- il y a 5 mois
Nucléaire, radiologique, biologique, chimique. Quatre lettres : NRBC.
Ces menaces, catégorisées comme armes de destruction massive, sont aussi redoutables pour le corps que pour l'esprit. Loin d'être nouvelles, elles sont aujourd'hui plébiscitées par certains compétiteurs. Discrètes ou spectaculaires, elles visent autant à frapper l'opinion qu'à désorganiser l'adversaire. Fortes de leur expérience opérationnelle, les armées françaises cultivent leur expertise dans ce domaine. Capables d'identifier, de prélever ou encore d'analyser, elles s'adaptent face à cette menace imprévisible, en constante évolution.
Réalisateur : LV Jonathan Ferrara
Ces menaces, catégorisées comme armes de destruction massive, sont aussi redoutables pour le corps que pour l'esprit. Loin d'être nouvelles, elles sont aujourd'hui plébiscitées par certains compétiteurs. Discrètes ou spectaculaires, elles visent autant à frapper l'opinion qu'à désorganiser l'adversaire. Fortes de leur expérience opérationnelle, les armées françaises cultivent leur expertise dans ce domaine. Capables d'identifier, de prélever ou encore d'analyser, elles s'adaptent face à cette menace imprévisible, en constante évolution.
Réalisateur : LV Jonathan Ferrara
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00:00Musique
00:00J'ai été déployé au Moyen-Orient.
00:14L'endroit où on était subissait des tirs,
00:18donc des tirs de mortier, des obus.
00:20Et au bout d'un certain temps, on a eu des tirs au phosphore, aux obus au phosphore.
00:25On a été informés parce qu'il y avait des feux un peu partout,
00:28des feux qui étaient persistants, donc on savait que ce n'était pas des obus classiques.
00:32Et la population autour, elles étaient prises dans des énormes nuages blancs.
00:36Et les habitants suffoquaient, ils n'arrivaient plus à respirer,
00:38donc ça nous a alertés sur le caractère NRBC.
00:43Donc là, on a procédé à la décontamination
00:45parce que les démineurs avaient besoin de récupérer les morceaux d'obus
00:49pour tout reconstituer, savoir d'où ils viennent,
00:51par quoi ils ont été tirés, à quel moment, etc.
00:54La chose à prendre en compte, c'est surtout le transfert de contamination.
01:00Savoir que le phosphore blanc, c'est extrêmement collant,
01:02donc ça peut se mettre partout.
01:04Il risque d'avoir des brûlures chimiques.
01:06Au moment du déclenchement, en fait, tout va très vite,
01:08donc on n'a pas forcément le temps de se poser beaucoup de questions.
01:11On est appelé, on intervient,
01:13et le temps de se préparer, de préparer la zone,
01:15en fait, on n'a pas le temps de réfléchir énormément.
01:17Nucléaire, radiologique, biologique, chimique.
01:26Quatre lettres. NRBC.
01:29Ces menaces, catégorisées comme armes de destruction massive,
01:32sont aussi redoutables pour le corps que pour l'esprit.
01:35Discrètes ou spectaculaires,
01:37elles visent autant à frapper l'opinion qu'à désorganiser l'adversaire.
01:41Les armes NRBC, ce sont des armes non conventionnelles
01:44par opposition aux armes conventionnelles qui mettent en œuvre principalement des explosifs.
01:49Et dans ces armes NRBC, on va ajouter à des explosifs classiques,
01:52des toxiques, des substances particulières,
01:54biologiques ou chimiques, parfois radiologiques,
01:56qui vont amener un second effet aux armes, au-delà de la seule explosion.
02:00Cet effet, il est souvent psychologique.
02:03Il agresse souvent les individus sur leur peau, sur leur système respiratoire,
02:07et donc crée aussi une terreur au sein des troupes qui seraient attaquées,
02:11surtout si elles sont mal préparées.
02:12Voilà ce que sont les armes NRBC, qu'on appelle malheureusement parfois aussi
02:16les armes de destruction massive, alors qu'une arme biologique ne détruit rien, par exemple.
02:22Le problème du concept d'armes de destruction massive,
02:25c'est qu'en fait, on parle de systèmes d'armes qui sont vraiment complètement différents
02:28et qui ont des fonctions potentielles complètement différentes.
02:31Quand on parle d'armes nucléaires, on voit vraiment qu'on est dans le cadre étatique,
02:34avec la logique et la doctrine de dissuasion,
02:36et c'est des armes qui, évidemment, n'ont pas été utilisées depuis 1945.
02:39Quand on parle d'armes chimiques, on est sur des armes qui, au contraire,
02:42ont été utilisées assez largement, potentiellement dans des conflits entre deux États.
02:47Mais on a aussi des régimes qui ont utilisé ces armes pour terroriser leur propre population
02:51ou des communautés particulières.
02:53Donc, en raison des effets particulièrement destructeurs
02:56que peuvent avoir les armes de destruction massive,
02:58on a essayé, au sein du système international, de les encadrer,
03:01d'avoir des normes qui puissent justement limiter leur propagation.
03:07La France condamne fermement le recours à ce type d'armes.
03:10Elle est d'ailleurs signataire des conventions sur l'interdiction des armes chimiques et biologiques.
03:15Certains de ses compétiteurs n'hésitent cependant pas à les utiliser
03:18sur le champ de bataille ou contre leur propre population.
03:22Une menace prise au sérieux par les armées françaises.
03:24Les armées se préparent à la défense CNRBC
03:27dès la phase d'instruction de chaque militaire
03:29où on apprend à chacun des gestes simples qui permettent de survivre.
03:34Et puis, à l'autre bout du spectre, on a des unités plus spécialisées
03:37qui sont capables de mener des actions de pointe,
03:39qui sont spécialisées pour des interventions en milieu contaminé,
03:42capables d'aller chercher les preuves,
03:43de décontaminer le matériel qui serait souillé
03:45ou bien identifier un agent a priori inconnu
03:49et parfois très sophistiqué.
03:54Unique régiment de l'armée de terre spécialisé dans la lutte contre la menace NRBC,
04:03le deuxième régiment de Dragon s'entraîne au quotidien pour faire face à ces menaces.
04:07Il est déployé sur l'ensemble des théâtres d'opérations françaises.
04:16Le régiment a deux grands domaines opérationnels
04:19qui correspondent au triptyque prévenir, gérer, restaurer.
04:24de la défense NRBC.
04:26Ces deux grands domaines sont la reconnaissance embarquée ou débarquée
04:29et la décontamination immédiate et approfondie
04:33qui répondent toutes les deux à gérer un incident NRBC
04:37et restaurer les capacités opérationnelles.
04:40Là, du coup, on est parti en surveillance, on est tombé sur la zone.
04:47On a une suspicion de présence d'ennemis qui manue de l'artillerie, style obus.
04:52Donc là, on est en surveillance face à la zone.
04:54La section évolue actuellement dans une zone où il y a la suspicion de menace NRBC.
05:00Donc je suis de très près ce qui se passe
05:02et je suis notamment allé remonter des comptes rendus du chef de section.
05:06Tout ce qui a un caractère NRBC,
05:08je vais pouvoir conseiller le chef CO sur la conduite à tenir
05:11et sur les mesures à adopter.
05:13Il y a eu une détection visuelle et une détection drone
05:21qui ont permis de révéler la présence d'artilleurs ennemis
05:25qui sont eux-mêmes avec des niveaux de protection déjà adoptés
05:29en manipulant des obus.
05:31Donc pour nous, ça nous permet de comprendre
05:32qu'il y a éventuellement une toxique de guerre
05:34puisque si l'ennemi adopte un comportement pareil,
05:37on va potentiellement évoluer dans une zone qui est contaminée
05:39et on ne peut pas se permettre d'envoyer des combattants sur le terrain
05:42dans des zones comme ça, sans adopter les mesures de protection
05:45les plus évoluées possible.
05:48Pour vous, passage en 4 Mike immédiat avant toute autre action.
05:52Pour tous les golfes, passage en 4 N et assaut dans la poulée.
05:56Passer en 4 Mike, c'est adopter les mesures de protection maximales
06:00pour le combattant terrestre.
06:02Donc il va mettre son masque de protection,
06:05il va enfiler également ses gants
06:06et il va s'assurer en binôme
06:10qu'il y ait une étanchéité la plus parfaite possible
06:12pour pouvoir évoluer dans une zone potentiellement contaminée.
06:15On a reçu l'ordre qu'il y avait potentiellement du danger Chim.
06:20Donc on essaie de faire au plus vite
06:21pour qu'on ne soit pas exposé à ce danger.
06:2511, 12, 13, point de situation.
06:41Oscar unité sécurisée, envoyez le binôme Dragon pour les prélèvements.
06:46Jusqu'à présent, on a seulement de la suspicion de traces NRBC.
06:50Et maintenant, la plus-value qu'on va apporter,
06:52c'est au-delà des savoir-faire normaux
06:54que tous les militaires de l'armée de terre ont,
06:56c'est-à-dire des savoir-faire de détection,
06:58on va pouvoir faire du prélèvement et derrière de l'identification.
07:01Dans un premier temps, le binôme va arriver aux abords des obus.
07:06Il va effectuer des prélèvements de différentes natures.
07:10Et le but du spécialiste NRBC, c'est de croiser toutes les sources possibles,
07:15comme le ferait un analyste en renseignement.
07:17On va utiliser différents moyens de détection
07:19et on va recouper les informations pour être de plus en plus précis,
07:24pour confirmer le plus possible notre suspicions.
07:26Dans le cadre de la préparation opérationnelle,
07:32un combattant d'infanterie, un combattant de cavalerie blindée
07:35ne va jamais être confronté à la mort potentielle réelle.
07:39C'est-à-dire que dans un exercice de combat,
07:42on ne va pas lui mettre une force adverse qui tire à balles réelles.
07:46Ce serait totalement abscond.
07:48En revanche, le combattant NRBC,
07:50qui va travailler sous ce qu'on appelle l'AT,
07:53live adjunct training, donc sous-toxique réel,
07:56lui, il va être confronté.
07:58S'il n'applique pas les mesures de sauvegarde
08:00et les gestes techniques qu'il a appris,
08:03il va être confronté à la réalité d'une menace mortelle.
08:06On va effectuer le prélèvement avec la raclette,
08:08ici présent, qui va attraper le liquide,
08:12comme ceci.
08:13Détection, voie phosphorée, voie souffrée.
08:16Là, on peut suspecter la présence de VX.
08:19C'est un aérotoxique.
08:20Ce prélèvement partira en analyse dans un laboratoire.
08:24On procédera ensuite à un prélèvement de gaz
08:26qui sera analysé au niveau du Vabreco.
08:29On est combattant avant tout
08:31et il y a la spécialité à côté.
08:34Donc c'est tout un panel de savoir-faire.
08:37Mais c'est la spécificité de notre régiment
08:40d'être combattant et spécialiste à côté.
08:43Un bon combattant NRBC, c'est avant tout un bon soldat.
08:46Donc c'est d'être un bon combattant physiquement
08:49et moralement prêt à s'engager au combat.
08:52La deuxième caractéristique du bon combattant NRBC,
08:56c'est d'être stable émotionnellement.
08:59La nature de l'adversaire et son aspect invisible
09:03rend plus importante la pression psychologique exercée
09:08sur le combattant.
09:09Et enfin, la troisième caractéristique du bon combattant NRBC,
09:13c'est son humilité.
09:14Je pense que plus encore que n'importe quel combattant
09:18des forces terrestres,
09:20le combattant NRBC doit faire preuve d'une très grande humilité
09:23face à la nature protéiforme de la menace.
09:28Face à l'usage décomplexé de la violence par leurs compétiteurs,
09:31les armées font évoluer leurs capacités.
09:34Avec la section technique de l'armée de terre,
09:36elles mènent aujourd'hui des expérimentations
09:38pour se préparer à un éventuel conflit de haute intensité.
09:43Tout le défi pour nous, c'est d'arriver à changer d'ordre de grandeur,
09:46de passer de quelques centaines de personnes déployées au Moyen-Orient
09:49à plusieurs dizaines de milliers déployées en haute intensité,
09:53avec toute la logistique qui va avec.
09:55Et la logistique NRBC, c'est beaucoup, beaucoup de consommables.
09:57Toute la capacité à amener des détecteurs,
09:59tous les consommables qui vont avec, etc.,
10:01ça, c'est notre grand défi,
10:02et on s'y prépare à l'état-major des armées.
10:03Pour moderniser la reconnaissance terrestre blindée,
10:10nous allons participer à des évaluations technico-opérationnelles
10:14de robots terrestres, qu'on appelle des mules,
10:17qui pourront être tractés derrière nos véhicules blindés
10:20et qui pourront, de manière déportée, donc téléopérée,
10:23aller effectuer des prélèvements
10:26et de la reconnaissance d'agents chimiques
10:30ou d'agents de type biologique au combat.
10:35Donc un renouvellement capacitaire, je dirais, absolument complet
10:38de notre matériel s'opère à partir de cette année.
10:43Je suis en train de piloter le Phobos, en fait,
10:45qui est le gros UGV, là, que vous voyez dehors.
10:47Ça, c'est la tabette plus débarquée,
10:49et là, il est en train de piloter Vanafia
10:50en même temps que je pilote le Phobos,
10:51comme ça, j'ai aussi une vue de dessus.
10:52Je pense que l'avantage de l'aérien,
10:54il est déjà bien représenté, il est bien compris,
10:57il est assimilé par les opérateurs.
10:58Ça commence à être déployé petit à petit.
11:01Après, sur la partie terrestre, c'est encore le début.
11:04Mais cette notion de capteur déporté fait tout sens
11:07pour éviter d'avoir un véhicule habité sur terrain.
11:10Je pense que ça a une forte utilité
11:12d'avoir seulement une plateforme terrestre
11:14qui est contaminée,
11:15plutôt qu'un véhicule habité équipé relativement coté.
11:19Sur l'aspect évolution des conflits,
11:22si on prend le cas du conflit ukrainien,
11:25on se rend compte qu'une capacité qui est regroupée
11:28dans un seul engin,
11:29c'est exactement comme une section
11:32qui est regroupée sur le terrain,
11:33elle est immédiatement identifiée et frappée.
11:35Potentiellement, cette reconnaissance déportée,
11:39je dirais, en disséminant les moyens,
11:41avec des moyens plus petits,
11:44pourrait permettre de voir trop rapidement être détruit
11:46des éléments à forte valeur ajoutée.
11:48Donc là-dessus, on s'adapte effectivement
11:51aux menaces des conflits qui sont aujourd'hui observés.
12:02En fait, il ne faut pas se tromper de combat aujourd'hui.
12:04Ce n'est pas parce qu'on revient à la haute intensité
12:06qu'on doit imaginer qu'on va recevoir des pluies
12:08d'obus chargés de toxiques de guerre,
12:11puisque c'est quand même ça qu'on a dans l'imaginaire collectif.
12:12Ce que nous, on dit aujourd'hui,
12:15c'est que, un, il faut continuer à comprendre ces phénomènes.
12:18Donc, ça veut dire mettre l'effort sur la recherche,
12:20sur l'expertise et sur le renseignement,
12:22pour être en mesure de savoir ce qui se passe
12:24ou de ce qui est potentiellement actionnable
12:26par l'un ou l'autre de nos adversaires.
12:29Et puis, derrière ça, forcément,
12:30on essaye de trouver des solutions
12:32qui soient efficaces sur le plan opérationnel.
12:34Pour qualifier les menaces biologiques et chimiques,
12:41les armées françaises possèdent un savoir-faire d'analyse
12:43quasiment unique au monde.
12:46Quelque part, en région parisienne,
12:47le centre de maîtrise NRBC
12:49de la Direction Générale de l'Armement
12:51reçoit des agents prélevés sur le terrain.
12:53Deux laboratoires distincts assurent
12:55leur détection et leur analyse.
12:58Exceptionnellement,
12:59déjà maîtrise NRBC nous a ouvert ses portes.
13:02Mais pour des raisons de sécurité,
13:03leurs visages resteront dans l'ombre.
13:06Le risque est quand même élevé
13:07parce qu'on travaille sur des agents
13:09avec un risque de Q4.
13:11Donc c'est un risque mortel pour l'homme.
13:13Donc du coup, tous les gestes sont minutieux.
13:32Les échantillons
13:33qui leur sont confiés permettent de reconstituer
13:35la chaîne de la preuve
13:36et de caractériser les agissements
13:38des compétiteurs de la France.
13:39Donc ça, c'est l'échantillon qui nous a été livré.
13:46Alors, on a plusieurs clients.
13:49On va dire que n'importe qui qui cherche
13:51des agents de guerre chimiques dans un échantillon
13:53peut nous l'apporter.
13:54Donc je vais faire un prélèvement
13:55pour pouvoir faire un traitement
13:57sur cet échantillon-là.
13:58Donc en général, on fait plusieurs prélèvements
14:00pour pouvoir faire plusieurs traitements
14:02pour rechercher toute la gamme de composés
14:03qu'on nous demande de rechercher.
14:04Ça va permettre de montrer
14:06s'il y a ou il n'y a pas
14:08la présence d'un toxique de guerre
14:09ou d'un produit apparenté au toxique de guerre.
14:13Grâce aux renseignements observés sur le terrain,
14:16la DGA est également capable
14:17de modéliser par ordinateur un événement
14:19afin d'anticiper ou d'analyser les menaces.
14:21Donc la modélisation, ça va servir
14:30à un décideur politique, généralement,
14:33ou des forces,
14:34à avoir une bonne idée de la physique
14:36de l'événement redouté ou envisagé
14:38et de savoir comment s'y préparer.
14:40Une opération, par exemple,
14:41sur laquelle on a été amené à participer,
14:44c'est en 2013, il y a eu un événement chimique
14:46à la Gouta,
14:47c'est un quartier en Syrie.
14:49Et les services français imaginaient
14:51que ça pouvait être dû à une requête de sarin.
14:52Et donc on a été amené à modéliser le rejet.
14:56Donc d'ailleurs, ça correspond au cas
14:57que vous pouvez voir ici.
14:59On prédit ensuite un certain nombre de victimes,
15:01donc nombre de personnes
15:02avec des effets potentiellement sévères
15:04et qui vont avoir besoin d'être traitées.
15:06Et en comparant ce nombre-là
15:07au nombre de personnes
15:09qui sont allées effectivement à l'hôpital,
15:12ça permet de dire
15:12est-ce que le scénario est crédible ou pas.
15:14Donc ça donne les premiers éléments
15:16en fait aux décideurs
15:17de la filière de la preuve
15:18afin de savoir si
15:19oui ou non,
15:20est-ce qu'il faut envisager des actions
15:22contre le régime syrien ?
15:23Notre but, c'est vraiment
15:25de fournir, dans ce cas-là aux politiques,
15:27les données qui leur permettront
15:29de prendre leurs décisions
15:29de manière la plus éclairée possible.
15:31Dans les cas où l'utilisation
15:32d'armes de destruction massive
15:34est prouvée par la communauté internationale
15:36de manière large,
15:37cas qui s'est en réalité
15:38trouvé que pour l'instant
15:39pour les armes chimiques
15:40et dans le cas syrien,
15:41il y a évidemment plusieurs ressorts.
15:43On va sans doute se trouver
15:45au niveau du Conseil de sécurité
15:46des Nations Unies
15:47avec la possibilité
15:48d'avoir une condamnation,
15:50une isolation du pays,
15:51des sanctions éventuellement internationales
15:53qui peuvent être votées.
15:55Et puis, si des États le décident,
15:56on peut même aller vers une action militaire
15:58et on peut peut-être rappeler
15:59que c'est le choix qui avait été fait
16:00par la France en 2018
16:02de conduire des frappes
16:03sur des installations chimiques
16:05en Syrie.
16:05Donc, il y a toute une gradation
16:06de solutions
16:08qui peuvent être adoptées.
16:19La France tient à son autonomie
16:21dans le domaine NRBC.
16:23Mais face aux menaces de demain,
16:24s'entraîner avec ses alliés,
16:26c'est se préparer
16:26à répondre ensemble.
16:28En 2026,
16:30la France prendra la tête
16:31de l'alerte NRBC de l'OTAN.
16:32La section NRBC
16:34des pompiers de l'air
16:34et de l'espace
16:35y sera engagée
16:36aux côtés de l'ensemble
16:37des unités spécialisées françaises.
16:40Le premier escadron spécialisé
16:42des pompiers de l'air
16:42est officiellement créé
16:43au 1er janvier 2025.
16:45Et donc, c'est une refonte
16:48de l'unité d'intervention NRBC.
16:49Donc, on récupère ces missions-là
16:51qui sont hautement spécialisées.
16:52Donc, effectivement,
16:53pour l'instant,
16:53on est la seule unité
16:54de l'armée de l'air de ce type.
16:57Aujourd'hui, nous sommes en Slovaquie
16:59pour l'exercice international
17:01et otanien
17:01de Toxic Valley,
17:03édition 2025.
17:05Le but premier de cet exercice
17:06c'est de travailler en LAT,
17:07donc en agent réel
17:09et notamment chimique
17:10et également
17:11d'éprouver nos procédures
17:13puisqu'on a un doctrine à respecter
17:14et de travailler l'interopérabilité
17:16avec les alliés de l'OTAN.
17:17On a l'air d'être sur plusieurs étages.
17:25En face de nous,
17:26on retrouve une porte ouverte.
17:28reçu.
17:31Cet exercice en particulier,
17:32il y a déjà eu plusieurs éditions
17:33où la France,
17:34notamment l'armée de l'air
17:35et de l'espace,
17:36participe.
17:37Et c'est indépendamment
17:38de l'actualité internationale
17:40qui s'y présente.
17:41En revanche,
17:42la France prend l'alerte NRBC
17:44au niveau de l'OTAN
17:45et en fait,
17:46on va armer
17:46notamment différents postes
17:48en cas de déclenchement
17:49d'une alerte
17:49où la France sera en mesure
17:50de déclencher des capacités NRBC.
17:51Dans le cadre de la lutte
17:58contre la menace NRBC,
17:59on s'entraîne à la fois
18:00seul et avec nos alliés.
18:02Seul parce qu'il s'agit aussi
18:03de conserver une capacité autonome
18:05d'appréciation de situation.
18:06Donc en fait,
18:07on ne peut pas se permettre
18:08de trop déléguer
18:09de choses qui seraient confidentielles
18:10à nos alliés.
18:12Mais en même temps,
18:12seul, on ne va pas très loin.
18:14Donc on s'entraîne
18:15avec nos alliés
18:16et le plus souvent
18:17dans le cadre de l'OTAN
18:18qui est un cadre normatif
18:19très intéressant pour nous
18:20et une vraie caisse de résonance
18:22pour notre excellence nationale.
18:24Effectivement,
18:24ça permet une grande
18:25ouverture d'esprit
18:26et de se rendre compte
18:27des fois des divergences
18:28mais aussi beaucoup
18:29de la mission commune
18:31et le fait de travailler ensemble.
18:33Ça permet effectivement
18:34de beaucoup rapprocher,
18:36de baisser les barrières
18:38de la langue
18:38et d'éprouver ensemble
18:40les procédures
18:41et d'échanger sur éventuellement
18:42ce qui est intéressant
18:43à prendre chez une nation
18:44et d'essayer d'évoluer ensemble
18:46pour pallier à toute menace.
18:50Le contexte de l'exercice d'aujourd'hui,
18:55c'était une intervention conjointe
18:56avec la police locale
18:59pour intervenir dans un bâtiment
19:00où il y a une activité suspecte
19:01de fabrication de drogue.
19:02Le contexte de l'exercice d'aujourd'hui,
19:17c'était une intervention conjointe
19:18avec la police locale
19:19pour intervenir dans un bâtiment
19:21où il y a une activité suspecte
19:23de fabrication de drogue.
19:25L'idée de manœuvre,
19:26c'était que dans un premier temps,
19:27il y avait une colonne d'intervention
19:28conjointe avec la police locale
19:31et l'équipe de reconnaissance
19:33pour la partie NRBC.
19:35Et donc, la police assurait
19:36de la partie force protection
19:37et éventuellement neutralisation
19:39s'il y avait un suspect
19:40à présent dans le bâtiment.
19:42Et la partie Reiki
19:44de l'équipe SIPCRA
19:45s'occupait de s'assurer
19:46qu'il n'y avait pas de danger
19:47notamment ambiant
19:49d'agent de la menace NRBC.
19:51Une fois que la zone était safe
19:58en termes d'ennemis,
20:00que la zone était claire,
20:01on a pu procéder
20:01à ce qu'on appelle
20:02au scan rapide et approfondi
20:05pour essayer de trouver les agents
20:08et voir éventuellement
20:09les prélèvements
20:10pour faire de la preuve
20:11de l'activité suspecte.
20:13Je vous confirme
20:13qu'on a pu trouver les éléments
20:15donc on va pouvoir
20:16amener ça
20:17comme preuve
20:18qu'il y avait bien
20:19une activité de laboratoire
20:21de création
20:22de fabrication de drogues.
20:31L'excellence française NRBC
20:33elle est connue
20:34et reconnue
20:34auprès de nos alliés
20:35et elle est due
20:36au fait historique
20:37que la France
20:38a longuement possédé
20:39ses armes
20:39et aujourd'hui
20:40a conservé
20:41toute la mémoire
20:41de ces sujets
20:42à la fois dans le domaine chimique
20:44biologique
20:45et bien sûr
20:46avec l'arme nucléaire
20:47dans le domaine radiologique.
20:49Aujourd'hui
20:50on dispose
20:50de tout ce champ
20:51de compétences
20:52qui fait de nous
20:52un allié précieux
20:54parce qu'on a une capacité
20:55d'appréciation autonome
20:56sur tout le spectre
20:57d'usage de ces armes
20:58et ça c'est très recherché
21:00par nos alliés
21:00parce que la parole
21:01de la France
21:01est très écoutée
21:02très attendue
21:03et très écoutée
21:04souvent dans les instances
21:04internationales.
21:09Si cette parole
21:10est tant écoutée
21:11c'est que les armées françaises
21:12affrontent la menace
21:13au plus près.
21:15Elles ont d'ailleurs
21:16éprouvé leur savoir-faire
21:17face à l'une des maladies
21:18les plus redoutables
21:18de notre époque.
21:20Lorsque le virus Ebola
21:21a frappé la Guinée-Conakry
21:22il y a quelques années
21:23le deuxième régiment
21:24de Dragon
21:25a été déployé
21:25aux côtés du régiment
21:26médical
21:27et du service de santé
21:28des armées
21:28à la demande
21:29des autorités locales.
21:32Leur mission
21:32était de prendre en charge
21:33les patients
21:33dans un centre
21:34de traitement des soins
21:35créé à cet effet.
21:37L'opération Tamarin
21:37reste pour ces militaires
21:39l'une des expériences
21:40les plus fortes
21:40de leur engagement opérationnel.
21:42On a eu pas mal
21:45d'entraînements
21:45avant de partir
21:46une grosse préparation
21:47parce qu'on partait
21:48pour Ebola
21:49donc du réel
21:50donc ce virus
21:52tuait beaucoup de gens.
21:53La préparation a été
21:55surtout sur le matériel
21:56et surtout sur
21:57les bons gestes
21:59à avoir
21:59à adopter
22:00pour justement
22:00le virus Ebola
22:01qui était transmissible
22:03par les voies
22:03tactiles, aériennes
22:05la salive, le sang
22:07donc il fallait vraiment
22:08être très minutieux.
22:09On savait que c'était
22:10un virus mortel
22:11s'il n'était pas traité
22:13à temps
22:13et pris en temps
22:14et en heure.
22:15Ma spécialité
22:16du deuxième régiment
22:18de Dragon
22:18est utile
22:19et a permis quand même
22:21de sauver des vies
22:22quand on y était
22:23même s'il y a eu des morts
22:24mais on en a sauvé
22:25et ça c'était
22:26le plus gratifiant au final
22:27voir les gens
22:28guérir du virus Ebola
22:30et ressortir
22:30en bonne santé.
22:33Les premières pensées
22:34que j'ai eues
22:34quand je suis rentrant
22:35en zone rouge
22:35ça a été un mélange
22:37de beaucoup de
22:38comment dire
22:39de signaux
22:40de stress
22:41d'anxiété
22:42un peu d'excitation
22:44d'adrénaline
22:44toutes ces choses
22:45qui se mêlent
22:46et au final
22:47une fois dedans
22:48l'entraînement
22:50qu'on a fait
22:50en amont
22:51prend le dessus
22:52et tout devient
22:54naturel.
22:58Fortes de leur
22:59expérience opérationnelle
23:00les armées françaises
23:01cultivent leur expertise
23:02dans le domaine
23:03NRBC
23:03capables d'identifier
23:05de prélever
23:06ou encore d'analyser
23:07elles s'adaptent
23:08face à cette menace
23:08imprévisible
23:09en constante évolution
23:10une mission exigeante
23:14qui oblige
23:15chaque combattant
23:16spécialiste
23:16à s'entraîner
23:17chaque jour
23:17pour que la France
23:18reste une véritable
23:19nation cadre
23:20reconnue par ses alliés
23:21suis-je suffisamment
23:23prêt
23:24physiquement
23:25moralement
23:26techniquement
23:27suis-je suffisamment
23:29équipé
23:29pour m'engager
23:31selon l'adage
23:32dès ce soir
23:33c'est ma préoccupation
23:35permanente
23:36c'est celle
23:37du moindre
23:38combattant
23:39de l'armée de terre
23:40c'est celle
23:41du jeune dragon
23:42au colonel
23:44j'ai la faiblesse
23:45de penser
23:46que la réponse
23:47est oui
23:47nous sommes
23:48prêts
23:49à nous engager
23:51ce qui ne veut pas dire
23:52que nous ne serons pas
23:54je leur dis
23:54surpris
23:55que nous ne serons pas
23:56en déséquilibre avant
23:58par la nature
24:00du combat
24:02que nous aurons à mener
24:03mais ce qui est certain
24:04c'est que la détermination
24:06elle existe
24:07et que la détermination
24:09est le premier facteur
24:11de succès
24:12pour je dirais
24:14monter
24:14sur le ring
24:15le message
24:16qu'on veut faire passer
24:17nous à la population française
24:18d'une manière générale
24:18c'est qu'aujourd'hui
24:19la France est certainement
24:19l'un des pays
24:20les mieux préparés
24:20au monde
24:21sur ces menaces là
24:23alors est-ce que ça suffit
24:24ça suffira jamais
24:25puisque le système
24:26ne peut pas être à 100% étanche
24:27il ne faut pas non plus mentir
24:28mais oui
24:30on peut être assez serein
24:41il ne peut pas être à 100%
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