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  • il y a 3 mois
À LA UNE / SOS associations en détresse !

« Ça ne tient plus ! » : les représentants des associations françaises se sont mobilisés avec ce mot d'ordre, le samedi 11 octobre 2025. La France compte 1,4 million d'associations, regroupant 20 millions de bénévoles et 1,9 million de salariés (10 % de l'emploi privé). Elles ont un budget total de 113 milliards d'euros (3 % du produit intérieur brut), et sont notamment derrière 90 % des établissements d'accueil des enfants handicapés, mais aussi la moitié des structures d'aide à domicile ou un tiers des Ehpad et 10% des établissements hospitaliers français. Sans les associations, « le pays tomberait », avance Patrice Douret, président bénévole des Restos du coeur. En octobre 2025, le Mouvement associatif a publié une enquête selon laquelle un tiers des associations n'ont plus que trois mois de trésorerie, et 70 % ont des fonds propres « fragiles » ou « nuls ». Pour cause, six sur dix ont déclaré une baisse de leurs financements publics, qui représentent en moyenne 40% leur budget. Depuis janvier, 669 associations ont été liquidées, soit deux fois plus qu'en 2022 et 16 % de plus qu'en 2024. « En 20 ans, les subventions aux associations ont chuté de 41 % », appuie la députée LFI Nadège Abomangoli, avant de rajouter qu'il « y a urgence ». Son groupe avait déposé en 2023 une proposition de loi « visant à pérenniser les financements » avec notamment un contrat pluriannuel. Le projet de budget du deuxième gouvernement Lecornu propose lui de doubler le plafond des dons (passant de 1 000 à 2 000 euros). Emmanuel Macron est-il responsable de la crise du monde associatif français ?

Invités :
- Yohan Penel, porte-parole du Mouvement Associatif
- Florence Thune, directrice générale du Sidaction
- Sabrina Sebaihi, députée écologiste des Hauts-de-Seine


Chroniques :

« Le mot du jour » : CENSURE par Mariette Darrigrand, sémiologue

« Quelle histoire ! » : « Moi député... » par Laurent Guimier


LA QUESTION QUI FÂCHE / Suspension de la réforme des retraites : y a-t-il un piège ?

À la surprise de certains partis d'opposition, le Premier ministre a annoncé une suspension de la réforme des retraites lors de sa déclaration de politique générale. Cette annonce n'a pas suffi à contenter les députés d'opposition ayant voté en faveur de la censure du gouvernement jeudi 16 octobre. Pour les députés écologistes et de La France Insoumise, cette suspension est une « arnaque » (selon Manuel Bompard) et ne vaut pas son abrogation. Les élus du Rassemblement National ou de l'UDR, eux, pointe du doigt les zones d'ombre des modalités de mise en place de cette « vraie fausse suspension ». La suspension entraînerait un blocage de l'âge légal de départ en retraite à 62 ans et 9 mois, et un gel de la durée de cotisation à 170 trimestres jusqu'à l'élection présidentielle de 2027. Cette suspension de la réforme des retraites sera-t-elle concrétisée par le biais d'un amendement au budget de la sécurité sociale comme l'a annoncé Séba

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Transcription
00:00:00Générique
00:00:01...
00:00:10Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP Canal 8.
00:00:27On est ensemble pour une heure de décryptage et de débat en direct de l'Assemblée Nationale
00:00:32avec pour m'accompagner ce soir la sémiologue Mariette Darigrand.
00:00:35Bonsoir Mariette.
00:00:36Bonsoir Adeline.
00:00:37Et Laurent Guivier. Bonsoir Laurent.
00:00:38Bonsoir Adeline.
00:00:39Vous allez bien tous les deux ?
00:00:39Très très bien.
00:00:40C'est parti pour le sommaire avec à la une ce soir le gouvernement Lecornu qui échappe à la censure
00:00:45mais ça s'est joué à quelques voix, 18 pour être précise pour la motion de la France insoumise.
00:00:51On décryptera ce vote notamment à 20h30 avec Marco Pommier dans Bourbon Express
00:00:55qui aura aussi d'ailleurs ce soir un invité surprise, un ministre qui a appris sa nomination
00:01:00en regardant la télévision dimanche soir, je ne vous en dis pas plus.
00:01:03Avant cela, les assos à l'os nous donnons la parole ce soir aux associations qui se mobilisent
00:01:10pour alerter sur leur situation d'urgence financière.
00:01:14Ça ne tient plus, disent-elles, alors que leurs financements sont en baisse continue
00:01:17et que la bataille du budget va donc commencer au Parlement.
00:01:21Eh bien nous en parlons ce soir avec Florence Thune, la directrice générale de SIDAction.
00:01:26Bonsoir.
00:01:26Bonsoir.
00:01:26Et merci d'être là aux côtés de Johan Penel, porte-parole du mouvement associatif.
00:01:31Vous revendiquez 700 000 associations.
00:01:33Bonsoir et merci d'être là.
00:01:35Et Sabrina Sébailly, députée écologiste des Hauts-de-Seine.
00:01:38Je suis sûre que les deux autres invités ont beaucoup de questions à vous poser
00:01:41sur ce que pourra contenir le budget en faveur des associations.
00:01:45Mariette, quel est votre mot du jour ?
00:01:47Évidemment, le mot censure Adeline, il est au cœur de l'actualité,
00:01:50mais on va le regarder au contraire dans son histoire longue, dans son origine.
00:01:54À suivre ensuite à 20h, quelle histoire avec Laurent Guimier ?
00:01:58Je vous raconte le tube du moment chez les LR.
00:02:00Si j'étais députée de la République, je chante en plus.
00:02:03Non, ne chantez pas.
00:02:05Dans la deuxième partie de Chaque voix Compte, la question qui fâche,
00:02:09la réforme des retraites sera-t-elle vraiment suspendue ?
00:02:11Le doute s'immisce chez les députés et nous en débattrons avec
00:02:15Nicolas Metzdorff, député Ensemble pour la République de Nouvelle-Calédonie,
00:02:20Sandrine Runel, députée socialiste du Rhône
00:02:22et Daniel Obono, députée insoumise de Paris.
00:02:26Nous attendons bien sûr vos questions ou vos réflexions
00:02:28en flashant le QR code qui s'affiche ici.
00:02:31Voilà pour le menu du soir.
00:02:32Installez-vous confortablement, Chaque voix Compte.
00:02:34C'est parti.
00:02:41Chaque voix Compte.
00:02:44Et ce soir, nous voulions donc d'abord vous faire entendre la voix
00:02:46de quelques 20 millions de bénévoles et 2 millions de salariés
00:02:50aujourd'hui engagés dans des associations.
00:02:53Ça ne tient plus, disent en cœur ces associations,
00:02:56ça ne tient plus parce qu'elles font face à un cocktail explosif,
00:02:59davantage de besoins, plus de charges en raison de l'inflation
00:03:03et moins de subventions.
00:03:04Alors avant de vous entendre tous les trois,
00:03:06état des lieux ce soir avec Hélène Bonduelle.
00:03:11Ça ne tient plus, les assos coulent.
00:03:19Samedi dernier, ras-le-bol et inquiétudes se lisaient
00:03:22sur les pancartes de ces acteurs de l'associatif
00:03:24qui lançaient un cri d'alarme.
00:03:27Les associations, près de 50% d'entre elles,
00:03:28ont vu leur financement diminuer.
00:03:30Et donc quand vous êtes dans cette situation,
00:03:32vous devez arbitrer entre des activités, des publics,
00:03:35des salariés parfois.
00:03:36Et c'est absolument insoutenable de devoir faire face
00:03:39à ce type d'arbitrage.
00:03:42Un tiers des associations déclarent même n'avoir plus que
00:03:45trois mois de trésorerie devant elles.
00:03:48En cause, les baisses drastiques de subventions publiques,
00:03:51avec un projet de loi de finances 2025 adopté très tardivement
00:03:55et des coupes budgétaires pour les collectivités locales.
00:03:59Or, ce sont ces collectivités qui financent pour près d'un tiers
00:04:02les associations.
00:04:03Des associations pourtant essentielles.
00:04:07Aujourd'hui en France, les associations tiennent le pays.
00:04:10C'est-à-dire qu'il y a 1,4 million d'associations,
00:04:13c'est 20 millions de bénévoles et 2 millions de salariés.
00:04:16Sans les associations, le pays tomberait, le pays chuterait.
00:04:19Il faut absolument les soutenir aujourd'hui.
00:04:21Le secteur associatif se tisse aussi bien dans l'alimentaire,
00:04:25le social, le sport que la santé.
00:04:28Faute de financement, le planning familial craint par exemple
00:04:31de voir son numéro vert disparaître.
00:04:34Le planning a toujours été menacé quand on porte les sujets
00:04:36d'avortement, d'éducation à la sexualité et féministe.
00:04:39Il y a évidemment des attaques, mais aujourd'hui c'est des attaques concrètes.
00:04:42On est passé de la menace à des choses actées,
00:04:44à des baisses de financement dans plusieurs départements
00:04:47et dans plusieurs villes.
00:04:48Alors que la crise économique ne fait qu'augmenter les besoins,
00:04:51les acteurs du milieu associatif appellent les pouvoirs publics
00:04:55à préserver leur budget et demandent à être reçus par le gouvernement.
00:04:59Florence Thune, vous dirigez Sidaction, qui a été créé, on le rappelle, en 1994.
00:05:06Et hier, vous avez choisi carrément de changer de logo.
00:05:09Je ne sais pas si on va pouvoir voir ce changement à l'antenne.
00:05:13Vous êtes passé de Sidaction à Sidération.
00:05:17Mariette Bouquet, sémiologue, Sidération, c'est un mot hyper fort.
00:05:21Hyper fort et qui contient une racine, le sidouce en latin,
00:05:25c'est l'astre qui éblouit tout et qui nous aveugle.
00:05:29Par exemple, quand c'est interfidéral, ça vient aussi de sidération, c'est ça ?
00:05:32Là, ce sont des chocs d'étoiles.
00:05:34En tout cas, on ne voit pas bien, on est complètement abasourdi.
00:05:37On est complètement abasourdi.
00:05:38Qu'est-ce qui vous sidère, Florence Thune ?
00:05:40De nombreux sujets, c'est une année de sidération
00:05:44et qui là, à l'heure où on va discuter du budget pour l'année prochaine,
00:05:49on est particulièrement marqués par la baisse drastique
00:05:52sur l'aide publique au développement.
00:05:54On a fait partie des voix qui ont beaucoup parlé en début d'année
00:05:58des baisses immenses de l'aide américaine
00:06:01et de leurs répercussions sur la solidarité internationale.
00:06:05Et voilà maintenant que beaucoup de pays européens
00:06:07et dont la France suivent le même chemin.
00:06:09Avec quel impact sur les actions concrètes du SIDAction ?
00:06:13Alors, en ce qui nous concerne, on est en partie financés
00:06:16effectivement par cette aide publique au développement
00:06:18et elle a un impact direct sur les actions qu'on mène par exemple en Afrique,
00:06:23dans plusieurs pays d'Afrique, où on mène entre autres
00:06:25des programmes de formation des professionnels de santé
00:06:28sur différents aspects, notamment liés à la lutte contre le SIDA
00:06:31mais pas que, dans le domaine de la santé de manière générale.
00:06:34Je donne un exemple, on accompagne des professionnels de santé au Burundi
00:06:38pour aider à la détection de lésions précancéreuses
00:06:42du cancer du col de l'étérus.
00:06:43Donc ce sont des actions très concrètes qui pourraient être directement menacées.
00:06:48On attend des réponses sur nos financements à venir.
00:06:50Et là, je me fais aussi le porte-parole de l'ensemble des ONG
00:06:54et des associations qui subissent d'énormes coupes.
00:06:56On parle potentiellement d'une coupe de plus de 60% entre 2024 et 2026
00:07:00de l'aide publique au développement.
00:07:03Vous pouvez nous donner d'autres exemples précis, en France notamment,
00:07:07des actions du SIDAction qui seraient directement touchées,
00:07:10voire supprimées par cette baisse de moyens ?
00:07:13Alors, pour ce qui concerne le public au développement,
00:07:15effectivement, ce sont plutôt des actions à l'international,
00:07:17mais on subit effectivement, parce qu'on finance aussi, nous,
00:07:19une soixantaine d'associations en France qui, pour certaines,
00:07:24ont déjà disparu.
00:07:25Fin décembre, on a une association sur Bordeaux qui a fermé ses portes
00:07:29alors qu'elle a accompagné un grand nombre de personnes vivant avec le VIH.
00:07:32Les subventions se sont arrêtées.
00:07:34Et on voit à quel point, aujourd'hui, ces associations sont vraiment très fragilisées.
00:07:39Mais dans l'exemple que vous citez à Bordeaux,
00:07:40qu'est-ce qui a justifié l'arrêt des subventions ?
00:07:43Alors, un mélange entre une baisse budgétaire
00:07:46sur le fait que le VIH ne serait plus prioritaire.
00:07:48Donc, évidemment, dans ces moments-là, plein de raisons sont données.
00:07:53Mais on voit à quel point, aujourd'hui, parmi les associations qu'on finance,
00:07:56elles sont extrêmement fragiles sur le plan financier.
00:07:59On parlait tout à l'heure de trésorerie.
00:08:01Certaines associations doivent attendre des mois, la fin de l'année,
00:08:05pour avoir des réponses sur leur financement en cours.
00:08:09Nous, on arrive à financer dès le début de l'année pour les aider à tenir.
00:08:12Mais on voit à quel point elles sont fragilisées.
00:08:14Un autre exemple très concret qui nous préoccupe, déjà depuis l'année dernière,
00:08:18c'est par exemple la prime Ségur, la prime Ségur qui était au départ pour le personnalisme hospitalier,
00:08:23qui était étendue aux oubliés du Ségur, et ce qui est en soi une très bonne chose.
00:08:27Mais ces associations, elles n'ont pas de compensation par rapport à cette prime Ségur.
00:08:31Et on a fait une petite enquête auprès d'une trentaine d'associations.
00:08:36Et la ressource supplémentaire dont elles auraient besoin, c'est plus d'un million trois cent mille euros
00:08:41pour payer ces primes Ségur.
00:08:44Et aujourd'hui, la plupart n'ont pas cet argent.
00:08:46Et donc, elles doivent ou licencier ou fermer des activités de prévention ou de dépistage.
00:08:50Si d'action fonctionne aussi avec des dons, vous avez vous aussi été impacté par la baisse des dons,
00:08:56en général, en France, à cause de l'inflation ?
00:08:58Oui, on sent qu'année après année, c'est plus compliqué.
00:09:03Les Français restent très généreux, mais on sent que la générosité se transforme.
00:09:07Et la générosité, elle ne peut pas tout compenser, même si elle reste extrêmement importante.
00:09:12Et c'est pour ça que, de notre côté, on peut encore engager nos financements
00:09:15sur les deux années à venir pour les associations.
00:09:17Mais on voit à quel point celles qu'on soutient ont été très impactées,
00:09:21que ce soit en Afrique ou en France.
00:09:23Johan Penel, vous êtes donc le porte-parole du mouvement associatif
00:09:26qui regroupe plus de 700 000 associations dans toute la France.
00:09:29Vous manifestiez, on l'a vu dans le sujet, vous manifestiez samedi dernier dans tout le pays.
00:09:33Est-ce que, depuis cinq jours, les choses ont un peu bougé ?
00:09:36Est-ce que votre appel, votre cri d'alerte a été entendu ?
00:09:39Alors, la différence entre le avant et le après, c'était une manifestation qui était inédite.
00:09:44Parce que les associations, on ne les entend pas.
00:09:46On ne les entend pas.
00:09:47Et c'est la problématique, c'est qu'on est invisible dans la France,
00:09:51alors que chacun des 68 millions de Français sont, à un moment de leur vie, d'une manière ou d'une autre,
00:09:55en contact avec une association.
00:09:57Mais elles ne le revendiquent pas.
00:09:58On ne se dit pas, je suis acteur associatif, ne m'oubliez pas.
00:10:02Et donc, c'est une problématique.
00:10:05Et là, concrètement, on a vu, depuis samedi,
00:10:09depuis ces milliers de bénévoles et de professionnels des associations
00:10:12qui se sont rendus dans la rue, et pour certains, pour la première fois de leur vie,
00:10:17on a vu des médias qui se sont emparés du sujet.
00:10:21Et on a eu un retentissement médiatique qui était remarquable.
00:10:25Et on tient à les remercier aujourd'hui, parce qu'ils nous donnent cette visibilité qui nous manque.
00:10:29Par contre, évidemment, la douche froide, c'est quand on lit les chiffres de ce tableau du PLF 2026.
00:10:37Le projet de loi de finances de 2026.
00:10:38Le projet de loi de finances, où, clairement, je crois que ceux qui ont conçu ce projet de départ,
00:10:46on n'est qu'au départ, on ne sait pas où on va arriver,
00:10:48et tout l'enjeu, c'est de pouvoir influencer sur le point d'arrivée,
00:10:53eh bien, clairement, ces gens n'ont pas entendu la revendication de ça.
00:10:56Qu'est-ce qui, concrètement, dans le projet de budget, vous inquiète aujourd'hui ?
00:11:00Profitez-en, il y a une députée à côté de vous.
00:11:03Ce sont les députés qui vont amender le texte, donc allez-y, c'est ce soir.
00:11:07Alors, je pense que la députée qui est à côté de moi connaît nos revendications,
00:11:13parce que pour les députés, c'est un tableau avec des chiffres.
00:11:16Pour beaucoup de Français, c'est une question d'humain, c'est une question de peur du lendemain.
00:11:21Donc, il faut bien comprendre que ces chiffres, ça va bien au-delà de juste voter un tableau.
00:11:26Donc, nous, nos revendications, elles sont claires.
00:11:29Là, on a le programme 163, jeunesse et vie associative, qui perd 26%.
00:11:36On a le programme Économie sociale et solidaire, dont on fait partie, qui perd 40% de son financement.
00:11:46Donc, on voit bien que le message qui est renvoyé, puisque, après tout, un budget, ça n'est que la traduction d'un projet de société,
00:11:53c'est le chemin vers la construction de la société de demain.
00:11:56Donc, là, le message qui est envoyé, c'est que, c'est simple, vous ne comptez pas, parce qu'il faut faire des choix.
00:12:03Donc, chaque choix est politique, et là, on a l'impression qu'on a coupé un peu partout.
00:12:08Donc, c'est illisible.
00:12:10Et le message qui est envoyé...
00:12:10Oui, le partage de l'effort, vous le sentez particulièrement chez vous, en fait.
00:12:13On le sent chez nous, et ça a déjà commencé, parce que certains diront,
00:12:18si l'État ne finance plus, les collectivités territoriales pallieront ce désengagement.
00:12:24Mais elles ne peuvent pas, puisqu'elles-mêmes sont impactées par le même type de coupe.
00:12:29Donc, à un moment, qui est impacté réellement par ces baisses ?
00:12:33Oui, évidemment, c'est les associations en tant que personnes morales,
00:12:36mais c'est les bénéficiaires qui sont impactés.
00:12:39Parce que, ça a été dit pour le site d'action, mais c'est vrai pour toutes les associations,
00:12:42soit on licencie, soit on ne fait plus d'action, soit on augmente le prix de nos cotisations
00:12:50dans le cas où les bénéficiaires sont les adhérents.
00:12:52Dans le champ du sport que je représente au sein du mouvement associatif,
00:12:56c'est simple, ça veut dire que demain, entre la coupe du passeport
00:13:00qui ne concerne plus les 6-13 ans et les baisses de subventions,
00:13:05ça veut dire qu'on va être obligé d'augmenter les prix de nos cotisations.
00:13:08Et donc, au lieu d'avoir un sport pour tous, on aura un sport pour...
00:13:12Pour des élites.
00:13:13Les plus aisés.
00:13:14Et donc, la crainte derrière, parce que le but ultime,
00:13:17ce n'est pas de dire qu'on a tant d'adhérents dans nos associations.
00:13:20Le but, c'est l'épanouissement des Français.
00:13:23Et donc, si ces Français-là, ils ne viennent plus demain dans nos associations,
00:13:27c'est quoi l'implication directe ?
00:13:29C'est le repli sur soi.
00:13:30On ne se connaît plus et quand on ne se connaît plus, on a peur de l'autre.
00:13:34Donc, c'est un cercle vicieux qui est en train de se mettre en place,
00:13:38qui nous conduit demain vers une société où on est tous les uns à côté des autres,
00:13:42on ne se connaît plus, on ne partage plus, on ne crée plus d'émotions ensemble.
00:13:46Et on le sait, le sport, parmi ses bienfaits potentiels,
00:13:50c'est de créer des émotions collectives.
00:13:52Et on l'a vécu l'été dernier.
00:13:54Avec les Jeux Olympiques.
00:13:54Sur les Jeux Olympiques et Paralympiques.
00:13:56Les associations tiennent le pays, disait le patron des Restos du Coeur tout à l'heure dans le reportage.
00:14:01Les associations, elles continuent quand même de tourner, avec des bouts de ficelle bien souvent,
00:14:05mais ça tourne.
00:14:06Reportage sur le terrain à Maud, en Seine-et-Marne,
00:14:09avec Anthony Ferry, Emeline Lescuyer et Pierre-Yves Déoninque.
00:14:14Au jardin de Cocagne, c'est la pleine saison des salades.
00:14:18Il faut bien qu'il y ait 4 ans, là.
00:14:21Ceux-là, je pense qu'ils ont un peu déporté.
00:14:24Comme Claire, ils étaient 5 à encadrer les 17 personnes en voie de réinsertion dont s'occupe le jardin.
00:14:31Mais cette année, face à une réduction drastique des subventions publiques,
00:14:35ils ne sont plus que 4.
00:14:36On sent aujourd'hui au jardin une augmentation de la responsabilité des encadrants.
00:14:41Il faut beaucoup plus de temps passé dans le bureau à se concentrer sur la production
00:14:46et comment augmenter notre chiffre d'affaires.
00:14:48Alors que l'essentiel de notre travail devrait être de passer du temps avec les équipes
00:14:52et de les former à se baumétiquer le maraîchage.
00:14:55Accompagner les demandeurs d'emploi vers un retour au travail,
00:14:59l'ADN du jardin de Cocagne.
00:15:02Une tâche aujourd'hui menacée.
00:15:04Les dotations du département et de l'agglomération ont baissé de 38 000 euros.
00:15:10Moi, personnellement, je me sens asphyxié.
00:15:12C'est-à-dire qu'au quotidien, je me dis comment demain on va pouvoir équilibrer un budget.
00:15:15Ce qu'on commence à faire maintenant, c'est d'aller rencontrer les entreprises,
00:15:20de développer du mécélin d'entreprise pour avoir des soutiens privés.
00:15:23Ce qui représente à peine 7,5% des besoins financiers de l'association.
00:15:28Un chiffre bien trop faible pour équilibrer le budget.
00:15:33Une des solutions envisagées pour pallier la baisse de subvention,
00:15:36c'est l'augmentation de 5 à 10% du prix des 30 tonnes de légumes cultivés et vendus ici, chaque année.
00:15:42Moi, je ferai un effort de mon côté pour soutenir l'association du mieux que je peux,
00:15:48donc je continuerai à venir ici.
00:15:50Maintenant que je comprends que pour certaines personnes, ça peut rendre les choses beaucoup plus compliquées.
00:15:54Une piste qui, comme toutes les autres, demeure aujourd'hui insuffisante.
00:15:58Jean-Luc, 59 ans, a passé deux années ici à se former au maraîchage.
00:16:07Alors accueillir moins de bénéficiaires, faute de moyens, semble pour lui invraisemblable.
00:16:13Pas faire d'économie là-dessus parce que, non, c'est au contraire.
00:16:18Ça aide beaucoup de personnes.
00:16:20Il faudrait, oui, financer davantage ce genre de structure.
00:16:26Faute de subvention, à l'échelle nationale en 2026, toute association confondue,
00:16:32c'est 60 000 bénéficiaires qui nous pourront être réinsérés vers l'emploi.
00:16:37Sabrina Sébaye, vous qui êtes députée, députée écologiste des Hauts-de-Seine,
00:16:41on a l'impression aujourd'hui que les associations sont comme dans un angle mort pour les responsables politiques.
00:16:46Et qu'est-ce que vous répondez à ceux qui accusent le pouvoir de manquer de considération pour les assauts ?
00:16:51Qu'ils ont raison. Je ne vois pas ce que je peux dire d'autre.
00:16:54Moi, je rappelle toujours le rôle essentiel des associations dans les villes et dans les quartiers,
00:16:59où qu'elles soient, puisque ça a été dit, elles couvrent un champ d'action qui est extrêmement important.
00:17:02On parle de l'alimentation, on va parler du sport, on va parler de la santé,
00:17:05on va parler d'énormément de choses, par exemple l'accompagnement des femmes victimes de violences.
00:17:09Quand les fonds vont baisser pour ces associations et ces structures,
00:17:12qui va pouvoir prendre en charge, par exemple, ces femmes qui sont victimes de violences,
00:17:15les accompagner, les aider, y compris dans leurs démarches administratives,
00:17:18on voit bien aussi que ça peut même aller jusqu'à des dangers pour la vie des personnes
00:17:23qui ont besoin de ces structures associatives.
00:17:25Donc, c'est extrêmement désespérant.
00:17:27Là, vous allez entamer les discussions sur le budget à l'Assemblée nationale dès la semaine prochaine,
00:17:32ce sera en séance publique à partir de vendredi.
00:17:35Cette bataille du budget, à quel moment vous pensez qu'il va y avoir de l'espace
00:17:40pour préserver les associations des coupes budgétaires à venir ?
00:17:43On va déposer des amendements, bien évidemment, parce que ça a été dit,
00:17:47il y a une baisse, par exemple, sur le crédit jeunesse et vie associative,
00:17:4926% dans la feuille de route Le Cornu.
00:17:52C'était 17% déjà dans la feuille de route de Bayrou.
00:17:55Donc déjà, on est encore un peu plus en termes de coupes,
00:17:57c'est à peu près un peu plus de 200 millions d'euros.
00:17:59Il faut vraiment, en termes de chiffres, c'est énorme sur les volumes que ça représente.
00:18:03Donc, bien évidemment qu'on va déposer des amendements pour aller rehausser ce financement,
00:18:07parce que les économies, en tout cas l'effort pour aller combler,
00:18:12vous savez, ces fameux 17 milliards qu'on essaye de trouver dans le budget,
00:18:15il ne doit pas reposer sur les associations,
00:18:17il ne doit pas reposer sur les plus précaires ou la classe du milieu,
00:18:20il faut aller chercher l'argent ailleurs.
00:18:21Et c'est toute la distinction que peut-être nous avons
00:18:23avec nos collègues macronistes et de la droite
00:18:26qui pensent qu'on peut aller encore, aller affaiblir encore ce tissu associatif.
00:18:31Moi, je vais vous donner deux exemples.
00:18:32À Nanterre, il y a deux associations que je connais bien,
00:18:35c'est le Secours Populaire et une autre association qui s'appelle Authenticité.
00:18:38Ces deux associations jouent un rôle fondamental,
00:18:41que ce soit dans l'accompagnement, par exemple, scolaire pour les élèves,
00:18:44dans l'accompagnement administratif.
00:18:46Le Secours Populaire, c'est tout ce qui est alimentaire.
00:18:48Eh bien, ils ont de plus en plus de personnes qui s'inscrivent
00:18:51et les files d'attente, elles ne font que grossir,
00:18:53sauf que les moyens, eux, ils ne font que baisser.
00:18:56Et quand on dit, mais pourquoi est-ce qu'il y a moins de moyens ?
00:18:58C'est parce que c'est exactement ça,
00:19:00c'est-à-dire que l'enveloppe, elle, elle rétrécit,
00:19:01alors que le nombre de besoins et d'associations
00:19:04qui vont taper à la porte pour aller obtenir des subventions
00:19:06sont de plus en plus importants.
00:19:08Donc ça ne peut pas fonctionner en réalité.
00:19:10Laurent ?
00:19:11Moi, je voudrais comprendre, en fait, juste dans les grandes masses,
00:19:13le financement des associations, c'est les cotisations,
00:19:17c'est les subventions, mais c'est aussi les dons privés, les entreprises.
00:19:21Et ça veut dire qu'il n'y a pas de relais possibles ?
00:19:24Ça veut dire quoi, quand vous lancez ce cri d'alarme ?
00:19:27On a effectivement des structures économiques très différentes
00:19:31en termes de part de fonds publics ou de...
00:19:34Mais on voit bien à quel point, selon les associations,
00:19:38on a à la fois des dons privés.
00:19:40On va aussi, effectivement, chercher du mécénat.
00:19:43Mais on sent bien qu'aujourd'hui, les fondations d'entreprise,
00:19:45le mécénat est extrêmement sollicité,
00:19:47parce qu'effectivement, les associations, elles font ce qu'elles peuvent.
00:19:50On se souvient que Bernard Arnault avait fait un chèque au Resto du Coeur
00:19:53il y a deux ans, quand ils étaient au bord de la faillite.
00:19:55Il leur avait fait un chèque de 11 millions d'euros.
00:19:57Là, on voit dans le reportage une association qui se tourne aussi
00:20:00vers le mécénat d'entreprise.
00:20:01Mais ça ne peut pas être la solution.
00:20:02En tout cas, pour nous, c'est une des solutions,
00:20:04parce que chaque association essaye de diversifier ses ressources
00:20:07tout au long de l'année.
00:20:07C'est un combat non soutien des associations
00:20:09qui ont parfois 40 financeurs différents,
00:20:12parce que justement, ils vont aller chercher 1 000 euros ici,
00:20:1410 000 euros là, etc.
00:20:15Donc déjà, c'est un travail au quotidien pour l'ensemble
00:20:17de ces associations, qu'elles interviennent à l'international,
00:20:19d'ailleurs, ou sur la France,
00:20:21pour aller équilibrer leur budget.
00:20:23Et on sent qu'aujourd'hui, on est tous à l'affût, en fait,
00:20:27de solutions alternatives.
00:20:29Mais quand on parle, par exemple, sur la solidarité internationale
00:20:31d'une baisse de 2,3 milliards en un an,
00:20:34comment est-ce que la générosité du grand public ou les...
00:20:37Alors, il y a quand même une toute petite bonne nouvelle
00:20:41dans le projet de budget qu'on a examiné.
00:20:44L'article 9 de ce projet de loi
00:20:46porte à 2 000 euros le plafond de dons
00:20:49permettant de bénéficier d'une réduction d'impôt de 75%.
00:20:51C'est ce qu'on avait appelé la loi Coluche à l'époque.
00:20:54Avant, c'était 1 000 euros et vous aviez 75...
00:20:56Jusqu'à 1 000 euros, vous aviez 75% d'abattement.
00:20:58Là, on va passer à 2 000.
00:21:00Ça va changer quelque chose ?
00:21:02Ça peut être une bouffée d'oxygène ?
00:21:04Alors, tout ce qui peut inciter à la générosité des Français,
00:21:08c'est effectivement important.
00:21:10Alors, on sait que toutes les associations
00:21:11ne sont pas éligibles à ces 75%.
00:21:12Alors, on vient de le voir.
00:21:13Je ne sais pas si on peut revoir notre infographie.
00:21:16Il y a quatre secteurs.
00:21:16Il y a la fourniture de repas.
00:21:19Il y a l'aide aux logements.
00:21:21Il y a les fournitures de soins.
00:21:22Merci Laurent, j'ai pas mes lunettes.
00:21:22Et l'aide aux victimes de violences domestiques.
00:21:24Donc oui, de toute façon, tout ce qui est pris,
00:21:28on prend toutes les bonnes nouvelles, effectivement.
00:21:30Et puis surtout qu'on a eu, cette année,
00:21:33on n'est pas à l'abri.
00:21:33Il y a un petit peu peur de tout ce qui relevait
00:21:35des soi-disant niches fiscales, en tout cas sur la générosité.
00:21:38Et ça, c'est important de continuer
00:21:40à encourager les Français et les Françaises
00:21:42à donner, quelles que soient les causes,
00:21:44à se rappeler que ce soit...
00:21:46On voit bien à quel point, là, je trouve que c'est vraiment frappant
00:21:48que les budgets qui sont les plus touchés,
00:21:50que ce soit en pourcentage ou en euro,
00:21:51ce sont des budgets liés à la solidarité,
00:21:53qu'ils soient en France ou à l'international.
00:21:55Et ça, c'est vraiment extrêmement inquiétant
00:21:58pour, effectivement, la société qu'on est en train de construire.
00:22:00Yohann Penel, on a une question téléspectateur.
00:22:02C'est Karine dans le Loiret qui demande
00:22:04est-ce qu'on peut faire un don à toutes les associations ?
00:22:07Bien sûr.
00:22:08Oui ?
00:22:08Tout à fait.
00:22:09Après, il y a la question du reçu fiscal.
00:22:14Les associations qui sont d'intérêt général
00:22:16peuvent émettre des reçus fiscaux.
00:22:19Et après, il y a une réduction qui est de 66% ou 75%
00:22:23selon la typologie de l'activité de l'entreprise.
00:22:28Donc, de toute façon, évidemment,
00:22:29toutes les associations sont éligibles.
00:22:31Mais pour répondre à votre question,
00:22:34on n'est pas là pour dire
00:22:35qu'il faut toujours plus d'argent public pour nous.
00:22:38Mais il n'y a aucune raison qu'on en ait moins.
00:22:40C'est-à-dire que ce n'est pas sur nous qu'il faut taper en premier.
00:22:43Alors, sans doute que le gouvernement vous répondrait
00:22:44qu'il y a une bonne raison qui est que la France est endettée.
00:22:47Oui.
00:22:47Mais ça, on en a bien conscience.
00:22:49Mais donc, après, c'est des choix politiques.
00:22:51Ah oui ?
00:22:52Il y a des budgets qui sont préservés.
00:22:53Il y en a d'autres qui ne le sont pas.
00:22:55Donc, ce budget est une vision politique,
00:22:59mais qui n'est pas assumée.
00:23:00C'est-à-dire que c'est les plus précaires qui trinquent.
00:23:02Et à un moment, il faut juste le dire,
00:23:04que ce soit sur les bénéficiaires des actions de solidarité
00:23:07ou ceux qui veulent pratiquer une activité culturelle et sportive
00:23:10et qui ne pourront plus le payer demain.
00:23:12Et donc, pourquoi est-ce que ce n'est pas sur nous qu'il faut taper ?
00:23:14Si on revient à la définition de l'économie sociale et solidaire
00:23:18de la loi de 2014.
00:23:19Alors, je sais que les textes de loi,
00:23:21ce n'est pas les trucs les plus sexys de la Terre.
00:23:23Mais cette loi, elle définit ce qu'est l'utilité sociale.
00:23:28Et donc, nous, on ne réclame pas de l'argent pour le plaisir,
00:23:31on n'enrichit personne.
00:23:32Nous, on veut être utile à la société.
00:23:35Et donc, l'utilité sociale, elle repose sur quatre points
00:23:38qui vont de l'aide à l'éducation, la citoyenneté,
00:23:42le développement durable, la cohésion territoriale.
00:23:45Donc, en fait, à un moment, il faut juste être cohérent
00:23:48avec le rôle qu'on essaie de jouer.
00:23:51Et ce rôle-là, c'est juste d'aider chaque citoyen
00:23:53à affronter la vie de tous les jours.
00:23:57Est-ce qu'il y a quand même aujourd'hui des associations
00:23:58qui arrivent à s'en sortir ?
00:24:00Alors, dans le lot, il y a 1,4 million d'associations.
00:24:06Et on l'a vu dans le reportage.
00:24:09Oui, elles tiennent.
00:24:10Alors, il y en a beaucoup qui n'ont pas de salariés,
00:24:12donc qui ont un impact moins important de ces coupes-là.
00:24:16Mais ceux qui ont des salariés, on le voit, on tire sur l'élastique.
00:24:21Donc, aujourd'hui, on est à un nombre record de défaillances d'associations.
00:24:24Mais c'est contenu parce qu'il y a des bénévoles
00:24:27qui sont prêts à crever pour sauver leurs associations.
00:24:31Sauf qu'à un moment, il n'y aura plus personne pour tenir la baraque.
00:24:35Donc là, c'est juste que nous, ce qu'on anticipe,
00:24:37c'est que si on continue sur ce chemin-là,
00:24:41c'est des centaines de milliers d'associations
00:24:43qui vont mettre la clé sous la porte.
00:24:46Et derrière, c'est des millions de bénéficiaires
00:24:48qui n'auront plus accès à rien.
00:24:50– Peut-être juste sur la question de ce que font les associations aujourd'hui
00:24:56et pourquoi est-ce que c'est important que ce financement se maintienne.
00:24:59Parce que d'abord, elles viennent compenser un recul aussi
00:25:02des services publics dans plein d'endroits.
00:25:04On est dans l'Octobre Rose.
00:25:06Vous avez plein d'associations aujourd'hui
00:25:07qui travaillent sur le dépistage du cancer du sein.
00:25:09Si elles n'étaient plus là, vous auriez énormément de femmes
00:25:12qui ne méritent pas à se faire dépister, par exemple.
00:25:14Quand on parle de l'aide internationale,
00:25:16effectivement, l'aide publique au développement…
00:25:17– Mais là, on est même dans des associations qui pallient des carences, en fait.
00:25:20– Oui, mais c'est des carences totales, absolument.
00:25:22Donc, vous savez, sur l'aide alimentaire,
00:25:24s'il n'y avait pas ces associations,
00:25:25il y a des familles entières qui ne pourraient plus se nourrir aujourd'hui,
00:25:28ni leurs enfants, ni rien du tout.
00:25:29Donc ça, c'est absolument essentiel.
00:25:31Je crois que ce n'est pas du surplus ou un surcoût
00:25:33de dire qu'il faut que les gens puissent se nourrir correctement.
00:25:35Sur l'aide internationale, moi, je pense qu'il faut vraiment
00:25:38que tout le monde ait en tête la dangerosité
00:25:40de ce qui est en train de se passer.
00:25:41Vous avez les États-Unis qui ont supprimé l'USAID.
00:25:43Vous avez des pays européens qui sont en train de baisser drastiquement
00:25:46l'aide publique au développement.
00:25:48Ce n'est pas de la charité, ce n'est pas de l'argent qu'on déverse.
00:25:50Derrière, ça veut dire de la vaccination, par exemple.
00:25:53Ça veut dire du dépistage, ça veut dire des traitements
00:25:55sur des maladies où on peut avoir des pandémies.
00:25:57Et donc, on est en train d'hypothéquer, y compris notre santé,
00:26:01en baissant drastiquement ces fonds.
00:26:02Et donc là, vraiment, moi, je vous le dis, attention,
00:26:04parce que derrière, les conséquences, elles vont être dramatiques.
00:26:07– Vous le dites très bien, Florence Thune.
00:26:08Vous dites, renoncer aujourd'hui, c'est condamner demain.
00:26:11Est-ce que vous allez jusqu'à craindre une reprise de l'épidémie de sida ?
00:26:14– Mais bien sûr, c'est déjà le cas.
00:26:16De fait, on est, depuis le début de l'année, sur des associations
00:26:18ou sur des structures de santé en Afrique, mais partout dans le monde,
00:26:22qui ont licencié des personnes, qui ont fermé des programmes
00:26:24de prévention d'accès au dépistage.
00:26:26Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, des personnes ne peuvent plus aller
00:26:28se faire dépister sur la question du VIH.
00:26:31Et on va cumuler cette première baisse immense
00:26:34qui a été faite au niveau de l'aide internationale
00:26:37de la part des États-Unis, avec d'autres baisses aujourd'hui
00:26:40des pays européens.
00:26:41Et on l'a vu dans l'histoire, y compris dans les années les plus récentes.
00:26:45On voit à quel point l'épidémie, elle peut reprendre.
00:26:47On voit à quel point une épidémie peut devenir, effectivement, internationale.
00:26:51Et on sait qu'aujourd'hui, tous les progrès qui ont été faits,
00:26:54qui avaient été faits, en tout cas dans la lutte contre le VIH,
00:26:57sont en train de s'écrouler.
00:26:58On voit des militants qui sont sur le terrain
00:27:01depuis les années 80-90, qui ont vu le pire des années sida,
00:27:04où les gens mouraient.
00:27:06On a bataillé le Fonds mondial, qui permet notamment
00:27:09de financer l'accès au traitement,
00:27:12a permis de sauver 70 millions de vies.
00:27:14L'aide publique au développement, c'est ça.
00:27:15C'est concrètement, c'est sauver des vies.
00:27:17Et bien aujourd'hui, on ne sait pas ce que va être, par exemple,
00:27:19la contribution de la France au Fonds mondial,
00:27:20puisqu'on doit reconstituer ce fonds en fin d'année.
00:27:23L'Allemagne a annoncé dimanche dernier
00:27:26qu'ils allaient baisser leur contribution.
00:27:29On est très en attente, notamment du président Macron,
00:27:31pour savoir quelle est la contribution de la France au Fonds mondial.
00:27:34Si vous aviez Sébastien Lecornu face à vous, ce soir,
00:27:36vous lui diriez quoi ?
00:27:39Je lui dirais qu'aujourd'hui, effectivement,
00:27:43on est en train de taper sur tout ce qui relève de la solidarité,
00:27:46qu'on est aussi en train de taper sur les personnes les plus précaires.
00:27:48On en parlait des franchises médicales,
00:27:50tout ce qui va impacter aujourd'hui des personnes
00:27:52qui sont en grande situation de précarité.
00:27:54Et je pense, à titre personnel,
00:27:56qu'une partie des Français qui bénéficient d'une grande richesse
00:28:01pourrait être aussi plus investie,
00:28:04pour avoir une plus grande justice fiscale et sociale aujourd'hui en France.
00:28:08Johan Penel, on ne trouve personne en France
00:28:10qui dit « j'aime pas les associations ».
00:28:13Pour autant, est-ce que le grand public
00:28:15a conscience de cette crise que vous traversez ?
00:28:18Non, et pour une raison très simple que j'évoquais en introduction,
00:28:22c'est la question de notre invisibilisation.
00:28:24Est-ce que vous avez...
00:28:25Il faut devenir des parleurs et moins des faiseurs !
00:28:27Non, mais même au-delà de ça,
00:28:28qu'est-ce qui construit un...
00:28:30Au plan local, les médias locaux
00:28:32relaient beaucoup l'action associative.
00:28:34Oui, mais pas toujours en disant que c'est une association.
00:28:36Donc on ne le sait pas toujours.
00:28:38Oui, bien souvent, en fait, du badminton à l'école,
00:28:40on ne sait pas que c'est à travers une association.
00:28:41Exactement, mais encore une fois,
00:28:43si on revient sur ce qui crée un imaginaire collectif,
00:28:46aujourd'hui, est-ce que vous avez en tête
00:28:48des romans, des séries, des films
00:28:51qui parlent des associations ?
00:28:54C'est ça qui nous manque.
00:28:55C'est raconter ce récit
00:28:57où on se rend compte que ce qui fait le lien entre les Français...
00:28:59Oui, il y a SOS Amitié avec Le Père Noël est une ordure,
00:29:02peut-être dans l'inconscient collectif.
00:29:04On va appeler aux scénaristes, alors.
00:29:06Ça date de quelques années.
00:29:07Ça date.
00:29:08Ce que vous voulez dire, c'est qu'il faut que ça infuse aussi
00:29:10dans tous les pans de la société.
00:29:11Et on a besoin des créateurs, on a besoin des influenceurs,
00:29:15on a besoin des scénaristes de séries et de films,
00:29:19et on a besoin évidemment des médias pour montrer que ce projet de budget,
00:29:25c'est des chiffres à court terme, c'est des économies à court terme
00:29:28qui vont induire demain des dépenses qui seront beaucoup plus élevées
00:29:33parce qu'on nous dit toujours, vous les associations,
00:29:36vous êtes juste des gens qui n'avaient rien compris à l'économie,
00:29:38vous êtes non lucratif, vraiment, vous n'avez rien compris.
00:29:42La réalité, c'est que ça fait des années qu'on travaille avec les chercheurs
00:29:46pour montrer quel est l'impact social et économique de l'activité des associations.
00:29:52Et donc aujourd'hui, et typiquement dans le sport,
00:29:54ça a été réalisé en janvier dernier,
00:29:56si demain, scénario plus si improbable que ça,
00:30:01il n'y a plus un euro d'argent public dans l'activité sportive.
00:30:05Ça va coûter chaque année entre 200 et 300 milliards d'euros
00:30:10entre la santé, la justice, la cohésion sociale, etc.
00:30:14Et c'est pareil pour, là, on l'a vu aussi dans le reportage,
00:30:18sur l'insertion par l'activité économique,
00:30:20qui se prend 500 millions de baisses.
00:30:22Ça veut dire que demain, en fait, on croit faire des économies,
00:30:27mais ça va nous coûter beaucoup plus cher.
00:30:29Donc à un moment, c'est le court terme face au long terme.
00:30:32Et donc on en revient à quel projet de société
00:30:35le gouvernement, les députés et les sénateurs
00:30:38vont porter à travers ce budget.
00:30:40Ne censurons pas les associations, finalement,
00:30:43parce que vous allez écouter le mot du jour
00:30:45de Mariette d'Arigan, vous allez comprendre.
00:30:47Mariette a choisi de nous parler de la censure ce soir.
00:30:49C'est vrai que ça a fait beaucoup l'actualité politique
00:30:51de la journée, mais vous, vous vouliez l'aborder
00:30:53sous un angle différent, moins politique
00:30:55et davantage relié à l'origine étymologique
00:30:58du mot censure, Mariette.
00:31:00Absolument, vous allez voir, Adeline,
00:31:02cette origine, en fait, elle reprend des choses
00:31:05que vous avez dites, parce qu'elle est indissociable
00:31:07de la question de l'argent.
00:31:08Alors, on a perdu ce sens-là.
00:31:10Censurer, ça ne veut pas dire ça aujourd'hui.
00:31:12Mais en fait, quand on reprend l'origine,
00:31:15et là, vous l'avez dit à propos de vos subventions
00:31:17qui baissent, eh bien oui, la censure,
00:31:20elle a un rapport avec l'argent.
00:31:22Ça a un rapport avec l'argent,
00:31:23mais ça a un rapport en donner ou en prendre ?
00:31:26Je dirais plutôt, Adeline, que c'est choisir
00:31:28à qui en prendre.
00:31:29Ah, en fait, c'est ça.
00:31:30Alors, pour comprendre ça, il faut faire
00:31:31un cap sur le forum romain.
00:31:34Ah, on remonte toujours très loin dans le temps
00:31:36avec Mariette, attention.
00:31:37La toge.
00:31:38La toge, voilà.
00:31:40Et là, on a un personnage précisément
00:31:42qui s'appelle le censeur.
00:31:43Alors, quel est son rôle ?
00:31:44Ce n'est pas du tout de dire aux gens
00:31:46voilà comment il faut penser,
00:31:47voilà comment il faut écrire.
00:31:49Non, son rôle est très matériel.
00:31:51En fait, c'est quelqu'un,
00:31:52et c'est la même famille de mots,
00:31:53qui fait un recensement
00:31:55et il classe les citoyens.
00:31:56Il les classe en riches et en pauvres.
00:31:58Les plébéiens, les patriciens.
00:32:01Et il fait cela,
00:32:03non pas par morale ou par éthique,
00:32:05ou par politique.
00:32:06Il fait cela, Adeline,
00:32:07pour préparer le travail
00:32:09d'un autre personnage,
00:32:11qui est le caisseur.
00:32:12C'est celui qui va prendre l'impôt.
00:32:14Et donc, le censeur,
00:32:16il fait ce qu'on appelle
00:32:17la chasse au sensus,
00:32:20c'est-à-dire le sens,
00:32:21C-E-N-S,
00:32:22comme on disait en ancien français.
00:32:24Et ça, c'est le premier impôt.
00:32:26Voilà, notre premier impôt
00:32:28s'appelle la censure, si on veut.
00:32:30Vous voulez dire que
00:32:31certaines associations,
00:32:32aujourd'hui,
00:32:33ne sont pas sur les bonnes listes
00:32:34du censeur, en fait.
00:32:36Exactement.
00:32:36Il ne vous a pas mis
00:32:37dans les bonnes cases,
00:32:38pour cette fois.
00:32:40Alors, bon,
00:32:40ça n'empêche pas de parler,
00:32:42on vous entend bien,
00:32:43ça n'est pas quelque chose
00:32:44qui régule votre parole.
00:32:45En revanche,
00:32:46ça peut diminuer,
00:32:47en fait, évidemment,
00:32:48les moyens.
00:32:49Je prends, Adeline,
00:32:50l'exemple
00:32:51de la dernière palme d'or.
00:32:54Voilà, là,
00:32:55on a les deux.
00:32:56On a l'ordre moral
00:32:57et l'ordre matériel.
00:32:59La dernière palme d'or
00:33:00est allée à un réalisateur iranien
00:33:02qui est censuré
00:33:03dans son pays,
00:33:04Jafar Panaï.
00:33:05Et en fait,
00:33:06son film a été,
00:33:07en partie,
00:33:09permis par les fonds européens.
00:33:11Donc, on lui a permis
00:33:12de lever cette censure morale
00:33:14et, en même temps,
00:33:15de faire des choses.
00:33:16Voilà les deux dimensions
00:33:17matérielles et éthiques,
00:33:19en fait,
00:33:19qui sont à l'origine
00:33:20de la censure.
00:33:21Bon, alors,
00:33:22les listes,
00:33:22on en a eues,
00:33:23dans les censures,
00:33:24par exemple,
00:33:24le maccartisme,
00:33:25les gens étaient blacklistés.
00:33:27Dans le trumpisme,
00:33:27on n'est pas loin de ça
00:33:28par moments,
00:33:29la liste de certaines universités
00:33:31qui ne reçoivent plus,
00:33:32comme vous,
00:33:33des subventions fédérales.
00:33:35Nous,
00:33:35on n'en est pas encore
00:33:36tout à fait là,
00:33:36quand même.
00:33:36Non,
00:33:37heureusement,
00:33:37on n'en est pas là.
00:33:38Mais,
00:33:39petite ruse
00:33:39de notre histoire culturelle,
00:33:41c'est quand même
00:33:41très intéressant
00:33:42de voir le sens
00:33:43originel et financier
00:33:44revenir,
00:33:47parce qu'il est clair
00:33:48que pour ne pas être censuré,
00:33:51le gouvernement a fait
00:33:52des comptes,
00:33:53des comptes extrêmement précis.
00:33:54Les listes ont été scrutées
00:33:55à la loupe.
00:33:56On sait,
00:33:57je crois,
00:33:57c'est 18 personnes,
00:33:5918 députés,
00:34:007 plus 1,
00:34:01qui n'ont pas voté
00:34:02comme il était prévu.
00:34:04Donc,
00:34:04c'est ça,
00:34:04finalement,
00:34:05être censeur.
00:34:06Notre Premier ministre
00:34:07est un moine soldat,
00:34:08il nous l'a dit.
00:34:09Et là,
00:34:09je crois qu'il a été
00:34:10le censeur romain.
00:34:11Et c'est intéressant
00:34:12pour la suite
00:34:12parce que les comptages
00:34:14vont continuer.
00:34:15Alors,
00:34:15pour finir,
00:34:16Adeline,
00:34:16pour m'amuser un peu
00:34:17parce que quand le langage
00:34:18comme ça nous fait
00:34:19des petites ruses,
00:34:20c'est tout à fait intéressant.
00:34:21Certes,
00:34:21l'ascension n'a pas eu lieu
00:34:23aujourd'hui dans l'hémicycle,
00:34:24mais je crois qu'elle a eu lieu
00:34:25ailleurs.
00:34:26C'est comme si le mot
00:34:27nous rappelait un peu
00:34:28son histoire.
00:34:30J'oserais dire
00:34:30que le sens S-E-N-S
00:34:32nous a rappelé
00:34:33le sens C-E-N-S.
00:34:36Merci,
00:34:36Mariette.
00:34:37Merci à tous les trois
00:34:38et bon courage
00:34:40au monde associatif,
00:34:42aux bénévoles
00:34:43et aux salariés
00:34:44qui travaillent
00:34:44et qui tiennent
00:34:45le pays.
00:34:46Merci à tous les trois.
00:34:47On aura forcément
00:34:48l'occasion de reparler
00:34:49de l'avenir
00:34:49des associations.
00:34:51Dans un instant,
00:34:52un autre sujet,
00:34:53même si en fait
00:34:54on n'en est pas très loin.
00:34:55On va parler
00:34:56de la suspension
00:34:57de la réforme des retraites
00:34:58et des motions de censure
00:35:00qui ont été rejetées ce matin
00:35:01avec nos trois prochains invités.
00:35:03Avant cela,
00:35:04c'est quelle histoire ?
00:35:05Et c'est Laurent Guimier.
00:35:14Ce soir, Laurent,
00:35:15on ne sait pas
00:35:15quelle histoire,
00:35:16c'est quelle chanson.
00:35:17Parce que Laurent a identifié
00:35:18le tube à la mode
00:35:19qu'on chante depuis quelques jours
00:35:21chez les Républicains.
00:35:22Oui, vous connaissez,
00:35:22Adeline,
00:35:23la chanson de Gérard Lenormand,
00:35:25« Si j'étais président »
00:35:26de la République.
00:35:28Voilà,
00:35:28c'est quel duo,
00:35:29c'est formidable.
00:35:30Cette chanson date de 1980,
00:35:32ça ne nous rajeunit pas,
00:35:33juste avant la présidentielle,
00:35:34où le chanteur égrène
00:35:35son gouvernement imaginaire
00:35:37pour que,
00:35:37je cite,
00:35:38« jamais plus un enfant
00:35:39n'est de temps, c'est triste ».
00:35:41On arrête.
00:35:42Avec, bien sûr,
00:35:44Mickey, Premier ministre.
00:35:45Et Picsou,
00:35:45ministre de l'économie,
00:35:46si mes sujets.
00:35:47Voilà, regardez,
00:35:47c'est notre confrère de l'opinion,
00:35:49Antoine Oberdorff,
00:35:49qui lui aussi parle
00:35:50du tube du moment
00:35:51chez les LR.
00:35:52Eh bien, la version 2025,
00:35:53remasterisée,
00:35:54si je puis dire,
00:35:55de « Si j'étais président »,
00:35:56s'intitule
00:35:57« Si j'étais député ».
00:35:58Ce refrain,
00:35:59de très nombreux LR
00:36:01l'ont entonné
00:36:01pour répondre
00:36:02à une question toute simple
00:36:03ces derniers jours,
00:36:04censure ou pas censure
00:36:06de le corps nu.
00:36:07Regardez.
00:36:08Moi, si j'étais député,
00:36:09sincèrement,
00:36:09je ne vois pas très bien
00:36:10d'autres solutions
00:36:11que censurer a priori.
00:36:12Moi, si j'étais député demain
00:36:14et que j'entendais
00:36:15dans le discours
00:36:16de politique générale
00:36:16le Premier ministre dire
00:36:18« Je suspends
00:36:19la réforme des retraites ».
00:36:21Moi, je serais très tenté
00:36:22de voter la censure.
00:36:24Je viens vous dire cela
00:36:25ce soir
00:36:26de manière extrêmement claire.
00:36:28Voilà,
00:36:28et au-delà
00:36:29de ces deux LR très tentés,
00:36:30le secrétaire général
00:36:31adjoint du parti,
00:36:32M. Dumont,
00:36:32et le vice-président,
00:36:34M. Larivé,
00:36:35qui sont d'anciens députés.
00:36:36C'était aussi le cas
00:36:38de l'élu régional
00:36:39d'Île-de-France,
00:36:40également vice-présidente
00:36:41du parti,
00:36:41Florence Portelli
00:36:42sur RTL ce matin.
00:36:44C'est compliqué pour moi
00:36:44qui ne suis pas députée
00:36:45de dire ça.
00:36:46Moi, je vous dis
00:36:46si j'étais députée,
00:36:48je l'aurais voté.
00:36:48Vous l'auriez voté ?
00:36:49Bien sûr,
00:36:49je l'aurais voté
00:36:50parce que je considère
00:36:51aujourd'hui
00:36:52qu'on nous présente
00:36:53un budget socialiste
00:36:55et je ne suis pas socialiste
00:36:57et nos partisans,
00:36:58nos électeurs
00:36:59attendent qu'on ait des valeurs
00:37:00et qu'on assume nos convictions.
00:37:03Alors, non, je ne t'ai plus.
00:37:03D'autres très nombreux
00:37:05dirigeants nationaux
00:37:06et locaux du parti
00:37:07y sont également allés
00:37:08de leur CGT député.
00:37:10Regardez,
00:37:10notamment,
00:37:11François-Xavier Bellamy
00:37:12qui est le chef de file
00:37:14des élus républicains
00:37:14au Parlement européen.
00:37:16Alors, j'ai deux questions, Laurent.
00:37:18D'abord,
00:37:18à quoi ça sert
00:37:19de se mettre à la place
00:37:19d'un député
00:37:20quand on n'en est pas
00:37:21soi-même un ?
00:37:22Et puis,
00:37:22tous ces élus
00:37:23répondaient-ils en fait
00:37:24à une consigne du parti ?
00:37:25Est-ce qu'il y avait
00:37:25des éléments de langage ?
00:37:26Alors, je vais tenter
00:37:27de remettre les choses
00:37:30d'abord,
00:37:32aucune de ces personnalités LR
00:37:34n'est élue au palais Bourbon,
00:37:36on l'a dit,
00:37:37mais ce sont plutôt
00:37:37des figures du parti.
00:37:39Deuxièmement,
00:37:39ce sont des soutiens
00:37:40de Bruno Retailleau.
00:37:41Troisièmement,
00:37:41ce jeu du CGT député,
00:37:43il a permis, au fond,
00:37:44de mettre un peu la pression
00:37:45sur les 50 députés LR
00:37:47en poste et apparentés
00:37:48qui, eux,
00:37:49s'étaient prononcés
00:37:49contre la censure
00:37:51dans le sillage
00:37:52de leur président,
00:37:52Laurent Wauquiez.
00:37:53Mais quatrièmement,
00:37:54ça permet au parti,
00:37:55au fond,
00:37:56permettez-moi l'expression,
00:37:58de taper sur les députés
00:37:59tout en respectant
00:38:00les conventions.
00:38:01Ces prises de position
00:38:02sont vraiment présentées
00:38:03à titre purement personnel.
00:38:06Ça, c'est le pourquoi.
00:38:07Mais ça ressemble quand même
00:38:08à une attaque un peu coordonnée.
00:38:10Il y avait une consigne
00:38:10du parti ou pas ?
00:38:11Écoutez,
00:38:11sur le caractère spontané
00:38:12ou non de l'utilisation
00:38:13du même élément de langage
00:38:14par toutes ces personnalités,
00:38:16je n'ai pas de traces
00:38:16de consignes d'en haut.
00:38:18Je crois que c'est
00:38:18une épidémie médiatique
00:38:19au vrai sens du terme.
00:38:21La punchline a été jugée bonne.
00:38:23Les uns ont repris les autres.
00:38:25Bon, alors,
00:38:25on y voit plus clair,
00:38:26mais ce soir,
00:38:27ce qu'on peut constater,
00:38:27c'est que cette offensive
00:38:28du si j'étais député,
00:38:30elle a fait pchit.
00:38:31Oui, c'est vrai que
00:38:32si ça avait vocation
00:38:34à retourner, entre guillemets,
00:38:35les députés, c'est raté.
00:38:36Et pour creuser un peu le sujet,
00:38:37je pense que jouer
00:38:38à ce petit jeu du si j'étais
00:38:39est finalement plus risqué
00:38:41qu'il n'y paraît
00:38:41pour un politique.
00:38:43Ce qui a marché,
00:38:44c'est que ces prises
00:38:44de parole individuelles
00:38:46ont permis de se rapprocher
00:38:49des militants LR
00:38:50plus chauffés à blanc,
00:38:51plus proches du oui
00:38:51à la censure.
00:38:52De ce côté-là, c'est sûr.
00:38:53Mais pour le reste,
00:38:54c'est-à-dire pour l'écrasante majorité
00:38:55des gens qui regardent
00:38:56ces interviews,
00:38:58c'est ravageur de jouer
00:38:59au si j'étais.
00:39:00Regardez, il y a beaucoup
00:39:01de réactions plutôt négatives.
00:39:03D'abord, on vous dit
00:39:04vous avez perdu,
00:39:05la censure n'est pas adoptée.
00:39:08Puisque aujourd'hui,
00:39:08il y a une seule députée LR,
00:39:10proche de David Lissnard,
00:39:11qui l'a votée.
00:39:11Donc, malheur au vaincu.
00:39:12Ça, c'est pas trop grave.
00:39:13Ensuite, il y a un soupçon
00:39:14d'argument facile, gratuit,
00:39:16presque hors sujet.
00:39:17Vous pouvez dire
00:39:18ce que vous voulez,
00:39:19vous n'êtes pas député.
00:39:20Et ça, on l'a lu
00:39:20des dizaines,
00:39:21des centaines de fois,
00:39:22après la prise de parole
00:39:24notamment de Mme Portelli.
00:39:26Mais enfin,
00:39:26et c'est sans doute pire
00:39:28pour ceux de ces têtes d'affiche,
00:39:29qui sont d'anciens députés battus,
00:39:32là, dans les commentaires,
00:39:33on passe au soupçon
00:39:33du mauvais joueur.
00:39:35C'est le cas
00:39:36de M. Larivé et Dumont,
00:39:37dont on parlait tout à l'heure,
00:39:38qui, eux, sont des députés
00:39:39qui ont été battus.
00:39:40Je précise quand même
00:39:41que M. Larivé, ce soir,
00:39:42a trouvé un moyen
00:39:42d'exprimer sa rupture.
00:39:44Il a démissionné,
00:39:44cet après-midi,
00:39:45de sa présidence
00:39:47de l'Office français
00:39:48de l'immigration
00:39:49et de l'intégration.
00:39:50Donc, c'est pour lui
00:39:50une façon de rompre.
00:39:52Mais en résumé,
00:39:53avec des si,
00:39:53on le sait,
00:39:54on mettrait Paris en bouteille.
00:39:56Mais prudence,
00:39:57je pense qu'avec des
00:39:58si j'étais député,
00:39:59on doit consommer tout ça
00:40:00avec beaucoup de modération.
00:40:02Merci, Laurent.
00:40:03On a, ce soir,
00:40:04en plateau,
00:40:05trois personnes
00:40:05qui font partie
00:40:06des 577
00:40:07qui sont les seules
00:40:08à ne pas pouvoir dire
00:40:09si j'étais député
00:40:10parce qu'ils le sont.
00:40:11C'est la question qui fâche
00:40:12et c'est tout de suite.
00:40:13Et j'accueille
00:40:21Nicolas Metzdorf,
00:40:22bonsoir,
00:40:23député ensemble
00:40:24pour la République
00:40:24de Nouvelle-Calédonie.
00:40:26Daniel Obono,
00:40:27député de la France
00:40:28Insoumise de Paris,
00:40:28bonsoir,
00:40:29merci d'être là.
00:40:30Et Sandrine Runel,
00:40:31députée socialiste
00:40:33du Rhône
00:40:33qui est par écran
00:40:35interposé avec nous,
00:40:35bonsoir
00:40:36et merci d'être là.
00:40:38Il a donc franchi
00:40:39le premier col,
00:40:40mais l'ascension
00:40:41de l'Himalaya
00:40:42ne fait que commencer.
00:40:43Le gouvernement,
00:40:44le corps nu,
00:40:45a survécu
00:40:46aux deux motions de censure
00:40:47de LFI et du RN
00:40:48qui ont été rejetées ce matin.
00:40:50Le travail parlementaire
00:40:51commence,
00:40:52la bataille budgétaire aussi,
00:40:54mais il y a comme un doute
00:40:56chez les socialistes,
00:40:57un doute autour
00:40:58de l'amendement
00:40:58au projet de loi de finances
00:40:59de la Sécu
00:41:00puisque c'est par ce biais,
00:41:01un amendement,
00:41:02que sera votée
00:41:03la suspension
00:41:03de la réforme des retraites.
00:41:05La manœuvre est périlleuse
00:41:06et c'est Stéphanie Despierre
00:41:07qui pose ce soir
00:41:08la question qui fâche.
00:41:09Dans la question qui fâche ce soir,
00:41:13la suspension de la réforme
00:41:14des retraites
00:41:15est un détail
00:41:16qui a toute son importance.
00:41:18Comment l'inscrire dans le droit ?
00:41:21Y aura-t-il une loi spécifique
00:41:22ou bien un amendement
00:41:23dans le budget ?
00:41:25Mardi,
00:41:25en annonçant cette suspension,
00:41:27le Premier ministre
00:41:28reste fou.
00:41:30Hier,
00:41:30lors de ses premières questions
00:41:32gouvernement,
00:41:33il s'est fait plus précis.
00:41:34Si on veut aller
00:41:36le plus vite possible
00:41:37avec des délais
00:41:39qui sont tenus
00:41:40et un débat
00:41:41de qualité
00:41:42et loyal,
00:41:43je pense qu'il faut
00:41:44que le gouvernement
00:41:44dépose un amendement
00:41:46au projet de loi de finances
00:41:46pour la Sécurité sociale
00:41:48dès le mois de novembre.
00:41:49La France insoumise
00:41:50n'a évidemment
00:41:51aucune confiance
00:41:52dans ce processus
00:41:53proposé par Sébastien Lecornu.
00:41:55La suspension annoncée
00:41:57n'est qu'un leurre,
00:41:59une tromperie,
00:41:59un subterfuge.
00:42:01Au mieux,
00:42:02un très bref report
00:42:03glissé par un amendement
00:42:05budgétaire
00:42:06dont rien ne garantit
00:42:08la présence
00:42:09dans le texte final.
00:42:11Des doutes partagés
00:42:12par Marine Le Pen
00:42:13qui estime que les socialistes,
00:42:15dit-elle,
00:42:15vont se faire rouler
00:42:16dans la farine.
00:42:17Rien ne nous dit
00:42:18que cet amendement
00:42:19suspendant la réforme Borne
00:42:21survive à un rejet
00:42:23du PLFSS,
00:42:24à une réécriture
00:42:25par le Sénat,
00:42:26au passage en CMP,
00:42:27à une possible censure
00:42:28du Conseil constitutionnel
00:42:29en tant que cavalier budgétaire,
00:42:31voire à sa disparition
00:42:32en cas de budget
00:42:33par ordonnance.
00:42:35Malgré l'immense concession
00:42:36faite par Sébastien Lecornu,
00:42:38l'EPS le met en garde.
00:42:40La censure n'est pas
00:42:41pour aujourd'hui,
00:42:42mais elle peut être
00:42:43pour demain.
00:42:43Il n'y aura pas
00:42:44d'entourloupe
00:42:45ou de ruse procédurale.
00:42:46Vous êtes le garant
00:42:48qu'à la fin du processus,
00:42:50la suspension devienne
00:42:51une réalité juridique.
00:42:53la pérennité même
00:42:55de votre gouvernement
00:42:56est désormais liée
00:42:57à cet engagement
00:42:58pris à cette tribune
00:42:59devant des millions
00:43:00de Français.
00:43:01Alors la question
00:43:02qui fâche ce soir
00:43:03la voici.
00:43:04Est-ce qu'il y a un piège
00:43:05dans la suspension
00:43:06de la réforme des retraits ?
00:43:08On va d'abord poser la question
00:43:10à la députée socialiste
00:43:11qui est avec nous.
00:43:12Sandrine Runel,
00:43:12vous aussi,
00:43:13vous avez des doutes
00:43:14ce soir ?
00:43:16Alors, on a un engagement
00:43:18du Premier ministre
00:43:19devant la représentation nationale.
00:43:22Il a effectivement précisé
00:43:23que ce serait un amendement
00:43:24qui serait déposé
00:43:25par le gouvernement
00:43:25dans le cadre du PLFSS.
00:43:28Et donc maintenant,
00:43:28c'est au gouvernement
00:43:29de faire atterrir
00:43:30l'engagement qu'ils ont pris
00:43:32à la fois devant
00:43:32la représentation nationale
00:43:34mais devant l'ensemble
00:43:35des Français
00:43:35de suspendre
00:43:36la réforme des retraites.
00:43:37Mais est-ce que depuis
00:43:38hier après-midi,
00:43:39entre députés socialistes,
00:43:40vous vous dites,
00:43:42vous entendez forcément
00:43:43les autres députés
00:43:44des autres groupes
00:43:45qui vous disent,
00:43:46entre autres,
00:43:47que vous allez vous faire
00:43:47rouler dans la farine,
00:43:48que c'est une entourloupe.
00:43:50Vous reconnaissez à tout le moins
00:43:51que c'est un chemin
00:43:52qui est semé d'embûches
00:43:53ce soir ?
00:43:55Alors, on n'a pas entendu
00:43:56les commentaires
00:43:58des autres groupes politiques.
00:44:00Nous sommes des parlementaires
00:44:01donc nous connaissons
00:44:02les mécanismes.
00:44:03Nous avons déjà évidemment
00:44:03vécu des PLF,
00:44:05des PLFSS.
00:44:05Donc, nous connaissons
00:44:06effectivement
00:44:07les difficultés
00:44:08à faire atterrir
00:44:09un amendement,
00:44:10qu'il soit du gouvernement
00:44:11ou d'un groupe politique,
00:44:13dans le cadre du budget
00:44:14de la sécurité sociale.
00:44:16Pour autant,
00:44:17désormais,
00:44:17nous allons pouvoir
00:44:18rentrer dans ce débat budgétaire
00:44:19et c'est à partir de là
00:44:21que nous allons du coup
00:44:22débattre
00:44:22de cette suspension.
00:44:24Mais moi,
00:44:24ce que je dis aujourd'hui,
00:44:25c'est qu'il y a un engagement
00:44:26du Premier ministre
00:44:27sur cette suspension.
00:44:29c'est une première victoire
00:44:30pour les 3,5 millions de Français
00:44:32qui vont pouvoir partir
00:44:33plus tôt.
00:44:34Et puis,
00:44:34par la suite,
00:44:35c'est l'engagement
00:44:35de chacun désormais
00:44:36de pouvoir aussi
00:44:38faire en sorte
00:44:38que cet amendement
00:44:39soit à la fois adopté
00:44:41et, in fine,
00:44:42présent dans le texte.
00:44:43Donc, maintenant,
00:44:44c'est aux députés
00:44:45de prendre la responsabilité
00:44:47et de faire en sorte
00:44:47que cela soit rendu possible.
00:44:49Les Français
00:44:49nous regarderont, oui.
00:44:50Un amendement
00:44:51au projet de loi
00:44:52de finances
00:44:52de la sécurité sociale,
00:44:54c'est la garantie
00:44:54que ça arrivera vite.
00:44:55C'est pour ça
00:44:55que Sébastien Lecornu
00:44:56a fait ce choix.
00:44:57C'est comme ça
00:44:57qu'il l'a justifié hier.
00:44:59Sauf que ça veut dire
00:45:00que c'est inclus
00:45:01dans tout un tas de mesures
00:45:02avec lesquelles
00:45:03les socialistes
00:45:04et d'autres
00:45:05ne seront pas forcément d'accord.
00:45:07À quelle concession
00:45:08êtes-vous prêts
00:45:09en échange
00:45:09de la suspension
00:45:10de la réforme des retraites ?
00:45:13Alors,
00:45:13il n'y a aucune concession
00:45:14sur lesquelles
00:45:15nous ferons évidemment
00:45:17de compromis là-dessus.
00:45:18Bien au contraire,
00:45:19il y a évidemment
00:45:20un certain nombre
00:45:21d'horreurs
00:45:22voire intégralement
00:45:23puisque c'est quand même
00:45:24le projet
00:45:24qui a été déposé,
00:45:25c'est celui de Bérou
00:45:26moins les deux jours fériés.
00:45:28Et donc notamment
00:45:29concernant l'année blanche,
00:45:31nous savons déjà
00:45:31que de toute manière
00:45:32tout le monde
00:45:33s'accordera
00:45:34pour la faire sauter.
00:45:35Donc il y a maintenant
00:45:36le débat
00:45:37qui va s'ouvrir.
00:45:37Nous déposerons
00:45:38des amendements.
00:45:39Nous évidemment
00:45:40combattrons
00:45:40les mesures d'austérité,
00:45:42les mesures
00:45:42sur le doublement
00:45:43des franchises médicales
00:45:44qui sont dans le projet
00:45:45de la sécurité sociale.
00:45:47Nous déposerons
00:45:47des amendements
00:45:48sur la taxe Zucman
00:45:49dans le cadre
00:45:49du budget de l'État.
00:45:51Et donc il n'y a pas
00:45:52de compromis.
00:45:52En fait,
00:45:52il y a des choses
00:45:53que nous allons améliorer.
00:45:55Ensuite,
00:45:55encore une fois,
00:45:56personne n'est majoritaire
00:45:57dans cette assemblée.
00:45:59Donc nous irons chercher
00:45:59des majorités
00:46:00pour faire adopter
00:46:01des mesures
00:46:01les plus justes possibles
00:46:02pour les Françaises
00:46:03et les Français.
00:46:04Daniel Obodou,
00:46:05maintenant que votre motion
00:46:06de censure a été rejetée,
00:46:07quelle position adoptent
00:46:08désormais les Insoumis ?
00:46:09Et notamment par rapport
00:46:10à ce dont vient de parler
00:46:11Sandrine Runel ?
00:46:12Nous, nous continuons
00:46:13à avoir la même position
00:46:15que nous avons
00:46:16depuis le début,
00:46:17depuis, j'allais dire,
00:46:18l'année dernière.
00:46:19Nous sommes des parlementaires,
00:46:20nous faisons notre travail
00:46:21de manière consciencieuse,
00:46:23de manière construite.
00:46:25Nous avons même réussi
00:46:26à faire voter
00:46:27en première lecture
00:46:28l'année dernière
00:46:28un budget
00:46:29en matière de recettes
00:46:31qui a été balayé
00:46:33par le vote contre
00:46:34de la droite
00:46:35et de l'extrême droite.
00:46:35Et ensuite,
00:46:36vous avez eu
00:46:36les 49-3.
00:46:37Donc notre positionnement,
00:46:39il a toujours été le même.
00:46:40Nous disons
00:46:41la vérité,
00:46:42la réalité des prix
00:46:43qui consiste à rappeler
00:46:45qu'en définitive,
00:46:46c'est Emmanuel Macron
00:46:47qui décide.
00:46:47Et il a décidé
00:46:48qu'il veut faire
00:46:49des coupes budgétaires,
00:46:50qu'il veut continuer
00:46:51ses politiques néolibérales.
00:46:53Et M. Lecornu,
00:46:55un ou deux ou trois,
00:46:56va s'y appliquer.
00:46:59Et c'est pour cela
00:46:59que nous disons
00:47:00depuis le début
00:47:01que cette concession,
00:47:05supposée concession,
00:47:06cette suspension
00:47:07qui en réalité,
00:47:08comme l'expliquait
00:47:08Michael Zemmour,
00:47:09est en fait un décalage
00:47:10qui va en vérité
00:47:11toucher peu de monde,
00:47:13une génération,
00:47:15ça fait des centaines
00:47:17de milliers de Français,
00:47:18mais sur l'ensemble
00:47:19des personnes
00:47:20qui vont aller
00:47:21à la retraite
00:47:21et les générations successives,
00:47:22en réalité,
00:47:23c'est un décalage
00:47:23de quelques mois.
00:47:25Donc,
00:47:25non seulement cela,
00:47:27mais en plus,
00:47:28on le sait,
00:47:28quand il y a un flou,
00:47:30c'est qu'il y a un loup.
00:47:31Et en réalité,
00:47:33depuis cette annonce,
00:47:34on se rend compte
00:47:35au fur et à mesure,
00:47:36quand on va pointer du doigt
00:47:37comme l'a fait en premier,
00:47:38madame la vice-présidente
00:47:40de l'Assemblée nationale,
00:47:41Nadej Abomongoli,
00:47:42qui demandait
00:47:43sous quelle forme
00:47:43arriverait cette mesure,
00:47:45on a eu un flottement,
00:47:47quand même,
00:47:47parce que la porte-parole
00:47:49du gouvernement a dit
00:47:50on va en décider,
00:47:51puis finalement,
00:47:52les quelques milliers
00:47:53qui suivent,
00:47:53puisque ça revenait quand même,
00:47:54c'était assez énorme,
00:47:56finalement,
00:47:56oui, oui,
00:47:57c'est bien un amendement,
00:47:59mais ce que vous n'avez
00:48:01pas rappelé là,
00:48:01c'est que le Premier ministre
00:48:02a dit il faudra le compenser,
00:48:04il faudra le financer,
00:48:05donc de toute façon,
00:48:06il y a des contreparties.
00:48:07– Au moins, il faudra
00:48:08une colonne plus.
00:48:08– Voilà,
00:48:09et on le sait,
00:48:10ça a d'ailleurs été dit
00:48:11par notre collègue socialiste,
00:48:14le plan,
00:48:14le cornu,
00:48:15c'est le plan Bérou,
00:48:17en vérité,
00:48:18et ça veut dire,
00:48:19– En réalité,
00:48:20il n'y a pas de plan,
00:48:21c'est-à-dire qu'à partir
00:48:21du moment où le texte
00:48:23est au débat
00:48:24à l'Assemblée nationale,
00:48:25– On a fait les comptes
00:48:26et vous le savez,
00:48:27l'année blanche,
00:48:28ce qu'on appelle
00:48:28l'année blanche,
00:48:28ça signifie
00:48:29pas de revaloralisation
00:48:31sur les retraites,
00:48:32donc c'est des millions
00:48:33de retraités
00:48:34qui vont subir
00:48:35et à qui le Premier ministre,
00:48:39le cornu et M. Macron
00:48:40veulent faire subir
00:48:41et veulent faire payer
00:48:42le décalage
00:48:43de la réforme des retraites.
00:48:44Donc de toute façon,
00:48:45ça va coûter
00:48:46avec en plus
00:48:47enrobé
00:48:48dans l'ensemble
00:48:48d'un projet
00:48:49de financement
00:48:51de la sécurité sociale
00:48:51dont il a dit
00:48:52qu'il ferait
00:48:53des coupes partout.
00:48:55Donc en vérité,
00:48:56oui,
00:48:56c'est une arnaque.
00:48:57– Laurent va pouvoir
00:48:58poser une question.
00:48:58– C'est une toute petite remarque
00:48:59parce que je cafte un peu,
00:49:00mais pendant que
00:49:01vos collègues parlaient,
00:49:02vous avez levé
00:49:03les yeux au ciel
00:49:03souvent et parfois,
00:49:06notamment quand elle évoquait
00:49:07l'horreur budgétaire
00:49:08à la fin,
00:49:10vous n'êtes pas totalement
00:49:10sur la même ligne.
00:49:11– Ah mais si,
00:49:11mais ça va dans le sens
00:49:13de ce que je disais.
00:49:13Oui,
00:49:14c'est un projet de loi
00:49:15de financement de l'État
00:49:16et de financement
00:49:17de la sécurité sociale
00:49:18qui est plein de coupes.
00:49:19Mais la question du coup,
00:49:21c'est le piège
00:49:22dans lequel se sont laissés
00:49:24enfermer les collègues
00:49:25socialistes
00:49:26qui ont échangé
00:49:27leur soutien
00:49:28au gouvernement
00:49:29ne votant pas
00:49:30la censure
00:49:30contre rien du tout.
00:49:32parce qu'effectivement,
00:49:33il n'y a aucune perspective
00:49:35garantie
00:49:36que cet amendement
00:49:38dont on ne connaît pas
00:49:39la formulation par ailleurs,
00:49:40parce que le diable
00:49:41est dans les détails
00:49:41et tout le monde le sait
00:49:42en matière de travail
00:49:43budgétaire et parlementaire.
00:49:45On ne connaît pas
00:49:45sa formulation.
00:49:46On ne sait pas
00:49:47comment va le financer
00:49:48le gouvernement,
00:49:51qu'est-ce qu'il va demander
00:49:52en échange
00:49:52entre guillemets
00:49:53comme coupe
00:49:53et on n'est même pas sûr
00:49:55que ça aille au-delà
00:49:56du vote
00:49:57de la CMT
00:49:58voire d'ordonnance.
00:50:00Je voudrais qu'on entende
00:50:01Nicolas Metzdorff,
00:50:02député Renaissance.
00:50:04D'abord,
00:50:04sur la suspension
00:50:05de la réforme des retraites,
00:50:05est-ce que vous faites partie
00:50:06de ceux qui estiment
00:50:07que la concession
00:50:08était nécessaire
00:50:09pour sortir de la crise
00:50:10ou de ceux
00:50:11qui la jugent
00:50:12trop élevée
00:50:13pour la voter ?
00:50:14Non, moi,
00:50:14je suis contre la suspension
00:50:15de la réforme des retraites.
00:50:17On l'a dit,
00:50:18je l'ai dit,
00:50:19parce que je trouve
00:50:21que déjà,
00:50:21j'avais hésité
00:50:22à la voter
00:50:23l'année dernière
00:50:24parce que je trouvais
00:50:24qu'elle n'allait pas
00:50:25assez loin.
00:50:26Quand même,
00:50:27notre système de retraite
00:50:27va dans le mur.
00:50:28Il y a 150 milliards
00:50:29de déficits.
00:50:31À un moment donné,
00:50:32il y a moins de cotisants
00:50:33que de retraités.
00:50:34La pyramide des âges
00:50:35étant ce qu'elle est
00:50:35en France,
00:50:36il faut arrêter
00:50:37de mentir aux Français.
00:50:38Notre système
00:50:39par répartition
00:50:40va droit dans le mur.
00:50:41Cette suspension
00:50:42de la réforme des retraites
00:50:43augmente l'urgence
00:50:47à faire une réforme
00:50:47de fonds
00:50:48sur notre système.
00:50:49Je suis fondamentalement
00:50:50opposé à ça.
00:50:51C'est une décision
00:50:52du Premier ministre
00:50:53parce qu'il faut bien
00:50:54faire des compromis
00:50:55lorsqu'on a une Assemblée nationale
00:50:56où il n'y a pas
00:50:56de majorité absolue.
00:50:57C'est sa volonté.
00:50:59Je ne doute pas d'ailleurs
00:50:59qu'il y ait une majorité
00:51:00pour voter cet amendement.
00:51:02Mais vous,
00:51:03vous ne voterez pas
00:51:04cet amendement ?
00:51:05Je suis cohérent
00:51:06avec moi-même.
00:51:07On a fait cette réforme
00:51:08des retraites.
00:51:08Je ne vais pas la défaire
00:51:09un an plus tard.
00:51:10Tous ceux qui étaient
00:51:11contre cette réforme
00:51:13des retraites
00:51:13n'ont plus qu'à voter.
00:51:14Vous pouvez être cohérent
00:51:14aussi avec le Bloc central,
00:51:16avec Renaissance.
00:51:17Il se trouve qu'il y a
00:51:18quelques instants,
00:51:19Emmanuel Macron
00:51:19a réuni à l'Elysée
00:51:21des cadres de Renaissance.
00:51:23Peut-être avez-vous eu
00:51:23des échos de cette réunion ?
00:51:24Je crois que mes collègues
00:51:25ont dit la même chose
00:51:26que moi.
00:51:27C'est ce qui ressort
00:51:28en tout cas.
00:51:29Puisqu'on est cohérents
00:51:31nous dans le groupe.
00:51:32Mais que vous a dit
00:51:33Emmanuel Macron ce soir ?
00:51:35Moi, je n'étais pas
00:51:35avec Emmanuel Macron.
00:51:36Oui, mais vous parlez.
00:51:37Il y a des boucles
00:51:38pour s'échanger des messages
00:51:40sur ce que dit le président.
00:51:41Non, non.
00:51:42Il nous encourage.
00:51:44Il est content.
00:51:44Il vous encourage à quoi ?
00:51:45Il vous encourage à quoi ?
00:51:46À ne pas voter la suspension
00:51:47de la réforme des retraites ?
00:51:48Non, Emmanuel Macron
00:51:49il a été très clair.
00:51:50Il dit que c'est le prix
00:51:50à payer pour trouver
00:51:51un compromis et de la stabilité.
00:51:52Il vous a dit que c'était
00:51:53douloureux pour nous tous ?
00:51:54Oui, bien sûr.
00:51:55C'est les mots qu'il a employés ?
00:51:56C'est douloureux pour nous tous ?
00:51:57Il y a des députés
00:51:58du Bloc central
00:51:59qui ont soutenu
00:51:59la réforme des retraites,
00:52:00qui ont été agressés chez eux,
00:52:02dans les permanences
00:52:02ont été saccagés, brûlés,
00:52:04les familles menacées.
00:52:05Pardon, c'est au-delà
00:52:07simplement de l'arithmétique
00:52:08de la pyramide des âges.
00:52:10La réforme des retraites
00:52:11c'était un engagement humain,
00:52:12politique
00:52:13des députés du Bloc central.
00:52:15Donc c'est vrai
00:52:16que c'est douloureux pour nous.
00:52:17Mais ce que je veux vous dire
00:52:19c'est qu'il faut
00:52:20que tout le monde soit cohérent.
00:52:21Nous, on était contre
00:52:22la suspension
00:52:23de la réforme des retraites.
00:52:25Donc moi, par exemple,
00:52:25je ne vais pas voter l'amendement.
00:52:26Mais tous ceux qui étaient
00:52:27pour la suspension
00:52:28de la réforme des retraites
00:52:29devront voter l'amendement
00:52:30qui est proposé
00:52:31par le gouvernement.
00:52:32Parce que sinon,
00:52:32la retraite ne sera pas suspendue.
00:52:35Alors, les délais impartis
00:52:36sont très courts.
00:52:37Imaginons que l'amendement
00:52:38qui suspend la réforme
00:52:39soit adopté à l'Assemblée.
00:52:41Il sera retoqué ensuite
00:52:42au Sénat.
00:52:44Il y aura alors
00:52:44une commission mixte paritaire
00:52:46au sein de laquelle
00:52:47le RN et LFI
00:52:48ne valideront pas
00:52:49les autres mesures du texte.
00:52:51Donc, cette commission
00:52:52mixte paritaire
00:52:53ne sera pas conclusive.
00:52:55Ah si, elle peut être.
00:52:57Ah bah si le RN et LFI
00:52:58ne votent pas
00:52:58les autres mesures
00:52:59du paquet sécurité sociale.
00:53:02Qu'est-ce qu'il se passera ?
00:53:03Les LR qui seront majoritaires
00:53:04et ils l'emporteront au morceau.
00:53:06Mais vous n'allez pas réclamer
00:53:07d'être dans la CMP ?
00:53:10Je ne suis pas sûre
00:53:10que notre...
00:53:11Je crois qu'on a
00:53:12deux...
00:53:13Nous, nous avons
00:53:14une personne en CMP.
00:53:16Ce n'est pas ça
00:53:16qui va faire la différence.
00:53:17On l'a vu malheureusement
00:53:18sur le texte
00:53:19d'extrême droite
00:53:20sur l'immigration.
00:53:21Ils ont réussi
00:53:22à mettre des accords
00:53:22sur le dos des étrangers.
00:53:24Il se passera quoi
00:53:25si les 50 jours d'examen
00:53:27n'aboutissent pas
00:53:28à un vote ?
00:53:29Non mais là,
00:53:29vous me demandez
00:53:30de sortir la boule de cristal.
00:53:32On n'a même pas commencé...
00:53:33Non, il n'y a pas
00:53:3336 000 solutions en réalité.
00:53:35On n'a même pas commencé
00:53:36l'étude du PLFSS
00:53:37que vous êtes déjà
00:53:38à la CMP conclusive ou pas ?
00:53:40Non mais franchement,
00:53:41moi je veux bien...
00:53:41Parce que vous savez bien
00:53:42que sans avoir une boule de cristal,
00:53:44c'est comme ça que...
00:53:45Moi je veux bien faire
00:53:45de la politique fiction.
00:53:46Mais Sébastien Lecornu,
00:53:47on le connaît bien,
00:53:48est un homme de parole.
00:53:48Il va proposer son amendement.
00:53:50Moi je partage d'ailleurs
00:53:51ce que dit Mme Obono.
00:53:52Il faudra voir la rédaction
00:53:53de l'amendement.
00:53:54Qu'est-ce qu'il y aura dedans ?
00:53:56Il y aura un débat
00:53:56à l'Assemblée nationale.
00:53:58Puis il y aura un débat
00:53:59au Sénat.
00:54:00Puis il y aura une commission
00:54:01peut-être mixte paritaire.
00:54:02Et on verra ce qui ressort.
00:54:03Mais pardon,
00:54:03c'est le Parlement.
00:54:05C'est le travail parlementaire.
00:54:07Pardon, mais qui travaille.
00:54:09On ne va pas reprocher
00:54:09pour une fois au Parlement
00:54:10de la Ve République
00:54:11de travailler
00:54:12et de trouver des équilibres.
00:54:13Mais permettez-nous
00:54:14d'avoir des doutes
00:54:15sur votre capacité
00:54:16à vous entendre
00:54:17quand je vous entends ce soir dire
00:54:18« Non, nous, on ne votera pas
00:54:20l'amendement sur la suspension
00:54:21de la réforme des retraites. »
00:54:23Quand j'entends à la fois
00:54:24votre voisine insoumise
00:54:26et les socialistes dire
00:54:27« Nous, on ne fera pas
00:54:28des concessions
00:54:29sur l'année blanche. »
00:54:31On se dit
00:54:32« Mais comment vont-ils réussir
00:54:33à s'entendre ? »
00:54:34Est-ce qu'à un moment,
00:54:35chacun réussira
00:54:36à faire un pas vers l'autre ?
00:54:37Non, mais attendez.
00:54:38Attendez.
00:54:38Un pas vers l'autre.
00:54:40Pardon, mais Sébastien Lecornu,
00:54:41il vient de dire
00:54:42qu'il va suspendre
00:54:42la réforme des retraites.
00:54:43Et je rappelle
00:54:43qu'il y a une majorité
00:54:44pour suspendre la réforme des retraites
00:54:45à l'Assemblée nationale.
00:54:46Non, il y a une majorité
00:54:47pour l'abroger.
00:54:48Ce n'est pas la même chose.
00:54:49Vous n'avez pas voté
00:54:49l'amendement qui suspend, alors ?
00:54:51Il y a une majorité
00:54:51pour abroger la réforme des retraites.
00:54:53Donc, du coup,
00:54:53vous avez laissé passer
00:54:54la réforme des retraites ?
00:54:55Non, la réforme des retraites
00:54:56est en cours, je vous le rappelle.
00:54:58Oui, non, mais du coup,
00:54:59vous n'avez pas la suspendre.
00:54:59Non, non, non, je rappelle
00:55:00que nous, nous demandons
00:55:01l'abrogation et nous avons fait
00:55:03en sorte d'ailleurs
00:55:04que ce soit un sujet
00:55:04dans notre niche parlementaire.
00:55:06Mais du coup, vous préférez
00:55:06que la réforme des retraites
00:55:08continue plutôt
00:55:08qu'elle soit suspendue.
00:55:10Non, nous verrons
00:55:10quelle est la formulation
00:55:11de cet amendement.
00:55:12Pour le coup, nous ne faisons pas
00:55:13de la politique fiction
00:55:14et à quoi il est lié.
00:55:16Il se trouve que le Parti Socialiste...
00:55:19S'il est lié à le vote
00:55:21sur les franchises médicales
00:55:23ou sur l'année blanche
00:55:24ou sur je ne sais quelle horreur,
00:55:25nous n'enterrinerons...
00:55:26D'abord, premièrement,
00:55:27nous n'enterrinerons jamais
00:55:28la retraite à 64 ans
00:55:30et certainement pas au prix
00:55:32parce que vous parliez là
00:55:34de la dimension humaine.
00:55:34On va laisser parler
00:55:35si vous voulez bien
00:55:35votre collègue socialiste.
00:55:36J'ai été interpellée
00:55:38là-dessus.
00:55:38Vous parliez de la dimension humaine.
00:55:40C'est pour des millions de gens
00:55:41que la question
00:55:42de deux ans de vie volée
00:55:43est une question
00:55:44de vie ou de mort,
00:55:45y compris dans le...
00:55:46Mais c'est pour des millions de gens
00:55:46qu'il faut sauver
00:55:47le système de retraite.
00:55:47Je voudrais qu'on passe...
00:55:48Je voudrais, s'il vous plaît,
00:55:49je voudrais qu'on donne la parole
00:55:51un petit peu, s'il vous plaît,
00:55:52à Sandrine Runel
00:55:52parce qu'en l'occurrence,
00:55:54dans la déclaration
00:55:55de politique générale,
00:55:56on surveillait
00:55:57les mots magiques
00:55:58de Sébastien Lecornu.
00:56:00Là, ça veut dire
00:56:00que vous allez surveiller
00:56:01les mots magiques
00:56:02de l'amendement.
00:56:03À quoi est-ce que vous allez
00:56:04être particulièrement attentive ?
00:56:07Quel mot il faudra
00:56:08dans cet amendement ?
00:56:10Alors, l'amendement,
00:56:11il est très simple.
00:56:12Moi, j'entendais les débats.
00:56:14En fait, on est sur l'idée
00:56:15d'une suspension,
00:56:16c'est-à-dire, plus précisément,
00:56:17en fait, c'est un blocage.
00:56:19Et donc, c'est un blocage
00:56:20à 62 ans et 9 mois
00:56:21et 170 trimestres.
00:56:23Alors, bien évidemment
00:56:24que nous sommes nombreux
00:56:26à être favorables
00:56:27à l'abrogation
00:56:27de la réforme des retraites.
00:56:29Mais je ne vois pas comment
00:56:30la France Insoumise
00:56:32et le Rassemblement National
00:56:33qui crie haut et fort
00:56:34et qui l'ont encore
00:56:35redit ce matin
00:56:36que nous ne voulons pas
00:56:37de cette réforme des retraites
00:56:39ne voteraient pas
00:56:40un amendement
00:56:41qui bloquerait
00:56:42à 62 ans et 9 mois
00:56:43et qui permettrait,
00:56:44contrairement à ce qu'a dit
00:56:45ma collègue,
00:56:46non pas à une,
00:56:47mais à quatre générations
00:56:48d'ici 2028
00:56:49et qui vont du coup
00:56:51permettre de partir plus tôt.
00:56:53Et moi, je pense, en fait,
00:56:54aux femmes,
00:56:55aux carrières longues,
00:56:56aux pénibilités aussi
00:56:58dont on parle suffisamment peu.
00:57:00Et qui vont pouvoir partir plus tôt.
00:57:03Donc, en effet,
00:57:04il y a une majorité
00:57:05pour se faire.
00:57:06Ça ne veut pas dire
00:57:07que le débat sur l'abrogation
00:57:09ne se fera pas
00:57:09dans le cadre
00:57:10de la présidentielle
00:57:10en 2027.
00:57:12Bien évidemment
00:57:12qu'il s'invitera
00:57:13dans ce débat politique.
00:57:15Mais nous avons évidemment
00:57:16une formulation
00:57:18qui est très simple,
00:57:19en fait,
00:57:20et l'amendement,
00:57:20il ne sera pas très compliqué
00:57:21à écrire.
00:57:22Il suspendra.
00:57:24C'est ce que nous avons demandé
00:57:25et c'est ce qui arrivera
00:57:26assez rapidement
00:57:27puisque le débat à l'Assemblée
00:57:28commence la semaine prochaine.
00:57:29Pourquoi vous riez,
00:57:29Daniel Obono ?
00:57:30Non, mais j'imagine
00:57:31qu'Olivier Fort
00:57:32va envoyer un texto
00:57:33à Sébastien Lecornu
00:57:34puisqu'ils ont des échanges
00:57:35très fréquents
00:57:36avec les termes exacts.
00:57:38Mais je note
00:57:38que dans les termes exacts,
00:57:40on passe là
00:57:41de suspension...
00:57:41C'est pas un problème ?
00:57:42Non, non, mais c'est une remarque
00:57:44en passant
00:57:44parce que, de fait,
00:57:45vous devriez écrire
00:57:46directement l'amendement
00:57:48et le soumettre
00:57:48à M. Lecornu
00:57:49parce qu'on est passé
00:57:50quand même
00:57:50dans le début de la discussion
00:57:51à une suspension.
00:57:53Suspension d'ailleurs
00:57:53dont un des meilleurs spécialistes
00:57:55du sujet,
00:57:55M. Michael Zemmour,
00:57:56dit qu'en vérité,
00:57:57c'est un décalage.
00:57:58Les mots ont un sens
00:57:59dans un texte parlementaire
00:58:00et budgétaire.
00:58:01Mettre suspension,
00:58:03décalage ou blocage,
00:58:04ça, c'est le nouveau terme
00:58:06qu'a exprimé
00:58:07notre collègue.
00:58:09Ce n'est absolument
00:58:09pas la même chose.
00:58:10Vous le savez pertinemment
00:58:11parce que ça n'emporte
00:58:13pas les mêmes conséquences,
00:58:14parce que ça n'emporte pas
00:58:15les mêmes chiffres,
00:58:17chiffrages budgétaires.
00:58:19Vous le savez pertinemment.
00:58:20Entre une génération
00:58:21concernée et plusieurs,
00:58:22comme l'affirme
00:58:23notre collègue,
00:58:24c'est un débat actuellement,
00:58:25c'est un débat actuellement
00:58:26et tout le monde
00:58:27n'est pas d'accord,
00:58:28ça n'emporte pas
00:58:28les mêmes conséquences.
00:58:29Donc vous voyez,
00:58:30ce ne sera pas si simple
00:58:31et nous, nous croyons
00:58:32et nous disons
00:58:33depuis le départ
00:58:33toute cette histoire,
00:58:35depuis déjà,
00:58:35M. Beyrou,
00:58:36les collègues socialistes
00:58:37se sont fait enfariner
00:58:38et continuent
00:58:40à se faire enfariner
00:58:41malheureusement
00:58:42au dépend
00:58:43non seulement
00:58:44du travail parlementaire
00:58:45mais de millions
00:58:46de Français et de Français.
00:58:46Nicolas Metzdorf,
00:58:47c'est du...
00:58:48Non mais on a plus
00:58:48la moitié de l'histoire
00:58:49dans cette affaire.
00:58:50C'est-à-dire que
00:58:50quand on parle de suspension,
00:58:52c'est jusqu'à
00:58:52l'élection présidentielle
00:58:53parce que c'est les Français
00:58:55à travers un programme
00:58:55qui décideront
00:58:56qui choisiront
00:58:57si finalement
00:58:59on abroge définitivement
00:59:00la réforme des retraites
00:59:02ou si on continue
00:59:04de...
00:59:04Mais donc on ne fait pas rien
00:59:05jusqu'en 2027 ?
00:59:06En fait,
00:59:07on dit aux Français
00:59:08on suspend la réforme
00:59:09jusqu'à ce que vous choisissiez
00:59:10un président de la République
00:59:11et une nouvelle Assemblée nationale
00:59:13qui prendra
00:59:13de nouvelles dispositions.
00:59:14Il n'y a pas plus démocratique
00:59:16que ce choix
00:59:16de la part de Sébastien Lecornu
00:59:17et je suis le premier
00:59:18à le regretter.
00:59:19Tout le monde devrait se féliciter
00:59:20que je regrette
00:59:21que Sébastien Lecornu
00:59:21fasse ça quand même.
00:59:22Et plus tôt
00:59:24l'élection présidentielle
00:59:25arrivera,
00:59:25mieux ce sera
00:59:26et donc autant avoir
00:59:27une élection présidentielle
00:59:28anticipée.
00:59:28Bon, on ne les mettra pas d'accord.
00:59:30Merci.
00:59:30Pour les Français,
00:59:30un an et demi de macronisme
00:59:31et d'austérité,
00:59:32je vous assure que ça va faire du mal.
00:59:33Merci à tous les trois.
00:59:34Le travail parlementaire commence.
00:59:36Merci à tous les trois
00:59:37d'avoir été ce soir
00:59:38sur le plateau
00:59:39de chaque voix compte.
00:59:40Restez avec nous.
00:59:40Tiens, tout de suite,
00:59:41on va accueillir Marco Pommier.
00:59:42C'est Bourbon Express.
00:59:43C'est le journal
00:59:43de l'Assemblée nationale.
00:59:49On avait envie ce soir, Marco,
00:59:51de revivre cette journée
00:59:53d'émotions,
00:59:55en un seul mot.
00:59:56Non, des motions de censure,
00:59:58bien sûr.
00:59:59Le gouvernement
00:59:59est donc ce soir
01:00:00toujours en place.
01:00:01Oui, il n'est pas tombé,
01:00:02ce gouvernement.
01:00:03Les deux motions de censure
01:00:04de LFI et du RN
01:00:06examinées aujourd'hui
01:00:07à l'Assemblée
01:00:08ont été rejetées.
01:00:10Ce matin,
01:00:10un coup d'œil
01:00:11dans l'hémicycle
01:00:11suffisait à deviner
01:00:12la fin du match.
01:00:13Mis à part Marine Le Pen,
01:00:15pas de poids lourd
01:00:16politique à la tribune,
01:00:17pas de Gabriel Attal,
01:00:19de Laurent Wauquiez
01:00:19ou de Mathilde Panot
01:00:21pour prendre la parole.
01:00:22Et pourtant,
01:00:23la motion des Insoumis
01:00:24s'est jouée
01:00:24à quelques voix près.
01:00:26Majorité requise
01:00:27pour l'adoption
01:00:28de la motion de censure
01:00:29sur la majorité absolue
01:00:30des membres
01:00:31composant l'Assemblée 289
01:00:33pour l'adoption 271.
01:00:36Bon, vous y étiez,
01:00:38Nicolas Metzdorf.
01:00:39Oui, les députés
01:00:39de troisième rang,
01:00:40apparemment.
01:00:41Oh non !
01:00:42Vous n'êtes pas encore
01:00:43président de groupe.
01:00:43Je vais vous évoquer
01:00:44à la Nouvelle Calédonie.
01:00:45Marie Le Pen est président
01:00:45des commissions
01:00:46des affaires économiques.
01:00:47Tout à fait,
01:00:47mais elle n'est pas encore
01:00:48président de groupe.
01:00:50C'est parce qu'il parlait
01:00:51des présidents de groupe.
01:00:51Oui, il ne voulait pas
01:00:52vous faire insulte.
01:00:53En tout cas,
01:00:54cette motion,
01:00:55elle s'est jouée
01:00:56à 18 voix près.
01:00:57Alors Sébastien Lecornu
01:00:58peut dire merci
01:00:59aux socialistes,
01:01:00notamment qui n'ont pas
01:01:01baissé le pouce
01:01:02grâce à la suspension
01:01:03annoncée de la réforme
01:01:04des retraites.
01:01:05Mais ça n'est qu'un sursis,
01:01:06Marco.
01:01:07Oui, parce que j'ai bien
01:01:07regardé,
01:01:08sept socialistes
01:01:09l'ont quand même
01:01:09voté cette censure,
01:01:11dont quatre députés
01:01:12dits d'outre-mer.
01:01:13Pourquoi ?
01:01:14Parce que ça coince
01:01:14sur le budget.
01:01:16Ce dont nous nous sommes
01:01:17rendus compte,
01:01:18nous, les dits ultramarins,
01:01:20c'est que près de
01:01:211,2 milliard
01:01:23étaient supprimés
01:01:24au bénéfice
01:01:25de nos territoires.
01:01:26Bon, pour nous,
01:01:27c'est plus qu'une ligne rouge.
01:01:30C'est un mur infranchissable.
01:01:34Alors, il y a ceux
01:01:35qui ne devaient pas
01:01:35voter la censure
01:01:36et qui l'ont fait.
01:01:38Et puis, il y a les députés
01:01:39qui devaient voter la censure
01:01:40mais qui ne l'ont pas fait.
01:01:41Vous suivez ?
01:01:41Je suis complètement.
01:01:42C'est le cas
01:01:43de trois députés écologistes,
01:01:45dont Delphine Bateau,
01:01:46l'ancienne ministre
01:01:47de François Hollande
01:01:47que j'ai rencontrée
01:01:48aux quatre colonnes ce midi.
01:01:50La censure,
01:01:52c'était la politique du pire
01:01:53avec pour résultat
01:01:54l'impossibilité
01:01:55que le pays se dote
01:01:57d'un budget
01:01:58avant le 31 décembre
01:02:00et donc avec des conséquences
01:02:01lourdes
01:02:01pour notre économie,
01:02:04pour nos acquis sociaux.
01:02:05Tout le monde sait
01:02:06que je suis libre.
01:02:07Je n'ai jamais obéi
01:02:08aux consignes
01:02:10des appareils partisans
01:02:11et donc,
01:02:12ce n'est pas maintenant
01:02:12que ça va commencer.
01:02:14Et Delphine Bateau
01:02:14précise quand même
01:02:15qu'elle reste opposée
01:02:16au budget
01:02:17de Sébastien Lecornu.
01:02:18Elle va prendre part
01:02:19au travail parlementaire
01:02:20pour le modifier,
01:02:21ce budget.
01:02:21Et puis,
01:02:22une motion de censure,
01:02:23Marco,
01:02:23c'est toujours aussi
01:02:24l'occasion
01:02:24de régler quelques comptes.
01:02:26Éric Ciotti
01:02:27l'a bien compris
01:02:28avec un tas classés
01:02:29anciens camarades
01:02:30des Républicains
01:02:31qu'il a trouvé
01:02:32un peu absent
01:02:33aujourd'hui dans l'hémicycle.
01:02:34Rappelons que le groupe
01:02:35des Républicains
01:02:36à l'Assemblée
01:02:36n'appelait pas la censure.
01:02:38Je m'adresse
01:02:39en particulier,
01:02:40je le dis,
01:02:41même si leurs bancs
01:02:43sont quasi intégralement,
01:02:46cher Pierre Cordier,
01:02:47vides.
01:02:47Voilà ce que représente
01:02:50aujourd'hui
01:02:50la famille politique
01:02:55que j'ai eu l'honneur
01:02:58de présider.
01:03:00Celle qui,
01:03:01quelque part,
01:03:02a été l'héritière
01:03:02du général de Gaulle.
01:03:04Elle est absente.
01:03:06Elle est absente
01:03:07au rendez-vous
01:03:07des Français.
01:03:09Elle est vide.
01:03:11Ambiance,
01:03:12ambiance,
01:03:12Sabeline.
01:03:13Et c'est pas mieux
01:03:14entre socialiste
01:03:15et insoumis
01:03:16ce matin.
01:03:16Mais c'est pas mieux
01:03:18entre insoumis
01:03:19et socialiste ce matin.
01:03:21Attendez,
01:03:21attendez,
01:03:21Daniel Obono,
01:03:22attendez.
01:03:22Il y a la vérité
01:03:23qui fâche.
01:03:24Ce matin,
01:03:25l'insoumise Aurélie Trouvé,
01:03:26quand elle a pris la parole
01:03:28dans l'hémicycle,
01:03:29il n'y avait quasiment
01:03:29aucun socialiste
01:03:31à l'horizon.
01:03:32Et quand un collègue
01:03:33socialiste monte
01:03:34à la tribune,
01:03:35Aurélie Trouvé
01:03:35s'éclipse
01:03:36dans la salle
01:03:37des quatre colonnes
01:03:37pour parler
01:03:38aux journalistes.
01:03:40Elle s'est arrêtée
01:03:40de parler pile-poil
01:03:42quand Laurent Baumel,
01:03:42l'orateur du PS,
01:03:43avait fini son discours.
01:03:45C'est ce qui s'appelle
01:03:45avoir le sens du timing.
01:03:46Non, mais non,
01:03:47c'est une simple coïncidence.
01:03:48Vous voyez mal partout, Marco.
01:03:49Après tout ça,
01:03:50Sébastien Lecornu,
01:03:51c'est mis en marche.
01:03:52Oui, littéralement.
01:03:53Il a quitté l'Assemblée
01:03:54à pied,
01:03:55direction Matignon,
01:03:571,2 kilomètre,
01:03:58entouré de micros,
01:04:00de caméras,
01:04:01de perches.
01:04:01Très compliqué
01:04:02de le faire parler,
01:04:03le Premier ministre.
01:04:04Il nous a quand même
01:04:04dit un petit mot.
01:04:05Quel est votre état d'esprit
01:04:07d'un mot ?
01:04:08Au travail.
01:04:10Mais plus sereinement
01:04:11qu'hier.
01:04:12Au travail.
01:04:14Voilà, Sébastien Lecornu
01:04:15qui est au travail
01:04:16et qui a fait ainsi
01:04:17ses 7000 pas
01:04:18recommandés par jour,
01:04:19mais pas sûr
01:04:20qu'il renouvelle l'expérience.
01:04:22On ne vous a pas
01:04:23dit que vous êtes rentré
01:04:24à pied la prochaine fois,
01:04:24j'espère ?
01:04:25Si.
01:04:25Si.
01:04:30Bon, on ne refera plus
01:04:32le chemin
01:04:32de l'Assemblée nationale
01:04:34à Matignon.
01:04:347000 pas,
01:04:35on est sûr ?
01:04:367000 pas,
01:04:36oui, c'est la recommandation
01:04:37officielle maintenant.
01:04:38Ce n'est pas 10 000,
01:04:38mais 7000 pas par jour.
01:04:39Vous allez faire sourire.
01:04:41Merci en tout cas
01:04:42à vous d'avoir été avec nous
01:04:43ce soir dans Chaque Voix Compte.
01:04:45Nous revenons demain
01:04:46à 19h30.
01:04:47Demain, c'est vendredi.
01:04:47Demain, c'est l'émission
01:04:48en public.
01:04:49Tout à fait.
01:04:49Cher Marco.
01:04:50Cette émission est rediffusée
01:04:51à 23h30 en replay
01:04:53sur le site lcp.fr
01:04:54et en podcast
01:04:55sur toutes les plateformes.
01:04:57Dans un instant,
01:04:57vous avez évidemment
01:04:58rendez-vous avec
01:04:59Debadoque et Jean-Pierre Gracien.
01:05:00On vous souhaite
01:05:00une excellente soirée
01:05:01et on vous dit à demain.
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