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- il y a 1 an
MA PREMIÈRE OPÉRATION DU COEUR !
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00:00Aujourd'hui on va assister à une vraie opération du coeur.
00:02C'est parti, c'est le coeur.
00:03Voilà, c'est le coeur que j'ai dans la main.
00:05Donc là on va essayer de sternum.
00:06Ce que je tiens entre mes doigts, c'est la reterne amère.
00:07On approche une grosse machine là.
00:09Ça va remplacer le coeur et les poumons.
00:10C'est radiate.
00:13Et donc là c'est la machine, on voit le coeur.
00:15Le coeur est arrêté, on voit là.
00:17On a rendez-vous à l'hôpital privé Jacques Cartier du groupe Ramsey Santé
00:20pour assister à cette opération.
00:22Le chirurgien qui va s'occuper de cette opération s'appelle le professeur Doguet.
00:25Dans cette vidéo on va donc voir toutes les étapes de l'opération.
00:30Désinfecter, le préparer, mettre des tuyaux partout,
00:33scier le sternum, ouvrir le sternum comme dans le seau,
00:35accéder au coeur, bouger des artères, on va faire plein de trucs.
00:38Rassurez-vous s'il y a des enfants qui regardent la vidéo,
00:40cette vidéo est tout publique.
00:41On va flouter de manière à que ce ne soit pas trop dur à regarder.
00:44C'est parti.
00:50Professeur Doguet, enchanté.
00:51Enchanté.
00:52Merci de nous recevoir en tout cas.
00:53Avec plaisir.
00:54On va assister à une opération cardiaque à coeur ouvert.
00:57Quel type d'opération on va avoir alors ?
00:59Alors aujourd'hui on va voir des pontages coronariens.
01:00Le coeur c'est un muscle et pour bien fonctionner il lui faut de l'oxygène.
01:03L'oxygène c'est transporté par le sang et le sang il circule dans des artères.
01:06Au niveau du coeur on a trois artères qui vont permettre d'amener le sang et l'oxygène pour qu'ils fonctionnent bien.
01:11Et chez ce patient les trois artères présentent des rétrécissements.
01:14Ça veut dire que le coeur n'est pas assez alimenté comme un moteur qui n'aurait pas assez d'essence qui lui arrive.
01:17Il va falloir nettoyer c'est ça ?
01:18Alors on ne va pas les nettoyer en fait, on va faire des déviations.
01:21Pour contourner les bouchons, on ne va pas déboucher.
01:23Ok, ok. Et avec quel type de matière vous allez faire du coup ces ponts, ces déviations ?
01:28Et bien on fait tout du bio nous.
01:29On prend deux artères qui passent de chaque côté du sternum.
01:31On va faire les artères mammaires internes, d'accord ?
01:34Et on va les dévier de leur peau.
01:35Ok, ok. Ce sont des artères qui ne sont pas forcément utiles ?
01:38Alors elles sont utiles à vasculariser le sternum et une partie du thorax.
01:42Mais elles le font aussi avec les artères entre les côtes, qu'on appelle les artères intercostales.
01:45Et quand on va prendre ces deux artères mammaires, les autres artères vont suppléer.
01:49Pour le relais.
01:49Ouais, elles vont prendre le relais.
01:50Bon ben c'est parti pour l'opération. Let's go !
01:55Nathalie, c'est quoi votre métier ici vous ?
01:56Moi je suis infirmière de bloc.
01:58Quelle est votre mission ? Alors qu'est-ce que vous êtes en train de faire là ?
02:00Et bien là je suis en train de le laver.
02:02Ensuite je vais le sonder, mettre une sonde urinaire.
02:05Et pourquoi une sonde urinaire alors ?
02:06Parce que les interventions sont longues.
02:08Et puis en plus au niveau anesthésie, ils ont besoin de connaître les sorties d'urines pendant l'intervention.
02:14Vous nettoyez avec quel type de produit ?
02:15Bétadine, sauf pour les personnes allergiques.
02:18Qu'est-ce qu'on met quand les personnes sont allergiques du coup à la bétadine ?
02:20Chlorexidine.
02:22Pauline, c'est quoi ton métier toi ?
02:24Infirmière de bloc, comme Nathalie.
02:26Qu'est-ce que tu es en train de préparer du coup là ?
02:27Donc là moi je prépare la table pour l'intervention.
02:30Donc c'est tout le matériel dont le chirurgien va avoir besoin.
02:33Mon rôle en fait c'est de lui donner les instruments au moment où il y en a besoin sur les temps de la chirurgie.
02:39Et tu vas rester tout au long de l'opération ?
02:41Je reste tout au long de l'intervention avec le chirurgien.
02:47Et à quoi sert le tuyau que vous avez mis là ?
02:49Et bien c'est une sonde d'échographie.
02:51Comme la sonde qu'on a prise tout à l'heure, sauf que tout à l'heure c'était une échographie classique par l'extérieur.
02:55Ok.
02:55Là c'est une sonde d'échographie oesophagienne.
02:58Donc ça nous permet de visualiser le cœur en échographie à travers l'oesophage.
03:01Parce que l'oesophage il longe le cœur en fait.
03:03Ça permet de dans la totalité du cœur.
03:07Comment ça se passe pour vous pour l'instant ?
03:09Presque prêt.
03:10Je vais faire la première couche de désinfection et ma collègue en fera une deuxième ensuite.
03:14J'ai traité plein de métiers.
03:16J'avais fait infirmier libéral, j'ai fait aux urgences, j'ai fait en réanimation.
03:20Vous n'allez pas tomber dans les plats ?
03:21Non, non, ça devrait être bon.
03:22Donc désinfection toujours là ?
03:24Oui, tout à fait.
03:24Donc là ma collègue a fait une première couche de désinfection.
03:27Moi je refais une deuxième par-dessus elle.
03:29C'est incroyable de pouvoir faire tout ça en sachant que la personne elle a endormi.
03:32C'est impressionnant.
03:33Ça sert à quoi de désinfecter les jambes alors qu'on va opérer le cœur ?
03:35Eh bien on peut être amené en tout cas sur ce type d'intervention des pontages,
03:39de prélever une veine sur la jambe pour faire un pontage.
03:42Il faut être prêt au cas où...
03:43Exactement.
03:45Ça pour les épaules c'est super.
03:46Donc ça le truc qui est un peu orange là c'est ce qu'on appelle un champ incisionnel.
03:54Partie collante qui est enduite de bétadine.
03:56Donc ça évite la progression des germes sur le champ opératoire et donc sur la cicatrice.
03:59Ah ça c'est toi que c'était autant protégé ouais ?
04:02Ah bah on limite au maximum le risque d'infection en fait.
04:05Est-ce qu'il y a toujours un petit stress avant chaque opération ?
04:07Ça dépend des interventions.
04:08Des interventions qu'on a moins l'habitude de faire, on en a un petit peu.
04:11Sur la partie tout ce qui est assez routinier, il y a assez peu de stress.
04:14On peut faire le checklist ?
04:15Allez checklist, ça c'est obligatoire.
04:16Alors, on n'en perd rien monsieur ?
04:18C'est lui.
04:20Le contact coronarien ?
04:224.
04:22L'enfer à feu est correct ?
04:23Correct.
04:24Les documents nécessaires sont disponibles dans le site ?
04:26Absolument.
04:27Les informations étaient partagées au centre de l'équipe ?
04:29Normalement oui.
04:30Ou alors si on n'est qu'on peut écouter.
04:32Et la coopération du champ opératoire ?
04:33As usual.
04:34C'est le protocole, il est ok pour une incision ?
04:36Eh bah go alors.
04:37Allez, incision.
04:38L'outil que j'utilise ça s'appelle un bistouri électrique
04:40qui va coaguler les petits vaisseaux qui saignent.
04:43Sur le principe est que ça saigne le moins possible.
04:45D'abord comme ça, ça nous permet de mieux y voir.
04:47Et puis ça permet d'éviter de perdre trop de sang.
04:50Donc là on va les différentes couches de peau ?
04:51Voilà, donc on a l'épiderme en premier.
04:54Après on a le derme, l'hypoderme.
04:56Et après on arrive sur l'os.
04:58Le cœur se trouve sous le sternum ?
05:00Sous le sternum, absolument.
05:01Donc il va falloir...
05:02Couper le sternum.
05:03Donc là on va scier le sternum.
05:09Impressionnant !
05:10Et donc le sternum là, on vient de faire une fracture en fait.
05:13C'est comme une fracture.
05:14Une fracture ça met trois mois à consolider.
05:16Donc l'istreur pourra prendre une vie complètement normale au bout de trois mois.
05:19Alors pas de muscu pendant quelques...
05:20Voilà, pas de muscu pendant trois mois.
05:22Didier, c'est quoi votre métier ?
05:24Oui, je suis chirurgien.
05:25Quel va être votre rôle, votre mission aujourd'hui ?
05:27D'abord la préparation de l'intervention, aider pendant l'intervention.
05:31Je regarde aussi le dossier pour voir les spécificités du patient.
05:34C'est essentiellement ses antécédents, le terrain particulier du patient.
05:38Très bien. Quel est l'intérêt qu'il y ait deux chirurgiens pendant l'opération ?
05:41Sur les interventions chirurgicales, c'est au minimum deux, voire plus.
05:45C'est capital parce qu'une seule personne,
05:48elle ne peut pas conduire toute l'intervention du début jusqu'à la fin.
05:52C'est vraiment une équipe aujourd'hui.
05:56C'est une opération vitale pour le patient.
05:58En chirurgie cardiaque, toutes les interventions sont vitales.
06:01Quand les artères sont très rétrécies, le risque c'est de faire un infarctus.
06:04C'est-à-dire qu'à un moment donné, l'artère va complètement se boucher
06:06et le cœur va plus être, il y a une zone du cœur qui va plus être irriguée.
06:10Et dans ces cas-là, le muscle cardiaque va mourir.
06:11On peut faire un arrêt cardiaque ou un trouble du rythme cardiaque.
06:14Le but, c'était de gagner des années de vie ?
06:16Allez, l'écarteur à ma mère.
06:17Donc là, on a ouvert le sternum et on va prélever les routes secondaires pour faire les pontages.
06:25Ce qui va ouvrir de manière asymétrique.
06:28Est-ce qu'on peut monter la table, s'il vous plaît ?
06:30En fait, l'artère, elle passe, on va la voir, elle passe là-bas derrière.
06:33Et donc, il faut que je puisse y accéder pour la prélever.
06:36Et le cœur, il est en dessous, en fait.
06:39Une part ma mère.
06:40Voilà, on aperçoit discrètement les poumons.
06:42Alors lui, il ne doit pas être fumeur, ce monsieur-là.
06:44Il a des poumons qui sont assez roses.
06:46Les fumeurs, ils ont des poumons un peu noirs.
06:49Comment ça se passe pour l'instant ?
06:50Parfaitement bien.
06:51Alors, donc, on est sur l'étape où on prélève l'artère ma mère gauche.
06:54Avec cette artère-là, on va faire deux pontages.
06:56Et comment vous allez la fixer ensuite au cœur ?
06:58Ah, magie.
06:59Est-ce que ce n'est pas avec de la glu ?
07:01Non, c'est avec du fil.
07:02Ou de la cléopatra ?
07:03Avec du fil très très fin.
07:04Il faut savoir que l'artère ma mère, elle fait à peu près entre 2 et 3 mm de diamètre.
07:09Et les artères coronaires, elles ne font pas beaucoup plus.
07:12Ce qu'on appelle des anastomoses, c'est des sutures entre les deux artères.
07:15C'est quoi qui bouge là ?
07:16Alors ça, c'est les poumons qui respirent là.
07:17Ce qu'on voit en rose, c'est les poumons.
07:19Le cœur, on ne le voit pas encore.
07:20Donc Sarah, tu es anesthésiste.
07:21Ce qui est important pour bien calculer, c'est la taille, le poids.
07:25C'est ce qui intervient.
07:26On dose l'anesthésie pour qu'ils s'endorment suffisamment, mais pas trop non plus.
07:29Parce qu'après, on a des problèmes de pression artérielle.
07:32Là, le suivi du patient se fait avec les moniteurs qui sont juste ici.
07:34Oui, ce n'est pas comme ça dans tous les blocs opératoires.
07:37Mais là, comme on est en chirurgie Karnak, on les surveille un peu plus.
07:40Mais ce qu'on fait en chirurgie Karnak, c'est qu'on a un cathéter qu'on a mis là
07:43qui mesure en continu la fréquence Karnak.
07:45Donc ce n'est pas le brassard à tension qui va mesurer régulièrement.
07:48Ça mesure en continu, ça nous permet de pouvoir réagir très vite
07:52parce que c'est quand même une chirurgie du cœur.
07:55Là, ce que je tiens entre mes doigts, c'est l'artère mammaire.
07:57Wow !
07:58Voilà, donc là, je vais couper la distalité de l'artère
08:00et elle reste branchée sur l'artère sous clavier.
08:03C'est comme ça qu'elle est alimentée.
08:04Voilà, hop, et on la voit saigner.
08:07Ouais, wow, wow !
08:09Donc on ne va pas la laisser saigner en permanence,
08:11donc on va obturer ça.
08:12Et comme c'est une artère, quand on la tripote un peu trop,
08:16elle va avoir tendance à se resserrer,
08:17c'est-à-dire ce qu'on appelle ce spasmé.
08:19Et pour éviter ça, on va lui émettre un petit produit dessus
08:22qu'on appelle de la papavérine.
08:23C'est ce qui va permettre de la dilater un peu
08:24pour qu'elle ait le meilleur calibre possible
08:26pour pouvoir faire le comptage.
08:27Combien d'artère vous allez prendre en deux ?
08:28Deux.
08:29On a fait la moitié du travail
08:30et on va passer à l'autre côté.
08:32Est-ce que c'est fatiguant psychologiquement de se concentrer ?
08:35Après une journée de bloc, on...
08:36On dort bien.
08:37Mais là encore, c'est toujours dépendant un petit peu des interventions.
08:40Quelle mauvaise surprise il faut éviter d'avoir ?
08:43On peut être confronté à parfois des variations anatomiques
08:46et puis parfois, il peut y avoir aussi des tissus
08:49qui sont un petit peu fragiles,
08:51qui vont déchirer, etc.
08:52Donc là, ça peut rendre les choses un peu complexes.
08:55Dans la chirurgie de comptage, par exemple,
08:56parfois, on peut avoir des artères qui sont toutes petites,
09:00des artères qui sont très calcifiées.
09:01On va avoir du mal à coudre.
09:02Qu'est-ce que ça veut dire ?
09:03Qu'elle est toute dure.
09:04La paroi est toute dure.
09:05Les plaques qu'on appelle les plaques d'athérome,
09:07qui sont les plaques qui encrasent les artères,
09:08elles se sont rigidifiées en se calcifiant.
09:11Tu avais un conseil à donner aux personnes qui vont regarder la vidéo
09:13pour avoir un cœur en bonne santé ?
09:15Activité physique.
09:16Pas parce que je suis là, mais parce que je suis là.
09:17Non, non, non.
09:19Activité physique, bonne hygiène de vie.
09:21Alors, ça ne veut pas dire qu'il faut se priver de tout,
09:22mais activité physique et une bonne hygiène de vie.
09:25Vous prêchez un converti, hein ?
09:27Pourquoi ces artères sont rétrécies, alors ?
09:29Alors, les artères se rétrécissent,
09:31c'est parce qu'elles s'encrasent.
09:32Elles s'encrasent avec ce qu'on appelle
09:33les facteurs de risque endovasculaires.
09:34Donc, ça va être le tabac, l'alcool,
09:36le fait d'avoir de l'hypertension, du diabète,
09:38de la sédentarité, du stress, l'âge, le sexe et l'hérédité.
09:42Le gros avantage d'utiliser les artères mammaires
09:46qu'on utilise, là,
09:47les pontages fonctionnent très longtemps avec ces artères-là.
09:50Quand on prend les veines, ça marche moins longtemps.
09:52Les veines, elles ont tendance à s'abîmer, à se boucher.
09:54Et en plus, les artères mammaires,
09:55elles secrètent des substances
09:57qui vont permettre de protéger encore les artères du cœur.
09:59Ce processus de déplacer des artères, il est récent ?
10:03Non, non, non.
10:04Ça a été décrit dans les années 70.
10:05Les premiers pontages, ils ont été faits dans les années 70
10:08à la Cleveland Clinic, aux États-Unis,
10:10par un argentin, chirurgien argentin.
10:12Il y a beaucoup de développements actuellement
10:14pour traiter les pathologies des valves cardiaques,
10:17des traitements qui sont moins invasifs
10:19qu'une chirurgie comme on fait là.
10:21Après, il y a aussi des progrès
10:23qui sont faits en termes de médicaments.
10:25Sur l'insuffisance cardiaque, par exemple,
10:27l'insuffisance cardiaque,
10:28c'est quand le cœur qui est une pompe
10:29a du mal à bien fonctionner.
10:31On essaye de travailler aussi sur le cœur artificiel
10:33pour récupérer le cœur.
10:34Il y en a qui existent, mais ce n'est pas encore la panacée.
10:36Et puis, le but étant de pallier à la greffe
10:39puisqu'on manque un petit peu de donneurs
10:41pour faire des greffes.
10:43Encore des choses à faire.
10:43Encore des choses à faire.
10:46Quelle serait votre plus grande crainte
10:48sur ce type d'opération ?
10:49C'est éventuellement que le cœur ne repart pas.
10:51Ça voudrait dire qu'on l'aurait mal protégé
10:52pendant l'intervention.
10:53C'est exceptionnel.
10:54Mais le risque zéro n'existe pas.
10:55Voilà.
10:56Et puis la deuxième crainte,
10:57c'est que le patient fasse un accident cérébral.
10:59Parce que comme on va dévier le sang
11:00dans une machine,
11:02il peut y avoir malheureusement parfois
11:03de l'air qui passe
11:05et qui est réinjecté dans le système artériel
11:08et on fait une embolie gazeuse.
11:09Le risque neurologique,
11:10c'est au réveil du malade qu'on va le voir.
11:13Pourquoi vous voyez le ventre bouger ?
11:14Parce qu'en fait,
11:15quand je coagule,
11:16ce n'est pas très loin du nerf phrénique.
11:17Ah, ça déclenche le nerf ?
11:18Exactement.
11:19Et le nerf phrénique,
11:20c'est celui qui énerve le diaphragme.
11:22D'accord,
11:22il n'était pas en train de se réveiller.
11:23Non.
11:23Deux autres petits bleus.
11:25Voilà, la deuxième.
11:25Donc là, je la décroche complètement.
11:27Voilà.
11:29Alors là, on va remettre notre petit produit
11:31comme tout à l'heure,
11:32mais on va le mettre à l'intérieur.
11:33C'est le cété.
11:34Vous l'avez enlevé complètement ?
11:35Voilà, elle est complètement décrochée.
11:36Là, ça ne s'exigne plus
11:37parce qu'elle n'est pas relayée ?
11:38Là, ça ne s'exigne plus
11:38parce qu'elle n'est pas relayée.
11:39Exactement.
11:40Donc là, on va la rincer
11:41pour ne pas qu'il y ait de caillots
11:41qui se mettent à l'intérieur.
11:43C'est de la mécanique un peu quelque part ?
11:44C'est de la tuyauterie.
11:45C'est incroyable.
11:46On approche une grosse machine, là.
11:51Voilà, ça, c'est la circulation extra-corporelle.
11:53Ça va remplacer le cœur et les poumons.
11:55Waouh, OK.
11:56Parce que le cœur va être arrêté
11:57et les poumons aussi.
11:58Donc pour que le reste de l'organisme
12:00puisse vivre,
12:01on a besoin de cette machine.
12:02Si vous voulez un coup de main
12:03pour le branchement, n'hésitez pas.
12:06Il y a encore un petit montage à faire avant.
12:07C'est relier les deux artères
12:08qu'on a prélevées entre elles.
12:10Voilà, donc on a les poumons de chaque côté
12:12et le cœur, il est au milieu, là.
12:13C'est la membrane qui protège le cœur ?
12:14Alors ça, c'est ce qu'on appelle le thymus.
12:16Donc en fait, c'est un organe de l'immunité
12:18qui, avec l'âge, devient graisseux.
12:20Donc on peut l'enlever
12:21sans qu'il se passe grand-chose.
12:22Et voilà.
12:22Donc là, l'enveloppe qui est autour du cœur,
12:23je suis en train d'ouvrir,
12:24c'est ce qu'on appelle le péricarde.
12:25Péricarde comme péricœur, autour du cœur.
12:27On a toujours un petit peu de liquide
12:28autour du cœur, c'est normal.
12:29Il faut que ça puisse glisser.
12:31On s'expose pour bien travailler,
12:32pour pouvoir travailler correctement.
12:33Ce qui permet d'attacher le péricarde
12:36pour pas qu'il nous gêne, en fait.
12:37Le patient va être endormi
12:38pendant combien de temps, là ?
12:39Alors, c'est pareil,
12:39c'est la chirurgie cardiaque.
12:40On ne réveille pas juste après l'intervention.
12:42On réveille une fois qu'il arrive en réanimation.
12:44D'accord.
12:44Ça fait un peu ce qu'on connaît
12:45comme office de salle de réveil, en fait.
12:47Ça ne veut pas dire
12:47qu'il y a un problème sur le patient.
12:49C'est-à-dire que la réanimation,
12:50ça permet de beaucoup surveiller le malade.
12:51Bien sûr.
12:52On s'assure que tout va bien,
12:53que tous les voyants sont au vert
12:54et puis on le réveille.
12:55En gros, il dort quand même
12:56peut-être deux ou trois heures de plus
12:57que le temps d'intervention chirurgicale.
12:59Est-ce que, du coup,
12:59les deux artères sont fixées ou pas, là ?
13:01Alors, on en a une artère
13:02qui est complètement décrochée,
13:04qui est l'artère mammaire droite.
13:05Et l'artère mammaire gauche,
13:06elle est encore accrochée
13:07sur l'artère sous-clavière,
13:08donc sur son origine.
13:09Et on va brancher,
13:10ça c'est l'étape d'après,
13:11l'artère mammaire droite
13:12dans l'artère mammaire gauche.
13:13On va faire ce qu'on appelle
13:14une sorte de Y
13:14qui sera alimentée
13:16par l'artère sous-clavière gauche.
13:18Là, je vais sortir un petit peu le cœur
13:19et ici, on voit le ventricule gauche.
13:21C'est le cœur que vous êtes dans la main.
13:23Voilà, c'est le cœur que j'ai dans la main.
13:24Alors, maintenant qu'on a fait ça,
13:25on va préparer le montage en Y.
13:28On va coudre les deux artères
13:30l'une avec l'autre.
13:31Donc là, je vais ouvrir l'artère.
13:34C'est précis.
13:35C'est pour ça qu'on utilise des loupes.
13:37Ce n'est quand même pas très gros.
13:39La mammaire droite.
13:41Attention parce qu'elle est longue.
13:44Donc là, c'est un fil tout fin
13:45qui va permettre de relier
13:46l'artère au cœur.
13:47Voilà, ce qu'on appelle une anastomose.
13:51Allez, on rapproche.
13:54C'est bon, c'est bon, c'est bon.
14:00Ça arrive que des gens tombent dans les pommes
14:02en voyant ce genre d'opération ?
14:04Les chirurgiens rarement
14:05parce qu'on est un peu aguerris maintenant.
14:07Bien sûr.
14:08Mais les visiteurs, ça arrive assez souvent.
14:10Les caméramans, il est là.
14:13Tout ça pour se faire bichonner
14:15par les infirmières.
14:18Tu avais une petite sieste
14:19pendant 2-3 secondes
14:20et tu as été courageux, tiens.
14:21Du coup, Elliot, qui est mon caméraman
14:22qui est généré à la vidéo,
14:23est tombé un petit peu dans les pommes
14:25pendant 2-3 secondes.
14:26Qu'est-ce que tu as ressenti, toi, en fait ?
14:27Totalement tombé dans les pommes,
14:28tu peux le dire.
14:30Qu'est-ce que j'ai ressenti ?
14:31Je ne saurais pas te dire précisément.
14:32C'est dur de décrire ce genre de choses.
14:33Non, c'est le fruit de voir le cœur et tout.
14:34Peut-être, mais ça faisait quand même
14:35pas mal de temps que c'était ouvert.
14:37Donc, je ne sais pas pourquoi à ce moment-là.
14:38Peut-être la fatigue physique.
14:40Plus, il est assez tôt.
14:41Du coup, pour le petit-déj,
14:42c'est une sacrée...
14:43On le rappelle, il est presque 9h30, 10h à peu près.
14:46Donc, c'est vrai que pour un lundi matin,
14:47ça peut être dur.
14:48Mais un petit thé au fruit rouge
14:49avec les infirmières et c'est reparti.
14:53C'est surtout avec les infirmières.
14:54Voilà, c'est ça.
14:57Salut, Samy.
14:58Salut, Fabien, ça va ?
15:00Nickel.
15:01Je te prends quelques minutes.
15:02Vas-y.
15:02Je reprends un patient.
15:04Et en fait, il y a toujours un tout petit piste.
15:06Oui, je sais.
15:07Et on a décidé de le traiter par le mépris.
15:09Et honnêtement, le kyste, il faut le voir.
15:11Enfin, il faut...
15:13Ben oui, moi, je ne l'avais pas vu.
15:14C'est sur les images.
15:16C'est impressionnant parce que du coup,
15:16vous pouvez faire l'opération à cœur ouvert
15:18et répandre au téléphone en même temps.
15:19Et chanter aussi, si vous voulez.
15:21Et chanter.
15:24Maintenant, on a fini notre montage.
15:26Voilà, ça, on va le mettre dans la horte.
15:30La horte est cannulée.
15:32Ok.
15:32Quand tu as branché la canule qui est là sur la horte,
15:35le circuit de circulation sera corporel,
15:37il ne faut pas qu'il y ait du...
15:37C'est pour ça qu'on purge les tunions.
15:40Et on va les raccorder sans bulles
15:42parce qu'ici, il y a des bulles,
15:43ça va partir directement dans la tête.
15:44Et c'est ce qu'on voulait éviter.
15:45Alors, sinon, c'est la graine.
15:46C'est dans les tuyaux-là, il y a du liquide.
15:48Et on s'assure qu'il n'y ait pas de petites bulles.
15:50C'est la partie un peu technique, là.
15:53Ok.
15:54On est raccordé.
15:55Oh, c'est de la plomberie, en fait.
15:59Donc, la horte et le cœur vont être connectés à l'autre machine.
16:02Exactement.
16:03On clampe les tuyaux.
16:04Voilà, et là, on va se raccorder.
16:05Ce tuyau, il sert à quoi, là ?
16:06Alors, il va permettre d'aller récupérer le sang.
16:09C'est à la horte, c'est ça ?
16:11Non, ça, c'est dans l'oreillette droite.
16:12Il y a des trous qui sont dans l'oreillette
16:14et le bout va dans la veine cave inférieure.
16:16Donc, ça permet de drainer tout le sang
16:18des saturants d'oxygène de l'organisme.
16:20Alors là, s'il y a de l'air, c'est pas très grave
16:21parce que ça va tomber dans un réservoir.
16:23Ça va aller par gravité dans la machine derrière
16:25qui va l'oxygéner, le filtrer
16:27et le réinjecter par le tuyau qui est sur la horte.
16:29Et ça, c'est le cœur poumon artificiel.
16:31Eh bien, on démarre.
16:32Regardez bien.
16:36Le cœur, il va être de moins en moins gonflé.
16:41Donc, ça veut dire qu'on va prélever tout le sang.
16:42Il y a de moins en moins de sang
16:43qui va passer par le cœur.
16:44Il y a différence de couleur.
16:45Là, c'est oxygéné.
16:46Là, ça ne l'est pas.
16:47On est à combien de pourcentage
16:48après de l'opération, là ?
16:4940%.
16:50Est-ce que la personne pourra retrouver
16:53une vie normale après ?
16:54Ah ben, j'espère bien, oui.
16:55Elle était essoufflée et tout avant ?
16:57Alors, il faisait des douleurs.
16:58Wow.
16:58Ça s'appelle l'angine de poitrine.
16:59C'est-à-dire que quand le cœur n'a pas assez oxygène,
17:02eh bien, il souffre.
17:02Cette personne, elle sera en arrêt de travail, c'est ça, après ?
17:04Oui, trois mois.
17:05Alors là, maintenant, je vais repérer les artères
17:07que je vais aller ponter.
17:08Vous allez voir que les contractions,
17:10elles vont être de moins en moins vigoureuses.
17:11Il commence à battre un peu moins vite.
17:13Là, on arrête le cœur.
17:14Comme on a mis, entre autres, du potassium
17:16dans le sang qui a permis de l'arrêter.
17:18Voilà, les complexes changent.
17:20Et voilà.
17:21D'accord.
17:22Le cœur est arrêté, on voit.
17:23Voilà.
17:23Pourquoi arrêter le cœur ?
17:25Parce que c'est plus facile pour faire les sutures.
17:26Alors, on peut aussi faire des pontages
17:28sans arrêter le cœur
17:29et sans mettre de circulation extra-corporelle.
17:31On appelle un cœur battant, c'est aussi possible.
17:33Après, ça dépend des habitudes.
17:34C'est juste plus pratique, en fait, c'est ça ?
17:35Exactement.
17:35Simplement, voilà.
17:36Du coup, le chirurgien a arrêté le cœur.
17:37Ce qui prend le relais, c'est cette machine-là.
17:39Elle permet de remplacer la fonction pompe du cœur
17:41et la fonction oxygénation, décarboxylation du poumon.
17:44Elle maintient le patient en vie
17:45parce que pour que le chirurgien puisse opérer,
17:47il faut que le cœur soit immobile et vide de son sang.
17:50C'est une machine qui vaut combien, des choses comme ça ?
17:52Très chère.
17:52Très chère.
17:53Ça, vous en servez tous les jours, ce type de machine-là ?
17:55Tous les jours.
17:56La chirurgie cardiaque avec une circulation extra-corporelle.
17:59Qu'est-ce qui permet de modifier comme paramètre cette machine-là ?
18:03On assure un débit compatible avec la vie pour le patient.
18:06Elle nous permet aussi de le réchauffer
18:08ou éventuellement de mettre le patient en hypothermie si besoin.
18:11Il y a tout un tas de paramètres d'oxygénation, de ventilation.
18:15Qu'est-ce qui remplace du coup les battements ?
18:17C'est quoi ? C'est le fait que le sang, il tourne ?
18:18Le débit injecté, elle l'est de façon linéaire.
18:22Donc, il n'y a pas de battement.
18:23C'est basé sur le poids et la taille du patient.
18:25Donc, effectivement, il correspond à peu près à son débit théorique.
18:274,8 litres par minute.
18:29Ok.
18:29En fait, on a repéré les artères à ponter par rapport à l'anatomie
18:32qu'on a repéré à la coronarographie pour savoir quelles artères il faut ponter.
18:35Il y a des artères qui ne sont pas rétrécis.
18:37Et du coup, ça ne sert à rien de leur faire un pontage, évidemment.
18:39Il y a un petit peu d'eau, on descend.
18:41Est-ce que le patient devra rester à l'IT après l'opération ?
18:44Non.
18:45Il peut remarcher directement après ?
18:46Directement, c'est-à-dire qu'en réanimation,
18:48le lendemain de l'opération, il est au fauteuil.
18:50Et dès qu'il sort de l'animation, il va marcher dans les couloirs avec les kinés.
18:53Pourquoi vous avez choisi du coup les opérations du cœur ?
18:55Très bonne question.
18:56Je ne suis pas sûr d'avoir la réponse.
18:58Non, c'est vrai.
18:58Ça m'a toujours attiré.
19:00J'ai toujours voulu faire ça.
19:01Mes parents disent que c'est parce que je ne voulais pas voir ma grand-mère mourir.
19:05Ah, peut-être que oui.
19:06Bon, elle est toujours vivante.
19:07Combien de temps à peu près ?
19:08Pendant combien de temps ?
19:09Là, j'en ai encore pour une trentaine de minutes.
19:12Trois minutes.
19:12Il fait quelle température dans le bloc, là ?
19:21Il fait bon.
19:22On est bien.
19:2316 degrés.
19:23Pourquoi il faut une température froide, fraîche ?
19:26Il faut éviter que les bactéries se développent.
19:27Plus il fait froid, moins il se développe.
19:29C'est pour ça qu'il fait 16 degrés, là ?
19:3016, c'est peut-être un peu excessif.
19:31Non, il fait vraiment 16.
19:35Mais nous, on a chaud, en fait.
19:37Donc moi, si je transpire, ça ne va pas le faire.
19:39Ça va goûter dans le champ opératoire.
19:41Ce n'est pas propre.
19:42Comment ça se passe pour vous, maintenant, là ?
19:58Ça se termine.
19:59Là, on vient de terminer les quatre, c'est ça ?
20:01Oui.
20:01On va vérifier d'abord, avant de remettre le cœur en circulation,
20:04que nos pontages passent bien et surtout que ça ne seigne pas sur la suture.
20:08Et une fois qu'on a checké ça, on va pouvoir remettre le cœur en circulation.
20:11Il va reprendre normalement son activité tout seul
20:14parce qu'il va être reperpusé avec du sang dans lequel il n'y a plus rien dedans.
20:17Il n'y a plus de produits qui permettent de l'arrêter.
20:19C'est une opération qui est prise en charge à 100% ?
20:21Absolument.
20:22Ça fait partie des affections longue durée.
20:23Est-ce qu'on peut donner le prix que coûterait l'opération si ce n'était pas pris en charge ?
20:27L'ensemble du séjour, réanimation, intervention, c'est à peu près 20 000 euros.
20:31Tout compris.
20:31On est bien en France.
20:32Tac, ça c'est bon, ça ne saigne pas.
20:34C'est parfait.
20:35Déclampage.
20:37On va pouvoir reventiler les anneaux-ciseaux, s'il vous plaît.
20:39Là, le cœur va pouvoir repartir ?
20:41Il va pouvoir repartir.
20:42Normalement, il va le faire tout seul.
20:43Le temps qu'il se reperfuse, en fait, comme on a mis, entre autres, du potassium dans le sang qui a permis de l'arrêter,
20:49il faut qu'il nettoie, que les cellules se nettoient.
20:52Elles vont être lavées par le sang qui vient directement de la circulation.
20:55C'est l'affaire de quelques minutes à peine, en général.
20:58On peut le stimuler un peu, voir comment il réagit.
21:01Hop là !
21:02Ça, quand il y a un arrêt cardiaque, par exemple, qui passe sur la fibrillation,
21:05parfois, si on met un coup de poing sur le sternum, ça produit le même effet.
21:09Ça le fait se contracter.
21:10Le pontage, il vient ici.
21:11Donc là, c'est le pontage que vous avez fait, là ?
21:12Ça, c'est le pontage.
21:13On a fait deux pontages, un ici et un ici.
21:15Donc, en fait, le principe du pontage, on a une artère du cœur ici et une artère du cœur ici.
21:20Et ça, c'est mon artère mammaire.
21:21Là, avec une artère mammaire, on a fait deux pontages.
21:23C'est-à-dire qu'on est venu mettre une anastomose comme ça et une anastomose comme ça.
21:27Et le sang, il vient d'ici.
21:28C'est un patient qui va rester combien de temps ensuite à la clinique ?
21:30Alors, il va rester après en réanimation pendant à peu près 48 heures.
21:35Et après, il va remonter dans le service de chirurgie.
21:37Et globalement, pour une chirurgie de pontage, c'est une hospitalisation qui dure une semaine.
21:40Là, on a un taux de potassium dans le sang qui est un peu élevé.
21:43C'est pour ça qu'il ne repart pas.
21:45C'est le principe de la peine de mort aux États-Unis.
21:47C'est-à-dire ?
21:47C'est l'injection de potassium.
21:48Ça arrête le cœur.
21:49Quelle opération a été la plus longue pour vous ?
21:51C'est souvent les urgences.
21:52C'est ce qu'on appelle les dissections ortiques.
21:53C'est la paroi de l'or qui se fond en deux.
21:55Et si l'or se rompt, c'est la mort.
21:57Et donc, dans ces cas-là, il faut remplacer tout un morceau de l'or qui est au contact du cœur.
22:02Et l'or, elle donne aussi les artères pour la tête.
22:04Quand cette aorte est disséquée, donc qui est fragilisée, il faut remplacer ce morceau-là.
22:07Et ça nécessite de faire une hypothermie.
22:09C'est-à-dire qu'on va diminuer la température corporelle, parfois jusqu'à 28-25 degrés,
22:13pour pouvoir protéger le cerveau.
22:15Parce que le cerveau, s'il n'est plus alimenté, au bout de trois minutes, c'est fini.
22:17Et c'est souvent des interventions qui sont très hémorragiques.
22:20Ça saigne beaucoup.
22:20Combien de temps ça a été pris en toi ?
22:22Ça peut prendre 10-11 heures.
22:2310-11 heures.
22:24Le cœur est reparti du coup, là ?
22:26Voilà.
22:26Le cœur est reparti tout seul.
22:27Et donc là, sur la machine, on voit le cœur ?
22:28Oui, voilà.
22:29Ça nous permet de voir le cœur.
22:30Et où exactement ?
22:31Alors, le cœur, il y a la partie droite du cœur et la partie gauche du cœur.
22:35Ce qu'on voit bouger, c'est les valves cardiaques aussi.
22:37Ici, là ?
22:38Oui, voilà.
22:38On voit qu'il fonctionne bien.
22:40Tout va bien.
22:41Il est prêt à être autonome.
22:42On va bientôt pouvoir arrêter la machine, d'ailleurs.
22:44On voit que le niveau diminue.
22:45Tout va dans le cœur.
22:46Arrêve et noeuds ?
22:47Arrêve et noeuds.
22:48Le corps n'est plus connecté à la machine.
22:49Voilà.
22:50Là, c'est le cœur qui assure la fonction pompe.
22:52Le cœur a repris son activité avec une fréquence cardiaque qui était celle du départ.
22:56Il n'a plus besoin de nous.
22:58Pourquoi il y a des fibrillateurs à côté, alors ?
22:59Il y a des fibrillateurs parce que parfois, le cœur fibrille.
23:02D'accord.
23:03Un cœur qui fibrille, c'est un cœur qui ne se contracte pas de manière régulière
23:05et donc qui n'est pas efficace.
23:07Donc, dans ces cas-là, c'est comme un arrêt cardiaque.
23:08Et donc, il faut qu'on puisse faire un choc électrique pour le faire repartir.
23:13Ok, au cas où ?
23:14Voilà, exactement.
23:15Pourquoi tu installes un fil électrique, alors, du coup, là ?
23:17Alors, un petit fil électrique qui est là, si jamais le cœur en post-opératoire,
23:20il n'est pas assez rapide et qu'on a besoin de l'accélérer un petit peu,
23:23ça permet d'utiliser un pacemaker externe, donc une pile externe qui va envoyer des petits influx électriques
23:29pour l'accélérer, si on a besoin de l'accélérer.
23:31Ensuite, on va mettre des redons, c'est des petits tuyaux qui permettent de récupérer le sang
23:34qui va finir de s'épancher autour du cœur.
23:37Et ça, on les enlèvera séparés au bout de 24-48 heures.
23:40Ça permet de surveiller s'il y a un saignement.
23:42Et s'il y a un saignement trop important, ça veut dire qu'il y a quelque chose qui saigne,
23:45il faut revenir au bloc opératoire.
23:46S'ils n'ont pas été très productifs, on les enlève.
23:51Ça va lui faire une belle cicatrice, après.
23:52On a manipulé le cœur, il faut accéder aux artères qui sont derrière, etc.
23:56Donc, on est obligé de faire des grandes cicatrices pour les pontages.
24:01Mais parfois, pour réparer ou changer des valves cardiaques, on peut faire des cicatrices plus petites.
24:05Et là, dans ce cas-là, on peut être amené à utiliser une caméra pour faire l'intervention.
24:08Le patient aura beaucoup saigné pendant l'opération ?
24:10Normalement, pas beaucoup.
24:11Pas beaucoup.
24:12Là, normalement, on ne va pas avoir besoin de le transfuser, par exemple.
24:14Donc là, j'ai mis des compresses pour épancher un petit peu le sang.
24:17Et puis après, je vais retirer les compresses.
24:19Je vais m'assurer qu'il n'y ait pas de saignement.
24:21Et puis après, on va fermer.
24:22Maintenant, le but, c'est de ne pas oublier les compresses, c'est ça ?
24:24Aussi ! Et de faire en sorte que ça ne saigne pas.
24:32Il faut compter les compresses pour être sûr que...
24:34Il ne faut pas qu'il y ait une compresse qui reste.
24:36Ouais.
24:36Parce que...
24:38Il faudrait ouvrir, sinon ?
24:38Absolument.
24:39Parce que si on laisse une compresse, ça peut entraîner une infection.
24:42Qu'est-ce qu'on fait maintenant qu'il y a une fracture ?
24:43Donc maintenant, c'est la partie orthopédique de l'opération.
24:45Et bien, il faut ostéosynthéser la fracture.
24:48Donc, on a les deux berges du sternum.
24:49On va les rapprocher l'une avec l'autre avec des fils d'acier.
24:51Le temps que l'os se soude, ces fils avec des grosses aiguilles.
24:55C'est un alliage de nickel et d'acier.
24:57Alors, ça ne sonne pas dans les portiques d'aéroport.
25:01Ces fils-là seront enlevés après ?
25:03Non.
25:03Ils resteront toute la viration ?
25:04Ils resteront, oui.
25:05Alors, parfois, ça peut arriver que ça gêne.
25:07Et dans ces cas-là, on finit par les enlever.
25:08Mais on attend quand même que l'os soit bien cicatrisé.
25:10Donc, c'est comme ça qu'on recoue des os entre eux, en fait.
25:17Voilà.
25:18Et maintenant, on va rapprocher les deux berges.
25:20Vas-y.
25:20D'accord, ok.
25:23C'est impressionnant de te dire qu'il va garder ça ensuite, tous les fils.
25:25Mais voilà, on va faire en sorte qu'il puisse rien sentir, en fait.
25:29Je peux comprendre que ça puisse faire mal un peu au réveil, quand même.
25:31Non, non, en fait, ils ont plutôt mal dans le dos.
25:34Dans le dos, ok.
25:34Plutôt qu'à la cicatrice, parce que comme on écarte, ça joue sur l'articulation.
25:38Et c'est pas tant la cicatrice en elle-même, elle ne la fait pas très mal.
25:42Je me demande si le patient aura la curiosité de regarder son opération.
25:45Je ne sais pas.
25:46Disons que cette partie-là, elle n'est pas très esthétique.
25:48Combien de points il aura ?
25:50Là, en fait, c'est ce qu'on appelle un surjet.
25:52C'est-à-dire que ce n'est pas des points tout seuls.
25:53C'est un ensemble de points continus.
25:55Donc là, maintenant, on va fermer la peau.
26:02Ok.
26:02Là encore, avec un fil qui est transparent et qui se résorve à peu près en 45 jours.
26:06Ça s'appelle un surjet intradermique, donc c'est dans le derme.
26:08Il faut être épilé pour l'opération ?
26:10Il faut être rasé, oui.
26:10Donc on regarde s'il y a beaucoup de sang qui vient dans les redons, là, ça sert d'aller.
26:21Donc là, c'est terminé ?
26:22C'est terminé.
26:22Content du travail d'équipe ?
26:23Ça s'est plutôt bien passé.
26:24Ouais, très bien.
26:25Comme sur le plan de vol.
26:26Super, pas de surprise.
26:28Non.
26:28Donc là, maintenant, la suite pour le patient, qu'est-ce que c'est là ?
26:30Donc là, on va faire le pansement.
26:31Et puis après, on va enlever tous les champs qu'il recouvre.
26:34On va le mettre dans le lit de réanimation.
26:36On va l'emmener en réanimation.
26:37Où il va rester pendant combien d'heures ?
26:38Il va rester encore en réanimation, il va rester 2-3 heures endormi.
26:42Ok.
26:42Pour s'assurer que les redons ne saignent pas, que tout évolue bien sur le plan hémodynamique,
26:47respiration, etc.
26:49Ok, super.
26:49Et quand tout est au vert, on le réveille.
26:51Bravo en tout cas.
26:52Bravo et bravo à toute l'équipe.