- il y a 3 jours
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00:00...
00:00Sandrine, vous faites la transition avec Valérie Pécresse.
00:11Quelle responsabilité ?
00:12Oui, les transports en première ligne, la sûreté comme mission,
00:16l'espace public, le rappelé Valérie Pécresse des transports,
00:19reste un lieu vraiment de danger majeur pour les femmes,
00:23pour les hommes aussi, mais pour les femmes.
00:25Alors qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous prenez comme mesure concrète ?
00:30Alors c'est un engagement du quotidien, je le dis ici haut et fort,
00:34tolérance zéro sur toutes les violences sexistes et sexuelles,
00:37dans les transports, mais aussi dans l'espace public.
00:40Il faut dire que le transport est la continuité de l'espace public,
00:43et cette tolérance zéro, elle se porte y compris sur les petites violences,
00:48et je pense que c'est ça qu'il faut faire passer comme message.
00:50Alors à la RATP, nous avons engagé un plan massif et ambitieux,
00:55qui travaille autant la prévention que la prise en charge des victimes,
00:59que la gestion des alertes.
01:01Donc on a souhaité vraiment adresser tous les sujets de cette chaîne de violence,
01:06et le programme est suivi par le COMEX,
01:08parce que c'est un engagement de tous nos agents,
01:12et nous avons mobilisé l'ensemble de l'entreprise
01:14avec un processus de prise en charge des victimes,
01:17quand malheureusement ça arrive dans nos espaces,
01:20de manière à ce que les agents puissent accueillir les victimes,
01:23savoir les mots à dire ou à ne pas dire, mettre à l'abri,
01:26et on accompagne vers le dépôt de plainte,
01:29et c'est ce qui fait en fait la force de notre processus.
01:32Il ne s'agit pas d'être dans l'injonction,
01:34parce qu'il y a le temps des victimes,
01:36vous l'avez bien dit auparavant,
01:38mais si une victime souhaite déposer plainte,
01:40nous l'accompagnons jusqu'au commissariat,
01:42nous avons des partenariats, nous avons travaillé,
01:44et nous travaillons avec la préfecture de police et les commissariats,
01:47et il y a y compris une mobilisation financière de l'entreprise
01:51pour mettre en place un taxi en sortie de commissariat,
01:54parce que nous savons qu'aller déposer plainte,
01:56c'est prendre du temps,
01:57donc pour pouvoir rentrer plus vite chez vous,
02:00et nous rappelons les victimes pour prendre de leurs nouvelles,
02:03plusieurs jours après,
02:04de manière à leur redonner nos partenariats,
02:07soutien psychologique et juridique.
02:08Donc vous voyez que nous avons vraiment travaillé
02:10cette prise en charge des victimes,
02:11et là nous essayons de le faire savoir
02:14pour que chaque personne qui est victime dans nos espaces
02:18se sente autorisée à nous solliciter,
02:21quelle que soit la violence,
02:22à partir du moment où elle considère que ce n'est pas tolérable,
02:25que ce n'est pas admissible,
02:26elle peut aller voir un agent,
02:27et on peut déployer ce processus de prise en charge.
02:30C'est ça ce qui s'appelle stand-up ?
02:31Alors pas du tout, pas du tout, pas du tout.
02:34Dites-moi ce que c'est stand-up.
02:35Stand-up c'est en fait permettre à chacun des autres voyageurs
02:40d'être acteur et actrice de la diminution
02:45et de la prévention des violences sexistes et sexuelles.
02:48On était en 2015 à 10% des victimes
02:53qui avaient été aidées par quelqu'un d'autre
02:55en transport ou dans l'espace public,
02:58ce n'est pas un sujet que de transport,
02:59et nous sommes maintenant à plus de 25%.
03:01Nous n'avons plus que doublé,
03:03mais c'est largement insuffisant.
03:05Le contrôle social est important.
03:07Les auteurs de faits sont généralement des lâches,
03:09notamment les frotteurs, ils font ça en catimini.
03:12Donc si quelqu'un dans l'assistance
03:14peut voir, saisir qu'il y a une situation
03:18et aider, c'est important.
03:20Et donc la méthode stand-up qui est déployée
03:22par la Fondation des Femmes
03:23et qui est financée par L'Oréal
03:25permet aux autres voyageurs de se former
03:27et de pouvoir réagir sans se mettre en danger.
03:30Je dis bien sans se mettre en danger.
03:31Et donc cette formation, nous la distribuons
03:34sous la forme de marque-pages,
03:36par campagne, par nos agents de terrain,
03:38pour inviter les autres voyageurs à se former
03:40et à pouvoir intervenir.
03:41Parce que c'est l'affaire de toutes et tous.
03:43Vous n'hésitez pas à intervenir
03:45et à vous parler les unes les autres.
03:48Je passe à Karine Dabadi.
03:51Vous êtes donc médecin légiste.
03:53Vous avez été confrontée quasi quotidiennement
03:56aux violences faites aux femmes.
03:57Votre expérience nous est très importante
04:01parce que vous avez mis au point
04:03un protocole aux Antilles
04:07où vous avez longtemps travaillé.
04:10Racontez-nous ce que vous avez mis au point
04:12et comment ça a fait chuter drastiquement
04:14les féminicides, en fait.
04:19Bonjour.
04:19Oui, donc j'ai, par mon expérience de médecin légiste,
04:22aussi bien médecin égale du vivant
04:24qu'en médecin égale du mort,
04:25j'ai été effectivement confrontée régulièrement
04:28aux violences faites aux femmes.
04:30Un matin de septembre 2012, avec mon équipe,
04:34on s'est dit, là, c'est plus possible.
04:36En un mois, on était sortis sur six homicides conjugaux.
04:39Vous étiez chef de service en Guadeloupe.
04:42Chef de service.
04:43Chef de service en Guadeloupe.
04:45Et on s'est dit, là, c'est vraiment plus possible.
04:48Comment est-ce qu'on pourrait faire
04:49pour, en quelque sorte, repérer des signes de gravité
04:52et signaler peut-être plus vite pour éviter ces situations ?
04:56On s'est dit, on n'est pas qu'un simple auxiliaire de justice.
04:59On doit avoir un rôle de prévention et de repérage.
05:03Alors, c'est un travail d'équipe.
05:04C'est vraiment, quand je parle de, on a mis en place,
05:06c'est vraiment une équipe.
05:08Et on s'est dit, il va falloir qu'on repère,
05:10détecte et signale.
05:13Pour repérer, détecter et signaler,
05:15il faut commencer par regarder, écouter
05:17et comprendre la victime.
05:19Je dis ça parce que ça doit se faire dans une unité
05:21de lieu et de temps,
05:23avec une équipe pluridisciplinaire,
05:25j'y crois vraiment dur comme fer,
05:27où on va pouvoir s'accorder du temps.
05:29Ce n'est pas un énième certificat
05:30qu'on pourrait réaliser comme ça.
05:32Ce qu'on a mis en place,
05:33c'est donc cette procédure de signalement sur 10 items.
05:36Les 10 items, on n'invente rien.
05:38C'est les violences qui se répètent, qui se majorent.
05:41Ce sont les menaces de mort ou de suicide de l'auteur.
05:44Ce sont les menaces avec une arme,
05:46arme de feu, arme blanche.
05:47C'est le comportement de l'auteur
05:49s'il est par exemple consommateur de toxiques ou d'alcool.
05:52C'est des tentatives de séquestration,
05:54des tentatives de strangulation.
05:56C'est tout ce qui est donc violence sexuelle,
05:58violence devant les enfants.
06:00Parce que ça, c'est hyper important.
06:01Pour moi, c'est un facteur de gravité.
06:03Il faut arrêter de croire que les enfants ne voient rien.
06:06Beaucoup de femmes nous disent
06:07non, mais les enfants n'étaient pas là.
06:09Les enfants, ils écoutent,
06:10les enfants, ils analysent l'attitude des parents.
06:12Les enfants, pour moi, sont toujours
06:13des victimes indirectes d'effets de violences conjugales.
06:17On va regarder aussi
06:18si c'est des violences qui sont faites
06:19sur des victimes vulnérables,
06:21comme la grossesse,
06:22comme une personne handicapée
06:23qui n'a pas tous ses moyens de se défendre.
06:26À partir...
06:27Alors nous, on a fait un choix
06:28de signaler à partir de 3,
06:30c'est-à-dire de 3 sur 10.
06:31C'est-à-dire que quand vous avez rempli
06:33vos cases,
06:34et que s'il y a 3 items qui sont cochés,
06:37vous déclenchez à ce moment-là une alerte ?
06:39Alors, on déclenche à partir de 3,
06:41parce qu'il fallait se dire
06:41qu'on ne va pas être déclenché tout le temps,
06:43il faut qu'on puisse avoir.
06:44Mais parfois, on pouvait déclencher
06:46à partir de 1.
06:47Parce que pour pouvoir remplir cette grille,
06:49ce n'est pas je coche des cases,
06:50c'est j'interroge la victime
06:52qui est devant moi,
06:52la personne qui est victime de violences,
06:54je n'aime pas dire trop victime,
06:55la personne qui est victime de violences,
06:57depuis le début de sa relation
07:00jusqu'aux faits actuels.
07:01Et on ne s'interroge pas sur se dire
07:03non, mais c'est que les faits récents
07:04qui sont importants.
07:05Non, même ce qui est ancien est important.
07:06Et ça, il faut vraiment le comprendre.
07:08Il ne faut pas se dire
07:09on fait un certificat que sur les derniers faits.
07:11Ce qui s'est passé avant
07:12a autant d'importance
07:13que ce qui se passe maintenant.
07:15Donc, il y a des fois, effectivement,
07:17quand elle nous a dit une seule fois
07:18il m'a menacé de mort
07:19ou il a saisi une arme à feu,
07:20bien évidemment, on va signaler.
07:22Alors, ce signalement,
07:23il est joint à nos certificats.
07:24Alors, on l'a expérimenté
07:26dans le cadre d'une procédure
07:27faite sur réquisition.
07:28Mais bien évidemment,
07:29il faut la mettre en place
07:31dans le cadre de procédures
07:32de dossiers conservatoires.
07:33J'en ai entendu parler tout à l'heure
07:35et j'étais très contente.
07:36Il faut développer ça
07:37dans toutes les unités.
07:38Il faut que toute femme
07:39qui décide à un moment T
07:41puisse être entendue par une équipe.
07:43Et si ce n'est pas le moment
07:44pour elle de déposer plainte,
07:45cette équipe, elle va tout consigner.
07:47Elle va faire les prélèvements qu'il faut.
07:48On va tout garder.
07:50Et on va surtout l'accompagner
07:51au long terme
07:52pour justement l'accompagner
07:54vers le dépôt de plainte.
07:55Et ça, c'est vraiment important.
07:56Il faut le développer partout.
07:58Ce qui a permis, en tout cas,
08:00que les affaires soient traitées
08:01plus rapidement,
08:02puisqu'on signalait.
08:03Alors, ça veut dire que
08:04si on signale,
08:04c'est qu'on pense
08:05que la personne est en danger,
08:06ça veut dire aussi
08:06qu'on est logique
08:07et qu'elle ne rentre pas chez elle.
08:09Ah oui.
08:09Alors, vous, avec votre équipe,
08:11elle ne rentrait pas chez elle
08:12et vous non plus ?
08:13Non, elle ne rentrait pas chez elle.
08:15Ça, c'est certain.
08:16Tant que l'auteur des faits
08:17n'avait pas été appréhendé
08:18et que la justice,
08:19en quelque sorte,
08:20n'avait pas lancé la procédure.
08:21Et ça, c'est important.
08:22Et c'est pour ça que j'ai dit
08:23que c'est un travail d'équipe
08:24parce que c'est grâce
08:25aux associations...
08:25Moi, je travaillais avec
08:26l'association Guadap,
08:27notamment aux Antilles,
08:29qu'on arrivait à trouver
08:30des logements pour ces femmes.
08:32Alors, soit c'était
08:32hébergement dans une famille
08:34éloignée où on savait
08:35qu'elle allait être en sécurité,
08:36mais autrement,
08:37c'était des chambres d'hôtel
08:38qui étaient à disposition.
08:39C'était des hébergements
08:40dans les familles.
08:41Je ne suis pas pour que la famille
08:43parte du domicile,
08:45bien évidemment,
08:46mais je pense qu'il y a
08:46un temps de l'enquête
08:47où il est peut-être,
08:49il est nécessaire
08:49qu'elle quitte le domicile,
08:51elle et ses enfants,
08:52parce que le deuxième problème,
08:53c'est de trouver des structures
08:54qui acceptent la maman
08:55et les enfants.
08:56Et ça, c'est extrêmement important.
08:58Et ce qu'on avait aussi décidé
09:00de mettre en place,
09:00c'est qu'il y ait une évaluation
09:01quasi systématique
09:03des enfants dans ce contexte,
09:05puisque je trouve que trop souvent,
09:07en fait, on oublie
09:09que cette femme,
09:10elle vit dans un foyer,
09:11que dans ce foyer,
09:12il y a des enfants,
09:13il y a des gens
09:14qui gravitent autour
09:14et que tout le monde
09:15doit être pris en charge.
09:17On était passé de 20%
09:19à 0% d'homicide conjugaux
09:21sur 4 ans.
09:22C'est incroyable,
09:23ces chiffres.
09:23C'était quand même...
09:24Je ne dis pas que ça marche
09:25à chaque fois,
09:25mais en tout cas,
09:26les premiers chiffres
09:26étaient ceux-là.
09:27Est-ce que ça a été décliné
09:30en métropole ?
09:31Est-ce que c'est quelque chose
09:32qui a inspiré,
09:36qui a essaimé ?
09:37Alors moi,
09:38j'ai essayé,
09:39quand je suis rentrée
09:39en métropole,
09:40de le mettre en place
09:41quand je suis rentrée
09:42sur Bordeaux.
09:44Mais le fait...
09:44J'ai vécu moi-même
09:45des choses difficiles
09:47sur mon expérience bordelaise
09:48et je n'ai pas pu le développer.
09:49En tout cas,
09:49je voudrais pouvoir
09:50le développer
09:51dans toutes les structures
09:53de médecine légale.
09:54Je pense qu'il faut
09:55mettre en place,
09:56comme il est fait
09:58dans les maisons des femmes,
09:59et on ne peut que féliciter
10:00ce travail
10:01et le travail notamment
10:02du docteur Haddad Atem,
10:04des filières spécifiques
10:06pour la prise en charge
10:07des violences conjugales
10:08et dans ces filières spécifiques,
10:11effectivement,
10:11développer cette procédure.
10:13Et pour cela,
10:13il faut former les gens.
10:15Il faut bien leur expliquer
10:16qu'il ne faut pas avoir peur
10:17de signaler
10:17que nous,
10:18on n'est pas les enquêteurs,
10:19on est là pour recueillir
10:20la parole
10:21de ces femmes victimes
10:21de violences,
10:22pour traduire
10:22ce qu'elles n'arrivent
10:23peut-être pas à traduire
10:24devant un enquêteur
10:25parce que même
10:26s'il y a eu
10:26d'énormes progrès,
10:27effectivement,
10:28dans le domaine
10:29de la formation
10:30de brigades spécialisées,
10:31il y a encore
10:32du travail à faire.
10:33Il faut nous-mêmes
10:34former les équipes
10:35à ça
10:36parce que ça prend du temps.
10:37Il faut oser se dire
10:39que ça ne va pas être
10:40une consultation
10:40en cinq minutes,
10:41ça prend du temps.
10:43Donc, il faut surtout
10:44plus de moyens humains
10:45et financiers
10:45pour pouvoir le mettre en place.
10:47Merci beaucoup,
10:48Karine Dabadie.
10:49Rada Atem,
10:50prenez la balle
10:51qui vient de vous être tendue.
10:54Vous, vous êtes
10:54l'icône,
10:57oui, bien sûr,
10:59qui avait fondé
10:59la Maison des femmes
11:00qui va bientôt fêter
11:01ses dix ans,
11:02c'est ça ?
11:03Oui.
11:03C'est dingue.
11:05Et le moins qu'on puisse dire,
11:06c'est que c'est un succès.
11:07Vous avez accompagné
11:0820 000 femmes
11:09dans 31 maisons
11:10à travers l'Hexagone
11:11et vous allez bientôt
11:12en venir neuf autres
11:14qui sont en cours
11:15de certification.
11:17Vous disiez,
11:18en préparation
11:19de cet entretien,
11:20que vous êtes
11:20de plus en plus sollicité
11:22dans les territoires
11:23en zone rurale.
11:25C'est ça ?
11:26Oui.
11:26Alors, rapidement,
11:27c'est quoi
11:28une Maison des femmes ?
11:29C'est un peu
11:29le rêve
11:30de Barbie Boucher.
11:33J'adore ton surnom.
11:36C'est cette idée
11:37et moi,
11:38je ne suis pas médecin légiste
11:39et je ne suis pas
11:39une juriste,
11:40je suis gynéco,
11:40mais moi,
11:41je suis arrivée
11:42à cette thématique
11:44par mes patientes,
11:45par les violences
11:46qu'elles subissaient,
11:47par l'impact
11:47sur leur santé.
11:48Donc,
11:48j'ai eu à cœur
11:49de créer un lieu
11:49de soins
11:50dans un hôpital
11:51et je n'anticipais
11:53absolument pas
11:53son succès.
11:56Non,
11:56surtout,
11:56même pire que ça,
11:58vous avez dû faire preuve
11:59d'une ténacité folle
12:00pour monter
12:01la première maison
12:02des femmes
12:02sur un parking
12:03d'un hôpital.
12:04Absolument.
12:05Vous êtes roulée
12:05par terre,
12:06vous avez failli renoncer
12:08dix fois.
12:12Oui,
12:12c'est vrai.
12:14Absolument.
12:14Alors,
12:14c'est en effet
12:15une période
12:16assez intéressante
12:16et je vous encourage
12:18à aller voir le film
12:19qui raconte cette époque
12:21qui sort le 4 mars.
12:22C'est une épopée même,
12:23je dirais.
12:23Oui,
12:24avec Karine Viard
12:25et Laetitia Doge
12:25qui transmettent
12:27exactement ce qu'on a pu vivre
12:28avec ma jeune
12:30directrice générale
12:31Violette là-bas.
12:32Ce film est tout à fait
12:33passionnant.
12:34Mais revenons à
12:34la maison des femmes
12:35donc on accompagne
12:36les femmes dans leur santé
12:37sexuelle,
12:37ça c'est très important.
12:39Qui dit santé sexuelle
12:40dit plusieurs choses.
12:42Dépistage des maladies
12:43sexuellement transmissibles,
12:44avoir accès à l'avortement,
12:45accès à la contraception
12:46d'urgence,
12:47accès aux écoles.
12:48Nous allons dans les lycées,
12:49dans les collèges,
12:50ça fait longtemps
12:51qu'on porte les vars
12:52avant même qu'elles ne deviennent
12:53un sujet important.
12:54Ça fait 10 ans
12:55qu'on va discuter
12:56avec les gamins,
12:57parfois avec des parents
12:58qui sont contre
12:59parce qu'ils pensent
13:00qu'on va les encourager
13:02à devenir homosexuels
13:03ou à avorter
13:04ou à faire
13:05les 50 positions
13:06du Kama Sutra
13:07et on passe notre temps
13:08à leur expliquer
13:08que c'est pas ça.
13:10Donc ça c'est vraiment
13:11l'activité
13:11centre de santé sexuelle.
13:13Ensuite on a une activité
13:14mutilation sexuelle.
13:16Je rappelle simplement
13:17qu'en France
13:17il y a 120 000 femmes
13:18excisées
13:19qui vivent.
13:20C'est pas du tout
13:20un sujet exotique,
13:21c'est pas du tout
13:21un sujet pour l'Afrique.
13:22et je remercie...
13:24120 000 ?
13:25Ouais.
13:26Une femme est excisée
13:27dans le monde
13:27toutes les 6 minutes.
13:29Je remercie Isabelle Rome
13:30qui va sans doute
13:30nous accueillir
13:31au ministère
13:31des Affaires étrangères
13:32pour le très grand
13:33congrès international
13:34qu'on organise
13:34le 30 janvier
13:35si le sujet vous intéresse
13:36avec des experts
13:38qui viennent de ces pays aussi.
13:40Le troisième parcours
13:42de soins que nous avons
13:43c'est les violences.
13:44Alors Karine en a très bien parlé.
13:46Notre idée
13:46c'est que tout soit
13:47au même endroit.
13:48Alors on n'a pas
13:48la prétention
13:49d'être des Espagnols
13:50mais on a tout de suite
13:52compris qu'il fallait
13:53à la fois le médecin
13:54le psychologue
13:55le psychiatre
13:56la travail sociale.
13:58On est les premiers
13:59à avoir eu la police
14:00il y a 10 ans
14:01une fois par semaine
14:02pour prendre les plaintes.
14:04On a formé
14:04tous les policiers
14:05qui venaient
14:05on en a formé
14:06d'autres aussi
14:07avec le centre
14:08Hubertine-Auclair.
14:09Donc ça c'est
14:09notre travail
14:10de formation
14:11de sensibilisation
14:11et on essaie
14:12d'accompagner
14:13ces femmes
14:14vers la sécurité
14:16le dépôt de plainte
14:17on a des juristes
14:18des avocats bénévoles
14:19le retour à l'emploi
14:20l'hébergement
14:21je vais vite
14:23mais dans les femmes
14:24qu'on a prises en charge
14:25beaucoup de femmes
14:26avaient subi des viols
14:27et ne voulaient pas en parler.
14:29Alors quand c'est
14:29des mineurs
14:30évidemment on peut signaler
14:32quand c'est des majeurs
14:33et qu'elles ne veulent pas
14:33et je pense notamment
14:35à celles qui étaient enceintes
14:36pour moi c'était
14:37une vraie souffrance
14:39de les faire avorter
14:40et de jeter le foetus
14:41je disais
14:42mais c'est pas possible
14:43j'ai la preuve
14:44et donc j'ai commencé
14:45à congeler les foetus
14:46et puis je me suis dit
14:47bon bah
14:48on va me dire
14:49t'as pas le droit
14:49c'est pas vrai
14:50t'as triché
14:51c'est pas elle
14:51et donc on a beaucoup
14:53bataillé avec la procureure
14:54pour qu'on ait le droit
14:56et que ça soit reconnu
14:57cette fameuse preuve
14:58sans plainte
14:59en fait elle partait de là
15:01c'est à dire le foetus
15:02si à l'ADN de l'auteur
15:03mais ça va pas dire
15:04elle était d'accord
15:05ou je sais pas quoi
15:05ça vous permettait
15:06de déclencher un article 40
15:07c'est ça le
15:08pas forcément
15:09pas forcément
15:09pas forcément
15:10parce qu'on n'est pas soumis
15:11mais aujourd'hui
15:13avec la loi
15:13qui permet de
15:14de
15:15ça
15:17mais aussi
15:17de signaler
15:19même si la femme
15:19ne veut pas
15:20si on pense qu'elle va mourir
15:21avec les critères
15:22dont Karine a parlé
15:23et si on est persuadé
15:24qu'elle est sous emprise
15:25ou qu'elle subit un contrôle coercitif
15:27on peut signaler
15:28ça c'est nouveau
15:29donc on est assez content
15:30d'avoir participé
15:31à ce mouvement
15:31et donc on a créé
15:33un centre qui s'appelle Coralis
15:34où on accueille
15:34toutes ces femmes victimes
15:35de violences sexuelles
15:36de moins de 5 jours
15:37pour conserver leur preuve
15:38et ça
15:39ça commence à faire école aussi
15:40donc on est très heureux
15:41comme les maisons
15:43qui font école
15:43et dernière chose
15:45on a aussi ouvert
15:46un centre d'hébergement
15:47de jeunes filles
15:47parce que l'hébergement
15:48c'est clé
15:49qui en avait qu'un dans Paris
15:50le FIT
15:50donc on en ouvre en deuxième
15:52on a 35 amines
15:53et ça aussi
15:54c'est grâce à pas mal
15:55de femmes qui sont là
15:56voilà
15:57et évidemment aujourd'hui
15:58on nous demande
15:59d'aller dans des villes
16:00où il n'y a pas de médecins
16:01où c'est en zone rurale
16:04et je crois que c'est
16:0440% des féminicides
16:05ont lieu en zone rurale
16:06et on n'a pas d'hôpitaux
16:09c'est terrible
16:11et donc on est en train
16:12de réfléchir
16:13et on voudrait travailler
16:14avec la direction générale
16:15de l'offre de soins
16:16à des maisons
16:18avec des antennes
16:19c'est à dire qu'on ne peut pas
16:21avoir partout
16:22Karine
16:23une gynéco
16:24une psychiatre
16:26une avocate
16:27la police
16:28on ne peut pas
16:28alors comment on fait
16:29ça c'est compliqué
16:30mais on y travaille
16:31d'arrache-pied
16:32parce qu'on aimerait
16:33beaucoup mieux
16:34mailler le territoire
16:35pour que
16:36c'est pas normal
16:37qu'une femme
16:37qui vit dans une région
16:39éloignée du soin
16:41n'ait pas la possibilité
16:42d'être accompagnée
16:44et je fais toujours
16:44le parallèle
16:45avec les accouchements
16:47je suis désolée
16:47c'est mon métier
16:48on a fermé
16:49beaucoup de petites maternités
16:50on a bien fait de le faire
16:51elle n'était pas sécure
16:52mais on ne peut pas laisser
16:53les femmes sans suivi
16:54sans prise en charge
16:55sans accompagnement
16:56on a ouvert des centres
16:58de santé
16:59des centres de suivi
17:00de grossesse
17:01voilà il faut
17:01penser comme ça
17:02et je ne voudrais pas
17:04monopoliser la parole
17:05la dernière chose
17:06qui est un projet
17:07extrêmement important
17:08auquel on tient
17:08c'est l'ouverture
17:10dans Paris
17:10d'un centre de santé mentale
17:12dédié aux enfants
17:13et aux jeunes
17:14victimes de violences sexuelles
17:15notamment d'inceste
17:16avec une prise en charge
17:18globale
17:19un peu sur le mode
17:20maison des femmes
17:21et pour ça on va avoir besoin
17:22de soutien politique
17:24et d'argent
17:24je pose ça là
17:25merci
17:26merci beaucoup
17:28Adar Athen
17:28merci
17:32alors à votre gauche
17:33Angélique Cauchy
17:34bonjour Angélique
17:36vous êtes
17:36vous êtes la directrice
17:38patronne
17:40la présidente
17:40de l'association
17:41Rebon
17:42parce que vous
17:44vous avez choisi
17:45d'agir
17:46sur les violences
17:48sexistes
17:49et sexuelles
17:50dans le sport
17:51envers les jeunes
17:53les enfants
17:54racontez-nous
17:55oui alors déjà
17:57le sport
17:58c'est un espace
18:00où il y a énormément
18:00d'enfants
18:01puisque un licencié
18:02sur deux
18:02en France
18:03est mineur
18:03donc c'est un facteur
18:05aggravant
18:06dans la survenue
18:07de violences
18:08il y a les facteurs
18:09individuels
18:09il y a les facteurs
18:10interpersonnels
18:11et les facteurs
18:11environnementaux
18:12dans les facteurs
18:13individuels
18:13on sait que les enfants
18:14sont plus vulnérables
18:15puisqu'ils sont de fait
18:16sous autorité
18:16ce qui est le cas
18:18notamment dans le milieu
18:18du sport
18:19le milieu du sport
18:19étant en plus
18:20un lieu où le corps
18:22est un outil de performance
18:23un outil de dépassement
18:24où finalement
18:25la notion d'effort
18:26elle peut glisser
18:28vers une notion
18:28de souffrance
18:29puis vers une notion
18:29de violence
18:30parce que ça a été
18:31souvent banalisé
18:32voire incité
18:33et puis après
18:35il y a les facteurs
18:36comme je le disais
18:37interpersonnels
18:37qui est la place
18:38que peut prendre
18:39un entraîneur
18:40dans la vie de l'enfant
18:41et dans la vie de la famille
18:42des parents qui vont être
18:43trop présents
18:43et qui parfois
18:44vont aller jusqu'à
18:45changer de métier
18:46et faire tourner
18:47leur famille
18:48autour de ce projet sportif
18:49et à l'inverse
18:51des parents
18:51qui vont totalement
18:52s'effacer
18:52parce que
18:53le sachant
18:54c'est l'entraîneur
18:55et donc on délaie
18:56complètement la responsabilité
18:57à cette personne
18:58et puis après
18:59il y a d'autres facteurs
18:59qui sont des facteurs
19:00environnementaux
19:01et je vais en donner
19:01juste certains
19:02le fait que
19:03les enfants s'entraînent
19:04très tard
19:04que les enfants
19:05parfois sont déscolarisés
19:06que parfois
19:07les enfants vivent
19:08loin de leur famille
19:09et donc tout ça
19:10sont des facteurs
19:11effectivement aggravants
19:12avec l'omerta
19:13qui peut régner
19:14dans certaines institutions
19:15sportives
19:15parce qu'on doit
19:16d'abord protéger
19:17l'institution
19:17avant de protéger
19:18ses pratiquants
19:19c'est du moins
19:19par le passé
19:20ce qui était souvent
19:21le cas
19:21donc moi je fais partie
19:23de cette statistique
19:24un enfant sur sept
19:25un enfant sur sept
19:26est victime de violences
19:27avant sa majorité
19:28dans le sport
19:28une fille sur cinq
19:30est victime de violences
19:31sexuelles dans le sport
19:32avant sa majorité
19:32et un sportif
19:33de niveau sur trois
19:34et parce que finalement
19:36je voulais faire de mon histoire
19:37quelque chose de positif
19:38quelque chose qui serve
19:39à la société
19:40que ça n'est pas juste
19:41détruit une partie de ma vie
19:42mais que ça serve
19:43à protéger les enfants
19:44d'aujourd'hui
19:44j'ai créé l'association
19:46rebond qui fait
19:46de la sensibilisation
19:47et de la prévention
19:48donc on sensibilise
19:50tous les publics
19:51les parents
19:51les entraîneurs
19:52les dirigeants
19:53les bénévoles
19:54les jeunes
19:54évidemment
19:55et on forme aussi
19:57les encadrants professionnels
19:58à travers soit
19:59des conférences
20:00soit du e-learning
20:01soit des outils pédagogiques
20:03qu'on a mis en place
20:04donc on a créé
20:05par exemple
20:06un escape game
20:07pour les jeunes
20:07parce que là
20:08on va essayer de parler
20:08vraiment
20:09qu'est-ce qu'on peut
20:09vraiment en termes d'action
20:11mettre en place
20:11et donc on a créé
20:14des différents outils
20:15des escape games
20:16des toises de prévention
20:17des dessins animés
20:19etc
20:19et tout ça
20:20on peut le faire
20:21parce qu'on est soutenu
20:22à la fois
20:23effectivement
20:23par les institutions publiques
20:25puisque c'est
20:26une des missions
20:26de l'état
20:27mais aussi par les
20:28collectivités territoriales
20:29parce que
20:29vous financez à 80%
20:31le monde sportif
20:33et donc c'est aussi
20:34de votre responsabilité
20:35en tant que collectivité
20:35territoriale
20:36et évidemment
20:37les entreprises
20:38parce que les entreprises
20:39ont aussi un rôle à jouer
20:40là-dedans
20:41et je laisserai
20:42la place à Elisabeth
20:43pour répondre à cette question
20:44mais voilà
20:45c'est parce que
20:46c'est le rôle
20:47de chacun d'entre nous
20:48d'un point de vue externe
20:49en tant qu'entreprise
20:50parce qu'on influe
20:51sur la société
20:52lorsqu'on a un sponsor sportif
20:54par exemple
20:54ou autre
20:56mais aussi parce que
20:57finalement
20:57nos salariés
20:58avant d'être des salariés
20:59c'est des citoyens
21:01et que c'est un fléau sociétal
21:02qui nous touche tous
21:03ça représente
21:04un million d'enfants
21:05un million d'enfants
21:06qui fait du sport
21:07et victime de violence
21:07à votre gauche
21:10Elisabeth Richard
21:11vous êtes déléguée générale
21:12de la fondation ENGIE
21:13coprésidente
21:14de la commission
21:15violence
21:16au conseil
21:17de l'égalité
21:18vous avez
21:19on vous connaît bien
21:20parce que
21:21chez ENGIE
21:21vous avez œuvré
21:22depuis
21:23des années
21:25vous avez même
21:26vous avez même
21:27en fait
21:28pris le sujet
21:29à bras-le-corps
21:29alors ça n'existait pas
21:30à l'époque
21:31et c'est vous
21:32qui avez
21:33pensé
21:34la politique
21:35d'ENGIE
21:35sur ce problème
21:36des violences sexistes
21:38et sexuelles
21:38on aurait pu à peu près
21:39vous mettre
21:40dans tout ce qu'on a évoqué
21:42aujourd'hui
21:42puisqu'on a parlé
21:43des entreprises
21:44mais ENGIE
21:44est très impliquée aussi
21:45avec les numéros
21:47sur les factures
21:47les numéros d'appels
21:48le 17 et le 114
21:50sur les 11 millions
21:50de factures
21:51depuis le Covid
21:52et on ne lâche pas
21:53et vous ne lâchez rien
21:55et là
21:55je voulais savoir
21:56pourquoi vous êtes engagé
21:58pourquoi vous avez choisi
21:59de soutenir
22:00Rebond
22:00et donnez-nous
22:01un acte
22:03pratique
22:03enfin je veux dire
22:04une preuve
22:05de cet engagement
22:07la preuve
22:08elle est claire
22:09on attend
22:11beaucoup toujours
22:11de l'état
22:12français
22:12ou de l'état
22:13de pays
22:14pour avancer
22:15finalement moi je dis toujours
22:17une chaise
22:17elle tient bien
22:18sur quatre pieds
22:19et les quatre pieds
22:20c'est évidemment
22:21l'entreprise
22:23enfin l'état français
22:24l'entreprise
22:24les associations
22:25et la société civile
22:27et lorsque
22:27Angélique est venue me voir
22:29en me disant
22:29Elisabeth
22:30j'ai beaucoup entendu
22:30parler de ce que faisait ENGIE
22:32contre les violences
22:33faites aux femmes
22:34est-ce que tu peux m'aider
22:35et moi je lui ai dit
22:37écoute déjà
22:37je suis un ovni
22:38dans l'entreprise
22:39je ne vois pas
22:39comment je peux t'aider
22:40sur les violences sexuelles
22:41sur mineurs
22:41et elle m'a expliqué
22:42un enfant sur sept
22:43un million d'enfants
22:4585% de petites filles
22:48ça n'enlève rien
22:49aux 15% de petits garçons
22:51et puis son histoire atroce
22:53qui est malheureusement
22:55toujours la même histoire
22:56toujours le même mode opératoire
22:59toujours la même manière de faire
23:00et nous chez ENGIE
23:02on a un levier
23:04on est sponsor
23:05de grands partenariats sportifs
23:08de 17 opens de tennis au féminin
23:10où on accueille des jeunes filles
23:12comme Angélique à l'époque
23:14qui étaient mineures
23:15et qui étaient des jeunes pousses
23:17et moi à chaque fois
23:19sur ces contrats de sponsoring
23:21on a 15 opens de tennis
23:22chez ENGIE
23:23j'ai un contrat juridique
23:26de cette épaisseur là
23:27avec la taille du logo
23:29la hauteur du logo
23:30le nombre de passages
23:32la couleur
23:32et si on ne respecte pas ça
23:34et on aura tel sujet
23:37etc.
23:38et donc ça c'est relu
23:39par la direction juridique
23:41par les équipes
23:43mécénat sponsoring
23:44elle m'explique son histoire
23:47et elle m'explique surtout
23:48qu'en fait
23:49les enfants sont violés
23:50partout
23:51par ces coachs sportifs
23:53ou éducateurs
23:53ou hommes
23:54qui font partie
23:55de l'encadrement
23:56et notamment
23:58derrière des bâches
23:59des bâches de sponsors
24:00avec nos beaux logos
24:01qu'on a bien validés
24:02au niveau juridique
24:03et oui
24:05et là
24:06je me réveille un matin
24:08j'appelle Angélique
24:09j'ai dit je sais
24:09j'ai trouvé
24:10et là avec l'appui
24:11vraiment de la direction
24:12générale du groupe
24:14merci Catherine Magrégor
24:15qui m'a laissé
24:17vraiment carte blanche
24:18j'ai été voir
24:19la direction juridique
24:20et là j'ai apporté
24:21ma loi
24:21c'est pas ma loi
24:23la loi ENGIE
24:24qu'on a voulu ouvrir
24:25c'est à dire
24:25qu'on a rajouté
24:26un article obligatoire
24:28dans tous les contrats
24:29de sponsoring sportif
24:30je le dis
24:31parce qu'il y a plein
24:31d'entreprises
24:32qu'on veut pas être les seuls
24:33on veut que vous emboîtiez
24:34le pas
24:34c'est qu'on a imposé
24:36à tous les open
24:38une séance obligatoire
24:40de prévention
24:42avec l'association Rebaud
24:43en l'occurrence
24:44qu'on a validé
24:45qui a reçu
24:47pas mal de labels
24:48notamment de l'éducation nationale
24:49et du ministère des sports
24:51et donc
24:52s'il n'y a pas
24:53de sensibilisation
24:54pendant l'open
24:55on retire le sponsoring
24:56j'ai été malmenée
24:58j'ai été malmenée
24:59par certains
25:00tu m'as fait
25:02tu m'as fait tenir bon
25:04Isabelle Rome
25:04sur ces sujets là
25:06j'avais besoin
25:06d'avoir ton avis
25:07de magistrate
25:09et on a tenu bon
25:11aujourd'hui
25:11c'est plus un sujet
25:12c'est imposé
25:13et depuis
25:15Eric Babola
25:15avec Babola
25:17a emboîté le pas
25:18on a vu
25:18monsieur Bazin
25:19je ne sais pas
25:20Karine est là
25:21on a vu
25:22pardon
25:22Karine
25:23c'est Carrefour
25:24pardon
25:24on a vu monsieur Bazin
25:25et donc
25:26l'idée c'est évidemment
25:27d'enclencher le pas
25:28de ne pas être les seuls
25:30sur cette voie
25:32on a ouvert la voie
25:33il ne faut pas en avoir peur
25:34les violences sexuelles
25:35dans l'entreprise
25:36on n'aime pas forcément
25:37trop en parler
25:38alors vous en avez parlé
25:39avec les chambres d'hôtel
25:40nous on l'a assumé
25:42parce que finalement
25:43la valeur de la marque
25:44c'est une valeur
25:44qui est importante
25:46donc on doit là aussi
25:47la protéger cette marque
25:48mais on doit aussi
25:49protéger les enfants
25:49et donc je pense que là
25:51on a fait un lien
25:52qui est assez innovant
25:54qui n'est pas impossible
25:56ce texte qu'on a
25:57qui a été validé
25:59par les juristes
25:59fonctionne très bien
26:01pour toutes les autres entreprises
26:02ça coûte pas grand chose
26:04en fait
26:04mais alors
26:06ça change la donne
26:06vous vouliez
26:09Elisabeth
26:10quand on a fait
26:10les réunions préparatoires
26:12vous vouliez vraiment
26:13le destin des femmes
26:14et des enfants
26:15c'est à dire que pour vous
26:16les violences sexistes
26:17et sexuelles
26:18elles s'entendent
26:19dans une globalité
26:20et vous mettez
26:21les enfants dedans
26:22pourquoi ?
26:24parce que c'est
26:25les violences systémiques
26:26en fait
26:26qui s'installent
26:28et on ne peut pas
26:29garder ça
26:31et dire
26:31non
26:32les violences faites aux femmes
26:33c'est Laurence Rossignol
26:34qui m'a appris ça
26:35lorsqu'elle était
26:36ministre des droits des femmes
26:37de l'enfance
26:38et des familles
26:39elle avait dit
26:40Elisabeth
26:41c'est très important
26:42d'avoir cette vision globale
26:45des choses
26:46et l'idée
26:47c'est pas
26:47de nous mettre
26:48dans des couloirs de nage
26:49et chacun
26:49chacun répond
26:51en fonction
26:52de sa spécificité
26:53en fait
26:54non
26:54quand Radha
26:55reçoit des femmes
26:56victimes de violences
26:57très souvent
26:57les filles sont victimes
26:59de violences
26:59voient des violences
27:00etc
27:01ça c'est un sujet
27:03systémique
27:04c'est une violence
27:04installée
27:05et on est sur des sujets
27:06assez graves
27:07sur ce thème
27:09Angélique
27:09en fait
27:10toutes les questions
27:10de domination
27:11et avec Rachel Flore
27:12on faisait partie
27:13d'une mission intermissuelle
27:13sur les violences
27:14sexistes et sexuelles
27:15sous relation d'autorité
27:16et de pouvoir
27:17et finalement
27:17c'est toujours
27:17cette question de pouvoir
27:18et les femmes
27:19et les enfants
27:20sont ceux
27:21qui ne détiennent pas
27:21à l'heure actuelle
27:22encore ce pouvoir
27:24et donc c'est pour ça
27:25que c'est eux
27:27qui sont victimes
27:27de ces violences là
27:28et pour faire le lien
27:30finalement
27:30avec tout ce qui a été dit
27:31mon histoire
27:32dans ces facteurs personnels
27:33dans ces facteurs
27:34interpersonnels
27:35c'est exactement
27:36cette histoire là
27:37c'est que j'ai été victime
27:38de violences sexuelles
27:39de la part de mon entraîneur
27:41psychologique et autres
27:42mais du moins
27:43de cette emprise
27:43parce que finalement
27:45dans l'histoire de ma famille
27:46il y avait d'autres types
27:47de violences
27:47qui avaient eu lieu
27:48et qui avaient été
27:49finalement reproduites
27:50de génération en génération
27:51ma grand-mère
27:52avait été victime
27:53de violences conjugales
27:54violences sexuelles
27:55violences physiques
27:55devant les enfants
27:56donc devant ma mère
27:57qui a grandi
27:58sans être prise en charge
28:00qui ne s'est donc pas soignée
28:01et qui a été une mère
28:02enfant
28:03et j'ai été obligée
28:03d'être responsable
28:04de ma mère
28:05qui n'avait aucune conscience
28:06de ce qu'était le danger
28:07finalement on était
28:09dans un climat
28:09même un peu incestuel
28:11et pas incestueux
28:12incestuel au sens
28:12où j'avais
28:13connaissance de choses
28:15que je n'aurais pas dû avoir
28:16parce que ma mère
28:16ne savait pas se placer
28:17en tant que mère
28:18et donc j'ai été vulnérable
28:20à cette emprise
28:21parce que justement
28:22j'étais dans cette histoire
28:23familiale
28:23et peut-être que
28:25s'il y a 50 ans
28:26on avait pris en charge
28:27ma mère
28:28enfant
28:29victime collatérale
28:30de violences familiales
28:31peut-être qu'elle aurait été
28:31une autre mère
28:32et peut-être que je n'aurais
28:33pas été victime de violences
28:35donc voilà
28:35c'est aussi notre responsabilité
28:37pour ceux d'aujourd'hui
28:39mais surtout
28:39pour la génération demain
28:40et pour tous ceux
28:41qui finalement
28:41ne sont même pas encore nés
28:42mais qu'on doit protéger
28:44avant même qu'ils naissent
28:45avant même que Radha
28:46nous les fasse
28:46une question peut-être
28:50un peu pour vous toutes
28:51communiquer toujours plus
28:54former
28:54c'est la clé
28:56Karine
28:57Sandrine
28:57oui
28:58vraiment
28:58et d'ailleurs
29:00on pourrait se dire
29:01qu'une entreprise
29:02de mobilité
29:02doit s'arrêter
29:03à son espace
29:04et doit s'arrêter
29:06à ses communications
29:06et en fait
29:07nous allons au-delà
29:08et nous avons engagé
29:10depuis plusieurs années
29:11un travail de sensibilisation
29:12et de formation
29:13des plus jeunes
29:14nous considérons
29:14que savoir
29:15que ça peut arriver
29:16ça protège à moitié
29:18et donc chaque année
29:19nous menons des campagnes
29:20avec des influenceurs
29:21de manière à toucher
29:23les jeunes publics
29:24là nous avons travaillé
29:25avec Manon
29:25de Night Confession
29:26justement sur des témoignages
29:28de sa communauté
29:29pour dire bien sûr
29:30aux jeunes
29:30vous aviez bien réagi
29:32mais surtout
29:33sentez-vous légitime
29:35à parler
29:35à vous défendre
29:36et ne culpabilisez pas
29:37et on intervient
29:38en milieu scolaire aussi
29:39avec nos agents
29:41et c'est un sujet
29:42qui fait partie
29:42au même titre
29:43que respecter
29:45et avoir son titre
29:45de transport
29:46ça fait partie
29:47de la formation
29:47que l'on estime complète
29:49et il faut vraiment
29:50travailler ce sujet
29:52ce volet éducation
29:53dès le plus jeune âge
29:54en parler
29:55c'est pas faire peur
29:56en parler
29:57c'est protéger
29:57c'est possible
29:58ça Rada
29:59partout
30:00alors oui c'est possible
30:01on fait énormément
30:02de formation
30:03de sensibilisation
30:04en entreprise
30:04et je voudrais
30:06je sais qu'il est supposé
30:07venir parler
30:08je voudrais remercier
30:09monsieur Lecornu
30:10parce que quand il était
30:12ministre des armées
30:13il a subi
30:15ce qu'on a appelé
30:16le MeToo armé
30:17et le MeToo armé
30:19en fait c'était
30:19une récidive
30:20parce qu'il y a 10 ans
30:21il y avait déjà eu
30:21un petit MeToo armé
30:22suite à un livre
30:23qui s'appelait
30:23la guerre invisible
30:24et qui dénonçait
30:25alors on est absolument
30:26dans la situation
30:27du pouvoir
30:28et de l'emprise
30:28c'est à dire
30:29vous êtes en opération extérieure
30:31vous êtes une petite gendarmette
30:32il y a un général
30:33il a un droit de cuissage
30:34et vous vous taisez
30:35parce que vous travaillez
30:36pour la grande muette
30:37déjà
30:37donc vous n'avez pas le droit
30:38de parler
30:38et en plus
30:40on va casser votre carrière
30:41et donc il y a des femmes
30:42qui avaient dénoncé ça
30:43il y a 10 ans
30:43l'armée avait demandé
30:45une enquête
30:45qui avait produit
30:46des préconisations
30:47tout à fait pertinentes
30:48qui n'avaient pas été
30:49mises en place
30:49et il y a 2 ans
30:50rebelote
30:51ça sort dans le monde
30:52et là monsieur Lecornu
30:53dit
30:54ça ne peut pas continuer
30:56dit la même chose
30:57il faut former
30:58et là ils sont à la recherche
31:00d'une association
31:01et on répond présent
31:02et nous formons
31:03et j'en suis extrêmement fière
31:04parce que aussi
31:05je suis colonel de réserve
31:06et que ça fait un peu ma famille
31:08nous formons
31:09des généraux
31:10des gendarmes
31:12et l'encadrement
31:13et monsieur Lecornu
31:15avait dit cette phrase
31:16lorsque vous avez signé
31:17cette convention
31:19il a dit
31:20c'est
31:21je sais
31:21ce n'est pas du sexe
31:23c'est du pouvoir
31:24et messieurs les généraux
31:25jamais aucune gendarmette
31:27n'est venue se plaindre
31:28d'avoir
31:29non jamais aucun gendarme
31:30aucun général
31:32pardonnez-moi
31:32n'est venue se plaindre
31:33d'avoir été violée
31:34par une gendarmette
31:35et là je me suis dit
31:36waouh
31:36je l'aime
31:38voilà
31:39mais il est là
31:40ou il n'est pas là
31:41on ne sait pas
31:42et justement
31:43c'était pas mal
31:44comme introduction pourtant
31:45je l'aime
31:46de la part de Radha Athème
31:48c'était pas mal
31:49mais on continue
31:50à discuter de ça
31:50Angélique
31:51on sensibilise
31:52les enfants
31:53à comprendre
31:54à repérer
31:55à signaler
31:56et à avoir
31:57cette charte éthique
31:58ce qui est
31:59la norme
32:00et ce qui ne l'est pas
32:00parce que c'est aux adultes
32:02de poser la norme
32:03et pas aux enfants
32:03si on ne leur apprend pas
32:04ils ne peuvent pas le savoir
32:05donc c'est
32:06leur apprendre à reconnaître
32:07les différents types
32:08de violences
32:08leur apprendre à connaître
32:10les facteurs aggravants
32:11dans quelle situation
32:12ils sont plus vulnérables
32:13connaître le cadre légal
32:14reconnaître les stratégies
32:16d'emprise
32:16savoir pourquoi
32:17il y a cette raison
32:18du silence
32:19les conséquences
32:19psychosomatiques
32:20aussi à qui on doit en parler
32:22comment on accueille
32:23la parole d'une victime
32:24lorsqu'on est un adulte
32:24etc
32:25et ça finalement
32:26on le fait
32:27dans tous les milieux
32:28et donc ce soir
32:29on sera
32:29à plusieurs endroits
32:31en même temps
32:31puisqu'on est à plusieurs têtes
32:33heureusement
32:33au sein de Rebond
32:34et donc je sensibiliserai
32:36200 étudiants
32:37pendant qu'une de mes collègues
32:38sera avec 300 présidents de club
32:41pour que tous finalement
32:42les adultes
32:43on ait cette responsabilité
32:44qu'on sache
32:45qu'on doit devenir
32:46des témoins actifs
32:46et que c'est à nous
32:47finalement
32:48et c'est pas celui d'à côté
32:49d'agir
32:50et puis aux enfants
32:51à la fois pour qu'ils puissent
32:52se protéger aujourd'hui
32:53mais aussi parce que
32:54c'est les citoyens de demain
32:55et que si on veut
32:56qu'on ne reproduise pas
32:57de génération en génération
32:58exactement la même chose
32:59il faut former
33:00et changer les mentalités
33:02Elisabeth Richard
33:03oui je voulais vous donner
33:04un chiffre
33:05et une expérience personnelle
33:06d'il y a à peine 18 mois
33:08donc le chiffre
33:09c'est une femme
33:09tous les trois jours
33:10décède en moyenne
33:11sous les coups de son mari
33:12mais c'est surtout
33:13850 suicides
33:15donc ça fait à peu près
33:16150 féminicides
33:17et 850 suicides forcés
33:19et en fait
33:20je reçois un message
33:22par Instagram
33:23de la fille
33:24d'une collègue du travail
33:25qui m'écrit
33:26qui dit
33:27bonjour madame
33:27ma mère a été tranglée
33:28par mon père cette nuit
33:29elle est venue travailler
33:30aller la voir
33:32donc je la connais
33:33je descends la voir
33:34elle avait un gros gros foulard
33:37autour du cou
33:38les yeux
33:39enfin
33:40elle ressemblait
33:41malheureusement plus à rien
33:42je vais la voir
33:43et elle me dit
33:44je lui dis ça va Béatrice
33:45elle me dit non
33:46mais j'ai du travail
33:47je lui dis non non mais
33:48donc on se parle
33:49je l'aperçois
33:51d'aller
33:52à l'institut médico-judiciaire
33:54pour
33:54pour évidemment
33:56constater ce qui lui est arrivé
33:58et on a réussi à enclencher
33:59grâce
33:59aux associations
34:01qu'on soutient
34:01elles nous ont pris en charge
34:03et la DRH a pris
34:04cette femme en charge
34:05aujourd'hui c'est un mauvais souvenir
34:06mais en septembre
34:08de cette année
34:08je vais la voir
34:09je lui dis comment vas-tu
34:11elle sera avec nous
34:12au concert de la voix des femmes
34:13demain soir
34:14et elle me dit
34:15ça va Elisabeth
34:17mais tu sais
34:17si vous n'étiez pas intervenu
34:20chez Engie
34:20je me serais foutu sous un train
34:22mes enfants sont grands
34:23et j'avais pas moyen
34:25de m'en sortir
34:26voilà donc
34:27ce que je veux dire
34:27c'est qu'effectivement
34:28on a tous
34:29on doit tous être
34:30extrêmement vigilants
34:31partout
34:32le stand-up
34:34merci à L'Oréal
34:35de l'avoir lancé
34:36parce que finalement
34:37d'être tous acteurs
34:39et avoir ce sens de l'autre
34:41peut sauver des vies
34:43des vies de femmes
34:44et d'enfants
34:45et de petits garçons
34:46également
34:46oui il faut absolument
34:48qu'on apprenne à repérer
34:49ces fameux signaux d'alerte
34:50et à savoir comment accueillir
34:51cette parole
34:52parce que par exemple
34:53pour donner une autre statistique
34:54seulement 0,5% des enfants
34:56libèrent la parole
34:57spontanément
34:57c'est-à-dire que
34:58ce chemin est tellement
35:00difficile à faire
35:01il se prend tellement d'années
35:02et c'est pour ça que souvent
35:03les victimes sont adultes
35:04au moment où elles parlent
35:05que c'est à nous adultes
35:06de savoir faire ce chemin
35:08pour qu'ils puissent
35:09parler plus tôt
35:10qu'ils puissent nous révéler
35:11ce qu'ils sont en train de vivre
35:12et potentiellement même pas
35:13qu'ils le révèlent
35:14mais qu'on prenne des mesures
35:16et qu'on fasse les choses
35:17avant même de savoir
35:19s'ils vont libérer la parole
35:20et qu'ils sont en train de vivre
35:25et qu'ils vont être en train de vivre
35:27et qu'ils vont être en train de vivre
35:28et qu'ils vont être en train de vivre