00:00Les méchants, c'est pas très gentil les méchants.
00:03C'est cette phrase-là qui a beaucoup marqué.
00:06Il faut faire vraiment attention parce qu'il faut changer de maison.
00:11C'est assez étrange, on s'est dit qu'il y a 10 ans se sont passés.
00:18Le petit enfant innocent de l'époque est devenu un jeune ado aujourd'hui.
00:21C'était donc il y a 10 ans, le 15 novembre 2015, deux jours après les attentats de Paris.
00:34Le petit journal filme cet échange entre Angèle, le père et Brandon, son fils de 6 ans,
00:39venu place de la République pour rendre hommage aux victimes.
00:41Je savais qu'en tout cas à ce moment-là j'étais apeuré.
00:44La séquence émeut le pays et elle devient virale.
00:47Je trouve ça drôle et mignon à la fois.
00:49Ça va mieux du coup ?
00:51Oui, ça va mieux.
00:54On ne s'en pas rassuré.
00:56Pourquoi ça émue ?
00:58Parce que déjà avec le message de paix de mon père,
01:01et aussi la manière dont il m'a rassuré,
01:04et mes paroles innocentes aussi.
01:07C'est un petit moment de tendresse, de douceur, d'apaisement,
01:11dans une période sombre, dure.
01:15Beaucoup de gens m'ont dit qu'ils avaient la larme à l'œil
01:16parce que c'est tout plein d'espoir, tout plein de gentillesse.
01:19Tout plein de bonnes choses qui étaient en contradiction
01:23avec les choses qui venaient de se passer.
01:25Aujourd'hui, Brandon est un lycéen de 16 ans.
01:28Angèle et son épouse tiennent un bar tabac à Reims
01:30où ils viennent de s'installer et où personne n'a fait le rapprochement.
01:32Pas du tout.
01:33On vient de la connaître ici, là, comme vous êtes arrivés.
01:35On vous a expliqué, mais sinon on ne connaissait pas du tout cette histoire.
01:38Tout est donc redevenu normal depuis longtemps,
01:40mais à l'époque, la vidéo est vue à travers le monde
01:42et les entraîne dans un tourbillon.
01:43Merci, au revoir.
01:45On ne contrôlait plus rien.
01:46C'est parti, ça a été fait boule, c'est parti dans tous les sens.
01:50Du jour au lendemain, on n'était pas préparé à tout ça.
01:53On était reconnu partout, on recevait des tonnes et des tonnes de messages.
01:58Angèle reçoit par exemple 5000 messages en quelques heures sur Facebook,
02:01des fleurs devant sa porte.
02:02La vidéo traverse les frontières, elle est visionnée des dizaines de millions de fois.
02:06Canada, Angleterre, Etats-Unis, Chine,
02:08les médias étrangers s'intéressent à cette histoire.
02:09Les sollicitations se multiplient.
02:11Un journaliste de CNN vient interviewer la famille à Courbevoie.
02:15Une effervescence soudaine qu'Angèle et Brandon accueillent sereinement,
02:18en sachant qu'elle va retomber petit à petit.
02:20Je me souviens que du coup, du CP jusqu'au CO2, on me reconnaissait encore.
02:26On m'appelait celui qui est passé à la télé,
02:28le garçon qui est passé à la télé, c'était le surnom qu'on me donnait.
02:31Et juste après, je revis une enfance normale,
02:34je redeviens un adolescent comme les autres.
02:36Dix ans après, l'approche du 13 novembre fait inévitablement revivre des souvenirs.
02:41Quand on passe par cette période-là, on va dire que je suis un peu attristé, on va dire.
02:45Angèle, lui, a perdu quelques motifs d'espoir en route.
02:48Je suis toujours très solidaire des événements tragiques.
02:53Est-ce que j'aurais les mêmes phrases aujourd'hui ? Pas sûr.
02:56Pas sûr, parce que quand je vois le contexte des choses, de la vie,
03:00comment elle a changé depuis dix ans, pas dans le bon sens.
03:04Donc, je ne pourrais peut-être pas tenir le même discours.
03:08Je n'aurais peut-être pas autant de positivité qu'il y a dix ans.
03:11Parce que beaucoup de choses se sont passées en dix ans.
03:15Donc voilà, je ne sais pas ce que je dirais à mon fils à ce moment-là,
03:18au jour d'aujourd'hui.
03:19Je ne sais pas.
03:20Comme vous pouvez le voir, le contexte sur la vidéo, c'était de la spontanéité.
03:24Et au jour d'aujourd'hui, au niveau de la spontanéité,
03:26je ne sais pas ce que je dirais exactement.
03:28Mais tout ce que je sais, je ne pense pas être aussi positif qu'il y a dix ans.
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