- il y a 10 mois
Le nouveau président de la Fédération Française de Badminton, Franck Laurent, est un habitué des terrains. Également directeur de l'Orléans Masters, le plus gros tournoi français après les Internationaux de France, il aura pour mission d'aider le badminton français à absorber une demande croissante pour cette discipline, portée par les excellents résultats de ses athlètes : le duo Gicquel/Delrue, vainqueur d'un Super 1000 cette saison, et la pépite Alex Lanier, déjà n°7 mondial.
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00:00Bienvenue dans Président, l'émission qui vous permet de faire connaissance avec ceux qui dirigent l'espoir français,
00:26parce que les champions, je sais bien, mais il faut aussi des dirigeants, notamment pour diriger les fédérations.
00:30Et aujourd'hui, c'est un président de fédération, Franck Laurent, président de la Fédération Française de Bade.
00:37On dit le Bade définitivement maintenant ?
00:39On préfère Badminton.
00:40Moi aussi, je préfère Badminton.
00:41Le nom officiel, c'est quoi ?
00:43Fédération Française de Badminton.
00:45Ah bah oui, quand même.
00:46D'accord.
00:47Alors, vous êtes élu depuis le 14 décembre 2024, ça fait un an maintenant, bientôt.
00:5260,15% des voix, on ne va pas triompher non plus, vous étiez le seul candidat.
00:56100% des voix.
00:57100% des voix.
00:58C'est le nombre de participants.
00:59Oui, 60% des participants qui vous ont donné 100% des voix.
01:03Quand je dis que vous n'avez pas eu de bagarre, quoi, puisqu'il y avait une évidence de succéder à Johan Penel.
01:09Vous avez parti de son équipe, vous étiez trésorier général.
01:11J'étais trésorier général pendant un an.
01:13Moi, j'ai été élu à mi-mandat et j'étais pendant un an membre du comité exécutif, un an trésorier général.
01:19Et après, j'ai monté une liste pour succéder à Johan.
01:22Moi, j'aime bien connaître les parcours des présidents.
01:24Est-ce que vous aviez cette envie très tôt ?
01:27Est-ce qu'il y a eu un rôle départemental, puis régional ?
01:30Comment ça s'est passé ?
01:31Dans quelle région d'abord ?
01:33Alors, moi, j'ai commencé le badminton dans la Manche, à Coutances dans la Manche.
01:37Avec mes frères, on a monté un club.
01:40Et ensuite, je suis venu à Orléans en 1998.
01:45J'ai été président de mon club de 2004 à 2015.
01:48Et en parallèle de la présidence de mon club, j'ai monté un tournoi qui s'appelle l'Orléans Masters.
01:51Donc, vous étiez le directeur ?
01:53Donc, j'étais le président.
01:54C'était un gros tournoi de badminton.
01:56Un gros tournoi de badminton.
01:57On a monté progressivement les marches.
01:59Et on est le deuxième tournoi français après les internationaux de France de badminton.
02:02Ça vous a aidé, ça ?
02:06Pour votre notoriété à la Fédé ?
02:07Pour votre notoriété, oui, ça aide.
02:09Parce que forcément, quand on monte une telle organisation...
02:11On va même vous montrer des images de l'Orléans Masters.
02:15C'est un gros, gros tournoi.
02:17D'ailleurs, on le voit par rapport aux tribunes.
02:18Là, il y a beaucoup, beaucoup de monde.
02:20C'est un board Super 300.
02:22Qu'est-ce que ça veut dire, Super 300 ?
02:23300, à l'origine, c'était le price money qu'on donnait aux joueurs.
02:26Mais il n'est pas tout à fait égal.
02:27On est sur un price money à 250 000 dollars.
02:29D'accord.
02:30Les internationales de France, c'est à 950 000.
02:34Là, on voit Alex Lagné, notre numéro 1 français,
02:36qui est 7e mondial aujourd'hui, qui a gagné cette année l'Orléans Masters.
02:40D'accord.
02:41Donc, vous voici à la tête de la Fédération.
02:43Alors, l'objectif d'un président,
02:45il parle souvent du nombre de licenciés,
02:47parce que c'est un peu le thermomètre,
02:48c'est la température.
02:50Alors, il y a une progression.
02:51La saison 2023-2024, on était à 211 000.
02:552024-2025, à 241 000.
02:57Là, on progresse encore.
03:00C'est quoi l'objectif ? 250 000, rapidement ?
03:02Là, on va être à 250 000 cette année.
03:04Oui.
03:05On commence à sentir…
03:06Parce qu'il y a encore des nouveaux licenciés qui arrivent.
03:08Oui, il y a des nouveaux adhérents qui arrivent.
03:10Mais notre problème, c'est l'accueil.
03:11On a un problème.
03:13Nos clubs sont saturés.
03:14Bien sûr.
03:14J'étais à Nantes, il n'y a pas très longtemps.
03:18On ne peut plus jouer au BAD si on n'est pas déjà licencié dans la saison précédente.
03:21C'est un vrai problème.
03:22Oui, c'est un vrai problème.
03:23C'est des équipements.
03:23Il manque des équipements.
03:25Et c'est pour ça que nous, la Fédération,
03:26on va lancer un plan d'équipement pour justement aider nos clubs à se développer.
03:30Parce qu'il y a un paradoxe, parce que vous vous retrouvez avec,
03:33notamment des titres paralympiques qui ont fait du bruit.
03:35C'était très spectaculaire.
03:36avec Lucas Amazur et Charles Knox, évidemment.
03:42Cinq médailles en tout.
03:43Donc, belle fierté pour le badminton.
03:45Et puis, côté valide, il y a une constante progression.
03:48Alors, pas de médaille.
03:50Pas de médaille aux JO, mais on a une médaille de bronze.
03:52On a une médaille de bronze au championnat du monde le 31 août dernier.
03:56D'accord.
03:57Donc, les Français présents dans les 15 mondiaux.
04:01Au niveau de la compétition, on n'est pas vraiment inquiets.
04:03On sait que ça devrait rigoler.
04:05Votre objectif, c'est donc l'infrastructure.
04:09Alors, ça se passe comment ?
04:11On frappe à la porte de qui.
04:12On se débrouille tout seul.
04:13On va voir les départements, les villes, l'État.
04:16Comment ça se passe ?
04:17En fait, c'est...
04:19Parce que c'est paradoxal, pardon.
04:20Vous avez des résultats formidables.
04:21Les gens adorent le bad.
04:22Ils veulent jouer.
04:23Ils ne peuvent pas.
04:24Voilà.
04:24L'infrastructure, forcément, ça appartient aux collectivités locales, principalement.
04:29Donc, on a le soutien de l'ANS.
04:32Il faut convaincre les collectivités locales
04:35qu'on a besoin de créneaux.
04:37Là, on a aussi la ministère signée par la ministre des Sports et de l'Éducation nationale
04:43pour ouvrir les lycées et les collèges.
04:46Donc, ça fait partie aussi de la mutualisation des infrastructures.
04:48Bien sûr, des moyens.
04:48Donc, voilà.
04:50C'est plusieurs portes à taper, à ouvrir.
04:54Et nous, la Fédération, on va mettre 20 millions d'euros sur 10 ans pour aider les clubs soit à rénover des gymnases,
05:02soit à créer leur propre infrastructure.
05:06Parce qu'on sait qu'on aura facilement, sur une infrastructure de 9 terrains,
05:09on peut avoir 400 à 500 adhérents.
05:10Donc, on peut facilement entretenir et rentabiliser l'infrastructure.
05:15Cette coordination avec les écoles, quand on sait ce qu'est la difficulté dans notre pays des normes,
05:21est-ce que c'est vraiment la voie ?
05:23Est-ce que le week-end, dans les écoles, on peut organiser des tournois à badminton, etc. ?
05:28Si l'équipement le permet, il n'y a pas de frein.
05:33Justement, il faut ouvrir les écoles, il faut ouvrir les lycées
05:36pour que nos clubs puissent prendre le relais du sport scolaire en soirée et en week-end.
05:43À partir du moment où on a réglé les petits problèmes de sécurité, d'accès aux gymnases,
05:47il n'y a pas de souci.
05:48On saura entretenir et avoir une bonne coopération avec l'éducation nationale.
05:56Alors, les jeux de raquettes sont à la mode.
05:58Ils ont la cote, on le voit, d'abord parce qu'il y a des bons résultats en France.
06:02Le tennis, c'est classique, le badminton, c'est classique,
06:04mais on a vu arriver le padel.
06:05Et maintenant, le pick-ball.
06:09Vous souhaitez récupérer le pick-ball dans votre fédération ?
06:12Pas récupérer, l'avoir, parce qu'il n'est à personne pour l'instant.
06:15Il n'y a aucune délégation.
06:17Donc, nous, on a fait acte de candidature pour avoir le pick-ball au sein de la fédération.
06:22C'est sur le même terrain.
06:23Il y a la hauteur du filet qu'il faut changer
06:26et avec un axe plus sur l'extérieur.
06:29Parce qu'on voudrait avoir des terrains mixtes en outdoor.
06:33On voit sur ces images le pick-ball.
06:36Donc, avoir des terrains où le filet puisse monter et descendre,
06:41soit en pratique de badminton, soit en pratique de pick-ball.
06:44Expliquez-moi la logique, même si elle paraît assez évidente
06:46quand on voit le type de balle, le type de rebond, le type de rapidité.
06:50La logique entre ce pick-ball qui pourrait venir chez vous
06:53et le padel qui est plus côté tennis.
06:58Quelle est la logique ?
06:59D'avoir le pick-ball chez nous, alors le padel est côté tennis,
07:02il n'y a pas de souci.
07:04Le pick-ball, nous, ça nous permettrait d'ouvrir de nouveaux créneaux.
07:08Je parlais d'équipement il y a quelques instants.
07:10Ce n'est pas paradoxal de manquer d'équipement pour le badminton
07:13et de réclamer le pick-ball ?
07:15Si on veut avoir un équipement complet à disposition d'une association,
07:19il faudra trouver plusieurs pratiques.
07:21Que nous, on soit gestionnaire d'un équipement,
07:23il faudra trouver bien sûr du badminton et un autre sport
07:27comme le pick-ball.
07:27Et vu que c'est le même terrain, il y a une logique qui se construit autour de ça.
07:32Est-ce qu'au niveau de l'organisation des tournois en France,
07:35vous disiez Orléans, vous avez été à la création de ce tournoi
07:38qui aujourd'hui est le deuxième français,
07:40est-ce qu'on peut avoir des ambitions plus importantes
07:42sur un grand tournoi international à l'image d'un Roland Garros ?
07:45On a déjà les internationaux de France de badminton
07:49qui vont venir dans une salle qui s'appelle l'Arena Grand Paris
07:53à Tremblay en France.
07:54Donc on l'a acté que ça serait dans cette salle pour quelques années.
08:00Donc ça fait partie des grands tournois du monde,
08:01ça fait partie des dix plus grands tournois du monde.
08:03Donc on fait 30 000 spectateurs, on espère aller au-delà aujourd'hui.
08:10Mais il y a une marche à gravir quand même, pour être super mille par exemple ?
08:13Super mille, il y a quatre tournois dans le monde qui sont super mille.
08:15C'est pour ça que je faisais un peu le parallèle avec Roland Garros
08:18qui fait partie des quatre grands tournois.
08:20Oui, les super mille pour le badminton, il y en a trois en Asie,
08:26il y en a un à Birmingham, donc en Angleterre.
08:30Je pense que ça sera compliqué d'avoir un deuxième super mille
08:32parce que nous on est quand même un sport dominé par l'Asie.
08:34Donc voilà, je pense qu'un 750, ce qu'on appelle nous un 750,
08:40donc avec un million de dollars de price money, c'est bien pour la France.
08:44En tennis de table, on a vu une sorte de miracle pour un sport avec les frères Lebrun.
08:48Est-ce que vous, vous avez un réservoir comme ça de joueurs qui peuvent devenir…
08:53Vous avez des grands joueurs.
08:54On a vu avec les performances récentes d'Axel Lagné, notamment au Japon,
08:59de Tom Jickel, des films de la rue, donc je lis mes notes,
09:02en double mixte, vainqueur d'un super mille d'ailleurs en juin de 2025.
09:07Est-ce que derrière, ça pousse ?
09:08Est-ce que vous pensez avoir un jour un phénomène comme les frères Lebrun en tennis de table ?
09:15Déjà, si on regarde juste le simple homme, on a Alex qui est 7e mondial,
09:21Christopopov qui est 8e mondial et son frère Thomas Popov qui doit être 13e ou 14e mondial.
09:26Donc on a quand même trois jours dans le top 15 mondial, c'est autant que la Chine.
09:30Donc il faut le relativiser.
09:32Alors c'est un peu de médiatisation qu'il vous faut.
09:35Voilà, donc voilà, maintenant il nous manque la médaille mondiale.
09:38On a eu la médaille quand même avec Tom Edelphine qui est une médaille de bronze au mois d'août dernier.
09:44Maintenant, voilà, il faudrait que soit Christophe, soit Alex, soit Tommy aillent jusqu'au bout.
09:50Moi, je n'ai pas de préférence.
09:50Vous n'avez pas le droit, vous n'avez pas le droit.
09:54Comment sont organisés ces clubs justement aujourd'hui quand vous me dites qu'il n'y a pas assez d'infrastructures ?
10:00Est-ce que vous sentez que ça pousse ?
10:02Est-ce que la pyramide d'âge, par exemple, dans les clubs, qu'est-ce que ça donne ?
10:06Est-ce que vous êtes vraiment poussé par les jeunes ?
10:08Ou est-ce qu'il va falloir faire un travail dans ce domaine-là ?
10:10Alors, on est une fédération qui vieillit un petit peu.
10:14On a remarqué, on a vieilli un petit peu.
10:15On a 40% de nos adhérents qui sont à plus de 35 ans.
10:19Donc, ça veut dire qu'on reste fidèle.
10:22Ça veut dire que ce sont des gens qui restent dans la fédération.
10:26Et après, on a 30% qui sont entre 18 et 35 ans et 30% inférieurs à 18 ans.
10:34Donc, voilà, on a un travail à faire pour redynamiser les jeunes dans les années à venir.
10:39Parce que si on veut aller sur les médailles mondiales, ça va être plutôt les jeunes que les plus de 35 ans.
10:45Bien sûr.
10:45Donc, il faut qu'on fasse ça vigilant.
10:48Le scolaire. Est-ce que les scolaires, parce qu'on voit qu'il y a beaucoup de sport,
10:52on prend au handball en priorité, évidemment.
10:54Est-ce qu'on joue assez au badminton dans les écoles ?
10:58Alors, on est le premier sport individuel scolaire.
11:01Donc, on joue dans les collèges, on joue dans l'essai, on joue à l'université.
11:05On joue sur tous ces niveaux-là.
11:08Il faut qu'on aille sur les primaires.
11:11Voilà, on est en train de réfléchir pour avoir un plan spécifique pour les primaires,
11:16pour commencer dès le plus jeune âge.
11:18Mais il faut qu'on continue de travailler avec les scolaires.
11:19On travaille très bien avec l'UNSS, toutes les fédérations scolaires.
11:23Donc, on va continuer à travailler.
11:25Mais il y a un petit point qu'il faut qu'on aille, c'est sur les primaires.
11:28Alors, un espoir, un objectif en une minute.
11:31Si vous étiez encore en campagne électorale, je vous disais, qu'est-ce que vous allez faire dans les deux, trois ans qui viennent ?
11:37Comment vous allez marquer votre passage à la tête de la FED ?
11:40Alors, nous, on a un projet déjà pour la fédération qui est la maison du badminton qu'on veut construire.
11:45Donc, un nouveau siège social pour aussi qu'on puisse se réunir en Assemblée Générale,
11:51parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas, et avoir un équipement…
11:54Ça se passerait où ?
11:55À côté de l'Arena Grand Paris, à Tremblay, en France.
11:58Voilà, on est en train d'étudier le projet.
12:00Donc, un nouveau siège social d'ici 2028.
12:04D'ici 2028, il y a les JO, il y a des championnats du monde.
12:07Donc, une médaille, quelle que soit, si c'est le simple homme, le double dame ou le double mix,
12:12c'est le plus probable. D'ici là, ça serait magnifique.
12:17Terminons par le handi, donc des titres paralympiques, une très, très belle image.
12:24Est-ce que vous avez pu répondre aux attentes du handi-sport ?
12:28Alors, le handi-sport, on a récupéré la délégation il y a huit ans.
12:33Donc, on a eu des médailles très tôt, donc dès Tokyo.
12:38Maintenant, on a structuré, on est en train de structurer la filière.
12:41On a créé un Pôle France handi.
12:44On est la première fédération olympique qui a créé un Pôle France à Nantes,
12:47dans le fameux gymnase Charles Knox, qu'on voit ici à la télé.
12:53Donc, autour de lui, bien sûr, c'est lui le fer de lance.
12:56Et on a créé une structure autour du para,
13:01justement, parce que ces athlètes, ils vont aussi vieillir,
13:05donc pour renouveler.
13:08Donc, là, on se structure, voilà, pour les générations 2032 plutôt,
13:12parce que 2028, on les a déjà.
13:14Ce sera plutôt pour les générations 2032.
13:16Organiser, c'est prévoir.
13:18Merci, Franck Laurent, président de la Fédération française de Badminton.
13:21Vous nous avez rendu visite et c'était un plaisir de vous recevoir.
13:25À très bientôt pour un nouveau numéro de Président.
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