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00:00Vous parliez d'unité et une politique nationale ne vaut que si elle se déploie concrètement, localement, au contact des femmes.
00:16Et en France, aucune région n'a autant structuré sa réponse que la région Île-de-France.
00:22Disons ça aujourd'hui. Venez Valérie Pécresse.
00:24Après les entreprises, on l'a vu. Retour sur ce terrain de la région.
00:34Qu'est-ce que fait l'Île-de-France concrètement, ce territoire qui doit être protecteur ?
00:40Que fait l'Île-de-France pour héberger, pour reloger, pour reconstruire ?
00:44Vous avez lancé des dispositifs inédits. Parlez-nous de ces dispositifs.
00:49Alors vous avez dit la région Île-de-France est la région la plus riche, mais c'est aussi la région la plus jeune de France.
00:55Donc Aurore Berger a très bien dit que l'éducation de nos jeunes sur la question des violences sexuelles et sexistes était un perpétuel recommencement.
01:05Et les professeurs malheureusement m'alertent.
01:08Certains professeurs pensaient qu'en fait on était dans une espèce d'avancée de l'histoire où finalement, plus on avance et plus on civilise.
01:16Et bien c'est pas si simple. Voilà. C'est pas si simple. En plus l'Île-de-France a une autre particularité, c'est que nous accueillons le monde.
01:22Nous sommes de tout temps et depuis toujours une région qui accueille le monde entier.
01:27Donc un étranger sur deux qui arrive en France arrive en Île-de-France.
01:31Donc cette question aussi des valeurs de la République, du rapport homme-femme, c'est quelque chose qui s'apprend.
01:36Parce que ça fait partie de notre culture, ça fait partie de ce qu'est la France, ce que sont nos valeurs.
01:42Donc la région de la France est très engagée sur ces sujets d'éducation évidemment, mais aussi sur ces sujets de protection.
01:50Alors moi j'aime pas tellement qu'on présente le sujet des violences faites aux femmes uniquement comme un sujet de femmes victimes.
01:56Parce qu'on n'est pas des victimes. Mais en même temps, la protection est clé.
02:03Donc on a fait quelques dispositifs un peu innovants. On a créé l'Abris.
02:07L'Abris qui est une structure qui est hébergée désormais par le siège de la région Île-de-France.
02:13Et dans laquelle vous trouvez un conseil juridique et une conseillère psychologique.
02:19qui accueille toute personne victime de violences sexuelles, sexistes ou de discriminations qui se présentent.
02:26On a accueilli 500 personnes depuis un an dans ce dispositif, l'Abris, qui marche évidemment très bien.
02:32Et qui est un petit peu une tête de pont, puisqu'on l'opère avec l'association The Sorority, que vous devez bien connaître.
02:37Et qui est une tête de pont aussi pour la formation à tous ces sujets-là.
02:41Nous avons le centre Hubertine Auclair et sa présidente Charlotte est là.
02:45qui est évidemment notre fer de lance, qui est un fer de lance extrêmement dynamique, extrêmement tonique sur tous les sujets de violence.
02:53Qui organise notamment la formation de toutes les forces de l'ordre à l'accueil des femmes victimes dans les commissariats par exemple.
03:01C'est aussi le centre Hubertine Auclair qui nous a fait l'évaluation de notre numéro d'alerte d'urgence dans les transports en commun.
03:10J'y reviendrai parce que c'est vraiment le sujet des violences dans les transports en commun.
03:1331 17, numéro d'alerte d'urgence, SMS 31 17 7.
03:20Et c'est le centre Hubertine Auclair qui a expertisé ce service pour le rendre encore plus efficace sur les violences.
03:26On mène aussi toute une série d'actions qui sont vraiment partenariales.
03:30Moi je crois vraiment au travail associatif.
03:32Je crois que les associations ont plein d'idées, qu'elles font énormément de benchmarks avec l'étranger.
03:38Donc c'est pour ça qu'on finance des opérations comme Stand Up.
03:44Vous savez, c'est des opérations de formation des femmes justement aux violences dans les transports.
03:49On travaille avec la Fédération des violences faites aux femmes pour le logement des femmes victimes.
03:55On leur réserve des quotas de logements dans les HLM de la région.
04:00Ça c'est une des...
04:03Vous êtes très mobilisée en faveur du relogement des femmes victimes de violences.
04:07Parce qu'évidemment, quand on est victime de violences, comme le disait je crois Charlotte,
04:11ça implique tous les domaines de la vie.
04:15C'est-à-dire se reloger, retrouver un boulot, scolariser les enfants.
04:20Donc vous, vous êtes en pointe sur le relogement.
04:22Absolument, parce que quand j'étais jeune députée, j'avais travaillé sur cette question des femmes victimes.
04:29Et à l'époque, nous avions voté la première loi qui autorisait les femmes victimes de violences
04:34à rester dans le domicile conjugal et qui évacuait l'époux.
04:37Ce qui était, je parle sous le contrôle de la ministre Isabelle Romme,
04:41mais qui connaît bien bien ses sujets judiciaires.
04:44En fait, le problème, c'était que souvent le mari était le propriétaire.
04:47Ou le titulaire du bail et que donc, en fait, il fallait l'exclure et on avait vu ce problème.
04:53Donc la question du relogement.
04:56Alors certaines femmes ne veulent pas rester dans leur logement
04:59parce que justement, elles ont peur que le conjoint violent y retourne.
05:03Donc on a réservé 200 logements chaque année dans les HLM de la région Île-de-France
05:07pour des femmes victimes de violences.
05:09Au total, en 10 ans, on a relogé 2500 femmes.
05:13Donc c'est vraiment quelque chose qui est...
05:15Bon, c'est peu et beaucoup à la fois.
05:18On finance évidemment beaucoup de structures associatives
05:20pour l'accueil des femmes victimes de violences.
05:23On organise aussi des séjours de répit sur les îles de loisirs de la région.
05:26Vous savez, les îles de loisirs, c'est un peu ces jardins des Franciliens
05:30qui n'ont pas de jardin et donc dans lesquels on a de l'hébergement.
05:34Donc on héberge aussi pour des séjours de répit des femmes avec famille.
05:37Parce qu'on parle de femmes victimes de violences,
05:39il faut évidemment penser aux co-victimes qui sont les enfants
05:42et dont la mère ne veut pas être séparée.
05:46Donc évidemment, il faut aussi les prendre en charge.
05:48Ils sont présents en filigrane dans toute cette discussion qu'on a depuis le début.
05:53Vous financez aussi par ailleurs des associations
05:55qui accompagnent les femmes victimes de violences sur le long terme.
05:58Pourquoi c'est essentiel de rester à leur côté
06:00une fois le danger imminent passé ?
06:04Je crois que les mécanismes ont été très bien décrits.
06:06On a ce mécanisme d'emprise et puis on a des femmes
06:09qui sont parfois pas du tout indépendantes,
06:12ni financièrement, ni psychologiquement.
06:14Donc le travail des associations, c'est de les aider à se reconstruire,
06:16mais à 360 degrés.
06:18On parle du relogement d'urgence,
06:19mais après il y a le relogement durable,
06:21après il y a le retour vers l'emploi,
06:23il y a la formation d'un certain nombre de femmes.
06:25Parce qu'il faut savoir qu'aussi,
06:27le mécanisme des violences faites aux femmes,
06:29je parlais d'emprise,
06:30mais c'est souvent un mécanisme de désocialisation de la femme.
06:33Et donc ça veut dire qu'il faut faire tout un travail de reconstruction
06:36avec les associations,
06:38avec les centres de formation,
06:41pour que ces femmes retrouvent l'autonomie financière,
06:45qui est absolument indispensable
06:46pour les sortir du grippe du prédateur.
06:48Donc nous on finance à la fois,
06:49vous voyez les téléphones graves danger,
06:52mais on finance aussi les formations
06:53pour les femmes victimes de violences,
06:55pour les aider à se reconstruire.
06:57Merci beaucoup Valérie Becker.
06:59Est-ce que je peux dire juste un tout petit mot,
07:01parce qu'on n'avait pas du tout prévu ça,
07:02mais comme c'est le sujet du moment,
07:04je voudrais dire un tout petit mot
07:05sur les violences faites aux femmes
07:07dans les transports en commun.
07:08Justement on y arrive avec Sandrine Chardoz.
07:10Oui, nous travaillons beaucoup avec Sandrine
07:12et avec Humet,
07:13sur sa très belle initiative,
07:15mais moi je voudrais dire un mot politique,
07:17puisqu'il y a des politiques dans cette salle.
07:20Je sais qu'on nous a demandé
07:22des wagons réservés aux femmes.
07:23Pour moi ce n'est pas la solution,
07:27et je voudrais expliquer pourquoi ce n'est pas la solution.
07:29Ça peut avoir l'air d'être la solution,
07:31mais ça n'est pas la solution,
07:32pour deux raisons.
07:33D'abord parce que ce ne sera pas efficace.
07:36Ce ne sera pas efficace
07:37parce que les violences faites aux femmes,
07:38elles arrivent à deux moments dans la journée.
07:41Elles arrivent soit aux heures de pointe,
07:43et dans le cas des heures de pointe,
07:45c'est les frotteurs,
07:45c'est les éhibitionnistes et tout ça,
07:47mais ça, pardon, aux heures de pointe,
07:49la moitié des voyageurs sont des femmes.
07:51Donc un wagon ne suffira pas.
07:53Il y aura un wagon pour les femmes
07:54et les 40% autres qui seront dans les autres wagons.
07:58Donc ça, c'est un premier sujet,
07:59c'est qu'il faudrait réserver la moitié du train aux femmes
08:01et l'autre moitié aux hommes,
08:02ce qui serait vraiment, alors là, pour le coup,
08:04très compliqué,
08:04mais aux heures de pointe,
08:05les frotteurs, c'est dans un train mondé
08:07et un wagon ne suffira pas.
08:09L'autre cas de victime,
08:10de victime de violences,
08:11qui est le cas souvent le plus,
08:13encore le plus grave,
08:14c'est les viols,
08:15et les viols et les agressions sexuelles,
08:17c'est dans des trains vides.
08:18C'est dans des trains vides aux heures creuses.
08:20Et dans un train vides aux heures creuses,
08:22si vous réservez un wagon aux femmes,
08:24en fait, vous dites au prédateur où est la femme.
08:26C'est-à-dire qu'en fait,
08:27lui, il n'aura même pas besoin de la chercher.
08:29Il se mettra dans le deuxième wagon,
08:30puis quand le train se mettra à rouler,
08:32il ira dans le premier wagon.
08:33Donc en réalité,
08:34ça ne marche pas.
08:35Ça peut intuitivement être la solution miracle,
08:39ça n'est pas la solution miracle.
08:40Quelle est la bonne solution ?
08:41Moi, j'en vois deux.
08:43Et je vous invite toutes ici
08:44à la grande journée de mobilisation
08:46contre les violences faites aux femmes
08:48dans les transports que nous organiserons
08:50à la région Île-de-France le 9 décembre.
08:52Je veux qu'on dise les choses.
08:55Il nous faut de la vidéo algorithmique.
08:58Pour les Jeux olympiques,
08:59nous avons expérimenté la vidéo algorithmique.
09:01Aujourd'hui, il y a 80 000 caméras
09:03dans les transports, dans les gares routières,
09:05dans les gares et dans les rames.
09:0680 000 caméras.
09:08Mais ces caméras ne sont pas habilitées,
09:10aujourd'hui, à reconnaître une situation de danger.
09:13Un cri, une femme qui hurle,
09:17un geste violent, un viol, une rixe.
09:21Et c'est ça.
09:23Et on a un centre, aujourd'hui,
09:24de commandement de supervision
09:26qui est à la préfecture de police
09:27où toutes les caméras ont un retour.
09:30Simplement, les policiers,
09:31qu'est-ce qu'ils regardent ?
09:32Ils regardent Châteléal,
09:33ils regardent Gare du Nord,
09:34ils regardent Cevran-Baudotte,
09:35ils regardent les lieux criminogènes.
09:37C'est pas là que le prédateur va aller.
09:39Le prédateur, il va aller là où c'est calme.
09:41Il va aller là où on ne l'attend pas.
09:43Et nous, on a les moyens,
09:44avec la vidéo algorithmique,
09:45de faire remonter immédiatement à la caméra.
09:47On a même les moyens
09:48de faire parler la caméra au prédateur
09:50pour lui dire,
09:50vous êtes filmé,
09:51arrêtez tout de suite,
09:52vous allez être arrêté.
09:53Donc, on a des moyens.
09:54Et aujourd'hui, le législateur,
09:56pour une raison que j'ignore,
09:57que j'ignore,
09:58après les Jeux,
09:58nous a dit,
10:00OK, c'était super,
10:01la vidéo algorithmique
10:02pour la sécurité des Jeux.
10:03Vous allez pouvoir le faire
10:04pour les grands événements.
10:06Vous ne pourrez plus le faire
10:08dans les transports du quotidien.
10:09Et moi, je vais le dire très cash.
10:10Ça veut dire quoi ?
10:11Ça veut dire que,
10:12si vous allez au concert de Beyoncé,
10:14vous aurez de la vidéo
10:15pour vous protéger.
10:15Alors, vous avez toutes les CRS.
10:17Ou si vous allez à PSGOM,
10:19vous aurez tous les...
10:20Mais vous aurez aussi les cartes de CRS.
10:22Donc, c'est peut-être pas
10:23le moment le pire.
10:24Et en revanche,
10:25vous êtes une femme de ménage.
10:26Vous levez à 5h30 du matin.
10:28Vous êtes dans un train bondé.
10:30Et là, vous ne serez pas protégé.
10:31C'est totalement incompréhensible.
10:33La décision du législateur
10:33est complètement incompréhensible.
10:35Je veux un changement de cette loi.
10:36Mais souvenez-vous
10:37que ça a mis très longtemps...
10:39On a mis très longtemps
10:40à avoir...
10:41à exploiter les données
10:43dans l'affaire Guy Georges, notamment.
10:45On avait du sperme.
10:48Et il y avait des débats en France
10:50pour savoir s'il fallait mettre au point...
10:53C'était quoi ?
10:54Isabelle, vous vous souvenez ?
10:56Le fichier des prédateurs sexuels
10:57qui existait dans tous les autres pays d'Europe.
11:00Et donc, en France,
11:01on se disait
11:02« Ah là là, mais les libertés publiques, etc. »
11:04Je tiens à le dire,
11:05la vidéo algorithmique
11:06respecte totalement les libertés publiques.
11:07On mélange la vidéo algorithmique
11:09et la reconnaissance faciale.
11:11Ça n'a rien à voir.
11:12Ça n'identifie pas.
11:13Mais les fichiers des prédateurs sexuels aussi.
11:15Et on aurait pu arrêter Guy Georges
11:17avant qu'il ne commette
11:18d'autres crimes atroces.
11:21Ça, c'est la première.
11:21La deuxième...
11:22Pardon, je rebondis sur votre...
11:24Vous avez donné deux explications.
11:25Mais il y a une explication
11:27sur ce...
11:28C'est un principe de ségrégation...
11:31Ah, mais c'est horrible.
11:32Moi, je suis contre l'apartheid.
11:33C'est un apartheid
11:35qui ne va pas
11:36avec les principes fondamentaux
11:37de notre République.
11:38C'est la base.
11:39Moi, c'est ce que j'ai dit.
11:41Mais je le redis
11:41de manière à ce que, vraiment,
11:44tous ceux qui pensent
11:45que c'est une bonne idée
11:45voient que ça ne l'est pas.
11:47Mais bien évidemment,
11:48cet apartheid est horrible.
11:49Parce que ça veut dire
11:50qu'on renonce à civiliser les hommes.
11:52Et puis, je vais vous dire
11:53quelque chose d'encore pire.
11:54Mais vous savez que
11:55sur les 35% de victimes mineures
11:58de violences sexuelles
12:00dans les transports,
12:00parce qu'il y a 35%
12:01de mineures victimes,
12:02mais il y a aussi
12:03des jeunes garçons.
12:05Nous avons eu un viol
12:06d'un collégien de 14 ans
12:09à la sortie d'une gare
12:10du Val-d'Oise
12:11il y a deux semaines.
12:12Donc, je veux dire,
12:12on essaye de protéger
12:14des victimes,
12:14mais il n'y a pas
12:15de concurrence des victimes.
12:16Vous voyez ce que je veux dire ?
12:17Tout le monde est victime
12:18des prédateurs non-civilisés,
12:21barbares.
12:22Et c'est ça,
12:22c'est à eux
12:23qu'il faut s'attaquer,
12:24pas aux victimes.
12:25Merci beaucoup
12:25d'avoir fait cette précision.
12:27Madame la présidente
12:28de la région Île-de-France.
12:31Juste parce que vous avez parlé
12:33de cette jeune femme brésilienne,
12:36on rend un petit hommage ici
12:37à Marguerite,
12:39qui a dénoncé
12:41et qui a fait fuir l'agresseur,
12:43et qui est cette Marguerite,
12:44le nom du courage en France.
12:45Voilà, je voulais juste...
12:46Alors, Marguerite recevra
12:47la médaille de la région Île-de-France,
12:49si certaines d'entre vous
12:50veuillent venir demain soir
12:52à la région,
12:53au siège de la région.
12:54Et par ailleurs,
12:57vraiment, je pense
12:58que son exemple prouve
12:59qu'il faut absolument
13:00qu'on fasse de la formation
13:01aux gestes.
13:02Le 31-17,
13:03le 31-17-7,
13:04les SMS d'art l'air
13:05ne sont pas assez connus.
13:06Il faut absolument...
13:07Moi, je pense qu'on va...
13:08Il faut qu'on les fasse
13:09beaucoup mieux connaître
13:10et je pense qu'on a
13:11un travail de formation
13:12à faire sur les voyageurs.
13:14Qu'est-ce qu'on fait
13:14dans ces cas-là ?
13:15Parce que Marguerite
13:16est un exemple incroyable,
13:17mais parce qu'elle était
13:18gestionnaire de foyers
13:19d'hébergement d'urgence.
13:20Donc, elle savait
13:21comment se comporter
13:22face à quelqu'un
13:23qui avait des problèmes psychiques
13:24ou qui pouvait avoir aussi
13:25des problèmes d'addition.
13:27Merci beaucoup.
13:27Applaudissements

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