00:00On va parler avec vous et merci d'être avec nous sur ce plateau, on va parler du cancer du poumon
00:04parce que vous étiez venu d'ailleurs sur notre plateau, on en parlait il y a quelques temps,
00:08vous étiez en plein combat contre ce cancer. Aujourd'hui déjà vous pouvez nous dire que vous êtes en rémission.
00:12Je suis en rémission, je vais bien, je vous remercie et je suis porteur donc du coup d'un message d'espoir.
00:19Vous avez été opéré c'est ça ?
00:20J'ai été d'abord soigné, d'abord traité et ensuite opéré en janvier dernier.
00:24On m'a enlevé un morceau de poumon mais tout va bien, je me porte très bien, je fais du sport
00:29et effectivement l'idée de communiquer c'est de véhiculer ce message positif
00:36sur le fait qu'on soigne de mieux en mieux le cancer du poumon.
00:40Alors vous savez que le mois de novembre c'est novembre perle, c'est le mois du cancer du poumon
00:44puisque de plus en plus il faut des mois et des jours pour tout, profitons-en.
00:47Et que effectivement je suis nouvellement ambassadeur de ce programme Impulsion
00:55qui est un programme pilote de dépistage précoce du cancer du poumon.
01:00Dont vous, vous n'avez pas bénéficié.
01:01Dont je n'ai pas bénéficié.
01:02Justement c'est là où c'est intéressant, c'est de mêler votre histoire à votre combat.
01:05C'est-à-dire que vous, vous n'avez pas bénéficié de ça et on a même eu beaucoup de mal
01:09en fait à comprendre que c'est un cancer du poumon.
01:12Comme très souvent parce que le cancer du poumon, comme beaucoup de cancers,
01:15est un cancer silencieux qui se manifeste par des symptômes souvent rares ou assez imperceptibles.
01:21– C'est quoi ? C'est des essoufflements ?
01:23– Pardon, en l'occurrence c'était chez moi, je toussais.
01:26C'était une toux mais après un petit Covid donc voilà.
01:28Et on a mis, comme le rappelait Jean-Marc, neuf mois pour reposer un diagnostic
01:32et notamment parce qu'on a commis l'erreur, je n'ai créé une personne évidemment
01:37et surtout pas le généraliste qui s'est occupé de moi
01:39mais comme beaucoup de généralistes, on m'a prescrit une radio,
01:44je dirais un mi-parcours après avoir essayé d'évacuer un certain nombre d'autres pistes,
01:47allergie, Covid long et j'en passe, on m'a prescrit enfin une radio au bout de 4-5 mois
01:54et la radio n'a rien montré alors que 3 mois plus tard,
01:57quand enfin on m'a fait passer un scanner, il y avait une tumeur de 4 cm au début de stade 3.
02:05Alors pourquoi effectivement, mon histoire elle est symbolique de ce qu'il ne faut pas faire
02:10ou de ce qu'il faudrait encourager à ne pas faire en tout cas, c'est-à-dire ne pas utiliser des outils
02:16qui sont inopérants et inefficaces comme la radio aujourd'hui pour ce dépistage-là.
02:22Il faut aller tout de suite.
02:22Ça c'est presque les médecins en fait qu'il faut former.
02:24Oui, c'est un médecin.
02:25C'est votre médecin qui vous dit de faire une radio alors qu'on ne peut pas dépister ce que vous avez,
02:30on peut grâce à un scanner ou une IRM, à ce moment-là c'est presque le médecin aussi qu'il faut former.
02:34C'est les médecins, c'est les pneumologues, c'est les généralistes, mais c'est aussi les patients qui sont en position de demander ce scanner.
02:41Alors ces scanners, pas IRM, c'est le scanner pulmonaire qu'il faut demander, un scanner thoracique,
02:46un scanner qu'on appelle à faible dose, c'est-à-dire qui ne présente, et c'est important de le souligner,
02:51aucun danger pour le patient, même en étant répété, parce que l'idée de ce programme de dépistage précoce,
02:57c'est d'être généralisé, pour l'instant c'est un programme pilote,
02:59et c'est d'être généralisé le plus vite possible à toute la France et à tous les Français qui sont en situation de risque,
03:06c'est-à-dire pour l'instant des populations de plus de 50 ans fumeurs ou ayant fumé ou souviens du tabagisme passif.
03:12On peut élargir après, mais là ça fait déjà 4 millions de personnes qui sont concernées, c'est pas rien,
03:18et donc leur proposer de faire annuellement un scanner pour dépister les risques de cancer,
03:26et les dépister le plus tôt possible.
03:27– Oui mais les scanners, là vous parlez d'une chose, le nombre de rendez-vous quand on sait que l'hôpital manque de matériel…
03:32– L'intérêt justement de ce programme, c'est de multiplier…
03:35– C'est le pont marchaud aujourd'hui, Bruno Promar a pris la main, allez-y, allez-y, vous nous faites comme chez vous.
03:42– Non mais c'est une bonne question, parce qu'on sait qu'on manque de scanners,
03:47mais l'idée de ce programme c'est justement de favoriser au maximum l'accès des populations à risque à ces scanners à faible dose,
03:54il y a par exemple en région Rhône-Alpes aujourd'hui, depuis le mois de septembre,
03:58un scanner qui se mobile, qui se promène dans la région, de ville en ville, de village en village,
04:05pour permettre à des patients de subir ce dépistage.
04:09C'est sans risque aucun, il faut savoir quand même que le cancer du poumon tue aujourd'hui encore en France
04:14plus de 30 000 personnes par an, c'est la première cause de mortalité par cancer,
04:18chez les hommes, la seconde chez les femmes, il faut savoir qu'il y a,
04:22même si le taux de tabagisme est en baisse de plus en plus de femmes qui fument,
04:27et que les cancers du poumon c'est 80% quand même de cancers du fumeur.
04:31– Qu'est-ce que vous pouvez dire aux gens, parce qu'il y a ça aussi, il ne faut pas le nier,
04:34il y a la peur, la peur de savoir, il y a des gens qui disent,
04:37moi je ne veux pas le faire parce que j'ai peur, j'ai peur de savoir, ça existe ?
04:43– Je dis que c'est un réflexe tout à fait légitime et qu'il ne faut surtout pas culpabiliser,
04:49mais c'est un réflexe dont il faut se départir et qu'il faut combattre absolument,
04:53parce que plus tôt vous savez, plus vous avez de chances d'être en vie,
04:59c'est-à-dire que quand un cancer du poumon, l'espérance de vie à 5 ans,
05:03si on vous le détecte quand il est en stade 1, c'est-à-dire vraiment au tout démarrage,
05:07ou stade 2, elle est de 50%, l'espérance de vie à 5 ans,
05:11si on le détecte comme moi en début de stade 3, elle n'est plus que de 25%,
05:15et en stade 4, ça diminue encore de moitié.
05:18Donc ne pas savoir, c'est tout sauf la solution, avoir peur, la peur n'évite pas le danger,
05:24et donc il vaut mieux savoir plus tôt possible.
05:25– Vous avez eu peur vous quand même ?
05:27– Alors moi, étrangement, j'avais peur avant de savoir,
05:31j'avais peur qu'on me dise un jour tu as un cancer,
05:33et étrangement le jour où j'ai su, j'ai été empli d'une sorte à la fois de mélange de sérénité,
05:40enfin on va appeler ça un fatalisme positif,
05:43je me suis dit, il arrivera ce qui doit arriver,
05:45mais en tout cas je vais faire tout pour que ce soit la meilleure chose possible qui advienne,
05:49et surtout de confiance quand même dans les médecins,
05:52dans l'évolution des protocoles, dans le chirurgien qui m'a opéré ensuite.
05:57– Mais vous dites quand même que ça vous a changé ?
05:59– Oui.
05:59– Vous dites que ça vous a changé dans votre façon de voir la vie,
06:02dans votre façon de voir les choses ?
06:03– Tout à fait, ça a changé un certain nombre,
06:05ça a relativisé un certain nombre de priorités,
06:08ça m'a donné, s'il en était besoin,
06:10un appétit encore plus important de la vie et de chaque journée,
06:15sans tomber dans des platitudes du style carpe diem,
06:18mais quand même d'essayer de savourer chaque minute et chaque seconde.
06:22– Oui, ça change d'être malade, ça change aussi de sortir pour l'instant gagnant de ce combat,
06:29on se sent, vous savez, c'est un peu comme j'ai fait ça une fois dans une émission
06:32avec Laurent Fontaine, marcher sur des flammes,
06:34on se sent une sorte de dépassement de soi, voilà.
06:39Mais merci surtout à la recherche,
06:42et c'est un appel aussi à soutenir cette recherche,
06:45que ce soit pour le cancer ou pour d'autres,
06:47vous savez que je suis mobilisé aussi sur la maladie,
06:49la recherche sur la maladie de Charcot, qui est un engagement très important pour moi,
06:52mais voilà, il faut soutenir la recherche,
06:54parce que c'est grâce au financement public, évidemment,
06:58mais aussi privé que la recherche avance,
07:00et la recherche sur le cancer a fait des progrès extraordinaires ces dernières années,
07:04bravo, bravo à nos chercheurs, bravo à nos médecins,
07:07bravo à nos structures hospitalières, publiques ou privées,
07:10donc il faut avoir confiance dans cette médecine,
07:12mais il faut aussi l'aider.
07:14– Ça veut dire que vous arrivez quand même,
07:16parce que vous dites pour l'instant ça va,
07:18parce que vous êtes en rémission, c'est comme ça qu'on dit pour le cancer,
07:21mais ça veut dire qu'il n'y a pas des moments de doute,
07:24des moments de déprimé ?
07:25– Aucun, non.
07:25– Jamais ?
07:26– Non, sincèrement, mais je ne me prenais pas pour quelqu'un de très courageux
07:30ou d'exemplaire du tout,
07:33non, j'ai décidé quelque part que ça allait aller,
07:37et puis je suis très surveillé,
07:39j'ai un contrôle justement à scanner tous les quatre mois,
07:42et s'il y a quoi que ce soit, on me le dépistera à nouveau très vite.
07:48– Et vous vous sentez prêt, par exemple,
07:50à ce qu'un jour on vous dise c'est revenu ?
07:52– Oui, je ne vais pas vous dire que j'en ai envie.
07:54– Non, non, c'est pour ça que j'ai dit prêt,
07:55vous vous sentez prêt dans votre tête à se dire, bon, allez…
07:58– Je suis prêt, je suis prêt, mais j'espère que ça ne se produira évidemment pas.
08:05Mais en tout cas, c'est pas une…
08:06Vous savez, récemment, je soutenais une amie qui a un cancer assez sérieux
08:12et qui allait bien à cette période-là,
08:16elle allait bien, mais elle angoissait parce qu'elle avait un scanner dans trois mois.
08:19Et je lui ai dit, mais tu es en train de te gâcher les trois mois,
08:21tu ne sais pas ce que ça va donner ce scanner.
08:23– L'espoir, l'espoir et l'avis.
08:24– Ne te gâche pas ces trois mois.
08:25– Merci beaucoup.
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