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  • il y a 3 mois
Le président de Kalos Culture, Bruno Henri-Rousseau, parle de l’héritage culture français : «Notre héritage est souvent laissé à l’abandon».

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Transcription
00:00Écoutez, ce qu'on sait, c'est que 23% du patrimoine classé de monuments historiques est en péril.
00:05Ça, c'est sur le site du ministère de la Culture que vous le trouverez.
00:08Et donc, qu'est-ce que ça nous dit ?
00:09Ça nous dit tout simplement qu'effectivement, notre héritage est souvent laissé à l'abandon.
00:15Beaucoup de communes se débattent, beaucoup de particuliers, de privés,
00:18puis aussi des communes se débattent pour essayer d'entretiennes ce patrimoine.
00:23C'est un signe très négatif.
00:25Au moment, par exemple, le week-end dernier, vous aviez le salon du patrimoine au Carousel du Louvre,
00:31le ministre de la Culture ne vient pas visiter ce salon,
00:33mais va visiter l'Art Basel, qui est la grande foire commerciale de l'art contemporain.
00:39Donc, si vous voulez, ça nous donne un peu une idée des priorités,
00:41sachant que ce salon du patrimoine permettait de mettre en valeur tous ces métiers d'art qui sont derrière ce patrimoine.
00:49Ce sont des métiers dont l'intelligence de la main se transmette de génération en génération.
00:52Ce sont des métiers de haute valeur ajoutée qui sont en fait des métiers qui nous permettent de comprendre la beauté de notre patrimoine,
01:01des savoir-faire qui font vraiment notre différence par rapport au reste du monde.
01:06Et donc, certes, ce patrimoine est nombreux, mais c'est un besoin national que l'État s'investisse pour restaurer ce patrimoine en perdition.
01:19C'est très grave et j'ajouterais que l'enjeu était immense parce que les Français aiment leur patrimoine
01:25et ce serait un outil pour le gouvernement, pour l'État, pour réconcilier les Français,
01:31pour leur donner un objectif qu'ils pourraient tous partager, qu'ils pourraient rassembler les Français.
01:38Et donc, c'est très dommageable qu'au XXIe siècle, 23% de notre patrimoine soit en péril.
01:45– Mais vous diriez que c'est un manque de moyens, finalement, parce qu'il y a eu énormément d'alerte, ou une idéologie ?
01:51Si je vous pose la question, c'est que j'ai en tête ces mots d'Emmanuel Macron qui disait qu'il n'y a pas de culture française.
01:55Donc forcément, ça dit quelque chose aussi, peut-être, de la volonté ou du rapport du chef de l'État à notre patrimoine.
02:02Comment est-ce que vous, spécialiste de cet univers de la culture, vous percevez tout cela ?
02:08– Je pense qu'effectivement, il y a une idéologie et puis il y a une espèce d'attirance pour la laideur aujourd'hui,
02:14alors que le patrimoine, lui, nous rapproche de la beauté, parce que le patrimoine, c'est l'harmonie.
02:19Tous nos châteaux, nos églises, c'est le charme, c'est l'élégance.
02:22C'est donc les recettes de l'harmonie et de la beauté.
02:25Or, aujourd'hui, quand on voit, par exemple, beaucoup d'art contemporain,
02:29on se rend compte qu'il y a une espèce de fascination pour la laideur.
02:31Donc, derrière cette idéologie, il y a vraiment une rupture entre, d'un côté,
02:35ceux qui se projettent vers la laideur et ceux qui, c'est bien, voient dans le passé les semences de la beauté.
02:43Donc, il y a vraiment une idéologie, en effet.
02:45Et je vous parlais tout à l'heure de l'exemple du ministre de la Culture
02:47qui ne daigne pas visiter le salon du patrimoine,
02:49mais qui va voir une foire d'art contemporain qui est en foire commerciale.
02:52Et d'autre part, on voit les moyens qui sont bien en place.
02:55Il y a 1,2 milliard de budget de l'État destiné au patrimoine
03:02quand vous avez 300 millions pour le pass culture,
03:05qui est une espèce de gadget qui ne sert à rien,
03:07ou bien sûr 4 milliards pour l'audiovisuel public.
03:10Donc, ces enveloppes budgétaires vous disent un petit peu l'idéologie qui est derrière.
03:15Et l'État se retrouve obligé de déléguer à un journaliste comme Stéphane Bern,
03:19qui est très méritant, de faire des cagnottes pour sauvegarder ce patrimoine.
03:23Mais enfin, la priorité est quand même que l'État puisse,
03:26avec ces moyens qui sont forts, s'investir dans ce patrimoine,
03:30encore une fois, qui fait la différence de la France
03:32et qui est ce moyen par lequel on pourrait retrouver le sens de la beauté
03:37et partager aux Français cet amour de ce qui nous rassemble.
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