Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 mois
Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Jeudi 23 octobre 2025, le duo d'humoriste Éric et Quentin. Leur nouveau spectacle "Papa pas papa" se joue actuellement au Théâtre de la Contrescarpe et en tournée dans toute la France.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour Eric et Quentin. Bonjour Elodie. Vous êtes ce duo d'humoristes indissociables du petit journal et de quotidien dans lesquels vous avez officié et dans lesquels vous avez grandi aussi avant de sévir sur France Inter et enfin de vous lancer dans l'écriture de vos spectacles.
00:12Le premier, on ne peut plus rien rire, vous a permis de sillonner la France et de décortiquer justement les origines du rire et l'importance qu'il a dans la société, notre quotidien.
00:21Votre credo et passion sont justement d'activer, de stimuler nos zygomatiques semble-t-il et vous avez raison car c'est sans conteste ce qui nous permet de nous maintenir en vie de dédramatiser cette actualité assez anxiogène.
00:33Aujourd'hui vous êtes de retour avec Papa, un spectacle qui pose une question pour le co-existentiel, être ou ne pas être père, une question avec deux regards et deux réponses totalement différentes.
00:43Pour vous Eric, un enfant est source d'angoisse, de frais conséquents, d'aliénation et pour vous Quentin, un enfant c'est au contraire l'espoir et le bonheur.
00:51Papa, papa, papa, c'est un tête-à-tête avec deux hommes qui se retrouvent face à la parentalité.
00:55Sur le papier, on pense que vous en rajoutez parfois, mais on se rend compte que pas du tout.
01:01Non, c'est nous ce spectacle.
01:03On essaie d'être le plus sincère possible. Alors oui, parfois on peut pousser un peu les curseurs, c'est normal, ça fait partie de l'humour, mais je pense que dans ce qu'on raconte, on est très sincère.
01:11Comment on peut être contre avoir un enfant ?
01:13Moi je sais parce qu'Eric est radin, donc ça coûte cher un enfant, on le dit dans le spectacle, c'est 9000 euros par an.
01:21C'est 9000 euros par an, un enfant, que des frais alimentaires.
01:24Mais je ne suis pas contre ce que je dis dans le spectacle, ma position c'est que je ne sais pas si j'aurai d'enfant.
01:29Mais en revanche, on n'est pas obligé d'avoir un enfant, ce n'est pas un dictat social en fait.
01:33C'est devenu un dictat social, mais on n'est pas obligé d'avoir d'enfant, c'est tout.
01:36Et pourquoi on peut avoir un enfant ? Pourquoi c'est important d'avoir un enfant ?
01:39Déjà pour le réarmement démographique.
01:41Il faut relancer tout ça, comme je le dis à Eric dans le spectacle, c'est qu'à un moment, qui va payer sa retraite ?
01:47Donc il va bien falloir faire des enfants.
01:50Faites des enfants, effectivement.
01:51Et c'est la première année depuis la Seconde Guerre mondiale où il y a plus de décès que de naissances en France.
01:55Donc il va falloir s'activer les guerres.
01:58C'est la première fois.
01:59Oui, mais pourquoi mettre en monde un enfant dans une époque qui est très compliquée ?
02:03C'est vrai, c'est anxiogène.
02:05C'est quand même affreux, pauvre gamin, tu as vu le monde qu'on lui offre quand même ?
02:08Surpopulation, famine, guerre, pollution, c'est terrible, je le dis.
02:13Mais moi je fais tout pour qu'elle soit heureuse dans ce monde.
02:17Il faut rendre le monde meilleur.
02:18Pour ceux qui ne vous connaissent pas, comment vous vous êtes rencontrés tous les deux ?
02:21On s'est rencontrés au SAV d'Omar et Fred.
02:24C'est-à-dire que Quentin écrivait des textes pour Omar et Fred, avec Bertrand Delerre.
02:28Et moi je suis arrivé un peu à la deuxième saison, quelque chose comme ça.
02:32On s'est rencontrés comme ça.
02:33Et en fait, deux ans plus tard, on reçoit un coup de fil du producteur du grand journal, Laurent Brond,
02:41qui cherchait des auteurs pour le petit journal de Yann Barthès.
02:44Et le truc, c'est qu'on était en concurrence.
02:46On n'a pas voulu le dire.
02:47En producteur, on a fait croire qu'on était un duo.
02:49Oui, parce qu'on n'avait jamais écrit ensemble.
02:51Mais je pense qu'il y avait une espèce de pudeur.
02:53Je ne sais pas comment expliquer pourquoi on a fait ça.
02:55On ne voulait pas se tirer dans les pattes l'un l'autre.
02:57Et donc, on est arrivé à l'entretien en duo, en faisant croire qu'on était un duo.
03:01Ils nous ont fait faire un essai dans les bureaux pendant deux semaines.
03:03Un petit bureau, tous les deux.
03:05On ne se connaissait pas très bien.
03:06On se croisait sur les toits du SAV, mais on n'avait jamais écrit ensemble.
03:08On avait un ordinateur pour deux.
03:09Et en fait, on faisait semblant de très bien se connaître.
03:11On va manger.
03:12On n'est que dans le mytho, mais en fait, ça s'est très bien passé.
03:15Le mytho a bien marché.
03:16Donc, pour avoir un travail, n'hésitez pas à mentir.
03:19Il faut mentir sur son CV.
03:20Il faut mentir, mentir, mentir.
03:22Je me posais la question de savoir si, par moment, vous avez perdu pied.
03:24Il y a eu ce film qui n'a pas fonctionné, qui a été vraiment très douloureux pour vous.
03:29Est-ce que, par moment, vous avez perdu pied ?
03:30Pas si douloureux que ça.
03:31Il ne faut pas exagérer.
03:32Il y a pire dans la vie.
03:34Ce n'est pas agréable, mais ce n'est pas agréable.
03:36Non, comme on dit, c'était génial jusqu'au jour de la sortie.
03:39Parce que c'est une expérience incroyable, un film.
03:41Après, ça n'a pas fonctionné en termes d'entrée.
03:45Bon, on n'est pas les seuls, je crois, sur les films qui se plantent.
03:49Et puis, c'était pareil.
03:50C'était une expérience qui a été plus dure.
03:52C'est un peu le hate sur les réseaux sociaux.
03:55C'est ça qui a été le plus dur.
03:56Mais le reste...
03:57Finalement, est-ce que ce n'est pas ce qui vous a permis de vous recentrer ?
03:59Je pense que si.
04:00Et c'est pour ça, en fait, c'était hyper intéressant comme leçon.
04:03Parce qu'on s'est rendu compte, on a fait une erreur.
04:05C'est-à-dire qu'en faisant ce film, on l'a écrit trop vite.
04:07On ne s'est pas reposé.
04:09En fait, il y avait un côté, je pense qu'il y a eu une accumulation à cette époque-là,
04:12où on faisait le petit journal.
04:13Enfin, il y avait tout.
04:14Et ça a été une leçon qui nous a servi pour le spectacle.
04:17C'est-à-dire qu'on ne fait pas tout maintenant.
04:18On sélectionne ce qu'on fait et on travaille fort dessus.
04:22Et ça, ça nous a vraiment beaucoup servi pour le spectacle.
04:25Maintenant, on ne fait pas tout en même temps.
04:27On ne s'éparpille pas.
04:28On se concentre sur le spectacle.
04:29Mais, vous le savez, c'est un des métiers précaires.
04:33Quand on vous propose un film, on ne dit pas non.
04:36Et on a dit oui à tout à ce moment-là.
04:38Et je pense que, comme dit Eric, c'était trop.
04:41Mais bon.
04:42Enfant dans un magasin de bonbons.
04:44Et on n'a pas refusé.
04:46On n'a pas eu les bons réflexes.
04:47Mais c'est une bonne leçon.
04:48Et en vrai...
04:49Oui, c'est qu'il faut mettre ça à l'échelle de la vie de la planète.
04:53Ça va, quoi.
04:54Papa, papa, papa, je pense que...
04:56Est-ce que ce n'est pas justement le bon curseur ?
04:58Le bon endroit où vous vouliez être ?
05:00Vous vous sentez le mieux ?
05:01Il y a une sérénité, en fait, dans votre façon même de vous adresser au public.
05:05D'aborder certains sujets.
05:08Il y a toujours autant de sourires.
05:09Mais on va dire plus arrondis, plus posés.
05:13Oui, je pense qu'on a peut-être moins besoin de prouver.
05:15Je ne sais pas comment expliquer.
05:16Je pense qu'on est plus nous-mêmes.
05:17Mais c'est ce que vous disiez au début.
05:18C'est qu'il y a moins de protection, d'armure.
05:21Donc c'est peut-être plus doux.
05:23Mais ça n'empêche pas de beaucoup rire, justement.
05:25Parce qu'en étant plus nous-mêmes, on arrive à...
05:27Oui, on est nous.
05:28On ne se dit pas fouette comme ça.
05:29Pour faire rire, c'est qu'on est nous.
05:31Et puis si ça fait rire, tant mieux.
05:32Et ça rend les choses naturelles.
05:34Non, c'est très chouette.
05:36Est-ce que le fait de devenir père, l'angoisse n'est pas justement de pouvoir créer une descendance ?
05:44Alors, oui, comme je le dis, Eric, on en parle dans le spectacle.
05:48À ce moment-là, moi, je dis que c'est important d'avoir une descendance.
05:51C'est un peu Jacques Couille-la-Pécois, on n'est pas au Moyen-Âge.
05:53Mais non, moi, je suis très content d'avoir ma fille qui porte mon nom de famille,
05:58qui s'appelle Margot, parce qu'elle s'appelle Sienna Margot.
06:01Et en fait, j'étais le...
06:03Il y a eu des petites histoires dans ma famille.
06:05J'étais le dernier des Margot, en fait.
06:07Donc, j'étais content qu'il y ait d'un coup une deuxième Margot.
06:10Et moi, Couille, on verra.
06:12– Inch'Allah, Eric...
06:14– Non, mais je ne sais pas.
06:15C'est pour ça que ça reprend un peu cette espèce de...
06:18On en parle aussi dans le spectacle.
06:19Il y a une espèce d'énigme.
06:20Quand je dis que je n'ai pas d'enfant et que je ne sais pas si j'en ai,
06:23il y a toujours un petit regard suspicieux.
06:25Il y a quelque chose d'assez bizarre.
06:26Alors encore, je m'en sors bien parce que je suis un homme.
06:27C'est-à-dire qu'au moins, à la rigueur, on me dit, t'as le temps.
06:29Pour les femmes, c'est pire parce qu'on dit, attention, horloge biologique...
06:33– Il faut congeler ses ovocytes.
06:34Donc, il y a une pression.
06:35– L'impression sociale pour les femmes est bien pire là-dessus.
06:37Mais c'est vrai qu'il y a toujours cette espèce de suspicion
06:39de pourquoi il n'a pas d'enfant.
06:41– Mais c'est aussi à cause de ta coiffure, je le répète.
06:44– Oui, parce que je ne vois pas...
06:44– C'est ça la suspicion.
06:45Qui est son coiffeur ?
06:47– Je ne peux rencontrer personne, je ne vois pas les gens.
06:48– On ne voit pas, oui.
06:49– Donc...
06:50– Sous-titrage ST' 501
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations