00:00C'est la chance ce matin de recevoir David Hallyday.
00:03Au-delà de nos différences, des coups de cas, des coups de sang,
00:13à force d'échanger nos silences.
00:18Bonjour David, bonjour à tous, merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:22Toujours sur nos moments de flottement.
00:24Il en faut, il en faut.
00:25C'est vrai qu'on se permet quand même de chanter devant David Hallyday.
00:27Oui, c'est lamentable, c'est lamentable.
00:29Mais la voix de Johnny Mellet à la vôtre sur cette chanson mythique
00:32qui a 25 ans cette année, c'est très réussi.
00:36Vous l'aviez déjà faite sur scène de nombreuses fois ensemble
00:39et vous ne l'aviez jamais enregistrée en studio cette chanson ?
00:41Non, c'est la première fois qu'il y a un duo, on va dire, phonographique entre nous.
00:46C'est vrai qu'on a chanté plein de fois.
00:48Donc là, pour moi, on va dire qu'il y a un fort bagage émotionnel, forcément,
00:55dans cette nouvelle version.
00:56Comment vous avez fait pour l'enregistrement ?
00:58Du coup, ça s'est passé comment ?
00:59En fait, je l'avais enregistré déjà il y a un an parce qu'en fait,
01:04ma démarche de refaire tous ces titres, enfin, tous ces titres,
01:09non, une petite partie de ces titres et une grande partie des miens aussi,
01:15ça date d'il y a trois ans.
01:17Et je l'avais enregistré seule, cette chanson, en fait.
01:19Et quand j'ai décidé, je me suis dit, tiens, on l'a tellement faite ensemble
01:22et finalement, il y a un truc assez normal dans le fait que ce soit un duo.
01:27Donc, j'ai pris sa voix des masters de l'original et j'avais laissé ma voix,
01:32mais je trouvais que ça ne collait pas, en fait.
01:34Donc, je lui ai dit, non, il faut que je réinterprète ce titre, vraiment.
01:38Donc, vous l'êtes mis dans le casque, vous aviez Johnny dans l'oreille, c'est ça ?
01:41Et vous chantiez ?
01:42Oui, parce qu'on l'interprète, forcément, j'interprète.
01:45Maintenant, quand j'écoute les deux, ce n'est pas la même chose.
01:48Et sur ce titre-là, je l'ai fait comme ça.
01:51On va l'écouter en entier tout à l'heure et vous pourrez constater
01:53que ça a été entièrement aussi réorchestré, modernisé,
01:56avec un son plus électro-pop, d'ailleurs, qui est très réussi.
01:59Je trouve qu'il y a un petit côté un peu Kavinsky dans l'esprit.
02:02Je ne sais pas si vous êtes inspiré de Drive, mais on est un peu dans cet esprit-là.
02:06Pas vraiment, mais peut-être dans l'air rythmique, dans le son d'air rythmique un peu.
02:10Le côté Nikol, c'est très réussi.
02:12Et puis, alors, dans le clip, à l'époque, on vous voyait jouer au billard avec votre père.
02:17Dans celui que vous venez de dévoiler, là, vous jouez avec votre fils, Cameron.
02:21Vous êtes un père très différent, d'ailleurs, du père qui était Johnny.
02:26D'un certain côté, oui.
02:27Et puis, sûrement, j'ai dû choper des trucs, on va dire.
02:31On ressemble toujours aux deux de manière.
02:33Mais dans certains domaines, oui.
02:36On est une génération différente aussi.
02:38Donc, il y a forcément, on va dire, des traits générationnels qui dominent.
02:43Mais on se ressemble aussi dans d'autres domaines.
02:46Tu sais, dans la vie, on fait ce qu'on peut, on va dire.
02:49Exactement, c'est vrai.
02:51Et puis après...
02:51Est-ce que c'est vrai, d'ailleurs, que Johnny, au départ, il n'était pas fan de l'idée de chanter cette chanson ?
02:55Que ça le gênait un peu ?
02:56100%, en fait, la thématique, vous voyez, en fait, je lui avais expliqué d'une façon assez rapide.
03:01Je voudrais que tu chantes un petit peu tes absences, de dire qu'en fait, ce n'est pas grave.
03:05Et je trouvais que c'était important qu'il chante, parce qu'il se le reprochait, d'ailleurs, lui, souvent, d'ailleurs, dans ses moments un petit peu seul.
03:16Oui, de ne pas être assez présent à vos côtés.
03:18Oui, et puis il y a des choses qu'il regrettait, et d'autres choses, sans doute.
03:22Donc, au départ, il était un peu réticent, puis quand je lui expliquais un petit peu que c'était d'abord ma volonté qu'il le chante,
03:29mais je me suis inspiré dans la thématique du texte de Kipling, qui se termine, comme on le sait,
03:34« Un jour, tu deviendras un homme, mon fils, tu seras un homme, mon fils »,
03:38et je me suis inspiré de cette thématique-là, je dis, il faut que tu le chantes, parce que ça fait quand même partie de toi,
03:43et c'est quelque chose de fort chez toi.
03:45Donc, quand je lui ai bien expliqué, il m'a dit, ok, c'est bon.
03:47Et puis, parce que c'est un texte universel aussi, qui parle à tout le monde.
03:49Absolument, oui, bien sûr. Dans toutes les familles, évidemment, c'est un thème universel.
03:54Et c'est Johnny qui vous avait proposé de lui faire un album, à l'époque, quand vous habitiez encore aux Etats-Unis.
04:00Vous n'aviez pas trop compris, je crois, sa demande, parce qu'il avait le choix parmi de très nombreux compositeurs,
04:05et pourquoi il s'adressait à vous particulièrement ?
04:06Non, mais j'avais compris, j'avais compris sa demande, et moi, c'est vrai que je ne voulais pas être pris d'un...
04:14Je ne voulais pas faire un délit d'enthousiasme, on va dire.
04:18Je voulais que ce soit réfléchi, je me suis dit, oulala, moi, je ne savais pas si déjà je pouvais performer.
04:23Et puis, moi, j'étais retourné vivre aux Etats-Unis, puis j'étais dans mon groupe là-bas.
04:29J'avais un petit peu perdu la connexion avec la musique française à cette époque-là.
04:32Et je n'étais pas sûr de moi, en fait, je n'étais pas sûr de pouvoir faire quelque chose de bien pour lui.
04:39Donc, c'était un questionnement que j'avais.
04:42Et il m'a dit, ben non, écoutons, ça va nous permettre de passer un moment ensemble et tout.
04:48Je dis, c'est vrai, c'est clairement ça.
04:50Et cet album, au-delà du succès commercial de cet album, pour moi, c'est vraiment cette symbolique-là,
04:56que c'est ce qu'il me reste, en fait.
04:57C'est les six mois qu'on a passé ensemble à parler de tout, de rien, de musique, à lui proposer des trucs.
05:03Vous n'aviez jamais passé six mois ensemble comme ça, même petit, quoi ?
05:06Ben, je n'ai pas le souvenir de ça, en fait, parce qu'il partait beaucoup en tournée,
05:10que par la force des choses, c'était comme ça.
05:12Mais, ouais, ouais, c'était un moment génial, quoi.
05:16Et qui a été en plus couronné de succès, parce que l'arrivée de l'album 100%,
05:20ça s'est vendu à deux millions d'exemplaires.
05:22Je crois que c'est le plus grand succès commercial de Johnny Hallyday à ce jour.
05:26C'est quand même génial que ce soit reparti grâce à vous, quoi.
05:29Moi, je suis très fier de ça.
05:31Je sais qu'il l'était aussi.
05:32Et justement, c'est toujours dingue de partir d'une idée, en fait,
05:38d'arriver à concrétiser une idée,
05:40et de faire en sorte que tant de gens aient aimé cet album.
05:45C'est toujours quelque chose d'un peu magique, en fait,
05:47parce que rien n'est établi, quoi, dans cette vie.
05:50On ne sait pas, en fait, on ne sait pas vers quoi on va.
05:54Et donc, c'était vraiment une très belle surprise.
05:57Et ça reste encore des moments...
06:00Voilà, et quand je rechante toutes ces chansons, évidemment,
06:02il y a plein de choses qui me reviennent et qui sont fortes.
06:06Et ces chansons, on va les retrouver sur un album qui sortira le 21 juin,
06:09jour de la fête de la musique,
06:10qui mêlera 16 titres parmi vos chansons,
06:13et celle de votre père.
06:15Il s'appellera Requiem pour un fou.
06:17D'ailleurs, c'est le premier titre issu de votre père
06:20que vous avez repris pour cet album,
06:22Requiem pour un fou.
06:24Dans un instant, j'ai une très belle archive sonore,
06:27Europe 1, vous faire écouter.
06:28On est le 15 août 1966,
06:31au lendemain de votre naissance, David.
06:33A tout de suite sur Europe 1.
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