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  • il y a 11 mois

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00:00Ce matin, bonjour et bienvenue Manuel Bompard.
00:01Bonjour.
00:02Merci de votre présence, vous êtes le coordinateur national de la France insoumise, député de Marseille.
00:07Manuel Bompard, est-ce que ce sont les socialistes qui gouvernent la France et est-ce qu'Olivier Faure est vice-premier ministre aujourd'hui ?
00:13Ah non, quand je vois le budget qui est proposé aujourd'hui par M. Lecornu, c'est un budget qui a l'exact inverse des revendications,
00:21qui sont les revendications de la gauche et d'ailleurs des engagements que nous avons pris l'année dernière devant les électrices et les électeurs.
00:26Parce que vous savez que dans ce budget, il y a par exemple la baisse des pensions de retraite pour 17 millions de personnes,
00:32l'augmentation de l'impôt sur le revenu pour 18 millions de personnes, le doublement des franchises médicales.
00:36Le doublement des franchises médicales.
00:38C'est cela que les socialistes vont adouber ?
00:40C'est évidemment le risque. C'est-à-dire que M. Lecornu a fait hier une annonce qui n'est pas, contrairement à ce que j'entends,
00:47une annonce de suspension de la réforme des retraites, qui n'est même pas une annonce de décalage d'un an de la réforme des retraites.
00:53L'annonce de M. Lecornu, c'est qu'il ouvrira un débat avec un amendement à l'Assemblée nationale visant à introduire dans le budget de la Sécurité sociale
01:01la possibilité que le décalage jusqu'à 64 ans soit décalé d'un an dans le temps.
01:06C'est précisément ça qu'a dit M. Lecornu hier.
01:09Et au nom de ça, le Parti Socialiste, s'il veut accepter ça, devrait accepter de voter pour le budget de la Sécurité sociale,
01:15dans lequel il y a précisément ce qu'on vient de dire.
01:17Comment accepter d'avaler autant de couleuvres ? Expliquez-nous, par exemple, sur la forme quand même.
01:21Selon les informations du Parisien, Sébastien Lecornu et Olivier Faure auraient noué en quelques semaines Manuel Bompard,
01:26un lien inattendu, se parlant jusqu'à trois fois par jour et s'en rencontrant secrètement à Matignon.
01:31Je ne dirais pas que c'est une bromance, mais en tous les cas, ça a débouché sur un véritable accord de non-censure.
01:37Je trouve ça affligeant et je trouve que c'est évidemment en contradiction avec la campagne que l'on a menée au nom du Nouveau Front Populaire l'année dernière.
01:45Je rappelle que dans le programme du Nouveau Front Populaire, la deuxième ligne, c'était on se rassemble pour constituer une alternative au macronisme,
01:53pas pour servir de faire valoir ou de béquille à la continuité d'Emmanuel Macron.
01:59Donc moi, j'invite ce matin les députés socialistes à désobéir.
02:03Parlons-en, c'est le cas d'un député, le député Paul Christophe, qui compte désobéir aux consignes de son parti.
02:09Vous l'avez d'ailleurs félicité, vous avez lancé un bravo.
02:13Vous appelez ce matin d'autres à le suivre, mais qu'est-ce que vous promettez ?
02:15Est-ce que vous promettez qu'il n'y aura pas de candidats LFI face à eux ?
02:18Mais d'abord, moi, je n'ai rien à promettre. Je parle d'abord à des gens sur la base de leur conviction.
02:23Et il me semble, vous savez, on a, vous et moi, sans doute de nombreux désaccords politiques.
02:28Mais par contre, vous pouvez me reconnaître un principe qui est un principe de cohérence et de sincérité dans mon engagement.
02:35Or, quand je fais campagne, quand je défends un programme, je pense que les électrices et les électeurs attendent de moi,
02:41attendent de nous, qu'ensuite, une fois que l'élection s'est déroulée, on reste fidèles à ce programme et à ses engagements.
02:47Donc, moi, je les appelle et je les invite d'abord à être fidèles à la parole qu'ils ont donnée devant les électrices et les électeurs.
02:52Alors, justement, fidélité aux Français, aux Français de gauche.
02:54Hier, au 20h de TF1, Olivier Faure a affirmé que c'est lui qui pense aux Français, Emmanuel Lompard,
02:59sous-entendant que vous ne le faites pas, qu'il pense plus particulièrement aux 3,5 millions des citoyens concernés
03:04qui pourront partir à la retraite plus tôt, ajoutant qu'il est heureux pour celles et ceux qui ont des carrières dures
03:10et qui vont enfin profiter de leur famille.
03:12Donc, il a le monopole du cœur, si je puis dire.
03:14Madame, pardonnez-moi, mais je veux vous dire que le chiffre que vous avez relayé,
03:18ce n'est pas vous qui l'avez donné, qu'Olivier Faure a donné hier sur un plateau télévision, est complètement faux.
03:22C'est-à-dire ?
03:23La proposition de débat que M. Lecornu a mis sur la table visant à obtenir la suspension,
03:30c'est-à-dire, en fait, de manière plus exacte, le décalage dans le temps de l'allongement de l'âge de départ à la retraite
03:37ne concerne pas 3,5 millions de personnes.
03:38Il y a une génération qui est concernée.
03:40On peut aller dans la bataille des chiffres.
03:41Non, ce n'est pas la bataille des chiffres, c'est pour préciser les choses.
03:47Parce que je ne voudrais pas, moi j'aimerais, j'aimerais qu'on ait obtenu l'abrogation,
03:53voire même la suspension complète et totale de la réforme des retraites.
03:55Mais ce n'est pas ce qui a été obtenu.
03:57Et je dois vous rappeler, il y a une majorité des députés aujourd'hui à l'Assemblée nationale
04:00qui sont favorables à l'abrogation de la réforme des retraites.
04:02D'ailleurs, dans la niche du groupe GDR communiste, il y a quelques mois,
04:06l'Assemblée nationale a voté une résolution demandant l'abrogation de la réforme des retraites.
04:09Donc il devrait y avoir censure, si on parle de votre constat et de votre analyse.
04:13Oui, évidemment qu'il devrait y avoir censure.
04:14Donc pourquoi il n'y a pas ?
04:15Eh bien ça, c'est à ceux qui ne vont pas voter la censure.
04:17Mais selon vous, pourquoi ?
04:18Ce sont simplement des calculs électoralistes pour ne pas...
04:20Je pense que certains ont peur, évidemment, du retour devant les électrices et les électeurs,
04:26ont peur du retour devant le peuple.
04:27Et c'est une erreur, parce que vous savez, en démocratie, il ne faut pas avoir peur du peuple.
04:31Au contraire, quand il y a une solution de blocage comme celle auquel le pays est confronté aujourd'hui,
04:36en démocratie, quand il y a un blocage, c'est au peuple de débloquer la situation.
04:39J'ai presque l'impression d'entendre Jordan Bardella,
04:41puisque sur ce sujet-là et dans ce propos-là, vous dites exactement la même chose.
04:44D'ailleurs lui-même...
04:45Non, je ne dis pas la même chose, je vais vous dire pourquoi.
04:46Mais il dit, revenir au peuple, c'est quelque chose de plutôt noble et salutaire.
04:50C'est que moi, dans ce retour au peuple, je pense que la bonne solution, la meilleure solution,
04:55c'est l'organisation d'une élection présidentielle anticipée et le départ du président de la République.
04:59Parce qu'en Ve République, moi je combats la Ve République, je suis pour passer à la VIe,
05:02mais en Ve République, c'est l'élection présidentielle qui est la clé de voûte.
05:06C'est là où se tranchent les questions fondamentales, les grands sujets.
05:09Et M. Bardella refuse, Mme Le Pen refuse, la perspective de destitution du président de la République.
05:15Et qu'à deux reprises à l'Assemblée Nationale, le Front National, le Rassemblement National a empêché la motion de destitution du président de la République.
05:20Pourquoi il parle d'une éventuelle démission ? C'est véritablement l'effet...
05:24Mais alors madame, pourquoi ils n'ont pas voté cette motion de destitution ?
05:27Il ne faut pas juste en parler sur les plateaux de télévision.
05:28Quand on a la possibilité de le voter à l'Assemblée Nationale, il faut le faire.
05:31La vérité, vous savez ce que c'est ?
05:33Allez-y, parce que Jordan Bardella parle de vos deux partis comme des partis ayant une position claire sur ce qui peut advenir.
05:40Je pense que notre position est claire.
05:41Celle du Rassemblement National ne l'est pas.
05:43D'abord, à dix reprises cette année, le Rassemblement National a refusé de censurer le gouvernement de François Bayrou.
05:48Par esprit de responsabilité, disent-ils, à ce moment-là ?
05:50Mais dans le budget de M. Bayrou, il y a eu, par exemple, l'augmentation des factures d'électricité.
05:55Ça, c'est de la responsabilité du Rassemblement National.
05:57Quant au refus de la destitution du président de la République.
06:00La vérité, c'est que le Rassemblement National veut seulement des élections législatives anticipées.
06:05Pourquoi ? Parce que son objectif, c'est à l'issue de ces élections, de pouvoir voter une loi d'amnistie
06:09pour que Mme Le Pen puisse être candidate à nouveau à l'élection présidentielle.
06:12C'est ça, leur vraie motivation.
06:14Pour sauver le soldat, si je puis dire, la soldate Marine Le Pen, selon vous ?
06:17Alors, comme Mme Le Pen nous dit, je suis la seule à penser aux Françaises et aux Français.
06:21Et franchement, elle se moque bien du monde.
06:22La vérité, c'est qu'elle pense à elle-même et seulement à elle-même.
06:24Et pourtant, vous attendez leur voix mêlée aux vôtres pour la motion de censure avec plaisir et gourmandise.
06:29Mais non, mais moi, j'attends les voix d'une majorité des députés à l'Assemblée Nationale.
06:32Oui, donc, leur voix mêlée également aux vôtres pour la censure.
06:36Moi, quand je dépose une motion de censure, contrairement à d'autres, ce n'est pas pour faire semblant.
06:40Dites, contrairement à qui ? Aux socialistes ?
06:43J'ai déjà vu, par exemple, les socialistes, pendant le budget Bayrou, refuser de censurer le budget Bayrou
06:48et ensuite déposer une motion de censure d'affichage.
06:51Moi, je ne dépose pas de motion de censure d'affichage.
06:53Et ça ne me fait pas plaisir, par ailleurs, de renverser un gouvernement.
06:56Ce n'est pas mon projet dans la vie.
06:57Si je le fais, c'est parce qu'il faut protéger les Françaises et les Français
06:59des conséquences qui seraient ravageuses de l'impact de ce budget.
07:03On a donné quelques exemples.
07:05Non-indexation, dépose du pouvoir d'achat pour les repriter.
07:07Parce que c'est la tropie de François Bayrou qui va être reprise.
07:09Oui, sans les deux jours fériés, mais tout le monde a compris qu'ils avaient été mis là pour amuser la galerie, les deux jours fériés.
07:15Il faut que les gens comprennent.
07:16Par exemple, est-ce que vous savez que dans ce budget, il y a une mesure qui consiste à baisser le pouvoir d'achat
07:22des personnes qui sont atteintes de maladies de longue durée ?
07:25Des gens qui, par exemple, ont un cancer.
07:27Ces gens-là, aujourd'hui, on va les mettre à contribution.
07:30Et dans le même temps, on refuse, par exemple, d'introduire une forme de taxation sur les très grands patrimoines
07:35ou sur les ultra-riches.
07:36Il n'y a rien dans ce budget.
07:37Il y en a deux fois au moins dans le budget de M. Barnier.
07:40Mais donc, vous appelez clairement ce matin les députés, au nom de leur conviction
07:45et pas au nom de potentiels accords pour les élections à venir, à voter la censure.
07:50Évidemment.
07:51Et donc, à désobéir aux consignes des partis.
07:53J'appelle clairement l'ensemble des députés à voter la censure.
07:56Et après, je dois vous dire, et vous le savez comme moi,
07:59parce que je sais après quel type de procès on va essayer de me faire,
08:02que ce n'est pas parce que des gens votent la même motion de censure
08:04qui partagent le même projet de société pour la France.
08:07C'est bien que vous le disiez clairement.
08:07Je crois que personne ne pense ici ou ailleurs que vous avez le même projet de société
08:11que le Rassemblement National.
08:13Une question, par exemple, sur l'euro-député François-Xavier Bellamy.
08:15Il a dit, si j'avais été député, j'aurais voté la censure.
08:19Là encore, vous n'avez pas le même projet ni les mêmes idées.
08:21Mais vous saluez une forme de cohérence ou de prise de position.
08:24J'appelle les Républicains à se mettre d'accord parce que franchement, on ne comprend rien.
08:28Il y a dix jours, M. Retailleau défendait l'idée qu'il fallait participer au gouvernement
08:32et M. Wauquiez disait qu'il ne fallait pas se diluer dans le macronisme
08:36et ne pas participer au gouvernement.
08:37Une semaine plus tard, c'est M. Retailleau qui dit qu'il ne faut pas participer au gouvernement
08:41et le censurer.
08:42Et M. Wauquiez qui dit qu'il ne faut surtout pas le censurer.
08:44Si quelqu'un s'y retrouve dans ce spectacle absolument pathétique et pitoyable
08:48de gens qui manifestement cherchent à occuper des positions stratégiques
08:51et des positions tactiques en fonction de leurs propres intérêts plutôt qu'en fonction
08:54de l'intérêt du pays, je vois bien que cette personne se présente à moi.
08:57Moi, je crois que personne ne comprend plus rien.
08:59À un moment, il faut faire preuve de cohérence.
09:01D'ailleurs, Laurent Wauquiez a lancé hier à toute l'Assemblée
09:03que le spectacle qui était donné, donc y compris vous et d'autres, était pathétique.
09:07Oui, il aurait peut-être plutôt, lui, dû se remettre en cause.
09:09Parce que, pardon, mais si le premier gouvernement de M. Lecornu a implosé
09:13et n'a même pas été capable de venir devant l'Assemblée nationale,
09:15c'est parce que M. Retailleau a accepté sa composition
09:18pour qu'une heure plus tard, il explique que finalement, il n'était pas d'accord avec.
09:21En prenant le prétexte de ce pauvre M. Le Maire, qui n'est pas un ami,
09:25j'ai combattu sa politique pendant sept ans et je continue à le faire.
09:28Mais vous valez quand même prétexte de M. Retailleau
09:30et je pense que tout le monde l'a compris.
09:32Qu'est-ce qui va se passer jeudi, Manuel Bambou ?
09:34Moi, j'espère que le gouvernement va être censuré.
09:37Et si le gouvernement est censuré, j'appellerai évidemment,
09:40au départ du président de la République,
09:41à l'organisation d'une élection présidentielle anticipée.
09:44Vous savez, je pense que le pays, il est dans une situation
09:46qui est une situation difficile.
09:47Notre responsabilité, c'est de proposer une sortie.
09:50La sortie que nous nous proposons, elle est simple.
09:52C'est de dire, on règle la question du budget immédiatement,
09:55on vote ce qu'on appelle une loi spéciale,
09:57c'est-à-dire on renouvelle le budget de l'année précédente.
09:59Ça nous laisse du temps, mais au moins,
10:01on est sûr qu'il n'y aura pas de problème de financement.
10:03Et ensuite, dans cet intervalle,
10:05on organise une élection présidentielle anticipée
10:07et on fait en sorte que les Françaises et les Français
10:09puissent choisir dans quelle direction doit aller le pays.
10:12C'est simple, c'est pas compliqué.
10:13Et ça, ça permet le moment de respiration démocratique
10:16dont on a besoin.
10:17Et pendant ce temps, j'allais dire,
10:18le monde avance ou essaye d'avancer,
10:20parfois dans le fracas des armes,
10:22même si c'est une trêve que nous observons.
10:24Mais dans l'actualité internationale,
10:25Donald Trump osse le ton
10:27pour d'abord que l'accord soit respecté,
10:29pour que les dépouilles d'otages soient restituées à leur famille
10:33et qu'il y ait une démilitarisation effective du Hamas.
10:37J'imagine que vous militez également pour cela.
10:39Alors d'abord, je veux vous dire
10:39qu'évidemment qu'il faut que l'accord soit respecté.
10:42Et c'est quand même, il faut le saluer,
10:44une très grande nouvelle,
10:46à la fois pour la population palestinienne,
10:49puisque les bombardements s'arrêtent,
10:50que l'aide humanitaire semble pouvoir enfin entrer,
10:53même si c'est malheureusement,
10:54de ce que je vois,
10:55manifestement en quantité trop limitée pour l'instant,
10:57et pour les familles des otages
10:58qui se mobilisent depuis des mois et des mois
11:00pour obtenir leur libération.
11:01Donc oui, il faut que cette première partie de l'accord soit respectée.
11:04Ensuite, il y a un certain nombre d'autres dispositions
11:06qui évidemment vont donner lieu
11:07à des négociations qui se poursuivent.
11:09Moi, j'ai entendu, y compris des responsables du Hamas,
11:12dire qu'ils sont prêts à la démilitarisation.
11:14Vous les croyez sur parole ?
11:16Non, je ne les crois pas sur parole.
11:17Ce que je dis, c'est que
11:18si on veut une paix qui soit une paix juste et durable,
11:21on doit faire en sorte qu'il y ait un État palestinien
11:23qui dispose de tous les attributs de sa souveraineté,
11:25c'est-à-dire y compris sa propre capacité à se défendre.
11:28Sinon, vous ne pouvez pas demander à un peuple
11:30qui est face à un voisin
11:31contre lequel il y a un affrontement
11:34depuis des années et des années,
11:35et moi, j'espère que ça va s'arrêter évidemment
11:36d'accepter l'idée qu'il n'aurait plus aucune capacité
11:39de se défendre.
11:39C'est-à-dire qu'on démilitarise le Hamas
11:40mais on militarise Gaza ?
11:42Non, ce n'est pas qu'on militarise Gaza,
11:43on fait en sorte que l'État palestinien
11:45qui doit avoir le jour
11:46dispose de toutes les capacités,
11:48les attributs de sa souveraineté.
11:49Et vous appelez clairement
11:50la démilitarisation des terroristes du Hamas.
11:51Ça s'inscrit évidemment dans ce processus.
11:53En parlant de terrorisme annuel Bonpas,
11:55puisque vous voulez tenir une parole de vérité,
11:58est-ce que vous maintenez que votre collègue,
11:59le député LFI, Thomas Porte,
12:01ne s'est pas rendu à Beyrouth
12:03sur les tombes de terroristes
12:04des fameux attentats démunis ?
12:06Je maintiens que mon collègue Thomas Porte
12:09s'est rendu à Beyrouth,
12:10qu'il a visité un cimetière,
12:12qui est un cimetière d'hommage en quelque sorte
12:14à un certain nombre de figures palestiniennes
12:16et qu'il ne s'est pas recueilli
12:18sur la tombe d'une personne
12:19qui aurait commis des actes terroristes.
12:20Alors, vous pouvez nous expliquer ce cliché,
12:22qui n'est pas le mien,
12:23qui est celui du compte Instagram de Thomas Porte.
12:25Le voici.
12:26Montrez-le, je ne le vois pas là, moi.
12:27Il arrive, il est au milieu de l'écran.
12:29Pas d'écran, mais je vais regarder.
12:31Et vous voyez Thomas Porte se recueillir devant ce cliché ?
12:36Ah bah c'est la photo de son compte Instagram.
12:38C'est la photo que vous montrez, vous le voyez.
12:39Attendez, vous permettez, on y voit une sépulture.
12:41Et j'imagine que, je ne sais pas si vous lisez l'arabe.
12:43Non, je ne le lis pas.
12:44Je vais essayer de lire cet écrit en un peu petit,
12:47mais il y a écrit
12:47Ce qui veut dire les exploits du martyr Kamel Nasser.
12:52Et comme vous connaissez l'histoire,
12:54par contre, vous connaissez forcément Kamel Nasser,
12:56qui est l'un des trois nationalistes palestiniens
12:58tués par le Mossad à Beyrouth,
13:00du fait de son implication dans les attentats des JO de Munich,
13:02donc de septembre en noir.
13:03C'est l'un des membres du commando terroriste.
13:05Et ça, c'est une photo de M. Porte sur cette sépulture.
13:08Non, il n'y a pas de photo de M. Porte sur cette sépulture.
13:10C'est le compte Instagram de M. Porte.
13:11Oui, mais est-ce que Thomas Porte est en train de se recueillir
13:13sur cette sépulture ?
13:13Non, mais là, soit c'est une insulte à l'intelligence
13:16de ceux qui nous regardent et de votre serviteur.
13:19C'est vous qui cherchez à peut-être insulter l'intelligence
13:20de ceux qui nous regardent par ce procédé.
13:22M. Porte publie une photo de sépulture d'un terroriste.
13:25Et vous en déduisez qu'il s'est recueilli devant cette sépulture
13:27pour lui rendre hommage.
13:28Alors vous en déduisez qu'il dénonce les actions de ce terroriste ?
13:31Je n'en sais rien, c'est lui qu'il faudra poser la question.
13:32Et vous, vous le dénoncez ?
13:33Vous auriez fait une photo de la sépulture d'un terroriste ?
13:36Ne cherchez pas si vous...
13:37Est-ce que vous auriez fait la photo d'une sépulture ?
13:38Je vais vous répondre, ne vous inquiétez pas.
13:40Ne cherchez pas, s'il vous plaît, en plus,
13:41dans un moment qui est un moment plutôt de soulagement
13:43et de joie cette semaine,
13:44à forcément essayer de créer des polémiques.
13:46C'est moi qui l'ai créé, M. Porte.
13:48Ecoutez, madame, ma position, elle est très claire, vous savez.
13:50Et d'ailleurs, je pense que la France insoumise...
13:52Vous pouvez pas me répondre sur ce cliché ?
13:54Écoutez, écoutez-moi, écoutez-moi.
13:55Je pense que la France insoumise est la seule
13:56des formations politiques, d'ailleurs, à dire ça.
13:58C'est que, moi, toutes les actions, par exemple,
14:01qu'il y ait eu des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale
14:03contre les dirigeants du Hamas et contre M. Netanyahou,
14:05je pense que ces mandats d'arrêt doivent être totalement exécutés.
14:08Donc, quand il y a des gens qui font des crimes de guerre,
14:10du terrorisme, et qu'il y a des juridictions internationales
14:13qui demandent de les poursuivre devant les tribunaux internationaux,
14:15moi, je les habille.
14:16Donc, vous condamnez ce cliché de M. Porte.
14:17Mais madame, regardez.
14:19Vous voulez pas me répondre ?
14:19Mais si, mais je vous ai répondu.
14:21Non, non, la question est simple.
14:23Est-ce que vous condamnez un tel cliché ?
14:25Madame, si vous voulez bien me laisser terminer mon raisonnement.
14:28N'en bafouillez pas, M. Bompar.
14:30Je ne bafouille pas, madame, mais vous me coupez la parole
14:32toutes les deux secondes.
14:33Donc, forcément, c'est un peu évident, un peu difficile
14:34d'aller au bout du raisonnement.
14:36Mais par contre, madame, quand il y a eu un vote
14:37en commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale
14:40sur est-ce que les députés soutiennent les mandats d'arrêt
14:42de la Cour pénale internationale
14:44contre les dirigeants du Hamas et contre M. Netanyahou,
14:46les macronistes, la droite, l'extrême droite, ont voté contre.
14:49Très bien, M. Bompar.
14:50Je vous remercie de m'inspirer les questions.
14:54Parfois, il vous arrive de beaucoup juger les journalistes.
14:56Non, je ne juge pas les journalistes.
14:59Je juge les gens qui essayent de ne pas faire du journalisme
15:02parce qu'ils ne s'appuissent pas sur des faits concrets,
15:04mais plutôt un travail de propre.
15:05Alors là, je m'appuie sur un fait concret.
15:06C'est un cliché de M. Porte.
15:07Est-ce que vous le condamnez ?
15:08Vous me demandez sincèrement si je condamne une photo, là ?
15:11Ah oui, la photo de la sépulture d'un terroriste.
15:13Vous condamnez une photo, vous ?
15:14Pardonnez-moi, c'est la sépulture d'un terroriste.
15:17Madame, ne cherchez pas à me faire dire des choses
15:18qui ne correspondent pas à la réalité.
15:19Personne chez moi se recueille sur les tombes de personnes
15:22qui commettent des actes terroristes.
15:22Et donc, on fait une photo comme ça d'une tombe
15:24pour un souvenir personnel, mais souvent pas ?
15:25Personne ne fait ça chez moi.
15:26Personne ne fait ça chez moi.
15:27Personne ne fait ça à la France insoumise.
15:29Mais souvent pas, même quand c'est sous vos yeux, vous le dénoncez ?
15:33La France insoumise défend des formes d'action
15:35qui sont des formes d'action pacifiques, démocratiques,
15:38et elle continue à le faire.
15:39Alors, puisque vous êtes passionnée d'histoire,
15:41qui est Kamel Nasser ?
15:43Qui est Kamel Nasser ?
15:43Mais vous avez déjà répondu à cette question, Madame.
15:45Donc c'est un terroriste.
15:45Et vous essayez de faire croire qu'une photo sur un compte Instagram
15:48vaut un recueillement sur une tombe.
15:50Je suis désolé de vous le dire,
15:51mais vous n'arriverez pas à me convaincre de ça.
15:54Et je ne crois pas que vous allez arriver à convaincre
15:55les personnes qui nous écoutent de ça non plus.
15:57Je n'ai pas besoin de me convaincre.
15:58Je crois que chacun se fera son idée.
16:00Je crois que vous avez répondu assez précisément,
16:01y compris sur les positions qui sont les positions
16:02de la France insoumise.
16:04Monsieur Bompard, est-ce que quelqu'un qui arrive
16:07à un accord de paix comme celui-ci
16:09mérite un Nobel de la paix ?
16:11Non, je ne suis pas favorable,
16:13si c'est ça votre question,
16:14à ce que M. Trump ait le prix Nobel de la paix.
16:17Vous auriez été un autre président, vous auriez été favorable ?
16:19Non, mais madame, s'il y a eu un accord de paix,
16:21ou en tout cas les premières dispositions
16:23d'un accord de paix cette semaine,
16:25on le doit d'abord à la mobilisation
16:27des peuples du monde entier pour le cesser le feu.
16:30On le doit d'abord à la mobilisation
16:32sans relâche des familles des otages
16:33depuis des mois et des mois pour un cesser le feu.
16:36Que M. Netanyahou refusait pour l'instant.
16:38Que M. Netanyahou refusait pour l'instant.
16:40Et s'il y a eu ce cesser le feu,
16:41c'est la victoire des gens qui se mobilisent,
16:44que ce soit derrière les familles des otages
16:44ou les peuples du monde entier.
16:47Un Nobel de la paix pour les peuples du monde entier,
16:49je suis d'accord avec ça.
16:50Vous voyez, on finit toujours par être d'accord.
16:51Merci Emmanuel Bonfard.
16:53C'était la grande interview.
16:54Je vous souhaite une bonne journée.
16:54A bientôt.
16:55Vous aussi.
16:55Merci.
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