00:007h, Europe 1 Matin, à 7h12 sur Europe 1, Dimitri Pavlenko vous recevez ce matin l'un des vice-présidents des Républicains, Guillaume Larivé.
00:08Bonjour Guillaume Larivé, bonjour, bienvenue sur Europe 1, ancien député de Lyon, vous êtes aussi chroniqueur au journal L'Opinion
00:15et vous êtes avec nous ce matin car vous venez de quitter, c'était hier avec Fraca, la présidence du conseil d'administration de l'OFI.
00:22Alors l'OFI, je rappelle ce que c'est, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, c'est l'organisme qui gère les demandes de regroupement familial,
00:30les procédures d'asile, de séjour pour soins, les parcours d'intégration républicaine aussi, mais aussi les procédures de retour.
00:37C'est un organisme central de la machine française d'accueil des immigrés.
00:42Et alors vous partez, Guillaume Larivé, 40 jours à peine seulement après votre nomination par Emmanuel Macron, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:49Écoutez, c'est très simple, moi je ne veux pas être le complice du chaos migratoire que M. Macron et son actuel gouvernement vont aggraver.
00:59Quand j'ai accepté cette mission, il y a un peu plus d'un mois, c'était à la demande de Bruno Retailleau pour l'aider à réduire l'immigration.
01:08Et depuis un an, Place Beauvau, Bruno Retailleau avait commencé à obtenir quelques résultats.
01:14Il avait augmenté les expulsions de 18%, il avait augmenté les interpellations de clandestins de 10%.
01:22Puis on avait aussi commencé à réduire les régularisations de clandestins, moins 30%, baisser les naturalisations de 17%.
01:29Bref, il y avait un effort qui était engagé.
01:31Et lorsque j'ai écouté les déclarations de M. Lecornu à l'Assemblée nationale mercredi, lorsque j'ai lu aussi le projet de loi de finances,
01:41j'ai vu qu'il n'y avait aucune ambition de réduction de l'immigration.
01:46Et pour moi, il n'est juste pas possible que je reste à la présidence de l'Office français de l'immigration,
01:50parce que je pète le complice de ça.
01:53Et c'est donc ce que j'ai écrit hier au Président de la République,
01:56en démissionnant de cette présidence de l'Office français de l'immigration,
02:00et en reprenant mon entière liberté.
02:03On pourrait vous soupçonner, Guillaume Larivé, d'avoir accepté le poste il y a un mois,
02:07dans le seul but d'en démissionner.
02:09D'ailleurs, est-ce qu'il y a un lien entre votre départ et celui du gouvernement de Bruno Retailleau,
02:13que vous citez d'ailleurs dans votre lettre à Emmanuel Macron, pour lui annoncer votre démission ?
02:18Vous savez, mon engagement dans la vie publique, depuis pas mal d'années déjà,
02:23c'est un engagement au service de conviction.
02:25La politique, ce n'est pas un truc pour chercher des places, pour chercher un titre, pour chercher une ligne sur un CV.
02:31Moi, quand j'acceptais cette mission gouvernementale, aux côtés de Bruno Retailleau,
02:35c'était pour faire le job.
02:36Et dès lors que je constate que c'est impossible, évidemment, je claque la porte.
02:40Vous pensiez avoir la main sur le robinet ? L'Office n'est pas du tout ça.
02:43C'est une machine d'accompagnement de l'accueil des immigrés, Guillaume Larivé.
02:47C'est un outil qui permet de participer à la mise en œuvre d'une politique.
02:55Et lorsque cette politique a un objectif que je ne partage pas,
02:58je décide évidemment de ne pas en être complice.
03:03Vous savez, très concrètement, quand je regarde ce qu'il y a dans le budget,
03:07quand je vois que dans le budget pour 2026, qui a été adopté il y a quelques jours par le Conseil des ministres,
03:12vous avez plus d'un milliard d'euros pour l'aide médicale d'État et zéro réforme.
03:16Vous avez plus d'un milliard d'euros pour l'hébergement des demandeurs d'asile et zéro réforme.
03:21Vous avez aussi, ça a d'ailleurs été très bien documenté récemment par un rapport parlementaire de Charles Rodouel,
03:27vous avez un coût de 2 milliards d'euros chaque année à cause de l'accord franco-algérien que M. Macron refuse de dénoncer.
03:35Moi, je ne veux pas être complice de ça.
03:38Bruno Retailleau a fait tout ce qu'il a pu pendant un an pour essayer de serrer les vis,
03:43malgré l'obstruction du quai d'Orsay, malgré un cadre juridique extrêmement contraint.
03:49Et voilà, moi, je ne veux pas rester dans un bateau qui est en train d'échouer,
03:55au détriment de la France et des Français, mais aussi d'ailleurs, je vous l'ai dit,
03:58au détriment aussi des ressortissants étrangers qui souhaitent sincèrement participer à notre projet national,
04:05qui respectent nos lois, qui aiment notre histoire, qui démontrent leur assimilation à notre nation.
04:09Voilà, moi, j'aime trop la France, si vous voulez, pour être complice d'une politique d'immigration
04:14qui, en fait, aggrave le chaos migratoire.
04:16Mais je vais donner les chiffres, Guillaume Larivé.
04:18En 2024, la population immigrée en France, plus 434 000 personnes, c'est le recensement INSEE.
04:25C'est quatre fois la moyenne des années 2000.
04:28On parle de l'OFI, 52 000 nuits d'hôtels par jour, 52 000 nuits par jour, c'est 1 milliard d'eux par an aux Français.
04:36Et vous, vous nous dites, Guillaume Larivé, moi je suis contre ça, qu'est-ce que je fais ? Je m'en vais.
04:40Je m'en vais. Vous ne vous battez pas.
04:42Ah si, je me bats comme vice-président des Républicains, comme homme politique,
04:46je me bats aussi comme chroniqueur, je viens de sortir un livre qui s'appelle
04:50Immigration, l'heure de la décision, qui fait des propositions extrêmement précises.
04:54Ma conviction, c'est qu'il faut tout changer.
04:56Il faut changer, et je le dis d'ailleurs depuis des années, il faut changer le cadre juridique de tout ça.
05:00Il faut redonner la parole aux Français en leur proposant, par un référendum,
05:04une loi qui va modifier le cadre de tout ça.
05:08Très concrètement, par exemple, il faut dire que les étrangers en situation illégale
05:13ne peuvent accéder aux aides sociales qu'après 3 ou 4 ans de séjour régulier en France.
05:19Il faut modifier le cadre juridique pour faciliter les expulsions.
05:23Il faut une nouvelle politique diplomatique pour créer un rapport de puissance avec les États d'origine.
05:30Et voilà, il y a des ruptures absolument fondamentales.
05:32Je plaide pour ça depuis des années, dans mes bouquins et puis au sein de ma famille politique.
05:36J'étais prêt à aider Bruno Retailleau à faire le maximum quand il était au ministère de l'Intérieur.
05:42Maintenant qu'il n'est plus Place Beauvau et que les socialo-macronistes sont au pouvoir,
05:47il n'est pas question pour moi d'être complice de cet abaissement de la France.
05:51D'ailleurs, vous vous situez où ? Dans votre famille politique aujourd'hui,
05:55les Républicains, Guillaume Larivé.
05:56Est-ce que vous considérez que Bruno Retailleau a bien fait de partir ?
06:00Est-ce qu'il a bien expliqué son départ ?
06:02Est-ce que vous comprenez l'attitude des députés à l'Assemblée,
06:05pour le moins tangent sur la question du budget, sur la question de la censure hier ?
06:12Racontez-nous un petit peu comment vous vous placez, vous, par rapport à...
06:14Moi, je ne suis pas un commentateur.
06:17J'essaie modestement d'être un acteur.
06:19Vous êtes un des vice-présidents des Républicains, quand même.
06:21Je vous le dis comme gaulliste, comme l'un des vice-présidents des Républicains,
06:24cette famille politique où je milite depuis 25 ans.
06:27Vous savez, moi, je n'ai jamais changé d'étiquette.
06:28Ce n'est pas le genre de la maison.
06:29Je vous le dis très directement, les petites querelles de Chapelle, ça suffit.
06:33La situation de la France est trop grave.
06:37Et ma conviction, comme gaulliste, c'est que nous devons construire une nouvelle offre politique,
06:42à la fois nationale et libérale, pour remettre la France à l'endroit.
06:47Et avec mes compagnons de LR, avec Bruno Retailleau, avec d'autres,
06:51parce qu'on est une équipe encore solide,
06:53on va essayer d'y contribuer dans les mois qui viennent, en traçant une ligne droite.
06:57Et j'ai presque envie de vous dire qu'ils nous aiment, nous suivent.
07:00Il faut de la clarté.
07:02On ne peut pas éternellement ménager la chèvre et le chou.
07:07Il faut servir la France.
07:08Il faut dire ce qu'on pense.
07:09Il faut agir en accord avec nos convictions.
07:13Parce que c'est l'intérêt de la politique.
07:15Encore une fois, la politique, ce n'est pas d'avoir des places, des titres,
07:18ou essayer de faire la course des petits chevaux.
07:20Ce n'est pas l'image que renvoient les députés, les Républicains.
07:23Je suis conscient qu'il y a besoin de clarté et que chacun ferait bien de s'en inspirer.
07:29Parce qu'encore une fois, la situation est trop grave.
07:31Moi, je le vois sur le terrain.
07:32J'ai été député de Lyon pendant dix ans.
07:35Je fais cette interview d'ailleurs en direct d'Ausser chez moi.
07:39J'entends ce que me disent les gens.
07:40Les gens ont envie qu'on remette la France à l'endroit.
07:43Et ma conviction, c'est qu'il y a une immense majorité, encore un peu silencieuse dans le pays,
07:49qui est à droite et qui espère qu'on va être capable de trouver des solutions de droite sérieuses
07:56pour remettre la France d'aplomb.
07:58Merci Guillaume Larivé d'être intervenu ce matin sur l'antenne d'Europe 1 en direct depuis Ausser.
08:03Comme vous l'avez dit, ancien député de Lyon,
08:05je rappelle que vous venez donc de démissionner de la présidence du Conseil d'administration
08:09de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
08:12Merci d'être venu nous en parler ce matin.
08:13Merci à vous.
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