00:00Bonjour à tous et merci de nous retrouver sur BFM2. Nous sommes le 5 novembre 2025.
00:07Il y a un an maintenant, Donald Trump était élu président des Etats-Unis.
00:13On va y revenir dans quelques instants. On va revenir aussi sur ces élections,
00:17notamment municipales à la ville de New York. On aborde tout cela avec Amy Porter.
00:23Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous sur BFM2.
00:26Vous êtes porte-parole de démocrate abroad en France et donc représentante des démocrates américains en France.
00:34On veut tout d'abord vous entendre évidemment sur cette victoire du démocrate Zoran Mamdani
00:40à la tête de la ville de New York donc. Cette nuit, forcément une satisfaction ?
00:48Complètement, c'était le candidat du parti démocrate et donc nous sommes ravis qu'il soit élu.
00:54Mais il n'y a pas que New York dans la vie. Il y a eu beaucoup, beaucoup, beaucoup d'autres élections hier
00:59et les démocrates ont tout raflé. Les républicains n'ont pas gagné une seule élection
01:05à travers le pays, de la Californie jusqu'au mois de l'état de Maine, jusqu'au Mississippi.
01:12Voilà effectivement le siège de gouverneur en Virginie et dans le New Jersey
01:16qui ont été remportés aussi par les démocrates. Je le disais, on est donc un an après l'élection
01:21du républicain Donald Trump à la Maison-Blanche. C'est un bon signal.
01:25Les démocrates reviennent sur le devant de la scène ?
01:29Complètement, mais c'est parce que la politique des républicains est excessivement impopulaire.
01:35Ce président est très impopulaire. Les sondages montrent qu'il n'a jamais été aussi bas.
01:42Il n'y a qu'une petite trentaine de personnes qui approuvent de son activité.
01:48S'il faut regarder la police secrète qui kidnappe des gens dans la rue,
01:53le fait qu'il ignore les décisions de justice, l'économie est en chute libre,
02:00le droit de vote est menacé, la liberté de la parole est attaquée.
02:05Les Américains ne reconnaissent plus leur pays.
02:08– Alors vous parliez de la police, notamment de l'ICE, la police anti-immigration.
02:15Et on voit, c'est vrai, à travers les États-Unis, des manifestations ces derniers mois se multipliaient.
02:22C'est quand même des scènes dont on a peu l'habitude aux États-Unis,
02:25de voir des manifestations d'ampleur.
02:27Il y avait aussi eu ces manifestations No Kings Day, il y a quelques jours maintenant,
02:31contre le président Donald Trump. L'opposition est vive.
02:35Il y a une vraie scission dans le pays ?
02:38– C'est-à-dire que les démocrates reviennent à son électorat de base,
02:45c'est-à-dire les gens qui travaillent, ce qu'on appelle les familles qui travaillent.
02:51Ils ont fait une petite virée vers les républicains récemment
02:54et ils se rendent compte que la politique républicaine n'est bon que pour les riches
02:59et les extrêmes riches. Et tous les gens qui ont du mal à finir leur fin de mois
03:04redécouvrent le Parti démocrate comme le parti qui va œuvrer pour le droit.
03:13– Et donc forcément, chacun se renvoie la balle entre démocrate et républicain depuis un an.
03:19Et Donald Trump, notamment, accuse les démocrates d'être à l'origine du shutdown
03:23qui est en place depuis un peu plus d'un mois maintenant aux États-Unis.
03:27Qu'est-ce que vous lui répondez ?
03:30– Ce n'est pas du tout le cas.
03:32Évidemment, ce que dit Donald Trump est souvent très loin de la réalité sur le terrain.
03:38Ce sont les républicains qui ont jusque maintenant refusé de venir à la table de négociation
03:44pour discuter avec les démocrates pour finir le shutdown.
03:49Et le poste cette nuit de Donald Trump, en disant que c'est à cause du shutdown
03:53que Mme Dany a gagné, devrait dire que ça veut dire que les gens mettent
04:00la responsabilité du shutdown chez les républicains.
04:04Donc ils ont voté pour l'autre parti.
04:05Donc, comme d'habitude, il est à côté de la plaque.
04:09– Oui, Donald Trump qui réagissait aussi à cette victoire de Zoran Mme Dany en disant
04:14« Et donc, ça commence ».
04:16Évidemment, référence à voir les démocrates à nouveau revenir.
04:22Et Donald Trump qui expliquait que s'il n'a pas eu de victoire des républicains,
04:26c'est parce que son nom n'était pas sur les bulletins de vote.
04:30Voilà, donc les républicains sont attachés à Donald Trump,
04:33mais les démocrates, quelle est leur figure actuelle maintenant ?
04:37– Je vous rappelle que Donald Trump a mis son soutien non pas au candidat républicain,
04:45qui s'appelle Curtis Liwa, mais un candidat indépendant, un ex-démocrate.
04:50Donc, quand il se plaint que les républicains ne l'ont pas emporté,
04:53il aurait peut-être fallu qu'ils s'y prennent différemment.
04:56Alors, le chef du parti démocrate s'appelle Ken Martin,
05:03et c'est vrai que c'est une question que j'ai très souvent,
05:06parce que le système français et le système américain sont vraiment très différents
05:10au niveau de la gestion du parti.
05:13À la tête du parti démocrate, nous avons un gestionnaire professionnel,
05:17un manager, ce n'est pas quelqu'un de présidentiable,
05:21contrairement en France, où vous avez les chefs de parti
05:24qui sont toujours les prochains présidentiables
05:26ou les prochains candidats aux élections.
05:29Donc, nous aurons déjà l'année prochaine,
05:33presque jour pour jour, l'élection de mi-mandat,
05:36et nous attendons à une large victoire des démocrates
05:42comme on a eu hier, et dans la Chambre des représentants,
05:46et dans le Sénat aussi, pour pouvoir freiner un peu
05:49les ardeurs de Donald Trump.
05:54Et après, pour 2028, nous aurons notre processus de primaire robuste,
06:01comme d'habitude, qui prend à peu près un an,
06:04où un candidat émergera en fonction des votes des électeurs démocrates dans les primaires.
06:11C'est vrai que quand Clinton est arrivé,
06:13personne n'avait vu venir le gouverneur d'Arkansas,
06:16personne n'avait vu venir le junior sénateur Barack Obama de l'Illinois
06:21avant qu'il ne soit le nommé du parti.
06:26Donc, on a le temps pour ça.
06:28Il y a évidemment des gens qui se mettent sur le devant de la scène,
06:32on imagine, qui vont se présenter.
06:35En 2020, on a eu 22 candidats dans le primaire.
06:38Ça a été le groupe le plus divers qu'on ait jamais eu.
06:41Et je pense qu'en 2028, on aura également une panoplie d'excellents candidats
06:46pour se mettre en face du candidat républicain,
06:51qui, malgré ce qu'il dit, ne sera pas Donald Trump.
06:53Alors, tout de même, Amy Porter, il y a une différence.
06:57La ville de New York est quand même plutôt à gauche.
07:01Les élections de mi-mandat,
07:03prendre notamment le contrôle de la Chambre des représentants l'année prochaine,
07:08ce sera quand même une toute autre affaire.
07:12Écoutez, nous n'avons que deux sièges.
07:15On est une minorité par deux sièges.
07:19Donc, il suffit qu'on en gagne quatre pour reprendre la majorité.
07:23Je pense que c'est très, très bien parti pour la Chambre.
07:28Et d'après les résultats d'hier, il y a beaucoup de gens qui disent maintenant
07:31que le Sénat aussi pourra basculer dans le camp démocrate.
07:37Donc, je ne voudrais pas qu'on réduise ce qui s'est passé hier à Mamdani.
07:43C'est vrai que vous l'avez dit, New York est un endroit très progressiste
07:46qui a toujours voté plus à gauche que le reste du pays.
07:49On ne peut pas utiliser ça comme un exemple de comment ça va se passer ailleurs.
07:53Mais si vous regardez en Virginie et en New Jersey,
07:56donc, ces deux femmes démocrates élus gouverneurs
07:59par des marges considérables, plus 15 points, plus 13 points,
08:04vous avez des maires démocrates réélus en Cincinnati, à Atlanta,
08:09une nouvelle à Détroit, plus 54%, plus 56, plus 79.
08:14Ce sont des énormes résultats, ce qui veut dire que vraiment,
08:20les gens ne veulent plus de la politique républicaine
08:24qui enrichit les plus riches et empauvrit les plus pauvres.
08:30Alors, il y a effectivement ces victoires dont on parlait,
08:35de siège de gouverneur en Virginie, dans le New Jersey,
08:38avec des candidats un peu plus centristes que ne l'est Zoran Mamdani,
08:42un peu plus à gauche, qualifiés même de communistes par Donald Trump.
08:47Il y a cette ligne un peu de fracture dans le Parti démocrate.
08:50Ça a toujours existé.
08:52Plutôt, vers quelle ligne faut-il tendre, selon vous ?
08:55Alors, je parie que si vous demandiez à Donald Trump de décrire,
09:00de définir ce que c'est qu'un communiste, il ne pourra pas vous le dire.
09:03Évidemment, Mamdani, qui se décrit comme un démocrate socialiste,
09:07un peu comme Bernie Sanders, ça ne montre pas une fissure dans le Parti.
09:12Ça montre que la Parti est très ouverte d'une panoplie
09:16de très à gauche vers les gauches centristes,
09:20comme les deux femmes qui ont été élues gouverneures hier aussi.
09:22On a toujours eu une partie comme ça et ça dépend des endroits.
09:30Je veux dire, en New York, très progressiste,
09:32c'est normal qu'on ait un candidat plus à gauche que dans les autres endroits.
09:36Mais regardez, dans la Pennsylvanie, par exemple,
09:39il y avait trois juges qu'on voulait maintenir en place,
09:42parce que les juges sont élus dans certains États aux États-Unis.
09:46Les Républicains ont dépensé un fric incroyable pour essayer de les faire chuter.
09:51Et en fait, les trois ont été réélus, mais par des marges considérables.
09:56Donc, partout dans le pays, c'est un rejet de la politique de Donald Trump.
10:03Et les démocrates l'emportent en parlant plus du pouvoir d'achat,
10:10qui est vraiment le problème numéro un aux États-Unis actuellement.
10:15Avec la politique des droits à douane, les prix ont flambé.
10:19Alors, il y avait ce sondage tout de même du Wall Street Journal en juillet dernier,
10:24disant que les démocrates sont perçus négativement par 63% des électeurs.
10:30C'est un chiffre qui paraît quand même très élevé.
10:34Comment reconquérir justement les électeurs qui sont passés dans le camp de Donald Trump ?
10:40On sait que c'était le cas il y a un an maintenant.
10:43Alors, d'abord, les sondages, ça vaut ce que ça vaut.
10:47Il y en a un qui est sorti hier qui disait que 65% des électeurs étaient enthousiastes
10:53pour voter pour des candidats démocrates.
10:56Donc, ça dit complètement le contraire de ce que vous avez vu cet été.
11:00Mais c'est vrai que le parti est en transition.
11:02Il y a eu une grosse frustration après la défaite de Kamala Harris en se disant
11:06« Mais qu'est-ce qu'on peut faire ? On est dans les minorités partout.
11:09On n'a pas de pouvoir législatif. »
11:11Et on a vu certains gouverneurs comme Pritzker dans l'Illinois,
11:15comme nous sommes en Californie, comme Westmore dans le Maryland
11:18et un peu partout dans le pays, se soulever pour dire
11:21« Moi, je dis stop à cette politique-là. »
11:24Et c'est évident que parmi tous ces gens qui ont voté hier,
11:28et on a eu, par exemple, un turnout, donc une participation à New York
11:35la plus élevée depuis 40 ans.
11:37Il y a 2 millions de personnes qui sont déplacées.
11:40Donc, forcément, il y avait des gens qui avaient voté pour Donald Trump
11:44qui ont voté hier pour des démocrates.
11:47Parce que pour que les gouverneurs soient élus par une marge de 15 points
11:52et de 13 points, et la proposition pour la nouvelle découpe
11:58des circonscriptions en Californie, plus 28 points,
12:02je suis désolée, mais par rapport à ce que Donald Trump réclame
12:07comme une raz-de-marée, je vous rappelle qu'il a gagné par 1,5 point.
12:12Et donc, un an après cette victoire de Donald Trump
12:16et donc l'échec de Kamala Harris, justement, que diriez-vous ?
12:21C'est cette campagne un peu courte de Kamala Harris qui avait pris la suite
12:25de Joe Biden, un peu au dernier moment quasiment,
12:29qui a fait défaut au Parti démocrate,
12:31ou c'est le charisme, l'aura de Donald Trump,
12:36ses propos qui ont emporté l'adhésion populaire ?
12:40Non, je pense que Donald Trump a dit ce qu'il allait faire.
12:47Il allait faire baisser les prix, par exemple.
12:49Il a menti, et beaucoup de gens l'ont cru.
12:52Et beaucoup de gens, aujourd'hui, le regrettent.
12:54Je l'ai vu dans les interviews à la sortie des urnes hier,
12:58des gens qui avaient voté pour Donald Trump et qui, maintenant,
13:00sont morts les doigts, surtout parmi la population latino.
13:04Parce qu'évidemment, ce qui se passe actuellement
13:07avec la police secrète de l'immigration,
13:12j'appelle comme ça, parce qu'ils arrivent dans des voitures sans plaques,
13:15ils sont dans des vestes noires, ils sont masqués,
13:17ils n'ont pas de badge, on ne sait pas qui c'est.
13:21Les latinos, aujourd'hui, reviennent massivement vers les démocrates,
13:26tout comme les femmes et tout comme les jeunes,
13:28qui ont été très importants dans les résultats d'hier.
13:31Merci beaucoup, Amy Porter, d'avoir été avec nous sur BFM2.
13:36Je rappelle que vous êtes porte-parole de Démocrate Abroad en France.
13:41Merci d'avoir réagi et d'être revenu sur ces un an,
13:45après l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche.
13:50Merci de nous avoir suivis sur BFM2.
13:51Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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