Un hommage national est rendu ce jeudi aux 132 victimes des attentats du 13 novembre 2015. Emmanuel Macron se rendra sur chacun des sites des attaques, avant l'inauguration d'un jardin mémoriel au cœur de la capitale.
00:00La nuit avait été très dure, parce qu'il y avait des gens avec qui on travaille qui étaient bloqués.
00:09Donc, je ne pensais pas que ça allait me rendre comme ça.
00:13Non, non, mais c'est normal, c'est normal. Vous me disiez, vous aviez réussi à sauver des gens, vous avez aidé des gens blessés, c'est ça ?
00:18On a aidé des gens blessés à les mettre au bureau, à les secourir.
00:23On est recroisé depuis, voilà.
00:25Mais c'est vrai que l'angoisse, c'est que pendant deux heures, on n'avait plus de nouvelles de tous les gens avec qui on avait l'habitude de travailler,
00:32parce qu'ils avaient bloqué leur téléphone, les talkies.
00:35Et donc, les retrouver à minuit, une heure du matin, tous en état de choc.
00:40Parce qu'otage pendant longtemps dans cette salle, ça a été très difficile.
00:46Aujourd'hui, c'est compliqué de remettre les pieds dans la salle, dans une salle en général, par rapport à ça.
00:53Après, le dixième anniversaire, ça restera comme le neuvième, comme le onzième, toujours des moments.
01:02Est-ce qu'il y a une symbolique particulière à ce dixième anniversaire ?
01:04On voit beaucoup de monde. Est-ce que ça vous touche de voir autant d'hommages qui sont organisés ces derniers jours ?
01:08Oui, je pense que le fait que la presse en ait parlé, autant remémore aux gens plus de souvenirs que les familles sont peut-être davantage réunies aujourd'hui que les années passées.
01:21Il y a beaucoup plus de monde. Mais ça restera, de toute façon, je pense que pour tous les gens qui l'ont vécu de près ou de loin, un changement de leur vie.
01:29Comment est-ce que vous avez vécu ces dix dernières années ? Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez l'impression d'avoir guéri un peu de cette nuit ou c'est encore trop tôt pour le dire ?
01:39On ne guérit pas. Ça reste. Donc, les bruits d'ambulances, de sirènes de pompiers, toutes ces choses-là restent en nous. Je pense que dès qu'il y a trois ambulances stationnées, tout de suite, on s'interroge à ce qui se passe.
01:59Aujourd'hui, vous êtes accompagné par une de vos amies. C'est important, c'est essentiel d'être accompagné pour cette dixième cérémonie ?
02:07Oui. Je pense que c'est important de ne pas être seul. Après, on va retrouver des gens qu'on connaît. Nathalie m'a épaulé depuis dix ans.
02:19Vous avez été bien entouré, en tout cas.
02:21On a essayé. Je pense à tous les gens qui travaillaient au Bataclan qui sont depuis, en état psychologique, très fragiles par rapport à ça.
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