00:00À ce chemin, d'abord, on peut en dessiner les contours en traçant les lignes rouges imposées déjà par les différents partis.
00:10Alors le RN, par exemple, considère l'augmentation de l'âge de départ à la retraite jusqu'à 64 ans comme inacceptable.
00:16Et les filles et la gauche, eux, veulent en plus revenir à une durée de cotisation moins contraignante que les 43 ans
00:24pour obtenir une retraite à taux plein de la réforme borne,
00:27sachant que le plus ouvert à la discussion, c'est quand même le Parti socialiste.
00:30Et tous veulent des garanties sociales plus fortes.
00:34LR ne veut pas revenir sur l'âge de départ et veut d'autres sources de financement comme la capitalisation.
00:39Quelles sont les pistes qui pourraient faire consensus ?
00:41Eh bien, figurez-vous qu'il y en a beaucoup.
00:44Il y en a beaucoup.
00:45Alors d'abord, le gel de la réforme l'année prochaine qui figerait temporairement l'âge de départ à la retraite à 63 ans.
00:52Ça aurait le mérite d'avoir un coût faible sur 2026 et surtout d'acheter du temps pour trouver un compromis.
00:58Compromis qui pourrait se bâtir, par exemple, autour de la reprise des propositions du conclave
01:04pour améliorer la retraite des femmes, pour améliorer les carrières longues,
01:08pour améliorer la prise en compte de la pénibilité,
01:12pour améliorer aussi, par exemple, tout ce qui est transition plus douce vers la retraite,
01:18donc plus d'incitation au temps partiel, l'extension de la retraite progressive.
01:24Consensus aussi, vous savez, autour de cette mesure qui consistait à baisser de 67 à 66 ans et demi,
01:31l'âge à partir duquel les carrières incomplètes peuvent toucher leur retraite à taux plein.
01:36Et puis aussi, la revalorisation des petites retraites,
01:40quelques dizaines d'euros par mois serait aussi assez consensuelle.
01:44Ça fait quand même quelques raisons de s'entendre.
01:45Mais ça fait pas mal de raisons de s'entendre.
01:47– Bon, la question, en revanche, la plus épineuse, c'est toujours celle du financement.
01:50– Oui, alors, sauf qu'il y a quand même un point qu'il faut avoir en tête.
01:53L'instabilité politique au cours des 16 derniers mois, depuis la dissolution,
01:58elle a coûté une quinzaine de milliards d'euros.
02:00C'est ce que nous a dit l'OFCE.
02:01Si on considère qu'on reste dans cette instabilité politique,
02:04dans cette paralysie jusqu'à la prochaine présidentielle,
02:07ça veut dire que ça va nous coûter encore au moins une quinzaine de milliards d'euros.
02:10Quand vous mettez face à ce coût pour l'économie française
02:13ce que coûterait quelques concessions sur la réforme des retraites,
02:17500 millions, par exemple, l'année prochaine, pour le gel à 63 ans.
02:20Si vous reprenez toutes les mesures d'amélioration dont on a parlé,
02:23c'est quoi ? C'est 1 à 2 milliards à l'horizon 2027.
02:26Donc, vous voyez, vous mettez 2 à 3 milliards d'ici la prochaine présidentielle,
02:30si elle a bien lieu en 2027, face à 15 milliards de coûts pour l'économie,
02:34quand même, ça se tente.
02:36Et puis après, aux Français de trancher lors de la prochaine élection présidentielle
02:40pour savoir qu'est-ce qu'ils veulent vraiment en matière de retraite.
02:44On apprend ce matin qu'il y a un chemin, qu'il n'est pas tout droit,
02:47qu'il est sinueux, mais qu'il existe.
02:48Et qui est même avantageux sur le plan économique et financier.
02:51Ça se tente, vous nous dites optimiste.
02:53Ce matin, Emmanuel Lechypre, merci.
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