- il y a 3 jours
À mesure que Kim Ju-ae, la fille de Kim Jong-un, occupe une place de plus en plus centrale dans la propagande du régime nord-coréen, les débats et les spéculations autour de la succession du dictateur se multiplient. Alors que sa soeur, Kim Yo-jong, était déjà sous les projecteurs médiatiques depuis plusieurs années, assistons-nous à une véritable féminisation de la dynastie Kim dans un pays profondément patriarcal ? Ou bien Kim Jong-un prépare-t-il, dans le plus grand secret, l'un de ses fils - dont on ne sait rien - à lui succéder ?
Pour en parler, Jean-Pierre Gratien reçoit Anthony Dufour, journaliste, réalisateur et producteur, Marie-Orange Rivé, historienne de l'Asie orientale contemporaine, et Françoise Nicolas, Conseillère au Centre Asie de l'Ifri.
LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
Pour en parler, Jean-Pierre Gratien reçoit Anthony Dufour, journaliste, réalisateur et producteur, Marie-Orange Rivé, historienne de l'Asie orientale contemporaine, et Françoise Nicolas, Conseillère au Centre Asie de l'Ifri.
LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
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00:00:00Générique
00:00:00Bienvenue à tous, direction la Corée du Nord aujourd'hui pour ce débat doc avec le documentaire qui suit tout d'abord la princesse rouge réalisé par le journaliste Pierre Aski.
00:00:26Cette princesse, c'est Kim Yo Jong, la sœur du leader nord-coréen Kim Jong-un, car chez les Kim, vous allez le voir, depuis les années 50, la mainmise sur le pouvoir est devenue avant toute chose une affaire de famille.
00:00:39Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après sur ce plateau en compagnie de mes invités pour s'interroger sur l'avenir de cette fameuse dynastie des Kim, la seule au monde à diriger un pays communiste.
00:00:52Bon doc.
00:00:56C'est plus un genre de monarchie dirigée par les Kim qu'un véritable pays socialiste.
00:01:15Quand vous avez un pays comme la Corée du Nord décidé à se doter de l'arme nucléaire, vous pouvez négocier pour l'éternité, mais jamais vous n'obtiendrez qu'ils renoncent à leur armement.
00:01:28Les nord-coréens tentent de décrire Kim Yo Jong comme cette jeune femme intrépide, forte, audacieuse, parfois menaçante, parfois séductrice.
00:01:40Kim Yo Jong est la femme la plus puissante, pas seulement dans l'histoire contemporaine de la Corée du Nord, mais peut-être dans toute l'histoire coréenne.
00:01:48spun-t-à-la zwischen basque et de la Corée du Nord, plus de la Corée du Nord d'événageur, plus de la Corée du Nord, plus de la Corée du Nord.
00:02:32La camarade Kim Yo-jong, chef du comité central du parti des travailleurs de Corée, va prendre la parole.
00:02:55Chers camarades, je suis ici pour passer en revue les jours ardents de notre lutte contre la pandémie.
00:03:00Pendant les 91 derniers jours, de nombreux drames ont eu lieu sous mes yeux.
00:03:05La mémoire de ces événements provoque en moi une émotion indescriptible.
00:03:09En août 2022, Kim Yo-jong est à la tribune d'un meeting destiné à célébrer la victoire de la Corée du Nord contre un ennemi, le Covid-19, qui a fini par frapper le pays.
00:03:20Elle révèle que son frère a lui aussi été atteint par ce virus, qu'il en a été sévèrement malade avec une forte fièvre.
00:03:28Je n'oublie pas les moments où je n'ai pu être d'aucune aide pour le grand leader et où il se tenait seul, parfois désorienté et attristé.
00:03:39Pour protéger la précieuse vie du peuple, le grand maréchal convoquait chaque jour des réunions du politburo du comité central du parti.
00:03:47Et il présentait personnellement des solutions et des méthodes pour réaliser de 1 à 10, voire 100 et même 10 000 mesures.
00:03:57Il était sur les champs de bataille de la pandémie et menait la défense jour et nuit en mettant en place des mesures de quarantaine astucieuses.
00:04:05Le personnel médical et les cadres du parti qui l'écoutent se mettent à pleurer d'émotion.
00:04:13Pour la première fois, Kim Yo-jong s'affirme comme la deuxième personnalité du régime dans une mise en scène dramatique relayée par les organes de propagande coréens.
00:04:22En à peine une décennie, cette jeune femme s'est imposée en Corée du Nord, dans la recherche de la détente comme dans le culte de la tension.
00:04:33Son influence découle de la proximité avec son frère, le troisième dirigeant de ce régime dynastique,
00:04:39mais aussi de ses qualités propres, révélées dans un parcours sans faute depuis qu'elle est apparue au grand jour.
00:04:52C'est d'abord l'histoire d'une famille.
00:04:58Elle commence le 17 décembre 2011, lorsque le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-il, meurt d'un accident vasculaire à l'âge de 70 ans.
00:05:08Sa disparition déclenche des scènes de désespoir impressionnantes à la hauteur du culte de la personnalité dans le pays.
00:05:15Il laisse le pouvoir à l'un de ses fils, Kim Jong-un, à peine âgé de 28 ans et sans expérience politique.
00:05:24Kim Jong-un devient le troisième dirigeant d'une dynastie communiste sans équivalent dans le monde,
00:05:30fondée par son grand-père Kim Il-sung au début de la guerre froide.
00:05:35Mais on découvre aussi, derrière le nouveau leader, une jeune femme, elle aussi accablée par la tristesse.
00:05:41Une jeune femme que les Nord-Coréens et le monde ne connaissaient pas.
00:05:49Journaliste coréenne-américaine à l'agence Associated Press,
00:05:52Jin Lee était la seule correspondante occidentale présente à Pyongyang ces années-là.
00:06:01Jusque-là, j'avais vu Kim Jong-un en personne.
00:06:05Je n'avais jamais eu vent de son frère aîné ni de sa jeune sœur.
00:06:09Et nous n'avions vu aucun d'entre eux aux côtés de Kim Jong-il la dernière année de sa vie, lorsque j'étais à Pyongyang.
00:06:18J'ai suivi de nombreux événements avec la famille Kim, mais je n'avais jamais vu Kim Yo-jong.
00:06:25La jeune femme en larmes derrière le nouveau leader est une révélation.
00:06:32Leur père, Kim Jong-il, gardait le secret sur sa famille, en particulier sur ses cinq enfants issus de trois mères différentes.
00:06:40Dans cette société patriarcale, la succession du cher leader s'est jouée entre les frères.
00:06:48Personne, ce jour-là, ne peut imaginer que Kim Yo-jong, la sœur du nouveau numéro un, alors seulement âgée de 24 ans, va jouer un rôle croissant auprès de son frère.
00:07:00Elle était cachée dans l'ombre toutes ces années.
00:07:06Ce moment était vraiment intéressant, non seulement parce que nous avons découvert cette jeune femme, mais aussi parce qu'elle et son frère pleuraient.
00:07:16C'est à ce moment-là que vous réalisez que ce sont encore des enfants.
00:07:21Ils sont jeunes et ils n'ont pas encore forcément la maîtrise de leurs émotions.
00:07:24La jeune femme en pleurs prend progressivement ses marques auprès de son frère.
00:07:33Elle est présente en de nombreuses occasions publiques, sans que son rôle ne soit bien défini.
00:07:39Elle commence à occuper des fonctions au sein du parti, jusqu'à devenir, de fait, numéro deux du régime, potentiellement appelé à remplacer son frère en cas d'empêchement.
00:07:51C'est sans précédent dans ce régime.
00:07:54Chercheur aux Etats-Unis, Lee Seung-yoon est l'auteur de la seule biographie de Kim Yo-jong.
00:08:04Elle a un vrai pouvoir dans un état despotique dirigé par son frère.
00:08:10Le frère et la sœur ont visiblement de l'affection l'un pour l'autre et se font confiance.
00:08:15Je pense que Kim Yo-jong bénéficie de la confiance totale de Kim Jong-un.
00:08:19C'est remarquable, car dans la société et la culture patriarcale qu'est la Corée du Nord,
00:08:29on n'a jamais vu une femme aussi puissante.
00:08:33Une femme qui appartient à la famille royale.
00:08:36Comment ce régime communiste s'est-il transformé en dynastie, au point qu'on puisse parler, sans ironie, de famille royale ?
00:08:51Kim Il-sung, le fondateur de la dynastie, n'est pas arrivé au pouvoir du fait de son origine,
00:08:57mais dans les fourgons de l'armée rouge soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
00:09:02Il avait été un chef de guérilla dans la résistance anti-japonaise
00:09:06et s'imposa avec le soutien de Moscou face à d'autres prétendants au leadership communiste.
00:09:13Kim Il-sung fut confronté à la guerre de Corée, premier conflit de la guerre froide,
00:09:18impliquant les armées américaines et chinoises.
00:09:21La Corée du Nord parvient à conserver de bonnes relations avec les deux puissances communistes rivales,
00:09:29parfois en jouant l'une contre l'autre.
00:09:31Le cher leader coréen y trouve son compte.
00:09:35Kim Il-sung traça sa propre voie, avec un culte de la personnalité plus poussé encore
00:09:41que celui de Mao dans la Chine voisine.
00:09:45Très vite, son propre fils Kim Jong-il fut présent à ses côtés
00:09:49et s'imposa comme un successeur naturel,
00:09:52destiné à la fonction de numéro un dès son plus jeune âge.
00:09:56La famille, le sang royal, sont progressivement devenus des critères de pouvoir,
00:10:02aidés par une propagande sophistiquée.
00:10:06Une évidence qui s'est imposée à la mort de Kim Jong-il,
00:10:10alors qu'aucun de ses fils n'avait été associé aux affaires de l'État.
00:10:19Cheong Seu-yoon a été ministre de la réunification de deux présidents en Corée du Sud.
00:10:30Lorsque le pouvoir est passé de Kim Il-sung à Kim Jong-il,
00:10:34la justification était celle de la lignée du mont Pektu.
00:10:39Dans l'esprit des Nord-coréens, personne ne peut devenir le leader
00:10:42à moins d'être issu du sang du mont Pektu.
00:10:50Tout pouvoir dynastique a besoin d'un mythe fondateur.
00:10:53Kim Jong-il, le leader de la Corée du Nord.
00:10:56Celui des Kim l'a trouvé dans la tradition coréenne,
00:10:59dans le cadre somptueux du mont Pektu.
00:11:03Le mont Pektu, la montagne qui rime avec l'histoire de la Révolution coréenne,
00:11:07qui raconte l'histoire glorieuse du leadership de la Corée
00:11:10par Kim Il-sung, président de la République démocratique et populaire de la Corée,
00:11:14au fil des jours.
00:11:17La propagande du régime a fait le reste,
00:11:20mettant en scène le lien personnel de la famille Kim
00:11:22avec cette montagne sacrée.
00:11:24En montant sur le mont Pektu, la montagne révolutionnaire sacrée,
00:11:28Kim Il-sung a déclaré avec une grande émotion
00:11:30« Lorsque j'arpente le mont Pektu,
00:11:34je pense au camarade Kim Jong-il.
00:11:37Le mont Pektu est son lieu de naissance
00:11:39et le berceau où il a forgé son courage.
00:11:45Le mont Pektu est la montagne de Kim Jong-il
00:11:47et c'est aussi la montagne de Kim Il-sung. »
00:11:53« C'est le berceau de la civilisation coréenne.
00:11:56La dynastie Kim se l'est appropriée.
00:12:00Elle a pris le contrôle du symbole du mont Pektu
00:12:02qui lui permet de justifier son pouvoir despotique
00:12:05en diffusant le mensonge, le mythe,
00:12:09selon lequel la famille est sacrée,
00:12:11qu'ils sont les sauveurs du peuple coréen
00:12:14et ont pour mission de libérer la Corée du Sud
00:12:16que la Corée du Nord considère comme une colonie des États-Unis. »
00:12:28Pour la troisième génération,
00:12:30Kim Jong-un a lui aussi recours au mont Pektu.
00:12:33Il y ajoute une touche de modernité
00:12:36en chevauchant dans la neige avec sa femme à ses côtés.
00:12:41Mais il cultive surtout soigneusement
00:12:43sa ressemblance physique
00:12:44avec son grand-père Kim Il-sung,
00:12:47le fondateur de la dynastie.
00:12:49Il reproduit des scènes immortalisées sur des gravures
00:12:52connues de tous les Nord-Coréens.
00:12:58La propagande n'oublie pas l'inévitable pèlerinage
00:13:01dans la maison de bois
00:13:02dans laquelle son grand-père vivait
00:13:04pendant la période de résistance anti-japonaise,
00:13:07là où son propre père fut conçu,
00:13:09selon la légende.
00:13:14« Les Kims essayent de prolonger
00:13:19le principe d'hérédité de leur pouvoir.
00:13:21Et pour cela,
00:13:22ils se sont beaucoup appuyés sur leurs traditions.
00:13:26C'est sans limite.
00:13:28J'ai tellement de livres
00:13:29qui montrent des photos de Kim Il-sung
00:13:31quand il était plus jeune.
00:13:34Vous pouvez les comparer côte à côte
00:13:36avec des photos de Kim Jong-un aujourd'hui.
00:13:38et ils essayent exactement
00:13:41de reproduire des photos de Kim Il-sung
00:13:43que les Nord-Coréens connaissent.
00:13:50La mère de Kim Jong-un
00:13:51et de sa sœur Kim Yo-jong
00:13:53fut le grand amour,
00:13:55la compagne préférée de leur père Kim Jong-il.
00:14:00Ko Yong-hui, une ancienne danseuse,
00:14:03a fait elle aussi l'objet
00:14:05d'un véritable culte de la personnalité.
00:14:08La propagande ne parlait d'elle
00:14:13que comme la mère respectée
00:14:15qui est le sujet le plus fidèle
00:14:17et le plus loyal du cher leader
00:14:19commandant suprême.
00:14:23Ko Yong-hui eut trois enfants
00:14:24avec Kim Jong-il.
00:14:27L'aîné, Kim Yong-chol,
00:14:29n'a pas été jugé suffisamment fort
00:14:31pour succéder au père
00:14:32et c'est Kim Jong-un
00:14:33qui fut choisi.
00:14:34La complicité, la confiance
00:14:39entre Kim Jong-un et sa sœur
00:14:40remontent à leurs années
00:14:42de scolarité en Suisse,
00:14:43loin de leurs parents
00:14:44et de l'isolement
00:14:45du premier cercle du pouvoir.
00:14:50Chong Song-chong,
00:14:51spécialiste de la famille Kim,
00:14:53a été conseiller
00:14:54de l'ancien président sud-coréen
00:14:55Moon Jae-in.
00:14:56Kim Jong-un a vécu en Suisse
00:15:01pendant quatre ans
00:15:02de l'été 96
00:15:04au début de 2001.
00:15:06Il a donc une expérience
00:15:07directe du capitalisme
00:15:09et lorsqu'il était en Suisse,
00:15:13Kim Yo-jong
00:15:14était avec lui.
00:15:16Ils sont allés ensemble
00:15:17à Disneyland,
00:15:18ils ont voyagé en Europe.
00:15:20On peut donc dire
00:15:21que Kim Jong-un
00:15:22et Kim Yo-jong
00:15:23ont partagé
00:15:24de nombreuses expériences.
00:15:28C'est probablement ici,
00:15:30dans la capitale fédérale suisse,
00:15:32que cette complicité
00:15:33entre le frère et la sœur
00:15:34s'est développée.
00:15:37À Berne,
00:15:38la Corée du Nord
00:15:39a installé
00:15:39sa plus importante
00:15:40mission diplomatique
00:15:41en Europe,
00:15:43une ambassade
00:15:43cossue
00:15:44dans le quartier international,
00:15:46avec à sa tête
00:15:47l'un des proches
00:15:48confidents de Kim Jong-il.
00:15:50L'activité des Nord-Coréens
00:15:52intéresse évidemment
00:15:53les services
00:15:54de renseignements suisses
00:15:55qui observent
00:15:56tous leurs faits et gestes.
00:15:59Dans ce rapport,
00:16:00ils notent
00:16:00que l'ambassade
00:16:01a fait l'acquisition
00:16:02de plusieurs appartements
00:16:03dans ce quartier
00:16:04tranquille de Liebefeld.
00:16:08Ces appartements,
00:16:09les voici.
00:16:11Les services suisses
00:16:11affirment que vit ici
00:16:13toute une communauté
00:16:14nord-coréenne,
00:16:15des chauffeurs,
00:16:16une cuisinière
00:16:17et à la tête
00:16:18de ce personnel,
00:16:20une partie de la famille
00:16:21du dictateur nord-coréen.
00:16:22Pour les services secrets
00:16:25suisses,
00:16:26la Corée du Nord
00:16:27prépare une base arrière
00:16:28en cas de chute
00:16:29du régime.
00:16:33Pourtant,
00:16:34au milieu des années 90,
00:16:36on comprend que
00:16:37cette communauté
00:16:38de Liebefeld
00:16:38a une toute autre mission.
00:16:41Deux jeunes enfants
00:16:42arrivent de Pyongyang
00:16:43avec celles
00:16:44qui affirment
00:16:45être leur mère.
00:16:46Ils vont être inscrits
00:16:47quelque temps
00:16:48à l'école voisine.
00:16:49Willy Studer
00:16:58était à l'époque
00:16:58le directeur
00:16:59de l'école
00:17:00de Liebefeld.
00:17:06Il y avait
00:17:07deux enfants
00:17:07de Corée du Nord
00:17:08et l'un d'eux
00:17:09était une fille
00:17:10qui n'est pas restée
00:17:11longtemps non plus.
00:17:14Donc,
00:17:14c'est relativement difficile.
00:17:16Ils arrivent,
00:17:16ils repartent.
00:17:17Dans le cas du jeune homme,
00:17:20il n'est tout simplement
00:17:21plus venu à l'école
00:17:22après les vacances d'été.
00:17:25La même chose
00:17:26pour cette fille.
00:17:27Ce n'était pas
00:17:28notre rôle
00:17:28de chercher à savoir
00:17:30qui ils étaient
00:17:30pendant cette période.
00:17:36La famille Pak
00:17:37disparaîtra
00:17:37du jour au lendemain.
00:17:39Les enfants
00:17:40devenus ados
00:17:41retournent
00:17:41à Pyongyang.
00:17:43Peu de temps après,
00:17:44ceux qui leur servaient
00:17:45de parents
00:17:45demandent l'asile politique
00:17:47à l'ambassade américaine.
00:17:49Nous savons désormais
00:17:50qu'il s'agissait
00:17:50de l'oncle
00:17:51et de la tante
00:17:52de Kim Yo Jong
00:17:53et de Kim Jong-un.
00:17:55Ils sont aujourd'hui
00:17:55réfugiés
00:17:56dans la région
00:17:57de Washington.
00:17:59Dans cette famille
00:18:00Kim si complexe,
00:18:02il n'y a pas
00:18:03que les trois enfants,
00:18:04deux garçons
00:18:04et une fille,
00:18:06de Koyong Khoi
00:18:07la préférée.
00:18:08Il y a aussi
00:18:09un demi-frère aîné,
00:18:10Kim Jong-nam,
00:18:11écarté de la succession.
00:18:12Kim Jong-nam part vivre
00:18:15à l'étranger
00:18:16où il prend ses distances
00:18:18avec le système dynastique
00:18:19de la famille.
00:18:20Il devient gênant.
00:18:26Le 13 février 2017,
00:18:28Kim Jong-nam est à l'aéroport
00:18:30de Kuala Lumpur
00:18:31en Malaisie
00:18:31quand,
00:18:32filmé par des caméras
00:18:34de surveillance,
00:18:35deux jeunes femmes
00:18:36se précipitent sur lui.
00:18:37Elles lui recouvrent
00:18:38le visage d'un tissu
00:18:39imprégné de produits chimiques
00:18:40qui forment un poison mortel.
00:18:43Kim Jong-nam succombera
00:18:44quelques minutes plus tard.
00:18:46Arrêtées,
00:18:47les deux femmes diront
00:18:48qu'elles ont été payées
00:18:49en pensant participer
00:18:50à un jeu télévisé.
00:18:52La responsabilité directe
00:18:53du régime nord-coréen
00:18:54n'a jamais été prouvée,
00:18:56mais fait peu de doutes.
00:18:59Une des grandes sources
00:19:01du pouvoir
00:19:02ou instrument d'oppression
00:19:03du système politique
00:19:04nord-coréen
00:19:05est de terroriser les gens.
00:19:07Pas seulement les gens ordinaires,
00:19:09mais aussi les membres du parti.
00:19:12Ce n'était pas la première preuve
00:19:14d'autorité impitoyable.
00:19:16Johnson Tech,
00:19:17l'oncle tout-puissant,
00:19:19le beau-frère de Kim Jong-il,
00:19:21l'homme qui servit de mentor
00:19:22au jeune Kim Jong-un
00:19:24à ses débuts au pouvoir,
00:19:25est arrêté
00:19:27et aussitôt exécuté
00:19:28le 12 décembre 2013.
00:19:31Il est accusé de fréquenter
00:19:32des restaurants chers,
00:19:33d'avoir des maîtresses.
00:19:34Il ne s'agit pas seulement
00:19:41d'une étrange dynastie médiévale
00:19:43dirigée par Kim Jong-un.
00:19:45Il a sa sœur à ses côtés
00:19:48comme si elle était
00:19:49la co-dirigeante de la bande.
00:19:54En faisant ainsi
00:19:56le vide autour d'eux,
00:19:57Kim Jong-un et sa jeune sœur
00:19:59se retrouvent
00:19:59solidement installés
00:20:01au sommet de l'État
00:20:02et du parti,
00:20:03avec comme garantie
00:20:04le lien de confiance
00:20:05entre le frère
00:20:06et la sœur.
00:20:11Conseiller de plusieurs
00:20:12présidents sud-coréens,
00:20:13Moon Chun-in
00:20:14a participé
00:20:15à toutes les phases
00:20:16de dialogue intercoréenne.
00:20:17Kim Jong-un a du mal
00:20:25à tout superviser.
00:20:27Il a donc segmenté
00:20:28les tâches
00:20:28et il a donné
00:20:29la plus importante,
00:20:30celle qui lui semblait
00:20:31la plus appropriée,
00:20:32à Kim Yo-jong.
00:20:37Donc il est plus juste
00:20:38de dire que Kim Yo-jong
00:20:40n'a pas aujourd'hui
00:20:41un rôle de dictateur,
00:20:42mais de soutien
00:20:43au dictateur.
00:20:43C'est aux Jeux olympiques
00:20:53d'hiver de Pyeongchang
00:20:55en Corée du Sud
00:20:56en février 2018
00:20:57que Kim Yo-jong
00:20:59a fait son entrée
00:20:59sur la scène mondiale.
00:21:01Mesdames et messieurs,
00:21:02merci d'accueillir
00:21:03le président
00:21:04de la République de Corée,
00:21:06Moon Jae-in.
00:21:07L'occasion est exceptionnelle.
00:21:09Pour ces JO
00:21:09sur le sol coréen,
00:21:11les deux États
00:21:12que tout oppose
00:21:13ont décidé
00:21:14de faire équipe commune.
00:21:16C'est un moment important
00:21:17dans l'histoire olympique
00:21:18alors que les athlètes
00:21:19de Corée du Nord
00:21:20et du Sud
00:21:20sont réunis
00:21:21dans une seule équipe
00:21:22derrière le drapeau
00:21:23de la péninsule coréenne.
00:21:27La délégation nord-coréenne
00:21:28est conduite
00:21:29par un vétéran
00:21:30du régime,
00:21:31Kim Yong-nam,
00:21:32mais la vraie sensation
00:21:33est la présence
00:21:34de Kim Yo-jong.
00:21:38C'est la première fois
00:21:39qu'un membre
00:21:40de la famille au pouvoir
00:21:41met les pieds au sud
00:21:42depuis la séparation
00:21:43en 1945
00:21:44et la jeune sœur
00:21:46du leader
00:21:47fait l'objet
00:21:47de toutes les attentions.
00:21:53À la tribune
00:21:54de la cérémonie d'ouverture,
00:21:55elle est placée
00:21:56juste derrière Mike Pence,
00:21:58le vice-président américain.
00:22:00Mais lorsque les athlètes américains
00:22:01passent devant la tribune,
00:22:03la délégation nord-coréenne
00:22:05reste glaciale.
00:22:10Mike Pence
00:22:15précisera plus tard
00:22:16qu'il avait bien pris soin
00:22:18de ne surtout pas croiser
00:22:20le regard de la jeune femme
00:22:21représentante d'un pays
00:22:22avec lequel les États-Unis
00:22:24sont toujours
00:22:24techniquement en guerre.
00:22:29John Bolton,
00:22:31alors conseiller national
00:22:32à la sécurité
00:22:33de la Maison-Blanche,
00:22:34approuve le geste
00:22:35de Mike Pence.
00:22:36Je pense que le vice-président Pence
00:22:41a eu raison
00:22:41d'éviter tout contact.
00:22:43Je pense que ça n'aurait
00:22:44servi à rien.
00:22:47C'est un régime autoritaire
00:22:48qui dirige une prison
00:22:50de 25 millions de personnes
00:22:51en Corée du Nord.
00:22:54Donc je pense que le vice-président
00:22:56était plutôt dans le vrai ici
00:22:58et qu'il y avait
00:23:00une véritable différence
00:23:01entre sa vision des choses
00:23:03et celle du président Trump.
00:23:06Pour John Bolton,
00:23:10c'est le président sud-coréen
00:23:12Moon Jae-in
00:23:13qui a tout manigancé.
00:23:15Il voulait sa détente
00:23:16avec le Nord
00:23:17et a tenté de forcer
00:23:18la main des Américains
00:23:19en organisant cette mise en scène
00:23:21à la tribune des JO.
00:23:23En vain,
00:23:23en tout cas pour quelques mois encore.
00:23:28Le président Moon Jae-in
00:23:30voulait provoquer
00:23:30des discussions
00:23:31entre les États-Unis
00:23:33et la Corée du Nord
00:23:34sur le programme nucléaire.
00:23:36Il était un authentique tenant
00:23:37de la Sunshine Policy,
00:23:39la politique d'ouverture
00:23:41avec le Nord.
00:23:43Et beaucoup de gens spéculaient
00:23:44sur le rôle exact
00:23:45de la sœur.
00:23:46À ce moment-là,
00:23:47nous n'en savions rien.
00:23:51Je pense que c'est une interprétation
00:23:53ridicule des événements.
00:23:56Notre administration
00:23:57était cohérente
00:23:58avec son plan en faveur
00:23:59de meilleures relations diplomatiques.
00:24:01et nous voulions
00:24:04que ces Jeux olympiques
00:24:05soient un succès.
00:24:08Si les tensions
00:24:09avaient augmenté
00:24:10pendant les JO,
00:24:11ça aurait été considéré
00:24:12comme un échec.
00:24:15C'est pour cette raison
00:24:15que le président Moon
00:24:17a proposé
00:24:17ce que nous avons appelé
00:24:18la paix olympique.
00:24:20Mais la visite
00:24:27de Kim Yo-jong
00:24:28ne se limite pas
00:24:29à l'ouverture des JO.
00:24:30Elle est aussi
00:24:31très politique.
00:24:33Dès son arrivée
00:24:34à Incheon,
00:24:34l'aéroport de Séoul,
00:24:36la venue
00:24:36de la sœur
00:24:37du dictateur nord-coréen
00:24:38électrise
00:24:40la Corée du Sud.
00:24:40Lorsque la Corée du Sud
00:24:44a annoncé
00:24:44que c'était
00:24:45la sœur
00:24:45de Kim Jong-un
00:24:46qui allait se rendre
00:24:47en Corée du Sud
00:24:48avec seulement
00:24:4948 heures
00:24:50de préavis,
00:24:52il y a eu
00:24:52une vague d'excitation
00:24:53en Corée du Sud.
00:24:56Waouh !
00:24:57La princesse arrive.
00:24:58La jeune sœur
00:24:59de Kim Jong-un,
00:25:00la petite sœur
00:25:01rend visite
00:25:01à la Corée du Sud.
00:25:03Ça doit être sérieux.
00:25:04Kim Jong-un
00:25:05doit être sérieux
00:25:06sur ses intentions
00:25:07de paix,
00:25:07de réconciliation,
00:25:09de dénucléarisation.
00:25:11Enfin,
00:25:12la paix se rapproche.
00:25:16Les Nord-Coréens
00:25:17sont accueillis
00:25:18avec tous les honneurs
00:25:19par le ministre
00:25:20sud-coréen
00:25:21de la réunification.
00:25:25C'est Kim Jong-nam,
00:25:26le vieux dirigeant,
00:25:27qui conduit officiellement
00:25:28la délégation nord-coréenne,
00:25:30mais Kim Yo-jung
00:25:31impressionne
00:25:31par sa seule présence.
00:25:36Kim Yo-jung
00:25:37est donc venue
00:25:39et elle a gardé
00:25:40la tête haute
00:25:41à l'aéroport
00:25:42en Corée du Sud.
00:25:44Elle savait
00:25:45qu'il y avait
00:25:46des caméras partout,
00:25:48que les journalistes
00:25:48la filmaient,
00:25:50suivaient
00:25:50ses moindres mouvements.
00:25:52Elle souriait
00:25:53d'une manière,
00:25:54je dirais,
00:25:54discrètement hautaine.
00:25:56Elle a gardé
00:25:57la tête droite.
00:26:01Lorsqu'elle a pénétré
00:26:02dans le salon VIP,
00:26:03elle a regardé
00:26:06deux ou trois endroits.
00:26:10Comme ça.
00:26:12Elle n'a pas
00:26:12tourné sa tête.
00:26:13Elle n'a pas eu
00:26:14l'air excitée.
00:26:15Elle s'est comportée
00:26:16comme quelqu'un
00:26:17de responsable.
00:26:19Tout ça vient
00:26:19de sa formation.
00:26:20moment véritablement
00:26:28historique
00:26:29lorsque la descendante
00:26:30de la famille Kim
00:26:31arrive à la Maison Bleue,
00:26:33la présidence sud-coréenne
00:26:34à Séoul.
00:26:37L'instant exceptionnel
00:26:39est suivi
00:26:39en direct
00:26:40par tous les Sud-Coréens.
00:26:42La délégation
00:26:48nord-coréenne
00:26:49est accueillie
00:26:50chaleureusement
00:26:50par le président
00:26:51Moon Jae-in
00:26:52qui veut relancer
00:26:53la détente
00:26:54avec les frères ennemis
00:26:55du Nord.
00:26:58L'image
00:26:59de ces retrouvailles
00:27:00est encore plus forte
00:27:02lorsque Nord
00:27:03et Sud-Coréens
00:27:04se retrouvent ensuite
00:27:05pour encourager
00:27:06leur équipe commune,
00:27:07tout un symbole,
00:27:09lors d'un match
00:27:09de hockey sur glace
00:27:10contre la Suisse.
00:27:12Tout est fait
00:27:13pour donner l'impression
00:27:13d'une fraternisation
00:27:15assurément prématurée
00:27:17mais de part et d'autre
00:27:18on joue le jeu.
00:27:24Je pense que
00:27:25l'une des raisons
00:27:26pour lesquelles
00:27:27Kim Jong-un
00:27:28a envoyé sa jeune sœur
00:27:29Kim Yo-jong
00:27:30à Séoul
00:27:31c'est parce qu'il voulait
00:27:33qu'elle lui dise
00:27:34à quoi ressemblait
00:27:35la Corée du Sud.
00:27:38Il serait difficile
00:27:39à des officiels
00:27:40nord-coréens
00:27:41de venir
00:27:42en Corée du Sud
00:27:42et de dire ensuite
00:27:44à Kim Jong-un
00:27:46ce qu'ils ont
00:27:46vraiment vu
00:27:47et ressenti.
00:27:52S'ils viennent
00:27:53en Corée du Sud
00:27:54et voient quelque chose
00:27:55de bien
00:27:55et qu'ils le rapportent
00:27:56à Kim Jong-un
00:27:57ça pourrait être
00:27:58interprété
00:27:59comme de l'admiration
00:28:00ou de l'envie
00:28:01pour ce qui se fait
00:28:02en Corée du Sud.
00:28:03Mais Kim Jong-un
00:28:08voulait voir
00:28:09et comprendre
00:28:09la Corée du Sud
00:28:10comme elle est
00:28:11et il a envoyé
00:28:12sa jeune sœur
00:28:13qui peut lui parler
00:28:14librement de tout.
00:28:23La presse sud-coréenne
00:28:24traite la visite
00:28:25de Kim Yo-jong
00:28:26comme celle
00:28:27d'une rock star.
00:28:28Elle ne tarie pas
00:28:31d'éloge
00:28:31sur la jeune femme
00:28:32dont tous les gestes
00:28:33ont été scrutés
00:28:34et qui ne commet
00:28:36aucun faux pas.
00:28:38Les dirigeants sud-coréens
00:28:39eux tentent
00:28:40d'évaluer
00:28:41la personnalité
00:28:42de cet émissaire
00:28:42de Pyongyang
00:28:43dont ils comprennent
00:28:44qu'elle va jouer
00:28:45un rôle croissant.
00:28:46À ce moment-là,
00:28:55j'ai pu observer
00:28:56Kim Yo-jong
00:28:57de près.
00:28:59Elle était très calme.
00:29:02Elle avait peur
00:29:02de faire
00:29:03la moindre faute.
00:29:05Bien qu'elle soigne
00:29:06ses paroles,
00:29:07j'ai eu le sentiment
00:29:08qu'elle avait
00:29:08beaucoup d'autorité
00:29:09pour son âge
00:29:10parce qu'elle a grandi
00:29:12en étant respectée
00:29:14comme quelqu'un
00:29:15de haut placé.
00:29:16Je n'ai pas pu
00:29:21aller au-delà
00:29:21des apparences.
00:29:23Elle a essayé
00:29:24de cacher
00:29:25sa personnalité
00:29:26autant que possible
00:29:27comme si elle voulait
00:29:30être perçue
00:29:31comme quelqu'un
00:29:32de mystérieux.
00:29:37L'opération
00:29:38de séduction
00:29:38marche à fond.
00:29:40La moindre émission
00:29:41de télévision
00:29:41sud-coréenne
00:29:42y va de son angle
00:29:43jusqu'à la comparaison
00:29:44entre les sacs à main
00:29:45de Yeon Song-wol,
00:29:47la chanteuse vedette
00:29:48de Corée du Nord
00:29:49que l'on a vu se produire
00:29:50devant le président
00:29:51sud-coréen
00:29:52et de la sœur
00:29:53du dictateur nord-coréen
00:29:54où l'on apprend
00:29:55que la chanteuse
00:29:56nord-coréenne
00:29:57a des sacs de marques
00:29:59à des prix
00:29:59exorbitants.
00:30:00exorbitants.
00:30:01Ça doit être du crocodile
00:30:02et ça coûte
00:30:03environ 18 000 euros.
00:30:05Et oui,
00:30:06un si petit sac,
00:30:0718 000 euros.
00:30:08Tandis que Kim Yo-jong,
00:30:09la sœur,
00:30:10plus politique,
00:30:11joue la sobriété.
00:30:13Si le nord
00:30:13avait voulu faire oublier
00:30:14qu'il menaçait le sud
00:30:16avec ses armes nucléaires,
00:30:18il ne s'y serait pas
00:30:19pris autrement.
00:30:24Li Chung-min
00:30:25est un spécialiste
00:30:26de la Corée du Nord
00:30:27et de l'Asie du Nord-Est
00:30:28à la Fondation Carnegie.
00:30:30La presse sud-coréenne
00:30:33à cette époque
00:30:34a été bluffée
00:30:36par son niveau
00:30:36de compétence,
00:30:38la manière
00:30:38dont elle parlait
00:30:39au président
00:30:39et aux autres officiels.
00:30:44Il y avait ce côté
00:30:45« Waouh !
00:30:46C'est la Madonna
00:30:46de la Corée du Nord ! »
00:30:49Kim Yo-jong
00:30:50est devenue
00:30:50une icône psychologique
00:30:51très importante
00:30:52du régime nord-coréen.
00:30:53Retour triomphal
00:30:59à Pyongyang.
00:31:02Mission accomplie
00:31:03pour la délégation
00:31:04partie au sud.
00:31:06Retour aux règles
00:31:07du protocole
00:31:07pour Kim Yo-jong.
00:31:11La jeune femme
00:31:12s'efface
00:31:12à la descente
00:31:13de l'avion.
00:31:16Elle ne fait
00:31:16que commencer
00:31:17son ascension.
00:31:18L'opération
00:31:19séduction
00:31:20menée en Corée du Sud
00:31:21l'inscrit néanmoins
00:31:22dans le premier cercle
00:31:23du pouvoir au nord.
00:31:31Cette détente
00:31:32est d'autant plus remarquable
00:31:33qu'elle fait suite
00:31:34à une période
00:31:35de fortes tensions
00:31:36autour du programme
00:31:37nucléaire
00:31:38et balistique
00:31:39de Pyongyang.
00:31:41Quelques mois
00:31:42avant cette percée
00:31:42diplomatique
00:31:43qui laisse augurer
00:31:44une priorité
00:31:45à l'économie
00:31:46en Corée du Nord,
00:31:47le climat
00:31:48était au contraire
00:31:48guerrier.
00:31:51Le 3 septembre 2017,
00:31:55la Corée du Nord
00:31:55effectue
00:31:56son sixième
00:31:56test nucléaire.
00:31:58L'annonce triomphale
00:31:59est faite
00:31:59à la télévision
00:32:00de Pyongyang
00:32:00par la présentatrice
00:32:02star
00:32:02Ri Xun-hi,
00:32:04revenu de sa retraite
00:32:05pour l'occasion.
00:32:07L'essai
00:32:08d'une bombe
00:32:08à hydrogène
00:32:09destinée
00:32:09à une fusée
00:32:10balistique
00:32:11intercontinentale
00:32:12est une réussite.
00:32:15Les scientifiques
00:32:15nucléaires
00:32:16de notre pays
00:32:16ont effectué
00:32:17ce test
00:32:18dans le nord
00:32:18le 3 septembre
00:32:19conformément
00:32:20au plan du parti
00:32:21des travailleurs
00:32:21de Corée.
00:32:24Quelques jours
00:32:25plus tard
00:32:25à la tribune
00:32:26des Nations Unies,
00:32:27la réponse
00:32:27du président
00:32:28Donald Trump
00:32:29est d'une rare
00:32:29brutalité.
00:32:32Aujourd'hui,
00:32:33le développement
00:32:34inconscient
00:32:34d'armes nucléaires
00:32:35et de missiles
00:32:36balistiques
00:32:36par la Corée du Nord
00:32:37menace le monde
00:32:38entier.
00:32:39Les Etats-Unis
00:32:42ont une grande
00:32:42force
00:32:43et une grande
00:32:43patience
00:32:44mais s'ils sont
00:32:45obligés
00:32:45de se défendre
00:32:46ou de défendre
00:32:47leurs alliés,
00:32:48nous n'aurons pas
00:32:49d'autre choix
00:32:49que de totalement
00:32:50détruire
00:32:51la Corée du Nord.
00:32:53L'homme fusée
00:32:54s'est engagé
00:32:55dans une mission
00:32:55suicide
00:32:56pour lui
00:32:57et pour son régime.
00:33:00Les échanges
00:33:01entre le jeune
00:33:01dirigeant de Pyongyang
00:33:02et l'imprévisible
00:33:04président américain
00:33:05sont musclés
00:33:06et imagés.
00:33:08Mais les signes
00:33:08de détente
00:33:09se multiplient.
00:33:10Kim Jong-un
00:33:11a fait sa démonstration
00:33:12de force
00:33:12et peut se permettre
00:33:14de négocier
00:33:15avec l'homme
00:33:16qui promettait
00:33:16de le détruire,
00:33:18Donald Trump.
00:33:23En 2017,
00:33:24le Nord
00:33:25a procédé
00:33:26à son sixième
00:33:26essai d'une arme
00:33:27nucléaire.
00:33:31Et le 29 novembre,
00:33:33il a lancé
00:33:33un missile balistique
00:33:34intercontinental.
00:33:36A la suite
00:33:37de ses essais,
00:33:38Kim Jong-un
00:33:39a déclaré
00:33:39qu'ils étaient
00:33:40parvenus
00:33:40au terme
00:33:41du développement
00:33:41de leur programme
00:33:42nucléaire.
00:33:44Désormais,
00:33:46Pyongyang
00:33:46s'estime
00:33:46en position
00:33:47de force.
00:33:50Nous possédons
00:33:50des armes
00:33:51nucléaires,
00:33:53nous sommes
00:33:53un pays puissant.
00:33:55Tant que vous
00:33:55ne nous attaquez
00:33:56pas en premier,
00:33:57nous sommes prêts
00:33:58à parler
00:33:58et nous pouvons
00:33:59parler de tout.
00:34:03Telle était
00:34:04leur intention.
00:34:04et c'est
00:34:06la stratégie
00:34:07typique
00:34:07que Pyongyang
00:34:08maintient
00:34:08depuis longtemps.
00:34:10Il négocie
00:34:10la paix
00:34:11tout en étant
00:34:12à l'offensive.
00:34:17Pour transmettre
00:34:18le message
00:34:18à Washington,
00:34:19il faut passer
00:34:20par Séoul.
00:34:21La visite
00:34:22en Corée du Sud
00:34:22fut l'occasion
00:34:23pour Kim Yo-jong
00:34:24de lancer
00:34:25cette nouvelle phase.
00:34:26Elle était
00:34:27porteuse
00:34:27d'une lettre
00:34:28d'invitation
00:34:28au président
00:34:29sud-coréen
00:34:29à rencontrer
00:34:31le leader
00:34:31de la Corée du Nord,
00:34:33son frère.
00:34:45Le premier résultat
00:34:46de cette détente
00:34:47nord-sud
00:34:48après le succès
00:34:49de la visite
00:34:49de Kim Yo-jong
00:34:50à Séoul
00:34:50a pour cadre
00:34:52la zone démilitarisée
00:34:53sur le 38e parallèle,
00:34:56la frontière
00:34:56entre les deux Corées.
00:34:58C'est un héritage
00:34:58de la guerre
00:34:59entre 1950
00:35:00et 1953,
00:35:03conclu par un armistice
00:35:04jamais suivi
00:35:05d'un traité de paix.
00:35:07L'ancien village
00:35:08de Panmunjong
00:35:09au cœur
00:35:10de la zone démilitarisée
00:35:11est le seul point
00:35:12de rencontre
00:35:13entre les deux pays.
00:35:14C'est un des endroits
00:35:15les plus militarisés
00:35:17au monde,
00:35:18contrairement à son nom.
00:35:20C'est là
00:35:20que symboliquement
00:35:21Kim Jong-un
00:35:22retrouve le président
00:35:23de la Corée du Sud,
00:35:24Moon Jae-in,
00:35:25le 27 avril 2018,
00:35:28à peine deux mois
00:35:29après la mission
00:35:30de Kim Yo-jong
00:35:30à Séoul.
00:35:32Kim Yo-jong
00:35:33est toujours présente,
00:35:34mais en appuie
00:35:34à son frère,
00:35:35le numéro un.
00:35:48Les deux présidents
00:35:49franchissent
00:35:50main dans la main
00:35:51la séparation
00:35:52entre leurs deux pays
00:35:53un modeste
00:35:54muret de béton.
00:35:58Je suis très ému.
00:36:01Nous nous rencontrons
00:36:02à cet endroit historique
00:36:03et vous êtes venus
00:36:04m'accueillir en personne.
00:36:08Difficile de trouver
00:36:09plus fort symbole
00:36:10dans cet endroit
00:36:10hanté par le souvenir
00:36:12jamais éteint
00:36:14de la guerre.
00:36:14sur les images
00:36:29de la télévision
00:36:30officielle nord-coréenne,
00:36:31Kim Yo-jong
00:36:32est omniprésente.
00:36:36Légitimée par ce rôle
00:36:37de confiance
00:36:37aux côtés de son frère,
00:36:40c'est elle
00:36:40qui récupère
00:36:41les bouquets de fleurs
00:36:41offerts par les enfants
00:36:42qui veillent
00:36:44à tous les détails
00:36:45du protocole
00:36:45qui prend les notes
00:36:47lors des entretiens.
00:36:49La délégation sud-coréenne
00:36:50est visiblement
00:36:51sous le charme.
00:36:54Et à la télévision
00:36:55de Séoul,
00:36:56le porte-parole
00:36:56du gouvernement
00:36:57lui rend hommage.
00:37:00Le président Moon
00:37:01était en discussion
00:37:02avec la vice-présidente
00:37:03Kim Yo-jong,
00:37:04présente à la réunion.
00:37:05et le président Moon
00:37:07a déclaré
00:37:08que Kim Yo-jong
00:37:09était devenue
00:37:10une star
00:37:10en Corée du Sud.
00:37:12Il y a alors
00:37:13un grand rire
00:37:13et elle a rougi.
00:37:20Mon impression
00:37:21de Kim Yo-jong
00:37:22fut positive.
00:37:26Ma première image
00:37:27d'elle
00:37:28fut qu'elle se montrait
00:37:29incroyablement respectueuse,
00:37:32efficace,
00:37:33sincère.
00:37:38Cette jeune femme
00:37:39me fit une forte impression.
00:37:42Elle n'était pas rayonnante,
00:37:45mais elle s'exprimait bien
00:37:46chaque fois
00:37:46qu'elle était interrogée,
00:37:48même si elle ne posait
00:37:49jamais de questions
00:37:50en premier.
00:37:59La lune de miel
00:38:00avec Séoul
00:38:00se poursuit
00:38:01dans les mois suivants.
00:38:03Moon Jae-in
00:38:03se rend à Pyongyang,
00:38:05la capitale nord-coréenne,
00:38:06où l'accueil
00:38:07est spectaculaire.
00:38:11Là encore,
00:38:12Kim Yo-jong
00:38:13est dans la photo,
00:38:14vigilante
00:38:15à ce que tout
00:38:15se passe
00:38:16comme prévu.
00:38:21Lors du 3e
00:38:22sommet nord-sud
00:38:23de l'année,
00:38:24c'est même elle
00:38:25qui accueille
00:38:25le président sud-coréen
00:38:26à son arrivée.
00:38:31Ce rapprochement
00:38:32entre les deux
00:38:32Corées
00:38:33est en fait
00:38:33le prélude
00:38:34à une percée
00:38:35diplomatique
00:38:36plus inattendue
00:38:37encore.
00:38:47Donald Trump
00:38:48accepte de rencontrer
00:38:49Kim Jong-un
00:38:50à Singapour,
00:38:51une première historique
00:38:52organisée contre
00:38:54l'avis des faucons
00:38:55de son administration,
00:38:56le secrétaire d'État
00:38:57Mike Pompeo
00:38:58et surtout
00:38:59le conseiller
00:39:00à la sécurité
00:39:00John Bolton.
00:39:07Près de 70 ans
00:39:09après la fin
00:39:10de la guerre
00:39:10de Corée,
00:39:11Kim Jong-un
00:39:12obtient de Donald Trump
00:39:13la reconnaissance
00:39:14des États-Unis
00:39:15que les administrations
00:39:16précédentes
00:39:17ont refusées
00:39:18à son grand-père
00:39:18et à son propre père.
00:39:20Comment ça se passe,
00:39:22Monsieur le Président ?
00:39:23Très bien,
00:39:25très bien,
00:39:26une relation excellente,
00:39:27merci.
00:39:28Un succès politique
00:39:29exceptionnel.
00:39:31À Singapour,
00:39:32Donald Trump
00:39:32apprécie la compagnie
00:39:34du jeune dirigeant
00:39:34nord-coréen
00:39:35dont il promettait
00:39:36de détruire le pays
00:39:37dans son discours
00:39:38à l'ONU
00:39:39moins d'un an
00:39:40auparavant.
00:39:41Entre ces deux hommes
00:39:42que tout sépare,
00:39:44l'âge,
00:39:44la vie,
00:39:44la vision politique
00:39:46et même le style,
00:39:47le courant
00:39:47passe visiblement bien.
00:39:50Les deux dirigeants
00:39:56signent à Singapour
00:39:57un document
00:39:58évoquant
00:39:58en termes vagues.
00:40:00Nous signons
00:40:01un document
00:40:01très important.
00:40:03La dénucléarisation
00:40:04de la péninsule coréenne.
00:40:07Kim Yo-jong
00:40:07est placé
00:40:08au même plan
00:40:09que le secrétaire d'État
00:40:10Mike Pompeo,
00:40:11côté américain.
00:40:13Présence discrète
00:40:14mais efficace
00:40:15auprès de son frère.
00:40:18Ces images
00:40:19la légitimes
00:40:20un peu plus
00:40:21auprès du public
00:40:22nord-coréen.
00:40:30Merci beaucoup.
00:40:32C'est fantastique.
00:40:32Merci.
00:40:32Autant elle était
00:40:49la star
00:40:50lors de la visite
00:40:51en Corée du Sud,
00:40:52autant elle passe
00:40:53au second plan
00:40:54en présence
00:40:54de son frère.
00:40:56La hiérarchie familiale
00:40:57rejoint celle du pouvoir.
00:40:58Aucun d'entre nous
00:41:04n'aurait pu confirmer
00:41:05qu'elle était la sœur
00:41:06si nous n'avions pas vu
00:41:07au préalable
00:41:08des photos d'elle.
00:41:09Elle se comportait
00:41:10comme une membre
00:41:11de la délégation
00:41:12et il n'y avait
00:41:13aucune indication
00:41:13d'une relation familiale
00:41:15entre les deux.
00:41:16Côté nord-coréen,
00:41:17Kim Jong-un
00:41:18et lui seul
00:41:19prend la parole,
00:41:20y compris
00:41:21lors d'occasions
00:41:22plus informelles
00:41:22comme les repas
00:41:23que prennent ensemble
00:41:24les deux délégations.
00:41:25Elle a participé
00:41:28au déjeuner
00:41:28que nous avons eu
00:41:29le jour des négociations.
00:41:31Ce n'était pas réellement
00:41:32un déjeuner de travail,
00:41:33c'était plus informel,
00:41:35mais je ne me souviens pas
00:41:36qu'elle ait dit
00:41:36quoi que ce soit
00:41:37pendant le déjeuner.
00:41:39Je ne suis d'ailleurs
00:41:39pas sûr
00:41:40que quiconque
00:41:40du côté nord-coréen
00:41:41en dehors de Kim Jong-un
00:41:42ait pris la parole
00:41:43au cours du déjeuner.
00:41:48Lorsque le leader suprême
00:41:49est présent
00:41:49à une réunion,
00:41:50les officiels
00:41:51ont visiblement
00:41:52peur de lui déplaire.
00:41:55Kim Yo-Jong
00:41:57n'a pas peur
00:41:58de son frère,
00:41:59mais lors d'un événement
00:42:00public important,
00:42:01il serait déplacé
00:42:02pour Kim Yo-Jong
00:42:03de parler
00:42:04à moins que
00:42:05Kim Jong-un
00:42:06le lui demande.
00:42:14La bonne ambiance
00:42:15de Singapour
00:42:15ne durera pas.
00:42:17Il y aura
00:42:17deux autres rencontres
00:42:19entre Donald Trump
00:42:20et Kim Jong-un
00:42:21en février
00:42:22puis juin 2019
00:42:23à Hanoi
00:42:25puis à Panmunjom
00:42:26sur la ligne
00:42:26de démarcation
00:42:27entre les deux Corées.
00:42:30Mais le processus
00:42:32diplomatique
00:42:32est dans l'impasse,
00:42:33faute d'accords
00:42:34sur la dénucléarisation.
00:42:36Impossible
00:42:37de signer
00:42:37de nouveaux documents
00:42:38à Hanoi,
00:42:39les conseillers
00:42:40de Donald Trump
00:42:40l'en ont dissuadé.
00:42:42La rencontre
00:42:42de Panmunjom
00:42:43a des allures
00:42:44de fin d'histoire d'amour.
00:42:46La page
00:42:46de la détente
00:42:47est en train
00:42:48de se refermer.
00:42:50Traverser cette ligne
00:42:51a été pour moi
00:42:52un grand honneur.
00:42:52Nous avons accompli
00:42:54beaucoup de progrès.
00:42:55Beaucoup de liens
00:42:55amicaux ont été tissés
00:42:57et en particulier
00:42:58notre grande amitié.
00:42:59Je veux juste
00:43:00vous dire merci.
00:43:02Donald Trump rêvait
00:43:03d'un succès diplomatique
00:43:04avec la Corée du Nord.
00:43:06Il doit déchanter.
00:43:07Il se heurte
00:43:08comme ses prédécesseurs
00:43:09à la question nucléaire.
00:43:11Chaque administration
00:43:13croit qu'elle pourra
00:43:14négocier un accord
00:43:14avec la Corée du Nord,
00:43:16un accord qui serait
00:43:17acceptable pour les deux parties
00:43:18et qui impliquerait
00:43:19que la Corée du Nord
00:43:20renonce à son programme
00:43:21d'armement nucléaire.
00:43:23A chaque fois,
00:43:24nous avons eu tort.
00:43:25Chaque fois que la Corée du Nord
00:43:26a pris des engagements
00:43:27écrits promettant
00:43:28d'abandonner son programme
00:43:29nucléaire,
00:43:30jamais elle ne les a
00:43:31réellement respectés.
00:43:32Alors quand la diplomatie échoue,
00:43:37les tensions militaires
00:43:38ressurgissent.
00:43:47La Corée du Nord reprend
00:43:48ses essais de missiles balistiques,
00:43:50pas moins de 21 tirs en 2019
00:43:53et un rythme soutenu
00:43:54les années suivantes.
00:43:55La Corée du Nord revient
00:43:59à la démonstration de force
00:44:01pour être prise au sérieux.
00:44:08Au passage,
00:44:10le rôle de Kim Yo-jong
00:44:11change aussi.
00:44:12La jeune femme grimpe
00:44:13dans les échelons du parti
00:44:14et du pouvoir
00:44:15et son discours se durcit.
00:44:18En 2018,
00:44:19elle avait séduit
00:44:20la Corée du Sud
00:44:21en venant à l'ouverture
00:44:22des Jeux Olympiques d'hiver.
00:44:23A partir de 2020,
00:44:25elle promet l'apocalypse
00:44:26et la destruction
00:44:27aux impérialistes
00:44:29et à leurs laquais,
00:44:30comprenez les Etats-Unis
00:44:32et la Corée du Sud.
00:44:36Ça laisse à Kim Jong-un
00:44:40la possibilité
00:44:41de tenir le beau rôle.
00:44:44Quand on attribue
00:44:46à Kim Yo-jong
00:44:46ses déclarations
00:44:47extrêmement dures
00:44:49contre la Corée du Sud
00:44:50et les Etats-Unis,
00:44:53cela permet à son frère
00:44:54d'être toujours
00:44:55au-dessus de la mêlée.
00:44:58Le bureau de liaison
00:44:59avec la Corée du Sud
00:45:01établi à Kaesong
00:45:02en territoire nord-coréen
00:45:03est le théâtre
00:45:04de ce changement de cap.
00:45:06Ce bâtiment flambant neuf
00:45:08financé par le Sud
00:45:09avait été inauguré
00:45:11en pleine détente
00:45:11en septembre 2018.
00:45:14Il n'aura même pas duré
00:45:16un an.
00:45:16Le 16 juin 2019,
00:45:19la Corée du Nord
00:45:20le fait exploser
00:45:21et envoie les images
00:45:23au monde entier.
00:45:26Et c'est Kim Yo-jong
00:45:27qui donne le signal
00:45:28de ce geste hostile
00:45:30à la Corée du Sud
00:45:31dont elle qualifie
00:45:32même le président
00:45:33de fou.
00:45:34C'est pourtant
00:45:35avec ce même président
00:45:36qu'elle avait lancé
00:45:37la détente
00:45:37l'année précédente.
00:45:39En cause,
00:45:40les envois de ballons
00:45:41chargés de tracts
00:45:42par des dissidents
00:45:43nord-coréens
00:45:44réfugiés au Sud.
00:45:46Ce durcissement
00:45:47du discours
00:45:48de Kim Yo-jong
00:45:49fait assurément partie
00:45:50de la construction
00:45:51de la personnalité
00:45:52de la jeune femme
00:45:53en Corée du Nord.
00:45:55Toujours est-il
00:45:55qu'il laisse
00:45:56la Corée du Sud
00:45:57sous le choc,
00:45:58elle qui avait voulu
00:45:59croire au conte de fées
00:46:00de la princesse
00:46:01venue de Pyongyang.
00:46:07Elle a ordonné
00:46:08la destruction
00:46:09du bureau
00:46:10de liaison intercoréen,
00:46:12ce qui changea
00:46:13sa réputation
00:46:14de manière négative.
00:46:16L'image
00:46:18de Kim Yo-jong
00:46:19est devenue
00:46:20un mélange
00:46:21d'images positives
00:46:22et négatives
00:46:23dans la société
00:46:24sud-coréenne.
00:46:27Désormais,
00:46:28on peut dire
00:46:29qu'il y a un mélange
00:46:30d'attentes
00:46:31et de déceptions
00:46:32à son propos.
00:46:36Le ton est donné.
00:46:38à Pyongyang,
00:46:42c'est Kim Yo-jong
00:46:43qui mène la charge
00:46:44contre les sud-coréens
00:46:45et les Etats-Unis,
00:46:46redevenus
00:46:47les ennemis impérialistes.
00:46:52Elle multiplie
00:46:53les déclarations agressives,
00:46:55des communiqués
00:46:56lus à la télévision
00:46:57d'État,
00:46:58signés par la
00:46:59directrice adjointe
00:47:00du département
00:47:01du comité central
00:47:02du parti coréen
00:47:03des travailleurs.
00:47:04C'est son titre exact.
00:47:06Kim Yo-jong
00:47:07menace les Américains
00:47:08d'une riposte
00:47:09à en perdre le sommeil,
00:47:11reprenant le vocabulaire
00:47:12traditionnellement imagé
00:47:14du régime nord-coréen.
00:47:17Aux Coréens du Sud
00:47:18qui proposent
00:47:19une aide économique
00:47:19en échange
00:47:20du renoncement
00:47:21au nucléaire,
00:47:22elle répond
00:47:23qu'on ne troque pas
00:47:24son destin
00:47:24pour un peu de maïs.
00:47:33En août 2021,
00:47:34la Corée du Sud
00:47:35tire les leçons
00:47:36du retour des tensions.
00:47:38Elle annonce
00:47:38la reprise
00:47:38des manœuvres militaires
00:47:39communes
00:47:40avec les États-Unis,
00:47:41interrompue
00:47:42le temps de la détente
00:47:43avec Donald Trump.
00:47:48Kim Yo-jong lance alors
00:47:49une attaque cinglante
00:47:50contre les États-Unis.
00:47:52Elle déclare
00:47:52que la péninsule coréenne
00:47:54ne connaîtra pas la paix
00:47:55tant que les troupes
00:47:56américaines
00:47:57resteront stationnées
00:47:58au sud.
00:48:00Et l'ancienne émissaire
00:48:02à Séoul
00:48:02ajoute une touche
00:48:03personnelle
00:48:04en regrettant
00:48:05profondément
00:48:06ce qu'elle appelle
00:48:07le comportement
00:48:08perfide
00:48:09des autorités
00:48:10sud-coréennes.
00:48:11La rupture
00:48:12est consommée.
00:48:19Cette posture
00:48:20officiellement signifiée
00:48:22par Kim Yo-jong
00:48:22est une invitation
00:48:24à reconnaître
00:48:25la Corée du Nord
00:48:25comme une puissance nucléaire.
00:48:26La communauté internationale
00:48:30a tenté en vain
00:48:31pendant des années
00:48:33d'obtenir
00:48:34la dénucléarisation
00:48:35du pays.
00:48:36Les experts
00:48:36reconnaissent aujourd'hui
00:48:37que ça n'arrivera pas.
00:48:40Quand vous avez un pays
00:48:42comme la Corée du Nord
00:48:44décidé à se doter
00:48:45de l'arme nucléaire,
00:48:46vous pouvez négocier
00:48:47pour l'éternité
00:48:48mais jamais
00:48:49vous n'obtiendrez
00:48:50qu'ils renoncent
00:48:50à leur armement.
00:48:51Y a-t-il eu un moment
00:48:54où la dénucléarisation
00:48:55de la Corée du Nord
00:48:56a été possible ?
00:48:57Je ne sais pas.
00:48:59Personne ne peut répondre.
00:49:01Je pense qu'il faudrait
00:49:02vraiment examiner
00:49:03le cerveau de Kim Jong-un
00:49:04s'il renonçait vraiment
00:49:06à son arsenal nucléaire
00:49:08que ses prédécesseurs,
00:49:09son père et son grand-père,
00:49:11ont mis en demi-siècle
00:49:12à développer.
00:49:14De plus,
00:49:17la légitimité interne
00:49:18de Kim Jong-un
00:49:19découle en grande partie
00:49:20du fait d'avoir passé
00:49:22la dernière décennie
00:49:23à développer
00:49:24les capacités nucléaires
00:49:25et balistiques du pays.
00:49:31Je pense que
00:49:32la dénucléarisation
00:49:33de la Corée du Nord
00:49:34est devenue
00:49:35une impossibilité.
00:49:42Mais Washington
00:49:43n'est pas prêt
00:49:43à accepter
00:49:44d'accorder à la Corée du Nord
00:49:45ce statut
00:49:46de puissance nucléaire.
00:49:50Les conséquences stratégiques
00:49:52sont trop importantes,
00:49:54y compris la possibilité
00:49:55que la Corée du Sud,
00:49:56voire le Japon,
00:49:58se dotent à leur tour
00:49:59de l'arme atomique.
00:50:03Ce climat
00:50:03de confrontation larvée
00:50:05permet au régime
00:50:06de Pyongyang
00:50:06de justifier
00:50:08une économie de guerre
00:50:09et un contrôle absolu
00:50:10de la population.
00:50:12Il constitue aussi,
00:50:13pour Kim Yo-jong,
00:50:14l'occasion de s'imposer
00:50:15comme une personnalité
00:50:17incontournable
00:50:18dans la paix
00:50:19comme dans la tension.
00:50:23Les Nord-Coréens
00:50:23essayent de dépeindre
00:50:26Kim Yo-jong
00:50:26comme une figure
00:50:27politique effrayante,
00:50:30forte,
00:50:30audacieuse,
00:50:31parfois menaçante,
00:50:32parfois séductrice.
00:50:34Mais est-elle prête
00:50:36à jouer un plus grand rôle ?
00:50:38Elle ressemble encore
00:50:39à cette jeune femme
00:50:40qui comprend
00:50:40qu'elle a un rôle à jouer.
00:50:42Elle a peut-être
00:50:43ses ambitions,
00:50:44mais elle a encore
00:50:44du chemin à faire
00:50:45sur le plan politique
00:50:46en ce qui concerne
00:50:47sa confiance en elle
00:50:48et son sens de l'autorité.
00:50:56À la tribune,
00:50:57Kim Yo-jong affiche pourtant
00:50:58cette autorité
00:50:59acquise au fil des ans.
00:51:02Son discours
00:51:03est sans concession.
00:51:04C'est celui d'un leader.
00:51:08Nous sommes des combattants
00:51:10avec un esprit
00:51:11de combat sans compromis
00:51:12contre les ennemis de classe
00:51:14et un leader
00:51:15qui a pour unique mission
00:51:16de défendre
00:51:17le front idéologique
00:51:18avec une responsabilité
00:51:20plus lourde que jamais.
00:51:22Nous nous préparons
00:51:23comme des vengeurs
00:51:24impitoyables
00:51:25dans nos cœurs.
00:51:26Nous exercerons
00:51:27une puissance de feu
00:51:28plus intense
00:51:29dans la droite ligne
00:51:30de notre idéologie
00:51:31afin de punir
00:51:32nos ennemis
00:51:33où qu'ils soient.
00:51:34Jusqu'où peut-elle aller ?
00:51:39Kim Yo-jong
00:51:39peut-elle gouverner
00:51:40un jour la Corée du Nord ?
00:51:42Pourrait-elle succéder
00:51:43à son frère
00:51:43en cas d'empêchement ?
00:51:44Par exemple,
00:51:45si comme le veulent
00:51:46des rumeurs persistantes,
00:51:48il a réellement
00:51:48de graves problèmes
00:51:49de santé ?
00:51:52Dans ce royaume
00:51:53du patriarcat,
00:51:54la réponse est
00:51:55vraisemblablement positive.
00:51:57Kim Yo-jong
00:51:58est d'abord une Kim
00:51:59de la lignée
00:52:00du mont Pektu.
00:52:01Si Kim Jong-un
00:52:05a un problème
00:52:08de santé sérieux
00:52:09et ne peut pas
00:52:09diriger la Corée du Nord,
00:52:12il est très probable
00:52:13que ce soit
00:52:14Kim Yo-jong
00:52:14qui remplisse ce rôle.
00:52:18Dans cette société,
00:52:19Kim Yo-jong,
00:52:21fille de Kim Jong-il,
00:52:25a un statut supérieur
00:52:26à celui
00:52:27de tous les autres dirigeants.
00:52:29Alors,
00:52:30quel que soit
00:52:30son titre officiel,
00:52:31on peut dire
00:52:33qu'elle est
00:52:33le deuxième dirigeant
00:52:34de la Corée du Nord ?
00:52:37D'autant que
00:52:42Kim Jong-un
00:52:43a présenté
00:52:43pour la première fois
00:52:44en public
00:52:45l'une de ses propres filles,
00:52:47Joo-ae,
00:52:48âgée de 9 ans.
00:52:52Symbole fort,
00:52:53c'est à l'occasion
00:52:54d'un lancement
00:52:55de missiles intercontinentals
00:52:56en 2022
00:52:57que la fillette
00:52:59au soulier rouge
00:53:00est apparue
00:53:00aux côtés
00:53:01de son dictateur de père,
00:53:03une mise en scène
00:53:04largement diffusée
00:53:05par la presse nord-coréenne.
00:53:09La famille Kim
00:53:10n'est donc pas prête
00:53:11de quitter la scène,
00:53:13quel que soit
00:53:13le scénario
00:53:14de la succession.
00:53:15Une décennie plus tôt,
00:53:22une autre jeune fille timide
00:53:23était présentée
00:53:24au nord-coréen.
00:53:25Depuis,
00:53:26Kim Yo-jong
00:53:27a fait la preuve
00:53:28qu'elle est bien
00:53:28une princesse Kim.
00:53:30Un comble pour un régime communiste,
00:53:48ce documentaire du journaliste
00:53:50Pierre Haski
00:53:51vient nous rappeler
00:53:52qu'en Corée du Nord,
00:53:53depuis le début
00:53:54des années 50,
00:53:55la main mise
00:53:56sur le pouvoir
00:53:56est avant toute chose
00:53:58une affaire de famille.
00:54:00Et comme le laisse entendre
00:54:01ce film,
00:54:02la succession
00:54:02de l'actuel leader
00:54:03nord-coréen
00:54:04Kim Jong-un
00:54:05serait-elle réellement
00:54:06à l'ordre du jour ?
00:54:07Nous allons poser la question
00:54:08à nos invités présents
00:54:09aujourd'hui
00:54:10sur ce plateau
00:54:11de débattocs.
00:54:12Anthony Dufour,
00:54:13pour commencer,
00:54:14bienvenue à vous
00:54:14Anthony Dufour,
00:54:16vous êtes journaliste,
00:54:17vous avez longtemps
00:54:18officié sur place
00:54:19en Asie du Nord-Est
00:54:21durant votre carrière,
00:54:22vous êtes aujourd'hui
00:54:23producteur et fondateur
00:54:24de la société Icari
00:54:25qui a produit
00:54:25ce documentaire
00:54:27La Princesse Rouge
00:54:27réalisé par le journaliste
00:54:29Pierre Haski.
00:54:30Françoise Nicolas
00:54:31est également avec nous.
00:54:32Bonjour.
00:54:33Bienvenue à vous.
00:54:34Vous êtes conseillère
00:54:35au Centre Asie
00:54:36de l'Institut français
00:54:37des relations internationales,
00:54:39l'IFRI,
00:54:40et puis enfin également
00:54:41avec nous
00:54:42pour cet échange
00:54:43Marie-Orange Rivet,
00:54:44bienvenue.
00:54:45Vous êtes historienne,
00:54:47maîtresse de conférences
00:54:47à l'université Paris-Cité
00:54:49et membre du Centre
00:54:50de recherche
00:54:51sur la Corée,
00:54:54CRC-EHESS
00:54:55à Paris,
00:54:57bien entendu.
00:54:58On va voir une carte
00:54:59simplement pour resituer
00:55:00évidemment la Corée du Nord
00:55:02du côté du nord-est asiatique.
00:55:05La Corée du Nord
00:55:06qui compte aujourd'hui
00:55:07environ 25,8 millions
00:55:09d'habitants.
00:55:10Regardez cette frontière au nord,
00:55:12elle est très importante
00:55:13pour ce qui est
00:55:13de l'activité économique
00:55:15et notamment
00:55:16de la Corée du Nord
00:55:17aujourd'hui.
00:55:18Très longue frontière
00:55:19avec la Chine
00:55:20et un petit peu aussi
00:55:21avec la Russie,
00:55:22une soixantaine de kilomètres,
00:55:24je crois,
00:55:24je parle sous votre contrôle,
00:55:25Anthony Dufour,
00:55:27frontière importante
00:55:28puisque c'est de là
00:55:30qu'est partie évidemment
00:55:31la création de cet état
00:55:33du temps de l'Union soviétique
00:55:34et du temps de Staline
00:55:36juste après la guerre.
00:55:37Ça a été tout à fait rappelé
00:55:38d'ailleurs
00:55:38dans ce documentaire.
00:55:40Anthony Dufour,
00:55:41ce qu'on découvre
00:55:41dans ce film
00:55:42pour ceux qui ne connaissent pas
00:55:43la Corée du Nord,
00:55:44c'est qu'en Corée du Nord,
00:55:45nous n'avons pas affaire
00:55:46à un régime communiste,
00:55:47nous avons affaire
00:55:48à une réelle monarchie.
00:55:49Et c'est ce que nous dit
00:55:49en réalité ce documentaire
00:55:51pour commencer.
00:55:52Oui,
00:55:52c'est une monarchie populaire
00:55:53parce qu'elle prend
00:55:54toutes les formes
00:55:54d'une démocratie populaire
00:55:55sur une base soviétique
00:55:56effectivement,
00:55:57mais dans la réalité,
00:55:59eh bien c'est un mélange.
00:56:00Alors on peut y voir
00:56:01un peu de confucianisme,
00:56:03on peut y voir
00:56:03des valeurs asiatiques
00:56:04un peu différentes
00:56:05qui vont s'incruster
00:56:06dans un système soviétique
00:56:07qui font que le respect
00:56:08à une dynastie,
00:56:09à une ligne
00:56:09qui a écrit sa liturgie,
00:56:11c'est-à-dire que
00:56:11c'est le sang du Mont Pegdou,
00:56:13ils sont tous nés
00:56:14sur une grande montagne
00:56:14qui est d'ailleurs
00:56:15pas très loin
00:56:15de cette frontière.
00:56:16C'est une légende
00:56:17sur Mont Pegdou,
00:56:18légende complète.
00:56:19Légende absolue.
00:56:20Mais ces légendes
00:56:21servent finalement
00:56:22à donner des formes
00:56:24de pouvoirs spéciaux
00:56:25ou en tous les cas
00:56:26une légitimité spéciale
00:56:27à un régime
00:56:28dont aujourd'hui
00:56:29la légitimité
00:56:29est plus remise en cause
00:56:31et ne pose plus
00:56:32vraiment de questions.
00:56:33C'est la lignée
00:56:34du Mont Pegdou
00:56:34et cette famille Kim
00:56:35qui est aujourd'hui,
00:56:36qui incarne le régime
00:56:37en interne
00:56:37comme à l'extérieur.
00:56:39Les pays frères
00:56:40à l'époque
00:56:40et durant les années
00:56:4250, 60,
00:56:46peut-être même
00:56:46jusqu'à nos jours
00:56:47ne se sont jamais étonnés
00:56:48de la nature
00:56:48de ce régime
00:56:49pays frère communiste
00:56:51bien entendu.
00:56:52Oui,
00:56:53initialement
00:56:54c'était un régime communiste
00:56:55mais très rapidement
00:56:56ça a dérivé
00:56:57et en fait
00:56:58ce régime
00:56:59est particulier.
00:57:00Il est dynastique,
00:57:01c'est clair,
00:57:03mais en plus
00:57:04il a une idéologie,
00:57:05l'idéologie du Duce
00:57:06qui est une sorte
00:57:07d'idéologie
00:57:08de l'autosuffisance.
00:57:09Donc le but
00:57:10de l'opération
00:57:11c'est vraiment
00:57:11que la Corée du Nord
00:57:12se débrouille par elle-même
00:57:13et ça c'est quelque chose
00:57:14de très très particulier
00:57:15absolument unique
00:57:16et très singulier
00:57:17au régime nord-coréen.
00:57:20C'est Kim Il-sung
00:57:21qui est arrivé
00:57:21dans les bagages soviétiques
00:57:23dans les années 40
00:57:25et la création de cet état
00:57:26c'est 1948
00:57:27qui décide
00:57:30de faire dériver
00:57:31la nature de ce régime
00:57:32on peut dire les choses
00:57:32comme ça.
00:57:33Tout à fait,
00:57:33effectivement,
00:57:34initialement il est arrivé
00:57:35comme vous le dites
00:57:36dans les balises
00:57:36des soviétiques
00:57:38mais il a mis en place
00:57:40un régime très particulier
00:57:41et qui est absolument
00:57:43unique au monde
00:57:44et depuis
00:57:44cette idéologie
00:57:46est toujours
00:57:47restée la même.
00:57:48Alors il y a
00:57:49certaines adaptations,
00:57:50il y a une certaine
00:57:51ouverture économique,
00:57:51je pense qu'on aura peut-être
00:57:52l'occasion d'en parler
00:57:53mais l'idéologie du Duce
00:57:55est toujours
00:57:56en place
00:57:57et a été reprise
00:57:58à la fin par Kijong Il
00:57:59et par Kijong Goon
00:58:00aujourd'hui.
00:58:01Au sein des partis
00:58:01communistes classiques,
00:58:03alors c'était vrai
00:58:04pour l'Union soviétique,
00:58:05celle-là encore aujourd'hui
00:58:06en Chine,
00:58:07peut-être même au Vietnam
00:58:08par exemple,
00:58:09il y a des débats,
00:58:10il y a des rapports
00:58:11de force,
00:58:12ce n'est pas du tout
00:58:12le cas en Corée du Nord
00:58:15durant toutes ces années.
00:58:17Autrement dit,
00:58:17c'est ce qui permet
00:58:18au régime de se tenir,
00:58:19ça tient à quoi
00:58:20une répression
00:58:20très forte
00:58:22du côté des opposants
00:58:24éventuels
00:58:24au régime actuel ?
00:58:26En fait,
00:58:27cette stratégie
00:58:29d'équidistance
00:58:30avec et la Chine
00:58:31et la Russie,
00:58:33même pendant
00:58:33le conflit
00:58:34sino-soviétique
00:58:36par exemple,
00:58:37permet à la Corée du Nord
00:58:39de subsister
00:58:40dans le temps.
00:58:41Et c'est vrai
00:58:42que les leaders
00:58:43successifs
00:58:44ont vraiment
00:58:45toujours joué
00:58:46sur les deux tableaux,
00:58:47pas d'allégeance
00:58:48particulière
00:58:50et unique
00:58:50à un des deux côtés.
00:58:52Et ça,
00:58:53sur le plan interne,
00:58:55c'est très important,
00:58:56ça montre
00:58:57aux Coréens
00:58:58qu'ils sont uniques,
00:58:59unis
00:59:00et indestructibles aussi.
00:59:02Et donc,
00:59:03ça permet
00:59:03à la famille
00:59:04des Kim
00:59:05de régner
00:59:06un peu sans partage.
00:59:07La question centrale
00:59:08de ce film,
00:59:09c'est ce qui le motivait,
00:59:10j'imagine,
00:59:10Anthony Dufour,
00:59:11c'est de savoir
00:59:12si la succession
00:59:13de Kim Jong-un,
00:59:14l'actuel leader nord-coréen,
00:59:16était à l'ordre du jour.
00:59:17Est-ce qu'elle l'est réellement
00:59:18à l'ordre du jour,
00:59:19cette succession ?
00:59:20Alors,
00:59:20la Corée du Nord,
00:59:21c'est un point noir
00:59:22pour un journaliste.
00:59:24C'est un endroit
00:59:24où on a vraiment
00:59:24toujours très peu d'informations
00:59:25et c'est encore pire
00:59:26depuis le Covid,
00:59:27puisque plus aucun étranger,
00:59:29plus aucun contact
00:59:30n'a lieu avec ce pays.
00:59:30Donc,
00:59:31savoir dans quel état
00:59:32est Kim Jong-un,
00:59:33quelle est sa santé ?
00:59:33On avait des nouvelles régulières
00:59:35de la santé de son père,
00:59:36Kim Jong-un.
00:59:36On savait qu'il n'avait
00:59:37pas une bonne santé
00:59:38et que la question
00:59:39de sa succession
00:59:39était quelque chose
00:59:41dans l'air,
00:59:41notamment à partir
00:59:41de 2008-2009.
00:59:43Sur Kim Jong-un,
00:59:43on n'a aucune information.
00:59:44On le voit déambuler
00:59:46avec sa corpulence,
00:59:47avec parfois difficulté.
00:59:49Donc,
00:59:49on se doute
00:59:50que son état de santé
00:59:50n'est pas extraordinaire,
00:59:51mais quant à savoir
00:59:52à quel moment
00:59:53cela peut devenir
00:59:53un sujet de succession.
00:59:54On n'a vraiment
00:59:55aucune information.
00:59:56Ce dont on a la certitude,
00:59:57c'est que le régime
00:59:58prépare sa succession.
01:00:00Est-ce que ça,
01:00:01au moins,
01:00:01c'est un point
01:00:01sur lequel
01:00:02on a des certitudes ?
01:00:03Alors,
01:00:04on le sait
01:00:04parce qu'ils l'ont fait
01:00:04jusque-là.
01:00:06Le grand-père Kim Il-sung
01:00:07avait préparé
01:00:07pendant très longtemps
01:00:08son fils Kim Jong-il.
01:00:09Ça a été un peu plus court
01:00:10pour Kim Jong-un
01:00:11sa période de préparation,
01:00:12mais on sait
01:00:12qu'il avait été préparé
01:00:13en interne.
01:00:13Il avait subi un entraînement
01:00:14pour devenir
01:00:15le leader qu'il est devenu.
01:00:17On pense aujourd'hui
01:00:17que Kim Jong-un
01:00:19a trois enfants.
01:00:20Ce sont des informations
01:00:21qu'on peut avoir
01:00:21de la part des services
01:00:22de renseignement,
01:00:23que l'un d'entre eux
01:00:24serait un fils
01:00:24et que donc,
01:00:25même s'il promène
01:00:26sa fille aujourd'hui
01:00:27un peu partout
01:00:27dans toutes les cérémonies,
01:00:28c'est probablement le fils
01:00:29qui devrait,
01:00:31à terme,
01:00:31devenir le successeur.
01:00:32Alors,
01:00:33fils dont on ne connaît pas
01:00:34le nom,
01:00:35dont on ne connaît pas
01:00:35l'âge aujourd'hui ?
01:00:36On ne connaît rien du tout.
01:00:37Et quand vous parlez
01:00:38de services de renseignement,
01:00:39vous parlez des services
01:00:39de renseignement sud-coréens ?
01:00:41Sud-coréens et américains
01:00:42qui sont les plus actifs
01:00:43sur cette région du monde.
01:00:45Oui.
01:00:45Alors,
01:00:45sur ce qui vient d'être dit,
01:00:46parce que là,
01:00:47évidemment,
01:00:47dans ce documentaire,
01:00:48on a vu la sœur,
01:00:49Kim Jong-un.
01:00:50On a vu aussi la fille
01:00:51qu'on a vue apparaître,
01:00:52on y reviendra tout à l'heure,
01:00:53parce qu'elle est toujours
01:00:54dans le paysage
01:00:55que veut bien nous rendre
01:00:56la Corée du Nord.
01:00:58Kim Jong-un a aé,
01:01:00pardonnez ma prononciation.
01:01:02Néanmoins,
01:01:04ça serait un fils
01:01:05qui, au final,
01:01:06pourrait succéder
01:01:07à Kim Jong-un.
01:01:08J'avoue que je n'ai
01:01:09absolument aucune idée,
01:01:10mais je serais un peu
01:01:10moins optimiste qu'Anthony
01:01:11sur l'éventuelle succession
01:01:13parce qu'il me semble
01:01:16quand même
01:01:16que Kim Jong-un
01:01:17ne doit pas être
01:01:18en très bonne santé.
01:01:19Effectivement,
01:01:19quand on voit sa corpulence,
01:01:20quand on voit la manière
01:01:21dont il marche,
01:01:22on se dit que,
01:01:23vraisemblablement,
01:01:23il a des problèmes de santé.
01:01:25Mais c'est une impression
01:01:26qu'on peut avoir.
01:01:28Il est vrai que,
01:01:28malgré tout,
01:01:29au cours des toutes dernières années,
01:01:31il semble qu'il ait repris
01:01:32du poil de la bête.
01:01:33À un moment donné,
01:01:34il avait l'air d'être
01:01:34un peu plus atteint,
01:01:37en quelque sorte.
01:01:38Donc, je pense quand même
01:01:39que cette question se pose.
01:01:40Et c'est là qu'on a vu
01:01:41apparaître sa sœur,
01:01:41notamment,
01:01:42dans cette période
01:01:43dont vous parlez ?
01:01:43Non.
01:01:44La sœur, en fait,
01:01:44on l'a vu apparaître
01:01:46dès le début.
01:01:47Dès l'enterrement
01:01:48de Kim Jong-un,
01:01:49elle était deux pas
01:01:51derrière son frère.
01:01:52On l'a vu d'ailleurs
01:01:53en image.
01:01:53Très, très rapidement,
01:01:54elle était là.
01:01:56On sait qu'ils sont très proches.
01:01:57Ils ont fait leurs études
01:01:59en Suisse ensemble.
01:02:00Donc, a priori,
01:02:01ils sont vraiment
01:02:01très, très proches.
01:02:02Donc, non,
01:02:02elle n'est pas arrivée
01:02:03dans le tableau
01:02:03ou dans l'image
01:02:04de manière tardive.
01:02:06Elle est là
01:02:06depuis le début.
01:02:07La fille, effectivement,
01:02:09est mise en avant.
01:02:10La jeune,
01:02:11qui me déjoue,
01:02:13non, Kim Joué,
01:02:14pardon,
01:02:15Kim Joué.
01:02:16Vous le dites mieux que moi.
01:02:19Mais, bon,
01:02:20elle est très, très jeune.
01:02:21On ne sait pas.
01:02:22On dit 12, 13, 14.
01:02:23Bon, voilà,
01:02:24c'est assez incertain.
01:02:26ça serait quand même
01:02:27assez étonnant
01:02:28qu'une fille
01:02:29soit,
01:02:31succède à son père.
01:02:32Ça paraît quand même
01:02:33assez improbable.
01:02:34Mais là,
01:02:35c'est vrai qu'elle est quand même
01:02:35mise en avant
01:02:36très, très fréquemment.
01:02:38Et elle a même été
01:02:38mise en avant
01:02:39lors de la grande parade
01:02:42militaire qui a eu lieu
01:02:43à Pékin,
01:02:43à laquelle était invité
01:02:44Kim Jong-un.
01:02:45Et il est allé avec
01:02:46et sa soeur
01:02:47et sa fille
01:02:47à Pékin.
01:02:48Et là,
01:02:49nous étions en septembre dernier.
01:02:50Voilà,
01:02:50en septembre dernier,
01:02:51bon,
01:02:52la petite,
01:02:52on l'a vue juste
01:02:53à l'arrivée à Pékin
01:02:54et on l'a vue
01:02:54quand ils sont repartis
01:02:56de Pékin.
01:02:56Elle n'a pas assisté
01:02:57au reste,
01:02:57évidemment.
01:02:58Mais c'est quand même
01:02:59assez étonnant
01:03:00qu'elle ait été mise en avant
01:03:01sur le plan international.
01:03:02Et moi,
01:03:03j'y verrais,
01:03:03alors bon,
01:03:04peut-être que je surinterprète,
01:03:05mais on est obligé
01:03:06en Corée du Nord
01:03:07d'interpréter
01:03:08parce qu'on ne sait pas
01:03:08grand-chose.
01:03:08On l'a bien compris.
01:03:10Et il me semble
01:03:11que là,
01:03:11moi,
01:03:11j'y verrais
01:03:12un petit rappel
01:03:14de la visite
01:03:16que Kim Il-sung
01:03:18avait faite à Pékin
01:03:19avec Kim Jong-il
01:03:20dans ses valises
01:03:21et c'était l'occasion
01:03:23de le présenter
01:03:23pour la première fois.
01:03:25Alors bon,
01:03:25il était beaucoup plus âgé,
01:03:26il était beaucoup plus proche
01:03:27éventuellement
01:03:28de prendre le pouvoir,
01:03:29mais dans un régime
01:03:30qui s'appuie beaucoup
01:03:31sur des symboles,
01:03:33avec Kim Jong-un
01:03:35qui veut ressembler
01:03:36de plus en plus
01:03:36à son grand-père,
01:03:37on peut quand même
01:03:38peut-être penser
01:03:39que ce n'est pas
01:03:40complètement anodin
01:03:40que cette jeune
01:03:42Kim Jong-un
01:03:43était emmenée
01:03:44à Pékin.
01:03:45Je retiens tout de même
01:03:46ce que vous nous avez dit,
01:03:47ce serait assez étonnant
01:03:48qu'une femme
01:03:48prenne la succession
01:03:50de Kim Jong-un,
01:03:52même si cette femme
01:03:53vient de la dynastie
01:03:54directe
01:03:55des Kim,
01:03:56parce que,
01:03:57et on le voit aussi
01:03:58dans ce documentaire,
01:03:58on a affaire
01:03:59à une société
01:03:59particulièrement patriarcale
01:04:02en Corée du Nord.
01:04:03C'est peut-être pour ça
01:04:04que vous avez dit
01:04:05qu'on a assez peu de chances
01:04:06de voir arriver
01:04:07une femme au pouvoir.
01:04:08Vous êtes d'accord
01:04:08avec ça ?
01:04:09– Alors, dans la Constitution,
01:04:12l'égalité homme-femme
01:04:13est tout à fait mise en avant
01:04:15et donc, symboliquement,
01:04:17justement,
01:04:18de mettre en avant
01:04:18des femmes,
01:04:20ça peut être tout à fait utile
01:04:21pour le grand leader,
01:04:23pour faire en sorte
01:04:24que les femmes
01:04:25le soutiennent
01:04:26dans la population.
01:04:27On sait que les femmes
01:04:29ont un très grand rôle économique.
01:04:31Quand les hommes
01:04:32sont, par exemple,
01:04:33recrutés dans l'armée
01:04:34pendant de nombreuses années,
01:04:36les femmes doivent assurer
01:04:38un travail important
01:04:39et donc,
01:04:40c'est vrai
01:04:41que la résistance
01:04:42contre le régime
01:04:43pourrait venir
01:04:44des femmes
01:04:45qui ont du mal
01:04:47à vivre, etc.
01:04:48On a vu,
01:04:48après la grande famine,
01:04:50en fait,
01:04:50des femmes
01:04:51devenir chefs d'entreprise
01:04:52pour essayer
01:04:53de faire sortir,
01:04:55enfin,
01:04:55nourrir les familles,
01:04:56etc.
01:04:57– Est-ce que c'est
01:04:57une féminisation
01:04:59de vitrine
01:05:00ou est-ce que c'est
01:05:01une féminisation réelle
01:05:03d'une part
01:05:03de la population coréenne
01:05:05aujourd'hui,
01:05:05en 2025 ?
01:05:06– Certaines femmes
01:05:07en Corée du Nord
01:05:09ont un rôle
01:05:10très important,
01:05:11que ce soit
01:05:11dans le parti
01:05:12mais aussi localement.
01:05:14Donc,
01:05:15c'est une des,
01:05:17si vous voulez,
01:05:18un des facteurs
01:05:19à prendre en compte
01:05:20tout à fait sérieusement.
01:05:22En revanche,
01:05:23est-ce qu'effectivement
01:05:24la fille
01:05:25de Kim Jong-un
01:05:26qui est maintenant
01:05:27mise en avant
01:05:28aura un destin
01:05:30de leader
01:05:31par la suite ?
01:05:32Nul ne le sait.
01:05:33– Anthony Dufour,
01:05:35féminisation
01:05:36de la société coréenne
01:05:38ou alors,
01:05:38c'est l'image
01:05:39que vous renvoyez
01:05:40le grand leader
01:05:41à l'extérieur
01:05:42de ces frontières
01:05:43pour peut-être
01:05:44s'octroyer,
01:05:45bon,
01:05:46voilà,
01:05:46le soutien
01:05:47des femmes coréennes ?
01:05:48– Alors,
01:05:48il y a une structure
01:05:48traditionnelle
01:05:49en Corée
01:05:50comme en Corée du Sud
01:05:51d'ailleurs,
01:05:52avec des places
01:05:52pour les hommes
01:05:53et pour les femmes
01:05:53qui sont assez attribuées
01:05:55et assez immuables.
01:05:57Vous n'avez pas
01:05:57dans les grandes entreprises
01:05:59sud-coréennes
01:05:59de femmes
01:06:00sauf d'héritières
01:06:01à la tête
01:06:02de grandes entreprises.
01:06:03Vous avez une présidente
01:06:04mais elle était
01:06:04la fille de son père
01:06:05qui était lui-même
01:06:06un président
01:06:07et le dernier dictateur
01:06:08de la Corée du Sud.
01:06:09Donc,
01:06:09la place des hommes
01:06:10et des femmes
01:06:10est assez tenue
01:06:12et assez sévèrement encadrée.
01:06:14Mais en revanche,
01:06:15c'est effectivement
01:06:15un grand spectacle.
01:06:17C'est-à-dire,
01:06:17ce qu'on voit
01:06:17avec l'arrivée d'ailleurs
01:06:19de Kim Jong-Jong
01:06:19mais encore plus aujourd'hui
01:06:21avec Kim Jouet,
01:06:21la petite fille,
01:06:23c'est,
01:06:23on est chez les Kardashians,
01:06:25on a une mise en scène
01:06:26avec une modernisation
01:06:27de Kim Kardashian
01:06:28qui s'appelle Kim par ailleurs,
01:06:29mais on a une mise en scène
01:06:30incroyable
01:06:31de la vie
01:06:32de cette famille royale.
01:06:34Si vous regardez aujourd'hui
01:06:35la télévision nord-coréenne,
01:06:36les codes ont explosé.
01:06:37La réalisation
01:06:37est d'une grande modernité.
01:06:39Vous avez par exemple
01:06:40sur les soldats
01:06:41qui ont été envoyés
01:06:42en Russie.
01:06:43On peut imaginer
01:06:44que c'est secret,
01:06:44qu'on n'en parle pas,
01:06:45mais vous avez quasiment
01:06:46des émissions de télé-réalité
01:06:47où on vous montre
01:06:48la vie,
01:06:49la dure vie de ces soldats
01:06:50qui sont des héros
01:06:50de la nation
01:06:51et l'image
01:06:52de la famille royale,
01:06:53de la famille régnante
01:06:54est utilisée un peu comme ça.
01:06:55Les Nord-Coréens
01:06:56voient aujourd'hui
01:06:57au quotidien
01:06:58la petite Kim Joué grandir
01:07:00et on commande ses tenues.
01:07:02Elle est devenue très femme.
01:07:03Elle s'habille vraiment
01:07:04comme une dame aujourd'hui.
01:07:06C'est une adolescente
01:07:07et elle est trimballée
01:07:08dans tous les rendez-vous officiels.
01:07:11Donc on a vraiment
01:07:11une modernité,
01:07:12une évolution
01:07:13et une personnalisation
01:07:14de la communication
01:07:14et de la propagande nord-coréenne
01:07:16envers son propre régime
01:07:17qui est totalement différente
01:07:18avec l'image austère
01:07:20de la période Kim Jong-il.
01:07:21Vous avez cette présentatrice
01:07:22en handbok traditionnelle
01:07:23qui disait bonjour
01:07:25mais alors attention
01:07:25il va se passer ça
01:07:26c'est terrible.
01:07:27Là aujourd'hui
01:07:27on est sur un ton
01:07:28vous regardez la télévision
01:07:29vous ne pouvez presque pas
01:07:31faire la différence
01:07:31si on écoute vraiment
01:07:32et qu'on comprend
01:07:32on voit la différence
01:07:33avec ce qui se passe
01:07:34en Corée du Sud.
01:07:34Kim Yo Jong
01:07:36qui est la princesse rouge
01:07:38dans ce film
01:07:39serait la numéro 2
01:07:40de fait.
01:07:43Et c'est vrai
01:07:44sur ce que j'ai lu
01:07:44autour de cette personnalité
01:07:47ça pourrait être elle
01:07:48qui pourrait organiser
01:07:51une forme de régence
01:07:52en attendant
01:07:52peut-être l'émergence
01:07:53d'un fils
01:07:54qui serait
01:07:55est-ce que ça
01:07:56c'est une hypothèse
01:07:56aujourd'hui plausible ?
01:07:59A mon avis
01:07:59c'est une hypothèse
01:08:00parfaitement plausible
01:08:01tout à fait
01:08:02puisqu'elle s'est vue
01:08:03confier de plus en plus
01:08:04de missions
01:08:05de positions officielles
01:08:08et donc à mon avis
01:08:09là aussi j'interprète
01:08:11je n'ai absolument aucune idée
01:08:13mais ça ne me paraît
01:08:14pas du tout improbable
01:08:15qu'elle soit
01:08:17précisément
01:08:18là aussi
01:08:19mise en avant
01:08:19pour éventuellement
01:08:20prendre les manettes
01:08:22prendre les rênes
01:08:23du pouvoir
01:08:23au cas où il arriverait
01:08:25quelque chose
01:08:26de fatal
01:08:26à son frère
01:08:28et elle est très proche
01:08:29elle est proche
01:08:30de son frère
01:08:30mais elle a aussi
01:08:31vraiment des
01:08:32un rôle très officiel
01:08:35maintenant elle est
01:08:36officiellement numéro 2
01:08:36du régime
01:08:37donc si par malheur
01:08:40il arrive quelque chose
01:08:40à son frère
01:08:41elle peut très bien
01:08:41reprendre les choses
01:08:43et effectivement
01:08:44assurer une sorte de régence
01:08:45ça ne me paraît pas du tout
01:08:46improbable
01:08:47je ne sais pas si
01:08:47les autres intervenants
01:08:49sont d'accord avec moi
01:08:50là-dessus
01:08:50si si
01:08:51vous avez tout à fait raison
01:08:53en fait ce qu'il faut voir
01:08:54c'est que
01:08:55ce régime
01:08:56donc monarchique
01:08:58est en fait
01:08:59une organisation économique
01:09:01et que
01:09:02ce qui est intéressant
01:09:03pour les leaders
01:09:04enfin leur objectif
01:09:06au-delà de l'idéologie
01:09:07affichée
01:09:07c'est de faire fonctionner
01:09:09finalement
01:09:10une grande entreprise
01:09:11nationale
01:09:11et donc
01:09:12c'est l'argent
01:09:13qui compte
01:09:14il y a vraiment
01:09:15si vous voulez
01:09:16fidéliser
01:09:17des gens
01:09:19qu'on met à des postes
01:09:20importants
01:09:21pour pouvoir faire
01:09:22pérenniser cette entreprise
01:09:24donc
01:09:24dans ce rôle-là
01:09:25cette femme
01:09:26qui est mise en avant
01:09:27est tout à fait
01:09:28là en fait
01:09:29pour orchestrer
01:09:31et faire en sorte
01:09:32que les rentrées d'argent
01:09:34se fassent bien
01:09:35que la population
01:09:36soit docile
01:09:37répondent
01:09:39justement
01:09:39aux appels
01:09:40par exemple
01:09:41quand on envoie
01:09:41les soldats
01:09:42à l'étranger
01:09:43mais il faut faire
01:09:43évidemment
01:09:44toute une propagande
01:09:45autour de ça
01:09:46pour motiver
01:09:46les troupes
01:09:47et éviter
01:09:48des protestations
01:09:50voilà
01:09:50dans ce film
01:09:51on voit qu'elle a été
01:09:52très présente
01:09:53dans les fameuses
01:09:55rencontres
01:09:56notamment entre
01:09:57Kim Jong-un
01:09:58et Donald Trump
01:10:00il y en a tout de même
01:10:00eu trois
01:10:01durant le premier
01:10:02mandat de Donald Trump
01:10:04très présente aussi
01:10:05dans les relations
01:10:05intercoréennes
01:10:06qui sont au point
01:10:07mort aujourd'hui
01:10:08que fait-elle
01:10:09exactement
01:10:10aujourd'hui
01:10:11cette princesse rouge
01:10:12c'est intéressant
01:10:13de regarder
01:10:14l'évolution
01:10:14de son rôle
01:10:15elle était
01:10:15effectivement
01:10:16une princesse rouge
01:10:16qui offrait
01:10:18une image
01:10:18un peu plus moderne
01:10:19de la Corée du Nord
01:10:19elle était
01:10:20quasi ambassadrice
01:10:21envers les sud-coréens
01:10:23ou envers les Etats-Unis
01:10:24et aujourd'hui
01:10:25elle a effectivement
01:10:26un rôle institutionnel
01:10:27qui a évolué
01:10:28elle est numéro 2 du régime
01:10:29elle a des postes
01:10:30et son discours
01:10:31a vraiment évolué
01:10:32et comme la posture du régime
01:10:33elle incarne finalement
01:10:34assez bien
01:10:34ce qu'on doit entendre
01:10:35de la musique diplomatique
01:10:36de la Corée du Nord
01:10:37aujourd'hui
01:10:37elle est d'une dureté absolue
01:10:39que ce soit vis-à-vis
01:10:40des Etats-Unis
01:10:40ou vis-à-vis
01:10:41de la Corée du Sud
01:10:43qui est méprisée
01:10:43dans toutes ses prises de parole
01:10:44de manière extrêmement virulente
01:10:46et on y voit aussi
01:10:47l'évolution finalement
01:10:48de la pensée diplomatique
01:10:51du régime
01:10:53vous aviez un régime
01:10:54qui craignait
01:10:55pour sa sécurité
01:10:55les Etats-Unis
01:10:56peuvent nous abattre
01:10:57à tout moment
01:10:57vous avez un régime
01:10:58qui était exsangue
01:10:59avec des famines
01:10:59même s'il n'y en a plus
01:11:00beaucoup depuis les années 90
01:11:00là vous parlez
01:11:01des années 90
01:11:02on ne va pas très bien
01:11:02quand même en Corée du Nord
01:11:03il n'y a pas d'électricité
01:11:04tout le temps
01:11:04et tout le monde
01:11:05ne mange pas
01:11:05formidablement à sa fin
01:11:06surtout dans les provinces
01:11:08et bien ça va
01:11:09plutôt mieux
01:11:10puisqu'on a l'arme nucléaire
01:11:11donc on ne craint plus
01:11:13ni les américains
01:11:14ni les sud-coréens
01:11:15on a aujourd'hui
01:11:16un accord avec les russes
01:11:17et puis avec une espèce
01:11:18d'international illibéral
01:11:20qui fait qu'on a
01:11:21un soutien alimentaire
01:11:22un soutien économique
01:11:23beaucoup plus fort
01:11:23la situation va
01:11:24économiquement un peu mieux
01:11:26à Pyongyang
01:11:26et un peu mieux en Corée du Nord
01:11:27donc quelle est la dernière menace
01:11:29finalement
01:11:29des nord-coréens
01:11:30et bien c'est la Corée du Sud
01:11:32je crois qu'ils ont vraiment
01:11:32analysé
01:11:33la manière dont
01:11:35l'Allemagne de l'Est
01:11:36et les Allemands de l'Est
01:11:37se sont finalement
01:11:40fait une opinion
01:11:40de la liberté
01:11:41en regardant ce qui se passait
01:11:42à l'Ouest
01:11:42il y avait une porosité
01:11:43il y avait des images
01:11:44qui passaient
01:11:45il y avait finalement
01:11:45une tentation de l'Ouest
01:11:46chez les Allemands de l'Est
01:11:47les nord-coréens
01:11:48aujourd'hui
01:11:48le régime nord-coréen
01:11:49se dit que la dernière menace
01:11:50c'est la tentation du Sud
01:11:52c'est le fait que des images
01:11:53du Sud parviennent encore au Nord
01:11:54que cette image
01:11:55d'une société différente
01:11:56mais coréenne
01:11:56puisse déclencher
01:11:58éventuellement
01:11:59donc pas une rébellion
01:12:00n'exagérant rien
01:12:01mais en tout cas
01:12:01une insatisfaction
01:12:02donc le dernier objectif
01:12:03du régime
01:12:04c'est contrôler ça
01:12:05contrôler la Corée du Sud
01:12:06et c'est là
01:12:07que ça peut devenir
01:12:07très dangereux
01:12:08parce qu'ils ont les moyens
01:12:09de le faire militairement
01:12:10Vous voulez ajouter
01:12:10quelque chose là ?
01:12:11Oui je pense que vous
01:12:12mettez le doigt
01:12:13sur la chose la plus importante
01:12:14la menace actuelle
01:12:16en Corée du Nord
01:12:17c'est plus l'étranger
01:12:18mais c'est bien interne
01:12:20voilà
01:12:21donc c'est effectivement
01:12:22quand des informations
01:12:23viennent de l'étranger
01:12:24ça vient alimenter
01:12:25ce sentiment d'insatisfaction
01:12:28etc.
01:12:29par comparaison
01:12:29et donc pour le régime actuel
01:12:32ce qu'il faut
01:12:33c'est aller toujours plus loin
01:12:35pour séduire
01:12:35sa propre population
01:12:37et donc le rôle
01:12:38de Kim Yo-Jung
01:12:39effectivement
01:12:39montrer une femme
01:12:40libérée
01:12:41moderne
01:12:41puissante
01:12:42vraiment ça joue
01:12:44de ça
01:12:44dans cette stratégie
01:12:45du régime
01:12:46Alors vous l'avez dit
01:12:46tout à l'heure
01:12:47Kim Ju Ae
01:12:49la fille
01:12:50était présente
01:12:52et ça a été remarqué
01:12:53à Pékin
01:12:55à l'occasion
01:12:55des 80 ans
01:12:57de la fin de la guerre
01:12:58avec le Japon
01:12:59vaste démonstration
01:13:01de force
01:13:02du côté chinois
01:13:03mais le fait est
01:13:04que Kim Jong-un
01:13:05était à ses côtés
01:13:06sur l'estrade
01:13:07et de l'autre côté
01:13:08on trouvait
01:13:08Vladimir Poutine
01:13:09ça veut dire
01:13:11que ce régime
01:13:11aujourd'hui
01:13:12s'ouvre un tant soit peu
01:13:14au monde
01:13:15et en tout cas
01:13:16un tant soit peu
01:13:17à l'axe
01:13:18qu'on a l'habitude
01:13:19d'appeler
01:13:19l'axe anti-occidental
01:13:21Oui je pense malgré tout
01:13:23que la proximité
01:13:23est beaucoup plus forte
01:13:24entre la Corée du Nord
01:13:25et la Russie
01:13:26qu'entre la Corée du Nord
01:13:27et la Chine
01:13:28et justement
01:13:29lors de cet événement
01:13:31de cette parade
01:13:32on a vu
01:13:33une sorte de complicité
01:13:35en tout cas
01:13:35une proximité
01:13:36beaucoup plus forte
01:13:37entre Kim Jong-un
01:13:38et Poutine
01:13:39qu'entre Kim Jong-un
01:13:40et Xi
01:13:40il y a eu
01:13:42des reportages
01:13:43de faits
01:13:44où on voit
01:13:44les dirigeants
01:13:46ensemble
01:13:47et on voit
01:13:48que lorsque
01:13:48Kim Jong-un
01:13:49est avec Poutine
01:13:50il est beaucoup plus détendu
01:13:51beaucoup plus relax
01:13:52si on peut dire
01:13:53et on perçoit
01:13:55une sorte de complicité
01:13:56stratégique
01:13:57entre les deux
01:13:58ce que l'on ne retrouve
01:13:59absolument pas
01:13:59avec la Chine
01:14:00donc je pense que là
01:14:01le régime nord-coréen
01:14:02a beaucoup gagné
01:14:04à ce soutien
01:14:07qu'il a apporté
01:14:07à la Russie
01:14:08et donc du coup
01:14:09au resserrement
01:14:10des liens
01:14:10avec la Russie
01:14:12Ce qui doit déplaire
01:14:13à la Chine néanmoins
01:14:14parce qu'il y a
01:14:15un véritable intérêt
01:14:16du côté nord-coréen
01:14:17pour les Chinois
01:14:18La Chine est toujours
01:14:18assez embarrassée
01:14:18avec la Corée du Nord
01:14:19donc elle ne sait pas
01:14:20exactement que faire
01:14:21et elle ne sait pas
01:14:21exactement comment
01:14:22cette Corée du Nord
01:14:23va se comporter
01:14:24donc je pense que
01:14:25contrairement à ce que
01:14:25l'on pense
01:14:26la Chine peut être
01:14:27un peu moins la main
01:14:28sur la Corée du Nord
01:14:29que ce qu'on pourrait
01:14:29penser
01:14:30ou ce qu'on pourrait
01:14:30espérer
01:14:31mais là
01:14:32la proximité
01:14:32entre la Corée du Nord
01:14:34et la Russie
01:14:35a permis aussi
01:14:36à la Corée du Nord
01:14:36de gagner une place
01:14:37sur les Chiquiers
01:14:38internationales
01:14:39et de montrer
01:14:39qu'elle n'était pas
01:14:39aussi isolée que ça
01:14:40donc les deux
01:14:41étaient éventuellement
01:14:43potentiellement isolés
01:14:45et en se mettant ensemble
01:14:46ils montrent
01:14:47au reste du monde
01:14:47que non
01:14:48ils ne sont pas du tout
01:14:49isolés
01:14:49qu'ils ont des partenaires
01:14:50il y a l'Iran aussi
01:14:51la Chine aussi
01:14:52accessoirement
01:14:53mais je pense que là
01:14:54cette proximité
01:14:55entre Corée du Nord
01:14:56et Russie
01:14:57c'est un gain
01:14:59très important
01:14:59diplomatiquement
01:15:00pour la Corée du Nord
01:15:02vous partagez cette analyse
01:15:03oui
01:15:04et on peut confirmer
01:15:05qu'il y a quelques semaines
01:15:07enfin quelques jours
01:15:08et bien le 80e anniversaire
01:15:12donc du parti
01:15:13du travail nord-coréen
01:15:15qui est vraiment
01:15:16le parti dominant
01:15:17et qui
01:15:19enfin voilà
01:15:19qui est le parti unique
01:15:20le parti quasi unique
01:15:22enfin bon
01:15:22et bien
01:15:23montre bien
01:15:24que le fait
01:15:25de pouvoir inviter
01:15:26pour cette occasion
01:15:27et les Russes
01:15:28et les Chinois
01:15:29est quelque chose
01:15:31de tout à fait important
01:15:32pour montrer
01:15:33le désenclavement
01:15:34finalement
01:15:34diplomatique
01:15:36de la Corée du Nord
01:15:37et qui est sous
01:15:38des sanctions
01:15:38internationales
01:15:40importantes encore
01:15:41et finalement
01:15:42qui peut jouir
01:15:44d'une notoriété
01:15:45inviter
01:15:46participer
01:15:47à des événements
01:15:48internationaux
01:15:49de façon très décomplexée
01:15:51donc ça
01:15:52effectivement
01:15:52ça joue
01:15:53les rapports privilégiés
01:15:54avec la Russie
01:15:55sont
01:15:55parce qu'il y a
01:15:56des
01:15:57des tractations
01:15:59financières
01:15:59vente d'armes
01:16:01etc
01:16:01c'est ça
01:16:01qui en fait
01:16:02est vraiment
01:16:02au coeur
01:16:04de cette relation
01:16:04plutôt que
01:16:06d'idéologie politique
01:16:08pour ces 80 ans
01:16:09du parti du travail
01:16:10c'était à Pyongyang
01:16:11la capitale
01:16:12nord-coréenne
01:16:13effectivement
01:16:13était invité
01:16:14tout le monde
01:16:14l'a souligné
01:16:15le premier ministre
01:16:17chinois
01:16:18le vice-président
01:16:19du conseil
01:16:20de sécurité russe
01:16:21qui est tout de même
01:16:22Dmitri
01:16:23Medvedev
01:16:25et les dirigeants
01:16:25vietnamiens
01:16:26et là aussi
01:16:27et contrairement
01:16:29à 5 ans
01:16:30auparavant
01:16:30il n'y avait
01:16:30aucun invité
01:16:32venu de l'extérieur
01:16:32pour fêter
01:16:34un anniversaire
01:16:34du parti
01:16:36des travailleurs
01:16:36nord-coréens
01:16:37une prochaine
01:16:38rencontre
01:16:39avec Trump
01:16:39est-ce que
01:16:41c'est envisagé
01:16:41envisageable
01:16:42souhaité
01:16:43du côté
01:16:44nord-coréen
01:16:44alors a priori
01:16:47non
01:16:47c'est souhaité
01:16:49du côté de Trump
01:16:50qui aurait envie
01:16:51de relancer
01:16:51le cycle
01:16:52de négociations
01:16:53qu'il a vu
01:16:54mais qui n'a mené
01:16:55à nulle part
01:16:56qui n'a mené
01:16:56à nulle part
01:16:57parce qu'il n'y avait
01:16:57pas de proposition
01:16:57sur la table
01:16:58c'est-à-dire que
01:16:59dans la mesure
01:17:00où les américains
01:17:01souhaitaient conserver
01:17:02les sanctions
01:17:02souhaitaient conserver
01:17:03leur régime d'exclusion
01:17:04de la communauté
01:17:04internationale
01:17:05et les nord-coréens
01:17:05ont dit
01:17:06à quoi bon
01:17:06on négociait
01:17:06puis les temps
01:17:08ont changé
01:17:09les nord-coréens
01:17:09possèdent l'arme nucléaire
01:17:10ils ont également
01:17:11aujourd'hui
01:17:11des missiles
01:17:12intercontinentaux
01:17:13capables d'atteindre
01:17:15le territoire américain
01:17:16donc l'Amérique
01:17:17est sous la menace
01:17:18du régime des Kim
01:17:19comme le régime des Kim
01:17:20est sous la menace américaine
01:17:21c'est une forme
01:17:22de dissuasion
01:17:23qui fait que
01:17:24les conditions
01:17:24que pouvaient dicter
01:17:25les américains
01:17:26ne sont plus
01:17:26à l'ordre du jour
01:17:27Kim Jong-un
01:17:28maîtrise son agenda
01:17:29il rencontrera
01:17:31les américains
01:17:31s'il le souhaite
01:17:32il rencontrera
01:17:32les sud-coréens
01:17:33s'il le souhaite
01:17:34et pour le moment
01:17:34il ne le souhaite pas
01:17:35je pense qu'effectivement
01:17:36c'est voulu de la part
01:17:37de Trump
01:17:37mais pas du tout
01:17:38du côté nord-coréen
01:17:39donc là
01:17:40bon Trump
01:17:41est dans la région
01:17:42en ce moment
01:17:42mais je ne pense pas
01:17:43du tout
01:17:43que ça se poursuive
01:17:44par une rencontre
01:17:45avec Kim Jong-un
01:17:49la dénucléarisation
01:17:50lors du premier
01:17:52mandat Trump
01:17:52il n'y a plus question
01:17:53de ça du tout
01:17:54c'était la ligne rouge
01:17:55à l'époque
01:17:56oui et déjà
01:17:57je pense que là
01:17:58on se berçait d'illusions
01:17:59parce que jamais
01:18:01la Corée du Nord
01:18:02n'aurait de toute façon
01:18:03dénucléarisé
01:18:03et les américains
01:18:05se sont longtemps
01:18:06bercés d'illusions
01:18:07sur ce sujet
01:18:08semble-t-il
01:18:08totalement
01:18:08parce que c'est
01:18:09complètement consubstantiel
01:18:10le régime ne peut pas tenir
01:18:12sans l'arme nucléaire
01:18:13donc c'était un objectif
01:18:15à atteindre
01:18:16cet objectif est atteint
01:18:17donc je ne vois pas du tout
01:18:19ce qu'il y a à négocier
01:18:21en la matière
01:18:22donc là
01:18:23les temps ont complètement changé
01:18:25et
01:18:26sur les relations
01:18:26avec la Corée du Sud
01:18:28évoquées tout à l'heure
01:18:29par Anthony Dufour
01:18:31en disant
01:18:31voilà
01:18:31l'ennemi aujourd'hui
01:18:33c'est le voisin du Sud
01:18:34sont les frères
01:18:35les sœurs du Sud
01:18:36là
01:18:37bon là
01:18:38les choses ont changé aussi
01:18:39parce que
01:18:39autant il était absolument
01:18:41inconcevable
01:18:42qu'il y ait un rapprochement
01:18:43qu'il y ait même
01:18:43la moindre discussion
01:18:44avec le
01:18:45le président
01:18:46sud-coréen
01:18:47précédent
01:18:48qui a déclaré
01:18:49la loi martiale
01:18:50bref période
01:18:51ultra conservateur
01:18:53par ailleurs
01:18:53ultra conservateur
01:18:54et donc il ne voulait
01:18:55absolument pas
01:18:55mais son successeur
01:18:56lui a l'air de vouloir
01:18:57engager une conversation
01:18:58avec la Corée du Nord
01:18:59voilà
01:18:59le successeur
01:19:00c'est complètement différent
01:19:01avec Lee Jae-myung
01:19:03là peut-être
01:19:03que quelque chose
01:19:05peut se faire
01:19:06et qu'on pourrait avoir
01:19:07une nouvelle discussion
01:19:11un nouveau dialogue
01:19:12intercoréen
01:19:13mais je ne sais pas
01:19:14exactement sur quelle base
01:19:15ça pourrait se faire
01:19:15bon
01:19:17avoir à définir
01:19:18bien merci d'avoir été avec nous
01:19:19pour évoquer cette succession
01:19:21possible de Kim Jong-un
01:19:22du côté de la
01:19:23de la Corée du Nord
01:19:24merci aussi
01:19:25à féliciter
01:19:26Gavalda
01:19:27Thibaut Brossé et Kelle
01:19:29qui m'ont aidé
01:19:30comme à l'accoutumée
01:19:30à préparer
01:19:31cette émission
01:19:32vos réactions
01:19:32ça sera sur
01:19:33hashtag
01:19:33débat doc
01:19:34et je vous retrouverai
01:19:34pour un prochain débat doc
01:19:35ça sera à la même place
01:19:36la même heure
01:19:37et toujours avec son documentaire
01:19:39et son débat
01:19:40à très bientôt
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