- il y a 2 jours
Plongez au cœur d'une affaire mystérieuse qui a secoué la France ! Découvrez l'histoire tragique de l'attentat à la préfecture de Strasbourg en 1957, où une boîte de cigares piégée a coûté la vie à Mme Trémoux, épouse du préfet.
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00:30...
01:00Une autre nouvelle a contribué à assombrir la journée.
01:25C'est celle de l'assassinat de Mme Andrée Trémoux,
01:29femme du préfet de Strasbourg et ancien préfet d'Alger.
01:32...
01:33C'est là que la boîte à cigares a explosé.
01:42Tuant, Mme Trémoux.
01:43C'est dans cette pièce même que l'explosion a eu lieu en mai 1957.
02:04Le 17 mai.
02:09On a retrouvé les archives affaires Henriette Trémoux.
02:14Il y a des documents un peu durs.
02:16C'est les reproductions des documents de la police.
02:19Là, on a la pièce après l'explosion.
02:21Des meubles jetés par terre à distance relativement conséquente de la victime.
02:29Ça montre un peu la violence de l'explosion.
02:31Et le préfet Trémoux a vu le corps de son épouse déchiqueté en entrant dans ce salon.
02:38Fragment de bois noirci, fragment de matière plastique translucide.
02:43Oui, donc commence tout de suite une enquête policière de type classique.
02:48C'est-à-dire qu'on va rechercher les indices, chercher la nature de l'explosif,
02:51analyser le dispositif pour voir si on peut l'identifier techniquement
02:56pour le raccrocher à des commanditaires éventuels.
03:00On évoque bien évidemment les premières hypothèses.
03:03Ce sont toujours les médias ou la presse, comme on disait à l'époque,
03:07qui va essayer d'esquisser des pistes.
03:08Parce que dans une enquête de ce type, la police ne parle pas.
03:12Elle cherche à avoir quand même des certitudes avant d'engager quelque chose.
03:17Qu'est-ce que l'on sait de la date ?
03:19Le 17 mai, on devait remettre le mérite agricole au préfet Trémoux
03:24et en même temps inaugurer une entreprise liée au tabac.
03:30Et donc étaient là toute une série de personnalités de premier plan.
03:35D'abord l'ancien ministre de l'Agriculture, député du barin Pierre Pimelin,
03:39les représentants du monde politique local, le maire de Strasbourg, le député Mecque.
03:46Et donc après la remise de la décoration au préfet,
03:51qui se passait à l'étage inférieur de là où nous nous trouvons,
03:55les personnalités sortaient pour aller prendre une photo officielle pour commémorer l'événement.
04:02Et pendant ce temps-là, Mme Trémoux s'est souvenu qu'une boîte de cigares était à l'étage.
04:08et elle a décidé de servir des cigares à ses hôtes.
04:12Alors on a retrouvé le type de boîte à cigares qui a explosé dans les mains de Mme Trémoux.
04:20Et cette boîte, elle est arrivée ici, à la préfecture à Strasbourg,
04:24tout simplement par la poste, comme un cadeau qu'on faisait au préfet.
04:27Exactement. Tout ce que l'on sait à l'époque, c'est qu'elle a été postée de Paris,
04:32et qu'elle a été déposée à la préfecture comme cadeau au préfet.
04:37Quand on voit une petite boîte comme ça, parce que c'est pas grand-chose,
04:40ça n'a pas explosé pendant tout le transport par la poste,
04:43c'est assez incroyable d'être arrivé à ce niveau de sophistication technologique.
04:46Il fallait vraisemblablement des spécialistes de l'explosif pour monter un tel dispositif.
04:53Faire en sorte que l'attentat ait lieu dans le local même de l'hôtel du préfet,
04:58c'est que symboliquement on cherche à s'en prendre à cette république,
05:02ou on cherche à s'en prendre à ce qu'elle représente.
05:05Après, quand on regarde un peu la concordance des dates,
05:09elle est arrivée le 13 mai, alors que le lendemain 14 mai,
05:13il y avait une grande réception de personnalités européennes à la préfecture.
05:20On avait des représentants de la CECA,
05:24la Communauté économique du charbon et de l'acier,
05:26qui date du mois de mars 1957,
05:29puisque le traité de Rome a été signé le 27 mars 1957.
05:32Est-ce qu'on a conscience qu'on est en train de construire cette Europe
05:37et que c'était un moment historique ?
05:39Si on regarde les titres de la presse au printemps 1957 en France,
05:45ce n'est pas la signature du traité de Rome qui mobilise,
05:48c'est la guerre d'Algérie.
05:49Le pays connaît un certain nombre d'attentats
05:52qui viennent aussi bien de la future OAS que du FLN,
05:57ce qui fait qu'en fait, dans un climat un peu de peur lié à la guerre d'Algérie,
06:01une boîte de cigares qui explose à la préfecture de Strasbourg,
06:06ça peut être lié à plein d'incertitudes de ce type.
06:11Ça a été une des pistes.
06:12Ça a été une des pistes, très bon ayant été en poste en Algérie.
06:16La France a voté.
06:18À Alger, comme partout ailleurs,
06:20les élections municipales se sont déroulées sans éclat et sans fière.
06:24De bonheur, M. Roger Léonard était venu remplir son devoir de citoyen,
06:27imité peu après par M. Trémont, préfet d'Alger.
06:32Et en même temps, quand un attentat se déroule en Alsace,
06:37on évoque parfois la piste des autonomistes alsaciens.
06:39Il y en aura d'autres.
06:40Il y a notamment les mouvements néo-nazis
06:42qui n'ont jamais disparu après 1945,
06:46qui existaient en Allemagne
06:48et qui avaient parfois pignon sur rue.
06:51Et justement, un certain nombre de responsables français
06:54avaient eu des lettres de menaces
06:56venues d'une organisation dont le nom s'appelait Kampfband,
07:02c'est-à-dire en fait association de combat,
07:04donc intermallement mystérieux,
07:07qui peuvent encore accréditer davantage
07:09une piste qui viendrait d'Outre-Rhin.
07:12Ça fait trois pistes.
07:14L'enquête démarre avec évidemment beaucoup d'émotion
07:18parce que c'est la femme du préfet,
07:21c'était quelqu'un qui était...
07:22C'est extrêmement symbolique.
07:23Le ministre de l'Intérieur
07:52communique de Strasbourg.
07:55En l'état actuel de l'enquête,
07:57il n'est pas possible d'établir d'une façon précise
08:00quels sont ou quels sont les auteurs de l'attentat
08:03dirigé contre le préfet du Barin
08:05et qui a coûté la vie à Mme Trémaux,
08:08ni les motifs qui l'ont inspiré.
08:11Toutefois, les premières constatations
08:13conduisent à envisager une corrélation
08:16entre l'attentat et la réception de lettres de menaces.
08:19Une expertise est en cours pour vérifier cette hypothèse.
08:28La piste du FLN, qui pouvait être crédible,
08:32cette piste disparaît très vite
08:33puisque le FLN, en général,
08:36quand il fait une action contre la France,
08:37il la revendique.
08:38C'est un fait de guerre.
08:39Et là, le FLN dément très vite.
08:43Et dès le début de l'enquête,
08:44on sait que ce n'est pas une piste.
08:45Il y a toujours cette hypothèse
08:46que c'est peut-être des Allemands,
08:48des néo-nazis, des autonomistes alsaciens.
08:51C'est ça ? On ne sait pas bien.
08:53Quand dans ces groupes qui militent
08:55pour une grande Allemagne unifiée,
08:58dans leur fantasme géographique,
09:01l'Alsace, on fait partie.
09:03C'est un pays germanique.
09:05Est-ce que ça peut séduire
09:06les autonomistes alsaciens ?
09:08Et ces textes-là utilisent une langue
09:11qui a un peu intrigué
09:14les enquêteurs français.
09:16Il manque juste un mot,
09:17« ein »,
09:18qui est essentiel en allemand.
09:20On met l'article devant le nom.
09:22Et là, la revendication,
09:24c'est « Kampferband für unabhängiges Deutschland. »
09:28Et donc, ça ne peut pas être un allemand
09:30qui a écrit ça.
09:32Parce qu'un allemand mettrait « ein ».
09:34L'article manque.
09:36Donc, grammaticalement,
09:37elle n'est pas juste, cette phrase.
09:39Le sens est le même.
09:41Association de combat
09:42pour une Allemagne indépendante.
09:44Pour comprendre un peu dans les détails
09:46l'enquête qui est menée
09:47par les autorités françaises
09:48après l'attentat de la préfecture,
09:50nous avons interrogé Gérald Arbois,
09:53qui est un historien du renseignement.
09:55Et justement, il va nous rejoindre ici.
10:06Le chef de cabinet du préfet du Barin
10:12dit à un enquêteur de la DST
10:15qu'il y a de fortes chances
10:18que ce soit lié à l'affaire du Kampferband
10:20parce que le sous-préfet de Vissenbourg
10:24a reçu quelques jours avant
10:27un de ces tracts
10:29et l'a transmis en préfecture.
10:31Et au vu de l'étiquette
10:34qu'il y avait sur l'emballage
10:36de la boîte de cigares,
10:39on avait le même pas d'écriture
10:42que sur le tract.
10:45Donc, la DST,
10:47quand elle est mandatée,
10:49a déjà engagé une enquête
10:51sur le Kampferband
10:52avec d'abord un premier problème
10:54qui est celui de la langue
10:56qui est utilisée.
10:57Ils vont s'apercevoir
10:58qu'il y a des tournures de phrases
11:00qui ne sont pas
11:02de l'allemand grammaticalement classique.
11:07En décembre 1956,
11:09ils vont recevoir deux types de tracts.
11:12Un tract en allemand
11:14et un autre texte
11:16contre les oppresseurs français
11:17qui sera en langue française.
11:20Et ce qui a sauté aux yeux
11:21quatre mois avant l'attentat,
11:25c'est que ces deux textes
11:26n'étaient pas la traduction
11:28d'une langue vers l'autre,
11:30mais de deux textes
11:31qui avaient été écrits
11:32par la même personne
11:33dans les deux langues.
11:37Comme l'alsacien est d'abord
11:39une langue qui est parlée
11:41avant d'être une langue
11:42qui est écrite,
11:44eh bien, on a pensé
11:45que ça pouvait être de l'alsacien.
11:48Le gros de l'enquête
11:49va porter essentiellement
11:52sur la syntaxe des textes,
11:58parce qu'en français,
11:59tous les points d'exclamation,
12:01d'interrogation
12:01doivent avoir un espace
12:03avant, en allemand,
12:05on ne l'a pas,
12:07vont également analyser
12:09la façon dont c'est écrit.
12:11et quand on a première ligne
12:14monsieur et qu'en dessous
12:15on a le prénom et le nom,
12:19on est dans une façon allemande
12:21d'écrire,
12:22pas dans une façon française
12:23d'écrire les adresses.
12:24Donc tout ça nous sortait
12:26de la réalité
12:29alzaco-alsacienne.
12:31La DST va travailler
12:32avec la sûreté aux armées,
12:34la DST va également
12:36contacter le Criminal Hand,
12:39donc la police criminelle
12:40ouest-allemande.
12:42La sécurité militaire
12:44va contacter
12:46un membre du SPD
12:48de Bavière.
12:50Et pour
12:51les partis politiques
12:53allemands,
12:55ce Kampferband
12:55n'est qu'un mythe.
12:57C'est-à-dire qu'il n'a
12:58aucune existence réelle.
13:00le service
13:01de contre-espionnage
13:02ouest-allemand,
13:05le BFV,
13:06va émettre
13:07l'hypothèse
13:08que ce Kampferband
13:10peut être
13:11une opération
13:13menée par
13:14des réfugiés
13:15russes
13:17pour le compte
13:18de l'Est.
13:25Pour comprendre
13:27dans quel contexte
13:28on se retrouve,
13:29peut-être faut-il revenir
13:30un peu en arrière
13:32jusqu'à la fin
13:33de la Deuxième Guerre mondiale.
13:34Pendant la guerre,
13:35les alliés avaient tenu
13:36un certain nombre
13:37de conférences.
13:38La plus connue,
13:39celle de Yalta
13:40en février 1945
13:41dans laquelle
13:43on a décidé
13:44de partager
13:45l'Allemagne
13:47en quatre zones
13:48d'occupation.
13:49Une zone britannique,
13:50une zone américaine,
13:51une zone française
13:52et une zone soviétique.
13:53Et on avait aussi
13:54pris la décision
13:55à Yalta
13:55dans une déclaration
13:57dite sur l'Europe
13:58libérée
13:58d'organiser
14:00chacun
14:00dans son espace
14:02là où les armées
14:03avaient libéré
14:04des territoires
14:04des élections dites libres
14:05qui,
14:07dans la zone
14:08occupée par les soviétiques,
14:10n'ont jamais eu lieu.
14:11Mais le premier
14:12qui s'est rendu compte
14:13réellement
14:14de la véritable intention
14:17des soviétiques,
14:18c'est Winston Churchill.
14:19Ce fut un très grand jour
14:20dans l'histoire de Fulton
14:21dans le Missouri
14:22lorsque le président Truman
14:23et Winston Churchill
14:24leur rendirent visite.
14:25Il rajoute quelques mois plus tard
14:50que pour faire face
14:52à cette situation,
14:53les Européens de l'Ouest
14:55avaient quasiment le devoir
14:57de constituer ce qu'ils appellent
15:00un Conseil de l'Europe.
15:02Donc c'est un discours visionnaire
15:03de Winston Churchill
15:04parce qu'une construction européenne
15:06sur les valeurs occidentales,
15:08c'est une espèce d'espoir
15:10pour les populations
15:11sous domination soviétique.
15:13Et alors,
15:13on rentre dans la guerre froide.
15:15C'est en mars 1947
15:17quand le président américain Truman
15:20décide de doter
15:22l'Europe occidentale
15:23de l'outil
15:24qu'est le plan Marshall.
15:25Et c'est dans ce cadre-là
15:26pour éviter
15:28que la Tchécoslovaquie
15:30ne rejoigne éventuellement
15:32le camp occidental
15:34et bien décide
15:35en février 1948
15:36du fameux coup de Prague,
15:37c'est-à-dire
15:38du renversement
15:39du président Benesch
15:40des libéraux tchèques
15:41et de l'installation
15:43d'un gouvernement
15:44communiste monocolore
15:45autour de Godwald.
15:47Lorsque les manifestations
15:48ont pris de l'ampleur,
15:49les brutalités policières
15:50et les répressions
15:51des émeutes
15:51sont justifiées.
15:55Le 22 février,
15:56l'Union soviétique
15:57informe qu'il n'y a plus
15:58d'alternative à la guerre civile
15:59et que les menaces d'invasion
16:00sont inéluctables.
16:01Le président Benesch
16:02accepte donc
16:03un chef de cabinet
16:03et un gouvernement communiste.
16:07L'Europe occidentale
16:08s'intègre
16:08dans des structures
16:09dominées
16:10par les Etats-Unis.
16:12L'Europe orientale
16:13s'intègre
16:14dans des structures
16:14qui vont être pensées
16:16et dirigées
16:18de Moscou.
16:19Ici en Alsace,
16:20on va bénéficier
16:22de cette amorce
16:23de guerre froide
16:24puisque
16:25dix Etats
16:26d'Europe occidentale
16:28s'engagent
16:29dans la construction
16:29d'une première
16:31organisation européenne
16:32de nature politique.
16:34Et le traité de Londres
16:35fait de Strasbourg
16:37le siège
16:38de ce Conseil
16:39de l'Europe.
16:39La première session
16:41du Parlement européen
16:42se déroule à Strasbourg.
16:43La ville sur le Rhin
16:44qui, après avoir été
16:45tour à tour française
16:46puis allemande,
16:47est désormais
16:48à nouveau française.
16:49Monsieur Hériot,
16:50président de l'Assemblée nationale,
16:51est accueilli
16:52par les baisers
16:52de jeunes filles
16:53alsaciennes.
16:55Lors d'un grand rassemblement
16:56sur la place Clébert
16:57à Strasbourg,
16:57une foule fascinée
16:58écoute Winston Churchill,
17:00ce célèbre homme d'État.
17:02Prenez garde.
17:03Je vais parler français.
17:12Ce n'est pas contre
17:14une race.
17:16Ce n'est pas contre
17:17une nation quelconque
17:19que nous nous rassemblons.
17:22C'est contre la tyrannie.
17:24Contre la tyrannie,
17:25c'est la raison de créer
17:26en Europe occidentale
17:27un Conseil de l'Europe.
17:33Le Conseil de l'Europe,
17:51c'est un enfant
17:52de la guerre froide.
17:53Ça, c'est tout à fait clair
17:54puisque l'article 1 dit
17:56que les États signataires
17:59vont travailler
18:00à une union sans cesse
18:01plus étroite
18:02sur la base
18:02des valeurs,
18:03des droits de l'homme,
18:04de la démocratie,
18:05de la culture,
18:06c'est-à-dire l'anti-modèle
18:08en face.
18:0975 ans plus tard,
18:11sur la façade
18:11du Conseil de l'Europe,
18:12ici à Strasbourg,
18:13il y a toujours
18:14unis autour de nos valeurs.
18:15C'est l'identité.
18:17Le Conseil de l'Europe
18:17n'a que cet objectif-là,
18:19travailler à la réunification
18:20sur la base des valeurs.
18:24Les Américains,
18:26ils mettent un pied aussi
18:27en Alsace
18:28parce qu'on est sur un territoire
18:29qui les intéresse
18:30dans le sens où on est
18:31en face de l'Allemagne
18:33et vont créer
18:34ici à Strasbourg
18:35une institution
18:36qui s'appelle
18:36le Collège de l'Europe libre.
18:38De quoi s'agit-il ?
18:39Leur idée,
18:40c'est de dire
18:41qu'il faut réussir
18:43à renverser
18:43les régimes communistes
18:45à l'Est
18:45et qu'on aura besoin
18:46d'élites
18:47de ces pays
18:48pour reprendre
18:50le flambeau
18:51une fois que
18:52la mainmise soviétique
18:54disparaîtra.
18:55Et donc,
18:56la CIA,
18:57les services américains,
18:59créent un collège
19:00de l'Europe libre
19:01au château de Portales
19:02à Strasbourg.
19:03Nous avons retrouvé
19:04une chercheuse,
19:05une universitaire,
19:07Véronika Dorin-Ornick
19:08et nous l'avons interrogée.
19:10Bonjour,
19:11vous êtes donc à Sydney
19:12en Australie.
19:12Tout à fait.
19:13Donc,
19:13moi je suis d'origine hongroise
19:15et en fait,
19:15c'était pendant mes études
19:17en France.
19:17Je m'intéressais beaucoup
19:18aux dissidents
19:19d'Europe de l'Est.
19:20J'ai découvert
19:21le collège de l'Europe libre
19:22et en fait,
19:24à la fois avec
19:25les archives françaises
19:27et américains,
19:28j'ai pu reconstruire
19:29l'histoire
19:30de cette institution.
19:32Est-ce qu'on a une idée
19:33de la raison
19:34pour laquelle
19:35on a choisi
19:35le lieu de Strasbourg
19:37pour implanter
19:37ce collège ?
19:39Le collège de l'Europe
19:40était fondé
19:41près du Conseil de l'Europe.
19:42Donc,
19:43l'idée,
19:43c'était
19:43de créer une élite
19:44qui était
19:45à l'esprit démocratique
19:46et qui peut
19:47justement préparer
19:49la future
19:49de ces pays-là
19:51au sein
19:52de la future
19:52communauté européenne.
19:54Le but était
19:54de vraiment représenter
19:55tous les pays
19:56qui étaient derrière
19:57le rideau de fer.
19:58Le 18 avril 1951
20:00à Paris,
20:00la Belgique,
20:01l'Allemagne,
20:02la France,
20:02les Pays-Bas,
20:03l'Italie
20:03et le Luxembourg
20:04signent à traiter
20:05et créant ainsi
20:06la CECA,
20:06le marché commun
20:07du charbon
20:08et de l'acier.
20:08En 1951,
20:10on créait
20:11cette fameuse CECA,
20:13Communauté Européenne
20:14du Charbon et de l'Acier.
20:15C'était un peu
20:15l'embryon
20:17de la communauté européenne
20:18qui devient
20:19aujourd'hui
20:19l'Union Européenne.
20:20Ce qui a une très
20:21forte valeur symbolique
20:22parce que ces deux industries
20:24sont des industries
20:25de guerre
20:25qu'il s'agit maintenant
20:26de mettre au service
20:27de la reconstruction
20:28et donc de la paix
20:29et en construisant
20:30en commun.
20:31Washington soutient
20:32la création
20:33de la CECA.
20:34des soviétiques
20:35répondent
20:36cette CECA,
20:38c'est une machine
20:38de guerre
20:39dirigée contre
20:40l'Union soviétique.
20:41Ils ont essayé
20:42à partir de là
20:42de déstabiliser
20:44cette CECA
20:46à travers
20:46la propagande
20:47des partis communistes
20:48mais aussi
20:48à travers
20:49de l'action
20:49directe
20:50de service
20:51sur le sol allemand.
20:53Il y a notamment
20:53une tentative
20:54d'attentat
20:55contre Adnauer
20:56en 1952,
20:58un livre piégé
20:59et donc
21:00cette opération
21:01de déstabilisation
21:02de la construction
21:03d'une Europe
21:04communautaire
21:04elle commence
21:05dès qu'elle est là.
21:07En 1953,
21:09eh bien,
21:10Staline disparaît
21:11mais les fondamentaux
21:13restent.
21:15Et là,
21:15les soviétiques
21:16réagissent
21:17en avril 1955
21:19par la création
21:19du pacte
21:20de Varsovie.
21:26Durant toute l'histoire
21:28de la domination
21:29soviétique
21:30sur l'Europe de l'Est,
21:31il y a eu
21:31de la dissidence
21:32et dans cette dissidence
21:34il y a eu
21:34des coups de fièvre.
21:36C'est Prague 48,
21:37c'est Berlin 53
21:38et l'une
21:40de ces années
21:41cruciales
21:41c'est l'année 1956.
21:44En Hongrie
21:44autour de Nagy,
21:46on va aller plus loin
21:47puisqu'on va envisager
21:48clairement
21:49à l'automne 1956
21:50d'abord
21:51d'installer
21:53une forme
21:53de pluripartisme
21:55et quand il envisage
21:57c'est ça,
21:57la goutte d'eau
21:58qui fait déborder
21:58le vase,
21:59une possible sortie
22:01du pacte de Varsovie
22:02sans adhérer
22:03à l'OTAN
22:04dans une forme
22:05de neutralisme,
22:06eh bien
22:06les soviétiques
22:08à l'automne 1956
22:09décident
22:10d'intervenir.
22:12Il y a
22:12un mouvement
22:13spontané
22:15qui se crée
22:16en faveur des Hongrois
22:17à travers toute l'Europe
22:18occidentale
22:19et l'un des foyers
22:21de manifestation
22:22c'est Strasbourg
22:23qui témoigne
22:24un peu
22:24de ce soutien
22:25à la résistance
22:27hongroise.
22:31La démocratie
22:32hongroise
22:33est écrasée
22:34avec des milliers
22:35de réfugiés
22:35qui arrivent
22:36ici
22:36en Europe de l'Ouest.
22:37dont les dernières vagues
22:39au Collège
22:39de l'Europe libre
22:40de Strasbourg.
22:43Est-ce qu'il y a
22:43une logique historique
22:44entre le Collège
22:45de l'Europe libre
22:46créé par la CIA
22:47et peut-être
22:48une réponse
22:49des services secrets
22:50des pays
22:50du pacte de Varsovie
22:51avec des opérations
22:53de déstabilisation
22:55comme l'attentat
22:56à la préfecture
22:56de Strasbourg ?
22:58Le comité américain
22:59menait plusieurs opérations
23:02donc pas uniquement
23:02le Collège
23:03de l'Europe libre
23:03mais il mettait
23:05en place également
23:06une organisation
23:07qui s'appelait
23:08l'Assemblée
23:08des Nations Captives
23:10de l'Europe.
23:11Cette assemblée
23:11fonctionnait
23:12comme un groupe
23:13de pression.
23:14Je suis Tchécoslovaque
23:15et je dirige
23:16le bureau
23:17de l'Assemblée
23:18des Nations Captives
23:19d'Europe à Paris.
23:21Cela représente
23:21combien de nations ?
23:23Cela représente
23:24les neuf nations captives
23:25les neuf nations
23:27derrière le rideau de fer
23:29c'est-à-dire
23:29combien d'hommes ?
23:31Environ
23:31100 millions
23:32d'Européens.
23:34Et nous sommes heureux
23:35de nous trouver ici
23:36car nous espérons
23:38que nos revendications
23:39justes
23:40et nos aspirations
23:40de liberté
23:41seront entendues
23:43en Europe
23:43et surtout en France.
23:45À partir de 1955,
23:47cette Assemblée
23:48des Nations Captives
23:49de l'Europe
23:49menait également
23:51des sessions spéciales
23:53à Strasbourg
23:54un peu avant
23:55l'Assemblée Consultative
23:57de Conseil
23:58de l'Europe.
23:58et en 1957,
24:02il y a ce débat
24:03aux Nations Unies,
24:04les États-Unis,
24:05la France
24:06et l'Angleterre
24:08ont demandé
24:09justement
24:10au Conseil de sécurité
24:11de se réunir
24:12et de discuter
24:13de tout ce qui se passe
24:13en Hongrie.
24:15C'est un avril,
24:16il y a une très grande
24:17session spéciale
24:18et finalement,
24:20il y a cet attentat.
24:21Si cet attentat
24:23a lieu
24:24au Collège
24:25de l'Europe libre,
24:26dans ce cas,
24:27l'origine
24:28de l'attentat
24:29que c'était
24:30des services de l'Est
24:31aurait été trop évidente.
24:33Pas non plus
24:34au Conseil
24:35de l'Europe,
24:37mais plutôt
24:38choisir
24:38la préfecture
24:39qui n'est pas
24:41directement
24:42impliquée.
24:44En fait,
24:44en tout cas,
24:44ça,
24:45c'est mon hypothèse.
24:46C'est votre hypothèse,
24:47elle se défend,
24:48mais il pourrait
24:49y en avoir d'autres.
24:50L'Alsace
24:50et Strasbourg
24:51étant géographiquement,
24:52politiquement
24:53et militairement
24:54au cœur
24:55de la guerre froide,
24:56ne serait-ce que
24:56du fait
24:57de la construction
24:57européenne.
24:59Tout à fait.
25:00L'attentat
25:01survient
25:02en mai 1957
25:03et la même année,
25:05on construit
25:05à Meillenheim,
25:06à côté de Colmar,
25:07une base aérienne
25:08très importante.
25:09Donc,
25:09quelque part,
25:10chacun place ses pions
25:11et notamment
25:12ici en Alsace.
25:13Et les places
25:13déjà depuis un bout de temps,
25:15depuis le début
25:15des années 50,
25:16en synergie
25:17avec ce qui se passe
25:18de l'autre côté
25:18de la frontière
25:19puisque les Américains
25:20placent l'Europe.
25:21dans le Palatina du Sud
25:23où on entrepose
25:25dès les années 50
25:26les armes dites spéciales
25:27d'après les Américains
25:28pour une éventuelle guerre
25:29à venir.
25:30Ah, je crois
25:40que le colonel Meyer
25:42vient d'arriver.
25:42J'étais adjoint
25:53au chef du bureau
25:54renseignement.
25:55Nous avions
25:55comme mission principale
25:57de voir
25:57quelles étaient
25:58les capacités
25:59de l'ennemi infiltré
26:00et qui pouvaient
26:01empêcher la manœuvre
26:02de la division
26:03qui est de faire
26:04franchir le Rhin
26:05aux unités alliées
26:07de France
26:08vers l'Allemagne.
26:09Quels étaient
26:10les plans d'attaque
26:11des forces
26:12du parc de Varsovie
26:14sur l'Occident ?
26:15Il y avait plusieurs hypothèses
26:16soit effort au nord
26:17soit effort au centre
26:18soit effort au sud
26:19effort au sud
26:21c'est celui
26:21qui nous concerne
26:22prioritairement nous
26:23et nous montre
26:25que nous
26:25ici en Alsace
26:26et notamment
26:27sur Strasbourg
26:27on était face
26:29à l'armée
26:30une armée
26:31de la garde soviétique
26:32appuyée par
26:33deux armées tchèques
26:35qui devaient passer
26:36par la truée de Fulda
26:37et essayer
26:39d'envahir la France.
26:40Et votre mission précise
26:42par rapport au Rhin
26:43c'était quoi ?
26:44Le Rhin
26:45il dispose
26:46de dix ponts
26:47d'infrastructures
26:47permanentes
26:48qui ont une durée
26:50de vie très limitée
26:51en cas de conflit
26:51et c'est pour ça
26:53que le Rhin
26:54est équipé
26:54de onze cales militaires
26:56de mise à l'eau
26:57de moyens
26:57de franchissement
26:58du génie.
27:03Nous avions
27:04ici en Alsace
27:05une division
27:06spécifique
27:07qui était destinée
27:09à assurer
27:10le franchissement
27:10du Rhin
27:11en permanence
27:12aux troupes alliées
27:14et françaises
27:15qui devaient aller
27:15en renfort
27:16pour ce qu'on appelait
27:17à l'époque
27:17la bataille de l'Avent
27:18qui se déroulait
27:19en Allemagne.
27:26Ici on avait peur
27:27que les armées
27:28du pacte de Varsovie
27:30puissent arriver
27:31sur le territoire
27:33de l'OTAN.
27:33ça sert à aller
27:34au-devant
27:35des troupes
27:36du pacte de Varsovie
27:37éventuellement.
27:39Jusqu'au moins
27:39à la fin des années 60
27:41on pensait possible
27:42un conflit
27:43entre les deux blocs
27:44et donc par conséquent
27:46on est ici
27:47sur les lignes
27:47de défense arrière
27:49si jamais
27:50la première ligne
27:51la RFA
27:52tombait.
27:54Et donc
27:54c'est essentiel.
27:55Alors là
28:03on est
28:04dans des hauts lieux
28:05de la guerre froide
28:05on n'a pas l'impression
28:06c'est étonnant.
28:08On n'a pas l'impression
28:08c'est en pleine forêt
28:09du Palatina Sud
28:11les Américains
28:12pensaient
28:13qu'il pouvait y avoir
28:14une confrontation
28:15en Europe
28:16et donc ont décidé
28:17de construire
28:18cette installation
28:19de stockage
28:19d'armes
28:20qu'on appelait
28:21spéciales
28:22et qui aurait dû servir
28:24à venir en aide
28:25à la première ligne
28:26qui devait défendre
28:27l'Allemagne
28:28face aux éventuels
28:29agresseurs
28:30du bloc soviétique.
28:32Donc c'est des zones
28:33hautement sécurisées
28:34de la guerre froide.
28:39Tout le train
28:40de la frontière française.
28:41On a à peu près
28:4230 000 militaires américains
28:44stationnés en permanence
28:45jusqu'au début
28:46des années 60.
28:47La plus grande
28:48concentration de militaires
28:49pendant une grande partie
28:51de la guerre froide
28:52lorsque les soviétiques
28:55décident d'installer
28:57en Europe de l'Est
28:58les fusées SS-20
29:01c'est-à-dire des fusées
29:02à tête nucléaire
29:03à moyenne portée
29:04donc destinées
29:05à l'Europe occidentale
29:06l'OTAN
29:07prend la décision
29:08d'installer
29:10à l'Ouest
29:11les fameux Pershing.
29:12En fait
29:13les deux grands
29:13s'évitaient
29:14dans cette installation
29:15de missiles.
29:17Le sol américain
29:18n'était pas atteignable
29:19et le sol soviétique
29:20n'était pas atteignable.
29:21Et donc
29:22la guerre nucléaire
29:24si elle avait dû éclater
29:25éclatait en Europe.
29:27Oui.
29:29Les chefs des défenses
29:30des armées
29:30du pacte de Varsovie
29:31inspectent les manœuvres
29:33d'une simulation
29:34de conflits
29:34qui se dérouleraient
29:35en Pologne.
29:365, 8, 7, 7, 7, 5, 4,
29:42L'arme nucléaire
29:43elle change
29:44la dimension des conflits
29:45puisqu'on rentre
29:46dans une logique
29:47de dissuasion.
29:48L'ennemi
29:48ne s'amuse pas
29:50à tenter quelque chose.
29:52Mais n'empêche
29:53qu'il est toujours
29:54à surveiller
29:54parce que rien n'empêche
29:56des mouvements conventionnels.
29:57Alors ici
29:58on est à côté
30:00de Colmar
30:01c'est la base aérienne
30:02de Meillenheim
30:03construite en 1957
30:06et qui a été active
30:08jusqu'en 2010.
30:09C'est là
30:10que stationnaient
30:12une vingtaine d'avions
30:13prêtes à intervenir
30:14s'il le fallait
30:15contre les troupes
30:16du pacte de Varsovie.
30:18Le général de Gaulle
30:19avait dit que Strasbourg
30:19était à moins d'une étape
30:21du tour de France
30:22des chars soviétiques
30:23donc par conséquent
30:24on fortifie
30:25l'est du pays
30:27mais c'est assez
30:27une tradition
30:28puisqu'on le fortifiait
30:29aussi contre les Allemands
30:30et à partir de la guerre froide
30:32c'est contre le pacte
30:33de Varsovie.
30:33C'est l'ancienne
30:39tour de contrôle
30:40là en bas
30:42c'était l'équivalent
30:44de la tour de contrôle
30:45mais en bunker
30:46en souterrain
30:46parce qu'en cas d'attaque
30:48de cette tour de contrôle
30:51ils pouvaient
30:51se replier
30:52en souterrain
30:53on va aller voir
30:54on va essayer d'aller voir.
31:03ça c'est un abri
31:06NDC
31:06nucléaire
31:08lactéologique
31:09chimique
31:10à la fin des années 50
31:25et au début des années 60
31:27la tension monte
31:28avec en août 1961
31:30la construction du mur
31:31de Berlin
31:32et à l'automne 1962
31:33la crise de Cuba.
31:38Pendant les années 60
31:39l'enquête
31:40sur l'attentat de Strasbourg
31:42où en sommes-nous ?
31:44Eh bien on a un rapport
31:45de la DST de Metz
31:47qui supervisait cette enquête
31:49qui fait très bien
31:50le point sur la situation
31:52c'est-à-dire
31:52qu'on n'arrive pas
31:53à identifier les auteurs
31:54mais on sait
31:55si vous voulez
31:55d'où vient le coup
31:56et ce qu'on n'arrive
31:57pas tout à fait bien
31:59à déceler
32:00mais on peut émettre
32:01des hypothèses
32:02c'est pourquoi ce coup ?
32:05Simple opération
32:06de déstabilisation
32:08qui a un peu mal tourné
32:09en frappant
32:10la mauvaise personne
32:11est-ce qu'on voulait
32:13puisque le 14 mai
32:15il y avait cette réunion
32:15à la préfecture
32:16de la CECA
32:17avec un certain nombre
32:19de personnalités européennes
32:21de premier plan
32:21et est-ce qu'on voulait
32:22toucher ces personnalités-là ?
32:25tout ça
32:26n'est pas dans le rapport
32:28l'enquête judiciaire
32:30a donné lieu
32:31à un non-lieu
32:32en 1964
32:33en France
32:34donc il n'y a plus
32:35de poursuite
32:36sur cette affaire
32:37très beau
32:37mais du côté
32:38de l'Europe centrale
32:40sous domination soviétique
32:42là encore
32:43la dissidence
32:44ne s'arrête pas
32:45alors c'est pas une dissidence
32:47c'est plutôt
32:47une évolution
32:48c'est ce fameux
32:50socialisme
32:51à visage humain
32:52que Alexandre Dubček
32:54a tenté de mettre
32:55en place
32:55en Tchécoslovaquie
32:56et cette tentative
32:58de réformer
32:59le socialisme
33:00et bien ça sera
33:01encore une fois
33:01écrasé
33:02le 21 août 68
33:04avec l'intervention
33:05des troupes
33:05du pacte de Varsovie
33:07contre la Tchécoslovaquie
33:08cette contestation
33:09elle remet en question
33:11le pouvoir soviétique
33:13et une peur
33:15dans d'autres démocraties
33:17populaires
33:18de la propagation
33:19du printemps de Prague
33:20et donc ce sont
33:21certains pays
33:22du pacte de Varsovie
33:23qui poussent aussi
33:24les soviétiques
33:25à intervenir
33:27notamment
33:27les allemands de l'Est
33:29la DDR
33:30elle a peur
33:30de ce type de mouvement
33:31parce que là
33:32pour les allemands
33:32il y a l'Allemagne
33:33de l'Ouest
33:34et donc on décide
33:35d'intervenir
33:36en août 68
33:37en 68
33:38on a la solution
33:39de l'affaire
33:42un officier
33:43de la première direction
33:45du service tchèque
33:47donc du STB
33:48va faire défection
33:50et va se rendre
33:51aux Etats-Unis
33:52la contrefaçon
33:55la corruption
33:55les agents d'influence
33:57la désinformation
33:58et les sales coups
33:59en général
33:59font partie
34:00d'un large éventail
34:01d'activités soviétiques
34:03appelées
34:03mesures rapides
34:04au milieu des années 60
34:07Nadislav Bitman
34:08était directeur adjoint
34:09du département
34:10des désinformations
34:11des services de renseignement
34:12de Tchécoslovaquie
34:13le STB
34:14en 1968
34:15après l'invasion soviétique
34:17il s'enfuit
34:17pour les Etats-Unis
34:18et là il va dire
34:20cette opération
34:21elle a été menée
34:23par
34:24Milan Michel
34:25Stanislav Torres
34:26Robert Herr
34:27et
34:28Miroslav Krasovski
34:30donc en 68
34:32le transfuge
34:33des services secrets
34:34tchécoslovaques
34:35dit que ce sont
34:36ces services
34:37qui ont
34:38piégé cette boîte
34:39et qui ont tué
34:40Madame Tremont
34:41ça ne fera que
34:42confirmer
34:43ce que la DST
34:43avait supputé
34:44qui avait donné lieu
34:46au non-lieu
34:47de 1964
34:48Mais alors
34:49quel serait
34:49d'après vous
34:50le mobile
34:51de cette boîte
34:52piégée ?
34:53Le problème
34:53il est toujours là
34:54et il est toujours intact
34:55c'est que
34:56le mobile
34:57on sait que
34:59ce sont les tchèques
35:00qui l'ont fait
35:00mais c'est tout
35:01ce qu'on sait
35:02Pourtant
35:03on sait aussi
35:03que STB
35:04c'est la Tchécoslovaquie
35:05c'est le camp de l'Est
35:06c'est le pacte de Varsovie
35:07c'est Moscou
35:08ça on le sait
35:11effectivement
35:12et là
35:12on entre
35:13dans cette conférence
35:15secrète
35:15qui s'est tenue
35:16à Prague
35:16le 22
35:17ou le 24
35:18mai 1955
35:20qui intervient
35:2215 jours
35:23après
35:24la signature
35:25du pacte de Varsovie
35:26qui rassemble
35:28les patrons
35:30des services
35:30de renseignement
35:31de tout
35:32le pacte de Varsovie
35:33et dans le système
35:34soviétique
35:36tout
35:37remonte à Moscou
35:38et tout part de Moscou
35:40donc cette opération
35:41a de très fortes raisons
35:44d'avoir été
35:45initiée
35:46à la demande
35:47d'Ivan Agayansk
35:48qui était le responsable
35:50de la désinformation
35:51au KGB
35:52l'origine
35:54de cette information
35:55de la tenue
35:55de cette réunion
35:56est une origine
35:58américaine
35:59les français disent
36:00par une source
36:01qualifiée
36:02et sérieuse
36:03il y a eu d'autres opérations
36:04forcément
36:05puisque tous les chefs
36:06de service
36:08étaient là
36:09là ce qui nous intéresse
36:10l'opération
36:11Kampferband
36:12elle est menée
36:13par le STB
36:14tchécoslovaque
36:15et par l'Astasi
36:17est allemande
36:18l'objectif
36:20immédiat
36:21c'est faire monter
36:23l'extrême droite
36:24néo-nazi
36:25en Allemagne
36:26donc empêcher
36:28un rapprochement
36:29entre la France
36:29et l'Allemagne
36:30et ce qu'il faut bien
36:44avoir à l'esprit
36:45c'est que
36:46l'opération
36:48a réussi
36:49mais elle a raté
36:51en même temps
36:52c'est à dire que
36:53techniquement
36:54la boîte a explosé
36:56mais elle n'a pas explosé
36:58entre les mains
36:59des bonnes personnes
37:01Mme Trémeau
37:04s'est trouvée
37:05finalement
37:06au mauvais endroit
37:07au mauvais moment
37:07on est vraiment
37:10sur quelqu'un
37:11qui n'avait rien à voir
37:12avec les affaires du moment
37:15ni la construction européenne
37:17ni les relations
37:18franco-allemandes
37:19là elle n'avait
37:21qu'une mission
37:22c'est offrir
37:23des cigares
37:23au moment
37:25où
37:25le président du conseil général
37:27Pierre Mflimelin
37:29futur
37:30président du conseil
37:31éphémère
37:32allait remettre
37:34l'ordre national
37:36du mérite
37:36à son mari
37:37et donc
37:37à l'issue
37:39du déjeuner
37:41les hommes
37:43seraient passés
37:43au fumoir
37:44et donc
37:45ils auraient pris
37:46leur cigare
37:48Donc les services
37:49soviétiques et tchèques
37:51ont compris
37:52que c'était un échec
37:53qu'il ne fallait pas
37:53recommencer ce genre d'opération
37:55Très certainement
37:56et c'est la raison
37:56pour laquelle
37:57il y a eu un rapport
37:58qui a été vu
37:59par le ministre
38:00de l'Intérieur tchèque
38:02et comme le transfuge tchèque
38:04auprès des services américains
38:07le dira
38:07il n'y a plus d'archives
38:08c'est à dire
38:09qu'on a effacé
38:11toutes les traces
38:12possibles et imaginables
38:14de
38:15les personnes
38:18qui ont travaillé
38:19sur cette boîte
38:20Mais la guerre froide
38:22se poursuit
38:23va se poursuivre
38:24sous d'autres formes
38:25que l'utilisation
38:26d'une boîte à cigare piégée
38:27Aux Nations Unies
38:34il a été révélé
38:35qu'un microphone sans fil
38:36avait été caché
38:37par les russes
38:38à l'intérieur
38:38du grand sceau
38:39d'un bureau
38:39de l'ambassade américaine
38:41à Moscou
38:41Un microphone sans fil
38:44comme celui
38:45placé dans la cavité cachée
38:46du sceau
38:47peut être plus petit
38:48que la gomme d'un crayon
38:49Ces appareils miniaturisés
38:52sont des émetteurs
38:53radio autonomes
38:54tout est stocké
38:56dans un mouchard
38:57Les conversations
38:59peuvent être enregistrées
39:00sur bande
39:01jusqu'à 1,5 km
39:02sans utiliser de fil
39:04Basé en Alsace
39:06le 44e et le 54e régiment
39:09pratiquaient le renseignement
39:10sous toutes ses formes
39:12comme l'observation
39:13et les relevés photographiques
39:14des soviétiques
39:15à Baden-Baden
39:16l'écoute du Mors
39:17à la frontière
39:18avec la RDA
39:19et l'écoute des forces
39:20du pacte de Varsovie
39:21à la frontière tchécoslovaque
39:23J'étais dans la chambre conjugale
39:27à travers les bacs de fleurs
39:29je mettais
39:29mon appareil photo
39:31ils ne pouvaient pas me voir
39:33tout était top secret
39:35Qu'est-ce qu'ils faisaient
39:36les soviétiques
39:37à Baden-Baden ?
39:38Ce qui les intéressait surtout
39:39c'était
39:40les fusées américaines
39:42et tout ça
39:43c'est ça surtout
39:44qui les intéressait
39:46C'était très intéressant
39:50et puis c'est prenant quand même
39:51parce que nous on était
39:53en mode guerre si on veut
39:5624h c'est 24
39:57et 365 jours par an
40:00A l'issue du printemps de Prague
40:04l'armée française a ressenti le besoin
40:07de se doter de personnel
40:08pouvant comprendre à la fois
40:10les tchèques
40:10et de l'autre côté les russes
40:11Deux ans de formation
40:13une première année
40:15où on apprend les bases de la langue
40:16et ensuite une deuxième année
40:18où là on se spécialise
40:20sur le vocabulaire militaire
40:22et surtout sur les écoutes
40:24Quand on montait
40:25dégelé les antennes
40:26par temps clair
40:27on voyait la tour d'écoute
40:28des tchèques qui étaient de l'autre côté
40:29et chacun écoutait l'autre
40:31On m'a orienté sur le renseignement
40:36et en particulier
40:38la guerre électronique
40:39et le renseignement
40:40d'origine électromagnétique
40:41Ce type de renseignement
40:42permet d'avoir des indices d'alerte
40:45et lorsque l'action est engagée
40:48elle peut fournir
40:50des renseignements précis
40:51qui peuvent aller jusqu'à
40:52éviter la perte de personnel
40:54Est-ce que vous diriez
40:56que le renseignement
40:57en quoi il a été
40:59un élément créé
41:00de la guerre froide
41:00peut-être de la victoire
41:01des alliés
41:02du camp occidental
41:04à la fin de cette guerre froide ?
41:06Je pense que c'est
41:07une composante importante
41:09de la victoire
41:12de l'Occident
41:13sur l'Union soviétique
41:14puisqu'on a pu suivre
41:17toutes les difficultés
41:18qu'avaient de plus en plus
41:19les armées des pays de l'Est
41:21dans le pacte de Varsovie
41:22pour suivre
41:23la course à la technologie
41:26qui montait en permanence
41:27en Occident
41:28Cet ensemble s'appelle
41:34ELOD
41:35Ensemble de localisation
41:37par densité des émissions
41:38Donc sur l'écran
41:39vous avez tout un ensemble
41:41de points lumineux
41:42qui correspondent à des émissions
41:43La chasse aux renards
41:45C'est-à-dire que
41:46on pouvait circuler en ville
41:48avec quelques camions
41:51équipés comme ça
41:52pour voir s'il y avait
41:53des émetteurs clandestins
41:54Est-ce que
41:55ici dans la région
41:57alsacienne
41:58on a pu identifier
42:01des espions
42:03du pacte de Varsovie ?
42:05Au nord de l'Alsace
42:06près de Hagenau
42:08vous aviez un régiment
42:09d'artillerie nucléaire
42:10il y avait 19 nationalités
42:13sur 40 km²
42:15Donc côté militaire
42:16pour aller jusqu'au bout
42:17de votre question
42:18on n'a pas fait de repérage
42:20parce que ce n'était pas
42:21notre mission
42:22par contre là-bas
42:23dans cette valise
42:24qui est un peu particulière
42:26c'est une valise d'écoute
42:28qui a été utilisée
42:30par la direction
42:31de la surveillance du territoire
42:33de la DSTD
42:34et avec ça justement
42:36eux avaient la mission
42:38de rechercher
42:38les clandestins
42:40maintenant
42:41si on avait une information
42:42qui pouvait les aider
42:43on fournissait l'information
42:45Et donc dans les 19 nationalités
42:46on savait à peu près
42:48qui il y avait ?
42:49Vous avez souvent
42:50des camions
42:51notamment
42:51polonais
42:54bulgares
42:56qui prenaient parfois
42:57des itinéraires
42:57qui n'étaient pas
42:58les plus directs
42:58on était là
43:00ici
43:01c'est un point haut
43:03qui était spécifiquement chargé
43:06d'écouter
43:06tout ce qui se passait
43:08dans cette zone-là
43:09On disait que les Tchécoslova
43:11avaient pour mission
43:12d'envahir
43:14la France
43:15par l'Alsace
43:16c'est ça ?
43:17Vous le saviez ça ?
43:17Oui
43:18Oui, on le savait
43:19C'est pour ça qu'on les écoutait
43:20On voyait très bien
43:21que c'était
43:22pour faire une percée
43:25c'était sûr
43:26et puis bon
43:27ils traversaient l'Aémane
43:28et puis ils sont
43:29en Strasbourg
43:29Monsieur le Président
43:30Gorbachev
43:31Victor Hugo
43:34disait
43:38un jour viendra
43:39où vous France
43:40vous Russie
43:41vous toutes nations
43:43du continent
43:43vous constituerez
43:45la fraternité européenne
43:46un jour viendra
43:48où il n'y aura
43:48plus d'autre champ
43:49de bataille
43:50que les marchés
43:51s'ouvrant au commerce
43:52et les esprits
43:53s'ouvrant aux idées
43:54La philosophie
43:57du concept
43:57de la maison
43:58européenne commune
43:59exclut
44:00toute probabilité
44:01d'un affrontement
44:02armé
44:02Nous nous prononçons
44:04pour un monde
44:04dénucléarisé
44:06pour l'élimination
44:07de toutes les armes
44:08nucléaires
44:09d'ici le début
44:10du prochain siècle
44:11Nous sommes
44:15pour l'élimination
44:16complète
44:17des armes chimiques
44:18dans l'immédiat
44:19Nous sommes
44:20pour le retrait total
44:21de toutes les troupes
44:22étrangères
44:23du territoire
44:24des autres pays
44:25Nous sommes
44:26résolument
44:27contre la création
44:28de toute
44:29arme spatiale
44:31C'est à Strasbourg
44:34que se trouve
44:34l'Assemblée parlementaire
44:36le Conseil de l'Europe
44:37et le Parlement européen
44:39Nous serions prêts
44:40certes
44:41avec le consentement
44:42du gouvernement français
44:43à ouvrir ici
44:44notre consulat général
44:46Ce qui nous a étonnés
44:48ça a été
44:48la vitesse
44:50de l'écroulement
44:50Il y a eu
44:52une quasiment
44:52évaporation
44:53des forces du pacte
44:54de Varsovie
44:55en deux ans
44:55qui nous a beaucoup étonnés
44:57et à laquelle
44:58on ne s'attendait pas du tout
44:59Mais vous personnellement
45:00quand la guerre froide
45:02a pris fin
45:02dans quel état d'esprit
45:03vous étiez ?
45:04Qu'est-ce que vous vous êtes dit
45:05sur le fait ?
45:06On s'est dit
45:07ouf
45:07et on a gagné
45:08même si on ne peut pas le dire
45:09Est-ce que vous en gardez
45:13le souvenir
45:14d'une espèce de jeu
45:16ou quelque chose
45:16de beaucoup plus grave
45:17dont on n'avait pas
45:18forcément conscience
45:19dans la population civile ?
45:21C'est vrai
45:22qu'on avait très souvent
45:23l'impression
45:23qu'on était un peu seul
45:26à prendre ça
45:26au sérieux
45:28et trouver que c'était
45:28grave et important
45:29Pour nous
45:30c'était une vraie guerre
45:31ce n'était pas
45:31de la théorie
45:32on était formés
45:34entraînés
45:35l'ennemi
45:36il était officiel
45:37c'était les forces
45:38du pacte de Varsovie
45:38Pendant ce temps
45:42à Prague
45:43c'est l'euphorie
45:4517 novembre
45:46les manifestations
45:47contre le régime
45:48qui finit par tomber
45:49Václav Havel
45:50était élu président
45:51de la République
45:51et puis il faudra
45:53attendre en fait
45:53l'ouverture
45:54de la Tchécoslovaquie
45:55à l'ouest
45:55pour que l'enquête
45:57reprenne en quelque sorte
45:58et là-dessus
45:59nous allons interroger
46:00Jakub Petla
46:01qui a fait une thèse
46:02de doctorat
46:03sur cette affaire
46:03très mauve
46:04J'ai étudié la sécurité
46:07et les études
46:08stratégiques
46:09à l'université
46:10de Brno
46:10je suis actuellement
46:12au sein de ma
46:13onzième année
46:13au sein de la police
46:14de la République tchèque
46:15dont six ans
46:16en tant qu'enquêteur
46:17au bureau de documentation
46:18et d'enquête
46:19sur les crimes
46:19du communisme
46:20l'affaire a commencé
46:22à être élucidée
46:23en République tchèque
46:23en 1996
46:25sur les bases
46:26du livre écrit
46:26par Ladislav Bitman
46:28ancien major
46:29du STB
46:29service secret
46:30tchécoslovaque
46:31il a identifié
46:33dans son livre
46:33les services secrets
46:34comme étant à l'origine
46:35de l'assassinat
46:36tout en mentionnant
46:37les noms des agents
46:38qui étaient supposés
46:39avoir participé
46:40à l'action
46:41il identifie
46:42les membres
46:43des services
46:43de renseignement
46:44tchécoslovaques
46:44comme étant les auteurs
46:45d'une série
46:46d'assassinats politiques
46:47dont celui
46:48de l'épouse
46:49du préfet Trémet
46:50compte tenu
46:51de la gravité
46:52de ces allégations
46:53l'UDV a commencé
46:54à enquêter d'office
46:55sur l'écriture
46:56grâce à l'enquête tchèque
47:01de nouveaux éléments
47:02sont apparus
47:02la bombe a été préparée
47:04à Prague
47:05puis elle a été acheminée
47:07par la valise diplomatique
47:09via l'aéroport du Bourget
47:10à l'ambassade
47:11de Tchécoslovaquie
47:12à Paris
47:13où elle a été finalisée
47:15emballée
47:15avant d'être postée
47:17le 12 mai 1957
47:19depuis la poste
47:20du boulevard d'Hydro
47:21à Paris
47:22la suite
47:23nous la connaissons
47:24toutes ces actions
47:28faisaient partie
47:28de ce qu'on appelle
47:29l'entreprise
47:30de confusion
47:30et de déstabilisation
47:31c'était une stratégie
47:34à long terme
47:35du bloc soviétique
47:35afin de lutter
47:36contre les pays occidentaux
47:38principalement
47:39l'Allemagne de l'Ouest
47:39et prenait différentes formes
47:41dont l'utilisation
47:42de faux documents
47:43de menaces de mort
47:44et dans sa forme
47:45la plus extrême
47:46au meurtre
47:46ou l'assassinat
47:47avec l'utilisation
47:49d'engins explosifs
47:50l'enquête a permis
47:52d'identifier
47:53plusieurs membres
47:54des services secrets
47:55impliqués
47:55dans l'assassinat
47:56de madame Tremont
47:57et une procédure pénale
47:58pour meurtre
47:59a été ouverte
48:00contre les deux derniers
48:01agents survivants
48:02la procédure s'est déroulée
48:04sur plusieurs années
48:05et a connu
48:05de nombreux rebondissements
48:06l'un des accusés
48:08est décédé
48:08et le dernier
48:09a utilisé indument
48:10son âge
48:11et son état de santé
48:12alors qu'un rapport
48:13d'expertise
48:14le décrivait
48:15comme étant
48:15en très bonne santé
48:16malgré la violation
48:19manifeste
48:20de la loi
48:20la cour suprême
48:22tchèque
48:22à Brno
48:22n'a pas pu annuler
48:24la suspension
48:24de la procédure
48:26à l'heure actuelle
48:30les anciens accusés
48:31sont décédés
48:32et n'ont jamais
48:32reconnu leur implication
48:33dans l'assassinat
48:34de madame Tremont
48:36finalement
48:40personne ne sera
48:41jamais inculpé
48:42dans cette affaire
48:43le mobile
48:43de cette opération
48:44qui semble invérée
48:46est une volonté
48:47du KGB
48:48et des pays satellites
48:49de déstabiliser
48:50l'Europe naissante
48:50en 1957
48:52ainsi que l'amitié
48:53franco-allemande
48:54mais nous n'en aurons
48:56jamais la preuve
48:57néanmoins
48:58est-ce que cette affaire
49:00Tremont
49:00peut avoir des résonances
49:02dans le monde
49:03d'aujourd'hui ?
49:05Oui il y a des résonances
49:06d'abord à l'époque
49:07l'Europe communautaire
49:09posait un problème
49:10à la Russie soviétique
49:11la création
49:12de l'Union Européenne
49:14son élargissement vers l'Est
49:15de la même façon
49:16que l'Alliance Atlantique
49:17et son élargissement vers l'Est
49:18pose un problème
49:20à la Russie
49:21d'aujourd'hui
49:21les systèmes
49:23de désinformation
49:24de cyberattaque
49:25rappellent
49:26cette guerre
49:27menée à l'époque
49:28soviétique
49:29aujourd'hui
49:30après
49:31le contexte
49:32n'est pas le même
49:33parce que la guerre froide
49:34elle se déroule
49:35quand même
49:36dans un contexte
49:37où vous avez
49:37internationalement
49:38un duopole
49:39États-Unis d'un côté
49:40et le bloc
49:41qui lui est lié
49:42Union Soviétique
49:43de l'autre côté
49:44avec des États satellites
49:46intégrés
49:47et bien
49:48aujourd'hui
49:49c'est plus tout à fait
49:50la même
49:50cette conflictualité
49:51Europe-Russie
49:53qu'on voit
49:53à travers la guerre
49:54d'Ukraine
49:55elle se passe
49:55sur un contexte
49:56qui est radicalement différent
49:57c'est le contexte
49:58d'une recomposition
49:59internationale
50:00alors que l'ordre
50:01était stable
50:01à l'époque
50:02là aujourd'hui
50:03vous vous interrogez
50:04pour vous demander
50:06qui va émerger
50:07quelle est la place
50:08d'un pôle européen
50:09comment va-t-il évoluer
50:10ce sont des sujets
50:11très actuels
50:12qui rendent la situation
50:14moins lisible
50:16moins claire
50:18mais n'empêche
50:19qu'il y a
50:20dans les relations
50:20entre la Russie
50:21et l'Europe
50:22des éléments
50:22que l'on retrouvait
50:23déjà à l'époque
50:24et le fait que
50:25entre
50:27il y a
50:28les années 50
50:29et le monde
50:30d'aujourd'hui
50:31que la construction
50:32européenne
50:33énerve
50:34agace
50:35des régimes
50:36qui sont des régimes
50:37autoritaires
50:38dictatoriaux
50:38est-ce que
50:39ça doit pas être
50:40un message
50:41pour les européens
50:42pour dire
50:42continuer à construire
50:44cette union européenne
50:45parce que justement
50:46elle est là
50:47parce qu'elle a aussi
50:48ses valeurs
50:48la question des valeurs
50:50est une question centrale
50:51parce que
50:52contrairement à ce
50:53qu'on dit
50:54dans certains pays
50:55non pas des valeurs
50:56du passé
50:57non pas des valeurs
50:57de la décadence
50:58mais ça reste
50:59des valeurs d'avenir
50:59et ils le savent
51:00très bien ces états
51:01puisqu'en fait
51:03ils font tout
51:04pour que ces valeurs
51:05n'arrivent pas
51:07chez eux
51:08c'est le cas
51:09de la Russie
51:09mais c'est le cas
51:10aussi
51:11et ça me semble
51:11être un risque
51:13dans certains pays
51:14de l'union européenne
51:15qui évolue
51:16vers plus
51:17d'autoritarisme
51:18dernier petit regard
51:19sur la préfecture
51:20sympathique
51:23endroit
51:23voilà on espère
51:30qu'on a réussi
51:30à faire
51:31revivre
51:32cette histoire
51:33un peu méconnue
51:34certainement
51:35et qu'on espère
51:37ne pas revivre
51:37dans ces mêmes lieux
51:38dans le contexte actuel
51:40voilà
51:42Sylvain Schirman
51:44merci beaucoup
51:44merci
51:45pour votre expérience
51:46et qu'on a réussi
51:48à faire
51:49de l'université
52:20...
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