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  • il y a 3 mois
Alexis Hanquinquant, le double Champion paralympique de triathlon en 2021 et 2024, mettra un terme à sa carrière après les JO de Los Angeles. Le paratriathlète de 39 ans pousse un coup de gueule sur la chute des moyens et de visibilité entourant le monde paralympique après le « tsunami de bonheur » de Paris.

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Sport
Transcription
00:00Bien sûr, on va commencer par le négatif et on va garder le positif.
00:04Le négatif, effectivement, nous a survendu un rêve d'héritage.
00:08On y a cru, nous les sportifs, effectivement, les parasportifs encore un peu plus.
00:13Après 2024, pour moi, je prends souvent l'exemple d'un tsunami.
00:15On a pris une vague monumentale et on l'a surfé et ça a été exceptionnel.
00:20Par contre, après le tsunami, malheureusement, il y a beaucoup de dégâts, il y a beaucoup de vases.
00:24Et là, on est un peu dans un monde de vases, un peu.
00:25Et c'est vrai qu'on a du mal à garder un nouveau souffle, si je puis dire, justement, de ce qu'on a pu connaître et de ce qu'on vit aujourd'hui.
00:35Mais voilà, ça a été magique quand même ce tsunami, ça c'est sûr.
00:40Aujourd'hui, je ne suis pas sûr que le parasport souffre plus le monde paralympique que le monde olympique.
00:45Je pense que là, en ce moment, le constat, il est le même.
00:47C'est-à-dire que la conjoncture est difficile pour tous les athlètes olympiques, paralympiques.
00:51Ce qui est magique, c'est que le parasport a été vraiment découvert avec Paris 2024.
00:56Ça, c'est indéniable.
00:58Je pense que la plupart des Français ne connaissaient pas les parasportifs, ne connaissaient pas les paradisciplines.
01:03Et ça, ça a été un coup de projecteur magique.
01:06Et ça, on a gagné du temps.
01:07Et effectivement, ça a été une visibilité exceptionnelle.
01:10Le point positif, c'est que forcément, ça a donné envie à plein de champions, plein de petits champions, championnes, de vouloir faire comme nous.
01:16Et ça, c'est exceptionnel.
01:17Maintenant, le problème, c'est que la visibilité retombe justement dans les travers.
01:23Et que, en fait, ces parasportifs et ces paradisciplines que vous avez pu découvrir, en fait, vous ne les voyez plus.
01:28Et si vous ne les voyez plus pendant les trois ans à venir jusqu'à Los Angeles 2028, naturellement, vous allez les oublier.
01:34Et si vous les oubliez, les partenaires vont nous oublier.
01:36En fait, c'est un cercle malheureusement vicieux.
01:39Il y a donc un enjeu, pardon, c'est un peu vulgaire de parler d'argent, mais d'économique.
01:45Vous, par exemple, même tout, Alexis, en quinquant que vous êtes, vous avez perdu des revenus ?
01:50Bien sûr, bien sûr.
01:51Oui, tout le monde.
01:52Je pense qu'aujourd'hui, il y a eu un désengagement.
01:54On en a parlé ce matin de l'État.
01:55Bon, ça, voilà, il fallait malheureusement peut-être s'en douter.
01:58Mais ce qui est plus cruel, c'est le désengagement aussi massif d'entreprises qui ont fait, pour certaines, de l'opportunisme avec les Jeux de Paris 2024, en s'achetant les Jeux, en s'achetant des athlètes.
02:10Et en s'achetant bonne conscience.
02:13Pendant deux ans, 23-24, ont été des très, très belles années.
02:16Il y a beaucoup de teams d'athlètes qui se sont créés et ça, ça a été très, très bénéfique.
02:20Et là, pour le coup, il n'y avait pas de différence olympique, paralympique.
02:23Voilà, toutes ces teams d'athlètes, hommes, femmes, il y en avait pour tout le monde et ça, c'était vraiment exceptionnel.
02:28Mais forcément, aujourd'hui, oui, le constat, c'est que même moi, qui ai été porte-drapeau, qui ai bien réussi ces Jeux, etc.,
02:34eh bien, j'ai perdu à peu près la moitié de mes partenaires.
02:37Donc, ça, c'est un constat.
02:38Maintenant, heureusement que tout n'est pas négatif.
02:40J'ai des partenaires comme justement la Matmut qui ont continué à m'accompagner
02:43et qui m'accompagnent jusqu'à ce dernier feuilleton, j'espère, qui m'emmènera à Los Angeles.
02:51Oui, oui, mais c'est sûr que c'est des enjeux de faire découvrir le parasport de façon plus générale.
02:56Mais c'est aussi, finalement, où est-ce qu'on met la place du sport dans notre société ?
03:01Voilà, on avait eu un engagement de dire qu'il y aurait deux heures de sport supplémentaires au collège.
03:05Ça a été annulé.
03:06Il n'y en a plus.
03:07Voilà, c'est ça, comme par hasard.
03:09Le passeport qui permet aux plus jeunes de pouvoir justement pratiquer le sport, on le retire.
03:14Voilà, encore une fois, on vient taper toujours, toujours et encore sur le sport.
03:17Et on ne peut pas accepter ça parce qu'en fait, à chaque fois, on minimise l'impact du sport dans notre société.
03:23Qu'est-ce qui a fait que Paris a été une énorme réussite ?
03:25C'est le fait que ça nous rassemble tous, ça nous fédère.
03:28Et qu'est-ce qui fait que le sport, finalement, ça a réussi, peu importe d'où vous venez ?
03:31C'est qu'en fait, ça vous met un cadre, ça vous met des règles.
03:34Voilà, on parle aujourd'hui d'une jeunesse qui a peut-être besoin de se faire un petit peu recadrer.
03:37Mais le sport, en fait, c'est ça.
03:38Vous avez un arbitre, il y a un coup de sifflet.
03:40Voilà, vous obéissez.
03:41Vous n'avez pas le choix.
03:41Donc voilà, je pense qu'on en est là.
03:45C'est politique à chaque fois, mettre le sport toujours plus bas que terre.
03:49Est-ce qu'après Los Angeles, on pourrait vous voir au CPF, dans un engagement ?
03:58Moi, je vous ai vendu la place de ministre déjà.
04:00Moi, je le vois, il est parfait.
04:02Mais est-ce que c'est quelque chose qui t'intéresserait après ?
04:06Oui, je ne me ferme pas d'opportunité sur la suite de ma carrière.
04:08Après, je sais que je tirais un rideau sur ma carrière de sportif en 2028.
04:13Mais bien sûr que j'y réfléchis un petit peu à l'après.
04:17Et je crois fermement à ces convictions du sport.
04:20Donc si j'y peux y contribuer par tel ou tel biais, je le ferai avec grand plaisir.
04:26Et en tout cas, je resterai droit dans mes bottes et encore plus dans ma protection.
04:29Oui.
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