect dramaturgy de la série.
02:44Et sincèrement, c'était un plaisir pour moi.
02:48C'était un emploi du temps de malade, non ?
02:51Oui, c'était assez intense.
02:54On avait toute une journée qui allait se répartir entre acting et danse.
02:59Le soir, on avait nos entraînements physiques aussi,
03:03pour rester sculptés comme les vrais To Be Free l'étaient dans la vraie vie à l'époque.
03:07Donc oui, c'était assez intense, sachant qu'on devait tenir tout ce rythme pendant le tournage aussi.
03:14Donc souvent, sur des journées de 12 heures, on avait toujours le soir les deux heures de sport à faire,
03:20plus les répétitions qu'on faisait entre nous, sur les scènes du lendemain,
03:24pour essayer de les revoir une dernière fois, essayer d'être prêts et garder le texte en tête.
03:28Justement, il y a un côté dans la série où on voit toute l'importance du sport, de la prépa physique, etc.
03:37Ça, en fait, toi, tu l'as géré comment, ce côté prépa physique ?
03:42Tu étais habitué ou pas à ce genre de choses ?
03:44Ou vraiment, là, c'était ultra intense et maintenant que la série est passée, tu relâches un peu là-dessus ?
03:50J'ai toujours fait du sport. Quand j'étais petit, j'ai eu la chance d'avoir des parents qui m'inscrivaient dans pas mal de sports.
03:56Donc j'ai découvert plein de disciplines. Je fais de la boxe anglaise aussi.
04:00Sport qui requiert une discipline de malade pour rester au poids et pour garder une activité cardiovasculaire assez intense.
04:10Maintenant, c'était quand même assez nouveau parce que là, on avait un coach vraiment qui s'occupait de nous,
04:15qui nous faisait aussi nos régimes alimentaires.
04:17Je pense que ça a été à la fois pour moi, mais aussi pour mes deux autres collègues,
04:23Marin Judas et Antoine Simoni. Au final, on s'est beaucoup entraînés, on s'est beaucoup entraînés ensemble.
04:29Et du coup, ça l'a fait, en vrai.
04:31Tu parles des acteurs qui t'accompagnent dans cette série ?
04:36Les acteurs qui interprètent Franck Delay et Philippe Nicoletsch.
04:40Et du coup, ça se passait comment ? Parce que vous étiez presque tout le temps comme un boys band, comme dans la série, au final ?
04:46Oui. La production, on a eu l'intelligence de beaucoup nous réunir dès la phase de préparation, dès le début, donc trois mois avant le tournage.
04:56On a fait des semaines dans la Drôme. Je me rappelle, c'était chez le coach acting.
05:01Des semaines dans la Drôme où du coup, on travaillait toute la série, tous les textes, les enjeux, tout ça.
05:07Le soir, on faisait le sport ensemble, du coup. On dormait ensemble, on se réveillait ensemble, on mangeait ensemble.
05:14Donc, il y a eu ce truc de symbiose qui s'est créé et qui, du coup, a été voulu par la production.
05:22Et justement, il n'y avait pas qu'eux, il y avait d'autres acteurs. Il y a une scène notamment où tu es avec Daphné, il me semble ?
05:30Oui, Daphné Burkier.
05:31Oui, Daphné Burkier où, justement, tu es un peu en entretien. Il y a ce quiproquo où tu viens pour un entretien.
05:38On ne va pas trop spoiler la série, mais voilà. Comment tu gères une scène comme ça avec Daphné Burkier qui est quand même vraiment une très grande star au niveau national ?
05:50Comment tu gères ? Tu essayes de travailler pour connaître ton texte, pour connaître tes enjeux, connaître où est-ce que tu es au niveau de tes arcs dramatiques, où est-ce que tu es au niveau de ton personnage.
06:01Après, le fait que ce soit Daphné Burkier, je ne pense pas que c'était si important que ça dans le sens où dans la série, elle joue notre manageuse.
06:10Et si sur le plateau, je me dis que c'est Daphné Burkier, je pense que j'aurais été au mauvais endroit. C'est une partenaire de jeu, une super partenaire de jeu.
06:18Tu connaissais les To Be Free ? Tu as appris à les connaître ? Ça s'est passé comment, toi, justement ?
06:24Moi, je me rappelle, le casting, je l'avais trouvé sur Internet.
06:29Du coup, ça fait trois ans que je suis à Paris maintenant, mais quand j'ai été pris sur la série, ça faisait un an et demi, deux ans que j'étais sur Paris.
06:38Jeune comédien, donc, il y a un exercice assez déroutant, mais il faut être à la chasse au casting.
06:44Il faut essayer d'éplucher les sites d'annonce, essayer de voir qu'est-ce qu'ils recherchent, quand est-ce qu'ils le recherchent, et y répondre.
06:52J'étais dans cet exercice, et je me rappelle avoir vu le casting pour Adèle, des To Be Free, qui cherchait, justement, ça ne me disait rien du tout.
07:01J'ai vu, il y avait écrit « Boys Band », on recherche ce membre-là, tout ça.
07:07J'avais une idée de ce qu'était un Boys Band, mais tout cet aspect générationnel, je ne l'avais pas du tout, et ça ne me disait rien.
07:18Il y a plein de personnes de mon entourage, un peu plus âgées, qui justement parlaient de ce truc de génération Boys Band, mais je l'ai vraiment compris grâce à la série.
07:28Il y a tout l'aspect à la recherche d'archives, à la recherche d'images des vrais à l'époque, pour être dans le rôle, pour essayer de comprendre qui ils étaient, d'essayer de comprendre leur énergie.
07:43Mais justement, le but, pour moi, mais aussi pour les deux autres, ce n'était pas de faire une copie de ces personnages, ce n'était pas d'être dans l'imitation.
07:52Au contraire, c'était d'essayer de capter une énergie, une énergie qui peut être juste, et qui peut représenter le personnage assez fidèlement.
08:02Sachant qu'on a beaucoup de scènes à trois dans le scénario, au théâtre et au cinéma, jouer à trois c'est assez pernicieux.
08:07Donc, l'exercice était vraiment de trouver la dynamique de groupe entre nous trois, de chacun trouver sa place, son énergie, ses enjeux, pour se différencier assez et faire quelque chose d'organique.
08:21Les scènes, par exemple, où vous êtes sur scène, dans la série, il y a vraiment des fans ou pas ?
08:26Alors, pour les scènes, on a fait ça dans la plus grosse salle de concert de Belgique, Forest National.
08:36Et en gros, non, bien sûr, les salles n'étaient pas entièrement remplies de milliers de personnes, mais on avait 200 figurants, plus de 200 figurants.
08:45Et c'était assez impressionnant.
08:48Ça fait partie des endroits où, en tant que comédien, je me sens super chanceux parce que j'ai vraiment pu ressentir ce truc d'être à la place d'un gars qui fait de la scène.
08:59En fait, les figurants, ils étaient super généreux.
09:04Donc, en vrai, ils étaient dans le truc.
09:07Il y en avait qui étaient fans des Twifferies.
09:09Il y en avait qui connaissaient, il y en avait qui ne connaissaient pas, mais ils étaient tous super généreux.
09:12Et ouais, ils criaient.
09:15Enfin, ils étaient en trans.
09:17Donc, sur scène, toi, tu sais que tu es dans le personnage.
09:21Tu sais que c'est un personnage, tu sais que c'est un tournage et tout.
09:23Mais ça fait quelque chose quand même.
09:25Avant d'arriver à l'aventure To Be Free, etc., il y a eu un clip.
09:30Un clip d'SCH, il me semble.
09:32Ouais.
09:32Ça, ça s'est fait comment, en fait ?
09:34Tu as commencé par, du coup, théâtre, etc.
09:36Et puis après, comme tu me disais, la chasse aux annonces.
09:39Le clip d'SCH, je me rappelle, ouais, c'est une annonce de casting que j'avais trouvée aussi.
09:46Il faut savoir qu'entre le moment où tu vois le casting et le moment où tu tournes, il y a plein d'étapes.
09:52Parce qu'il y a d'abord une grosse sélection.
09:54SCH, je n'ai pas passé de casting, mais ils avaient pas mal de têtes.
10:03Donc, je ne sais pas exactement comment ça fait la sélection.
10:07Ça faisait déjà un petit moment que j'étais sur Paris et que je prenais des cours de théâtre et d'acting.
10:13Moi-même, je suis très fan artistiquement de ce que SCH fait.
10:17Donc, c'était un plaisir de me retrouver sur un projet à lui, en tant que comédien.
10:23Tu as parlé du fait que tu étais à Paris depuis trois ans.
10:28Je t'ai connu avant, à Saint-Etienne, du coup.
10:31Ouais.
10:32Est-ce que, si je te montre ça, ça te parle ?
10:37Ouais, ma carte d'étudiant de l'université, Jean Monnet.
10:42Et du coup, ça fait écho un petit peu au personnage d'Adèle.
10:47C'est ça que j'ai trouvé incroyable aussi ?
10:49Ouais, ouais.
10:50C'est que tu as l'impression qu'au final, son...
10:52Enfin, en tout cas, l'histoire, au moment où il passe du côté scène,
10:57c'est un chemin que toi, tu as connu, ça t'a permis peut-être de...
11:02Bah, que moi, j'ai connu, c'est vraiment pas la même ampleur, quand même.
11:06Sachant que nous, on fait le biopic de ça.
11:08Mais j'ai jamais fait une tournée dans toute la France.
11:13J'ai jamais été disque d'or, disque de platine.
11:16Enfin, je pense qu'on en a vécu, genre, 5-10% de ce qu'eux ont vraiment vécu.
11:24Nous, on a pu vivre à travers les entraînements, à travers les répétitions,
11:28à travers les coachings danses et toutes ces scènes du film.
11:33Mais ouais, je ne l'ai pas vraiment vécu.
11:35Après, certes, ouais, il y a ce truc où...
11:38Ouais, on s'est connu sur les bancs de la fac, à Saint-Etienne, du coup.
11:43Ce truc où je suis passé de...
11:46d'études à un milieu plus artistique, beaucoup plus artistique.
11:50Parce que les études n'étaient pas vraiment artistiques.
11:53On était en droit, du coup, ensemble.
11:56Ouais, ça fait partie d'une des similarités que j'ai avec Adèle.
12:00Il a eu la chance de faire des études et...
12:04Et sincèrement, ouais, c'était cool de pouvoir avoir ça en commun.
12:09Je pense qu'il y a deux points à prendre en compte par rapport à ça.
12:14Adèle, c'est un personnage qui, à la base, a été super bien écrit par Yael Langman
12:19avec ce truc d'extraction sociale.
12:21Cette volonté super forte de justice sociale et de vouloir s'en sortir.
12:26Adèle, comme Philippe et Franck, mais Adèle, avec ses origines tunisiennes,
12:30c'est un gars qui voulait faire autre chose.
12:33Et on le voit, puisque même à la...
12:37Même quand il a lâché ce truc un peu musical et qu'il n'était plus devant les projecteurs,
12:41il a quand même voulu faire ses preuves.
12:43Aujourd'hui, il est chef d'entreprise dans le luxe.
12:46Le gars, il en veut, quoi.
12:48Moi, c'était une grosse fierté d'interpréter un personnage comme le sien.
12:52Parce que Adèle, du coup, c'est un fils d'immigrés, comme moi.
12:56Mais c'est-à-dire qu'il avait un gros héritage familial,
12:59mais aussi une grosse pression dès qu'il s'est exposé publiquement.
13:03Une grosse pression au regard de l'image qu'il allait renvoyer à plein d'autres gosses en France, en fait.
13:08Et il a répondu à cette pression par un truc où...
13:13Ouais, il a travaillé, le mec.
13:14Il a vraiment travaillé.
13:16Il lui a mis de l'huile de coudus.
13:18Et Adèle, c'est un gars super cultivé.
13:22Il est super respectable.
13:25Comme je t'ai dit, aujourd'hui, il gère des entreprises dans le luxe.
13:29Je pense que ce truc de revanche sociale du personnage d'Adèle,
13:32c'est un truc que j'ai vraiment voulu mettre en exergue.
13:34Parce que moi, ça me touche aussi personnellement, quoi.
13:36Adèle, il a montré l'image, comme Franck et Philippe,
13:40mais de mecs de banlieue qui montrent autre chose de cette banlieue.
13:45Qui montrent autre chose, une image qu'on n'a pas l'habitude de voir
13:48et une image qu'on n'a pas l'habitude de montrer, surtout.
13:51Les trois gars, ils sont super travailleurs.
13:53Ils arrivent avec des valeurs, certes très simples, mais très fortes, au final.
13:58Parce qu'on parle d'extraction sociale, on parle d'hygiène de vie.
14:03C'est des gars qui faisaient beaucoup de sport.
14:04C'est des gars qui dansaient.
14:06Donc, au niveau artistique, ils ont quelque chose à proposer.
14:09Et justement, on voit dans la série qu'Adèle a plutôt du mal à en parler,
14:13en tout cas à son père, à sa famille.
14:15Oui.
14:16Toi, quand tu as décidé d'arrêter le droit pour te consacrer à un milieu plus artistique,
14:21comment tu t'y es pris ?
14:22Est-ce que ça a été quelque chose de difficile à annoncer ?
14:25Je n'ai pas arrêté le droit.
14:27Je suis quand même allé jusqu'au Master 2.
14:30Donc, Bac plus 5, j'ai eu mon diplôme, j'ai rendu mon mémoire.
14:34Et le truc, c'est qu'à ce moment-là, je n'ai pas voulu passer d'entretien d'embauche.
14:38Je n'ai pas voulu travailler dans le droit.
14:40Et je savais que je voulais faire autre chose.
14:42J'ai ma mère qui a fait les beaux-arts.
14:43Donc, elle m'a transmis une grosse palette artistique pendant toute mon enfance.
14:48Et même aujourd'hui, en vrai.
14:49Donc, non, ma mère, elle était plutôt contente que je fasse quelque chose que j'aime,
14:54quelque chose qui me motive.
14:57Mon père, pareil, c'était un gros ciné-film, mon père.
15:02Donc, les films, en vrai, les deux m'ont encouragé.
15:06Et je suis assez content de ça.
15:08Vu que c'est un métier artistique,
15:11ce n'est pas forcément très facile d'en parler.
15:15Et je ne sais pas, au gîner de famille, dire « je suis comédien ».
15:18Parce que quand on me demande « t'as fait quoi, du coup ? »
15:21« Je fais des courts-métrages et une petite vidéo, là. »
15:24Et puis, tu me vois un peu derrière dans ce truc.
15:27Mais voilà, ce n'est pas forcément facile.
15:31Ce qui est sûr, c'est que dès que je suis arrivé,
15:32je me suis mis à 100% dans cet art.
15:35Et oui, pour moi, j'étais un comédien.
15:37Mais un comédien en apprentissage.
15:39Et je pense que c'est un métier dans lequel tu apprends tous les jours.
15:42Tu me dis que tu n'as pas trop voulu travailler dans le droit,
15:44que tu as préféré choisir.
15:45Si je te montre ça, c'est quoi ?
15:47Ça vient d'où exactement ?
15:48C'était super cool, en vrai.
15:50Mais du coup, je découvrais un peu plusieurs ambiances.
15:55Tu le sais, mais du coup, nos examens se finissent en avril, en droit.
16:00Ça nous laisse une grosse plage sur tout ce...
16:06Bon, plage pour aller en vacances, oui.
16:07Mais ça nous laisse plusieurs mois pour justement découvrir le métier
16:11et faire des stages.
16:12Ils nous encouragent à ça.
16:13Ce n'était pas mon premier stage.
16:16En soi, j'en faisais toutes les années, que ce soit en cabinet d'avocat,
16:19en cabinet un peu plus expertise, entrepreneuriat ou autre.
16:23Mais là, j'étais encore dans la découverte.
16:27C'est l'année d'après que j'ai fait une alternance, pour le coup, à Casino.
16:31Donc, au siège social de Casino.
16:33Et oui, je me suis dit que je ne voulais pas faire ça toute ma vie.
16:40Justement, elle est marrante, la photo, parce que je suis sur un bureau,
16:45assis devant un ordi.
16:46Et en soi, quand tu es juriste, au début en tout cas,
16:51tu fais énormément d'administratifs.
16:53Énormément d'administratifs.
16:55Et je ne me voyais pas être sur un bureau toute ma vie.
16:58Après un master 2 en droit,
17:00ce n'est pas vraiment super facile d'apprendre une nouvelle discipline.
17:05Surtout que les deux n'ont rien à voir.
17:07Surtout que dans l'une,
17:09on est beaucoup dans des analyses de texte,
17:12dans des analyses de mots.
17:14Passer de ça à quelque chose de beaucoup plus vivant,
17:17je repartais de zéro.
17:19Donc, c'était totalement une nouvelle discipline pour moi.
17:21Il faut savoir qu'en arrivant à Paris,
17:23vu que je ne connais pas beaucoup de monde à Paris,
17:29encore moins dans le milieu artistique,
17:31dans le cinéma ou dans le théâtre.
17:33J'ai fait le tour des théâtres,
17:36j'ai fait le tour des écoles
17:37pour essayer de trouver mon rythme,
17:39essayer d'avoir un truc où chaque jour,
17:43j'aurai l'occasion de m'exercer
17:44et de devenir un meilleur comédien.
17:47L'objectif en arrivant à Paris,
17:49c'était vraiment de découvrir ce monde.
17:52Donc, en étant sur des plateaux,
17:53que ce soit de la figuration,
17:55des silhouettes qui se rapprochent un peu de la figuration
17:57ou des petits rôles,
17:59mais aussi en explorant vraiment plein d'univers
18:02au niveau de l'apprentissage
18:04et au niveau de la formation.
18:06Si on regarde à l'échelle d'une carrière,
18:09trois ans, c'est rien.
18:11Pour un acteur, c'est vraiment le début.
18:13Et je me rappelle qu'en arrivant,
18:14je me suis dit,
18:15OK, je passe dix ans à me former,
18:18dix ans à faire des courts-métrages,
18:20dix ans à essayer d'avoir des rôles,
18:22de tout ça, tout ça.
18:23Mais vraiment, dix ans à me former
18:25et à partir de dix ans,
18:27je pourrais me dire,
18:27OK, là, je suis sur mes appuis,
18:29là, je suis un vrai comédien.
18:32J'ai retrouvé des articles de toi
18:34avec ton club de boxe du soleil, c'est ça ?
18:38C'est ça, ouais.
18:39Et qu'est-ce que tu as appris ici,
18:41en fait, grâce à ce club
18:43et ces gens qui t'entouraient
18:44et puis cette discipline aussi ?
18:46Grâce à la boxe,
18:48j'ai appris énormément de trucs.
18:50La boxe, on appelle ça souvent
18:52l'école de la vie.
18:54On appelle ça aussi le noble art.
18:55Mais c'est une discipline
18:58qui requiert comme énormément de sport,
19:00beaucoup de discipline,
19:01beaucoup de concentration
19:02et beaucoup de dévouement.
19:05Ça t'apprend,
19:06il y a l'aspect sportif
19:07où tu as des objectifs.
19:10Tu sais que tu dois t'entraîner
19:11tant de fois par semaine.
19:13Tu sais que tu dois être sérieux
19:14avec toi-même, sérieux avec les entraînements
19:15sur le ring,
19:17mais aussi en dehors du ring.
19:18Donc avec l'alimentation,
19:20ça fait partie d'un des trucs
19:21qui m'ont aidé
19:21pour la préparation de la série,
19:23par exemple.
19:24Je pense,
19:25mais pour plein de choses dans ma vie.
19:26Parce qu'au final,
19:26c'est une discipline
19:27que tu prends tous les jours,
19:30en fait.
19:31Et tous les sportifs le savent,
19:33mais le sport,
19:34ça fait énormément de bien
19:35pour l'état d'esprit,
19:38pour tout.
19:39Ouais, c'est sûr.
19:41On dit que c'est la meilleure drogue,
19:42souvent le sport.
19:43On dit que c'est la meilleure des drogues, ouais.
19:45Ça, c'est beaucoup plus tôt pour le coup.
19:48Il me semble,
19:48on devait avoir 14, 15 ans.
19:51Et à Saint-Etienne,
19:53je faisais pas mal de graffes,
19:54du coup,
19:55sur les murs.
19:57Donc, j'écrivais mon blase.
19:59On a essayé de faire des dessins
20:00ou des croquis de temps en temps.
20:02Mais ouais,
20:03j'ai eu un gros passage graffes
20:05à Saint-Etienne.
20:06J'ai retrouvé aussi...
20:07Ouais, t'as retrouvé beaucoup de choses.
20:09C'est la dernière,
20:10après, je te laisse tranquille avec ça.
20:11Tu me fais peur.
20:12C'est quoi ça, exactement ?
20:14Est-ce que...
20:15Wow.
20:18Wow.
20:18Mais ça, tu l'as retrouvé où ?
20:20Alors ça, c'est...
20:21Ça, c'est mes sources.
20:22Un journaliste...
20:23Ah ouais ?
20:24Ça ne donne pas tes sources.
20:24Ah ouais, tu...
20:25OK.
20:26T'es chaud.
20:28Non, ça, c'était ma première représentation
20:31devant public théâtre.
20:33Je me rappelle,
20:34c'était pendant mon année de Master 2, justement.
20:38Je m'étais inscrit à un théâtre à Saint-Etienne
20:41qui s'appelle Théâtre Triomphe.
20:43Et en gros, c'était une troupe amatrice
20:46dans laquelle on avait un cours par semaine,
20:49il me semble.
20:49Donc, c'était assez léger
20:50au niveau de l'intensité et de la cadence.
20:55Mais c'était du coup ma première expérience
20:57avec le théâtre,
20:58avec cet art vivant.
21:00Et vu qu'en même temps,
21:03j'étais dans mon alternance chez Casino,
21:07il y a un truc où je me suis dit
21:08ouais, je préfère 100 fois plus
21:10ce truc vivant qui te hape
21:13et qui te force à être présent à 100% sur scène.
21:16Ça a été peut-être pas un déclic.
21:21Peut-être pas un déclic
21:22parce que ça restait encore du loisir pour moi.
21:26Mais non, le déclic,
21:28je sais très bien quand il arrivait.
21:30Le déclic, c'était après un cours
21:31pendant mon Master 2 aussi.
21:34J'ai un avocat qui intervient
21:38dans les classes à Jean Monnet,
21:41dans les classes de droit.
21:42Il s'appelle Anthony Scarfugliereau.
21:43C'est un avocat
21:44qui fait du droit des entreprises en difficulté.
21:49Et du coup, je l'avais...
21:51Ça faisait deux années qu'il intervenait
21:53dans notre cursus.
21:56Le truc, c'est qu'un soir,
21:59on parle après les cours,
22:01tout ça, je m'entendais bien avec lui.
22:03Et je ne me rappelle plus pourquoi,
22:06mais on en arrive au truc de...
22:07Je lui demande comment il arrive
22:09à être aussi motivé par ce qu'il fait.
22:12Parce que cet avocat,
22:13c'est impressionnant,
22:14mais quand il te parle de sa matière,
22:17quand il te parle de sa discipline,
22:18tu vois ses yeux briller.
22:20Donc je lui demande
22:21comment tu fais
22:23pour être aussi engagé
22:26dans ce truc.
22:27Moi, je suis en alternance en ce moment.
22:29Et certes, le droit en théorie
22:31et tout ce qui est un peu plus recherche,
22:33ça me plaît de fou.
22:35Mais l'exercer,
22:38il y a un truc où ça ne me va pas.
22:40Et je me rappelle que ce soir-là,
22:42on a parlé,
22:43on est resté jusqu'à 22 heures
22:44devant le tram, devant la fac.
22:46Et au final, au bout d'un moment,
22:49il me dit que l'important,
22:50c'est de faire quelque chose que tu aimes.
22:52Je lui dis,
22:53ok, mais je ne sais pas
22:54ce que j'aime et tout.
22:55C'est une question qui revenait souvent
22:56et je n'arrivais pas
22:57à vraiment trouver de réponse, moi.
23:00Quelque chose que tu aimes,
23:02je ne sais pas.
23:03Il m'a dit,
23:03tu vas faire quoi
23:03quand tu vas rentrer chez toi ?
23:05Je lui dis,
23:05je ne sais pas,
23:06je vais regarder un film.
23:07Il m'a dit,
23:07fais du cinéma.
23:09Et à partir de là,
23:11la graine,
23:12elle a été plantée, je pense.
23:13Je n'y croyais pas au début.
23:14Je lui ai dit,
23:15non, mais enfin,
23:16on est à Saint-Etienne,
23:17comment je vais faire ?
23:19Il n'y a rien ici.
23:20C'est pour les stars, ça et tout.
23:24Et en vrai,
23:25il m'a dissuadé.
23:26Il m'a dit que non,
23:27si j'y mettais le travail nécessaire,
23:29si j'étais discipliné
23:30et que si moi-même,
23:31j'y croyais,
23:32qu'en vrai,
23:34ça allait le faire
23:35et que dans tous les cas,
23:36j'allais kiffer ce que je fais.
23:37Donc, j'ai vraiment cru
23:39en ce qu'il m'a dit
23:39parce qu'au final,
23:42c'était très sensé
23:43et je m'y suis mis.
23:45il m'a dit
23:47le meilleur mensonge
23:49de ma vie,
23:49je crois.
23:50Il m'a dit,
23:51non, mais
23:52ce n'est pas que
23:53Timothée Chalamet
23:54vient de Saint-Etienne.
23:56Il n'y a pas de Saint-Etienne
23:58précisément.
23:59Les grands-parents
24:00de Timothée Chalamet
24:01viennent d'une campagne
24:04à côté de Saint-Etienne.
24:05Oui,
24:05les chambons sur lignons.
24:07Exactement.
24:07Donc,
24:08je crois que Timothée Chalamet
24:09est fan de l'équipe de foot,
24:10justement.
24:11mais à l'époque,
24:14je me disais,
24:15OK,
24:16peut-être alors.
24:17Peut-être.
24:18Et puis bon,
24:18au final,
24:19j'ai vérifié
24:19et je me suis aperçu
24:20que pas du tout.
24:22Mais,
24:22c'est vrai que
24:24ça m'a donné
24:25une petite motivation
24:25et je me suis dit,
24:27allez, go.
24:28Toi,
24:28c'est quoi ton rapport
24:29encore avec cette ville ?
24:30Donc,
24:31j'ai ma famille,
24:32toujours à Saint-Etienne.
24:33J'ai toujours
24:34plein d'amis.
24:35Tous mes amis d'enfance,
24:37tous mes amis
24:37du collège,
24:38du lycée.
24:38Mes amis de la fac aussi.
24:42Et c'est un peu
24:43le rapport que j'ai
24:44à cette ville.
24:44C'est quand même
24:45la ville dans laquelle
24:45j'ai grandi,
24:46dans laquelle j'ai fait
24:47toutes mes premières expériences,
24:49toutes mes premières conneries,
24:51dans laquelle j'ai fait
24:51toutes mes études,
24:53ce qui est quand même
24:54une grosse partie
24:56de ma vie.
24:58Donc,
24:59c'est un peu le rapport
24:59que j'ai à cette ville.
25:01Après,
25:02ça reste
25:03une ville
25:05où quand
25:05tu veux explorer
25:07un peu plus
25:08ce côté artistique,
25:10c'est un peu limité.
25:12Et justement,
25:14j'aimerais bien
25:15que ça se développe.
25:17Je serais super heureux
25:18de participer
25:18à
25:19ne serait-ce
25:21qu'un
25:22pourcentage
25:24de l'essor artistique
25:25de Saint-Etienne.
25:26Parce que je pense
25:27qu'à Saint-Etienne,
25:27on a
25:29plein de choses à dire.
25:30Saint-Etienne,
25:31au final,
25:31il y a plein d'artistes.
25:32Quand on tournait
25:34en Belgique
25:34pour les Toubuteries,
25:35justement,
25:36je me rappelle
25:37à une soirée,
25:38j'ai rencontré
25:38un gars
25:39qui s'appelle
25:39Zedjun Pavarotti.
25:43Ça,
25:43c'est son nom d'artiste.
25:44Mais ce qui était drôle,
25:45c'est que ce gars-là,
25:46on était dans le même collège.
25:48Il avait deux classes
25:48de plus que moi.
25:50Et on se retrouve
25:51comme ça,
25:51au fin fond de la Belgique.
25:54Je sais que lui,
25:54il fait de la musique maintenant.
25:56Il a sa vraie déa
25:57et tout
25:58que je trouve super stylé.
26:00Mais ouais,
26:00c'est une fierté
26:02de se dire
26:02que je viens de Saint-Etienne
26:03et qu'il y a
26:05plein d'autres gars
26:06qui traversent la frontière
26:08et qui font leur truc.

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